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Couverture de la série Le Bleu est une couleur chaude
Le Bleu est une couleur chaude

C’est un ensemble de thèmes très délicats qu’aborde Julie Maroh dans ce présent (et copieux) récit, et, même si tout n’est pas à mon goût, je trouve que, dans l’ensemble, elle s’en sort très bien. Les points forts ? Tout d’abord un dessin qui m’a tapé dans l’œil. L’artiste réalise un très beau travail tant dans la sensualité du trait que dans l’humanité des regards mais, surtout, son travail sur la couleur est formidable (oui, je sais, je m’emballe). Dominances de gris et fulgurance du bleu dans les (très nombreux) flash-back, et couleurs d’une parfaite douceur pastelle dans l’époque présente. C’est du point de vue esthétique, tout à fait à mon goût. Ensuite, aborder le sujet de l’homosexualité (ou plus exactement la recherche d’une identité sexuelle) est devenu un sujet bateau, mais l’artiste parvient à intégrer beaucoup de nuances dans son portrait (il est vrai qu’elle prend le temps de le développer, l’album comptant près de 160 planches). Enfin, j’ai vraiment bien aimé la manière dont Julie Maroh traite du sujet de l’acceptation du regard de l’autre et de soi-même. La période de l’adolescence est une période on ne peut plus délicate durant laquelle le besoin de se trouver mais aussi celui d’être accepté(e) par les autres est essentiel (existentiel, même), et l’artiste parvient à bien faire ressortir tous ces questionnements. Mais l’album contient également quelques gros points faibles. A commencer par les nombreux « bouhouhouh » présents dans ces planches. Est-il nécessaire qu’un pleur soit aussi sonore ? Au risque de me faire lyncher, je dirais qu’il s’agit là d’un défaut typiquement féminin. Le grave problème est que ce genre de scène (de larmes) m’exaspère bien plus qu’il ne m’émeut. Les personnages me semblent tellement dire « regardez-moi, comme je suis triste » que j’ai du mal à croire à la sincérité de leurs émotions, toute préoccupées que sont ces filles par la recherche d’attention de leur entourage (« je hurle pour qu’on me regarde et non parce que je suis triste »). Heureusement, d’autres scènes sont jouées en retenue, et fonctionnent bien mieux avec moi. Ensuite, cette quête amoureuse nous offre un long passage de déchirures-réconciliations-déchirures-réconciliations-déchirures-réconciliations-etc… aussi répétitif que gonflant. Là, à nouveau, ma vision masculine de l’amour et de la relation amoureuse m’empêche de comprendre et de m’émouvoir à ces multiples hésitations. J’aime ou je n’aime pas – point barre. Et voir ces deux jeunes femmes dans l’incapacité de faire face à leurs sentiments énerve mon cerveau reptilien de mâle primitif. Enfin, l’artiste y va franco dans ses passages sensuels et, sans tomber à aucun moment dans le vulgaire, flirte tout de même avec le racolage. Ceci dit, les scènes d’amour lesbien sont plutôt agréables à regarder et s’intègrent logiquement dans le récit (je ne suis pas convaincu que mon sentiment aurait été identique dans le cas d’amours gays). Dans l’ensemble, et malgré les faiblesses évoquées, cet album me laisse donc une bonne impression. Mieux que pas mal mais pas encore tout à fait franchement bien. A découvrir par les amateurs du genre, et à éviter par les personnes qui s’attendent à tomber sur un récit érotique. Il s’agit bel et bien ici d’un portrait intime d’une jeune femme en quête d’elle-même. Parce que cela semble être une première œuvre, je tranche pour la cote supérieure. Mon coup de cœur, lui, concerne la beauté graphique de l’ensemble.

20/04/2010 (modifier)
Couverture de la série Mélodie au crépuscule
Mélodie au crépuscule

Renaud Dillies nous ressort la même recette que pour son très bon « Betty Blues » et nous sert une excellente « Mélodie au Crépuscule ». J’ai grandement apprécié le rythme narratif, qui offre énormément de respirations (ne vous attendez pas à un récit haletant avec cet auteur) et même si le thème est archi-connu et souvent exploité, cette quête du sens de la vie par un personnage brisé suite à une rupture amoureuse m’a touché par sa justesse de ton. Les personnages animaliers de l’artiste sont très réussis. Leur anthropomorphisme me permet de m’y identifier, et leur animalité me permet de lire ce récit comme je le ferais d’un conte (en fait, c’est la technique utilisée depuis la nuit des temps par plus d’un conte de fées). Plus encore que dans Betty Blues, j’ai aimé ce trait qui me semble devenir de plus en plus dépouillé au fil des albums de l’artiste. Le découpage, lui, demeure excellent. Attention toutefois à la répétition, tant dans les thèmes que dans les effets de style. Je crains en effet qu’à force de m’offrir toujours la même chose, l’artiste finisse par me lasser. Peu importe dans le cas présent, c’était franchement bien !

20/04/2010 (modifier)
Par sonkun30
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Donjon Zenith
Donjon Zenith

Haa Donjon! Une série à part, à coup sûr. Le graphisme est confié à plusieurs dessinateurs, mais j'apprécie les styles de Trondheim et Boulet, très différents, mais très agréables à l'oeil. Quand au scénario, il est incroyablement riche en rebondissements, et malgré ses dessins "enfantins", ce n'est pas du tout une BD pour les petits, selon moi. En tout cas, si vous aimez l'héroïc-fantasy mais que vous avez plein le dos des elfes, nains, et autres trolls, plongez vous dans Donjon, qui est un OVNI dans cet univers de magie et d'épées. Seul bémol : il vous faudra beaucoup de place, car les auteurs visent un nombre effarant de volumes (cette remarque ne s'applique que si vous comptez collectionner les autres séries Donjon).

19/04/2010 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Point de Rupture
Point de Rupture

Ça faisait longtemps que je n'avais pas lu un scénario qui crée un monde futuriste aussi crédible et solide ! J'espère de tout cœur que les deux prochains tomes vont être aussi bons parce que pour l'instant c'est génial ! Au début, je ne comprenais pas tout ce qui se passait, mais, petit à petit, Trillo nous dévoile cet univers et il le fait si bien que je n'ai pas besoin de long discours pour savoir se qu'il se passe. C'est un univers post-apocalyptique vraiment déprimant. Si je vivais là-dedans, je serais devenu fou ou je me serais tiré une balle depuis longtemps. Le point fort de cet œuvre est sans nulle doute ses personnages : ils ont une psychologie intéressante, leurs actions sont captivantes. Ils essaient tous de survivre du mieux qu'ils peuvent, même les 'puissants' qui ne sont en fait que des loques humaines comme tous les autres. Le superbe dessin de Risso décrit parfaitement ce monde inhumain et il montre à la perfection la souffrance qu'endurent ces gens fictifs. Excellent !

18/04/2010 (modifier)
Par Naomi
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série D.Gray-Man
D.Gray-Man

C'est, d'apres moi, tout simplement Gé-ni-al !!! - Les dessins ont une finesse incomparable (tous les personnages sont fait avec beaucoup de charme et "d'attachance"). - L'histoire est d'une originalité surprenante (toutes ces petites mesavantures qui lient combat, rencontre, amitié, complicité, humour et aussi tout ce qu'on a besoin pour un vrai shonen sans aucun reproche !!!). - Les entrepages amusantes et distrayantes. - Les couleurs (meme si il n'y en a pas dans le livre mais je parle des couvertures ou de l'anime) sont tres harmonieuses et d'un choix divin. - Et j'en passe... !!! Je suis une tres grande fan de shonen en général. La baston, les garcons, mais aussi l'amitié... Ce genre de choses me charme vraiment... Mais D.Gray-Man est une exception. Ce manga sort completement du lot !!! Il est sans aucun défaut ! Katsura Hoshino semble mettre vraiment beaucoup de soin et de délicatesse à ses oeuvres et c'est pour sa qu'il est exceptionellement fantastique. C'est un manga pour tout public tant que vous aimez Shonen... Entre les étranges inventions du grand intendant, les disputes à répétitions avec Kanda, les bétises et les drague de Lavi (<3) et les folies de Komui, on ne finit pas de rire ! Mais quand l'humour cesse... Place au combat avec des armes impressionnantes contre les Akumas !

16/04/2010 (modifier)
Couverture de la série Jinx
Jinx

Il m'a mis une énorme claque ce polar. C'est d'une force rare. Le dessin est tellement noir, tellement peu lisible, qu'on s'accroche aux textes en permanence pour ne pas perdre le fil. ... et quel texte. Le ton est juste, la traduction est sans aucun doute très bonne. C'est pas lourdingue, c'est riche. Ca tartine pas mal et c'est toujours intéressant, systématiquement réfléchi. Finalement le noir et blanc sculte une ambiance, mais la narration est assurée par l'écriture. Et malgré la bonne dose de texte c'est souvent haletant, parfois malin et cette philosophie de comptoir permanente donne beaucoup de matière, et de rire ... Le passage sur David Hasseloff fait beaucoup de bien. C'est cinglant sans être trash, et c'est tout de même réfléchi. Dans la même veine, le débat sur le format Letter box à la TV entre Jinx et Goldfish est un de mes passages préférés parce que la vie tient effectivement à certains principes, tellement anecdotiques, mais tellement importants. C'est ce qui définit une personnalité et c'est ce qui donne aux personnages cette présence si forte. Les valeurs de chacun ne sont ni niaises, ni communes, et elles dressent les enjeux à merveille et sont de fait touchantes Puis finalement d'un polar de rue, sur le thème de l'arnaque, on transite doucement vers des choses plus fortes. Cette BD est une vraie romance.

15/04/2010 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Derniers jours d'un immortel
Les Derniers jours d'un immortel

Excellent ! Décidément, les scénarios de Fabien Vehlmann m'épatent de plus en plus régulièrement. Celui-ci est particulièrement original, riche et fort. Il nous place dans un univers futuriste presque utopique. La technologie et le mode de vie de ses habitants, alternant immortalité, téléportation, corps multiples, fusions de mémoires et métamorphoses corporelles choisies, me rappelle grandement celle du "Cycle de la Culture" de Iain Banks que j'adore. Mais les avancées technologiques ne sont qu'un décor au récit. Le thème principal concerne la communication entre les êtres, entre espèces aux comportements sociaux et morphologiques radicalement différents, mais aussi entre être humains avec les particularités que cette technologie apporte sur leurs esprits et leurs modes de vie. Le rôle du héros est d'entamer le dialogue avec des races inconnues, de servir d'intermédiaire dans des conflits entre civilisations ou encore d'enquêter sur des situations complexes mettant en scène des espèces différentes. J'ai été décontenancé par le graphisme des premières planches. Je regrette d'ailleurs toujours ce dessin noir et blanc que je trouve trop minimaliste, trop terne. J'aurais considéré cet album comme probablement culte avec un graphisme plus complexe et plus coloré. Mais je m'y suis pourtant rapidement fait. J'ai régulièrement apprécié les expressions posées que le trait donne aux personnages, accentuant l'état d'esprit de la BD. En outre, le minimalisme permet de donner un sens plus universel et plus fortement symbolique à certaines planches. Je comprends le choix des auteurs d'avoir opté pour un tel graphisme, mais je ne suis qu'à moitié convaincu, pour une question de goût j'imagine. L'histoire m'a vraiment captivé. J'ai été à la fois intéressé, amené à réfléchir et transporté dans un univers de science-fiction passionnant. Les enquêtes psychologiques et sociologiques que mènent le héros sont très bien menées et m'ont tenu en haleine. Les auteurs se paient également le luxe d'y inclure quelques touches d'humour par-ci par-là. Et à cela s'ajoute la force émotionnelle de certains passages et de la conclusion du récit. Une grande oeuvre à lire absolument !

15/04/2010 (modifier)
Par Ems
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'espion de Staline
L'espion de Staline

Très gros coup de coeur pour cette BD originale sur bien des points. Le scénario est riche et bien structuré. Il s'appuie sur un gros travail documentaire et surtout des témoignages qui servent d'ailleurs de bases aux différents chapitres. Pour apprécier ce one shot, j'ai fragmenté ma lecture sur plusieurs soirées car les nombreuses pages ne défilent pas si vite que je m'y attendais. Certes l'histoire demande de l'attention mais le dessin noir et blanc demande également sa part d'observation. Il a des allures de crayonnés très soignés. Chaque case est extrêmement détaillée, l'auteur a dû même passer un sacré bout de temps pour réaliser cet album de plus de 250 pages. Il y a ici et là des petites erreurs de perspectives notamment sur les personnages mais l'ensemble est un régal à visionner. L'histoire est aussi captivante car elle retrace les dernières années d'un homme hors du commun vivant au Japon et espion communiste ayant les portes grandes ouvertes à l'ambassade d'Allemagne nazie. Résumer cette BD serait trop long, une lecture à tête reposée s'impose pour tous les BDphiles férus d'histoire et de destinées hors normes. Isabel Heitz a démontré de grandes qualités et sera à suivre.

14/04/2010 (modifier)
Par Tomeke
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Meteors
Meteors

A la fermeture de cet épais premier opus, je dois bien avouer avoir été très agréablement surpris par la qualité et l’originalité du background de l’histoire qui nous est proposée. Un bon coup de cœur ! Côté récit, je le trouve facile d’accès, prenant et cohérent. Plusieurs petites scènes s’entrecroisent sans que le lecteur ne soit à un moment ou l’autre perdu. Le rythme est correct, il reste constant tout au long de l’album mais manque sans doute de quelques rebondissements. Cela arrivera peut-être avec la suite. J’ai toutefois dévoré l’album assez rapidement ; les auteurs nous proposent ici un excellent premier tome qui réunit tout ce que j’apprécie dans la science-fiction. A cela s’ajoute quelques références du genre et un cahier supplémentaire en fin d’album que je trouve plus qu’appréciable. Côté graphique, il est correctement adapté à ce monde robotisé, dominé par l’intelligence artificielle. Le procédé paraît lui-même issu d’une quelconque robotisation des couleurs… Personnellement, j’épingle au passage un bémol : les visages, que je trouve beaucoup trop issus de la culture manga, ce qui n’est pas pour me plaire. Parallèlement, le lecteur se délecte des robots, vaisseaux, exo-squelettes et autres incontournables de la SF, parfaitement dessinés et détaillés ; c’est un réel plaisir pour les yeux ! En conclusion, mis à part de petits défauts qui ne peuvent en rien ruiner l’excellence de ce premier opus, je me montre impatient de connaître le développement de tous les éléments ici présentés et la suite de cette aventure qui devrait faire référence en la matière. J'en profite maintenant que la série est complète pour mettre à jour mon avis. Le deuxième opus reste dans la réussite du premier. Le récit est toujours aussi accrocheur et les quelques personnages présentés dans le volume précédent se retrouvent pour permettre à l'histoire de se poursuivre sur une même trame principale. Hélas, le dernier tome vient clôturer ce triptyque de manière relativement décevante. Non pas que cela soit au final mauvais, mais juste décevant... La fin arrive assez brusquement, alors que le lecteur manque encore de quelques réponses et, dans le même ordre d'idée, il se passe beaucoup de choses sur peu de planches, surtout vers la fin du récit. Néanmoins, l'ensemble fournit un bon moment de lecture et j'en conseille toujours l'achat. Ma note passe cependant de 4/5 à 3/5, pour une clôture légèrement bâclée...

04/05/2008 (MAJ le 14/04/2010) (modifier)
Par Chalybs
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Fragments de l'encyclopédie des dauphins (Demain les dauphins)
Fragments de l'encyclopédie des dauphins (Demain les dauphins)

Voilà une bande dessinée comme on aime en croiser par moment. En dehors de tout. En dehors du temps, en dehors de tout repérage spatial. Une surprise légèrement nostalgique, un moment de poésie et de grâce flottant nulle part. Cette BD retrace les prochaines 10000 années de l’humanité au travers de courtes historiettes, sauts de puce reflétant les tournants majeurs de l’évolution tant physique que de la pensée. L’évolution de l’humanité se retrouve rapidement confrontée à l’évolution d’autres espèces et tombant dans la facilité, l’humanité va elle décliner. 10000 années pendant lesquelles nous nous rapprochons inexorablement de la sortie. L’histoire des derniers hommes les mènera vers l’histoire des légendes, de ces mythes qui peuplèrent (peut-être) la terre que nous connaissons et que nous appelons tantôt Zeus, Thor, Shiva… Le monde ne les oublie pas mais personne ne sait réellement s’ils ont un jour existé. Présentées sous forme d’extrait d’encyclopédie, les histoires sont souvent passionnées, émouvantes mais violentes psychologiquement. La conquête de l’espace et de son improbable idéal ne se fait jamais sans passer par des choix qui ne satisferont jamais tout le monde. L’histoire part de la planète Terre, nous emporte dans les confins des mondes et finit par nous ramener sur Terre 10000 années plus tard. C’est une balade semblant parfois décousue, nous surprenant fréquemment par son itinéraire et les endroits visités. Mais le trajet est logique et l’auteur parvient à nous emmener à destination. Sa destination. Notre destination. Personnellement j’ai été bluffé par cette BD d’aspect vieillot en ouvrant les premières pages. Car le dessin est plutôt d’un abord rébarbatif. Les visages font faux, les expressions figées. Le dessin est statique, les cadrages sages. L’ensemble fait très sobre, très contenu. Et cette impression est renforcée par l’usage unique du noir et blanc. Pourtant, rapidement l’ensemble devient évident. Le dessin nous transporte là où l’auteur le désire et vite, nous oublions notre première impression. J’ai lu ces pages avec bonheur.

13/04/2010 (modifier)