Notre belle planète Terre (ou est-ce un autre satellite ?) connait un gigantesque raz-de marée sur l’archipel des Moluques !!!! Sic
De viles créatures ressemblant à des méduses, les Sukoïds, en profitent pour engloutir les hommes ! Il est donc grand temps d’appeler à la rescousse nos Mousquetaires de la Résurrection, j’ai nommé les Praticiens de l’Infernal à savoir Fongor et les jumeaux mutants Thémistècle !!! Tadam !
Si ces noms bizarres sortis de nulle part n’évoquent rien pour vous, nul doute que cette présente et récente œuvre va vous passer au-dessus du crâne comme votre première brosse à reluire.
Pour les autres, les déglingos du ciboulot et les anciens lecteurs des Inrocks quand cette revue était encore hautement intéressante se souviennent peut-être des pérégrinations de ces curieux personnages par un auteur dont je n’avais jamais entendu parlé : Pierre la Police.
L’indignation de l’incompréhension de ces dessins pas très beaux figés par une légende s’est mué peu à peu en curiosité puis en véritable intérêt.
Je cherchais vainement une compilation de ces aventures lorsque la famille Cornélius en fin limier redoutable d’œuvres très recommandables mais peu vendables a eu la bonne idée de sortir cette nouvelle aventure ubuesque et inclassable de ce trio pas ordinaire.
Pierre la Police a un trait gras, figé, statique mais très dynamique. Cet album se lit très rapidement mais pour peu que vous aimez le style, vous y reviendrez comme un idiot attiré par l’appat du gain. Et du gain ici il n’y en a pas par contre il faut avoir plus d’un grain pour apprécier à sa juste mesure ces histoires sans sens, aux dialogues et aux situations complètement dingues qui se suivent, s’empilent et se reproduisent comme une histoire qui n’aurait simplement ni queue ni tête.
On se fiche bien de la cohérence d’une histoire qui n’est qu’un prétexte aux situations les plus absurdes et finalement les plus drôles car cet auteur atypique a le culot d’égaler sur papier les plus grands comme les Monty Pythons sans pour autant les parodier. Qu’importe donc si tel personnage meurt pour mieux revenir 3 pages plus tard ou si les situations sont aussi bêtes qu’hilarantes. On ne sait jamais où l’on va être entrainé mais pour peu qu’on succombe au charme inattendu de Fongor et des deux jumeaux aux pouvoirs insensés, on risque de prendre un pied comme pas permis.
C’est donc peut-être une histoire qui ne surprendra pas les fans de Pierre la Police mais qui sera une véritable torture pour les autres ou au contraire un délice à nul autre égal.
J’ai choisi mon camp et suis toujours aussi surpris de l’effet de ces polissonneries et n’attends qu’une seule chose : la suite comme le promet le prometteur "Vol. 1" sur la couverture immonde à souhait qui ne trompera personne : oui mes amis, bénissez ce jour comme la venue du pape François car Fongor revient et pour le bien d'entre nous tous ! ;)
Je ne suis pas fan de Batman à l'origine, mais les derniers films de C. Nolan m'ont donné envie de me plonger un peu plus dans cet univers. Et pour cause ils sont plus ou moins inspirés par ce Long Halloween.
La nouvelle édition me plaît beaucoup. D'aucuns lui trouveront en effet un air de dico, mais moi j'apprécie la belle réalisation qualitative de l'ensemble. Un énorme volume bien présenté avec plus de 300 pages à lire, et de très bonnes critiques sur bdthèque, ça donne envie, alors j'ai craqué !
Eh ben, je n'ai pas été déçu du tout.
Le style du dessin m'a d'abord dérouté : je suis très sensible à la qualité graphique et on va dire que le dessin utilisé fait de noir profond et de couleurs ternes, jouant beaucoup sur les ombres, et sur une certaine simplicité du trait mais aussi sur un côté un peu "mal fini" ou inachevé ne fait pas partie de ce qui m'attire au premier regard. Pourtant la magie opère et au bout de quelques pages, on en apprécie que davantage les effets de mise en page particulièrement soignés, les cadrages, les pleines pages etc... Et la palette de teintes utilisée vous plonge dans un Gotham étouffant et glauque à souhait.
On retrouve aussi avec un certain plaisir les principaux adversaires de Batman. Avec notamment Catwoman dont le relationnel avec Batman est assez intriguant. Certes on peut considérer qu'ils arrivent un peu à la queue leu leu, à la manière d'un inventaire à la Prévert (notamment sur une planche où ils sont tous rassemblés !!!) ! Cela dit, cette succession d'adversaires reste cohérente avec l'histoire, et n'est pas bâclée pour autant. Et puis pourquoi pas après tout puisque cela entre dans un récit qui évoque une histoire globale de Batman autour d'un fil conducteur qui est une intrigue policière. Intrigue parfaitement maîtrisée d'ailleurs jusqu'au coup de théâtre final ! Bien sûr, les ficelles ont déjà été utilisées mais ça marche à tous les coups, et je me suis vraiment pris au jeu de chercher qui était Holiday !!!
Bref... J'ai adoré. Ce livre, c'est un peu "découvrez Gotham, Batman et tout son univers en un tome" ! Et du coup, je signe bientôt pour 'Amère victoire', le second volet de ce diptyque. On peut s'arrêter à un Long Halloween, l'histoire fait un tout. Mais personnellement, j'ai pris un vrai plaisir à lire cet ouvrage, alors j'ai envie de me promener à nouveau dans Gotham en compagnie de l'homme chauve souris !
Le même plaisir que la vision d'une grande série télé (Breaking Bad, Justified ou autre Sopranos), début facile, on pourrait croire que chaque volume est une histoire complète (one shot), et puis non, plus on avance dans les tomes, plus une vision d'ensemble s'ajuste.
Les personnages de tomes différents se rencontrent, le scénario se construit petit à petit, et là il devient difficile de lâcher la lecture.
Et ça continue comme ça avec l'intrigue qui se complique à souhait, jusqu'au 100ème épisode qui clôt la série en apothéose.
Vraiment une série addictive comme une drogue dure, au début on peut penser qu'on s'arrêtera quand on voudra, et ce n'est surtout pas la cas, on essaie, mais le manque est là et il faut replonger.
Si vous ne voulez pas être malade SURTOUT NE COMMENCEZ PAS, ensuite il sera trop tard...
Je ressors assez étonné de cette lecture car lorsqu’il m’était arrivé de feuilleter cette bd en librairie, le graphisme ne m’attirait pas plus que ça au premier abord. Pourtant, quelque chose me donnait envie de la découvrir, ne serait-ce que parce que j’ai passé quelques jours à Lisbonne en 2011 et que j’en gardais un très bon souvenir. Et puis dès que je me suis plongé dans ce gros one-shot de 250 pages, j’ai contre toute attente été conquis très rapidement.
Il est vrai qu’on oublie très vite ce côté crayonné du trait qui en fait confère une certaine poésie à l’ensemble. Ces lignes très fines collent bien à la fragilité du personnage principal, très sensible et en proie à ses interrogations métaphysiques. Le choix des couleurs est subtil et particulièrement réussi, avec un ton dominant pour chaque scène, et un élargissement de la palette vers des teintes plus chaudes au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire. Pour les yeux, c’est un vrai festival, un émerveillement permanent.
L’ouvrage est composé de trois parties qui délimitent les différentes étapes de la quête du « héros » : sa rupture conjugale nécessaire pour entamer le processus (« Selon Simon »), les « retrouvailles » avec un père accaparé par son boulot lors du mariage de la cousine en Bourgogne (« Selon Jean ») et le séjour au Portugal sur les traces du grand-père (« Selon Abel »). Les plus pressés pourront y trouver des longueurs mais on est quand même dans l’introspectif, ce qui ne veut pas dire chiant, au contraire. « Portugal » est une sorte de road movie humaniste où l’auteur a opté pour les routes départementales plutôt que les autoroutes… A travers cette quête, il nous invite à prendre le temps de réfléchir aussi sur nous-mêmes (car la question de nos racines nous concerne tous), sans lourdeurs, avec délicatesse et humanité. Il y est question de mémoire, de notre condition tragique d’homme moderne mais aussi de reconstruction de soi-même quand la vie paraît vaine. Plusieurs anecdotes et passages drôles ou touchants émaillent le récit, notamment quand Simon apprend l’origine de son nom.
J’y ai moi-même retrouvé l’ambiance chaleureuse et la douceur de vivre méditerranéenne d’un pays où les gens ont su rester authentiques. Laissez-vous donc enchanter par ce Portugal à cent lieues de la carte postale !
Je vous trouve un peu tous sévères avec cette série, parce que personnellement, j'ai adoré cette petit BD jeunesse (sûrement une des meilleures du genre).
C'est évidemment la narration, très originale que je trouve géniale (surtout pour moi, qui suis fan de l'OUBAPO). Et ces histoires hyper simples (il vaut mieux, vu la contrainte que Lewis Trondheim s'est imposée) prennent leur sens une fois mises en scène dans les multiples chemins : c'est mignon, gentillet et charmant pour les enfants comme pour les parents.
Sergio Garcia (déjà auteur du joli Géographie martienne) adopte un style très frais, soigné et merveilleusement joli. Les personnages principaux sont dessinés de façon assez simple, mais les décors sont toujours magnifiques et chargés en multiples détails rigolos. Les couleurs (claires) adoucissent le dessin, en le rendant encore plus esthétique : un émerveillement pour vos yeux.
Une petite perle.
Décidément, Lauzier a un sacré don pour croquer la société et ses malaises.
Pour un troisième ouvrage de l'auteur, j'ai été plus qu'enchanté, je dois bien le dire. Tout est bon là-dedans.
Déjà, le trait est soigné par rapport à La Course du rat du même auteur, avec de petites améliorations notables. Le dessin n'est toujours pas beau mais je l'ai trouvé un poil plus sympathique. Peut-être une plus grande maturité (bien qu'il n'y ait pas dix ans entre les deux). Les couleurs sont toujours autant abominables, là-dessus il n'y a rien à sauver.
Par contre, un effort énorme a été fourni au niveau des phylactères, et enfin c'est lisible ! La lecture est fluide, les bulles sont bien taillées, c'est un régal ! Rien à voir avec l'ancien système complètement brouillon.
Et encore une fois, c'est l'histoire qui est juste superbe. J'ai littéralement a-d-o-r-é ! Le principe de base est un peu semblable à La Course du rat, avec une personne qui décide de changer sa vie en profondeur et se casse un peu la figure. Mais par contre, le propos va se tourner vers une autre forme de critique sociale. Là, c'est la jeunesse et ses fameuses illusions qui vont s'en prendre plein la poire (et sans gants je vous prie !). Et sans cette fois-ci de slogan tel que "Tous pourris !". Des pourris, il y en a, mais aussi beaucoup de gens normaux qui sont abusés par le système. Les désillusions vont être nombreuses, et encore plus de questions sont posées à la fin qu'au début de l'ouvrage au final.
Un adolescent qui fait sa crise d'ado, c'est bateau comme sujet. Mais lorsqu'on pousse le concept un peu plus loin, c'est très intéressant. Les relations avec le père sont ici poussées à l’extrême, de même avec la mère, et pourtant au final, alors qu'on plaignait le père tout le livre durant, on en vient à se demander si il ne le mérite pas. Aucune limite claire n'est posée entre le salaud et l'homme de bien dans toute la BD. Que ce soit pour les hommes ou pour les femmes ! Nul n'est à l'abri.
Le plus important à ce niveau, c'est bien le héros. Narrateur de tous les événements, personnage haïssable par ses manières, ses réflexions et tout le mal qu'il fait autour de lui, il n'est néanmoins que perdu dans un monde qu'il doit découvrir comme un adulte désormais mais dans lequel il ne trouve pas sa place. Une sensation qu'on a aussi pu ressentir. Mais là, le héros fait dans tous les extrêmes possibles, ne se rendant même pas compte de sa propre connerie (qui est monumentale), se haïssant lui même tellement fort que c'en est presque malsain. On ne peut pas le prendre en pitié, et pourtant, on ne peut pas le blâmer de tout. C'est du coup un personnage encore une fois ambigu. Il n'est pas tout blanc, pas tout noir, pas tout gris. Il oscille entre tout en permanence. Et hautain, arrogant, haïssable ... Tout est fait pour qu'on le déteste. Lauzier a bien travaillé.
En fait, je crois que Lauzier a voulu retranscrire ici tout ce qui est haïssable en nous lorsque nous passons du monde de l'enfance à celui des adultes. Le héros est chargé autant que possible, mais c'est une dénonciation. De ce que le jeune peut ressentir, de ce que la société en fait, de ce qui ne va pas. Tout est passé encore une fois au crible, des bobos aux hippies, les familles strictes et les nouveaux artistes, la mère poule et le père dépassé par son temps, les considérations philosophiques de bas étage, ... Et peut-être que, nous reconnaissant dans ce héros, nous ne le haïssons que d'avantage, aussi méchant et mesquin qu'il est.
Si j'ai mis 5 étoiles à ce récit, c'est que je l'ai trouvé excellent, vraiment, avec les plus gros défauts que j'imputais à Lauzier qui ont été gommés. L'histoire marque, étant très sombre, très noire, et ne finissant ni bien ni mal. Je ne peux pas vraiment expliquer autrement, mais la fin est étrange, sans qu'on ne sache encore une fois sur quel pied danser. Lauzier nous emmène dans un tourbillon des 18 ans qui laisse perplexe, la morale n'étant pas simple du tout. Je pense que le récit s'adresse avant tout aux adultes, mais je crois que ceux qui connaissent cette période peuvent aussi comprendre beaucoup de choses à travers cet être complexe et tourmenté.
Personnellement, j'ai été marqué par cette BD, et j'en recommande la lecture. Déjà pour se faire son propre avis. Mais également pour apprécier une lecture à la philosophie très particulière, par une satire de la société efficace et une satire de l'homme encore plus efficace.
Nijal dit qu'il voit la BD comme la représentation de l'écueil des 18 ans. Je pense que c'est vrai. 18 ans, c'est un cap qu'il faut franchir. Et Lauzier tente de nous montrer une voie à ne pas emprunter. C'est un bon avertissement, et il mérite d'être écouté.
Ca faisait longtemps que cette série me faisait de l'oeil mais avec déjà plus de 15 tomes sortis quand j'ai commencé à lorgner dessus, c'était un investissement qui méritait de bien peser le pour et le contre. Concours BDThèque et papa Noël aidant, j'ai sauté le pas cet hiver et je ne le regrette pas !
Les 11 premiers tomes méritent 5 étoiles, surtout la partie à la prison et à Woodbury. J'ai pour ainsi dire dévoré cette partie du récit, regrettant tout de même un peu le changement de dessinateur car on a bien perdu au change. Même si le dernier tome en date est plutôt soigné graphiquement, dans l'ensemble c'est souvent hétérogène avec des cases à mon avis franchement bâclées...
La palette de personnages est riche et évolue sans cesse, au fil des pertes et des nouvelles arrivées. L'histoire, plus tournée sur la psychologie des survivants que sur les affrontements avec les zombies eux-mêmes, est addictive. Peu m'importe finalement de savoir pourquoi on en est arrivé là et comment cela va finir, j'aime suivre les aventures de ce petit monde et je n'ai pas spécialement envie de voir la série s'arrêter.
La partie du récit se déroulant dans la ville d'Alexandria m'a beaucoup moins passionnée. La vie était bien trop "facile" dans cette communauté, et malgré les quelques péripéties rencontrées, je me suis ennuyée dans l'ensemble et j'étais loin de courir après le tome suivant quand j'en terminais un.
Heureusement, le tome 17 (dernier sorti en date) remet notre petit groupe de survivants dans une situation critique bien plus accrocheuse à mes yeux, malgré la mort insupportable d'un des personnages les plus emblématiques du groupe. Je mets donc beaucoup d'espoir dans la suite de ce nouveau "cycle".
Le coup de coeur est autant pour la série Bd que pour la série TV qui en découle (notamment la saison 3, qui correspond à la meilleure partie de la BD en ce qui me concerne). Walking Dead est un univers accrocheur dans lequel j'aime me plonger et me replonger, que ce soit sur papier (une relecture s'impose) ou sur écran.
Dire qu'il va falloir attendre le mois de septembre pour lire la suite... argh.
Les Quatre Coins du Monde est un diptyque qui mérite largement d'être lu et même de figurer dans toutes les bibliothèques des passionnés de BD historiques et d'aventure.
Ce récit est passé quasiment inaperçu sur la BDthèque et je trouve cela bien dommage, car comme le disait le premier posteur nous sommes en présence d'un petit bijou.
L'histoire de ce diptyque nous remémore une partie de l'Histoire de France assez méconnue, celle des soldats français basés dans le désert algérien de 1913 à 1919 (en ce qui concerne ce récit en tout cas).
Nous suivons les aventures du Capitaine Barentin, de son fidèle ami Afellan et du Lieutenant Dupuy d'abord au sein des compagnies méharistes du Général Laperrine aux confins du Hoggar, puis dans l'enfer des tranchées françaises durant cette atroce guerre surnommée la "Der des Der".
Hugues Labiano, scénariste et dessinateur nous plonge dans un spectaculaire récit d'aventure qui débute dans le Sahara, ce mythique désert. Il nous met tout de suite dans le bain en employant des mots arabes (dont la traduction indispensable en bas des pages est très pratique). Il nous fait profiter de la beauté du désert grâce à son dessin très réaliste et détaillé. Certaines planches, d'une grande beauté, nous en mettent plein les yeux.
En plus de son superbe travail graphique, j'ai été époustouflé par son travail de recherche car il nous projette dans le passé à la manière d'un historien. La vie des Touaregs nous est racontée avec brio et précision. J'avais l'impression de me retrouver avec eux dans ce lieu hostile mais magnifique qu'est le désert .
Les personnages de cette série se sentent attirés par ce lieu et ils ne peuvent que difficilement le quitter et surtout ils veulent y retourner et y mourir.
Le désert a un tel pouvoir d'attraction dans ce récit que je vais immédiatement me replonger dans le film Lawrence d'Arabie qui lui aussi m'avait énormément séduit avec ses paysages magnifiques.
Hugues Labiano n'oublie pas de nous rappeler le grand sacrifice des troupes coloniales durant la première guerre mondiale. Les tirailleurs algériens ont connu eux aussi l'horreur des tranchées, mais ils n'étaient pas les seuls car chaque colonie a fourni un grand nombre de soldats pour qu'ils finissent eux aussi en chair à canon.
Vous l'avez compris je vous conseille de vous plonger dans cette très belle aventure qui vous fera voyager et dans laquelle vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer.
Une très belle critique de l'évangélisation et de l'exploitation des colonies par les puissances européennes du 19e siècle à seul dessein que le profit.
Comment surexploiter une terre et ses ressources, s'adonner au carnage animalier pour le seul bon plaisir de quelques uns.... Et que dire de l'esclavagisme déguisé par une bonne moral religieuse pervertie par le gain.
Véritablement une très belle oeuvre, magnifiée par des peintures de toute beauté. Les paysages du Tanganyika, les sous bois de cette jungle profonde, les méandres du fleuve Congo, que de beautés nous sont confiées ici par l'artiste. Et que dire des visages des personnages, tous très réussis et merveilleusement expressifs et profonds, des principaux acteurs comme des seconds rôles.
De la très belle oeuvre. Un regard sans fard sur les "bonnes sociétés".
Agrippine est un chef-d'oeuvre. Non seulement à cause du superbe humour ou des expressions personnelles, mais aussi parce que Bretécher s'est impliquée dans sa bd ; au lieu de coloriser à la palette graphique, elle a pris le temps de peindre à l'aquarelle tous les détails. Si les deux derniers albums sont un peu moins bien que les autres (sans doute parce qu'on y reconnait la société actuelle), Agrippine est, par son humour et sa réalisation, une bd culte.
Que ce soit "Agrippine et l'ancêtre", où l'on fait connaissance de la charmante Zonzon (ce tome est le meilleur) ou "Agrippine", où l'on fait connaissance avec les personnages et le vocabulaire, ou "Agrippine et la secte à Raymonde", qui donne l'occasion de montrer à quel point les sectes sont dangereuses ou même "Allergies", qui reste un bon album, il faut tous les lire.
Par contre cette série n'est pas forcément accessible au premier coup ; il faut avoir lu deux ou trois tomes avant de comprendre le vocabulaire, le contexte et l'humour.
Petit bémol pour "Agrippine déconfite": il n'y a aucun mot propre au vocabulaire d'Agrippine, pas vraiment de gags... Les meilleurs sont pour moi "Agrippine et l'ancêtre", "Agrippine prend vapeur" et "Agrippine et la secte à Raymonde".
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Les Praticiens de l'infernal
Notre belle planète Terre (ou est-ce un autre satellite ?) connait un gigantesque raz-de marée sur l’archipel des Moluques !!!! Sic De viles créatures ressemblant à des méduses, les Sukoïds, en profitent pour engloutir les hommes ! Il est donc grand temps d’appeler à la rescousse nos Mousquetaires de la Résurrection, j’ai nommé les Praticiens de l’Infernal à savoir Fongor et les jumeaux mutants Thémistècle !!! Tadam ! Si ces noms bizarres sortis de nulle part n’évoquent rien pour vous, nul doute que cette présente et récente œuvre va vous passer au-dessus du crâne comme votre première brosse à reluire. Pour les autres, les déglingos du ciboulot et les anciens lecteurs des Inrocks quand cette revue était encore hautement intéressante se souviennent peut-être des pérégrinations de ces curieux personnages par un auteur dont je n’avais jamais entendu parlé : Pierre la Police. L’indignation de l’incompréhension de ces dessins pas très beaux figés par une légende s’est mué peu à peu en curiosité puis en véritable intérêt. Je cherchais vainement une compilation de ces aventures lorsque la famille Cornélius en fin limier redoutable d’œuvres très recommandables mais peu vendables a eu la bonne idée de sortir cette nouvelle aventure ubuesque et inclassable de ce trio pas ordinaire. Pierre la Police a un trait gras, figé, statique mais très dynamique. Cet album se lit très rapidement mais pour peu que vous aimez le style, vous y reviendrez comme un idiot attiré par l’appat du gain. Et du gain ici il n’y en a pas par contre il faut avoir plus d’un grain pour apprécier à sa juste mesure ces histoires sans sens, aux dialogues et aux situations complètement dingues qui se suivent, s’empilent et se reproduisent comme une histoire qui n’aurait simplement ni queue ni tête. On se fiche bien de la cohérence d’une histoire qui n’est qu’un prétexte aux situations les plus absurdes et finalement les plus drôles car cet auteur atypique a le culot d’égaler sur papier les plus grands comme les Monty Pythons sans pour autant les parodier. Qu’importe donc si tel personnage meurt pour mieux revenir 3 pages plus tard ou si les situations sont aussi bêtes qu’hilarantes. On ne sait jamais où l’on va être entrainé mais pour peu qu’on succombe au charme inattendu de Fongor et des deux jumeaux aux pouvoirs insensés, on risque de prendre un pied comme pas permis. C’est donc peut-être une histoire qui ne surprendra pas les fans de Pierre la Police mais qui sera une véritable torture pour les autres ou au contraire un délice à nul autre égal. J’ai choisi mon camp et suis toujours aussi surpris de l’effet de ces polissonneries et n’attends qu’une seule chose : la suite comme le promet le prometteur "Vol. 1" sur la couverture immonde à souhait qui ne trompera personne : oui mes amis, bénissez ce jour comme la venue du pape François car Fongor revient et pour le bien d'entre nous tous ! ;)
Batman - Un long Halloween
Je ne suis pas fan de Batman à l'origine, mais les derniers films de C. Nolan m'ont donné envie de me plonger un peu plus dans cet univers. Et pour cause ils sont plus ou moins inspirés par ce Long Halloween. La nouvelle édition me plaît beaucoup. D'aucuns lui trouveront en effet un air de dico, mais moi j'apprécie la belle réalisation qualitative de l'ensemble. Un énorme volume bien présenté avec plus de 300 pages à lire, et de très bonnes critiques sur bdthèque, ça donne envie, alors j'ai craqué ! Eh ben, je n'ai pas été déçu du tout. Le style du dessin m'a d'abord dérouté : je suis très sensible à la qualité graphique et on va dire que le dessin utilisé fait de noir profond et de couleurs ternes, jouant beaucoup sur les ombres, et sur une certaine simplicité du trait mais aussi sur un côté un peu "mal fini" ou inachevé ne fait pas partie de ce qui m'attire au premier regard. Pourtant la magie opère et au bout de quelques pages, on en apprécie que davantage les effets de mise en page particulièrement soignés, les cadrages, les pleines pages etc... Et la palette de teintes utilisée vous plonge dans un Gotham étouffant et glauque à souhait. On retrouve aussi avec un certain plaisir les principaux adversaires de Batman. Avec notamment Catwoman dont le relationnel avec Batman est assez intriguant. Certes on peut considérer qu'ils arrivent un peu à la queue leu leu, à la manière d'un inventaire à la Prévert (notamment sur une planche où ils sont tous rassemblés !!!) ! Cela dit, cette succession d'adversaires reste cohérente avec l'histoire, et n'est pas bâclée pour autant. Et puis pourquoi pas après tout puisque cela entre dans un récit qui évoque une histoire globale de Batman autour d'un fil conducteur qui est une intrigue policière. Intrigue parfaitement maîtrisée d'ailleurs jusqu'au coup de théâtre final ! Bien sûr, les ficelles ont déjà été utilisées mais ça marche à tous les coups, et je me suis vraiment pris au jeu de chercher qui était Holiday !!! Bref... J'ai adoré. Ce livre, c'est un peu "découvrez Gotham, Batman et tout son univers en un tome" ! Et du coup, je signe bientôt pour 'Amère victoire', le second volet de ce diptyque. On peut s'arrêter à un Long Halloween, l'histoire fait un tout. Mais personnellement, j'ai pris un vrai plaisir à lire cet ouvrage, alors j'ai envie de me promener à nouveau dans Gotham en compagnie de l'homme chauve souris !
100 bullets
Le même plaisir que la vision d'une grande série télé (Breaking Bad, Justified ou autre Sopranos), début facile, on pourrait croire que chaque volume est une histoire complète (one shot), et puis non, plus on avance dans les tomes, plus une vision d'ensemble s'ajuste. Les personnages de tomes différents se rencontrent, le scénario se construit petit à petit, et là il devient difficile de lâcher la lecture. Et ça continue comme ça avec l'intrigue qui se complique à souhait, jusqu'au 100ème épisode qui clôt la série en apothéose. Vraiment une série addictive comme une drogue dure, au début on peut penser qu'on s'arrêtera quand on voudra, et ce n'est surtout pas la cas, on essaie, mais le manque est là et il faut replonger. Si vous ne voulez pas être malade SURTOUT NE COMMENCEZ PAS, ensuite il sera trop tard...
Portugal
Je ressors assez étonné de cette lecture car lorsqu’il m’était arrivé de feuilleter cette bd en librairie, le graphisme ne m’attirait pas plus que ça au premier abord. Pourtant, quelque chose me donnait envie de la découvrir, ne serait-ce que parce que j’ai passé quelques jours à Lisbonne en 2011 et que j’en gardais un très bon souvenir. Et puis dès que je me suis plongé dans ce gros one-shot de 250 pages, j’ai contre toute attente été conquis très rapidement. Il est vrai qu’on oublie très vite ce côté crayonné du trait qui en fait confère une certaine poésie à l’ensemble. Ces lignes très fines collent bien à la fragilité du personnage principal, très sensible et en proie à ses interrogations métaphysiques. Le choix des couleurs est subtil et particulièrement réussi, avec un ton dominant pour chaque scène, et un élargissement de la palette vers des teintes plus chaudes au fur et à mesure qu’on avance dans l’histoire. Pour les yeux, c’est un vrai festival, un émerveillement permanent. L’ouvrage est composé de trois parties qui délimitent les différentes étapes de la quête du « héros » : sa rupture conjugale nécessaire pour entamer le processus (« Selon Simon »), les « retrouvailles » avec un père accaparé par son boulot lors du mariage de la cousine en Bourgogne (« Selon Jean ») et le séjour au Portugal sur les traces du grand-père (« Selon Abel »). Les plus pressés pourront y trouver des longueurs mais on est quand même dans l’introspectif, ce qui ne veut pas dire chiant, au contraire. « Portugal » est une sorte de road movie humaniste où l’auteur a opté pour les routes départementales plutôt que les autoroutes… A travers cette quête, il nous invite à prendre le temps de réfléchir aussi sur nous-mêmes (car la question de nos racines nous concerne tous), sans lourdeurs, avec délicatesse et humanité. Il y est question de mémoire, de notre condition tragique d’homme moderne mais aussi de reconstruction de soi-même quand la vie paraît vaine. Plusieurs anecdotes et passages drôles ou touchants émaillent le récit, notamment quand Simon apprend l’origine de son nom. J’y ai moi-même retrouvé l’ambiance chaleureuse et la douceur de vivre méditerranéenne d’un pays où les gens ont su rester authentiques. Laissez-vous donc enchanter par ce Portugal à cent lieues de la carte postale !
Les Trois Chemins
Je vous trouve un peu tous sévères avec cette série, parce que personnellement, j'ai adoré cette petit BD jeunesse (sûrement une des meilleures du genre). C'est évidemment la narration, très originale que je trouve géniale (surtout pour moi, qui suis fan de l'OUBAPO). Et ces histoires hyper simples (il vaut mieux, vu la contrainte que Lewis Trondheim s'est imposée) prennent leur sens une fois mises en scène dans les multiples chemins : c'est mignon, gentillet et charmant pour les enfants comme pour les parents. Sergio Garcia (déjà auteur du joli Géographie martienne) adopte un style très frais, soigné et merveilleusement joli. Les personnages principaux sont dessinés de façon assez simple, mais les décors sont toujours magnifiques et chargés en multiples détails rigolos. Les couleurs (claires) adoucissent le dessin, en le rendant encore plus esthétique : un émerveillement pour vos yeux. Une petite perle.
Souvenirs d'un jeune homme
Décidément, Lauzier a un sacré don pour croquer la société et ses malaises. Pour un troisième ouvrage de l'auteur, j'ai été plus qu'enchanté, je dois bien le dire. Tout est bon là-dedans. Déjà, le trait est soigné par rapport à La Course du rat du même auteur, avec de petites améliorations notables. Le dessin n'est toujours pas beau mais je l'ai trouvé un poil plus sympathique. Peut-être une plus grande maturité (bien qu'il n'y ait pas dix ans entre les deux). Les couleurs sont toujours autant abominables, là-dessus il n'y a rien à sauver. Par contre, un effort énorme a été fourni au niveau des phylactères, et enfin c'est lisible ! La lecture est fluide, les bulles sont bien taillées, c'est un régal ! Rien à voir avec l'ancien système complètement brouillon. Et encore une fois, c'est l'histoire qui est juste superbe. J'ai littéralement a-d-o-r-é ! Le principe de base est un peu semblable à La Course du rat, avec une personne qui décide de changer sa vie en profondeur et se casse un peu la figure. Mais par contre, le propos va se tourner vers une autre forme de critique sociale. Là, c'est la jeunesse et ses fameuses illusions qui vont s'en prendre plein la poire (et sans gants je vous prie !). Et sans cette fois-ci de slogan tel que "Tous pourris !". Des pourris, il y en a, mais aussi beaucoup de gens normaux qui sont abusés par le système. Les désillusions vont être nombreuses, et encore plus de questions sont posées à la fin qu'au début de l'ouvrage au final. Un adolescent qui fait sa crise d'ado, c'est bateau comme sujet. Mais lorsqu'on pousse le concept un peu plus loin, c'est très intéressant. Les relations avec le père sont ici poussées à l’extrême, de même avec la mère, et pourtant au final, alors qu'on plaignait le père tout le livre durant, on en vient à se demander si il ne le mérite pas. Aucune limite claire n'est posée entre le salaud et l'homme de bien dans toute la BD. Que ce soit pour les hommes ou pour les femmes ! Nul n'est à l'abri. Le plus important à ce niveau, c'est bien le héros. Narrateur de tous les événements, personnage haïssable par ses manières, ses réflexions et tout le mal qu'il fait autour de lui, il n'est néanmoins que perdu dans un monde qu'il doit découvrir comme un adulte désormais mais dans lequel il ne trouve pas sa place. Une sensation qu'on a aussi pu ressentir. Mais là, le héros fait dans tous les extrêmes possibles, ne se rendant même pas compte de sa propre connerie (qui est monumentale), se haïssant lui même tellement fort que c'en est presque malsain. On ne peut pas le prendre en pitié, et pourtant, on ne peut pas le blâmer de tout. C'est du coup un personnage encore une fois ambigu. Il n'est pas tout blanc, pas tout noir, pas tout gris. Il oscille entre tout en permanence. Et hautain, arrogant, haïssable ... Tout est fait pour qu'on le déteste. Lauzier a bien travaillé. En fait, je crois que Lauzier a voulu retranscrire ici tout ce qui est haïssable en nous lorsque nous passons du monde de l'enfance à celui des adultes. Le héros est chargé autant que possible, mais c'est une dénonciation. De ce que le jeune peut ressentir, de ce que la société en fait, de ce qui ne va pas. Tout est passé encore une fois au crible, des bobos aux hippies, les familles strictes et les nouveaux artistes, la mère poule et le père dépassé par son temps, les considérations philosophiques de bas étage, ... Et peut-être que, nous reconnaissant dans ce héros, nous ne le haïssons que d'avantage, aussi méchant et mesquin qu'il est. Si j'ai mis 5 étoiles à ce récit, c'est que je l'ai trouvé excellent, vraiment, avec les plus gros défauts que j'imputais à Lauzier qui ont été gommés. L'histoire marque, étant très sombre, très noire, et ne finissant ni bien ni mal. Je ne peux pas vraiment expliquer autrement, mais la fin est étrange, sans qu'on ne sache encore une fois sur quel pied danser. Lauzier nous emmène dans un tourbillon des 18 ans qui laisse perplexe, la morale n'étant pas simple du tout. Je pense que le récit s'adresse avant tout aux adultes, mais je crois que ceux qui connaissent cette période peuvent aussi comprendre beaucoup de choses à travers cet être complexe et tourmenté. Personnellement, j'ai été marqué par cette BD, et j'en recommande la lecture. Déjà pour se faire son propre avis. Mais également pour apprécier une lecture à la philosophie très particulière, par une satire de la société efficace et une satire de l'homme encore plus efficace. Nijal dit qu'il voit la BD comme la représentation de l'écueil des 18 ans. Je pense que c'est vrai. 18 ans, c'est un cap qu'il faut franchir. Et Lauzier tente de nous montrer une voie à ne pas emprunter. C'est un bon avertissement, et il mérite d'être écouté.
Walking Dead
Ca faisait longtemps que cette série me faisait de l'oeil mais avec déjà plus de 15 tomes sortis quand j'ai commencé à lorgner dessus, c'était un investissement qui méritait de bien peser le pour et le contre. Concours BDThèque et papa Noël aidant, j'ai sauté le pas cet hiver et je ne le regrette pas ! Les 11 premiers tomes méritent 5 étoiles, surtout la partie à la prison et à Woodbury. J'ai pour ainsi dire dévoré cette partie du récit, regrettant tout de même un peu le changement de dessinateur car on a bien perdu au change. Même si le dernier tome en date est plutôt soigné graphiquement, dans l'ensemble c'est souvent hétérogène avec des cases à mon avis franchement bâclées... La palette de personnages est riche et évolue sans cesse, au fil des pertes et des nouvelles arrivées. L'histoire, plus tournée sur la psychologie des survivants que sur les affrontements avec les zombies eux-mêmes, est addictive. Peu m'importe finalement de savoir pourquoi on en est arrivé là et comment cela va finir, j'aime suivre les aventures de ce petit monde et je n'ai pas spécialement envie de voir la série s'arrêter. La partie du récit se déroulant dans la ville d'Alexandria m'a beaucoup moins passionnée. La vie était bien trop "facile" dans cette communauté, et malgré les quelques péripéties rencontrées, je me suis ennuyée dans l'ensemble et j'étais loin de courir après le tome suivant quand j'en terminais un. Heureusement, le tome 17 (dernier sorti en date) remet notre petit groupe de survivants dans une situation critique bien plus accrocheuse à mes yeux, malgré la mort insupportable d'un des personnages les plus emblématiques du groupe. Je mets donc beaucoup d'espoir dans la suite de ce nouveau "cycle". Le coup de coeur est autant pour la série Bd que pour la série TV qui en découle (notamment la saison 3, qui correspond à la meilleure partie de la BD en ce qui me concerne). Walking Dead est un univers accrocheur dans lequel j'aime me plonger et me replonger, que ce soit sur papier (une relecture s'impose) ou sur écran. Dire qu'il va falloir attendre le mois de septembre pour lire la suite... argh.
Les Quatre Coins du Monde
Les Quatre Coins du Monde est un diptyque qui mérite largement d'être lu et même de figurer dans toutes les bibliothèques des passionnés de BD historiques et d'aventure. Ce récit est passé quasiment inaperçu sur la BDthèque et je trouve cela bien dommage, car comme le disait le premier posteur nous sommes en présence d'un petit bijou. L'histoire de ce diptyque nous remémore une partie de l'Histoire de France assez méconnue, celle des soldats français basés dans le désert algérien de 1913 à 1919 (en ce qui concerne ce récit en tout cas). Nous suivons les aventures du Capitaine Barentin, de son fidèle ami Afellan et du Lieutenant Dupuy d'abord au sein des compagnies méharistes du Général Laperrine aux confins du Hoggar, puis dans l'enfer des tranchées françaises durant cette atroce guerre surnommée la "Der des Der". Hugues Labiano, scénariste et dessinateur nous plonge dans un spectaculaire récit d'aventure qui débute dans le Sahara, ce mythique désert. Il nous met tout de suite dans le bain en employant des mots arabes (dont la traduction indispensable en bas des pages est très pratique). Il nous fait profiter de la beauté du désert grâce à son dessin très réaliste et détaillé. Certaines planches, d'une grande beauté, nous en mettent plein les yeux. En plus de son superbe travail graphique, j'ai été époustouflé par son travail de recherche car il nous projette dans le passé à la manière d'un historien. La vie des Touaregs nous est racontée avec brio et précision. J'avais l'impression de me retrouver avec eux dans ce lieu hostile mais magnifique qu'est le désert . Les personnages de cette série se sentent attirés par ce lieu et ils ne peuvent que difficilement le quitter et surtout ils veulent y retourner et y mourir. Le désert a un tel pouvoir d'attraction dans ce récit que je vais immédiatement me replonger dans le film Lawrence d'Arabie qui lui aussi m'avait énormément séduit avec ses paysages magnifiques. Hugues Labiano n'oublie pas de nous rappeler le grand sacrifice des troupes coloniales durant la première guerre mondiale. Les tirailleurs algériens ont connu eux aussi l'horreur des tranchées, mais ils n'étaient pas les seuls car chaque colonie a fourni un grand nombre de soldats pour qu'ils finissent eux aussi en chair à canon. Vous l'avez compris je vous conseille de vous plonger dans cette très belle aventure qui vous fera voyager et dans laquelle vous n'aurez pas le temps de vous ennuyer.
Africa Dreams
Une très belle critique de l'évangélisation et de l'exploitation des colonies par les puissances européennes du 19e siècle à seul dessein que le profit. Comment surexploiter une terre et ses ressources, s'adonner au carnage animalier pour le seul bon plaisir de quelques uns.... Et que dire de l'esclavagisme déguisé par une bonne moral religieuse pervertie par le gain. Véritablement une très belle oeuvre, magnifiée par des peintures de toute beauté. Les paysages du Tanganyika, les sous bois de cette jungle profonde, les méandres du fleuve Congo, que de beautés nous sont confiées ici par l'artiste. Et que dire des visages des personnages, tous très réussis et merveilleusement expressifs et profonds, des principaux acteurs comme des seconds rôles. De la très belle oeuvre. Un regard sans fard sur les "bonnes sociétés".
Agrippine
Agrippine est un chef-d'oeuvre. Non seulement à cause du superbe humour ou des expressions personnelles, mais aussi parce que Bretécher s'est impliquée dans sa bd ; au lieu de coloriser à la palette graphique, elle a pris le temps de peindre à l'aquarelle tous les détails. Si les deux derniers albums sont un peu moins bien que les autres (sans doute parce qu'on y reconnait la société actuelle), Agrippine est, par son humour et sa réalisation, une bd culte. Que ce soit "Agrippine et l'ancêtre", où l'on fait connaissance de la charmante Zonzon (ce tome est le meilleur) ou "Agrippine", où l'on fait connaissance avec les personnages et le vocabulaire, ou "Agrippine et la secte à Raymonde", qui donne l'occasion de montrer à quel point les sectes sont dangereuses ou même "Allergies", qui reste un bon album, il faut tous les lire. Par contre cette série n'est pas forcément accessible au premier coup ; il faut avoir lu deux ou trois tomes avant de comprendre le vocabulaire, le contexte et l'humour. Petit bémol pour "Agrippine déconfite": il n'y a aucun mot propre au vocabulaire d'Agrippine, pas vraiment de gags... Les meilleurs sont pour moi "Agrippine et l'ancêtre", "Agrippine prend vapeur" et "Agrippine et la secte à Raymonde".