Les derniers avis (9623 avis)

Par PAco
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Nao de Brown
Le Nao de Brown

Merde ! Mais qu'est-ce que je vais bien pouvoir écrire après avoir lu une BD comme ça... Genre, j'ai été happé par cette BD à la couverture si énigmatique. Bouffé par la tranche rouge de ce pavé de plus de 200 pages à la présentation si travaillée. C'est mon libraire qui il y a bien 2/3 semaines m'avait parlé de cette BD sélectionnée pour Angoulême et vanté ses qualités, mais que personne ne semblait avoir remarqué... Un peu comme Nao. Un peu comme l'auteur Glyn Dillon que j'ai trouvé par hasard en parcourant les stands d'Angoulême, esseulé sur le stand d'Akileos, sans personne pour lui parler lessive et machine à laver. C'est 5 mètres plus loin que j'ai eu le déclic. Retour en arrière. Je m'approche du stand. Oui, c'est bien cette BD là. - "Vous dédicacez ?" - "Yes !" Et voilà, comment je me retrouve avec un album que je n'ai pas encore lu, dédicacé en prime, et qui finira Prix spécial du Jury. Mais sorti de ces petits plaisirs matérialistes, je suis vraiment tombé sous le charme de cet album. Graphiquement tout d'abord. Le trait de Glyn Dillon qui donne dans le registre réaliste est d'une rare expressivité et d'une grande finesse. Son personnage principal, Nao, n'en ressort que plus troublant et dégage une empathie que j'ai rarement ressenti à la lecture d'une BD. On se glisse petit à petit dans son banal quotidien pour découvrir ce qui la ronge. Ces pulsions morbides et maladives lui pourrissent la vie et l'obligent à composer un quotidien de façade. Toujours à la recherche d'une sérénité impossible, ses rencontres et sa vie de tous les jours virent parfois au cauchemar pour un rien... Et ce rouge... Couleur dominante de cet album, qui définit si bien Nao et qui la met si bien en valeur dans la colorisation que réalise l'auteur : c'est tout simplement sublime. Ajoutez à cela, un conte asiatique qui ponctue ce récit de façon assez surréaliste et vous obtenez ce magnifique objet qui m'a laissé sur le cul et qui n'appelle qu'une relecture prochaine ! Je ne peux qu'applaudir à ce Prix Spécial du Jury d'Angoulême de cette année. On a failli passer sans s'en rendre compte à côté d'un petit chef-d’œuvre ! A lire de toute urgence !

09/02/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Passeur d'Âmes
Le Passeur d'Âmes

4.5/5 Ca c'est vraiment une excellente surprise (car je ne m'attendais pas à grand chose en ouvrant cet album). Le genre de surprise qui vous divertit, vous amuse et vous fait vraiment aimer la BD. "Le passeur d'âmes" est un récit qui prend pour cadre la mythologie grecque, mais où on trouverait de la technologie d'aujourd'hui. Chouette, car moi, j'adore la mythologie grecque, et ça a donné par le passé d'excellentes BD (Socrate le demi-chien pour n'en citer qu'une). Et ce qu'on remarque dès le début, c'est l'humour qui se dégage de cette BD : elle est très drôle. Entre les jeux de mots, les scénettes rigolotes glissées subtilement dans les dessins, le détournement de la mythologie, les gags de cet album sont toujours très fins mais très réussis (et pourtant, je suis quelqu'un d'assez difficile question humour). Alors non, on ne rit jamais à gorge déployée, mais à chaque page, un détail nous fait esquisser un sourire où on émet un petit gloussement (en tout cas, cette BD est beaucoup plus efficace question humour qu'une tripotée de BD à gags, beaucoup moins subtiles). Alors par contre, pour bien saisir toutes les subtilités de cette BD, il vous faudra être un minimum calé en mythologie grecque. De plus, l'histoire, quoique pas forcément très originale, est franchement réussie, accrocheuse, très prenante, bien rythmée, avec quelques effets de narration (vision du futur, retour dans le temps, etc...). Elle possède une fin très réussie et peut se lire aussi facilement par les petits comme par les grands. Et je finis sur le point sur lequel j'avais le plus de doutes avant d'entamer ma lecture : le dessin de Ced... Qui est finalement une très grande réussite et colle parfaitement à l'histoire : frais, coloré, avec un petit côté cartoon mais résolument moderne, expressif, dynamique, avec des cadrages osés et des personnages aux apparences réussies. Bref, tout dans cette BD est une réussite (et c'est dommage qu'elle soit passée un peu inaperçue lors de sa sortie) ; j'ai passé un excellent moment à la lire et je vous la recommande. Un coup de cœur comme je n'en ai pas eu depuis longtemps.

09/02/2013 (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Mermaid Project
Mermaid Project

Cette série marque la collaboration entre 2 auteurs que j’apprécie particulièrement : d’un côté Léo dont les histoires et les univers ont tendance à me passionner, de l’autre Fred Simon dont le dessin caractéristique me plait énormément. Et je n’ai pas été déçu par le projet Mermaid. Ce monde imaginaire est super bien pensé, et sa découverte fonctionne très bien. Dans un futur proche les rapports entre les pays riches et pauvres se sont inversé. Du coup les rues de Paris sont un peu à l’abandon, c’est sale et ce n’est pas improbable. Cet aspect est bien rendu, les auteurs n’en font pas trop, mais juste ce qu’il faut pour rendre cet univers crédible et intéressant. Là-dessus on a droit à une histoire qui au départ ressemble à une banale enquête de police, mais très rapidement cela va prendre des proportions énormes. Et là aussi ça fonctionne terriblement bien. Peut-être que c’est trop gros pour certains, je le conçois parfaitement. Mais moi quand j’ouvre ce genre de BD ce n’est pas pour lire une histoire banale ou une intrigue policière qui ressemble aux faits divers qu’on lit dans les journaux. Du coup plus le complot qui s’annonce est d’ampleur plus j’ai des chances d’être satisfait, pour peu que le scénario tienne la route. Et c’est tout à fait le cas ici car l’histoire est prenante. On rentre dedans progressivement et plus on avance plus le mystère épaissit et nous tient en haleine. L’intrigue principale me plait donc beaucoup, mais, en plus de cette trame, il y a aussi plein de détails qui fonctionnent bien. L’univers dont j’ai parlé plus haut, mais aussi : le binôme entre la petite flic française et l’agent spécial américain, la manière dont l’intrigue prend tranquillement de l’ampleur, la façon de révéler petit à petit les vraies raisons qui font qu’on s’intéresse à cette affaire, l’apparition en douceur du ‘fantastique’. Bref du tout bon. Et puis, bien sûr, on a aussi le petit évènement final un peu déroutant et inattendu qui conclut le tome et donne irrémédiablement envie de lire le suivant…

08/02/2013 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bunny
Bunny

Voici une bande dessinée un peu étrange, qui oscille entre anticipation, aventure et roman graphique. Dans une atmosphère difficile à décrire, Mio essaie de sortir de l'île-prison où son père lui a proposé de l'envoyer... On est clairement dans une société contemporaine, mais ce type d'expérience ne se trouve -à ma connaissance du moins- que dans les livres ou les films. Ca tombe bien, on est dans un livre. Du coup on est assez intrigué, les personnages que rencontre la jeune femme sont énigmatiques, et le premier tome se conclut sur plusieurs cliffhangers. Le dessinateur est un débutant, qui se situe dans une veine mêlant manga et franco-belge. Il a une bonne technique, mais encore quelques tics de débutant, qui commencent déjà à se corriger dès le premier tome. La colorisation informatique par contre est plutôt froide, elle me semble écraser le trait ou l'affadir, il y aura sans doute des choses à rectifier pour la suite, que je lirai avec plaisir et curiosité.

07/02/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bludzee
Bludzee

3.5/5 Nous retrouverons dans cet album OVNI de Lewis Trondheim, l'univers de l'auteur, avec son côté cynique en plus façon Mister I et Mister O, en un peu moins conceptuel. En effet, ce gros album, dont Lewis Trondheim a dessiné un strip par jour pour AveComics (sur internet) entre 2009 et 2010, possède une histoire très loufoque... Tout commence gentiment pendant les 60 premiers strips, sans véritable fil conducteur, avec un humour un peu loufoque, un peu absurde, un peu déjanté... Puis dès qu'apparaissent les premiers personnages secondaires, on est entraîné dans une longue saga, remplie de péripéties pour Bludzee le chat, dans un univers de science fiction humoristique. C'est certes plus d'une fois drôle (quoiqu'il faut distiller la lecture de l'album sur plusieurs jours pour ne pas saturer) quoiqu'un peu décousu et partant dans tous les sens pour moi... je soupçonnerai même L. Trondheim d'avoir improvisé ses scénarios au jour le jour, comme il a déjà pu le faire, mais finalement la lecture de cet album est agréable, soutenue par le style de l'auteur très... Trondheimien, rond, lisse, mignon, épuré, coloré mais néanmoins recherché. Une jolie découverte, pas un immanquable mais une BD agréable.

06/02/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Encre du Passé
L'Encre du Passé

Voici une BD magnifique, une ode à l'art et à la poésie. Une BD qui nous immerge dans un Japon médiéval, à l'ambiance totalement zen. Une BD qu'on prend du temps à lire tellement les décors réalistes sont d'une beauté envoutante. Une BD qui nous fait voyager, rencontrer des personnages qu'on apprend à apprécier. Une BD qui ne véhicule, finalement, pas que des thèmes heureux (le regret et l'amertume y sont autant évoqués que l'épanouissement de l'art ou encore la sagesse). Vous l'aurez compris, cette BD est magnifique, elle nous fait prendre notre temps et rêver. Certes il ne se passe rien de mémorable dans l'intrigue, mais c'est raconté avec tellement de subtilité et de talent (et grâce à un dessin très joli, aux magnifiques couleurs et à l'encrage hésitant assez particulier), qu’on passe un excellent, agréable et relaxant moment. A lire... Non, à contempler.

06/02/2013 (modifier)
Par LeVellave
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Fathom
Fathom

Cette série est la suite directe de la série Fathom - Origines. Il est bien d'avoir lu la première série pour mieux apprécier la seconde. Mais ce n'est pas primordial du tout. On peut commencer par la seconde sans soucis. Les deux premiers tomes sont une sorte de transition qui ajoute d'autres personnages, d'autres ennemis et entraine des nouvelles questions pour l’héroïne Aspen. A partir du tome 3 commence véritablement la saga. Les tenants et aboutissant des différentes parties sont peu à peu révélés. La suite se lit très agréablement. La série réunit du côté des dessins de très bons artistes. La beauté visuelle est bien présente. Le talentueux Michael Turner nous offre en plus des magnifiques couvertures qui font de cette édition Delcourt un objet culte.

06/02/2013 (modifier)
Couverture de la série Flamme d'Argent
Flamme d'Argent

Série en trois tomes totalement oubliée, elle n’en demeure pas moins particulièrement vive et étonnamment lisible malgré son grand âge. Une fois de plus le duo Greg - Cuvelier fonctionne à merveille pour hélas une série qui n’aura pas le succès qu’elle mérite. Le premier tome nous présente les personnages, un ménestrel qui rencontre deux enfants. De cette rencontre fortuite naitra une aventure pour retrouver le père d’un des enfants et nous fera voyager pendant les croisades en terres saintes pour le tome 2 en terres fertiles pour les autres. Le fait de ponctuer le récit par les vrais événements historiques me plait particulièrement et semble s’être perdu dans les albums dédiés à la jeunesse actuels, dommage car cela apporte un vrai plus et peu générer une envie de découverte et de questions. En revanche j’ai un vrai problème avec les héros enfants, comme j’ai le droit ici à deux personnages enfants qui vont se retrouver au cœur d’une aventure qui les dépasse, mais par magie scénaristique, vont être capable de s’en tirer avec toujours le bon allié au moment critique, forcément je tique. Mis à part ce point tout à fait personnel le scénario très fluide est un vrai plaisir de lecture et l’on se prend à chercher les tomes suivants dans la même soirée. Une vrai découverte et pour les petits jeunes pour qui la bande dessinée commence dans les années 90, réveillez-vous tout ce qui date d’avant n’est pas mièvre, loin de là. 1965 pour naissance, franchement bravo, Cuvelier devrait faire partie des grands de la BD. Une bonne BD qui se rapproche de Ramiro dans le style. Sans achat à cause de mon allergie aux héros enfants, mais coup de coeur car cette lecture fut une vraie agréable surprise

06/02/2013 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Liverfool
Liverfool

Tiens, voilà une histoire plutôt intéressante... En effet on parle assez peu des débuts des Beatles, et encore moins de celui qui les a aidés à se lancer, un gars qui ouvrit un jour une petite boîte à Liverpool... De leurs débuts sans bassiste à la mort de Stuart Sutcliffe, membre de la première heure du groupe, de leurs tournées en combi VW à leur résidence à Hambourg, le livre donne à voir, avec beaucoup d'humour, ce qu'ont pu être les prémices d'une légende du rock. En effet, ce qui prédomine à la lecture, c'est un humour assez potache qui, s'il égratigne un peu l'image immaculée des Fab Four, n'en reste pas moins pétrie de respect, Gihef étant un grand fan. Le dessin de Damien Vanders peut surprendre ; semi-réaliste à tendance "polar" (le noir et blanc, ou plutôt les niveaux de gris, pouvant donner cette impression) n'est pas exempt de discrets passages dans la caricature, et ceci aux moments adéquats. Du coup on se retrouve avec un album qui est indéniablement sympathique, débridé, mais aussi assez intéressant quant aux pratiques managériales dans le milieu du rock des années 1960.

05/02/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série De mal en pis
De mal en pis

4.5/5 !!! (Je n'ai pas lu le tome bonus) Cet album est un vrai bon roman graphique, étant capable de nous amener vers différentes émotions ; de la tristesse comme le rire, de la colère à comme une certaine empathie envers les différents protagonistes, etc... Mais en effet, cette BD ne raconte rien qui mérite d'être raconté, juste la vie quotidienne de jeunes New-Yorkais à la fin des années 90 (vie que je ne connais évidemment pas), mais Alex Robinson le fait avec tellement de talent que ces plus de 600 pages ne sont pas un obstacle, du tout. Oui, j'ai tellement adoré ce bouquin qu'en moins d'une semaine je l'avais terminé, et le récit est tellement fluide, passionnant, inventif, avec des rebondissements et des personnages attachants que je n'ai vraiment pas vu le temps passer. En plus de ces qualités-ci (de multiples personnages intéressants à suivre, de bonnes trouvailles au niveau de la narration et du découpage, un large panel d'émotions provoquées par l'album, la psychologie/le passé/le caractère de chaque personnages extrêmement fouillé et travaillé) cet album nous apprend plein de choses sur le système de la BD U.S., les droits d'auteurs et le fonctionnement juridique sur une série de B.D., l’apparition -plutôt mal vue- du roman graphique à la fin des années 90/début des années 2000, les conventions et les geeks, etc... Bref, l'histoire de "De mal en pis" est vraiment d'une densité extraordinaire. C'est un régal à parcourir. Le dessin d'Alex Robinson est dans un style qui me plaît ; personnel, légèrement underground, très travaillé, avec des physiques très agréables à l’œil pour ses personnages, des décors ombragés et des expériences assez originales au niveau de la narration et du découpage des planches, cependant... Cependant, et ce qui m'a gêné au début de ma lecture, c'est que je trouve que son dessin manque grandement de maîtrise et de perfection (du moins en début d'album). Il fait encore légèrement amateur. Bien sûr, au fur et à mesure des 600 pages, son style se perfectionne, mais je ne trouve toujours pas que le dessin fasse très professionnel, même vers les dernières pages (c'est encore légèrement approximatif ou hésitant). Malgré ce défaut mineur (car le dessin reste agréable à regarder, je chipote), je conseille "De mal en pis" à tous les amateurs de romans graphiques (si bien sûr vous ne l'avez pas lu lorsque ce one-shot a gagné le prix du festival d'Angoulême) car celui-ci est d'une réussite rare.

04/02/2013 (modifier)