Dès que j'ai vu cette BD sur ce site, je me suis dit : "Il faut que je la lise" ! J'ai eu du mal à la trouver, et au moment de l'emprunter, j'ai eu un doute ; est-ce que je ne vais pas être déçu si il a un écart d’ambiance entre cette BD est l'œuvre géniale du virtuose Jimi Hendrix ?
Oui, je suis fan de Jimi Hendrix... Par contre je n'avais jamais lu avant de BD de Bill Sienkiewicz et, quelle claque je me suis pris quand j'ai ouvert ce bouquin. Je pensais que le style utilisé pour la couverture était fait pour la COUVERTURE, pour avoir un emballage joli. Non, tout l'album est comme ça. Les planches sont très esthétiques. Le dessin est à la limite du "psychédélique" (que l'on associe souvent avec Jimi Hendrix) mais les auteurs ne choisissent pas la facilité de dessiner avec les signes psyché que tout le monde connait. Non, on voit que c'est le style de l'auteur. Le dessin est extrêmement beau, c'est un régal pour les yeux, et les couleurs (ces peintures plutôt) sont parfaitement maîtrisées. A l'image d'Hendrix qui est carrément devenu un dieu de la guitare, Sienkiewicz l'est pour le dessin !
Et cette histoire, la vie romancée de Jimi ! Bien mieux qu'une biographie fidèle. On aurait aimé quelques anecdotes, et voir sous un autre angle ou pourquoi mieux connaitre Jimi Hendrix. Les auteurs ont choisi la carte du court et concis, très bien, malgré tous les petits reproches que j'ai en tête, j'ai adoré. Et ces idées de chansons insérées dans l'album : génial. Quand on les connaît la bande son se fait dans la tête, un pur bonheur (et pour ceux qui ne lisent pas l'anglais elles sont traduites à la fin de l'album).
Pour les fans du meilleur guitariste du monde, à écouter avec "Electric Ladyland" (par exemple) en fond sonore : GENIAL !
Les débuts de Dupuy et Berberian et déjà des personnages savoureux....
Un régal à mon sens ! Cette Henriette mal dans sa peau à des années lumières de ses parents imbéciles comme des ses camarades de classe cruels a presque quelque chose d'un personnage de Sattouf, mais en fille et une dizaine d'années plus tôt. Le graphisme si reconnaissable des deux auteurs est à son apogée, moins épuré qu'à présent et plus généreux. Une anti-héroïne comme on en voit rarement plongée dans un univers de bêtise qui respire la fin des années 80, je dis merci !
Excellentissime ! Une série qui trace et retrace nos défauts, nos égoïsmes ... Et qui, en partant de récits anciens, la mythologie grecque, nous ramène au présent voire au futur, nous rappelle la bible avec les 7 péchés capitaux... Bref une toile de fond à l'humanité.
Tezuka ne cessera donc jamais de m'étonner, tout du moins pas avant que je n'ai achevé l'intégrale de ses oeuvres. Barbara est clairement un diptyque fascinant. Moins sombre qu'Ayako mais plus profond sur de nombreux points, ce manga est une réussite incontestable.
Nous avons tout d'abord Barbara, une jeune hippie ramassée par l'écrivain en vogue du moment, Mikura Yosuke. Capricieuse, irrévérencieuse, adepte de Bacchus sans rechigner la littérature, Barbara est décidément une personne à part, à l'opposé de son protecteur Mikura. Ce duo totalement improbable sera à la base d'une histoire touchante et sensible, emplie de folie frénétique et second degré.
Second degré car si l'on peut prendre ce diptyque comme une simple histoire déjantée, on s'aperçoit bien vite que derrière la hippie et l'écrivain se cachent plusieurs facettes. Barbara est tantôt présentée comme une muse puis une sorcière, Mikura souffrira quant à lui d'une folie passagère lorsqu'on fera sa connaissance, souffrant en silence des strictes conventions sociales, pensant un moment avoir trouvé un exutoire à cette différence qui le ronge, capable d'exercer ses penchants sexuels à l'abri des regards puritains.
Et puis que les personnages sont réussis. J'ai souffert avec Mikura de l'absence de Barbara, muse mais également amante de l'écrivain, qui transforme la folie initiale de l'artiste en oeuvre accomplie. Car l'Art est ici un grand sujet de préoccupation pour Tezuka. Il n'hésitera d'ailleurs pas à faire appel à certaines références occidentales pour expliciter son propos.
Et que dire du dessin ? Pur et tortueux, à l'image de la folie qui imprègne les planches de ce manga. La narration m'a semblé encore plus dynamique que les autres travaux de Tezuka, m'empêchant de ralentir la cadence à chaque page tournée.
Finalement, c'est une aventure humaine très touchante mais également empreinte d'une certaine philosophie et de sens.
et VLAN ! voila le dernier album de Blain.
Etant un inconditionnel de l'auteur j'avais énormément d'attente (ce qui n'est jamais très bon, et souvent facteur de grosse déception).
... Et bien malgré cela, j'ai pris une énorme claque à la lecture :o
En fait cette BD est bien plus qu'une réussite. C'est carrément un tour de force.
Je m'en explique :
Au lieu de faire une caricature drôle et superficielle (type l'enquête Corse) et d'emmener l'album droit dans le mur... Les auteurs ont pris un parti pris beaucoup plus risqué et une hauteur de vue ambitieuse.
On ne sombre jamais dans le discours partisan (la gauche... la droite... la politique). Non, on reste systématiquement dans la mécanique de la conviction et dans la personnalité (au demeurant très attachante) du personnage principal.
En fait le personnage d'Alexandre Taillard de Worms (ie Dominique de Villepin) est hyper bien vu, et il n'y avait, à y réfléchir, pas de meilleur support au dessin de Blain.
Car on est systématiquement dans l'oratoire, le panache, les attitudes, la gestuelle, la grandeur. Le personnage a cette dose de folie et de conviction qui permet de le placer au centre, et il fait un parfait chef d'orchestre.
Encore une fois avec Blain, le dessin nous le rend bien, et la narration est à tomber. Et Vlan et paf et Tchac... ca swing à mort ! Et le tempo est effréné !
Au final, on est au coeur d'une machine complexe et lancée à toute vitesse (la diplomatie), et dont le pilote (le ministre) est un personnage hors norme.
On apprend alors qu'en politique étrangère les bonnes réponses n'existent pas ! Qu'il n'y a jamais de véritable solution, qu'on est toujours coincé, et que la seule porte de sortie est de décider plutôt que de subir.
M'étant embarqué pour une caricature, j'étais en fait un peu à côté.
Cette BD reste pour moi un superbe hommage à cette folie qui fait de certains hommes des visionnaires. La question n'est pas de savoir s'ils ont raison ou tort, juste de se rendre compte que quotidiennement d'un geste ou d'un mot, ils écrivent l'histoire.
Et Christophe Blain nous la raconte hyper bien l'histoire !
En l'occurence vivement la suite ; car un tome 2 est prévu !
Une histoire d’amitié.
Une simple histoire d’amitié.
A un tel point qu’au début du récit, j’ai bien cru que j’allais purement et simplement m’emmerder … Moi qui suis friand de ce genre de roman graphique, j’ai failli décrocher. Car, il faut bien l’avouer, le début de ce récit est tout sauf passionnant.
Une vraie, une belle histoire d’amitié.
A un tel point que passé ce cap de l’introduction, je n’ai plus su décrocher. Et autant le départ est quelconque, autant l’intensité émotionnelle grandit au fil du récit. J’ai alors retrouvé des repères qui étaient autant d’échos de ma propre vie, mais j’ai aussi découvert deux êtres, deux sensibilités.
Ce récit est très bon, car il intrigue, divertit, amuse, émeut, et nous remet en question. C’est, dans mon cas, d’autant plus troublant que mon propre parcours présente certains points communs marquants avec celui de ces deux personnages. Je n’ai pas pu m’empêcher de me comparer à eux, de les juger et de me juger. Outre l’empathie que je ressens à la lecture de l’album, c’est, je crois, la raison d’être de ce genre de bande dessinée. Et je me suis enrichi de l’expérience de ces deux auteurs. Je me suis rassuré, aussi, constatant que mes propres réactions étaient finalement proches de celles de ces personnages. Et si je ne peux me considérer comme leur ami, le sentiment d’appartenir à la même tribu humaine qui m’habite à la fin de ma lecture m’apaise.
… Mais qu’est ce que je suis en train de faire ? Voilà t’il pas qu’à mon tour je me laisse aller à la confidence ... Absurde … D’autant plus absurde que je n’ai pas le talent des auteurs pour donner à mon propos un quelconque intérêt. Alors, au lieu de me lire, lisez donc cet album autrement emballant ! C’est du roman graphique pur jus, chiant pour certains, amusant, émouvant et rassurant pour ma pomme.
Ah oui, j’oubliais … le dessin est typique du genre. Simple, au service de l’histoire, il offre une colorisation peu diversifiée. J’aurais presque tendance à dire qu’il s’efface devant les propos, mais c’est faux, il est là, discret mais toujours prêt à soutenir l’histoire … comme un ami.
Après Berserk et Gunnm, je termine un troisième chef d’œuvre du manga. ‘Akira’ est une des nombreuses séries à côté de laquelle je serais passé sans bdthèque.
Il s’agit d’un manga de S.F. admirablement rythmé et incroyablement prenant. D’habitude, les histoires de pouvoirs paranormaux me laissent de marbre, mais, en l’occurrence, c’est passé sans problème. La chute ne m’a pas totalement convaincu, mais, honnêtement, je ne parviens à imaginer une fin plus satisfaisante.
De Kanéda, le gentil voyou, à Tetsuo, l’ennemi qui n’en demeure pas moins attachant, en passant par Akira, la force tranquille, la galerie de personnages développée par l’auteur force le respect. Par ailleurs, les relations entre les personnages se révèlent suffisamment complexes pour être crédibles (relations Kanéda-Tetsuo, Kanéda-Kay, Tetsuo-Kaori, etc.).
Le dessin est également de très bonne facture. Les décors et les différents cataclysmes sont parfaitement rendus. Quel sens du détail ! Le monument du trône d’Akira m’a particulièrement marqué, par exemple. Concernant les personnages, Kay aurait peut-être gagné à être un peu plus féminine, mais ce n’est qu’un détail…
J’ai lu l’édition en quatorze tomes de la série et ses couleurs un peu spéciales ne m’ont pas vraiment dérangé.
Bref, du grand art !
C'est d'abord l'histoire d'une rencontre entre un lecteur et son libraire : avec le temps, la confrontation des avis/critiques conduit à la confiance puis les conseils de lecture deviennent de plus en plus pertinents...
Préambule inutile me direz-vous ? Plus que nécessaire rebondirai-je pour la survie des libraires indépendants et passionnés qui réussissent à susciter la curiosité de leurs clients tout en défendant les quelques œuvres de qualité parmi les sorties médiocres de ce premier semestre (ou celui de l'année dernière) !
Pour en venir à "Sutures", il s'agit d'une autobiographie graphique d'un illustrateur réputé du New Yorker (www.newyorker.com)... Thérapeutique douloureuse et salvatrice, elle est avant tout le témoignage d'une époque et d'un milieu comme pouvait l'être Blankets - Manteau de neige (C.Thompson) ou Amères saisons (E.Schréder) dans d'autres registres...
La base : une famille américaine puritaine type de la "middle class" dans les années 50. Papa médecin-radiologue peu présent pour sa famille, Maman sans conviction met un couvercle sur ses frustrations (Desperate Housewives avant l'heure) et leurs 2 garçons (on oubliera volontiers le personnage sadique de la grand-mère qui donne un ton moins réaliste au paysage).
Le synopsis : David est le dernier né dans une famille qui partage/échange peu. Mutique par résonance, il se réfugie dans le dessin et développe une santé fragile avec des problèmes récurrents de sinus. Son père lui prescrit des séances intensives de rayons X pour le soigner tandis que sa mère s'inquiète du coût des soins... Quelques années plus tard, un kyste apparaît dans le cou de David. Kyste qui se révèle être une tumeur cancéreuse au moment de l'opération (bref, non découvert par le père malgré les avertissements de son entourage). David y perd sa glande thyroïde et une corde vocale (sa voix pendant quelques temps).
Des frustrations (que l'enrichissement matériel n'arrivera pas à éteindre), de la maladie et de la culpabilité autour de cet épisode naitront le mensonge, la révolte, puis l'introspection... Un récit qui sonne juste, illustré de façon originale (mise en page proche des BD de W.Eisner) et récompensé par The National Book Award
Attention Talent !
Je n'ai découvert cet auteur que récemment à la lecture d'Immergés et ce Mallet vient confirmer mon avis : Juncker est un surdoué de la BD.
En fait il en fallait du talent pour raconter cette histoire vraie que personne ne croit d'un Mallet qui s'invente une histoire fausse que tout le monde a cru.
Ici, la démonstration est absolument magistrale tant sur le fond (la mécanique du coup d'état est très intéressante)... que sur la forme : on sent une facilité dans le dessin, mais aussi dans la narration, la mise en page... et même dans l'écrit.
Il suffit d'ouvrir une page au hasard pour se rendre compte de la qualité de l'ensemble, et on peut se taper toute la BD sans jamais perdre cette impression. C'est vraiment étonnant, et plutôt rare.
En fait la BD est épaisse mais le tout passe à une vitesse folle. Il y a une telle verve, un tel engagement qu'on est propulsé dans cette douce folie. Le tempo est soutenu et jamais ça ne s'essouffle, et pourtant Mallet pousse franchement le bouchon. On jubile !
Et si on prend la peine de s'arrêter 2 secondes, d'y regarder de plus près, on s'aperçoit que les mises en pages sont d'un équilibre académique : composition, découpages, proportions, rappels, symétries, négatifs. Certaines sont de véritables tableaux.
Quant au trait, il est d'une justesse folle : mi graphique, mi comique.
Je reconnais qu'il est parfois inégal mais cela m'a permis d'en profiter encore un peu plus. Comme si parfois on nous offrait un making-of, un draft, un story board.
En fait ce n'est jamais gênant, car il est capable de convaincre avec peu.
Coup de coeur, car j'ai pris une leçon de BD.
Si vous avez gardé une âme d’enfant et que vous adorez vous plonger dans des contes merveilleux un peu désuets, issus des rêves de Jules Verne et de Lewis Caroll, et loin de la haute-technologie envahissante de notre époque, JE VOUS RECOMMANDE CHAUDEMENT ce petit moment de douceur et de poésie, servi par le graphisme superbe et douillet de Florence Magnin et l’excellent scénario de Rodolphe.
Ici, aucune violence, aucune agressivité, à un point que ça en deviendrait presque mièvre… et pourtant, on se laisse prendre au jeu, tant l’histoire vous transporte malgré vous dans une dimension rarement explorée dans la BD, où le familier côtoie le bizarre…
Et d’ailleurs, cet « Autre monde » ne serait-il pas le versant idyllique du nôtre, si tant est que les mondes parallèles existent ? Ces plis dans le ciel ne seraient-ils pas ceux provoqués par notre course folle à l’industrie, la technologie et l’argent ? Des plis que nous refusons de voir, aveuglés par notre propre arrogance, obsédés par notre soif du toujours plus vite et du toujours plus haut, mais incapables d’admirer la beauté de notre Terre.
Trop méconnu à mon goût, ce magnifique ouvrage où il fait bon se blottir mérite largement de figurer au panthéon des grands classiques de la BD.
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Jimi Hendrix - La Légende du Voodoo Child
Dès que j'ai vu cette BD sur ce site, je me suis dit : "Il faut que je la lise" ! J'ai eu du mal à la trouver, et au moment de l'emprunter, j'ai eu un doute ; est-ce que je ne vais pas être déçu si il a un écart d’ambiance entre cette BD est l'œuvre géniale du virtuose Jimi Hendrix ? Oui, je suis fan de Jimi Hendrix... Par contre je n'avais jamais lu avant de BD de Bill Sienkiewicz et, quelle claque je me suis pris quand j'ai ouvert ce bouquin. Je pensais que le style utilisé pour la couverture était fait pour la COUVERTURE, pour avoir un emballage joli. Non, tout l'album est comme ça. Les planches sont très esthétiques. Le dessin est à la limite du "psychédélique" (que l'on associe souvent avec Jimi Hendrix) mais les auteurs ne choisissent pas la facilité de dessiner avec les signes psyché que tout le monde connait. Non, on voit que c'est le style de l'auteur. Le dessin est extrêmement beau, c'est un régal pour les yeux, et les couleurs (ces peintures plutôt) sont parfaitement maîtrisées. A l'image d'Hendrix qui est carrément devenu un dieu de la guitare, Sienkiewicz l'est pour le dessin ! Et cette histoire, la vie romancée de Jimi ! Bien mieux qu'une biographie fidèle. On aurait aimé quelques anecdotes, et voir sous un autre angle ou pourquoi mieux connaitre Jimi Hendrix. Les auteurs ont choisi la carte du court et concis, très bien, malgré tous les petits reproches que j'ai en tête, j'ai adoré. Et ces idées de chansons insérées dans l'album : génial. Quand on les connaît la bande son se fait dans la tête, un pur bonheur (et pour ceux qui ne lisent pas l'anglais elles sont traduites à la fin de l'album). Pour les fans du meilleur guitariste du monde, à écouter avec "Electric Ladyland" (par exemple) en fond sonore : GENIAL !
Le journal d'Henriette
Les débuts de Dupuy et Berberian et déjà des personnages savoureux.... Un régal à mon sens ! Cette Henriette mal dans sa peau à des années lumières de ses parents imbéciles comme des ses camarades de classe cruels a presque quelque chose d'un personnage de Sattouf, mais en fille et une dizaine d'années plus tôt. Le graphisme si reconnaissable des deux auteurs est à son apogée, moins épuré qu'à présent et plus généreux. Une anti-héroïne comme on en voit rarement plongée dans un univers de bêtise qui respire la fin des années 80, je dis merci !
Pandora Box
Excellentissime ! Une série qui trace et retrace nos défauts, nos égoïsmes ... Et qui, en partant de récits anciens, la mythologie grecque, nous ramène au présent voire au futur, nous rappelle la bible avec les 7 péchés capitaux... Bref une toile de fond à l'humanité.
Barbara
Tezuka ne cessera donc jamais de m'étonner, tout du moins pas avant que je n'ai achevé l'intégrale de ses oeuvres. Barbara est clairement un diptyque fascinant. Moins sombre qu'Ayako mais plus profond sur de nombreux points, ce manga est une réussite incontestable. Nous avons tout d'abord Barbara, une jeune hippie ramassée par l'écrivain en vogue du moment, Mikura Yosuke. Capricieuse, irrévérencieuse, adepte de Bacchus sans rechigner la littérature, Barbara est décidément une personne à part, à l'opposé de son protecteur Mikura. Ce duo totalement improbable sera à la base d'une histoire touchante et sensible, emplie de folie frénétique et second degré. Second degré car si l'on peut prendre ce diptyque comme une simple histoire déjantée, on s'aperçoit bien vite que derrière la hippie et l'écrivain se cachent plusieurs facettes. Barbara est tantôt présentée comme une muse puis une sorcière, Mikura souffrira quant à lui d'une folie passagère lorsqu'on fera sa connaissance, souffrant en silence des strictes conventions sociales, pensant un moment avoir trouvé un exutoire à cette différence qui le ronge, capable d'exercer ses penchants sexuels à l'abri des regards puritains. Et puis que les personnages sont réussis. J'ai souffert avec Mikura de l'absence de Barbara, muse mais également amante de l'écrivain, qui transforme la folie initiale de l'artiste en oeuvre accomplie. Car l'Art est ici un grand sujet de préoccupation pour Tezuka. Il n'hésitera d'ailleurs pas à faire appel à certaines références occidentales pour expliciter son propos. Et que dire du dessin ? Pur et tortueux, à l'image de la folie qui imprègne les planches de ce manga. La narration m'a semblé encore plus dynamique que les autres travaux de Tezuka, m'empêchant de ralentir la cadence à chaque page tournée. Finalement, c'est une aventure humaine très touchante mais également empreinte d'une certaine philosophie et de sens.
Quai d'Orsay
et VLAN ! voila le dernier album de Blain. Etant un inconditionnel de l'auteur j'avais énormément d'attente (ce qui n'est jamais très bon, et souvent facteur de grosse déception). ... Et bien malgré cela, j'ai pris une énorme claque à la lecture :o En fait cette BD est bien plus qu'une réussite. C'est carrément un tour de force. Je m'en explique : Au lieu de faire une caricature drôle et superficielle (type l'enquête Corse) et d'emmener l'album droit dans le mur... Les auteurs ont pris un parti pris beaucoup plus risqué et une hauteur de vue ambitieuse. On ne sombre jamais dans le discours partisan (la gauche... la droite... la politique). Non, on reste systématiquement dans la mécanique de la conviction et dans la personnalité (au demeurant très attachante) du personnage principal. En fait le personnage d'Alexandre Taillard de Worms (ie Dominique de Villepin) est hyper bien vu, et il n'y avait, à y réfléchir, pas de meilleur support au dessin de Blain. Car on est systématiquement dans l'oratoire, le panache, les attitudes, la gestuelle, la grandeur. Le personnage a cette dose de folie et de conviction qui permet de le placer au centre, et il fait un parfait chef d'orchestre. Encore une fois avec Blain, le dessin nous le rend bien, et la narration est à tomber. Et Vlan et paf et Tchac... ca swing à mort ! Et le tempo est effréné ! Au final, on est au coeur d'une machine complexe et lancée à toute vitesse (la diplomatie), et dont le pilote (le ministre) est un personnage hors norme. On apprend alors qu'en politique étrangère les bonnes réponses n'existent pas ! Qu'il n'y a jamais de véritable solution, qu'on est toujours coincé, et que la seule porte de sortie est de décider plutôt que de subir. M'étant embarqué pour une caricature, j'étais en fait un peu à côté. Cette BD reste pour moi un superbe hommage à cette folie qui fait de certains hommes des visionnaires. La question n'est pas de savoir s'ils ont raison ou tort, juste de se rendre compte que quotidiennement d'un geste ou d'un mot, ils écrivent l'histoire. Et Christophe Blain nous la raconte hyper bien l'histoire ! En l'occurence vivement la suite ; car un tome 2 est prévu !
Les Ensembles contraires
Une histoire d’amitié. Une simple histoire d’amitié. A un tel point qu’au début du récit, j’ai bien cru que j’allais purement et simplement m’emmerder … Moi qui suis friand de ce genre de roman graphique, j’ai failli décrocher. Car, il faut bien l’avouer, le début de ce récit est tout sauf passionnant. Une vraie, une belle histoire d’amitié. A un tel point que passé ce cap de l’introduction, je n’ai plus su décrocher. Et autant le départ est quelconque, autant l’intensité émotionnelle grandit au fil du récit. J’ai alors retrouvé des repères qui étaient autant d’échos de ma propre vie, mais j’ai aussi découvert deux êtres, deux sensibilités. Ce récit est très bon, car il intrigue, divertit, amuse, émeut, et nous remet en question. C’est, dans mon cas, d’autant plus troublant que mon propre parcours présente certains points communs marquants avec celui de ces deux personnages. Je n’ai pas pu m’empêcher de me comparer à eux, de les juger et de me juger. Outre l’empathie que je ressens à la lecture de l’album, c’est, je crois, la raison d’être de ce genre de bande dessinée. Et je me suis enrichi de l’expérience de ces deux auteurs. Je me suis rassuré, aussi, constatant que mes propres réactions étaient finalement proches de celles de ces personnages. Et si je ne peux me considérer comme leur ami, le sentiment d’appartenir à la même tribu humaine qui m’habite à la fin de ma lecture m’apaise. … Mais qu’est ce que je suis en train de faire ? Voilà t’il pas qu’à mon tour je me laisse aller à la confidence ... Absurde … D’autant plus absurde que je n’ai pas le talent des auteurs pour donner à mon propos un quelconque intérêt. Alors, au lieu de me lire, lisez donc cet album autrement emballant ! C’est du roman graphique pur jus, chiant pour certains, amusant, émouvant et rassurant pour ma pomme. Ah oui, j’oubliais … le dessin est typique du genre. Simple, au service de l’histoire, il offre une colorisation peu diversifiée. J’aurais presque tendance à dire qu’il s’efface devant les propos, mais c’est faux, il est là, discret mais toujours prêt à soutenir l’histoire … comme un ami.
Akira
Après Berserk et Gunnm, je termine un troisième chef d’œuvre du manga. ‘Akira’ est une des nombreuses séries à côté de laquelle je serais passé sans bdthèque. Il s’agit d’un manga de S.F. admirablement rythmé et incroyablement prenant. D’habitude, les histoires de pouvoirs paranormaux me laissent de marbre, mais, en l’occurrence, c’est passé sans problème. La chute ne m’a pas totalement convaincu, mais, honnêtement, je ne parviens à imaginer une fin plus satisfaisante. De Kanéda, le gentil voyou, à Tetsuo, l’ennemi qui n’en demeure pas moins attachant, en passant par Akira, la force tranquille, la galerie de personnages développée par l’auteur force le respect. Par ailleurs, les relations entre les personnages se révèlent suffisamment complexes pour être crédibles (relations Kanéda-Tetsuo, Kanéda-Kay, Tetsuo-Kaori, etc.). Le dessin est également de très bonne facture. Les décors et les différents cataclysmes sont parfaitement rendus. Quel sens du détail ! Le monument du trône d’Akira m’a particulièrement marqué, par exemple. Concernant les personnages, Kay aurait peut-être gagné à être un peu plus féminine, mais ce n’est qu’un détail… J’ai lu l’édition en quatorze tomes de la série et ses couleurs un peu spéciales ne m’ont pas vraiment dérangé. Bref, du grand art !
Sutures
C'est d'abord l'histoire d'une rencontre entre un lecteur et son libraire : avec le temps, la confrontation des avis/critiques conduit à la confiance puis les conseils de lecture deviennent de plus en plus pertinents... Préambule inutile me direz-vous ? Plus que nécessaire rebondirai-je pour la survie des libraires indépendants et passionnés qui réussissent à susciter la curiosité de leurs clients tout en défendant les quelques œuvres de qualité parmi les sorties médiocres de ce premier semestre (ou celui de l'année dernière) ! Pour en venir à "Sutures", il s'agit d'une autobiographie graphique d'un illustrateur réputé du New Yorker (www.newyorker.com)... Thérapeutique douloureuse et salvatrice, elle est avant tout le témoignage d'une époque et d'un milieu comme pouvait l'être Blankets - Manteau de neige (C.Thompson) ou Amères saisons (E.Schréder) dans d'autres registres... La base : une famille américaine puritaine type de la "middle class" dans les années 50. Papa médecin-radiologue peu présent pour sa famille, Maman sans conviction met un couvercle sur ses frustrations (Desperate Housewives avant l'heure) et leurs 2 garçons (on oubliera volontiers le personnage sadique de la grand-mère qui donne un ton moins réaliste au paysage). Le synopsis : David est le dernier né dans une famille qui partage/échange peu. Mutique par résonance, il se réfugie dans le dessin et développe une santé fragile avec des problèmes récurrents de sinus. Son père lui prescrit des séances intensives de rayons X pour le soigner tandis que sa mère s'inquiète du coût des soins... Quelques années plus tard, un kyste apparaît dans le cou de David. Kyste qui se révèle être une tumeur cancéreuse au moment de l'opération (bref, non découvert par le père malgré les avertissements de son entourage). David y perd sa glande thyroïde et une corde vocale (sa voix pendant quelques temps). Des frustrations (que l'enrichissement matériel n'arrivera pas à éteindre), de la maladie et de la culpabilité autour de cet épisode naitront le mensonge, la révolte, puis l'introspection... Un récit qui sonne juste, illustré de façon originale (mise en page proche des BD de W.Eisner) et récompensé par The National Book Award
Malet
Attention Talent ! Je n'ai découvert cet auteur que récemment à la lecture d'Immergés et ce Mallet vient confirmer mon avis : Juncker est un surdoué de la BD. En fait il en fallait du talent pour raconter cette histoire vraie que personne ne croit d'un Mallet qui s'invente une histoire fausse que tout le monde a cru. Ici, la démonstration est absolument magistrale tant sur le fond (la mécanique du coup d'état est très intéressante)... que sur la forme : on sent une facilité dans le dessin, mais aussi dans la narration, la mise en page... et même dans l'écrit. Il suffit d'ouvrir une page au hasard pour se rendre compte de la qualité de l'ensemble, et on peut se taper toute la BD sans jamais perdre cette impression. C'est vraiment étonnant, et plutôt rare. En fait la BD est épaisse mais le tout passe à une vitesse folle. Il y a une telle verve, un tel engagement qu'on est propulsé dans cette douce folie. Le tempo est soutenu et jamais ça ne s'essouffle, et pourtant Mallet pousse franchement le bouchon. On jubile ! Et si on prend la peine de s'arrêter 2 secondes, d'y regarder de plus près, on s'aperçoit que les mises en pages sont d'un équilibre académique : composition, découpages, proportions, rappels, symétries, négatifs. Certaines sont de véritables tableaux. Quant au trait, il est d'une justesse folle : mi graphique, mi comique. Je reconnais qu'il est parfois inégal mais cela m'a permis d'en profiter encore un peu plus. Comme si parfois on nous offrait un making-of, un draft, un story board. En fait ce n'est jamais gênant, car il est capable de convaincre avec peu. Coup de coeur, car j'ai pris une leçon de BD.
L'Autre Monde
Si vous avez gardé une âme d’enfant et que vous adorez vous plonger dans des contes merveilleux un peu désuets, issus des rêves de Jules Verne et de Lewis Caroll, et loin de la haute-technologie envahissante de notre époque, JE VOUS RECOMMANDE CHAUDEMENT ce petit moment de douceur et de poésie, servi par le graphisme superbe et douillet de Florence Magnin et l’excellent scénario de Rodolphe. Ici, aucune violence, aucune agressivité, à un point que ça en deviendrait presque mièvre… et pourtant, on se laisse prendre au jeu, tant l’histoire vous transporte malgré vous dans une dimension rarement explorée dans la BD, où le familier côtoie le bizarre… Et d’ailleurs, cet « Autre monde » ne serait-il pas le versant idyllique du nôtre, si tant est que les mondes parallèles existent ? Ces plis dans le ciel ne seraient-ils pas ceux provoqués par notre course folle à l’industrie, la technologie et l’argent ? Des plis que nous refusons de voir, aveuglés par notre propre arrogance, obsédés par notre soif du toujours plus vite et du toujours plus haut, mais incapables d’admirer la beauté de notre Terre. Trop méconnu à mon goût, ce magnifique ouvrage où il fait bon se blottir mérite largement de figurer au panthéon des grands classiques de la BD.