Connectez-vous pour cacher cette bannière publicitaire - Commander en ligne : pourquoi BDfugue ?

Watchmen

Note: 4.2/5
(4.2/5 pour 87 avis)

Will Eisner Award 1988 : Best Finite Series/Limited Series & Best Graphic Album Angoulême 1989 : Alph-Art du meilleur album étranger Le mythe des super-héros revisité par Moore et Gibbons... L'ultime chef-d'oeuvre du genre.


Alan Moore Angoulême : récapitulatif des séries primées Auteurs britanniques BD adaptées en séries télévisées live BDs adaptées en film Best of 1980-1989 Couleur de peau : bleu DC Comics Gros albums Les coups de coeur des internautes Les meilleurs comics Les Uchronies Science-Fiction, le best-of Super-héros Watchmen Will Eisner Awards

New York, 1985. Alors qu'une guerre nucléaire menace d'éclater, les Watchmen - un groupe de super héros justicier mis hors la loi quelques années plus tôt - reviennent sous les feux de l'actualité par les pages de faits divers. Edward Blake, alias le Comédien, a été assassiné... C'est le début du terrible soupçon qui pousse Rorschach, le détective psychotique en imper et chapeau mou, à avertir ses anciens partenaires, le Hibou, ancien justicier devenu bedonnant, Ozymandias, l'industriel le plus intelligent du monde, Dr Manhattan, l'homme bleu... L'alerte est donnée : "il y a un tueur de masques après nous !" Alors, tandis que les aiguilles se rapprochent inexorablement de minuit, commence une traque sans pitié où chacun apportera sa pièce du puzzle, pour révéler peu à peu l'inimaginable vérité...

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Traducteurs
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Septembre 1987
Statut histoire Série terminée (Uniquement disponible en intégrale) 1 tome paru
Couverture de la série Watchmen

17/08/2001 | Loïc
Modifier


Par Seube
Note: 3/5
L'avatar du posteur Seube

2,5/5 que je bonifie à "Pas mal". Une uchronie riche mais un peu fastidieuse. Il y a une histoire qui sort incroyablement du lot. Le reste se lit bien sûr, mais c'est lourd non ?! L’univers Comics n’étant pas ce que je préfère, ce "culte" ne changera pas mon fusil d'épaule. LES PLUS C’est un roman graphique dense mais l'intégrale est bien structuré. Le texte qui se trouve à la fin de chaque chapitre est à chaque fois intéressant. Utile pour le récit, il peut aussi refléter l’époque ou même avoir une approche historique des Comics… Je suis agréablement surpris par les développements qu’on y trouve et par leur complémentarité avec le récit. Sur l’histoire, le personnage de Rorschach est tout simplement génial. La façon dont il mène son enquête et son état d’esprit face aux situations, tout ça me plaît énormément. C’est une histoire à elle toute seule et j’aurais adorer n’avoir que son parcours à lire! Personnage droit dans ses bottes, il reste opaque pour ceux qui le côtoie, tout en étant nuancé aux yeux du lecteur. Les rebondissements sur son identité, son histoire, ses aspirations et finalement sa destinée... tout ça c'est super soigné. C’est LA grande réussite ! THE BIG REUSSITY comme on dit Et puis il y a toute cette tension ambiante hyper sombre de New-York : rues malfamées, misère, débauche, folie qui ronge peu à peu la population, qui n’a d'autre support que la TV et les journaux à sensation pour suivre l’actualité terrifiante… L’horizon pessimiste est superbement amené, on a la curiosité mal placée de connaître ce que sera la fin d’un monde, si elle débarque! J'dirai rien. Je suis pas trop allé dans le fin-fond du bouquin, mais il y a un rapport au temps qui est digne d’intérêt : le titre, 1 chapitre = 1 heure, l’urgence des actions, le passé des super-héros et leur avenir, la trace des exploits dans l'Histoire, l'anticipation, la personnification du temps... Il y a matière à étudier et dégager quelque chose de cohérent je pense. LES MOINS Dans la forme narrative y’a des trucs qui me chafouinent. Celui qui lit son comic pendant que le vendeur de journaux se lamente, c’est pénible à lire. Je lisais 2 fois les planches au final. Les « j’veux dire » à répétition sont irritables, il aurait fallu tourné ça autrement plutôt que choisir une traduction littérale de l’expression « I mean »… Dr Manhattan, Le Spectre Soyeux, Le Hibou… Leurs histoire ne m’ont pas plus. Ca tergiverse trop longtemps, il n’y a pas grand-chose en fait. Dr Manahattan est un Dieu qui a la puissance sur toute chose et bizarrement il est entre les mains des américains… Autrement dit, les Etats-Unis contrôle un Dieu. Ah bah non c'est pas bizarre, c'est un comic ! Alors oui, Dr Manhattan c’était aussi un homme. Un peu paumé sur ses actions, il est victime d’une rupture conjugale qui, entre nous, est tout à fait ridicule. Il va réagir comme un gosse et s’enfermer dans sa chambre. C’est gnangnan ! Vous vous ferez votre avis sur la suite, mais j'ai trouvé le dialogue sur Mars d'une niaiserie sans nom. De manière générale, tout ce qui est romance amoureuse dans ce bouquin vieillit terriblement mal. Il y a des paraphrases, les formules sont longues, les monologues sont éprouvants à lire. Ce qui amène les auteurs à prendre leur temps dans le développement du récit, trop pour moi. Les personnages sont nuancés mais leurs dilemmes ne sont pas intéressants. Je reste assez neutre sur le dessin, vraiment pile au milieu. Au niveau des couleurs, c'est un peu flashy quand même. Des tons plus sombres ne m'auraient pas déplus, plutôt qu'un aspect psychédélique comme ça. Et puis ce qui bloque, c’est cet univers Comics entier. C’est peut-être ça qui cloche vraiment, en fait. Je lis qu’Alan Moore révolutionne le genre. J’ai du mal à comprendre. Pour moi l’envahisseur reste l’U.R.S.S. (dans la trame, c’est elle qui avance et qui menace) et le héros du Monde reste américain, les sacrifiés pour un monde meilleur sont américains… Et puis, évidemment, les Etats-Unis c’est le Monde. Bref ça me froisse un peu et je trouve ça conventionnel dans le fond. Peut-être que je suis maladroit de le voir comme ça mais bon... Je ne regrette qu'un peu mon achat. Je le garde avec moi, à redécouvrir peut-être sous un autre angle. Plus tard… Pour ce qui est de posséder Watchmen, je propose aux lecteurs néophytes de commencer par emprunter, c’est un monument qui nécessite d’abord une visite gratuite.

23/03/2021 (modifier)
Par Matagot
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Et tout ça malgré un dessin qui me laisse souvent de marbre... sans doute avec intelligence pour laisser assez de place à son histoire. Vraiment, quelle claque que ce scénario ! Des personnages semblant inspirés de des héros classiques (Batman, Punisher...) révèlent leur coté sombre, naïf, humain ou inhumain. Tout y passe avec finesse, le bien, le mal, la fin qui justifie les moyens. Rien à dire pour moi, il faut lire et relire Watchmen.

21/02/2021 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Je ne suis ni lecteur ni amateur de comics de super héros, et je n’ai donc forcément pas perçu tout ce que Moore a pu apporter de renouveau dans le traitement de cet univers – même si je devine certains angles d’attaque nouveaux, et que je perçois une vision plus adulte, mature et désabusée que ce qui pouvait se faire avant. C’est le fait de voir cette série placée au firmament par tant de lecteurs qui m’a poussé à la lire, « pour voir », alors même que Moore est un auteur avec lequel j’ai généralement du mal à m’accorder. Au final, je ressors avec un avis mitigé de cette lecture, et je suis moins enthousiaste que la majorité, c’est clair. Mais je suis aussi moins déçu que je ne le craignais en l’abordant. Cette impression mitigée est valable pour le dessin et le scénario. Le dessin de Gibbons est dynamique, et il multiplie les plongées, contre-plongées, créant un ensemble très cinématographique. Par contre, les personnages sont trop « symétriques » (corps et visages), trop bodybuildés (toutes sortes de choses qui me gênent dans les comics de super héros). Et il les représente trop « allongés », élancés, ce qui crée une impression étrange, et démultiplie les surfaces des décors. Enfin, la colorisation d’Higgins, très tranchée, est aussi très datée (elle ferait presque plus que son âge, penchant vers ce qui pouvait se faire à la fin des années 1970). Quant au scénario de Moore, il faut bien lui reconnaitre certaines qualités. Un gros travail de construction, c’est assez alambiqué (au point que j’ai eu du mal à entrer dans l’intrigue). Intrigue qui mêle plusieurs genres : du polar/thriller assez classique, de la SF, et un peu d’uchronie. Intrigue qui est traversée par une réflexion sur la notion de puissance (qu’elle soit personnelle avec ces super héros justiciers ou étatique avec son ancrage dans les bras de fer de la Guerre froide). Mais aussi de son utilisation disproportionnée, hors de contrôle : anticommunisme qui en viendrait presque à tous justifier, justiciers fascistes que ne renierait pas ce bon vieux Clint, etc. Cet aspect est intéressant. Le côté ex-vedette sur le retour sortant de leur retraite, la démythification des « masqués » (voir le personnage ambigu et torturé de Rorschach) sont eux-aussi intéressants, mais davantage pour ceux qui, contrairement à moi, sont des habitués de cet univers. Mais voilà, j’ai trouvé qu’il y avait pas mal de longueurs dans l’histoire, des passages où je me suis ennuyé, et parfois une narration terne (certains passages faisant « anciens combattants » se racontant leur passé). La longue lecture par un personnage secondaire en parallèle de certains passages, d’un extrait de roman de flibusterie m’a paru à la fois inutile et alourdissant et gênant la lecture. Enfin, je ne peux m’empêcher de trouver un peu vaine la construction de l’intrigue, Moore ne faisant finalement que raconter plus ou moins habilement, avec son mélange des genres et la multiplication des flash-backs, qu’une histoire pas si originale que ça dans le fond.

09/01/2021 (modifier)
Par DCD
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur DCD

J'ai découvert Alan Moore au début des années 90 par le biais de Watchmen. Et j'ai découvert "Watchmen" par le biais de son tome 4 ("le Hibou") dans la série en 6 tomes, emprunté à la médiathèque par un proche. Pas facile de commencer une œuvre dense et complexe par le milieu, car on reste sur sa faim et on se questionne aussi beaucoup. Alors on réfléchit à partir des indices que l'on a trouvés et on essaie de savoir qui étaient les "Minutemen", qui sont les héros contemporains cités et quels sont leurs liens. Puis on comprend que cette bande dessinée évoque non seulement des personnages, mais aussi leur passé, le contexte de celui-ci, et par là, comment les raisons de leur chanement. Bref, on apprend que des personnages dessinés peuvent avoir de l'épaisseur et qu'il me faudra à tout prix lire l'ensemble des tomes. Cahin-caha, je parvins à lire les premiers volumes et le numéro 3 ("Rorschach") va changer ma perception de la bande dessinée (et mes exigences vis-à-vis de cet art). En une douzaine de cases dénuées de dialogue, Rorschach va résoudre une affaire horrible d'enlèvement d'enfant et le lecteur en rester pantois. Tout le reste est à l'avenant et vous le découvrirez dès les premières pages avec la double lecture de certaines cases que l'on peut lire à raison d'une sur deux. Un chef d’œuvre.

24/11/2020 (modifier)
Par Josq
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Josq

Face à l'ampleur du monument, je n'ai pas pu me résoudre à rédiger un avis traditionnel, qui n'aurait répété que de manière maladroite ce qui a déjà été dit avant. Avec le texte un peu particulier ci-dessous, j'ai voulu rendre hommage à ma manière aux immenses artistes qui sont derrière ce chef-d'oeuvre, de façon un peu différente de d'habitude. J'espère que ça vous plaira quand même... :) J’ai vu… J’ai vu des faucons tomber des nuées célestes. J’ai vu des étoiles se décrocher de la voûte infinie qui les portait. J’ai vu la gloire fanée d’hommes qui se croyaient immarcescibles. J’ai vu la gloire immarcescible d’hommes qui se savaient fanés. J’ai vu des hommes sans lois, des hommes sans Dieu, des hommes vides. Un monde vide. Rempli d’atomes, mais vide. Rempli de feu, de haine, de désespérance. Rempli de néant. Et au milieu du chaos, j’ai vu des hommes se lever. Des hommes, des femmes, qui croyaient. Ils croyaient en la justice. Ils croyaient en l’humanité. Ils voulaient la défendre. Ils voulaient la garder. J’ai vu les Gardiens. J’ai vu le Comédien. Violent, cynique, inhumain. Mais rattrapé par son humanité. « Je préfère avoir des remords que des regrets » disait Lord Henry dans Le Portrait de Dorian Gray. Pour le Comédien, c’est faux. Les remords le rongent, le dévorent de l’intérieur. Les remords vont l’assassiner. Les remords étouffent sa dernière lueur de rédemption. J’ai vu le tout-puissant Docteur Manhattan. Plus qu’un homme, moins qu’un dieu. Un titan capable de transformer le monde. Un surhomme capable de lire le temps. Un homme incapable de le modifier… La logique pure. Un petit conglomérat d’atomes errant dans un vaste conglomérat d’atomes. Plus d’émotions, plus d’humanité. Existe-t-il encore une âme au fond de ce puits de connaissance infini dénué de sentiments ? J’ai vu la douce Laurie au nom imprononçable, et sa mère, l’irrésistible Sally. Deux îlots de douceur dans ce monde de brutes. Deux femmes, si faibles et si fortes. L’intégrité au milieu de la corruption. Les colombes au milieu des crapauds. Et la bave leur coule dessus sans jamais les atteindre… Elles doutent, mais elles savent. Elles savent qui elles sont. Elles savent qui sont les Minutemen, qui sont les Watchmen. Imparfaits, mais nécessaires. Et elles se battent. J’ai vu le Hibou. Deux hommes, une seule identité. Le combattant, le combattif Hollis Mason. Piètre enquêteur, héros courageux, sincère et loyal. Et son successeur, l’inventif Dan Dreiberg. Fin, cultivé, et fragile. Porté par l’amour de Laurie, tiraillé par la menace du Docteur, cherchant sa place dans un monde auquel il n’appartient plus, dans un monde qui ne veut plus de lui. Fidèle à ses amitiés d’antan. J’ai vu Rorschach. J’ai vu Walter Joseph Kovacs. Un homme, deux identités. Laconique. Enquêteur doué. Homme brisé. Ne dit que le nécessaire. N’hésite pas à torturer. La recherche de justice permet tout. Il ira jusqu’au bout. Pour elle. Un monde sans justice n’est plus un monde. C’est un bourbier. Où se débattent des crapauds pustuleux. Tant que le crime existe, Rorschach sera là. Pas de compromission avec le mal. Le dernier crime sur Terre sera son assassinat. Et pourtant, sa voix s’apprête à résonner d’outre-tombe. Il était la vérité masquée. Mais personne ne masque la vérité indéfiniment. J’ai vu le grand, le somptueux, le magnifique Ozymandias. L’homme le plus intelligent du monde. Mais cette intelligence servira-t-elle à sauver l’humanité ? Oui. Non. Peut-être… Qui peut le dire ? C’est la question terrible qu’il nous pose, qui nous pèse sur les épaules après le grand final. Dilemme cornélien, hésitation tragique, eschylienne. Il connaît ses classiques. Moore aussi. Nous aussi. J’ai vu ces héraults de la Justice. J’ai vu ces héros désabusés. Comment faire régner la Justice dans un monde qui n’en veut plus ? J’ai lu une immense œuvre littéraire, d’une puissance inégalée, car inégalable. J’ai vu des dessins d’une qualité graphique phénoménale. J’ai vu un grand auteur à l’œuvre. Ses mots se croisaient, s’entremêlaient, formaient des lignes mouvantes, qui dessinaient en une danse intense et formidable le portrait d’un auteur exceptionnel, d’un artiste. Homme haïssable (selon moi), conteur admirable, Alan Moore a atteint un rare niveau de perfection. Il sait donner à chaque mot sa puissance, il sait narrer chaque péripétie avec un art consommé. J’ai vu les traits d’un artiste génial surgir du trait d’un simple crayon. L’immense Dave Gibbons, qui, en disparaissant totalement derrière ses personnages, se montre lui-même. Oui, le but de l’art est de cacher l’artiste. Mais pour qui sait regarder, il est impossible de ne pas voir. De ne pas voir l’homme qui, inlassablement, a dessiné avec une précision inconcevable ces centaines de planches qui nous émerveillent… J’ai vu… Et j’ai été vaincu. J’ai été vaincu par le génie sans failles de Moore et de Gibbons. Ce génie de la mise en scène et de la narration. Comment ne pas se laisser vaincre par la magnificence de ces cases, de ces cadrages millimétrés, de ces pages réfléchies qui, toutes, ont quelque chose à nous dire ? Comment ne pas être ébloui par un tel sommet d’intelligence et de créativité ? J’ai vu tant de choses que nous, humains, ne pourrions imaginer… Toutes ces choses que Moore et Gibbons ont imaginé pour nous, et nous ont donné à voir. J’ai vu la condition humaine, dans toute son horreur. J’ai vu le feu et le sang. J’ai vu l’Homme. L’Homme sans Dieu. L’Homme-Dieu. L’Homme-Diable… Non, il n’est rien en l’Homme qui soit grand par lui-même. La grandeur humaine mène au néant. S’il n’a foi qu’en lui, l’Homme n’est qu’un puissant destructeur. Grande et terrible leçon que deux artistes hors du commun ont mis en images pour nous. J’ai vu la loi à l’œuvre. Loi des hommes, pour les hommes, par les hommes. L’arbitraire sculpté dans le marbre. L’injustice érigée en justice. Mais là-bas, loin, « deux immenses jambes de pierre dépourvues de buste se dressent dans le désert. Près d’elles, sur le sable, gît un visage brisé. […] A côté, rien ne demeure. Autour des ruines de cette colossale épave, infinis et nus, les sables monotones et solitaires s’étendent au loin. » Ainsi de la loi des hommes. Tout est périssable, sur cette pauvre Terre. Rien n’est éternel. Rien de terrestre. Rien d’humain. J’ai vu. J’ai vu les Gardiens à l’œuvre. J’ai vu le chaos à l’œuvre. J’ai vu des fourmis bâtir des cathédrales. J’ai vu des éléphants les écraser. J’ai vu des Gardiens lutter contre le chaos. J’ai vu des Gardiens lutter pour le chaos. Qui garde les Gardiens ? Qui les garde d’eux-mêmes ? Oui, désormais, qui garde les Gardiens ? Qui les garde en vie ? Pour maintenant, et pour toujours ? Qui, si ce n’est nous ?

06/01/2020 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5

Je ne lis que très rarement des comics de super-héros et je ne peux qu’imaginer la rupture et le renouveau qu’a apporté la parution des Watchmen dans les années 80. En dépit de mon peu de connaissance des comics, j’ai beaucoup aimé cette série. Alan Moore n’usurpe pas sa réputation de scénariste surdoué ! L’intrigue, sombre et adulte, surfant entre science-fiction et enquête policière, se révèle absolument passionnante, portée par une narration dense et sophistiquée jouant à merveille sur les nombreux flash-backs, un background extrêmement fourni et surtout un travail minutieux sur les personnages. Les fameux Watchmen sont à l’opposé de la traditionnelle bande de gentils super-héros. Entre névrose, mégalomanie et vision fasciste, les Watchmen sont le pire de la justice personnelle se drapant derrière de nobles idéaux, reflet de la violence et du cynisme de cette société américaine fictive. Chacun d’eux est soigneusement travaillé : psychologie, passé, design… et le résultat est des plus enthousiasmant. Le travail graphique de Dave Gibbons est magnifique et parfaitement en phase avec l’univers noir inventé par Alan Moore. Seule la colorisation très criarde, très années 80, fait assez datée (mais rien de grave). Si la lecture des Watchmen m’a passionnée, un élément narratif redondant a freiné mon enthousiasme. Moore a introduit dans son scénario la présence d’une histoire de piraterie, lue par un personnage secondaire, comme une sorte d’analogie à l’intrigue principale. En plus d’être particulièrement ennuyeuse (voire inutile), elle se révèle affreusement longue et répétée au fil des pages, d’autant qu’elle casse le rythme de l’histoire. Vraiment dommage ! Monument de la BD, Watchmen est évidement à découvrir et à redécouvrir !

26/04/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 3/5
L'avatar du posteur sloane

Il y a encore un an, j'étais une sorte de gros ignare concernant les comics américains et plus particulièrement la vie, et les œuvres des super héros. Et puis, petit à petit, j'ai découvert deux trois trucs qui méritaient l'attention ou plus exactement les critiques disaient qu'il fallait les lire. Or donc, concernant Watchmen, j'ai bêtement débuté par Before Watchmen - Rorschach, ou j'ai pris une petite claque (voir mon avis). Ici j'ai donc retrouvé l'univers dont ce héros était issu. Vaste programme ! La genèse d'une bande de gars et de filles qui, au gré des circonstances de la vie, décident un jour de purger le mal de leur ville puis du monde. A ce sujet, il est d'ailleurs intéressant de noter que leur association se met en branle grâce à un publicitaire. Les années passent, chacun vieillit, les rapports humains étant ce qu'ils sont, des dissensions sont apparues entre les membres du groupes, des histoires d'amour, etc.. Dispersion du groupe, certains partent à la retraite, d'autres continuent leurs œuvres justicières, la vie quoi ! et puis alors que tout ces braves gens ont atteint une grosse quarantaine, voilà t'y pas que quelqu'un se met à les dégommer ! Dit comme ça, j'ai l'air de faire mon malin, mais il faut reconnaitre à cette bande une structure de récit assez chiadée. Chaque personnage est expliqué par des flashbacks, les implications de chacun dans l'histoire étant bien amenées, vraiment un gros boulot vraiment parfaitement maitrisé. A noter que les femmes ont ici une place de personnage que j'aurais aimé plus forte et moins "niaises". Scénaristiquement bravo ! L'histoire dans l'histoire est parfois un peu complexe à lire, (cette vieille BD de piraterie, où sur une même case deux textes s'entremêlent, pas facile à lire), mais fait montre d'une grande originalité. Un petit mot sur le dessin classique du genre, les couleurs sont en adéquation mais pas aussi flashy que j'aurais pu croire, bref ça passe, sans flamboyance excessive. Non, mon seul regret c'est finalement de voir ce gigantesque travail scénaristique, qui comporte des idées franchement géniales, être au final assez basique. "Mon idée d'être le maitre du monde est la meilleure, je vais vous sauver contre votre gré vous verrez c'est sympa". Ouais, bof. Comme je l'ai dit, reste des trucs assez sympa, Rorschach est à mon sens le meilleur car le plus perturbé. Au final une BD à emprunter et pour laquelle il y aurait encore mille choses à dire.

26/02/2015 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Erik

Lorsque j’ai découvert Watchmen, j’ai été littéralement submergé par une émotion nouvelle que j’avais rarement ressentie à la lecture d’un comics. Je découvrais une véritable merveille sur le sens de la vie dans le chaos du monde. Il faut dire que dès sa sortie en 1986, cette œuvre avait bouleversé le monde de la bande dessinée en remportant successivement la plupart des prix et récompenses. Le succès a été tout de suite au rendez-vous. Les critiques ont été élogieuses. Il faut comprendre que ce n’est pas une œuvre comme les autres. Elle a un côté innovateur et sophistiqué qui la place loin devant les autres. C’est une œuvre qui fait référence. Le monde du comics a changé après Watchmen en devenant un peu plus mature. Tout d’abord, on observe un style narratif incomparable avec une lecture sur plusieurs niveaux ! Que dire également de ces cases d'une sidérante beauté visuelle! Et pour couronner le tout, nous avons droit à un scénario intelligent et maîtrisé! Cette BD révèle une véritable personnalité artistique. C'est un style hors du commun qui pousse la qualité de cette histoire à un très haut niveau. A côté de cette BD, l'autre Monument Amour du comics Batman - Dark Knight fait vraiment pâle figure. Chaque case est à étudier avec parcimonie car il y a des détails qui paraissent insignifiants à première vue et qui se révèlent importants pour la compréhension de l'histoire. Une œuvre d'art sensorielle où l'auteur capture le secret des êtres au coin d'un regard. On pénètre dans l'intimité de ces supers héros avec un certain parti pris mais qui peut varier selon la perspective d'un personnage à l'autre. Les rapports entre eux sont complexes et évolutifs. Cela plaît à un public qui va au-delà du super héros caricatural. Sur fond d'une actualité inquiétante à l'époque de la guerre froide, cette intrigue a un final tout à fait étonnant. Les auteurs ont imaginé une uchronie où Nixon aurait encore gardé le pouvoir car la guerre du Viêt-Nam aurait été gagnée par les Etats-Unis. Cette fine équipe qui compose les gardiens est constituée des personnages suivants : - Rorschach (Walter Kovacs, le justicier psychotique au masque évoquant les tâches d’encre du fameux test) - Le Spectre soyeux II (Laurel Jane Juspeczyk, dite Jupiter, fille du premier Spectre et seconde compagne du Dr Manhattan). - Le Hibou II (Dan Dreiberg, successeur "adoubé" par le premier Hibou, Hollis Mason). - Ozymandias (Adrian Veidt, alias "homme le plus intelligent du monde" et athlète émérite) - Le Comédien (Edward Morgan Blake alias le psychopathe désabusé de la bande) - Docteur Manhattan (Jon Osterman alias « Dieu existe et il est américain ») Un film en 2009 réalisé par Zack Snyder est venu couronnée l’adaptation de ce roman graphique hors norme. Il a bénéficié en règle générale de très bonnes critiques en provenance de la Presse. Cependant, le public qui s’attendait à voir de gentils super-héros à la façon 4 fantastiques a été plutôt dérouté. Le comédien qui est assassiné au début est un véritable salopard. Le Dr Manhattan alias l’homme bleu est plutôt froid… Un mauvais bouche à oreille a alors commencé à fonctionner. On pensait que les néophytes allaient s’intéresser à cette bd. C’est vrai que les fans n’ont pas été déçus car la version cinématographique est assez fidèle au comics. Et dire que les gardiens ont été réputé inadaptable au cinéma ! Le thème principal est la fin du monde. Il faut dire que l’horloge de l’apocalypse avance de minutes en minutes. Minuit sur l'horloge représentait une catastrophe mondiale, la fin de la civilisation telle qu'on la connaît. J’ai adoré cette référence à ce qui existe réellement. A noter que depuis le 22 janvier 2015, l'horloge affiche minuit moins trois (23:57). Il faut bien avouer que cette œuvre n’est pas à la portée de tout le monde de par son approche. Il faut le savoir et l’accepter. Les lecteurs de la bd à papa ou à grand-papa peuvent oublier car ce n’est pas leur code ou leur registre à moins de transcender. Il faut «parvenir» à aimer en décortiquant certains critères purement objectifs. Cela ne sera pas facile pour le lecteur qui doit disposer de beaucoup de patience. Le nirvana est tout au bout du chemin ! Un plaisir total garanti pour ce que je qualifie de culte tant son apport a été riche pour un renouvellement de la BD. Si seulement toutes les BD procuraient un tant soit peu cette perfection ! Note Dessin: 4/5 - Note Scénario: 5/5 - Note Globale: 4.5/5

27/05/2007 (MAJ le 05/02/2015) (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Bon ben voila, encore une fois, cette série ne va pas me réconcilier avec Alan Moore, je trouve ce scénariste ultra surestimé tout comme ces Gardiens (puisque tel est son titre français) qui pour moi sont loin d'être cultes. Je n'y ai rien trouvé d'attrayant et de passionnant, et d'ailleurs l'énorme succès qui a accueilli ce comics a surpris le fan de super-héros que je suis (ou plutôt que j'étais dans mon adolescence). Son succès est un véritable mystère pour moi. Réalisée entre 1986 et 1987 par 2 Anglais nourris au biberon des comics américains de la grande époque, cette série-phénomène est censée proposer une relecture originale et démystificatrice des super-héros tels qu'on les conçoit ; oui, sans doute. Il est certain qu'elle a changé à jamais l'approche des comics U.S., et l'on peut se demander ce qui a poussé Moore et Gibbons à créer "Watchmen" : l'envie de malmener la mythologie très ricaine des super-héros ? possible. L'écriture complexe de Moore explore avec profondeur des super-héros à la retraite, en proposant une réflexion hardie sur la notion de puissance, la vanité de l'exploit et l'usure du héros, bref une approche intrusive et beaucoup plus adulte que tout ce qu'on a pu voir avant chez Marvel ou D.C. Sauf que cette vision ne me plait pas ; cet aspect sombre et trouble ne me séduit pas, je n'aime pas qu' on rentre trop dans cette introspection si poussée, je trouve le traitement laborieux, fastidieux, prétentieux, je n'y retrouve pas le côté distrayant des comics Marvel. La lecture en devient poussive et surtout d'un ennui mortel, la narration s'attarde sur des passages inutiles qui n'en valent pas la peine et qui rendent ce pavé par moments indigeste. D'autre part, aucun des personnages n'est attachant, intéressant oui, tels Rorshach ou le Comédien, mais les autres sont quelconques, et surtout ils n'ont aucun charisme. La seule chose qui me convient dans ce comics, c'est le dessin ; au contraire de certains posteurs, j'aime ce graphisme à l'ancienne qui adopte un style proche des classiques des années 60 et 70, et la colorisation ne me gêne pas. Gibbons innove cependant en utilisant une contrainte de planches à 9 cases, avec des détails très travaillés, des cadrages très cinématographiques et un exercice virtuose de symétrie de planches au 5ème épisode. Malgré ça, je préfère les planches aux cadres multiples et éclatés tels que le pratiquaient Jack Kirby et les confrères de son époque, avec un dessin un peu plus percutant. Mais sinon, l'ensemble graphique est la seule chose qui aurait pu me faire aimer ce comics si l'histoire et le traitement m'avaient convenu. Comme pour La Ligue des Gentlemen Extraordinaires, j'ai vu le film en 2008 avant de lire la Bd, c'est d'ailleurs ce qui m'a incité à la lire, je ne crois pas que cette vision a influencé ma lecture, mais comme je n'ai pas aimé le film (à peu près pour les mêmes raisons), je ne peux pas non plus aimer ce comics qui est pourtant devenu la bible de toute une génération d'auteurs et de lecteurs, mais ce n'est pas la mienne... et comme je le disais, je ne comprends pas ce succès ; ce qui me rassure, c'est que je ne suis pas le seul.

07/08/2014 (modifier)
Par Thobias
Note: 5/5 Coups de coeur expiré

Une vraie réussite. Enfin un comic intelligent sur des super héros. Le seul que j'ai lu qui se trouve dans ce cas pour ma part. Quelle idée géniale que ces supers héros sans pouvoir et fatigués qui pensent faire régner l'ordre à eux seuls. Plusieurs personnages sont particulièrement marquants : le comédien, cette brute épaisse, Ozymandias le cynique (peut-on réellement lui donner tort) et surtout Rorschach le nihiliste misanthrope et paranoïaque dont la personnalité complexe ne peut que fasciner.

22/05/2014 (modifier)