V pour Vendetta (V for Vendetta)

Note: 3.95/5
(3.95/5 pour 63 avis)

Angoulême 1990 : Alph-Art du meilleur album étranger (tome 1). Dans une Angleterre Fasciste qui se remet difficilement d'un cataclysme mondial, un mystérieux homme masqué assassine les uns après les autres les principaux dignitaires du régime. Il semble hanté par d'étranges souvenirs de tortures et ne dévoile jamais son visage...


Alan Moore Anarchiste ! Angoulême : récapitulatif des séries primées Anticipation Auteurs britanniques BDs adaptées en film Best of 1980-1989 DC Comics Dictatures et répression Les meilleurs comics Londres Terrorisme Vertigo

Dans l'Angleterre fasciste de l'après-guerre nucléaire apparaît un justicier implacable signant ses actes de la lettre V. Obsédé par le souvenir d'une culture désormais interdite et disparue, cruel et terriblement intelligent, V s'attaque aux plus fort symboles de la dictature, animé par un immense désir de vengeance et une indicible haine. La police du Commandeur est sommée de mettre fin à ses agissements au plus vite...

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 1989
Statut histoire Série terminée (Uniquement disponible en intégrale) 6 tomes parus
Couverture de la série V pour Vendetta
Les notes (63)
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04/02/2002 | Mag
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Alan Moore, véritable pape du comic britannique, est un auteur dont je n'avais rien lu jusqu'à présent, j'avais tout au plus vu une adaptation cinématographique de Watchmen (2009 par Zack Snyder) que j'avais moyennement appréciée. V pour Vendetta est ma première incursion dans sa bibliographie. Dans cette BD-Roman longue de 335 pages, qui lorgne même vers le théâtre par son découpage en actes, nous nous retrouvons dans un Royaume-Uni post-atomique, mis en coupe réglée par un régime totalitaire et corrompu dirigé par un parti fasciste, Norsefire. Télé et radio surveillance, manipulation des masses, terrorisme d'Etat, tel est le lugubre triptyque quotidien pour une population apathique et réduite à l'état de larbins. Un peu plus et on se croirait dans 1984 de Georges Orwell ! Moore y a sûrement trouvé une puissante source d'inspiration. Les Britanniques sont donc devenus un peuple zombie et soumis au diktat d'une bande de politicards xénophobes qui exercent leur contrôle par le biais d'organes de surveillance perfectionnés : l'Oeil, la Main, le Nez, l'Oreille et la Voix. Tous ? Non ! Car un mystérieux frondeur anarchiste résiste encore et toujours à l'oppresseur en multipliant régulièrement les actes d'éclats dans la clandestinité. Il laisse souvent sur le lieu de ses méfaits un dessin représentant la lettre V, il porte un étrange masque au sourire figé, et lorsque besoin est, il se claquemure dans son repaire, les métros abandonnés de Londres. Un mélange entre Batman et Arsène Lupin, entre le justicier et le chenapan. Moore excelle dans l'art de créer une société dystopique crédible et ce Royaume-Uni là fait froid dans le dos, avec son cortège de maux incurables : discrimination, racisme (Noirs, juifs, asiatiques), fractures sociales, etc. La BD se lit comme un thriller/polar, l'histoire prend la forme d'une enquête et d'une chasse à l'homme entre V et les forces de police, et chaque rebondissement permet de faire avancer l'intrigue, ainsi que d'en apprendre plus sur le passé troublé de l'homme au masque. C'est d'ailleurs tout ce mystère et toutes ces incertitudes qui entourent sa personne qui le rendent captivant et qui en font un personnage réussi. Tout au long de l'aventure la curiosité et l'envie d'en connaître davantage nous saisit, et l'on se pose une foultitude de questions. Qui est-il ? D'où vient-il ? Que lui est-il arrivé par le passé qui ait pu réussir à le transformer en féroce zélateur de l'anarchisme ? Son élan révolutionnaire, son activisme et ses appels au peuple m'ont d'ailleurs rappelé le fameux discours de la servitude volontaire de la Boétie, que je conseille à tout le monde. V pour Vendetta est une oeuvre de qualité même si elle souffre d'un dessin quelconque, fade et impersonnel. BD littéraire, Alan Moore en a fait une ode à l'anarchie par le biais du protagoniste qui agit comme son ventriloque (car Moore est un ardent défenseur de l'anarchisme, entre autres choses). Je n'irais pas jusqu'à lui mettre la note maximale, malgré son statut d'oeuvre culte, mais c'est définitivement une bd à lire.

13/08/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

C’est une série dont j’avais beaucoup entendu parler – la plupart du temps en bien. Je viens donc de la lire. Mon avis va être positif, mais peut-être pas autant que certains avis précédents. L’univers dépeint par Alan Moore est celui d’une société fasciste, totalitaire, qui s’inspire du « 1984 » de Georges Orwell et d’exemples « réels » développés par les Nazis. Dans cet univers oppressant – oppression accentuée par le côté très sombre du dessin et des actions souvent nocturnes, la liberté ou la révolte tente de se frayer un chemin au travers des quelques failles du système. Personnage central et incarnation de cette révolte, V. Qui est-il ? On ne le sait. Il poursuit une vengeance personnelle, mais aussi a une vision et une action émancipatrice pour la société. Dieu ? Ange exterminateur ? Un illuminé ? En tout cas un personnage ambigu, multifacettes, qui se cache derrière son masque souriant pour mener des actions violentes et appeler les habitants de ce qui reste de l’Angleterre de l’après frappes nucléaires à se révolter, à se libérer. . Personnage énigmatique que ce V, qui cite les poètes élisabéthains, prône l’anarchie (son masque souriant est d’ailleurs devenu un symbole – souvent édulcoré, de la révolte antisystème, parmi les « anonymous »), mais est aussi capable de faire souffrir la jeune femme qu’il a recueillie. Cette série est intéressante, c’est certain, mais je n’y ai pas reconnu le chef d’œuvre que beaucoup y ont vu. D’abord le dessin n’est pas toujours très lisible (ce qui accentue les choix graphiques « assombrissant » l’ambiance) au point de rendre parfois difficile la lecture. Et il a quand même pas mal vieilli je trouve. Ensuite l’histoire elle-même aurait mérité d’être resserrée. Quelques longueurs je trouve – même si ce n’est pas rédhibitoire Ceci étant dit, c’est quand même une série à découvrir, et que l’on peut envisager d’acheter !

21/03/2015 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Attention dans la notation de cette série ! En effet, voilà une histoire qui peut se lire selon différents angles. D'un premier abord, disons basique, un homme masqué se rebelle contre une autorité franchement dictatoriale. Deuxième lecture, des références à Guy Fawkes qui a planifié l'assassinat du roi Jacques 1er afin de rétablir le catholicisme en Angleterre en 1605, arrêté, torturé, il se jettera du haut de l'échafaud pour ne pas subir les outrages qui suivent. Et puis la lecture qui, l'on peut dire, a donné ses lettres de noblesse et l'engouement pour cette histoire, le contexte du moment où elle est sortie. Les années Thatcherienne, une Angleterre en crise où la vie est très compliquée pour les classes moyennes. Cette histoire surfe donc avec des préoccupations de l'époque. Alors cette rébellion nous fait plaisir à voir, nous sommes d'accord avec le combat de V contre tous les abus, le contrôle, ce qui nous empêche de penser librement. Certes, certaines choses et manières d'aborder les faits sont parfois sujettes à caution mais, par les dieux, que cela fait du bien. V est ambigu, pas très clair, mais il déboulonne, il est iconoclaste, anarchiste (quoique), mais, surtout, il ose dire se rebeller contre l'ordre établi. Au final, malgré un dessin moyen, c'est la force du propos qui l'emporte et rien que pour cela il faut lire cette série. Le visage de V a été depuis repris par de nombreux combats à travers le monde, ce qui montre tout de même la force du sujet, parfois galvaudé, mais oh combien emblématique d'une certaine forme de résistance ou du moins d'une forme de conscience. Pour tout cela une BD hautement recommandable, même si le dessin n'est pas le meilleur qui soit.

11/12/2014 (modifier)
Par Thobias
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Une réussite totale que l'on doit à Alan Moore qui est à mon humble avis le meilleur scénariste de bande-dessinée après Alejandro Jodorowsky. Il est parvenu à créer un personnage particulièrement ambigu, mystérieux et fascinant: que pense réellement V? Difficile à dire. La noirceur de dessin retranscrit parfaitement cette atmosphère glauque et aseptisée qui lorgne vers 1984 d'Orwell.

22/05/2014 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5
L'avatar du posteur gruizzli

Ah, cette saga anarchiste de Alan Moore ... La première lecture fut très retardée pour la simple raison que le graphisme me semblait atroce, et j'avoue qu'après plusieurs lectures il reste le principal problème de cette série. Il est lisible, bien qu'il m'ait fallu un temps d'adaptation à chaque lecture, mais contient de gros points noirs, notamment dans la reconnaissance des visages. Plusieurs fois je n'ai reconnu les personnages que quand un autre l'interpelait. C'est surtout le cas des personnages secondaires qui prennent de l'importance ensuite. Mis à part ce petit détail, j'ai adoré tout le reste. La BD est parfaite, dans la trame, dans les idées, dans le développement, dans les personnages, l'histoire, tout est bien fait. Tout est parfait. J'ai aimé chaque discours, chaque dialogue, la justesse des propos et aussi des idées. Certes, je suis assez d'accord avec et certainement moins objectif que je ne le voudrais, mais il faut reconnaitre à Alan Moore l'incroyable prouesse dont il fait ici preuve, avec tout son talent habituel, construisant un monde complet, le faisant évoluer, jouant du caractère de chaque personnages, arrivant à retomber sur ses pieds mais également à développer son idée principale : l'anarchie. D'ailleurs je ne peux que admirer la façon de mettre en scène cette anarchie, V jouant le rôle de Dieu omnipotent et omniprésent qui reconstruit un monde débarrassé de ses dirigeants. L'idéologie est très forte et confère une dimension supplémentaire à l'ensemble du récit. Sans compter toutes les tares humaines exposées, le point de vue sur l'homme est assez sombre. Sans trop m'épancher de détails, la BD est selon moi excellent, extraordinaire, unique en son genre. Alan Moore à réussi son pari, et la BD reste un incontournable, bien au-delà de son adaptation cinématographique -qui reste pourtant bonne aussi-, et qui vaut largement qu'on s'y attarde. Pour moi, un incontournable de la BD.

05/01/2014 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Je ne sais pas ce qu'il y a avec Alan Moore, tous ces engouements excessifs sur un auteur ou une série de BD finissent par m'agacer, car c'est souvent fondé sur pas grand chose ; il suffit qu'un seul album soit décrété par une sorte d'élite comme vraiment extraordinaire, pour que d'un seul coup, toute une oeuvre le soit. Non, je regrette, tout ce qu'a fait Moore n'est pas obligatoirement bon, il y a des récits qui ne sont pas tous du même calibre. Celui qui nous occupe m'a certes intéressé, étonné et parfois surpris, mais faut arrêter... c'est loin d'être un chef-d'oeuvre. C'est un bon récit politique aux dérives sournoises, qui dresse un portrait abrupt de l'Angleterre des années 90 (le comics étant paru rappelons-le en 1982 dans un mensuel britannique). C'est donc ce qui m'a plu surtout : le postulat de cette histoire ultra subversive, bien plus que le dessin de Lloyd qui n'est pas foncièrement mauvais, mais qui ne s'accorde pas tout à fait avec la gravité du propos ; ce graphisme est pourtant accrocheur, dans le style des comic books américains, avec une abondance de bulles et de gros plans et des cadrages cinématographiques qui font ressortir la noirceur de l'intrigue, mais il est parfois peu appliqué et se complaît dans une dominante de noir. Pour moi, c'est l'histoire qui est la grande force de cette bande, elle explore un futur très proche, avec une Angleterre sous régime fasciste, à la manière de Big Brother comme dans le roman déjà visionnaire d'Orwell, 1984. Ici, l'appareil d'Etat surveille tout, le pays est plongé dans le chaos où la répression brutale et les humiliations sont courantes, le peuple est résigné. Un homme ose s'élever contre cette tyrannie, un mystérieux justicier du nom de V, vêtu en costume du XVIIème siècle et affublé d'un masque au rictus joyeux, en référence à un personnage de l'Histoire anglaise peu connu pour nous Français, Guy Fawkes, artisan de la Conspiration des Poudres qui eut lieu à Londres en 1665 contre le roi Jacques Ier, et qui avait prévu de faire sauter le Parlement ; Fawkes fut pris au moment où il allumait la mèche (j'ai vu la scène en personnages de cire au Musée Tussaud de Londres). Une belle référence donc, et surtout un personnage ultra charismatique que ce V qui est la trouvaille la plus géniale de ce comics. Qui est V ? V comme visage ? il n'en a pas. V comme vengeance ? en tout cas, il rallume l'espoir en tentant de détruire le régime totalitaire et en commettant des actes terroristes, semant ainsi la panique parmi les autorités, tout en se passionnant pour les métaphores shakespeariennes et les citations bibliques. Ma note concerne donc l'ensemble du récit que je trouve quand même trop long et gonflé par endroits de passages qui ralentissent le rythme ou n'apportent rien, sans compter quelques détails invraisemblables, mais ça reste de loin le meilleur scénario de Moore, dont l'adaptation ciné n'a fait que décupler son succès ; elle est plus réussie que le comics, car plus fluide et plus directe, tout en conservant l'esprit de la série et le mystère du personnage de V incarné par un Hugo Weaving sensationnel qui parvient à captiver sans que l'on voit son visage. Un comics à lire mais dispensable à l'achat.

22/12/2013 (modifier)
Par zébu
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Suite à un cataclysme nucléaire, l'Angleterre tombe sous la coupe d'une dictature qui fait régner la censure et une discipline rigoureuse. Un homme va se dresser contre ce régime totalitaire et fachiste. Une fois de plus Moore n'a pas son pareil pour nous dépeindre un monde assez proche du notre dans lequel évolue des personnages à tel point torturés et haut en couleur que l'on ne peut qu'accrocher immédiatement à l'histoire. Il est clair que le personnage du héros est de loin le plus emblématique et charismatique de la série ; d'ailleurs il représente des valeurs trés fortes (anarchisme, vengeance, révolte contre l'ordre établi) et qui sont chères à l'auteur. Personne ne peut rester de marbre face à ce héros qui symbolise autant de chose. De plus, comme dans Watchmen, le récit se déroule sous la forme d'une sorte d'habile puzzle géant dont la construction met en avant tout le talent et l'ingéniosité déployés par l'auteur. Hélas ce récit, sur le fond trés brillant, possède aussi quelques imperfections. En effet, il manque parfois de rythme mais surtout il s'avère plutot complexe demandant une attention permanente pour en saisir tous les rouages et subtilités ; en cela le film du même nom reste beaucoup plus fluide et compréhensible tout en gardant parfaitement l'esprit de la BD. Et puis les dessins font beaucoup trop années 80 et semblent avoir bien mal vieillis. Bref, comme Watchmen V pour Vendetta reste une oeuvre majeure et incontournable de Moore car malgrés quelques petits défauts le récit est impressionant de subtilité et d'ingéniosité.

31/10/2013 (modifier)
Par PAco
Note: 5/5
L'avatar du posteur PAco

Ahhhhhhhhhhhhh ! Voici ENFIN le choc que j'attendais en m'attaquant à l'une des œuvres d'Alan Moore. Car jusqu'ici, les quelques lectures que j'avais entrepris ne m'avaient pas pleinement convaincu. Du talent, certes, mais rien de transcendant, tout au moins à la hauteur de la réputation de cet auteur. C'est donc avec "V pour Vendetta" que le courant a fini par passer, façon électrochoc. Pas tant celui qu'on vous fait subir sous le coup de la torture à coup de gégène dans les roubignoles, mais plutôt celui d'un défibrillateur qui vous sort d'un état de quasi mort clinique. La liberté nait-elle forcément dans la douleur ? Bonne question... que V se charge de mettre en pratique pour nous... En tout cas, à force de chercher, on finit par s'en prendre une. Et des baffes comme ça je suis prêt à cracher sur mon agnosticisme et me convertir au catholicisme pour tendre l'autre joue toutes les 2 pages s'il le faut ! - Bon, ça demande quand même réflexion... :p - Oui Moore a du talent. Il sait construire pour mieux tout faire sauter ensuite et la couverture du cinquième tome nous en exprime toute l'essence. Patience, temps, adresse, pour construire quelque chose qu'une pichenette finira par mettre à terre en un temps ridicule. Et derrière l'apparente simplicité de ce puzzle, c'est Moore qui se joue de nous et place ses pions pour donner à son récit toute la force nécessaire. Moore caché derrière ce masque souriant de nous balader au fil de son histoire ? On se demande... Moore pose en tout cas cette série comme un efficace réquisitoire contre le totalitarisme et le panurgisme. Et ce qui parait une simple vengeance personnelle au début fini par révéler un tout autre dessein où l'individualisme s'efface au profit d'une société rendue à elle même. C'est fort. Très fort ! Et pour mettre tout ça en image, c'est David Lloyd qui s'y colle. Je reconnais que j'avais un peu peur d'une déception à la Watchmen ; le dessin avait pris le pas sur l'histoire lors de ma lecture, et je suis passé complètement à côté de cette série. C'est sans doute pour ça que j'ai tant repoussé cette lecture, de peur d'être une nouvelle fois déçu face à une série tellement encensée. Ici, rien de tel. Si le dessin a quand même un peu vieilli, il se prête parfaitement au propos de Moore, avec ce côté sombre et charbonneux qui rends le décor de Londres très crédible et renforce l'oppression qui domine tout au long du récit. Et puis ce personnage de V et son masque : Quelle réussite ! On comprends d'ailleurs aujourd'hui pourquoi les membres du réseau anonymous ont reprit ce symbole comme emblème. "V pour Vendetta" rentre donc ainsi dans mon modeste panthéon personnel des BD que j'estime "cultes". Je ne vous en recommande que plus chaudement la lecture !

05/04/2013 (modifier)
Par McClure
Note: 3/5

Enfin je viens de terminer la lecture de V pour Vendetta. Depuis le temps que j'en entends grand bien, le top 10 de la BD etc.... Ben je rejoins MichelMichel, tout ça pour ça. Graphiquement, je rejoins l'avis de nombre d'aviseurs, à savoir que c'est vraiment passé et que c'est vraiment par moment une purge que de poursuivre la lecture tant ce dessin dessert, à mon avis, l'histoire. Et le double hic, c'est que comme l'histoire, à mon sens, s'ampoule complètement et devient de plus en plus difficile à suivre et nécessite, à partir du livre 2 une concentration de tous les instants, et bien c'est à ce moment précis qu'un graphique léger et facile permettrait de s'accrocher. Mais là, au même moment, les 2 éléments constitutifs d'une BD deviennent simultanément ennuyeux, j'ai vraiment fortement lutté pour terminer. Et pour moi, c'est éliminatoire. L'histoire elle démarre bien, un bon scénar d'anticipation, avec sa civilisation dictatoriale dans une Angleterre que l'on connaît bien, à une époque suffisamment contemporaine pour qu'on s'y accroche. Et ce livre premier, s'il nécessite un petit moment pour nous capter totalement, démarre vraiment bien. J'ai aimé la mise en place des personnages, des institutions, de cette lutte qui démarre. Toutes les thématiques sont bien traitées. Puis vient l'enlèvement d'Evey, et j'ai commencé à lâcher doucement mais sûrement. De nombreux bavardages, les citations à outrance etc...on en vient à espérer qu'après cette "libération" de la jeune femme le récit reprenne le rythme qui était le sien au départ mais non, Moore s'englue dans plusieurs situations parallèles qui n'amènent pour certaines rien à la trame. Et les dernières pages ne prennent pas le sens que j'aurais souhaité. Disons enfin que j'ai lu des romans d'anticipation qui m'ont laissé bien meilleur impression. Je n'irai pas jusqu'à dire que le bouquin est dispensable dans la mesure où la critique sociale est bonne mais le traitement est trop imparfait à mes yeux. Une chose est sûre, si j'ai coché plusieurs "classiques" sur ma liste du père noël, celui ci n'en fera pas partie, je n'ai pas envie de m'y replonger du tout.

10/01/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 3/5

Après Watchmen et From Hell, voici la troisième œuvre la plus populaire d'Alan Moore que je lis... D'ailleurs, en petit aparté, j'ai mis la même note aux trois albums (un 3/5, que j’arrondirai à 3.5/5 pour les trois albums), et en voyant ceci, je trouve quand même que si dans ces trois histoires, le(s) sujet(s) est(sont) totalement différent(s), le scénariste les traite de manière assez similaire... Si vous appréciez l'une d'entre elle (et tout le monde sait que Moore est adulé par de nombreux lecteurs), il y a de grandes chances pour que vous appréciez les autres. Donc dans 'V' (et comme dans From Hell ou Watchmen) le reproche que la grande majorité des lecteurs font, c'est le dessin. Il est vrai que Moore a le chic pour ne pas mettre en valeur son histoire en choisissant des dessinateurs aux styles très ancrés dans leur époque, donc avec un dessin qui vieillit plutôt mal... Néanmoins, moi, dans ces trois œuvres, au bout de 10 pages, j'ai fait totalement abstraction du dessin, il ne m'a absolument pas dérangé... Et même si il manque beaucoup de lisibilité (surtout pour différencier les protagonistes de l'histoire -au bout d'un moment j'ai abandonné, ce qui rend la compréhension de l'histoire beaucoup plus ardue- ou les différents lieux) je préfère 10 000 fois ce style de dessin, très sombre mais néanmoins très esthétique (et même les couleurs, je les trouve jolies), aux dessins (eux aussi maitrisés, là n'est pas le problème) de The Watchmen... Maintenant que j'ai rajouté ma couche à propos du dessin, voyons voir le scénario... Partant d'une idée intéressante, Moore arrive rapidement à tenir en haleine son lecteur. Mais comme dans les deux autres œuvres que j'ai précédemment citées, tous ses tics ressortent vite : de sérieux problèmes de narration (jamais aidé par le dessin, donc), une foultitude de références culturelles, dont je suis sûr que Moore a les clefs et les maitrise, mais tous ses lecteurs n'ont pas la même culture (suffisante) ; des moments d'innovations narratifs cassant le rythme de l'histoire, etc... Et au fil des pages, mon intérêt pour l'histoire s'est un peu émoussé, pour, une nouvelle fois finir sur une fin, dont (en plus de ne pas la trouver particulièrement passionnante), si j'ai plus ou moins compris le déroulement, j'ai vraiment du mal à en saisir le message. Une œuvre de Moore de temps en temps, c'est sympa, plutôt profond et dense, mais il ne faut pas que j'en lise trop d'un coup, au risque d'être lassé par son style. Néanmoins, je serais curieux de voir l'adaptation cinématographique de V, ou de la relire dans pas si longtemps.

01/11/2012 (modifier)