C'est quand même assez énorme. Moore débarque sur la série pour reprendre la suite de Martin Pasko. A l'époque, la série avait été relancée pour la sortie du film, et l'auteur avait enchainé 19 numéros avant de passer le relais.
C'est alors que Moore débarque. Il clôt une partie de subplot laissé en jachère par Pasko, et pose déjà les jalons vers sa propre histoire, qui commence véritablement au #21. Et là, c'est un peu la folie. En effet, Moore va complètement redéfinir le personnage et même la nature même du personnage rien que dans cet épisode. Fini le Alec Hallond transformé en plante. Exit l'être humain. D'ailleurs, c'est exactement de que l'auteur fait, il dépouille son personnage de toute humanité.
S'en suit un premier arc où le Swamp Thing va venir affronter Jason Woodrue, un autre être lié aux plantes.
Et là, Moore va faire encore très fort. Il va utiliser la dualité entre les deux personnages pour continuer à redéfinir ce qui est désormais son perso. Il va jouer sur le lien entre les deux personnages, ce qui les lie, la nature, leur inhumanité et pousser cela jusqu'à l'extrême pour Woodrue. C'est juste de la folie. C'est d'ailleurs grâce à cette folie qu'il va rendre un peu d'humanité au Swamp Thing.
Lors de l'arc qui clôt ce tome, le Swamp Thing affrontera un démon qui se nourri de la peur. Il y fera équipe avec Etrigan.
Ici l'arc est bien plus posé que le précédent, même s'il comporte des scènes de folie, comme celle ou l'on comprend pourquoi l'enfant à moitié fou veut toujours tout épeler.
Dans le même temps, il utilise aussi le cast de la série pour poser d'autres intrigues ou montrer différentes facettes de son héros. Il y a Abby, dont la relation avec le Swamp Thing est de plus en plus ambigüe. Ou son mari, Matt, qui sombre et sombre jusqu'à l'irréparable.
A travers la galerie de personnages de ce premier volume, on se rend compte d'une chose assez frappante. Après en avoir fait un pur monstre et l'avoir dépouillé de toute humanité, Moore fait de son personnage celui qui a l'air le plus humain de tous. Que ce soit Woodrue qui finira par fondre un fusible et rejeter violemment son humanité, la JLA qui lors de sa courte apparition semble jauger les humains de très haut dans leur satellite tels des Dieux, ou même Matt, ses visions et son alcoolisme, Swamp Thing apparait clairement comme le plus humain de tous.
Au dessin, Stephen Bissette et John Totleben, c'est beau. Évidemment, c'est très spécial, j'en convient (presque). Mais qu'est-ce-que c'est beau et plein de cadrages, de pages, assez expérimentales, de splash ou tout est fondu en un dessin pour une séquence. D'ailleurs, les pages avec le titre intégré au dessin sont très souvent excellentes.
Le Swamp Thing est fort, massif et plein d'humanité dans le regard (juste la couv' bordel, regardez ses yeux !).
Et Abby est belle.
Et encore une fois, ce dessin très particulier colle parfaitement au scénario de Moore et à la folie qui s'en dégage.
Un petit mot vite fait sur l'édition. Donc comme dit plus haut, c'est apparemment la première édition à intégrer cette épisode 20 où Moore finit le taf de Pasko. Même si le livre s'ouvre donc en pleine bataille, ça reste hyper compréhensible.
Il y a deux introductions, l'une de Len Wein qui raconte un peu l'histoire de la série et du perso (l'anecdote sur sa création est très sympa, l'autre est de Ramsey Campbell.)
L'édition est vraiment très belle, papier de bonne qualité, traduction soignée.
Pour finir, que dire, sinon lisez ce truc. Moore qui s'est un peu fait spécialiste de la reprise de perso nous livre ici un récit fort sur tous les points, et qui ne comporte pas encore cette manie qu'a l'auteur a de vouloir en faire le plus possible et des fois trop. Ça reste simple, posé et très accessible. Et pourtant, très fort, dense et magnifique.
Ajoutez à cela les dessins absolument magnifiques de Bissette et Totleben et vous aurez un ouvrage incontournable à mon goût.
Voilà une série que j’ai commencée grâce aux avis ci dessous, comme beaucoup je n’etais pas particulièrement attiré par le dessin.
Finalement après m’être lancé, je ne suis absolument pas déçu. On se laisse très facilement transporter par le récit de ces différents personnages qui se croisent et se recroisent avec comme toile de fond, pour le début de la saga, les années 30 et la monté du nazisme.
J’affectionne tout particulièrement les récits historiques parsemés de romances, et, il faut le dire avec cette série j’ai été plus que servi.
La trame de fond est très instructive, relativement différente des histoires traitant du nazisme et de la seconde guerre mondiale ; tout simplement parce que ce récit commence en aval. Nous assistons donc à la monté du fanatisme, des explications nous sont même proposées pour essayer de comprendre comment les gens ont pu se laisser embarquer là dedans.
De plus suivre cette frénésie remplie de fureur, de différents points de vue est vraiment une bonne chose, allemand, français, juif, tous sont réunis, les amours se font et se défont.
Les amours car oui, finalement comme le titre l’indique, sont nombreux, et pas cucul pour un sou. Nous suivons donc plusieurs histoires sur plusieurs années ce qui évite quelque peu les clichés et permet de relativiser les passades amoureuses, moins intéressantes, voire légèrement fades…
(16/20)
Unique et si grandiose.
Je n'ai pas souvenir de m'être à ce point immergé dans une BD.
L'univers et l'ambiance du récit sont extrêmement riches. Les dialogues sont d'une finesse et leur contenu d'une rare intelligence. Beaucoup de sujets sont abordés de façon imagée.
Le personnage principal est un policier philosophe a qui l'on charge de résoudre une enquête très complexe. Le résultat peut empêcher un conflit entre deux races vivant sur une même planète. Dans les faits, c'est bien plus complexe, pourtant la lecture coule de source.
Le dessin est épuré mais créé un environnement si personnel.
Il est au service du scénario mais lui apporte un plus indéniable. C'est purement subjectif car au premier abord le ressenti visuel n'est pas exceptionnel.
Il y a une osmose dans le travail des auteurs dans ce récit. Le résultat est bluffant, le lecteur est entrainé dans une autre dimension le temps de cette lecture.
J'en redemande car une suite serait à envisager tant l'univers mis en place et le personnage d'Elijah sont intéressants. Mais malheureusement dans le final il y a un élément qui ne laisse pas cette opportunité possible.
Du très très grand, merci aux auteurs et à Futuropolis.
Julius Corentin Acquefacques est un anti-héros qui évolue dans un univers imaginaire qui permet d'aborder pas mal de thèmes philosophiques sur notre position (en terme de dimension), sur le temps (le futur est-il déjà écrit ?)... et bien d'autres sujets. Après la lecture du premier tome, je me suis dit « cet auteur est génial ». Il a en effet une façon très particulière et très simple d'aborder des sujets compliqués, et après chaque lecture d'un tome, je me suis posé pour réfléchir à la façon de voir de l'auteur.
Chaque tome peut être lu indépendamment des autres (car les histoires ne sont pas liées) et aborde un thème principal (le temps, la 3D, la couleur, etc) mais toujours dans l'univers imaginaire de Julius et avec une originalité particulière dans la conception de la bd.
De plus, l'univers dans lequel vit Julius est une satyre de notre monde sur bien des points intéressants où le vice est poussé jusqu'à son extrême : la crise du logement qui atteint un summum ou l'administration qui développe des principes absurdes. J'aime beaucoup cette façon de faire.
Quant au dessin, le noir et blanc, les jeux d'ombre et le trait épais renforcent le côté mystérieux et bizarre de ce monde.
Pour moi, c'est vraiment un incontournable. Il est vrai que c'est très particulier, donc on aime ou on n'aime pas, mais il faut l'avoir lu. Une vrai découverte !
Amateur de western classique, passez votre chemin !
Le moins qu’on puisse dire, c’est que celui ci sort de l’ordinaire. Son côté décalé et underground se ressent tant dans le graphisme que dans l’histoire. C’est une bd sans concession ni compromis : on aime ou on déteste. Le scénario est inhabituel pour un western mais il se révèle d’une grande cohérence. La trame est réfléchie de bout en bout. Pas évident pourtant d’arriver à un tel résultat avec autant de protagonistes atypiques. Ils ont des tronches pas possibles et le seul langage qu’ils semblent connaître est celui de la corde ou de la poudre. Cette bd est donc un bon délire qui ne cède pas à la facilité du grand n’importe quoi. Moi, j’adhère totalement !
Bref, une bd que j’ai lue et relue tant elle m’a plu et captivé (et avec la pile de bd que j’ai en souffrance, c’est rare !)
Ah ouais ! Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de séries comme ça. Si je devais donner un mot pour décrire ces deux albums : poétiques.
Oui, c'est une série qui prend son temps. Elle pose les bases d'une histoire. Très peu d'action, et franchement, il faut bien le dire, il ne se passe pas grand chose en 2 albums. Mais des séries comme ça, ça me repose (au même titre que le premier tome de Où le regard ne porte pas... ou même que Quartier lointain), et je trouve qu'il se dégage d'albums comme ceux-ci une sensation de fraîcheur, de légèreté et de 'bonheur'.
Le scénario ? Avec des personnages assez attachants on se retrouve embarqué dans monde étrange et enchanteur. À mi chemin entre Nävis et Lanfeust De Troy...
J'ai aimé !
Le dessin est quant à lui très beau.
Mallié maîtrise son trait fin et sophistiqué à la perfection, mais il est aussi assez simple ce qui rend la BD très esthétique à regarder.
Pour l'instant un coup de cœur, j'attends la suite avec impatience ! Je pense grâce à ces tomes suivre l'œuvre de Loisel de plus près. Et ça c’est une bonne chose.
"Joachim mène une vie paisible avec ses parents dans un endroit très reculé du monde. Mais un soir, ils remarquent trois ombres qui semblent les attendre sur la colline en face… Ces dernières apparaissent sous la forme de trois cavaliers et s’évanouissent dès que l’on s’en approche. Dès lors leur vie va être bouleversée..."
Une très belle et très émouvante parabole de la mort. Cyril Pedrosa excelle dans l'art de faire passer les émotions à travers un dessin simple et sobre. Dès le premier tiers du livre, le lecteur comprend la nature des ces trois cavaliers et sait que l'histoire mènera à l'inéluctable. L'auteur ne tombe jamais dans le stéréotype ou dans le cliché et frappe juste, représentant magistralement chaque étape de l'acceptation de la mort : le refus, le déni, la colère,...
La monochromie permet de mieux se concentrer sur le trait très personnel de l'auteur.
Une œuvre dont le lecteur ne sort pas indemne. A posséder.
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 9/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10
NOTE GLOBALE : 16/20
Pari osé ... mais pari réussi. Je ne pensais pas un jour trouver une adaptation d'une pièce de Shakespeare en BD, encore moins dans un tout autre genre qu'est le polar.
La force de l'auteur est d'arriver à transposer ce récit en 1977 aux USA dans le milieu de la pègre sans que cela paraisse bancal. J'avais de vagues souvenirs concernant la pièce d'origine mais on retrouve le fil directeur principal à savoir une vengeance par un homme répudié par les siens qui tourne fatalement au tragique.
Le héros, Hamlet, revient dans sa ville natale pour enterrer son père, un gros bonnet de la pègre , retrouvé mort dans un frigo... Son père vient alors lui demander de le venger de sa mort - sous la forme d'un fantôme - commandité par son propre frère dans le but de s'approprier sa place. Les autres personnages forts de la pièce sont également présents (Horacio= Horace, Julie = Ophélie).
Le récit est décomposé en cinq actes bien rythmés, l'atmosphère rendue des années 80 colle très bien au dessin noir et blanc de François Ravard que je trouve très bon dans un encrage assez "épais".
H.R. Vaughn signe là une adpatation originale et surtout très intelligente de la pièce de Shakespeare dans un univers qu'il maitrise parfaitement, aidé au dessin par Ravard qui donne beaucoup de profondeur au récit en jouant avec de forts contrastes noir et blanc.
Une curiosité à découvrir de toute urgence pour les amateurs de polar.
Je suis toujours aussi convaincu par cette série, après sa relecture. Les critiques étant relativement unanimes, je me permettrai d’être bref.
Pour ce qui est du graphisme, le trait épuré et la couleur directe de Rossi valent à eux seuls le détour !
Concernant l’intrigue, j’ai trouvé cette variation au sujet du destin tragique de Tirésias particulièrement inspirée et passionnante. Le jeune Thébain voit un jour son arrogance et sa superficialité tristement récompensées par la déesse Athéna. Cette intervention divine ne m’a d’ailleurs pas dérangé le moins du monde, dans la mesure où elle a pour cadre la Grèce antique, dans laquelle les dieux occupaient une place essentielle.
En conclusion, ‘Tirésias’ est assurément, avec Murena et L’âge de bronze, l’une des plus remarquables bd ayant pour contexte l’Antiquité et est, par ailleurs, l’un des meilleurs diptyques que je connais !
Exceptionnel ! Le meilleur manga que j’aie lu !
Je me réjouis d'écrire un avis sur cet immense chef-d'œuvre.
C’est la seconde fois que je lis "Quartier Lointain", la première fois c'était dans les petits albums de la collection « Écritures » : j'avais déjà plus qu'adoré, et chose qu'à l'époque était rare : cette BD m'avait complètement bouleversé. J'avais les larmes aux yeux à la fin de l'album et je n’avais ressenti ça avec n'importe quel forme d'arts (films, musiques, livres etc.). Et depuis tous se temps là, je conseillais "Quartier Lointain" a toutes les personnes possibles, si bien que le C.D.I. de mon collège avait acheté l'intégrale.
Finalement trois ans plus tard je me décide : je relis cette petite merveille dans son format intégrale.
Bon au début, j'avais un peu peur d'être déçus par rapport au souvenir que j’en avais. Mais très vite, j'ai retrouvé ce bonheur que j'avais eu à la lecture.
Jamais je n'avais été aussi emporté par une histoire : en la lisant, en est transporté dans les années 60 au Japon dans une modeste famille. Le scénario est parfaitement construit, très bien écrit. On partage les sentiments du héros. Au fil des pages, je sentais cette petite émotion qui grandissait en moi, pour finir (tout comme à la 1ère lecture) par exploser au dernier chapitre : pareille que la première fois, les larmes aux yeux, et une vague de bonheur qui traversa mon corps. C'est quand même une réussite, que connaissant l'histoire, il se passe la même chose que la première fois.
Le tout est servi par un dessin sublime ; il est parfaitement maîtrisé (proportions, décors, personnages, sentiments : comme toujours avec Taniguchi), c’est très beau.
De plus cet édition est très belle : un gros livre, une très belle couverture, les premières pages en couleurs (d'ailleurs très belles, on regrette que tout l'album ne soit pas en couleurs, mais je crois que l'histoire est mieux servis en noir et blanc).
Bon pour l'avis, je vais m'arrêter là (c'est toujours dur d'exprimer les sentiments qu'on a ressentis devant une telle œuvre), je n'ai qu’un conseille à vous donner : lisez cette histoire. Cet album est ma BD préféré et celle qui, pour moi, se rapproche le plus de la perfection.
Tome 1 : 4/5
Tome 2 : 5/5
Intégrale : 5/5
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Swamp Thing
C'est quand même assez énorme. Moore débarque sur la série pour reprendre la suite de Martin Pasko. A l'époque, la série avait été relancée pour la sortie du film, et l'auteur avait enchainé 19 numéros avant de passer le relais. C'est alors que Moore débarque. Il clôt une partie de subplot laissé en jachère par Pasko, et pose déjà les jalons vers sa propre histoire, qui commence véritablement au #21. Et là, c'est un peu la folie. En effet, Moore va complètement redéfinir le personnage et même la nature même du personnage rien que dans cet épisode. Fini le Alec Hallond transformé en plante. Exit l'être humain. D'ailleurs, c'est exactement de que l'auteur fait, il dépouille son personnage de toute humanité. S'en suit un premier arc où le Swamp Thing va venir affronter Jason Woodrue, un autre être lié aux plantes. Et là, Moore va faire encore très fort. Il va utiliser la dualité entre les deux personnages pour continuer à redéfinir ce qui est désormais son perso. Il va jouer sur le lien entre les deux personnages, ce qui les lie, la nature, leur inhumanité et pousser cela jusqu'à l'extrême pour Woodrue. C'est juste de la folie. C'est d'ailleurs grâce à cette folie qu'il va rendre un peu d'humanité au Swamp Thing. Lors de l'arc qui clôt ce tome, le Swamp Thing affrontera un démon qui se nourri de la peur. Il y fera équipe avec Etrigan. Ici l'arc est bien plus posé que le précédent, même s'il comporte des scènes de folie, comme celle ou l'on comprend pourquoi l'enfant à moitié fou veut toujours tout épeler. Dans le même temps, il utilise aussi le cast de la série pour poser d'autres intrigues ou montrer différentes facettes de son héros. Il y a Abby, dont la relation avec le Swamp Thing est de plus en plus ambigüe. Ou son mari, Matt, qui sombre et sombre jusqu'à l'irréparable. A travers la galerie de personnages de ce premier volume, on se rend compte d'une chose assez frappante. Après en avoir fait un pur monstre et l'avoir dépouillé de toute humanité, Moore fait de son personnage celui qui a l'air le plus humain de tous. Que ce soit Woodrue qui finira par fondre un fusible et rejeter violemment son humanité, la JLA qui lors de sa courte apparition semble jauger les humains de très haut dans leur satellite tels des Dieux, ou même Matt, ses visions et son alcoolisme, Swamp Thing apparait clairement comme le plus humain de tous. Au dessin, Stephen Bissette et John Totleben, c'est beau. Évidemment, c'est très spécial, j'en convient (presque). Mais qu'est-ce-que c'est beau et plein de cadrages, de pages, assez expérimentales, de splash ou tout est fondu en un dessin pour une séquence. D'ailleurs, les pages avec le titre intégré au dessin sont très souvent excellentes. Le Swamp Thing est fort, massif et plein d'humanité dans le regard (juste la couv' bordel, regardez ses yeux !). Et Abby est belle. Et encore une fois, ce dessin très particulier colle parfaitement au scénario de Moore et à la folie qui s'en dégage. Un petit mot vite fait sur l'édition. Donc comme dit plus haut, c'est apparemment la première édition à intégrer cette épisode 20 où Moore finit le taf de Pasko. Même si le livre s'ouvre donc en pleine bataille, ça reste hyper compréhensible. Il y a deux introductions, l'une de Len Wein qui raconte un peu l'histoire de la série et du perso (l'anecdote sur sa création est très sympa, l'autre est de Ramsey Campbell.) L'édition est vraiment très belle, papier de bonne qualité, traduction soignée. Pour finir, que dire, sinon lisez ce truc. Moore qui s'est un peu fait spécialiste de la reprise de perso nous livre ici un récit fort sur tous les points, et qui ne comporte pas encore cette manie qu'a l'auteur a de vouloir en faire le plus possible et des fois trop. Ça reste simple, posé et très accessible. Et pourtant, très fort, dense et magnifique. Ajoutez à cela les dessins absolument magnifiques de Bissette et Totleben et vous aurez un ouvrage incontournable à mon goût.
Amours fragiles
Voilà une série que j’ai commencée grâce aux avis ci dessous, comme beaucoup je n’etais pas particulièrement attiré par le dessin. Finalement après m’être lancé, je ne suis absolument pas déçu. On se laisse très facilement transporter par le récit de ces différents personnages qui se croisent et se recroisent avec comme toile de fond, pour le début de la saga, les années 30 et la monté du nazisme. J’affectionne tout particulièrement les récits historiques parsemés de romances, et, il faut le dire avec cette série j’ai été plus que servi. La trame de fond est très instructive, relativement différente des histoires traitant du nazisme et de la seconde guerre mondiale ; tout simplement parce que ce récit commence en aval. Nous assistons donc à la monté du fanatisme, des explications nous sont même proposées pour essayer de comprendre comment les gens ont pu se laisser embarquer là dedans. De plus suivre cette frénésie remplie de fureur, de différents points de vue est vraiment une bonne chose, allemand, français, juif, tous sont réunis, les amours se font et se défont. Les amours car oui, finalement comme le titre l’indique, sont nombreux, et pas cucul pour un sou. Nous suivons donc plusieurs histoires sur plusieurs années ce qui évite quelque peu les clichés et permet de relativiser les passades amoureuses, moins intéressantes, voire légèrement fades… (16/20)
Les Derniers jours d'un immortel
Unique et si grandiose. Je n'ai pas souvenir de m'être à ce point immergé dans une BD. L'univers et l'ambiance du récit sont extrêmement riches. Les dialogues sont d'une finesse et leur contenu d'une rare intelligence. Beaucoup de sujets sont abordés de façon imagée. Le personnage principal est un policier philosophe a qui l'on charge de résoudre une enquête très complexe. Le résultat peut empêcher un conflit entre deux races vivant sur une même planète. Dans les faits, c'est bien plus complexe, pourtant la lecture coule de source. Le dessin est épuré mais créé un environnement si personnel. Il est au service du scénario mais lui apporte un plus indéniable. C'est purement subjectif car au premier abord le ressenti visuel n'est pas exceptionnel. Il y a une osmose dans le travail des auteurs dans ce récit. Le résultat est bluffant, le lecteur est entrainé dans une autre dimension le temps de cette lecture. J'en redemande car une suite serait à envisager tant l'univers mis en place et le personnage d'Elijah sont intéressants. Mais malheureusement dans le final il y a un élément qui ne laisse pas cette opportunité possible. Du très très grand, merci aux auteurs et à Futuropolis.
Julius Corentin Acquefacques
Julius Corentin Acquefacques est un anti-héros qui évolue dans un univers imaginaire qui permet d'aborder pas mal de thèmes philosophiques sur notre position (en terme de dimension), sur le temps (le futur est-il déjà écrit ?)... et bien d'autres sujets. Après la lecture du premier tome, je me suis dit « cet auteur est génial ». Il a en effet une façon très particulière et très simple d'aborder des sujets compliqués, et après chaque lecture d'un tome, je me suis posé pour réfléchir à la façon de voir de l'auteur. Chaque tome peut être lu indépendamment des autres (car les histoires ne sont pas liées) et aborde un thème principal (le temps, la 3D, la couleur, etc) mais toujours dans l'univers imaginaire de Julius et avec une originalité particulière dans la conception de la bd. De plus, l'univers dans lequel vit Julius est une satyre de notre monde sur bien des points intéressants où le vice est poussé jusqu'à son extrême : la crise du logement qui atteint un summum ou l'administration qui développe des principes absurdes. J'aime beaucoup cette façon de faire. Quant au dessin, le noir et blanc, les jeux d'ombre et le trait épais renforcent le côté mystérieux et bizarre de ce monde. Pour moi, c'est vraiment un incontournable. Il est vrai que c'est très particulier, donc on aime ou on n'aime pas, mais il faut l'avoir lu. Une vrai découverte !
Goudron Plumé
Amateur de western classique, passez votre chemin ! Le moins qu’on puisse dire, c’est que celui ci sort de l’ordinaire. Son côté décalé et underground se ressent tant dans le graphisme que dans l’histoire. C’est une bd sans concession ni compromis : on aime ou on déteste. Le scénario est inhabituel pour un western mais il se révèle d’une grande cohérence. La trame est réfléchie de bout en bout. Pas évident pourtant d’arriver à un tel résultat avec autant de protagonistes atypiques. Ils ont des tronches pas possibles et le seul langage qu’ils semblent connaître est celui de la corde ou de la poudre. Cette bd est donc un bon délire qui ne cède pas à la facilité du grand n’importe quoi. Moi, j’adhère totalement ! Bref, une bd que j’ai lue et relue tant elle m’a plu et captivé (et avec la pile de bd que j’ai en souffrance, c’est rare !)
Le Grand Mort
Ah ouais ! Ça faisait longtemps que je n’avais pas lu de séries comme ça. Si je devais donner un mot pour décrire ces deux albums : poétiques. Oui, c'est une série qui prend son temps. Elle pose les bases d'une histoire. Très peu d'action, et franchement, il faut bien le dire, il ne se passe pas grand chose en 2 albums. Mais des séries comme ça, ça me repose (au même titre que le premier tome de Où le regard ne porte pas... ou même que Quartier lointain), et je trouve qu'il se dégage d'albums comme ceux-ci une sensation de fraîcheur, de légèreté et de 'bonheur'. Le scénario ? Avec des personnages assez attachants on se retrouve embarqué dans monde étrange et enchanteur. À mi chemin entre Nävis et Lanfeust De Troy... J'ai aimé ! Le dessin est quant à lui très beau. Mallié maîtrise son trait fin et sophistiqué à la perfection, mais il est aussi assez simple ce qui rend la BD très esthétique à regarder. Pour l'instant un coup de cœur, j'attends la suite avec impatience ! Je pense grâce à ces tomes suivre l'œuvre de Loisel de plus près. Et ça c’est une bonne chose.
Trois ombres
"Joachim mène une vie paisible avec ses parents dans un endroit très reculé du monde. Mais un soir, ils remarquent trois ombres qui semblent les attendre sur la colline en face… Ces dernières apparaissent sous la forme de trois cavaliers et s’évanouissent dès que l’on s’en approche. Dès lors leur vie va être bouleversée..." Une très belle et très émouvante parabole de la mort. Cyril Pedrosa excelle dans l'art de faire passer les émotions à travers un dessin simple et sobre. Dès le premier tiers du livre, le lecteur comprend la nature des ces trois cavaliers et sait que l'histoire mènera à l'inéluctable. L'auteur ne tombe jamais dans le stéréotype ou dans le cliché et frappe juste, représentant magistralement chaque étape de l'acceptation de la mort : le refus, le déni, la colère,... La monochromie permet de mieux se concentrer sur le trait très personnel de l'auteur. Une œuvre dont le lecteur ne sort pas indemne. A posséder. SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 9/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 7/10 NOTE GLOBALE : 16/20
Hamlet 1977
Pari osé ... mais pari réussi. Je ne pensais pas un jour trouver une adaptation d'une pièce de Shakespeare en BD, encore moins dans un tout autre genre qu'est le polar. La force de l'auteur est d'arriver à transposer ce récit en 1977 aux USA dans le milieu de la pègre sans que cela paraisse bancal. J'avais de vagues souvenirs concernant la pièce d'origine mais on retrouve le fil directeur principal à savoir une vengeance par un homme répudié par les siens qui tourne fatalement au tragique. Le héros, Hamlet, revient dans sa ville natale pour enterrer son père, un gros bonnet de la pègre , retrouvé mort dans un frigo... Son père vient alors lui demander de le venger de sa mort - sous la forme d'un fantôme - commandité par son propre frère dans le but de s'approprier sa place. Les autres personnages forts de la pièce sont également présents (Horacio= Horace, Julie = Ophélie). Le récit est décomposé en cinq actes bien rythmés, l'atmosphère rendue des années 80 colle très bien au dessin noir et blanc de François Ravard que je trouve très bon dans un encrage assez "épais". H.R. Vaughn signe là une adpatation originale et surtout très intelligente de la pièce de Shakespeare dans un univers qu'il maitrise parfaitement, aidé au dessin par Ravard qui donne beaucoup de profondeur au récit en jouant avec de forts contrastes noir et blanc. Une curiosité à découvrir de toute urgence pour les amateurs de polar.
Tirésias
Je suis toujours aussi convaincu par cette série, après sa relecture. Les critiques étant relativement unanimes, je me permettrai d’être bref. Pour ce qui est du graphisme, le trait épuré et la couleur directe de Rossi valent à eux seuls le détour ! Concernant l’intrigue, j’ai trouvé cette variation au sujet du destin tragique de Tirésias particulièrement inspirée et passionnante. Le jeune Thébain voit un jour son arrogance et sa superficialité tristement récompensées par la déesse Athéna. Cette intervention divine ne m’a d’ailleurs pas dérangé le moins du monde, dans la mesure où elle a pour cadre la Grèce antique, dans laquelle les dieux occupaient une place essentielle. En conclusion, ‘Tirésias’ est assurément, avec Murena et L’âge de bronze, l’une des plus remarquables bd ayant pour contexte l’Antiquité et est, par ailleurs, l’un des meilleurs diptyques que je connais !
Quartier lointain
Exceptionnel ! Le meilleur manga que j’aie lu ! Je me réjouis d'écrire un avis sur cet immense chef-d'œuvre. C’est la seconde fois que je lis "Quartier Lointain", la première fois c'était dans les petits albums de la collection « Écritures » : j'avais déjà plus qu'adoré, et chose qu'à l'époque était rare : cette BD m'avait complètement bouleversé. J'avais les larmes aux yeux à la fin de l'album et je n’avais ressenti ça avec n'importe quel forme d'arts (films, musiques, livres etc.). Et depuis tous se temps là, je conseillais "Quartier Lointain" a toutes les personnes possibles, si bien que le C.D.I. de mon collège avait acheté l'intégrale. Finalement trois ans plus tard je me décide : je relis cette petite merveille dans son format intégrale. Bon au début, j'avais un peu peur d'être déçus par rapport au souvenir que j’en avais. Mais très vite, j'ai retrouvé ce bonheur que j'avais eu à la lecture. Jamais je n'avais été aussi emporté par une histoire : en la lisant, en est transporté dans les années 60 au Japon dans une modeste famille. Le scénario est parfaitement construit, très bien écrit. On partage les sentiments du héros. Au fil des pages, je sentais cette petite émotion qui grandissait en moi, pour finir (tout comme à la 1ère lecture) par exploser au dernier chapitre : pareille que la première fois, les larmes aux yeux, et une vague de bonheur qui traversa mon corps. C'est quand même une réussite, que connaissant l'histoire, il se passe la même chose que la première fois. Le tout est servi par un dessin sublime ; il est parfaitement maîtrisé (proportions, décors, personnages, sentiments : comme toujours avec Taniguchi), c’est très beau. De plus cet édition est très belle : un gros livre, une très belle couverture, les premières pages en couleurs (d'ailleurs très belles, on regrette que tout l'album ne soit pas en couleurs, mais je crois que l'histoire est mieux servis en noir et blanc). Bon pour l'avis, je vais m'arrêter là (c'est toujours dur d'exprimer les sentiments qu'on a ressentis devant une telle œuvre), je n'ai qu’un conseille à vous donner : lisez cette histoire. Cet album est ma BD préféré et celle qui, pour moi, se rapproche le plus de la perfection. Tome 1 : 4/5 Tome 2 : 5/5 Intégrale : 5/5