Le duo Brubaker/Phillips qui écume le polar et les bas-fonds s'attaque au genre des super-héros et plus particulièrement à leurs ennemis.
Tome 1 - 13/04/2010
L'histoire : Pour ce qui semble être un tome "d'introduction" à une série, le scénario n'en est pas absent pour autant. Même s'il y a quelques scènes convenues (forcément, on ne peut pas tout réinventer à chaque fois, il y a quand même des codes), il y a suffisamment de bonnes trouvailles pour rendre le tout original, cohérent et intéressant. L'origine des super-pouvoirs et des sociétés criminelle et justicière qui s'affrontent l'une l'autre dans l'ombre, les interactions entre celles-ci, les personnages, etc. Tout cela a de la saveur et donne de l'épaisseur a ce qui pourrait n'être qu'une énième production sur les super-héros.
Le dessin : Les lignes claires, lisibles et assez vivantes de Phillips raviront les fans de Criminal, l'autre série du duo chez Delcourt. Même si le dessin manque un peu de nervosité dans les scènes d'actions avec son côté old school et qu'il n'y a pas de folies dans le cadrage, le travail est très bon et le lecteur ne cherche jamais ses repères. Ce qui est quand même agréable, non ?
Le plaisir : Là, pas de soucis, tout y est. L'histoire accroche bien et les personnages, Zack en tête, sont consistants. Parlons-en de Zack : un ancien super-vilain réduit à livrer le courrier dans les étages et pas spécialement désireux de s'adapter... Un homme dont les cas de conscience ne sont pas les mêmes que nous : comment tuer un maître chanteur sans avoir l'air coupable ? En plus, comble de bonheur, le tome ne se termine pas en queue de poisson façon "aha, ça va être long avant la suite, hein ?". Nous avons bien là une histoire complète, prélude certain aux aventures de Zack Overkill, super méchant incognito.
Note tome 1 : 4/5
Enfin le tome 2 qui clôt le récit.
La série avait commencé avec un tome 1 incroyablement riche. Une pépite à l’état brut aussi bien graphique que scénaristique. L’idée de base originale parlait d’une communauté des gens exclus de la société pour leur différence. Ce peuple errant vivait en traversant les contrées désertiques dans des caravanes et présentait des spectacles dans les communautés humaines. Mais pour survivre, cette sorte de cirque en transhumance se devait d’avoir des règles strictes et propres à la communauté. Dans un monde très sécuritaire et très intolérant, le recours à la violence pour se protéger relevait également de l’obligation pour exister.
Chaque caravane dispose donc d’un guide et d’un conseil chargé de veiller à la bonne tenue de la caravane et à sa survie en situation instable. Evidemment certaines règles peuvent paraître sclérosantes par leur manque d’ouverture, mais dans un tel univers hostile la moindre poussière dans le système pourrait se révéler fatal (et le tome 2 nous le prouve). Ce tome introductif nous permet de nous familiariser avec les règles, de comprendre comment cette communauté survit et de percevoir les relations entres ces « monstres » et les humains (même si certains humains sont dans les caravanes). Pas d’angélisme ou de logique binaire, les personnages complexes forment un agréable mélange détonnant. Si le tome 1 nous montre une population humaine franchement xénophobe, le tome 2 dans la rétrospective finale tempère ce côté négatif du côté humain.
Graphiquement les personnages très inventifs et la colorisation nous plonge dans un univers très étrange loin de toute base connue. Les îlots de civilisation dans un désert forment des communautés autarciques où la survie prime sur la vie. Le trait incisif et précis fourmille de détails, il participe à l’apprivoisement de ces terres hostiles et arides aussi bien géologiquement qu’humainement. Très grosse réussite.
Si le tome 1 nous avait plongé dans un complot dont nous ignorions les tenants et aboutissants, le tome 2 va finaliser ce complot et faire intervenir la mère de la petite fille. La vie de la caravane et son agrandissement m’ont passionné. Encore une fois les règles strictes obligent à éloigner très rapidement les brebis galeuses sous peine de mort pour tout le monde. Ceci posé, la machination tourne en plein et s’achève par une vengeance apocalyptique funeste mais si prévisible. Le guide prend toute son importance et les individualités multiples de la caravane apportent une très forte diversité très crédible au récit. L’intégration de cas sociaux à la caravane permet de faire fonctionner à plein la justice communautaire et d’en saisir les côtés « inhumains ». Seuls bémols : l’intrigue avec la mère qui me parait banale et ennuyeuse et cette fin brutale finale si frustrante tant j’aurai aimé voir l’univers développé dans d’autres tomes.
Il est rare que j’en redemande, mais honnêtement la richesse de la communauté créée aurait méritée mieux qu’une histoire en deux tomes. La fin elle-même laisse un goût d’inachevé même si l’on peut espérer un second cycle.
Au final, si le tome 1 méritait un , les deux défauts du second (intrigue secondaire inintéressant avec la mère et fin trop rapide) m’empêchent de garder ce niveau. J’espère d’éventuelles suites pour revenir à cette note ultime.
Cependant ce diptyque est une pépite à connaître absolument pour sa richesse graphique et l’univers de cette société de créatures si complexe. Certains personnages m’ont transporté et j’apprécie particulièrement le message d’une société ayant besoin de repères fraternels pour survivre sans renier des moyens violents. La communauté est consciente qu’au final le « thymos » est nécessaire pour faire respecter une logique d’ouverture face à d'autres communautés ne parlant pas le même langage… La réflexion sur la tolérance et l’ouverture ma parait très intéressante et contre balance le dramatique consensus mou des sociétés développés actuelles souhaitant oublier qu’être ouvert n’oblige pas ceux qui rejettent le modèle sociétal à l’être également. Mais on rentre ici en philosophie et la lecture de Peter Sloterdijk pourra prolonger ce thème dans une interprétation de cette très jolie série.
Impressionnant.
J'ai eu très peur en croyant au tout départ lire l'adaptation d'un animé, mais non il s'agit bien d'une vraie BD.
Les prises de vue restent très cinématographiques, mais le découpage est hyper travaillé et bien adapté au format papier.
La mise en page est toujours très soignée et les fonds de couleur en font un bel objet graphique. En parallèle, le texte est d'une douceur étrange, proche du roman, c'est très réussi.
Le trait est somptueux, c'est d'une propreté absolue, et le tour de force c'est que ce n'est jamais kitch, et pourtant c'est d'une perfection troublante.
Le format "pavé" est finalement un plus qui participe à la cohérence de l'ensemble. les 2 tomes se répondent comme 2 négatifs d'une même histoire et ont chacun leur intérêt propre. Le fond, la forme ...
L'histoire est donc à la fois une volte face intéressante d'un tome à l'autre mais aussi une idée claire du début à la fin.
Finalement, cette BD m'a fait l'effet d'une immersion totale, avec douceur, lenteur, et poésie.
Une magnifique romance graphique
Avis sur les 6 premiers tomes
J'ai emprunté cette série grâce aux avis de ce site. Je ne savais pas de quoi ça parlait et lorsque j'ai vu que c'était les aventures d'un type pris tout seul sur une 'ile', j'ai eu peur de lire un truc ennuyeux. Puis, au fil des pages, j'ai commencé à trouver l'histoire captivante et je me suis retrouvé totalement embarqué dans l'histoire au début du tome 2.
L'auteur a un don pour rendre intéressants les gestes les plus banals. L'univers post-apocalyptique qu'il a créé est crédible (la seule chose qui me fait lever les sourcils c'est que le héros soit toujours vivant après tout ce qu'il a subi) et j'ai vraiment senti tout ce qu'endure le pauvre jeune homme. Je ne voudrais pas être à sa place. Les notes informatives que met l'auteur sont intéressantes et, dans mon cas, ça ne m'a pas du tout gâché le dynamisme du récit comme ça semble être le cas pour d'autres lecteurs.
J'espère un jour tomber sur la suite. Si c'est du même niveau que les premiers tomes, je vais sans aucun doute mettre 5 étoiles.
Voici enfin pour la première fois en France, une œuvre pre-Monster de Urasawa (du moins commencé avant, mais finie en parallèle). Beaucoup moins sombre que ses titres connus jusqu'ici, Happy! est plutôt à classer dans les mangas dits "nekketsu", mais avec le talent de conteur de Urasawa en plus (ce qui n'est pas rien).
L'histoire est plutôt classique (c'est le principe même du nekketsu), mais les personnages secondaires gravitant autour de l'héroïne sont truculents. Il y a plein d'humour, un peu d'émotion, et le dessin ressemble à ce que fait Urasawa d'habitude.
Concernant l'édition française, elle reprend celle de luxe parue au Japon : le format est grand, certaines pages sont en couleur. Seul petit regret, le papier semble un poil trop fin (certaines planches ayant tendances à être légèrement visibles par transparence à certains moments, si on y prête vraiment attention).
En bref, un manga à mi-chemin du shonen (humour, action, rythme) et du seinen (dessin et côté adulte de certains passages) dont les deux premiers tomes donnent vraiment envie de lire la suite.
Et ben ! C'est un petit coup de coeur ce Powers.
C'est bien la première fois que je vois un découpage et une narration appliquée aux bulles.
Dans Powers vous passez votre temps à vous accrocher aux dialogues. C'est subtil, ca répond et en même temps ça vous emmène d'une case à l'autre d'une page à l'autre.
Le découpage est souvent virtuose et les dessins cartoonesques et irréguliers ne sont jamais un obstacle.
C'est agréable car c'est souvent léger mais toujours dense. Au final ce qui est intéressant c'est moins le scénario que le tac au tac et la dynamique de cette narration dialoguée.
D'habitude on gagne en fluidité en enlevant du texte. Là c'est tout l'inverse. Le récit tient la route grâce aux bulles qui ne polluent jamais le déroulé de l'intrigue mais en contraire, en font toute l'architecture.
Powers finalement, c'est un peu comme un plan séquence mais sans le silence. C'est à la fois déroutant et convainquant.
note : je confirme la remarque de Ro sur l'édition Semic. Le Tome 1 s'est désintégré entre mes mains xD.
... après lecture du Tome 5. Je suis complètement accroc.
Bendis est grand ! Et plus Oeming s'obstine dans son dessin plus on reconnait son talent.
On sent un duo qui s'apporte mutuellement.
désormais ca crève les yeux, Powers me semble une oeuvre culte.
Après la lecture du premier tome.
Assurément le coup de coeur du moment.
Tout m'a plu dans cette BD.
J'appréhendais la lecture car le feuilletage à la librairie m'avait fait craindre un dessin trop manga. Que nenni, en fait seuls les visages des IA font mangas. Le dessin est somptueux, les couleurs chatoyantes et des détails pleins les mirettes.
Le scénario est déjà dense, structuré et reste original malgré les thèmes classiques de la SF présents dans ce premier opus.
A suivre de très près.
09/04/2010 : Après la lecture des 3 tomes.
"Meteors" est bien une bonne série. De bout en bout, elle conserve un bon rythme. L'intrigue et les destins des personnages sont bien gérés. L'ensemble se tient et le final est convaincant.
Le scénario est dense mais bien construit, la narration est bonne et le dessin franchement beau.
Un très bon 4/5 pour ce triptyque.
Ayant déjà fait l'objet de deux adaptations cinématographiques ( "Point Blank" [Le point de non retour en VF] en 1967 de John Boorman avec Lee Marvin et "Payback" de Brian Helgeland en 1999 avec Mel Gibson), le roman "The Hunter" (Comme une fleur en VF aux éditions Rivages de mémoire) a les honneurs d'une adaptation en roman graphique alors que son auteur Richard Starck (alias Donald Westlake) nous a quitté il y a peu.
Pour ceux qui ne connaissent pas Donald Westlake, il s'agit, pour faire simple, de l'un des plus auteurs de polars du XXième siècle (pour en savoir voir sa fiche Wikipédia) qui a également écrit sous de nombreux pseudos dont le fameux Richard Starck qui a accouché d'une série de livres dont le personnage principal est Parker.
"The Hunter" est le premier roman de cette série et qui posera de manière assez emblématique les bases de ce personnage dont, au fil des romans, il faut bien l'avouer, nous n'apprendrons pas grand chose, si ce n'est qu'il organise de manière méticuleuse des casses pour pouvoir ... ne rien faire pendant quelques temps. En ce sens, l'adaptation graphique est fidèle à l'écriture et à l'ambition de son auteur d'origine : à savoir en faire le réceptacle des fantasmes des lecteurs qui pouvaient imaginer les vies antérieurs et futurs de Parker. Les images sont surchargés de silence et de hors champs qui laissent le lecteur imaginer ce qui se passe dans le cadre.
J'avais déjà remarqué ce roman grahique en VO dans les étals de mon libraire et avait presque failli l'acheter et il a fallu que la traduction de l'éditeur Dargaud achève son oeuvre : A savoir délester mon portefeuille de quelques billets déjà bien solitaires tout comme le fait Parker.
Alors, disons le simplement, c'est une belle réussite ! Le découpage et les dessins sont tous simplement somptueux. Le traitement de la couleur donne à l'ensemble un vrai produit polar noir comme on les aime bien que le pantone soit très clair. Ce contraste dans les couleurs et dans le contenu est aussi surprenant que réussi. Quand à l'histoire, il m'est difficile de la juger, la connaissant si bien, je n'ai eu aucune surprise mais de ma mémoire de lecture tout a été respecté. Pour ce qui est de la traduction de Tonino Bencquista, elle est certainement assez fidèle bien que la vraie poésie repose dans les images de Cooke et non pas dans le texte tout comme l'était dans les romans de Starck où la poésie se faisait dans la tête du lecteur et non pas sur le fil des lignes.
En bref, un bon polar comme on aimerait en lire plus souvent et j'attends la suite avec impatience !
Le printemps refleurira est franchement un bon album.
Le sujet traité est ambitieux.
La précision historique sans défaut.
Le traitement plastique original.
J'ai passé un très bon moment qui laisse présager un désir de re-lecture……en attendant le 2°tome.
Honnêtement pour commencer, j'ai lu et "mélangé" tous les avis sur cette B.D et j'en ai fait une "salade" qui va aboutir à une recette finale ;
- Jimmy Boy est certes d'une naïveté exigüe dans le sens où trop de stéréotypes sont mélangés, je l'accorde volontiers ;
- Enfant pauvre, bagarreur à l'école ou dès que la moindre occasion s'offre à lui, seul face à lui-même (après l'enfermement de son père qu'on ne verra plus par la suite et l'absence totale d'une mère, ce qui donne l'impression d'une sorte de tragédie mélodramatique), un vagabond, délinquants par moments, un humour assez corrosif au yeux de certains, une intelligence d'instinct de survie qu'on envie par moment...
Bref Jimmy Boy incarne l'attrait d'un jeune homme qui doit s'efforcer de rester debout et tenir tête, car la vie n'a pas toujours été facile avec lui, et étant dans les années 1920 aux Etats-Unis durant les 3 premiers tomes, on connaît la situation d'une Amérique qui n'est pas très prospère et connaît un chômage récurrent.
Après cela, la narration est d'une simplicité déconcertante ainsi que le scénario... Le storyboard est composé de 45 pages maximum, ce qui est décevant et donne l'impression d'une histoire vite ficelée... Mais pour ma part, je pense justement que ce livre, s'il avait été saupoudré de plus de rebondissements, ou qui seraient d'un plus haut niveau intellectuel qu'il ne l'est, on aurait entendu parler de lui un peu plus car tous les éléments qui le prédisposent à un grand succès sont là.
J'ai remarqué sinon qu'au fil des tomes, l'histoire évolue, tout comme Jimmy Boy qui est le personnage éponyme du livre, et cela nous permet de respirer et de continuer à le lire, sans quoi on aurait décroché dès les 2 premiers tomes.
Donc pour conclure, tous les ingrédients pour faire une bonne recette sont là, sauf qu'il manque un soupçon de crédibilité... Je conseille ce livre à tout le monde, car ça ne fait pas de mal.
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Incognito (Brubaker)
Le duo Brubaker/Phillips qui écume le polar et les bas-fonds s'attaque au genre des super-héros et plus particulièrement à leurs ennemis. Tome 1 - 13/04/2010 L'histoire : Pour ce qui semble être un tome "d'introduction" à une série, le scénario n'en est pas absent pour autant. Même s'il y a quelques scènes convenues (forcément, on ne peut pas tout réinventer à chaque fois, il y a quand même des codes), il y a suffisamment de bonnes trouvailles pour rendre le tout original, cohérent et intéressant. L'origine des super-pouvoirs et des sociétés criminelle et justicière qui s'affrontent l'une l'autre dans l'ombre, les interactions entre celles-ci, les personnages, etc. Tout cela a de la saveur et donne de l'épaisseur a ce qui pourrait n'être qu'une énième production sur les super-héros. Le dessin : Les lignes claires, lisibles et assez vivantes de Phillips raviront les fans de Criminal, l'autre série du duo chez Delcourt. Même si le dessin manque un peu de nervosité dans les scènes d'actions avec son côté old school et qu'il n'y a pas de folies dans le cadrage, le travail est très bon et le lecteur ne cherche jamais ses repères. Ce qui est quand même agréable, non ? Le plaisir : Là, pas de soucis, tout y est. L'histoire accroche bien et les personnages, Zack en tête, sont consistants. Parlons-en de Zack : un ancien super-vilain réduit à livrer le courrier dans les étages et pas spécialement désireux de s'adapter... Un homme dont les cas de conscience ne sont pas les mêmes que nous : comment tuer un maître chanteur sans avoir l'air coupable ? En plus, comble de bonheur, le tome ne se termine pas en queue de poisson façon "aha, ça va être long avant la suite, hein ?". Nous avons bien là une histoire complète, prélude certain aux aventures de Zack Overkill, super méchant incognito. Note tome 1 : 4/5
Caravane
Enfin le tome 2 qui clôt le récit. La série avait commencé avec un tome 1 incroyablement riche. Une pépite à l’état brut aussi bien graphique que scénaristique. L’idée de base originale parlait d’une communauté des gens exclus de la société pour leur différence. Ce peuple errant vivait en traversant les contrées désertiques dans des caravanes et présentait des spectacles dans les communautés humaines. Mais pour survivre, cette sorte de cirque en transhumance se devait d’avoir des règles strictes et propres à la communauté. Dans un monde très sécuritaire et très intolérant, le recours à la violence pour se protéger relevait également de l’obligation pour exister. Chaque caravane dispose donc d’un guide et d’un conseil chargé de veiller à la bonne tenue de la caravane et à sa survie en situation instable. Evidemment certaines règles peuvent paraître sclérosantes par leur manque d’ouverture, mais dans un tel univers hostile la moindre poussière dans le système pourrait se révéler fatal (et le tome 2 nous le prouve). Ce tome introductif nous permet de nous familiariser avec les règles, de comprendre comment cette communauté survit et de percevoir les relations entres ces « monstres » et les humains (même si certains humains sont dans les caravanes). Pas d’angélisme ou de logique binaire, les personnages complexes forment un agréable mélange détonnant. Si le tome 1 nous montre une population humaine franchement xénophobe, le tome 2 dans la rétrospective finale tempère ce côté négatif du côté humain. Graphiquement les personnages très inventifs et la colorisation nous plonge dans un univers très étrange loin de toute base connue. Les îlots de civilisation dans un désert forment des communautés autarciques où la survie prime sur la vie. Le trait incisif et précis fourmille de détails, il participe à l’apprivoisement de ces terres hostiles et arides aussi bien géologiquement qu’humainement. Très grosse réussite. Si le tome 1 nous avait plongé dans un complot dont nous ignorions les tenants et aboutissants, le tome 2 va finaliser ce complot et faire intervenir la mère de la petite fille. La vie de la caravane et son agrandissement m’ont passionné. Encore une fois les règles strictes obligent à éloigner très rapidement les brebis galeuses sous peine de mort pour tout le monde. Ceci posé, la machination tourne en plein et s’achève par une vengeance apocalyptique funeste mais si prévisible. Le guide prend toute son importance et les individualités multiples de la caravane apportent une très forte diversité très crédible au récit. L’intégration de cas sociaux à la caravane permet de faire fonctionner à plein la justice communautaire et d’en saisir les côtés « inhumains ». Seuls bémols : l’intrigue avec la mère qui me parait banale et ennuyeuse et cette fin brutale finale si frustrante tant j’aurai aimé voir l’univers développé dans d’autres tomes. Il est rare que j’en redemande, mais honnêtement la richesse de la communauté créée aurait méritée mieux qu’une histoire en deux tomes. La fin elle-même laisse un goût d’inachevé même si l’on peut espérer un second cycle. Au final, si le tome 1 méritait un
, les deux défauts du second (intrigue secondaire inintéressant avec la mère et fin trop rapide) m’empêchent de garder ce niveau. J’espère d’éventuelles suites pour revenir à cette note ultime.
Cependant ce diptyque est une pépite à connaître absolument pour sa richesse graphique et l’univers de cette société de créatures si complexe. Certains personnages m’ont transporté et j’apprécie particulièrement le message d’une société ayant besoin de repères fraternels pour survivre sans renier des moyens violents. La communauté est consciente qu’au final le « thymos » est nécessaire pour faire respecter une logique d’ouverture face à d'autres communautés ne parlant pas le même langage… La réflexion sur la tolérance et l’ouverture ma parait très intéressante et contre balance le dramatique consensus mou des sociétés développés actuelles souhaitant oublier qu’être ouvert n’oblige pas ceux qui rejettent le modèle sociétal à l’être également. Mais on rentre ici en philosophie et la lecture de Peter Sloterdijk pourra prolonger ce thème dans une interprétation de cette très jolie série.
Romance killer
Impressionnant. J'ai eu très peur en croyant au tout départ lire l'adaptation d'un animé, mais non il s'agit bien d'une vraie BD. Les prises de vue restent très cinématographiques, mais le découpage est hyper travaillé et bien adapté au format papier. La mise en page est toujours très soignée et les fonds de couleur en font un bel objet graphique. En parallèle, le texte est d'une douceur étrange, proche du roman, c'est très réussi. Le trait est somptueux, c'est d'une propreté absolue, et le tour de force c'est que ce n'est jamais kitch, et pourtant c'est d'une perfection troublante. Le format "pavé" est finalement un plus qui participe à la cohérence de l'ensemble. les 2 tomes se répondent comme 2 négatifs d'une même histoire et ont chacun leur intérêt propre. Le fond, la forme ... L'histoire est donc à la fois une volte face intéressante d'un tome à l'autre mais aussi une idée claire du début à la fin. Finalement, cette BD m'a fait l'effet d'une immersion totale, avec douceur, lenteur, et poésie. Une magnifique romance graphique
Survivant
Avis sur les 6 premiers tomes J'ai emprunté cette série grâce aux avis de ce site. Je ne savais pas de quoi ça parlait et lorsque j'ai vu que c'était les aventures d'un type pris tout seul sur une 'ile', j'ai eu peur de lire un truc ennuyeux. Puis, au fil des pages, j'ai commencé à trouver l'histoire captivante et je me suis retrouvé totalement embarqué dans l'histoire au début du tome 2. L'auteur a un don pour rendre intéressants les gestes les plus banals. L'univers post-apocalyptique qu'il a créé est crédible (la seule chose qui me fait lever les sourcils c'est que le héros soit toujours vivant après tout ce qu'il a subi) et j'ai vraiment senti tout ce qu'endure le pauvre jeune homme. Je ne voudrais pas être à sa place. Les notes informatives que met l'auteur sont intéressantes et, dans mon cas, ça ne m'a pas du tout gâché le dynamisme du récit comme ça semble être le cas pour d'autres lecteurs. J'espère un jour tomber sur la suite. Si c'est du même niveau que les premiers tomes, je vais sans aucun doute mettre 5 étoiles.
Happy!
Voici enfin pour la première fois en France, une œuvre pre-Monster de Urasawa (du moins commencé avant, mais finie en parallèle). Beaucoup moins sombre que ses titres connus jusqu'ici, Happy! est plutôt à classer dans les mangas dits "nekketsu", mais avec le talent de conteur de Urasawa en plus (ce qui n'est pas rien). L'histoire est plutôt classique (c'est le principe même du nekketsu), mais les personnages secondaires gravitant autour de l'héroïne sont truculents. Il y a plein d'humour, un peu d'émotion, et le dessin ressemble à ce que fait Urasawa d'habitude. Concernant l'édition française, elle reprend celle de luxe parue au Japon : le format est grand, certaines pages sont en couleur. Seul petit regret, le papier semble un poil trop fin (certaines planches ayant tendances à être légèrement visibles par transparence à certains moments, si on y prête vraiment attention). En bref, un manga à mi-chemin du shonen (humour, action, rythme) et du seinen (dessin et côté adulte de certains passages) dont les deux premiers tomes donnent vraiment envie de lire la suite.
Powers
Et ben ! C'est un petit coup de coeur ce Powers. C'est bien la première fois que je vois un découpage et une narration appliquée aux bulles. Dans Powers vous passez votre temps à vous accrocher aux dialogues. C'est subtil, ca répond et en même temps ça vous emmène d'une case à l'autre d'une page à l'autre. Le découpage est souvent virtuose et les dessins cartoonesques et irréguliers ne sont jamais un obstacle. C'est agréable car c'est souvent léger mais toujours dense. Au final ce qui est intéressant c'est moins le scénario que le tac au tac et la dynamique de cette narration dialoguée. D'habitude on gagne en fluidité en enlevant du texte. Là c'est tout l'inverse. Le récit tient la route grâce aux bulles qui ne polluent jamais le déroulé de l'intrigue mais en contraire, en font toute l'architecture. Powers finalement, c'est un peu comme un plan séquence mais sans le silence. C'est à la fois déroutant et convainquant. note : je confirme la remarque de Ro sur l'édition Semic. Le Tome 1 s'est désintégré entre mes mains xD. ... après lecture du Tome 5. Je suis complètement accroc. Bendis est grand ! Et plus Oeming s'obstine dans son dessin plus on reconnait son talent. On sent un duo qui s'apporte mutuellement. désormais ca crève les yeux, Powers me semble une oeuvre culte.
Meteors
Après la lecture du premier tome. Assurément le coup de coeur du moment. Tout m'a plu dans cette BD. J'appréhendais la lecture car le feuilletage à la librairie m'avait fait craindre un dessin trop manga. Que nenni, en fait seuls les visages des IA font mangas. Le dessin est somptueux, les couleurs chatoyantes et des détails pleins les mirettes. Le scénario est déjà dense, structuré et reste original malgré les thèmes classiques de la SF présents dans ce premier opus. A suivre de très près. 09/04/2010 : Après la lecture des 3 tomes. "Meteors" est bien une bonne série. De bout en bout, elle conserve un bon rythme. L'intrigue et les destins des personnages sont bien gérés. L'ensemble se tient et le final est convaincant. Le scénario est dense mais bien construit, la narration est bonne et le dessin franchement beau. Un très bon 4/5 pour ce triptyque.
Parker
Ayant déjà fait l'objet de deux adaptations cinématographiques ( "Point Blank" [Le point de non retour en VF] en 1967 de John Boorman avec Lee Marvin et "Payback" de Brian Helgeland en 1999 avec Mel Gibson), le roman "The Hunter" (Comme une fleur en VF aux éditions Rivages de mémoire) a les honneurs d'une adaptation en roman graphique alors que son auteur Richard Starck (alias Donald Westlake) nous a quitté il y a peu. Pour ceux qui ne connaissent pas Donald Westlake, il s'agit, pour faire simple, de l'un des plus auteurs de polars du XXième siècle (pour en savoir voir sa fiche Wikipédia) qui a également écrit sous de nombreux pseudos dont le fameux Richard Starck qui a accouché d'une série de livres dont le personnage principal est Parker. "The Hunter" est le premier roman de cette série et qui posera de manière assez emblématique les bases de ce personnage dont, au fil des romans, il faut bien l'avouer, nous n'apprendrons pas grand chose, si ce n'est qu'il organise de manière méticuleuse des casses pour pouvoir ... ne rien faire pendant quelques temps. En ce sens, l'adaptation graphique est fidèle à l'écriture et à l'ambition de son auteur d'origine : à savoir en faire le réceptacle des fantasmes des lecteurs qui pouvaient imaginer les vies antérieurs et futurs de Parker. Les images sont surchargés de silence et de hors champs qui laissent le lecteur imaginer ce qui se passe dans le cadre. J'avais déjà remarqué ce roman grahique en VO dans les étals de mon libraire et avait presque failli l'acheter et il a fallu que la traduction de l'éditeur Dargaud achève son oeuvre : A savoir délester mon portefeuille de quelques billets déjà bien solitaires tout comme le fait Parker. Alors, disons le simplement, c'est une belle réussite ! Le découpage et les dessins sont tous simplement somptueux. Le traitement de la couleur donne à l'ensemble un vrai produit polar noir comme on les aime bien que le pantone soit très clair. Ce contraste dans les couleurs et dans le contenu est aussi surprenant que réussi. Quand à l'histoire, il m'est difficile de la juger, la connaissant si bien, je n'ai eu aucune surprise mais de ma mémoire de lecture tout a été respecté. Pour ce qui est de la traduction de Tonino Bencquista, elle est certainement assez fidèle bien que la vraie poésie repose dans les images de Cooke et non pas dans le texte tout comme l'était dans les romans de Starck où la poésie se faisait dans la tête du lecteur et non pas sur le fil des lignes. En bref, un bon polar comme on aimerait en lire plus souvent et j'attends la suite avec impatience !
Le Printemps refleurira
Le printemps refleurira est franchement un bon album. Le sujet traité est ambitieux. La précision historique sans défaut. Le traitement plastique original. J'ai passé un très bon moment qui laisse présager un désir de re-lecture……en attendant le 2°tome.
Jimmy Boy
Honnêtement pour commencer, j'ai lu et "mélangé" tous les avis sur cette B.D et j'en ai fait une "salade" qui va aboutir à une recette finale ; - Jimmy Boy est certes d'une naïveté exigüe dans le sens où trop de stéréotypes sont mélangés, je l'accorde volontiers ; - Enfant pauvre, bagarreur à l'école ou dès que la moindre occasion s'offre à lui, seul face à lui-même (après l'enfermement de son père qu'on ne verra plus par la suite et l'absence totale d'une mère, ce qui donne l'impression d'une sorte de tragédie mélodramatique), un vagabond, délinquants par moments, un humour assez corrosif au yeux de certains, une intelligence d'instinct de survie qu'on envie par moment... Bref Jimmy Boy incarne l'attrait d'un jeune homme qui doit s'efforcer de rester debout et tenir tête, car la vie n'a pas toujours été facile avec lui, et étant dans les années 1920 aux Etats-Unis durant les 3 premiers tomes, on connaît la situation d'une Amérique qui n'est pas très prospère et connaît un chômage récurrent. Après cela, la narration est d'une simplicité déconcertante ainsi que le scénario... Le storyboard est composé de 45 pages maximum, ce qui est décevant et donne l'impression d'une histoire vite ficelée... Mais pour ma part, je pense justement que ce livre, s'il avait été saupoudré de plus de rebondissements, ou qui seraient d'un plus haut niveau intellectuel qu'il ne l'est, on aurait entendu parler de lui un peu plus car tous les éléments qui le prédisposent à un grand succès sont là. J'ai remarqué sinon qu'au fil des tomes, l'histoire évolue, tout comme Jimmy Boy qui est le personnage éponyme du livre, et cela nous permet de respirer et de continuer à le lire, sans quoi on aurait décroché dès les 2 premiers tomes. Donc pour conclure, tous les ingrédients pour faire une bonne recette sont là, sauf qu'il manque un soupçon de crédibilité... Je conseille ce livre à tout le monde, car ça ne fait pas de mal.