Attention, manga OVNI.
Disons-le de suite, Survivant aura son public, et ses détracteurs, ou plutôt que détracteurs, des gens qui passeront complètement à côté.
C'est un ouvrage ascétique qui nous est servi ici, 10 tomes, longs, lents, un petit format où on se fait mal aux yeux, un noir et blanc tranché, parfois confus.
Un jeune homme (14 ans au début), et un groupe d'amis visitent une grotte un week-end. Un tremblement de terre, il se retrouve seul, perdu, plus personne, un tsunami submerge la montagne qui, devenue île, isole le jeune homme. Que s'est il passé, comment va-t-il survivre ?
On ne sait rien de plus que notre héros, et c'est parti pour un récit de survie qui a pour personnage principal la Nature. Tout réapprendre, la sortie de la grotte est une sorte de nouvelle naissance (l'auteur ne s'en est pas caché, vue la forme de l'ouverture), et les premiers pas de notre nouvel homme seront difficiles, âprement difficiles.
Peu d'action, on suit le survivant dans ses échecs, comme ses réussites, et la réussite s'acquiert ici, forcément, après une bonne dose d'échecs. Le héros doit être patient, le lecteur aussi.
C'est un ouvrage brut de décoffrage, tout a son importance quand on est réduit à survivre : aller à la selle, faire pipi, se nourrir, se protéger, tout acte du "quotidien" prend des proportions insoupçonnées. Tout est ici retranscrit aux petits oignons, une psychologie forte en non-dits, des situations que leur simplicité rend épiques. La nature devient source de peur et d'oppression, l'homme souverain se voit relégué en bas de l'échelle. Seuls les forts s'en sortent (l'ouvrage est plutôt darwiniste), une rencontre avec une rescapée au deuxième tome viendra appuyer cet axiome (très bel exemple de déliquessence psychologique).
Je me suis abîmé dans la lecture de ce manga, j'ai été happé. C'est poignant, intéressant, éducatif, de bout en bout. Pourtant c'est rempli de faiblesses, le format trop petit, le dessin parfois inidentifiable sur certaines planches, des visages pas très expressifs, un caractère très "constipé" (manque de nutrition ? [rires] ) de tous les protagonistes (oui il y aura d'autres survivants...), l'auteur n'est pas un grand dialoguiste non plus, et le ton est un petit peu trop détaché et scolaire dans les commentaires qui jalonnent l'ouvrage.
Tant pis, pour les défauts, on ne vit qu'une fois ! Note maximale, must-have, coup de cœur et tout le bazar, Satoru, tu le mérites, tu en as vraiment trop bavé, et nous avec.
Du grand Jean-Claude Forest ! Pendant ma lecture du premier 'chapitre', je me suis franchement ennuyé et j'avais peur de m'emmerder pendant 80 pages, mais j'ai commencé à accrocher pendant le récit du comte et je suis finalement rentré dans l'histoire pour ne plus en ressortir ! Chaque chapitre est meilleur le précédent !
Comme toujours chez cet auteur, les personnages sont étranges et ont une logique bien à eux et j'aime ça ! J'adore cet univers étrange où Forest fustige la bêtise humaine. C'est vraiment le genre d'histoire que j'aime lire même si je ne comprend pas toujours les propos des personnages. N'essayez de lire cet album de manière rationnelle parce que vous allez vous casser les dents.
Le dessin de Forest est une merveille pour les yeux. Cet homme avait beaucoup de talent.
Kirihito est un médecin japonais qui étudie une étrange maladie touchant le physique en animalisant des hommes et les conduisant rapidement à la mort. Quelle en est la cause ? Sur instruction de son médecin chef, il va aller étudier cette maladie de plus près dans un village touché.
Il va lui aussi contracter la maladie. Mais il en trouvera au moins la cause racine.
Ce médecin zoomorphe va être balloté à travers le monde éprouvant la folie et la cruauté des hommes qui ne voient qu'une bête en lui. Cette série en 4 tomes est très noire et résolument adulte. Elle se rapproche par certains côté de MW du même auteur, notamment par le caractère conférant à la folie du docteur Urabe, un collègue de Kirihito. Ses pulsions sexuelles et son attirance pour la fiancée du héros ou plus tard la religieuse Helen Freeze sont illustrées par un dessin torturé d'où on sent poindre ses démons intérieurs.
Le dessin de Tezuka est de très bon niveau, moins enfantin mais toujours aussi métaphorique et pudique sur les scènes de sexe qui sont pourtant multiples et souvent non consenties. La représentation de la jeune et belle Li Hua comme croqueuse de "monstres" fait d'ailleurs froid dans le dos.
Quasiment tous les personnages sont multiples et cachent des sentiments sombres au fond de leur âme. Le héros lui-même craque à un moment, le sort s'acharnant sur lui il en vient à renoncer à sa condition de médecin, voulant abréger les souffrances d'un nourrisson plutôt que de tenter de le sauver.
Les aspects médicaux sont développés, on sent le passé de médecin de l'auteur même s'il avoue en postface qu'il a dû demander conseil car il s'est éloigné en tant que mangaka de sa profession d'origine. Kirihito va aller obtenir sa vengeance face à son chef tout décrépi et sourd à tout argument réfutant sa thèse médicale.
Dans des mises en pages inventives, en spirale par exemple, Tezuka crée ici une série relativement courte et dense du niveau de Ayako.
Magnifiquement illustré, faisant place autant à la méditation, à la réflexion, qu'à l'éclaircissement des aspects sombres de la vie de cette illustre philosophe, cette bande dessinée est un vrai plaisir pour les yeux et la matière grise. Je la conseille vivement. Que l'on connaisse ou non la vie du grand Friedrich, que l'on soit débutant ou chevronné en philosophie, on apprend des choses étonnantes, et j'en suis ressorti personnellement enrichi et ébloui.
Voici une nouvelle série, qui est l’adaptation manga de « Tales of Destiny », un épisode de la saga de jeu vidéo « Tales of… ». On peut dire que je l’avais attendue, cette sortie ! Et je n’ai pas été déçu. Le scénario est très simple au départ et parvient à nous entraîner. Je trouve le héros de cette série, Stan Aileron, très attachant, pour une fois qu’un héros de shonen est adulte !
Je trouve le parcours initiatique de ce héros et de ses compagnons palpitant, on ne s’ennuie pas une seconde ! L’histoire ? Un prêtre réputé devient fou et vole l’œil de Dieu, un morceau de météorite caché dans un temple, qui a le pouvoir de détruire le monde. Assez simple, mais rappelons que c’est une adaptation de jeu vidéo, et donc on ne peut pas aller plus loin dans le délire scénaristique. La manga est paru au Japon en 1997 mais malgré cela je trouve que les dessins n’ont pas trop vieilli. Avantage : la série est en 6 tomes et donc on ne devra pas attendre 1000 ans pour connaître le dénouement.
Les personnages sont drôles et ont toujours la réplique qui tue. Il y a tous les ingrédients d’une bonne série manga d’héroic fantasy : combats à l’épée, humour, aventure, créatures bizarres, contrées éloignées… Je suis tout de même entré dans l’histoire un peu tard, lorsque j’avais dépassé le quart de l’album ! C’est un peu normal vu que c’est un tome 1 qui présente les personnages et le cadre de l’aventure. Sinon, dépassé le quart de l’album, c’est vraiment très bien, et lorsque c’était fini, j’ai voulu de suite la suite :].
J’ai beaucoup aimé le choix des personnages, qui ont tous un but propre : Lion travaille pour Oberon Corp (une entreprise qui fait des objets à base de lens), et veut récupérer l’œil de Dieu. Rutee poursuit le même but mais pour l’argent. Stan veut battre Grebam pour sauver la population de Darilsheid. Philia ne se pardonne pas de ne pas avoir pu empêcher Grebam de voler l’œil de Dieu, et se voit contrainte d’accompagner nos héros. Chelsea, elle, veut retrouver Woodrow (un archer faisant sa formation chez le père de Philia, et parti se battre contre Grebam), car elle est secrètement amoureuse de lui.
Bref, de l’action, de l’humour, de l’aventure, de l’émotion…. Ce premier tome entame la série avec beaucoup de classe, même si le scénario n’est pas très original….
Une bonne entrée en matière…
Après lecture des tomes 2 et 3:
La série suit toujours sa route, c'est assez entraînant, et on oublie que l'on lit une adaptation de jeu vidéo. Cela annonce une suite jouissive.
Après lecture des tomes 4 et 5:
splendide. on atteint la dernière ligne droite de la série, et on a énormément de surprises et d'émotions. les combats sont eux palpitants et chaque personnage a développé sa personnalité. La fin de cette saga qui est un de mes coups de coeurs 2010 (j'ai acheté le tome 5 la veille de sa sortie! :) ), dans le tome 6! j'ai hâte d'être au 27 janvier 2011!
Pour moi aussi, ce fut une passionnante lecture. « Les derniers jours d’un immortel » est un album original et surprenant qui évoquera autant les univers de Léo que l’existentialisme et l’anthropologie façon Claude Levi-Strauss.
Le travail de Fabien Vehlmann est très impressionnant sur cet album. Décidément, il est l’un des scénaristes les plus doués de sa génération.
Je ne suis pas grand consommateur de comics, encore moins spécialiste. Même si je ne peux trahir les bons vieux souvenirs épars des Strange, Nova ou Titan de ma prime adolescence, mes seules autres piètres références se noient dans un salmigondis de productions cinématographiques nées de la fièvre d’adaptation qui s’est emparée des studios depuis une petite dizaine d’années. Ces distractions souvent académiques, déballant avec diverse inspiration leur dose spectaculaire syndicale et leurs codes moralisateurs à la psychologie sirupeuse ou carrément au ras de la moquette, ne m’ont jamais mis en appétit pour rouvrir un Marvel, un DC ou autre.
Mais là, la curiosité titillée, affriolée des sympathiques avis de l’étage du dessous, j’ai retrouvé assez d’enthousiasme pour risquer le bout de mon nez dans ce fameux Kick-Ass. Et je me suis fait botter les fesses ! Dès la planche d’ouverture, j’ai dégringolé dans ses filets. Attrapé par la trame narrative accrocheuse, énergique, et sous l’efficacité redoutable d’une voix off à la première personne qui m’a scotché en moins de deux à la psyché de son héros. Chahuté par un dessin dynamique et bariolé (pas avare en globules rouges) convoquant des bouilles engageantes aux émotions justes et sobres. Terrassé par un scénario immersif, inattendu, qui dégomme les stéréotypes et se vautre avec jubilation dans une outrance dopée au cabotinage d’acteurs borderline.
Comment ont-ils pu oser mettre en scène Hit-Girl ? Cette gamine se transformant sans le moindre état d’âme en une « trancheuse à jambons » dont la propension joviale et inventive à faire dans le massacre ou la réduction des corps traduit un degré de violence, de trouble d’autant plus pervers et jouissif qu’il s’accomplit sous le regard approbateur de Big-Daddy, son acolyte, et accessoirement son papa. Ou encore se hasarder, dans une délectation à peine dissimulée, à faire systématiquement déchirer la tronche de leur personnage principal ? Un adolescent en manque de reconnaissance et enfiévré de lectures, qui n’a pas d’idée plus saugrenue que de mimer ses modèles de papier : ça doit être cool de faire le super héros ! Bâti comme un glaviot, sans aucun pouvoir ni la moindre once de culture martiale, dérisoirement séparé de la réalité par les quelques misérables millimètres d’un néoprène moule-ce-qu’il-peut d’occasion, il lui faudra une dose de courage et d’abnégation (de connerie aussi forcément) inaccessible au commun des mortels pour oser franchir le pas et défier toute une faune de zonards et autres truands excellant dans l’art douloureux du comment bien vous endormir. Mais, bonjour monde réel ! Ici, rien n’a changé. Les beignes font toujours gonfler le visage et les coups de lame pisser l’hémoglobine. N’est pas surhomme qui veut ! La fragilité, l’inconscience et l’incompétence se dévoilent d’autant plus « frappantes » que notre héros, néo-pugilomètre certifié, accumule séjours à l’hosto et passages à l’infirmerie. Et contre toute attente, parmi d’irrésistibles envies de rire vachardes, on se découvre un vrai attachement pour cet imbécile heureux, un embryon de respect devant son obsession futile, voire une lueur d’espoir quand elle se verra enfin couronnée.
À force de jouer le jeu, on se surprend à y croire. Et, l’espace d’un instant, on se fantasmerait presque en Don Quichotte de quartier : ah ! Oser remettre les poings sur les i (et pourquoi pas les yeux) de cet âne qui s’obstine à gaver ma boite aux lettres déjà dégobillant de pubs ou cicatriser à coups de 42 le sphincter du caniche de ce con (il est vraiment trop balèze…) de mon inconvenant voisin, qui expulse depuis trop longtemps ses matinaux et gluants colis devant l’entrée de l’immeuble. Mais je m’égare… Tous ces personnages, je les ai kiffés à mort ! Ça me démange d’en connaître tellement plus sur eux. Et d’espérer pour le futur des supers méchants impitoyables ou peau de banane, à la mesure de nos nouveaux héros. En attendant, Millar et Romita ont déjà mis dans le mille. Leur mise en abîme parodique est respectueuse et s’éclaire d’une incorrection de bon goût. Que ce soit dans les escapades justicières ou l’évocation du quotidien pubère, éraflant gentiment au passage le côté geek des ados, elle se teinte d’une analyse assez subtile des notions d’identification, de justice ou de rapport à la violence. Elle atteindra à coup sûr sa cible boutonneuse tant elle parle si bien son langage, mais ne manquera pas non plus d’entraîner dans son sillage les amateurs de divertissement joliment troussé comme moi, les régalant d’une récréation rythmée, choquante et jubilatoire dont on ressent la motivation première : le plaisir du lecteur.
En voilà une série qui commence franchement bien !
Meteors c’est l’histoire de Noria, une adolescente tourmentée, avec une mère qui la laisse régulièrement pour partir en missions spatiales de plusieurs années. C’est une histoire qui nous parle de la découverte d’un cosmonaute russe retrouvé dérivant dans l’espace alors qu’il devrait être mort depuis 1973 si l’on se fie aux archives officielles. C’est une histoire qui parle d’un projet spatial russe qui aurait été mené en secret dans la période où les américains ont posé le pied sur la Lune. C’est une histoire où une partie des terriens s’est transportée sur une base martienne ... C’est une histoire où l’héroïne a une mémoire « comparable à celle du Pan Troglodytes »…
...Oh mais dites-moi, ça ne vous rappellerait pas Le Complexe du Chimpanzé tout ça ? Alors que j'ai aimé l’œuvre de Ponzio et Marazzano, ce parallèle m’a fait très peur quand j’ai commencé à le déceler. Mais le parallèle s’arrête là et la trame de l’histoire, entre gouvernance politique par des IA, zones franches dites "analogiques", nano-pollution, domotique et cohabitations homme / machines-en-tous-genres est complètement différente de l'œuvre sus-citée.
On débarque dans Meteors en 2134 à une époque où les rênes du pouvoir ont été cédées par l'Homme à des IA qui usent de toutes les bassesses et trahisons pour maintenir la population dans une saine ignorance, et où des groupuscules humains contestataires cherchent à développer des technologies nouvelles pour trouver de quoi contrer ce nouveau règne numérique totalitaire. La toute puissance des IA est en danger !
Le scénario est riche et fort bien construit, il est servi par un dessin très efficace : flashs backs parfaitement identifiables ou styles graphiques des bulles bien distincts entre les IA et les humains, tout est là pour ne pas perdre le lecteur dans cet univers complexe et futuriste.
Le dessin m’a beaucoup plu malgré son trait un peu approximatif et anguleux, je pense que c’est surtout grâce aux couleurs que j’ai trouvées très réussies, dans certaines planches on voit notamment la lumière naturelle et l’éclat artificiel des néons cohabiter et le rendu est superbe, superbe aussi le Sahara de nuit du tout début de l’histoire ou encore certaines vues de l’espace. Les visages sont parfois moyens mais la seule case où Noria pleure l’absence de sa mère rattrape toutes les autres. C'est dynamique, c'est détaillé, c'est riche : que demander de plus !
Le tome 2 est toujours aussi joliment dessiné et colorisé, rien à dire, par contre je trouve que ça "zappe" beaucoup entre les différentes petits intrigues qui se trament à droite et à gauche, ça donne du rythme, mais c'est un peu fatiguant à la longue.
Le tome 3 qui conclut la série est un poil décevant graphiquement, les couleurs sont toujours aussi réussies mais le trait est souvent approximatif. Au niveau de l'histoire, la fin est moins spectaculaire que ce à quoi je m'attendais, ça manque d'explications, peut-être aurai-il fallu prévoir un quatrième tome... pas si mal quand même, mais pas à la hauteur de mes espérances sur les 2 premiers opus.
Voila une de mes bandes dessinées préférées du moment, et je pense en toute objectivité une des plus prometteuses....
Les histoires sont en deux tomes, chacun consacré à un élément (10 tomes prévus, avec le néant en dernier cycle). On suit les aventures de Okko un ronin (samurai sans honneur), noburo le guerrier démon, le moine Noshin et son apprenti Tikku. Tout d'abord, je tiens à signaler que les personnages sont parfaitement complémentaires, certains apportant de l'humour, d'autres de la profondeur au récit, de plus leurs capacités respectives leur donnent une grande force d'action. Chaque cycle nous présente aussi de nouveaux personnages, très intéressants, et comblant l'onomastique définitivement réussie de ces aventures.
L'histoire débute fort, on est tout de suite plongés dans ces aventures, bien que les premiers tomes soient inférieurs aux seconds pour les deux premiers cycles.
Le premier cycle est agréable, met très bien en place les principaux protagonistes et le monde (qui est le Japon des Samurai, avec quelques ingrédients fantasy), et offre des aventures très plaisantes.
Le second commence moins bien, le premier tome du cycle traine un peu en longueur selon moi, mais le tir est parfaitement corrigé avec le quatrième tome, le meilleur de la série, une référence en matière de scénario et d'aventures !
Enfin, le troisième cycle commence très fort et le prochain tome à paraitre promet d'être passionnant. Ce cycle nous explique un peu plus du passé de Okko, et donne beaucoup de profondeur à la série, nous fait encore plus accrocher !
Le dessin est très réussi, quoique conventionnel, et le découpage est très lisible et dynamique.
Bref, si vous ne connaissez pas encore, courrez l'acheter, vous ne serez pas déçus !
Jazz Maynard s’est mon gros coup de cœur du moment.
Je dois dire que j’ai été bluffé, tout d’abord le scénario est béton. Tout est relativement bien pensé, riche en rebondissement, en flash back, en humour et en péripéties. Ensuite l’ensemble est incroyablement fluide, il faut dire que certains scénaristes auraient pu faire traîner la même histoire sur dix tomes, ici il n’en est pas question. L’histoire avance à toute allure sans nous perdre en chemin.
De plus le cadrage est vraiment audacieux. La mise en scène est vraiment appréciable. Nous passons d’un endroit à un autre, d’un personnage à un second, d’une époque à deuxieme différente, le tout d’une façon déconcertante. Il n’y a aucune difficulté à suivre le fil des pensées de notre auteur, cela est terriblement bien fait.
D’autre part le dessin auquel j'avais tant de reproches à faire au premier abord sert vraiment de bonne façon cette histoire. Il est différent, il a son propre caractère et fluidifie la lecture. Lecture qui peut s’emballer et se faire à toute vitesse dans les périodes de forte activité de nos protagonistes.
Bien sûr on pourra reprocher le coté déjà vu mais pour ma part je trouve qu’il s’en passe des choses dans cette série ! Alors déjà vu, effectivement, mais réunis ensemble pas forcement. En général nous n'avons qu’une des « péripéties annoncées » comme par exemple : le sauveur qui vient délivrer sa sœur qui a été enlevé et prostitué de force . Ce qui pourrait chez un autre scénariste faire une série entière, pour le nôtre, de scénariste, en l’occurrence, Raule, cette même péripétie sert de point de départ auquel vient se greffer : des diamants, des amis truands, une sorte de triade, un maire pourri, un policier qui en veut, un casse, des anciens amours, et la liste n’est pas finie !
Apres cette série espagnole (si je ne me trompe pas…) je me suis immédiatement tourné vers l’autre série hispanique au dessin particulier du moment. J’ai nommé Ken Games et bien tout comme pour Jazz Maynard, j’ai été enchanté ! Pas mal ses espagnoles !
Je me suis procuré le tome 4 de Jazz Maynard. Il présenté comme une histoire à tome unique, or, il me semble, ou du moins j’espère, qu’il s’agit plutôt du premier tome d’un nouveau cycle. Trop de pistes sont commencé, trop d’ébauches de nouvelle péripétie sont engagées, il y a là bon nombre d’interrogations…
Ce tome pose encore plus de questions qu’il n’apporte de réponses, ce qui n'est pas mal en soi, bien sûr, mais il va nous falloir nous apporter les réponses. S’il s’agit d’un tome d’introduction pour un nouveau cycle celui ci commence vraiment bien.
A contrario s’il s’agit réellement d’un one shot, je trouve ce tome parfaitement inutile…
L’achat de ce quatrième tome est donc dispensable en attendant l’année prochaine et la sortie éventuelle d’une suite…
(17/20)
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Survivant
Attention, manga OVNI. Disons-le de suite, Survivant aura son public, et ses détracteurs, ou plutôt que détracteurs, des gens qui passeront complètement à côté. C'est un ouvrage ascétique qui nous est servi ici, 10 tomes, longs, lents, un petit format où on se fait mal aux yeux, un noir et blanc tranché, parfois confus. Un jeune homme (14 ans au début), et un groupe d'amis visitent une grotte un week-end. Un tremblement de terre, il se retrouve seul, perdu, plus personne, un tsunami submerge la montagne qui, devenue île, isole le jeune homme. Que s'est il passé, comment va-t-il survivre ? On ne sait rien de plus que notre héros, et c'est parti pour un récit de survie qui a pour personnage principal la Nature. Tout réapprendre, la sortie de la grotte est une sorte de nouvelle naissance (l'auteur ne s'en est pas caché, vue la forme de l'ouverture), et les premiers pas de notre nouvel homme seront difficiles, âprement difficiles. Peu d'action, on suit le survivant dans ses échecs, comme ses réussites, et la réussite s'acquiert ici, forcément, après une bonne dose d'échecs. Le héros doit être patient, le lecteur aussi. C'est un ouvrage brut de décoffrage, tout a son importance quand on est réduit à survivre : aller à la selle, faire pipi, se nourrir, se protéger, tout acte du "quotidien" prend des proportions insoupçonnées. Tout est ici retranscrit aux petits oignons, une psychologie forte en non-dits, des situations que leur simplicité rend épiques. La nature devient source de peur et d'oppression, l'homme souverain se voit relégué en bas de l'échelle. Seuls les forts s'en sortent (l'ouvrage est plutôt darwiniste), une rencontre avec une rescapée au deuxième tome viendra appuyer cet axiome (très bel exemple de déliquessence psychologique). Je me suis abîmé dans la lecture de ce manga, j'ai été happé. C'est poignant, intéressant, éducatif, de bout en bout. Pourtant c'est rempli de faiblesses, le format trop petit, le dessin parfois inidentifiable sur certaines planches, des visages pas très expressifs, un caractère très "constipé" (manque de nutrition ? [rires] ) de tous les protagonistes (oui il y aura d'autres survivants...), l'auteur n'est pas un grand dialoguiste non plus, et le ton est un petit peu trop détaché et scolaire dans les commentaires qui jalonnent l'ouvrage. Tant pis, pour les défauts, on ne vit qu'une fois ! Note maximale, must-have, coup de cœur et tout le bazar, Satoru, tu le mérites, tu en as vraiment trop bavé, et nous avec.
La Jonque Fantôme, vue de l'orchestre
Du grand Jean-Claude Forest ! Pendant ma lecture du premier 'chapitre', je me suis franchement ennuyé et j'avais peur de m'emmerder pendant 80 pages, mais j'ai commencé à accrocher pendant le récit du comte et je suis finalement rentré dans l'histoire pour ne plus en ressortir ! Chaque chapitre est meilleur le précédent ! Comme toujours chez cet auteur, les personnages sont étranges et ont une logique bien à eux et j'aime ça ! J'adore cet univers étrange où Forest fustige la bêtise humaine. C'est vraiment le genre d'histoire que j'aime lire même si je ne comprend pas toujours les propos des personnages. N'essayez de lire cet album de manière rationnelle parce que vous allez vous casser les dents. Le dessin de Forest est une merveille pour les yeux. Cet homme avait beaucoup de talent.
Kirihito
Kirihito est un médecin japonais qui étudie une étrange maladie touchant le physique en animalisant des hommes et les conduisant rapidement à la mort. Quelle en est la cause ? Sur instruction de son médecin chef, il va aller étudier cette maladie de plus près dans un village touché. Il va lui aussi contracter la maladie. Mais il en trouvera au moins la cause racine. Ce médecin zoomorphe va être balloté à travers le monde éprouvant la folie et la cruauté des hommes qui ne voient qu'une bête en lui. Cette série en 4 tomes est très noire et résolument adulte. Elle se rapproche par certains côté de MW du même auteur, notamment par le caractère conférant à la folie du docteur Urabe, un collègue de Kirihito. Ses pulsions sexuelles et son attirance pour la fiancée du héros ou plus tard la religieuse Helen Freeze sont illustrées par un dessin torturé d'où on sent poindre ses démons intérieurs. Le dessin de Tezuka est de très bon niveau, moins enfantin mais toujours aussi métaphorique et pudique sur les scènes de sexe qui sont pourtant multiples et souvent non consenties. La représentation de la jeune et belle Li Hua comme croqueuse de "monstres" fait d'ailleurs froid dans le dos. Quasiment tous les personnages sont multiples et cachent des sentiments sombres au fond de leur âme. Le héros lui-même craque à un moment, le sort s'acharnant sur lui il en vient à renoncer à sa condition de médecin, voulant abréger les souffrances d'un nourrisson plutôt que de tenter de le sauver. Les aspects médicaux sont développés, on sent le passé de médecin de l'auteur même s'il avoue en postface qu'il a dû demander conseil car il s'est éloigné en tant que mangaka de sa profession d'origine. Kirihito va aller obtenir sa vengeance face à son chef tout décrépi et sourd à tout argument réfutant sa thèse médicale. Dans des mises en pages inventives, en spirale par exemple, Tezuka crée ici une série relativement courte et dense du niveau de Ayako.
Nietzsche
Magnifiquement illustré, faisant place autant à la méditation, à la réflexion, qu'à l'éclaircissement des aspects sombres de la vie de cette illustre philosophe, cette bande dessinée est un vrai plaisir pour les yeux et la matière grise. Je la conseille vivement. Que l'on connaisse ou non la vie du grand Friedrich, que l'on soit débutant ou chevronné en philosophie, on apprend des choses étonnantes, et j'en suis ressorti personnellement enrichi et ébloui.
Tales of Destiny
Voici une nouvelle série, qui est l’adaptation manga de « Tales of Destiny », un épisode de la saga de jeu vidéo « Tales of… ». On peut dire que je l’avais attendue, cette sortie ! Et je n’ai pas été déçu. Le scénario est très simple au départ et parvient à nous entraîner. Je trouve le héros de cette série, Stan Aileron, très attachant, pour une fois qu’un héros de shonen est adulte ! Je trouve le parcours initiatique de ce héros et de ses compagnons palpitant, on ne s’ennuie pas une seconde ! L’histoire ? Un prêtre réputé devient fou et vole l’œil de Dieu, un morceau de météorite caché dans un temple, qui a le pouvoir de détruire le monde. Assez simple, mais rappelons que c’est une adaptation de jeu vidéo, et donc on ne peut pas aller plus loin dans le délire scénaristique. La manga est paru au Japon en 1997 mais malgré cela je trouve que les dessins n’ont pas trop vieilli. Avantage : la série est en 6 tomes et donc on ne devra pas attendre 1000 ans pour connaître le dénouement. Les personnages sont drôles et ont toujours la réplique qui tue. Il y a tous les ingrédients d’une bonne série manga d’héroic fantasy : combats à l’épée, humour, aventure, créatures bizarres, contrées éloignées… Je suis tout de même entré dans l’histoire un peu tard, lorsque j’avais dépassé le quart de l’album ! C’est un peu normal vu que c’est un tome 1 qui présente les personnages et le cadre de l’aventure. Sinon, dépassé le quart de l’album, c’est vraiment très bien, et lorsque c’était fini, j’ai voulu de suite la suite :]. J’ai beaucoup aimé le choix des personnages, qui ont tous un but propre : Lion travaille pour Oberon Corp (une entreprise qui fait des objets à base de lens), et veut récupérer l’œil de Dieu. Rutee poursuit le même but mais pour l’argent. Stan veut battre Grebam pour sauver la population de Darilsheid. Philia ne se pardonne pas de ne pas avoir pu empêcher Grebam de voler l’œil de Dieu, et se voit contrainte d’accompagner nos héros. Chelsea, elle, veut retrouver Woodrow (un archer faisant sa formation chez le père de Philia, et parti se battre contre Grebam), car elle est secrètement amoureuse de lui. Bref, de l’action, de l’humour, de l’aventure, de l’émotion…. Ce premier tome entame la série avec beaucoup de classe, même si le scénario n’est pas très original…. Une bonne entrée en matière… Après lecture des tomes 2 et 3: La série suit toujours sa route, c'est assez entraînant, et on oublie que l'on lit une adaptation de jeu vidéo. Cela annonce une suite jouissive. Après lecture des tomes 4 et 5: splendide. on atteint la dernière ligne droite de la série, et on a énormément de surprises et d'émotions. les combats sont eux palpitants et chaque personnage a développé sa personnalité. La fin de cette saga qui est un de mes coups de coeurs 2010 (j'ai acheté le tome 5 la veille de sa sortie! :) ), dans le tome 6! j'ai hâte d'être au 27 janvier 2011!
Les Derniers jours d'un immortel
Pour moi aussi, ce fut une passionnante lecture. « Les derniers jours d’un immortel » est un album original et surprenant qui évoquera autant les univers de Léo que l’existentialisme et l’anthropologie façon Claude Levi-Strauss. Le travail de Fabien Vehlmann est très impressionnant sur cet album. Décidément, il est l’un des scénaristes les plus doués de sa génération.
Kick-Ass
Je ne suis pas grand consommateur de comics, encore moins spécialiste. Même si je ne peux trahir les bons vieux souvenirs épars des Strange, Nova ou Titan de ma prime adolescence, mes seules autres piètres références se noient dans un salmigondis de productions cinématographiques nées de la fièvre d’adaptation qui s’est emparée des studios depuis une petite dizaine d’années. Ces distractions souvent académiques, déballant avec diverse inspiration leur dose spectaculaire syndicale et leurs codes moralisateurs à la psychologie sirupeuse ou carrément au ras de la moquette, ne m’ont jamais mis en appétit pour rouvrir un Marvel, un DC ou autre. Mais là, la curiosité titillée, affriolée des sympathiques avis de l’étage du dessous, j’ai retrouvé assez d’enthousiasme pour risquer le bout de mon nez dans ce fameux Kick-Ass. Et je me suis fait botter les fesses ! Dès la planche d’ouverture, j’ai dégringolé dans ses filets. Attrapé par la trame narrative accrocheuse, énergique, et sous l’efficacité redoutable d’une voix off à la première personne qui m’a scotché en moins de deux à la psyché de son héros. Chahuté par un dessin dynamique et bariolé (pas avare en globules rouges) convoquant des bouilles engageantes aux émotions justes et sobres. Terrassé par un scénario immersif, inattendu, qui dégomme les stéréotypes et se vautre avec jubilation dans une outrance dopée au cabotinage d’acteurs borderline. Comment ont-ils pu oser mettre en scène Hit-Girl ? Cette gamine se transformant sans le moindre état d’âme en une « trancheuse à jambons » dont la propension joviale et inventive à faire dans le massacre ou la réduction des corps traduit un degré de violence, de trouble d’autant plus pervers et jouissif qu’il s’accomplit sous le regard approbateur de Big-Daddy, son acolyte, et accessoirement son papa. Ou encore se hasarder, dans une délectation à peine dissimulée, à faire systématiquement déchirer la tronche de leur personnage principal ? Un adolescent en manque de reconnaissance et enfiévré de lectures, qui n’a pas d’idée plus saugrenue que de mimer ses modèles de papier : ça doit être cool de faire le super héros ! Bâti comme un glaviot, sans aucun pouvoir ni la moindre once de culture martiale, dérisoirement séparé de la réalité par les quelques misérables millimètres d’un néoprène moule-ce-qu’il-peut d’occasion, il lui faudra une dose de courage et d’abnégation (de connerie aussi forcément) inaccessible au commun des mortels pour oser franchir le pas et défier toute une faune de zonards et autres truands excellant dans l’art douloureux du comment bien vous endormir. Mais, bonjour monde réel ! Ici, rien n’a changé. Les beignes font toujours gonfler le visage et les coups de lame pisser l’hémoglobine. N’est pas surhomme qui veut ! La fragilité, l’inconscience et l’incompétence se dévoilent d’autant plus « frappantes » que notre héros, néo-pugilomètre certifié, accumule séjours à l’hosto et passages à l’infirmerie. Et contre toute attente, parmi d’irrésistibles envies de rire vachardes, on se découvre un vrai attachement pour cet imbécile heureux, un embryon de respect devant son obsession futile, voire une lueur d’espoir quand elle se verra enfin couronnée. À force de jouer le jeu, on se surprend à y croire. Et, l’espace d’un instant, on se fantasmerait presque en Don Quichotte de quartier : ah ! Oser remettre les poings sur les i (et pourquoi pas les yeux) de cet âne qui s’obstine à gaver ma boite aux lettres déjà dégobillant de pubs ou cicatriser à coups de 42 le sphincter du caniche
de ce con(il est vraiment trop balèze…) de mon inconvenant voisin, qui expulse depuis trop longtemps ses matinaux et gluants colis devant l’entrée de l’immeuble. Mais je m’égare… Tous ces personnages, je les ai kiffés à mort ! Ça me démange d’en connaître tellement plus sur eux. Et d’espérer pour le futur des supers méchants impitoyables ou peau de banane, à la mesure de nos nouveaux héros. En attendant, Millar et Romita ont déjà mis dans le mille. Leur mise en abîme parodique est respectueuse et s’éclaire d’une incorrection de bon goût. Que ce soit dans les escapades justicières ou l’évocation du quotidien pubère, éraflant gentiment au passage le côté geek des ados, elle se teinte d’une analyse assez subtile des notions d’identification, de justice ou de rapport à la violence. Elle atteindra à coup sûr sa cible boutonneuse tant elle parle si bien son langage, mais ne manquera pas non plus d’entraîner dans son sillage les amateurs de divertissement joliment troussé comme moi, les régalant d’une récréation rythmée, choquante et jubilatoire dont on ressent la motivation première : le plaisir du lecteur.Meteors
En voilà une série qui commence franchement bien ! Meteors c’est l’histoire de Noria, une adolescente tourmentée, avec une mère qui la laisse régulièrement pour partir en missions spatiales de plusieurs années. C’est une histoire qui nous parle de la découverte d’un cosmonaute russe retrouvé dérivant dans l’espace alors qu’il devrait être mort depuis 1973 si l’on se fie aux archives officielles. C’est une histoire qui parle d’un projet spatial russe qui aurait été mené en secret dans la période où les américains ont posé le pied sur la Lune. C’est une histoire où une partie des terriens s’est transportée sur une base martienne ... C’est une histoire où l’héroïne a une mémoire « comparable à celle du Pan Troglodytes »… ...Oh mais dites-moi, ça ne vous rappellerait pas Le Complexe du Chimpanzé tout ça ? Alors que j'ai aimé l’œuvre de Ponzio et Marazzano, ce parallèle m’a fait très peur quand j’ai commencé à le déceler. Mais le parallèle s’arrête là et la trame de l’histoire, entre gouvernance politique par des IA, zones franches dites "analogiques", nano-pollution, domotique et cohabitations homme / machines-en-tous-genres est complètement différente de l'œuvre sus-citée. On débarque dans Meteors en 2134 à une époque où les rênes du pouvoir ont été cédées par l'Homme à des IA qui usent de toutes les bassesses et trahisons pour maintenir la population dans une saine ignorance, et où des groupuscules humains contestataires cherchent à développer des technologies nouvelles pour trouver de quoi contrer ce nouveau règne numérique totalitaire. La toute puissance des IA est en danger ! Le scénario est riche et fort bien construit, il est servi par un dessin très efficace : flashs backs parfaitement identifiables ou styles graphiques des bulles bien distincts entre les IA et les humains, tout est là pour ne pas perdre le lecteur dans cet univers complexe et futuriste. Le dessin m’a beaucoup plu malgré son trait un peu approximatif et anguleux, je pense que c’est surtout grâce aux couleurs que j’ai trouvées très réussies, dans certaines planches on voit notamment la lumière naturelle et l’éclat artificiel des néons cohabiter et le rendu est superbe, superbe aussi le Sahara de nuit du tout début de l’histoire ou encore certaines vues de l’espace. Les visages sont parfois moyens mais la seule case où Noria pleure l’absence de sa mère rattrape toutes les autres. C'est dynamique, c'est détaillé, c'est riche : que demander de plus ! Le tome 2 est toujours aussi joliment dessiné et colorisé, rien à dire, par contre je trouve que ça "zappe" beaucoup entre les différentes petits intrigues qui se trament à droite et à gauche, ça donne du rythme, mais c'est un peu fatiguant à la longue. Le tome 3 qui conclut la série est un poil décevant graphiquement, les couleurs sont toujours aussi réussies mais le trait est souvent approximatif. Au niveau de l'histoire, la fin est moins spectaculaire que ce à quoi je m'attendais, ça manque d'explications, peut-être aurai-il fallu prévoir un quatrième tome... pas si mal quand même, mais pas à la hauteur de mes espérances sur les 2 premiers opus.
Okko
Voila une de mes bandes dessinées préférées du moment, et je pense en toute objectivité une des plus prometteuses.... Les histoires sont en deux tomes, chacun consacré à un élément (10 tomes prévus, avec le néant en dernier cycle). On suit les aventures de Okko un ronin (samurai sans honneur), noburo le guerrier démon, le moine Noshin et son apprenti Tikku. Tout d'abord, je tiens à signaler que les personnages sont parfaitement complémentaires, certains apportant de l'humour, d'autres de la profondeur au récit, de plus leurs capacités respectives leur donnent une grande force d'action. Chaque cycle nous présente aussi de nouveaux personnages, très intéressants, et comblant l'onomastique définitivement réussie de ces aventures. L'histoire débute fort, on est tout de suite plongés dans ces aventures, bien que les premiers tomes soient inférieurs aux seconds pour les deux premiers cycles. Le premier cycle est agréable, met très bien en place les principaux protagonistes et le monde (qui est le Japon des Samurai, avec quelques ingrédients fantasy), et offre des aventures très plaisantes. Le second commence moins bien, le premier tome du cycle traine un peu en longueur selon moi, mais le tir est parfaitement corrigé avec le quatrième tome, le meilleur de la série, une référence en matière de scénario et d'aventures ! Enfin, le troisième cycle commence très fort et le prochain tome à paraitre promet d'être passionnant. Ce cycle nous explique un peu plus du passé de Okko, et donne beaucoup de profondeur à la série, nous fait encore plus accrocher ! Le dessin est très réussi, quoique conventionnel, et le découpage est très lisible et dynamique. Bref, si vous ne connaissez pas encore, courrez l'acheter, vous ne serez pas déçus !
Jazz Maynard
Jazz Maynard s’est mon gros coup de cœur du moment. Je dois dire que j’ai été bluffé, tout d’abord le scénario est béton. Tout est relativement bien pensé, riche en rebondissement, en flash back, en humour et en péripéties. Ensuite l’ensemble est incroyablement fluide, il faut dire que certains scénaristes auraient pu faire traîner la même histoire sur dix tomes, ici il n’en est pas question. L’histoire avance à toute allure sans nous perdre en chemin. De plus le cadrage est vraiment audacieux. La mise en scène est vraiment appréciable. Nous passons d’un endroit à un autre, d’un personnage à un second, d’une époque à deuxieme différente, le tout d’une façon déconcertante. Il n’y a aucune difficulté à suivre le fil des pensées de notre auteur, cela est terriblement bien fait. D’autre part le dessin auquel j'avais tant de reproches à faire au premier abord sert vraiment de bonne façon cette histoire. Il est différent, il a son propre caractère et fluidifie la lecture. Lecture qui peut s’emballer et se faire à toute vitesse dans les périodes de forte activité de nos protagonistes. Bien sûr on pourra reprocher le coté déjà vu mais pour ma part je trouve qu’il s’en passe des choses dans cette série ! Alors déjà vu, effectivement, mais réunis ensemble pas forcement. En général nous n'avons qu’une des « péripéties annoncées » comme par exemple : le sauveur qui vient délivrer sa sœur qui a été enlevé et prostitué de force . Ce qui pourrait chez un autre scénariste faire une série entière, pour le nôtre, de scénariste, en l’occurrence, Raule, cette même péripétie sert de point de départ auquel vient se greffer : des diamants, des amis truands, une sorte de triade, un maire pourri, un policier qui en veut, un casse, des anciens amours, et la liste n’est pas finie ! Apres cette série espagnole (si je ne me trompe pas…) je me suis immédiatement tourné vers l’autre série hispanique au dessin particulier du moment. J’ai nommé Ken Games et bien tout comme pour Jazz Maynard, j’ai été enchanté ! Pas mal ses espagnoles ! Je me suis procuré le tome 4 de Jazz Maynard. Il présenté comme une histoire à tome unique, or, il me semble, ou du moins j’espère, qu’il s’agit plutôt du premier tome d’un nouveau cycle. Trop de pistes sont commencé, trop d’ébauches de nouvelle péripétie sont engagées, il y a là bon nombre d’interrogations… Ce tome pose encore plus de questions qu’il n’apporte de réponses, ce qui n'est pas mal en soi, bien sûr, mais il va nous falloir nous apporter les réponses. S’il s’agit d’un tome d’introduction pour un nouveau cycle celui ci commence vraiment bien. A contrario s’il s’agit réellement d’un one shot, je trouve ce tome parfaitement inutile… L’achat de ce quatrième tome est donc dispensable en attendant l’année prochaine et la sortie éventuelle d’une suite… (17/20)