Qu'on soit ou pas un lecteur du blog de Fabrice tarrin, ce "Journal intime d'un lémurien" est un petit moment de bonheur.
Plus que les histoires qui sont racontées dans ce recueil, ce sont les dialogues et les mises en situations qui font tout le charme de cet album. En effet, Fabrice Tarrin dans cet auto-biographie nous parle finalement moins de sa vie que du caractère extrême de certaines de ses connaissances. Fred Neidhart, autre auteur de bd et ami de Fabrice, est ainsi très présent dans ce livre ; mais aussi Cyril, ami de longue date de l'auteur atteint de schizophrénie, autour duquel le livre tourne en partie. Fabrice y croise aussi ses lecteurs, et toute une pléïade de personnages délirants mais tellement réalistes, malgré leur représentation animalière.
Les dialogues sont souvent farfelus à l'extrême, au point qu'on se demande parfois si tout est vraiment vrai, mais Fabrice insiste tellement sur le fait que ce qui est raconté ici est 100% véridique qu'on ne peut pas se permettre de douter plus longtemps...
Personnellement, je me suis régalé à la lecture de ces pages, d'abord sur le blog puis dans l'album. Certains reprochent qu'il y a peu d'inédits par rapport à la prépublication sur internet... Je trouve moi qu'il est bien plus agréable de tenir un livre entre les mains. Et de toutes façons les quelques petits inédits valent à eux seuls de se procurer ce très bon livre.
Bone est une série que je voulais lire depuis longtemps. Je me suis alors mis à les acheter dans le format delcourt couleur et je pense que c'est une vrai réussite !
Tout d'abord, je vais parler des graphismes. Les cousins Bone sont très attachants, malgré le peu de détails, le dessinateur arrive à leur donner des expressions très nettes, que ce soit au niveau du visage ou au niveau des gestes et attitudes. C'est vraiment un coup de maître car ce n'est pas évident de faire bouger ses personnages et à chaque vignette on voit le mouvement voulu ou l'expression souhaitée rien qu'en regardant les sourcils ou la forme des yeux. De ce fait, on se prend très vite d'affection pour les cousins Bone. Fone Bone est le médiateur du groupe et le véritable héros et fait drôlement penser à Frodon du Seigneur des Anneaux. Smiley Bone est un peu l'idiot du village mais il reste très attachant par ses mimiques et son dévouement pour ses cousins. Quant à Phoney Bone, il a vraiment des allures de Picsou avec son côté radin, égoïste et vénal.
J'en arrive à un autre coup de maître de la part de l'auteur, c'est le mélange qu'il réussit à faire. On se retrouve dans un melting pot de Disney avec les cousins qui font penser à Mickey, Dingo et Picsou, du Seigneur des Anneaux avec son lot de créatures imaginaires, de magie et de quête fantastique et des Monty Pythons avec le côté burlesque et hilarant de la BD. On pourrait croire que ce mélange est impossible à faire sans avoir du n'importe quoi, mais le tout est très structuré et vraiment impeccablement réalisé.
Ce qui est intéressant aussi, ce sont les dialogues et les retournements de situation qui sont inattendus et vraiment bien foutus. Chaque case est centrée sur un dialogue ou une opposition entre deux personnages et rares sont les vignettes où l'on voit plus de deux personnages. Mais c'est vraiment poilant et on ne ressent pas le besoin d'avoir des décors sublimes ou encore des dessins qui en mettent plein la vue. Ici, juste les expressions faciales et les dialogues se suffisent à eux même et on se régale de lire et de voir les têtes des personnages.
Enfin, je dirai que Bone démarre tranquillement avec une présentation des personnages de façon très poétique, attachante dans un monde idyllique et foisonnant de bestioles pour se diriger petit à petit vers une épopée dantesque où nos héros deviennent des héros malgré eux.
En bref, une série vraiment géniale que je conseille fortement !
Une des premières série de BD que j'ai eu l'occasion de lire...
Les + :
-Humour très présent et efficace
-Des personnages atypiques
-Un style de dessin sympa
Seul point négatif, la quasi impossibilité de se procurer les BDs...
Tiens, Christophe Blain change encore de registre puisqu’après le western (« Gus ») et l’aventure maritime (« Isaac le pirate »), il nous présente une bd sur la politique en association avec Abel Lanzac au scénario ! Alors, ça donne quoi comme série ! Ma foi, c’est pas mal du tout !
Dans « Quai d’Orsay », le lecteur est invité à suivre Arthur Vlaminck. Ce jeune homme est embauché au quai d’Orsay pour servir de scribe ou plus précisément dans le langage populaire de « nègre » au ministre des affaires étrangères Alexandre Taillard de Worms. En gros, Arthur Vlaminck doit lui écrire tous ses textes oraux que le ministre devra prononcer devant les autres personnalités étrangères ! Je vous laisse imaginer un peu la galère de ce nouvel employé qui doit user de diplomatie pour rédiger un discours qui plait aussi bien à Alexandre Taillard de Worms, aux membres de l’Etat et des autres pays !
Après quelques pages, il est facile de deviner que le personnage d’Alexandre Taillard de Worms est pratiquement le sosie de Dominique de Villepin. J’ai vraiment adoré les dialogues de cette bd : il faut dire aussi que le scénariste, Abel Lanzac, fut conseiller dans un ministère et que par conséquent, il connaît bien ce milieu ! Ainsi, l’album est truffé de discours à consonance tellement philosophique (voire pratiquement dénuée de sens) de la part du ministre que je me suis demandé s’il ne se foutait pas carrément de la gueule du jeune Arthur Vlaminck ! A la longue, ce dernier qui arrive dans le ministère avec la fougue si caractéristique de la jeunesse et cette envie de bien faire va peu à peu se blaser et être déboussolé par les changements d’humeur de son supérieur !
Le résultat donne des scènes irrésistiblement cocasses, je me suis par moments plié en deux de rires devant tant de conneries dans le comportement des gens de ce milieu et les discours farfelus d’Alexandre Taillard de Worms !
L’album est décomposé en plusieurs chapitres à la pagination inégale, ma préférée est celle où le ministre fait référence à un livre philosophique pour demander à Arthur Vlaminck de rédiger un texte oral : un vrai régal d’ironie et de drôlerie !
Que dire du graphisme de Christophe Blain ? Par rapport à « Gus », il n’y a pas photo ! Je le préfère comme ça avec un trait fin et des décors qui me semblent plus fouillés ! Et puis, ce qui fait la grande force de ce dessinateur, c’est l’excellence de sa narration : impossible de décrocher du récit avant le dénouement ! Pas d’incompréhension de lecture : une vraie merveille narrative (cet auteur rivalise avec Hergé !) ! J’y ai apprécié les expressions que Christophe Blain donne à ses personnages sans que ça tombe dans les travers du dessin humoristique (ici sont bannies les expressions et les attitudes très exagérées) et le fait qu’ils soient facilement identifiables au premier coup d’œil.
Vraiment, je vous recommande chaudement la lecture de « Quai d’Orsay » : vous y passerez certainement un bon moment en compagnie du jeune Arthur Vlaminck et de son supérieur ! J’ai apprécié hautement les dialogues d’un autre monde des politiciens qui peuplent cette bd et la narration –à mon avis- quasi parfaite de Christophe Blain.
Bref, laissez tomber un peu les séries d’action, d’aventure, historiques, etc… qui envahissent les étals des libraires et laissez-vous tenter par « Quai d’Orsay », une série drôle et originale qui se passe dans le monde politique : vous risquez d’en garder un bon souvenir de lecture !
Cette BD est superbe.
Alors certes il y a des passages survolés, on aurait voulu qu'ils soient approfondis, c'est un peu trop court en fait. Mais franchement ça vaut vraiment le coup. Superman est un personnage, le gentil quasi-invincible qui va tous nous sauver, personnellement je n'accroche pas trop.
Pourtant là, justement, c'est très bien exploité puisque sa gentillesses, ses bonnes intentions, sa volonté de bien faire vont le conduire à prendre la tête de l'URSS après la mort de Staline, et à créer un systéme totalitaire certes pacifique mais encore pire que celui mis en place par son prédécesseur. Superman dictateur, un véritable Big Brother, c'est grandiose.
Pour autant on ne tombe pas dans le manichéisme. Les États-Unis ne sont pas épargnés non plus. Leur acharnement à supprimer Superman, manquant de mener le monde à sa perte, et les mène aussi au bord de la catastrophe.
La BD propose aussi une autre interprétation des origines de Superman, vraiment originale mais je vous laisse lire.
Voila longtemps que je n'avais pas lu un "Pacush blues", puis le petit dernier m'a permis de m'y replonger.
Malgré l'intérêt limité de Premières mesures, qui présente juste quelques petites histoires, malgré le mal de Jefferson qui est presque indigeste et profondément dépressif, et malgré les écueils du Mythe de Frankestein qui nous fait rentrer dans une période de travail baclé ... et ou le dessin n'est plus là ...
Malgré tout cela j'adore cette série, et plus spécifiquement la période de maturité où l'on trouve une très belle patte, de l'humour noir, mais surtout une sensibilité particulière et des reflexions sur des grands thèmes de société.
Et là ... ca fonctionne à mort !
Dans le Mal de mer on nous parle survie mais surtout de la place de l'individu au sein de la société et au regard des intérêts du groupe.
Destin farçeur aborde la prise de pouvoir, le racisme.
La logique du pire épluche les mécanisme de la créativité, et du droit d'auteur.
Et à chaque fois, P'tit luc nous emmène vers l'absurde, pousse les logiques à l'extrême et s'en sort grâce à l'humour. Il frappe souvent juste, sans jamais se noyer dans les concepts.
Il a construit quelques très belles BDs donc, avec de vrais sujets de fond.
Venant de finir le p'tit dernier : Correspondance avec les corps obscurs, j'y vois un retour aux sources.
On sent une application plus forte, comme aux origines et en même temps on revient à un sujet plus noir ; puisque cet album parle de la mort ...
Du coup j'ai eu l'impression de revoir Le mal de Jefferson, où là aussi il n'y a plus d'humour.
On y trouvera juste du noir... du blues...
Il faut entrer dans le dessin assez kafkaïen de Marc-Antoine Mathieu, au noir et blanc assez austère. Personnellement, j'aime et je le trouve très adapté au récit, en plus de ses grandes qualités de construction et de cadrage.
Le scénario est une petite pepite philosophique, qui pose les grandes questions sans se prendre au sérieux et sans lasser.
C'est vrai, ça. Si Dieu se pointait, qu'est-ce que nous lui dirions ? Ne risquerait-il pas d'essuyer quelques reproches ? Mais n'aurait-il pas, lui aussi, des arguments pour sa défense ?
Décidément, après Julius Corentin Acquefacques et Le Dessin, Marc-Antoine Mathieu s'affirme comme un scénariste aussi talentueux que singulier.
"Pigeons Verts" est une excellente surprise.
J'ai attaqué la lecture sans savoir de quoi il en retournait.
Il s'agit en fait d'une BD à univers comme Horologiom par exemple, style que j'affectionne particulièrement lorsque l'exercice est réussi. C'est le cas ici, l'histoire est déroutante mais prenante. Les personnages sont décalés et l'humour est omniprésent.
Pourtant il y a des thématiques plus sérieuses qui laissent à réfléchir.
Je me suis laissé emporter par le récit qui sort des sentiers battus.
Cerise sur le gâteau, le dessin est vraiment plaisant, le trait est fin, les cases sont détaillées, l'environnement est structuré et cohérent et les couleurs sont très belles.
Même la chute est réussie, il doit d'ailleurs s'agir d'un one shot. Faire une suite gâcherait le travail fourni.
J'ai hâte de retrouver ces auteurs sur d'autres productions en espérant qu'ils seront sur la même dynamique.
Voilà une bande dessinée directement destinée aux libraires, collectionneurs et fans de BD de tous poils. Tout simplement car ce sont eux qui en sont le sujet et les héros.
Le format est étonnant : tout en hauteur, deux fois moins large qu'un album ordinaire. Cela s'explique par la structure en strips verticaux de chaque gag. Ces strips accompagnaient en effet à l'origine chaque semaine les sommaires du journal Spirou. Malgré sa taille faussement petite, cet album de 94 pages se lit longuement car les gags sont relativement denses.
Tandis que Sergio Salma assure le scénario, on reconnait immédiatement le dessin de Libon. J'aime beaucoup son style qui est en mesure de me faire rire par la simple bouille de ses personnages. Il est d'une redoutable efficacité pour des gags courts comme ici.
On sent que les auteurs se sont fait plaisir, mettant en scène le monde des BDphiles dont ils font eux-mêmes visiblement complètement partie. Surproduction, nostalgie des lectures d'enfance, collectionnite aigüe, marketing éditorial, clients agaçants, conflits de goûts et autres fans de BD érudits et pointilleux, on y retrouve tout le microcosme des amateurs de BD, mainstream comme indé, mangas comme... ah tiens non, ils ne parlent pas tellement de comics en fait...
Même si tous les gags ne sont pas aussi hilarants les uns que les autres, j'ai été explosé de rire sur une grande majorité d'entre eux. Je m'y suis tout à fait reconnu. J'y ai retrouvé l'univers de la BD de ces 10 dernières années, avec ses particularités, ses défauts, ses anecdotes. Les récits sont variés, les chutes bien amenées et souvent excellentes.
Je me demande si par hasard il ne faudrait être un grand amateur de BD pour apprécier à leur juste saveur tous ces gags. Mais ça tombe bien, j'en suis un et j'ai pris un grand plaisir à lire cette bande dessinée.
Je n'avais pas lu quelque chose d'aussi "puissant" depuis bien longtemps... Enfin une vraie histoire prenante sans raccourcie ! :)
Quelques scènes bien senties, des personnages au caractère bien trempé et un encrage dans un Paris soixante-huitard plus que réaliste: tout semble réunie pour nous faire passer un moment d'anthologie.
Ce n'est pas tant le dessin qui m'a conquis mais le scénario de Giroud digne des plus grands secrets de famille. Tout se tient dans un numéro d'équilibriste parfait. C'est du grand art ! Cette histoire brille par son intelligence ! Même le titre trouvera sa justification dans le second tome de ce diptyque palpitant.
Que dire également du découpage quasi-cinématographique ? Cela ferait sans doute un très bon film.C'est véritablement une lecture jubilatoire garantie avec un final riche et émouvant ! :)
Note Dessin: 3.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4/5
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Journal intime d'un lémurien
Qu'on soit ou pas un lecteur du blog de Fabrice tarrin, ce "Journal intime d'un lémurien" est un petit moment de bonheur. Plus que les histoires qui sont racontées dans ce recueil, ce sont les dialogues et les mises en situations qui font tout le charme de cet album. En effet, Fabrice Tarrin dans cet auto-biographie nous parle finalement moins de sa vie que du caractère extrême de certaines de ses connaissances. Fred Neidhart, autre auteur de bd et ami de Fabrice, est ainsi très présent dans ce livre ; mais aussi Cyril, ami de longue date de l'auteur atteint de schizophrénie, autour duquel le livre tourne en partie. Fabrice y croise aussi ses lecteurs, et toute une pléïade de personnages délirants mais tellement réalistes, malgré leur représentation animalière. Les dialogues sont souvent farfelus à l'extrême, au point qu'on se demande parfois si tout est vraiment vrai, mais Fabrice insiste tellement sur le fait que ce qui est raconté ici est 100% véridique qu'on ne peut pas se permettre de douter plus longtemps... Personnellement, je me suis régalé à la lecture de ces pages, d'abord sur le blog puis dans l'album. Certains reprochent qu'il y a peu d'inédits par rapport à la prépublication sur internet... Je trouve moi qu'il est bien plus agréable de tenir un livre entre les mains. Et de toutes façons les quelques petits inédits valent à eux seuls de se procurer ce très bon livre.
Bone
Bone est une série que je voulais lire depuis longtemps. Je me suis alors mis à les acheter dans le format delcourt couleur et je pense que c'est une vrai réussite ! Tout d'abord, je vais parler des graphismes. Les cousins Bone sont très attachants, malgré le peu de détails, le dessinateur arrive à leur donner des expressions très nettes, que ce soit au niveau du visage ou au niveau des gestes et attitudes. C'est vraiment un coup de maître car ce n'est pas évident de faire bouger ses personnages et à chaque vignette on voit le mouvement voulu ou l'expression souhaitée rien qu'en regardant les sourcils ou la forme des yeux. De ce fait, on se prend très vite d'affection pour les cousins Bone. Fone Bone est le médiateur du groupe et le véritable héros et fait drôlement penser à Frodon du Seigneur des Anneaux. Smiley Bone est un peu l'idiot du village mais il reste très attachant par ses mimiques et son dévouement pour ses cousins. Quant à Phoney Bone, il a vraiment des allures de Picsou avec son côté radin, égoïste et vénal. J'en arrive à un autre coup de maître de la part de l'auteur, c'est le mélange qu'il réussit à faire. On se retrouve dans un melting pot de Disney avec les cousins qui font penser à Mickey, Dingo et Picsou, du Seigneur des Anneaux avec son lot de créatures imaginaires, de magie et de quête fantastique et des Monty Pythons avec le côté burlesque et hilarant de la BD. On pourrait croire que ce mélange est impossible à faire sans avoir du n'importe quoi, mais le tout est très structuré et vraiment impeccablement réalisé. Ce qui est intéressant aussi, ce sont les dialogues et les retournements de situation qui sont inattendus et vraiment bien foutus. Chaque case est centrée sur un dialogue ou une opposition entre deux personnages et rares sont les vignettes où l'on voit plus de deux personnages. Mais c'est vraiment poilant et on ne ressent pas le besoin d'avoir des décors sublimes ou encore des dessins qui en mettent plein la vue. Ici, juste les expressions faciales et les dialogues se suffisent à eux même et on se régale de lire et de voir les têtes des personnages. Enfin, je dirai que Bone démarre tranquillement avec une présentation des personnages de façon très poétique, attachante dans un monde idyllique et foisonnant de bestioles pour se diriger petit à petit vers une épopée dantesque où nos héros deviennent des héros malgré eux. En bref, une série vraiment géniale que je conseille fortement !
Rona
Une des premières série de BD que j'ai eu l'occasion de lire... Les + : -Humour très présent et efficace -Des personnages atypiques -Un style de dessin sympa Seul point négatif, la quasi impossibilité de se procurer les BDs...
Quai d'Orsay
Tiens, Christophe Blain change encore de registre puisqu’après le western (« Gus ») et l’aventure maritime (« Isaac le pirate »), il nous présente une bd sur la politique en association avec Abel Lanzac au scénario ! Alors, ça donne quoi comme série ! Ma foi, c’est pas mal du tout ! Dans « Quai d’Orsay », le lecteur est invité à suivre Arthur Vlaminck. Ce jeune homme est embauché au quai d’Orsay pour servir de scribe ou plus précisément dans le langage populaire de « nègre » au ministre des affaires étrangères Alexandre Taillard de Worms. En gros, Arthur Vlaminck doit lui écrire tous ses textes oraux que le ministre devra prononcer devant les autres personnalités étrangères ! Je vous laisse imaginer un peu la galère de ce nouvel employé qui doit user de diplomatie pour rédiger un discours qui plait aussi bien à Alexandre Taillard de Worms, aux membres de l’Etat et des autres pays ! Après quelques pages, il est facile de deviner que le personnage d’Alexandre Taillard de Worms est pratiquement le sosie de Dominique de Villepin. J’ai vraiment adoré les dialogues de cette bd : il faut dire aussi que le scénariste, Abel Lanzac, fut conseiller dans un ministère et que par conséquent, il connaît bien ce milieu ! Ainsi, l’album est truffé de discours à consonance tellement philosophique (voire pratiquement dénuée de sens) de la part du ministre que je me suis demandé s’il ne se foutait pas carrément de la gueule du jeune Arthur Vlaminck ! A la longue, ce dernier qui arrive dans le ministère avec la fougue si caractéristique de la jeunesse et cette envie de bien faire va peu à peu se blaser et être déboussolé par les changements d’humeur de son supérieur ! Le résultat donne des scènes irrésistiblement cocasses, je me suis par moments plié en deux de rires devant tant de conneries dans le comportement des gens de ce milieu et les discours farfelus d’Alexandre Taillard de Worms ! L’album est décomposé en plusieurs chapitres à la pagination inégale, ma préférée est celle où le ministre fait référence à un livre philosophique pour demander à Arthur Vlaminck de rédiger un texte oral : un vrai régal d’ironie et de drôlerie ! Que dire du graphisme de Christophe Blain ? Par rapport à « Gus », il n’y a pas photo ! Je le préfère comme ça avec un trait fin et des décors qui me semblent plus fouillés ! Et puis, ce qui fait la grande force de ce dessinateur, c’est l’excellence de sa narration : impossible de décrocher du récit avant le dénouement ! Pas d’incompréhension de lecture : une vraie merveille narrative (cet auteur rivalise avec Hergé !) ! J’y ai apprécié les expressions que Christophe Blain donne à ses personnages sans que ça tombe dans les travers du dessin humoristique (ici sont bannies les expressions et les attitudes très exagérées) et le fait qu’ils soient facilement identifiables au premier coup d’œil. Vraiment, je vous recommande chaudement la lecture de « Quai d’Orsay » : vous y passerez certainement un bon moment en compagnie du jeune Arthur Vlaminck et de son supérieur ! J’ai apprécié hautement les dialogues d’un autre monde des politiciens qui peuplent cette bd et la narration –à mon avis- quasi parfaite de Christophe Blain. Bref, laissez tomber un peu les séries d’action, d’aventure, historiques, etc… qui envahissent les étals des libraires et laissez-vous tenter par « Quai d’Orsay », une série drôle et originale qui se passe dans le monde politique : vous risquez d’en garder un bon souvenir de lecture !
Superman - Red Son
Cette BD est superbe. Alors certes il y a des passages survolés, on aurait voulu qu'ils soient approfondis, c'est un peu trop court en fait. Mais franchement ça vaut vraiment le coup. Superman est un personnage, le gentil quasi-invincible qui va tous nous sauver, personnellement je n'accroche pas trop. Pourtant là, justement, c'est très bien exploité puisque sa gentillesses, ses bonnes intentions, sa volonté de bien faire vont le conduire à prendre la tête de l'URSS après la mort de Staline, et à créer un systéme totalitaire certes pacifique mais encore pire que celui mis en place par son prédécesseur. Superman dictateur, un véritable Big Brother, c'est grandiose. Pour autant on ne tombe pas dans le manichéisme. Les États-Unis ne sont pas épargnés non plus. Leur acharnement à supprimer Superman, manquant de mener le monde à sa perte, et les mène aussi au bord de la catastrophe. La BD propose aussi une autre interprétation des origines de Superman, vraiment originale mais je vous laisse lire.
Pacush Blues
Voila longtemps que je n'avais pas lu un "Pacush blues", puis le petit dernier m'a permis de m'y replonger. Malgré l'intérêt limité de Premières mesures, qui présente juste quelques petites histoires, malgré le mal de Jefferson qui est presque indigeste et profondément dépressif, et malgré les écueils du Mythe de Frankestein qui nous fait rentrer dans une période de travail baclé ... et ou le dessin n'est plus là ... Malgré tout cela j'adore cette série, et plus spécifiquement la période de maturité où l'on trouve une très belle patte, de l'humour noir, mais surtout une sensibilité particulière et des reflexions sur des grands thèmes de société. Et là ... ca fonctionne à mort ! Dans le Mal de mer on nous parle survie mais surtout de la place de l'individu au sein de la société et au regard des intérêts du groupe. Destin farçeur aborde la prise de pouvoir, le racisme. La logique du pire épluche les mécanisme de la créativité, et du droit d'auteur. Et à chaque fois, P'tit luc nous emmène vers l'absurde, pousse les logiques à l'extrême et s'en sort grâce à l'humour. Il frappe souvent juste, sans jamais se noyer dans les concepts. Il a construit quelques très belles BDs donc, avec de vrais sujets de fond. Venant de finir le p'tit dernier : Correspondance avec les corps obscurs, j'y vois un retour aux sources. On sent une application plus forte, comme aux origines et en même temps on revient à un sujet plus noir ; puisque cet album parle de la mort ... Du coup j'ai eu l'impression de revoir Le mal de Jefferson, où là aussi il n'y a plus d'humour. On y trouvera juste du noir... du blues...
Dieu en personne
Il faut entrer dans le dessin assez kafkaïen de Marc-Antoine Mathieu, au noir et blanc assez austère. Personnellement, j'aime et je le trouve très adapté au récit, en plus de ses grandes qualités de construction et de cadrage. Le scénario est une petite pepite philosophique, qui pose les grandes questions sans se prendre au sérieux et sans lasser. C'est vrai, ça. Si Dieu se pointait, qu'est-ce que nous lui dirions ? Ne risquerait-il pas d'essuyer quelques reproches ? Mais n'aurait-il pas, lui aussi, des arguments pour sa défense ? Décidément, après Julius Corentin Acquefacques et Le Dessin, Marc-Antoine Mathieu s'affirme comme un scénariste aussi talentueux que singulier.
Pigeons Verts
"Pigeons Verts" est une excellente surprise. J'ai attaqué la lecture sans savoir de quoi il en retournait. Il s'agit en fait d'une BD à univers comme Horologiom par exemple, style que j'affectionne particulièrement lorsque l'exercice est réussi. C'est le cas ici, l'histoire est déroutante mais prenante. Les personnages sont décalés et l'humour est omniprésent. Pourtant il y a des thématiques plus sérieuses qui laissent à réfléchir. Je me suis laissé emporter par le récit qui sort des sentiers battus. Cerise sur le gâteau, le dessin est vraiment plaisant, le trait est fin, les cases sont détaillées, l'environnement est structuré et cohérent et les couleurs sont très belles. Même la chute est réussie, il doit d'ailleurs s'agir d'un one shot. Faire une suite gâcherait le travail fourni. J'ai hâte de retrouver ces auteurs sur d'autres productions en espérant qu'ils seront sur la même dynamique.
Animal lecteur
Voilà une bande dessinée directement destinée aux libraires, collectionneurs et fans de BD de tous poils. Tout simplement car ce sont eux qui en sont le sujet et les héros. Le format est étonnant : tout en hauteur, deux fois moins large qu'un album ordinaire. Cela s'explique par la structure en strips verticaux de chaque gag. Ces strips accompagnaient en effet à l'origine chaque semaine les sommaires du journal Spirou. Malgré sa taille faussement petite, cet album de 94 pages se lit longuement car les gags sont relativement denses. Tandis que Sergio Salma assure le scénario, on reconnait immédiatement le dessin de Libon. J'aime beaucoup son style qui est en mesure de me faire rire par la simple bouille de ses personnages. Il est d'une redoutable efficacité pour des gags courts comme ici. On sent que les auteurs se sont fait plaisir, mettant en scène le monde des BDphiles dont ils font eux-mêmes visiblement complètement partie. Surproduction, nostalgie des lectures d'enfance, collectionnite aigüe, marketing éditorial, clients agaçants, conflits de goûts et autres fans de BD érudits et pointilleux, on y retrouve tout le microcosme des amateurs de BD, mainstream comme indé, mangas comme... ah tiens non, ils ne parlent pas tellement de comics en fait... Même si tous les gags ne sont pas aussi hilarants les uns que les autres, j'ai été explosé de rire sur une grande majorité d'entre eux. Je m'y suis tout à fait reconnu. J'y ai retrouvé l'univers de la BD de ces 10 dernières années, avec ses particularités, ses défauts, ses anecdotes. Les récits sont variés, les chutes bien amenées et souvent excellentes. Je me demande si par hasard il ne faudrait être un grand amateur de BD pour apprécier à leur juste saveur tous ces gags. Mais ça tombe bien, j'en suis un et j'ai pris un grand plaisir à lire cette bande dessinée.
Secrets - L'écharde
Je n'avais pas lu quelque chose d'aussi "puissant" depuis bien longtemps... Enfin une vraie histoire prenante sans raccourcie ! :) Quelques scènes bien senties, des personnages au caractère bien trempé et un encrage dans un Paris soixante-huitard plus que réaliste: tout semble réunie pour nous faire passer un moment d'anthologie. Ce n'est pas tant le dessin qui m'a conquis mais le scénario de Giroud digne des plus grands secrets de famille. Tout se tient dans un numéro d'équilibriste parfait. C'est du grand art ! Cette histoire brille par son intelligence ! Même le titre trouvera sa justification dans le second tome de ce diptyque palpitant. Que dire également du découpage quasi-cinématographique ? Cela ferait sans doute un très bon film.C'est véritablement une lecture jubilatoire garantie avec un final riche et émouvant ! :) Note Dessin: 3.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4/5