Le Ciel au-dessus du Louvre

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 12 avis)

Le Louvre, l'Art et la Révolution.


1789 - 1799 : La Révolution Française Hislaire / Yslaire Il y a 10 ans... Le Musée du Louvre Milieux artistiques Nouveau Futuropolis Peinture et tableaux en bande dessinée

Août 1793. Le Louvre vient d'être inauguré. Premier musée de la Nation, il est destiné à recevoir les œuvres révolutionnaires. Pour être sûr qu'elles seront présentes sur les murs, rien de mieux que d'accueillir en son sein les peintres « officiels ». Ils y possèdent leur atelier. Ils cherchent une facture neuve, hardie, audacieuse, en rupture totale avec l'art de l'Ancien Régime symbolisé par Fragonard. Il faut montrer que l'Histoire est en marche. David, personnage politique de premier plan de la Révolution, voudrait être leur chef de file. Mais Girodet lui vole pour l'heure la notoriété. Homme de pouvoir, il va se lancer dans une révolution, lui aussi, à l'échelle de son art. A la demande de son ami Robespierre, David tente de créer le tableau le plus difficile à réaliser de sa carrière. Donner un visage à l'Etre Suprême, sorte d'incarnation de l'aspiration à la spiritualité que Robespierre veut imposer en plein milieu de la Terreur.

Scénaristes
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 13 Novembre 2009
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Le Ciel au-dessus du Louvre
Les notes (12)
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13/11/2009 | Miranda
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Par Gaston
Note: 2/5
L'avatar du posteur Gaston

Je n'ai pas apprécié cet album. Les seuls moments un peu intéressants sont ceux sur la mentalité des républicains et lorsqu'ils parlaient comment représenter leur idéologie sur un tableau. Le reste m'a ennuyé. Je ne vois pas trop où voulait en venir l'auteur avec son intrigue... Attendez un peu, il y avait un intrigue dans ce récit ? Si c'est le cas je ne m'en souviens pas. J'ai juste vu des moments de la Révolution Française. Il y a bien un peintre qui doit représenter l'idéal de Robespierre sur un tableau, mais ça ne va nulle part. Pourquoi il y avait ce jeune garçon de 13 ans qui ressemble à l'ange dans 'Le Ciel au-dessus de Bruxelles' ? C'est un ange aussi ? Je n'en ai aucune idée et sincèrement je m'en fiche complètement.

13/03/2012 (modifier)
Par jurin
Note: 5/5

Super réalisation que cette BD où les auteurs mêlent savamment histoire et art. Le récit débute avec Robespierre contemplant l’œuvre de David : « Marat assassiné », il estime que le ciel est vide, trop vide et donc l’œuvre manque de spiritualité. Mais voilà Robespierre ne veut pas d’un monde sans spiritualité et demande au peintre David une représentation de l’être suprême, qu’il a bien du mal à définir. David obtempère mais…. Le dessin est magnifique, il y a quelque chose de magique dans l’ambiance ressentie et l’alchimie est parfaite entre histoire et fiction. Pour preuve, l’histoire du portait de la citoyenne Trudaine par David est exploitée de façon géniale par les auteurs. Cette BD éditée par Futuropolis, au format adéquat, est de très bonne qualité. Que du bonheur !

24/07/2010 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
L'avatar du posteur Erik

J'avais beaucoup aimé «Le Ciel au-dessus de Bruxelles» du même auteur dont l'activité a subitement redémarré ces derniers temps. Je ne savais pas que ce concept du ciel se déclinerait à toutes les sauces. Nous voilà donc au-dessus de Paris mais au temps de la Révolution Française et précisément de l'époque où le destin de notre pays était aux mains du sanguinaire Robespierre. Ce dernier avait commandé un tableau au peintre David pour représenter l'être suprême dans un souci purement de sacralisation des idéaux révolutionnaires à un moment critique (assassinat de Marat, les Chouans...). Je me suis toujours interrogé sur cet aspect de la Révolution Française qui n'avait pour but que de remplacer Dieu par un autre. Comment croire que cela marcherait ainsi ? C'est le point de départ de la chute de l'Incorruptible ... On retrouve également le personnage de Stern qui n'a que 13 ans dans cet épisode sanglant. On sait que c'est un ange qui navigue entre les époques bien que sa présence ne soit pas expliquée. On a une impression très mitigé sur un scénario qui ne suit pas un véritable fil conducteur. C'est certes alors un peu moins bon que Le Ciel au-dessus de Bruxelles mais cela demeure toutefois une réussite à bien des égards à commencer par un graphisme hors pair alors qu'il est question d'art.

01/07/2010 (modifier)

En l’an I de la République, la Révolution cherche insatiablement une légitimité de marbre. C’est au cœur de Paris, dans les rues sinueuses et cloitrées de la Terreur, que deux artistes ont souhaité s’interroger sur la problématique de la sacralité dans un processus politique révolutionnaire. Le ciel au dessus du Louvre est une œuvre magistrale mise en images par Bernard Yslaire et scénarisé par Jean-Claude Carrière. Ce dernier, que l’on connaît mieux comme scénariste du grand écran, qui a notamment travaillé au côté de Andrzej Wajda pour le film Danton, se confronte à nouveau à l’histoire de la Révolution française à travers un récit dessiné . L’édition Futuropolis, en partenariat avec le musée du Louvre, amorce un réel travail de fond depuis quelques années dans la réflexion autour de l’image en général. Insérer des œuvres au cœur d’une bande dessinée, c’est dynamiser une mise en abîme insolite qui permet d’ouvrir une nouvelle dimension à la recherche esthétique, artistique, voire historique. Le récit commence par cette phrase évocatrice : « La Révolution est aux abois, envahie par l’Europe des rois, rongée par la guerre de Vendée et d’autres révoltes à Lyon, à Marseille ». Marat vient de mourir assassiné, le processus de sacralisation est en marche, la Révolution prend un nouveau départ, il faut constamment œuvrer pour la légitimation du pouvoir en place. L’histoire est celle de deux des plus grandes personnalités politiques, Robespierre et David, situées au cœur de la tourmente révolutionnaire. Au nom du Comité de Salut public, Robespierre commande à David une représentation de l’Etre Suprême car « tout culte à besoin d’image, même l’Invisible a besoin d’être incarné » (planche 24). S’interroger sur le pouvoir de l’image pendant la Révolution française, c’est essayer de se pencher sur les acteurs eux-mêmes, de se rapprocher de leur volonté de produire une légitimité durable. Dans une quête créative, l’image prend une place de choix, elle peut transcender les êtres, elle peut être le garant d’un pouvoir embryonnaire. « C’est dans la représentation que le pouvoir est absolu » écrit Louis Marin dans Le portrait du roi. On a bien ici une des thématiques fondamentales de cette bande dessinée, où la « République doit se défendre par les armes, mais aussi par les idées, par les images, par les symboles, par la beauté » (planche 10). Dans cette France devenue orpheline, de père et de mère, la question de la sacralité semble devenir essentielle. Les auteurs nous invitent à nous interroger sur un ciel devenu désespérément vide et à nous demander si l’Art ou l’image peut produire une divinité. Dès l’ouverture, Yslaire et Carrière inaugurent un processus de représentation. La pleine page, qui prend la forme d’un tableau (par là même les chapitres deviennent eux aussi différents tableaux), ouvre une scène de théâtre par sa propre composition, les chevalets faisant office de rideaux ouverts. Cet indice emphatique apporte l’élément fondamental de la réflexion : la bande dessinée s’assume comme la représentation du réel, elle ne prétend pas l’incarner. Dès les premiers balbutiements qui suivent la mort de Marat et la naissance de la prééminence de Robespierre sur la scène politique, le rôle de David se trouve changé. Il apparaît comme le « metteur en scène » de la Révolution. Robespierre se saisit rapidement de ces talents pour représenter les nouveaux principes de la République, les martyrs de la Révolution… Le lecteur est ici face à une première mise en abîme, ces deux hommes historiques, maintes fois représentés, sont à nouveau incarnés par la représentation construite par Yslaire. David et Robespierre, encadrés dans la planche, sont ainsi mis en scène comme des images d’image, des pâles reflets des diverses représentations. Ainsi, les auteurs nous annoncent qu’ils vont jouer avec la représentation, que leurs personnages sont des images d’Epinal, produits de multiples fantasmes. Le Louvre en tant que personnage, incarne encore cette volonté narrative. Dès la planche 5, une vendeuse d’imagerie instantanée (support d’une écriture immédiate de l’Histoire ?) de la révolution s’exclame « mais la Fraternité c’est plus cher tu penses bien ? ». L’image permet donc la diffusion de l’Histoire dans le temps et par là même la production d’un imaginaire collectif souvent faussé. Ainsi, les auteurs mettent en place une seconde mise en abîme, une réflexion sur l’image comme représentation historique d’une réalité déformée dès son temps originel. D’une certaine manière, la bande dessinée vient s’affirmer comme fausse source historique. L’utilisation de l’incrustation, dans les dessins d’Yslaire, des tableaux de David et d’autres grands maîtres, vient également renforcer cet aspect. Si David doit « trouver un visage » à l’Être Suprême, il dessine et esquisse Danton (page 28 ), Robespierre (page 21). C’est bien nous démontrer que la Révolution c’est aussi, au-delà d’une éruption politique, une histoire de visages, de faces, et de têtes (que l’on guillotine). Comme le fait remarquer Lynn Hunt, le portrait isole, par définition, un individu de la masse. Ce qui permet en définitive d’accentuer l’héroïsation révolutionnaire. À l’instar du roi sous l’Ancien Régime, exister c’est être représenté et inversement. On retrouvait cette thématique dans les Onze de Pierre Michon (Grand Prix de l’Académie française 2009) où la représentation fictive et fantasmée par l’auteur lui permet de conclure à notre volonté dans l’Histoire de représenter naturellement le pouvoir. Cette dialectique entre pouvoir et image, entre représentation et légitimité politique court tout au long de l’œuvre. L’utilisation en introduction du Marat assassiné de David vient directement illustrer cette problématique. Marat prend place dans le processus de légitimation parce qu’il est immortalisé par la représentation, il devient martyr, un saint républicain, véritable Christ crucifié dans une baignoire. Marat, Bara, Le Pelletier ont largement leur place dans l’œuvre car ils illustrent cette tension fondamentale entre la production d’images et la volonté des révolutionnaires de cristalliser un émoi religieux et mystique dans une imagerie encadrée. La dimension religieuse semble donc omniprésente, le pouvoir ne devrait sa stabilité qu’à un ciment divin dans l’esprit de Robespierre, ainsi l’image est un simple moyen d’agrégation. Enfin, l’image a également une aura d’apaisement, voir de régulation. Après l’exécution de Louis XVI et la manifestation d’ordination de la violence par les autorités, on comprend mieux l’utilisation de l’image comme moyen de tempérance. Le travail d’Yslaire est original en ce qu’il permet l’illustration de l’élaboration d’une nouvelle société, politique et culturelle. Le dessin, qui est donc en lui-même une mise en abîme, s’articule autour d’une tension intéressante, entre l’esquisse et l’image aboutie. L’espace est souvent esquissé, comme si la Révolution n’était que passagère, éphémère. Cette notion du provisoire, d’une construction « en cours » s’oppose dans le dessin aux œuvres incrustées. Elles sont donc leur contraire, la pérennité de l’Art, l’incarnation de l’Histoire. Ainsi, dans le dessin, on perçoit cette tension entre le présent fugace, rapide (il suffit de constater le crayonnage qui entoure la table du comité de Salut public page 17) qui « dévore ses propres enfants » et le déjà passé qui se cristallise dans la représentation pour la postérité. Enfin, cette présence de l’esquisse et du collage dans le dessin donne une dimension de « bricolage » aux événements révolutionnaires, l’élaboration d’une nouvelle culture induit une réappropriation du déjà existant (la thématique antique par exemple qu’on retrouve dans la présence de nombreuses statues dédaliques, ou encore dans Le sommeil d’Endymion de David, planche 8 ). Une seconde dimension s’offre à l’analyse autour de la question de la représentation : celle de la sacralité. A partir de la mort du roi, cette mort du père sur laquelle insiste Lynn Hunt, induit une nouveauté dans le rapport à la sacralité et crée de nouveaux enjeux politiques. Ainsi vont s’établir des liens étroits entre création d’une sacralité, pérennité et stabilité politique et production des images. Ce ciel « trop vide » dont parle Robespierre au début de l’ouvrage semble être propice à l’élaboration d’un renouveau sacral. Le ciel au dessus du Louvre présente ici une complexité intéressante. La base du récit est la production d’une représentation de l’Etre Suprême par David. Les œuvres de l’artiste parsèment les pages comme un palimpseste artistique où représenter le Père devient problématique et impossible. Les révolutionnaires se posent comme frères, unis par un serment fondateur. Cette dimension d’une sacralité originelle est incarnée par Le Serment des Horaces de David qui revient plusieurs fois en filigrane dans la bande dessinée. Mais les auteurs vont plus loin et mettent en avant la production de la sacralité à travers le portrait de Marat, mais aussi ceux de Le Pelletier, de Viala et enfin de Bara. Ce dernier, qui est le fil rouge de l’intrigue, ce portrait inachevé, se confond dans le récit avec la recherche de David de la représentation de l’Être Suprême. On comprend donc ici cette complexité induite par les auteurs entre production des images des martyrs dans un but politique et recherche imagée d’un Père sacré. Cette confusion voulue et convenue nous amène à nous interroger sur le rôle de Jules Stern dans le récit. Le personnage imaginaire de Jules Stern n’est qu’une simple allégorie, véritable ange (descendu du ciel ?) déambulant au cœur de la Terreur. Visage émacié, androgyne presque fellinien, cet être apparaît le jour de l’inauguration du Louvre. Il souhaite dénoncer sa mère, qui n’est autre que la Révolution elle-même (« parce qu’elle tue tout le monde. Toi aussi, elle te tuera citoyen Robespierre »). Ainsi, le jour de la naissance d’un temple de la représentation, de l’image et par là même de la Mémoire de la Révolution, ce qu’elle produit : la Nation, peut enfin s’incarner. Cette incarnation est cet être angélique, Jules Stern et le symbole de la France, jeune, idéalisée. Mais ce personnage a une dimension mystique et c’est ce qui nous intéresse ici. David va s’éprendre artistiquement de ce jeune homme et en faire son modèle pour la commande de Robespierre. L’obsession de David à peindre le personnage de Stern, c’est le symbole de la confusion révolutionnaire, Jules va se confondre avec Bara, avec l’Etre Suprême, avec l’homme nouveau espéré. Il devient peu à peu dans le récit, l’incarnation d’une France dans la recherche de son propre visage, mais il devient également cette impossibilité apparente de conciliation entre Révolution et Religion. Par cet amalgame entre plusieurs entités théologiques, le personnage de Stern (qui est juif dans le récit) devient un agrégat des réflexions révolutionnaires autour de la sacralité. L’aspect androgyne voire féminin de Bara marque une évolution majeure par rapport aux tableaux prérévolutionnaires de David. On n’a pas ici la dimension virile des autres œuvres. David crie à Jules Stern posant devant lui : « Non, plus tourné vers moi, la cuisse… Qu’elle cache le genou droit et le sexe ! […] Tu dois paraître heureux ! Tu incarnes un jeune martyr qui a une révélation à son dernier soupir ! » (planche 37). Ainsi, on voit cette dimension de mise en scène, de théâtralisation du martyr dans un but propagandiste mais aussi ce souhait de pureté et d’universalité produit par le caractère asexué de l’icône. Les enjeux politiques se mêlent aux images et à la sacralité et inversement. Se découvre ici la problématique centrale de l’œuvre et de la Révolution française. Il reste une interrogation intéressante et stimulante concernant la conclusion de cet ouvrage. Les auteurs prennent indéniablement parti en mettant en scène l’apothéose de David face au portrait esquissé de Napoléon Bonaparte. Ainsi, les auteurs concluraient sur l’aboutissement d’une recherche de l’artiste, où l’incarnation sacrée et politique de la Révolution serait le futur empereur. En définitive la question est de savoir si Napoléon est Fils ou Père de la Révolution française ? À travers une lecture théologique de la révolution, cette impossibilité à représenter une Etre supérieur et fondateur peut renvoyer aux réflexions catholiques autour de la représentation de Dieu. Le fils étant à l’image du Père, représenter l’un suffit à représenter l’autre. La première lecture serait donc celle d’un Napoléon, fils de la Révolution, entité sacrée représentable qui incarnerait par là même la Révolution. Mais si on se penche sur les analyses de Lynn Hunt, Napoléon va incarner ce Père tué depuis janvier 1793. « En termes freudiens, les révolutionnaires étaient bloqués à cette phase dans laquelle personne ne pouvait ni ne devait atteindre la puissance absolue du Père » . Ainsi, on aurait ici davantage une dimension de Père retrouvé, à travers un processus de production de sacralité insolite : l’image peinte par David. La question reste donc ouverte, comme nous le proposent Yslaire et Jean-Claude Carrière, Napoléon, Être Suprême incarné, fils ou père de la Révolution ou flacon d’Ether ?

15/05/2010 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Même si je lui reconnais certaines qualités (graphiques, principalement), je n’ai que peu apprécié ma lecture de ce Ciel au-dessus du Louvre. En cause : principalement, une structure décousue et l’absence de personnages attachants. L’album se scinde en de multiples chapitres mais n’offre pas de véritable fil conducteur. L’intrigue ne progresse pas (je me demande d’ailleurs s’il y a une véritable intrigue), le récit est confus et la fin de l’album est à l’image de son ensemble : sans émotion. Restent quelques réflexions sur l’art et la création, une évocation historique bancale de la période révolutionnaire (il m'est difficile de faire la part du vrai et du faux) et le trait d’Yslaire. Ce trait, élégant, froid et brut, et sa colorisation d’une grande finesse, est très attirant, mais ne suffit pas à satisfaire le lecteur que je suis. Une grosse déception, et un achat que je regrette franchement !

22/02/2010 (modifier)
Par cac
Note: 4/5

Première chose, je dois dire que j'ai beaucoup aimé le dessin d'Yslaire, et ses couleurs sont superbes, ça tombe bien pour une bande dessinée qui parle du milieu artistique, de la recherche du modèle parfait pour composer un tableau et qui se passe pour cela dans les couloirs du Louvre. A l'instar des précédents ouvrages commandés par le musée comme Période Glaciaire, on a le droit à une galerie de tableaux mais sans que ça fasse catalogue, c'est bien intégré dans l'histoire. L'essentiel de celle-ci ne contient pas de célèbres tableaux mais met en scène de célèbres personnages comme Robespierre, David et d'autres alors que la révolution vient d'éclater pour mettre en place la République. Il faut un symbole fort pour la fête de l'être suprême, Robespierre, l'instigateur de cette nouvelle fête de la République, confie à David la tâche de réaliser une toile porteuse de sens qui sera emblématique d'un être de pureté. De mon point de vue cet album est une réussite à la fois graphique mais aussi scénaristique car le contexte historique est bien exploité et l'album fait passer un message sur l'art et la création laborieuse qu'est celle de Jacques-Louis David. Le format carré de l'album un peu plus grand que la moyenne permet de mettre en valeur les planches. Bref à lire.

31/01/2010 (modifier)
Par GiZeus
Note: 3/5

Il faut avouer que ce one-shot est doublement tentant. D'une part les critiques sont relativement bonnes sur le site, d'autre part la couverture et le dessin donnent envie de se plonger au cœur de la Révolution Française. Malheureusement, cet album n'est pas à la hauteur de mes espérances. Ce qui m'a le plus gêné dans Le Ciel au-dessus du Louvre c'est avant tout la segmentation de l'histoire. L'album est divisé en 20 chapitres d'environ 3 pages chacun, débutant toujours avec un dessin remplissant la page. Difficile dans ces conditions d'établir un scénario très prenant. Là c'est mou, c'est poussif. En plus la "petite histoire" est loin d'être très passionnante et Yslaire n'arrive pas à donner d'épaisseur à ses personnages. Du coup, on se retrouve avec une histoire peu intéressante et des personnages inintéressants. De plus, Yslaire nous balance pèle mêle les différents groupes politiques de l'époque sans même les détailler un minimum. J'ai comme tout le monde suivi les cours d'histoire au collège et lycée, mais malgré l'engouement dont j'ai pu faire preuve à ce sujet durant cette période pas si lointaine, je dois reconnaître avoir eu beaucoup de mal à situer les différentes factions. Donc gros reproche également sur les pré-requis nécessaires, ce qui peut le confiner à une élite qui trouvera certainement son compte. Pour ma part, je regrette la décision d'Yslaire concernant le traitement de cet album qui aurait pu être plus intéressant, à la manière d'un Murena. Mais le ton de cet ouvrage tend plus vers l'exposé historique que vers une histoire instructive, notamment à cause de la faible accessibilité de l'ouvrage. Dommage car il y avait matière à mieux. Un 2,5 arrondi au supérieur en raison du traitement graphique.

08/12/2009 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5
L'avatar du posteur Spooky

J'ai toujours du mal avec les Bd d'Yslaire, qui ont toujours un cachet de prétention, de "je suis au-dessus de vous tous, pauvres mortels". Qu'il soit fasciné par les anges, ok, mais de là à en mettre partout, ce n'est plus de l'angélisme, c'est de la monomanie. Ce nouvel album ne fait pas exception à la règle. Le cadre, celui de la Révolution française, est intéressant -et un peu délaissé ces dernières années, ouf, et le fait d'y adjoindre le nom de JC Carrière n'est pas forcément une mauvaise idée. D'ailleurs le but était d'accoler une intrigue "artistique" à un fond historique. Histoire de montrer que les deux, Histoire et Art, sont intimement mêlées, voire indissociables tant elles s'influencent en permanence. Et la présence de figures importantes de cette période est aussi une bonne idée, même si au final on se rend compte que ce sont des hommes comme les autres, avec leurs failles... Seul hic, la vacuité de l'ensemble. Pas de profondeur réelle dans le propos, pas de révélation particulière. J'ai presque appris plus de choses en lisant la note d'intention/interview des deux auteurs, hélas non accessibles au public, sauf peut-être sur le site internet de l'éditeur. Reste le dessin... incontestablement, Yslaire est au sommet de son art, dans ce style si particulier qui est le sien. Après, on apprécie ou pas. Moi je suis relativement hermétique à ce style. J'ai vraiment eu l'impression d'être devant une succession de tableaux, plus que devant une réelle histoire dessinée... Trop élitiste, peut-être...

05/12/2009 (modifier)
Par iannick
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur iannick

Cette bd ? Je l’ai lit-té-ra-le-ment dévorée ! A ce jour, « Le Ciel au-dessus du Louvre » est incontestablement mon album préféré de la collection « Musée du Louvre » de chez Futuropolis ! « Le Ciel au-dessus du Louvre » est une bd à part par rapport aux autres albums de cette collection car c’est la première fois qu’un auteur nous propose une histoire où le musée du Louvre ne sert que de décors. En effet, dans cette bd, l’accent est mis sur l’avènement d’un tableau réalisé par David à partir d’une commande de Robespierre. Ça se passe sous la première république, Le Louvre, ancienne demeure des rois de France, est devenu désormais un musée populaire où le peuple pourra admirer les œuvres « révolutionnaires ». Le Louvre est aussi un endroit où les peintres et autres artistes « révolutionnaires » peuvent se côtoyer et y créer sur place leurs réalisations. Bref, le lecteur suivra donc les péripéties de David pour a pour mission de dessiner « l’Être Suprême », cette représentation devra être le symbole de la pureté et de l’idéal républicain. Je ne sais pas si les autres lecteurs ont eu la même (mauvaise) sensation que moi : celle de voir qu’au XVIIIème siècle, l’idée de la race supérieure existait déjà (et même au-deçà puisque les spartes de l’Antiquité grecque se vantaient d’être un peuple supérieur) … Cette lecture m’a passionné de bout en bout malgré le fait que la révolution française ne m’a jamais intéressé jusqu’à maintenant ! Le bédéphile suivra les coups tordus des principaux acteurs de la vie politique de cette époque (je pense notamment à Robespierre et Danton). Sur ce dernier point, ce one-shot est très riche en renseignements sur cette période trouble de l’histoire de France, ce qui ne veut pas dire que l’album manque d’humour (noir) à l’image de la fameuse réplique de Danton : « Dommage que Dieu n'ait pas une tête ! On sait bien ce qu'on en ferait ! » Dans « Le Ciel au-dessus du Louvre », j’ai apprécié la narration (très) dynamique de Jean-Claude Carrière. J’y ai adoré le trait d’Yslaire et sa grande variété de styles (il passe allégrement d’un dessin abouti au crayonné). Vraiment, j’adore le traitement graphique du « Ciel au-dessus du Louvre » ! J’ai vraiment été emballé par cet album que je considère comme le meilleur de la collection « Musée du Louvre » à ce jour. J’ai tout aimé dans cette bd : le graphisme d’Yslaire, sa situation historique, son originalité, sa narration dynamique… Bref, « Le Ciel au-dessus du Louvre » est mon gros coup de cœur du moment !

30/11/2009 (modifier)

Yslaire nous propose avant tout des voyages graphiques, ce sera encore le cas cette fois ci dans une histoire touchant une fois encore la période révolutionnaire. Le scénario ne m’a pas permis de rentrer dans un univers. En réalité je vois plus dans cette production un manifeste bourré de questions sur l’Art prenant le format d’une bande dessinée. Le scénario me parait confus, mélange d’historique et de fantastique, il ne me convainc pas. Le héros, jeune androgyne mystérieux, fait plus figure d’allégorie et ses aventures paraissent artificielles tant sa présence et son message me paraîtraient plausibles de la part d’un inspirateur virtuel, sorte d’idéal, au sein de chaque autre personnage. Bref, à mon sens ce personnage n’est pas à prendre comme un être partageant une existence terrestre mais plutôt comme la représentation des idéaux des révolutionnaires qui l’entourent. Comme il le dit lui-même, sa mère semble être la révolution, il est cet idéal républicain d’égalité, de fraternité, mais il est aussi cet archange annonciateur de mort, cette désillusion par sa décapitation qui tue tous les idéaux originels de la révolution… Témoin également la demande, pas innocente, du peintre à son modèle de faire disparaître un de ses bras : n’est-ce pas là l’impossibilité pour un idéal de s’arranger de réalité ? N’est ce pas le refus de voir la réalité en préférant une belle image de notre imaginaire ? Voilà le cœur du récit : la révolution n’a elle pas trahi le message originel de son initiation ? Hors cette personnification d’un idéal, le lecteur ne trouve pas grand-chose, l’histoire insipide se nourrit des têtes coupées sans suspens, sans raison, sans surprise. Les compliquées pseudo pensées du peintre ne font que troubler le lecteur sans apporter d’intérêt, et la chute parait tellement facile… Reste le dessin. De ce côté l’album trouble le lecteur : à côté de crayonnés brouillons naissent les chefs d’œuvre picturaux du Louvre. Les classiques peuvent bien aller aux oubliettes au profit des peintres de la révolution, que de beauté dans les reproductions des œuvres majeures étalées sur des planches comme des prostituées dans des vitrines Hollandaises. Pour résumer toutes les planches sont à l’état de crayonné avancé sauf les morceaux sur lesquels apparaissent une œuvre majeure. Encore ici, me semble-t-il, les auteurs nous parlent de l’art par le biais d’une histoire, le crayonné brouillon me parait significatif dans le récit par le côté incomplet, inabouti en regard des chefs d’œuvres également présentés. En cela l’art pictural de la BD parait bien terne en regard d’une œuvre d’art, voici, tel que je comprends, le message envoyé par les auteurs. En tous cas c’est la seule idée qui me vient justifiant un tel travail. Au final une grosse déception vient couronner la lecture, les planches parfois magnifiques forment en général un ensemble inabouti que l’habileté ponctuelle de somptueuses illustrations ne vient pas corriger. Certes il peut rester un message derrière le vide du scénario, mais il faut aller chercher bien loin pour trouver quelque chose qui pourrait avoir un sens. (ou alors je n’ai rien compris, ce qui est possible aussi !)

26/11/2009 (modifier)