Un chef d'oeuvre de la bd (surtout les 2 premiers tomes). Le romantisme à l'état pur, gothique, désespéré, sombre, presque fantastique. Certaines planches sont parmi les plus belles de la bd. Des ciels gris lumineux, l'orage qui gronde, la campagne humide ou enneigée, le manoir... la scène d'amour torride dans le caveau du père, la folie de la soeur... Je préfère nettement quand l'histoire se passe dans la maison familiale plutôt qu'à Paris, c'est pour ça que je préfère les 2 premiers. Bien que le 3 et le 4 soient très bons également. Ensuite je n'ai pas lu mais les albums récents que j'ai feuilletés, je n'ai pas du tout aimé les dessins, trop hyperréalistes.
Lu il y a longtemps.
Très belle série de Makyo et Faure. Le tome 1 est le meilleur (les dessins d'Elsa, la secte ... ça m'avait passionné) puis dans le tome 2 j'ai aimé la séquence du père enfermé dans la cave qui se met à peindre frénétiquement à la manière de Modigliani. Ça m'avait marqué enfant. Par contre je n'ai pas lu le tome 3.
Quelle excellente idée, les éditions Seuil ont eue, quand elles ont réuni la quasi-intégralité des histoires de Rodolphe Töpffer, en 3 volumes.
Rodolphe Töpffer ? Vous voyez pas ! Bien avant "Spirou", "Tintin", Zig et Puce, "Superman" ou encore "Little Nemo" et Bécassine, il y eu 8 (si mes souvenirs sont bons) histoires, la première parue en 1833, sous la plume d'un grand monsieur : Rodolphe Töpffer, considéré comme l'inventeur de la Bande dessinée.
Et rien que pour ça, moi, en tant que grand fan de cet art, je respecte et j'avais envie de lire ces œuvres.
Et dans les 8 histoires écrites et dessinées par Töpffer, deux seulement ne sont pas reprises dans ces 3 volumes, et c'est dommage, je ne serais pas contre la sortie d'une autre 'intégrale Topffer".
Bon et bien, pour les premières vraies BD, c'est loin d'être mauvais.
Le graphisme, même si souvent maladroit, nerveux, grossier et tremblotant (à mes yeux modernes de lecteur), est dans un genre fouillé, détaillé et assez drôle, qui, en tenant compte de son âge est assez bon, drôle et intéressant à regarder. Il ne faut pas trop en demander, c'est sûr, mais dès l'histoire de Monsieur Vieux-Bois, on a droit régulièrement à de beaux décors. Même si les visages ne sont pas beaux, c'est détaillé et lisible. Et on retrouve déjà quelques codes de la BD plus moderne.
La deuxième histoire du dernier album (l'histoire de monsieur Cryptogame) est en fait inachevée : c'est le 1er jet de l'histoire (l'équivalent du crayonné chez les auteurs actuels) que l'on peut lire et cela se voit bien. En plus des ratures dans le texte, le dessin à partir de la moitié de l'histoire est moins lisible, plus simple, moins travaillé, encore plus grossier, etc...
De plus, et dès la première histoire, les travaux de Topffer sont bien des BDs au sens elliptique de la narration du terme, on est loin d'être en présence d'un texte illustré, et y dissocier les deux vous ferait perdre un bon pourcentage de gags...
Car oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, les gags font encore mouche : les scénarios sont bons. Ils peuvent paraître linéaires, mais il y a pleins d'idées de bons gags. Töpffer utilise avant tout le comique de répétition (qui fait effet), les satires de la société de l'époque, mais aussi le comique de mot ou de geste (évidemment là c'est moins subtil). Mais dans ces longues histoires, il y a aussi plein de rebondissements ce qui donne aussi de bonnes BDs d'aventure. On ne s'ennuie vraiment pas.
La meilleur histoire de ces 3 albums est "Le docteur Festus", où l'auteur utilise au maximum tous ses procédés comiques (il y a pleins de procédés : comique de répétition, quiproquo, comique de situation, caricature de la société, l'absurde et même de l'humour s'éloignant des bonnes mœurs) ; j'ai vraiment beaucoup ri lors de ma lecture. L'histoire est incroyablement drôle (je me souviendrai longtemps de la représentation de la force armée suivant l'uniforme que fait l'auteur), et va mettre un bazar monstre dans l'univers créé : Une perle !
Bref, on passe un bon moment et on s'instruit devant cette bonne œuvre d'un autre âge, c'est étonnant comment elle foisonne de qualité en comparaison avec son âge.
Grâce aux éditions Seuil, je sais maintenant que dès l'invention de la BD, il y avait d'excellentes BDs qui ont aujourd’hui peu vieilli.
De toute manière, l'œuvre qui a crée l'une de mes plus grandes passions, et dont, grâce à elle, a découlé toutes ces heures de bonheurs que j'ai eues avec d'autres livres, ne peut mériter moins que la note que je lui aie mise ; c'est à dire 5/5. Je conseille ces livres à tous les amateurs de BDs qui s'intéressent aux origines du support (je comprendrai parfaitement le contraire, comme je comprends le non cinéphile, qui se fout de voir des films des frères Lumière), c'est-à-dire, à tous les inscrits de ce site.
Excellent ! Un conte cynique, obscène mais profondément humain (quoique plutôt amoral). Les dessins de Pirus sont géniaux : ronds, faussement naïfs avec un air de Calvo (mais du Calvo interdit au - de 16 ans)
Un petit bijou d'humour noir.
Une "bd" très très très originale. Plus proche de l'univers gothique que de la bd. J’ai eu un choc visuel en admirant les dessins. Je n'avais jamais vu ça. C'est gothique, psychédélique et très futuriste en même temps. Avec ces tons de couleur pastel violet sur fond noir, sublime !
Pour ce qui est du récit, il faut s'accrocher. C'est plus de la poésie morbide très auto- centrée avec des petites histoires dedans mais le tout est assez habile et plutôt vertigineux. J’ai dû lire ce pavé en plusieurs fois pour ne pas me lasser mais une fois entré dedans c'est réellement prenant.
Bon après, cet auteur Gabriel Delmas m'a un peu exaspéré par moment. Je connais l'univers gothique et ce mélange de 1er degré très sérieux imbu de sa personne, qui se regarde le nombril constamment avec une froide colère, nihiliste et misanthropes qui implore le grand Satan... sur ... pages (tiens il n'y a même pas marqué le numéro des pages, encore un effet de style) ça peut devenir lourd. Mais en même temps dieu lui pardonnes (pardon Satan) car le résultat est vraiment monstrueux.
Achat fortement conseillé.
Découvert récemment. J'adore ! superbes dessins (surtout les paysages de foret et de marais). Très belle atmosphère plutôt triste (très triste), avec ce changement des saisons. Famille déchirée, tout le monde est seul. J'adore ces histoires plutôt pessimistes et misanthropes où l'être humain est mauvais, cynique ou lâche. Seuls les simples d'esprit ou marginaux sont humains et souvent proches de la nature. (ça peut paraitre lourd et appuyé pour certains je le reconnais). Rassurez-vous il y a de l'amour dans cette histoire; et puis un épilogue très beau ( mais très triste également).
Et bien moi, je viens de racheter les 2 premiers tomes ( que je possédais enfant mais que je n'avais jamais lus car, il le faut le reconnaitre, ce n'est pas tres engageant au premier abord (obscur, démodé). Mais, étant fan de Makyo (sa série Balade au bout du monde, Elsa ...) et puis de toute cette vague fantastique historico-rurale romantique des années 80 (balade au bout du monde, Les Compagnons du Crépuscule, Jaunes, Gaspard de la nuit, Sambre, L'Etat morbide, les oeuvres de Servais, Silence ... ) . A l'époque je préférais les Loisel, Thorgal et autres Jodorowsky mais avec du recul , toutes ces séries très (trop) typées années 80) sont restées gravées dans ma mémoire, peut-être encore plus que les autres.
Pour en revenir à Grimion, j'ai dégusté chaque case : le magnifique travail d'encrage (sublimes paysages de campagne noire et austère. Couleurs marrons, atmosphère de sorcellerie, mélancolie ... visages imparfaits, beaucoup de maladresses dans les personnages mais Makyo dessine avec ses tripes et ça se sent. Le récit est certes confus et dur à suivre mais moins qu'une bd d'Andreas (que j'adore). Bref je comprends qu'on puisse être rebuté mais c'est ce que je recherche dans ces anciennes bds poussiéreuses : ce climat sombre et unique, plus artisannal et poétique, bien loin des bds d'aujourd'hui.
Après A bord de l'Etoile Matutine, Riff Reb’s nous livre ici une nouvelle perle...
Il n’est clairement plus possible pour moi de passer à côté des ouvrages de cet auteur, tant il est arrivé à m’envouter avec ces deux adaptations.
Calmement, au rythme des vagues et des planches, je me suis laissé bercé par cette aventure. L’histoire, relativement linéaire, trouve toute sa quintessence dans les dialogues qui relient nos « deux héros » mais également dans les rapports humains qui lient les marins. C’est doux et puissant à la fois, triste et heureux, calme et mouvementé. Certaines questions sont posées et, au fil des planches, le lecteur est interpellé. Les pages défilent, sans que l’on s’en rende compte.
Enrobez cela avec un trait tout simplement exceptionnel et de magnifiques couleurs et vous obtenez un chef d’œuvre, tout simplement.
Encore meilleur que A bord de l'Etoile Matutine, cet album est génial et je vous invite franchement à embarquer pour ce voyage. Il s’agit pour moi de ma meilleure lecture de 2012 !
Pour ceux qui n’auraient pas le courage d’aller au bout de cette chronique ou qui veulent garder un regard frais avant de lire le Nao de Brown, je le dis dès maintenant : en 40 ans de lecture BD, je n’ai pas dû lire plus de 50 albums de cette qualité là. Alors, allez-y. N’hésitez plus. C’est une merveille !
Le Nao de Brown tente un pari audacieux, que de nombreux auteurs de romans graphiques osent, mais réussissent très rarement : nous faire pénétrer l’intimité d’un personnage. Pas comme un viol de sa conscience, mais comme dans ses journées fondatrices, autour d’un verre, dans un bar cosy, où une jeune femme que vous aimez bien vous fait ses confidences, vous laisse doucement entrapercevoir ce qu’elle est réellement derrière l’apparence du quotidien. Un moment qui bouleverse pour toujours la vision que vous avez d’elle. Et qui vous fait lentement glisser vers l’amitié ou l’amour. Voila ce que réussit ici Glynn Dillon.
Son regard sur Nao et sur l’ensemble des personnages qui gravitent autour d’elle, est toujours d’une ahurissante justesse, tant dans ce qu’ils font – qui n’est jamais banal, malgré la quotidienneté des petits moments choisis – que dans la justesse absolue des dialogues qui tous sonnent parfaitement vrais (je me permets de féliciter ici le traducteur et la qualité de ce qu’il a accompli pour nous restituer les dialogues de Dillon).
Le dessin est lui aussi d’une parfaite humanité, nous donnant à voir un monde très concret et des personnages très réalistes, presque photographiques, mais constamment animés par l’émotion qui les traverse. Nous sommes ici face à des êtres humains de chair et de sang, aussi complexes que leurs vies sont minuscules. Nao, elle, est parfaitement normale, en apparence. Elle est jolie, elle a du talent... mais elle sait (ou plutôt elle croit) qu’elle est un monstre à l’intérieur. Alors, elle sur-joue la normalité et la gentillesse, pour que les gens l’apprécient et que personne ne se rende compte de ce qu’elle croit être « vraiment » : un tueur prêt à déraper.
Avec un tel point de départ, on peut écrire un excellent thriller, comme Dexter (la série TV)… ou ce magnifique livre sur une jeune femme qui passe à côté de sa vie parce qu’elle ne se montre jamais aux autres telle qu’elle est réellement, de peur de commettre l’irréparable. Le plus curieux dans cette histoire (ou plutôt, « le plus humain »), c’est que si Nao sait que les apparences peuvent être trompeuses, elle ne s’en laisse pas moins constamment avoir par l’image que les autres donnent d’eux-mêmes : elle se fourvoie ainsi sur la capacité de l’homme, dont elle tombe amoureux, à la protéger et à se montrer fort quand elle se sent faible. Elle butte contre l’apparente ringardise de son ami et patron, qui a tout pour faire un petit ami compréhensif, qui partage les mêmes goûts qu’elle, mais dont elle ne voit que la faiblesse physique et morale, insupportable pour elle, tant elle se sent elle-même fragile.
C’est l’histoire d’une jeune femme comme nous, qui se bat contre ses peurs quotidiennes, ses fragilités psychiques, pour trouver une place dans notre monde, trouver enfin l’amour, sans se rendre compte que l’histoire des gens qu’elle croise est au moins aussi complexe que la sienne...
Au final, elle s’imagine être la seule en lutte pour aller mieux et, ne pouvant parler de son combat, elle s’abîme dans la solitude.
Pour finir, je m’autorise deux conseils. Le premier : abordez ce livre sans en n’attendre rien. Je viens de vous parler de ses qualités... Laissez-les venir à vous, ne vous attendez pas à ce qu’elles vous explosent au visage. Elles sont subtiles et s’insinueront en vous si vous leur laissez la place. Le second : depuis plusieurs chroniques, je vous recommande de ne pas vous laisser avoir par la couverture du livre, souvent bien plus prometteuse que le contenu réel. Ici, c’est tout l’inverse. La couverture est bien en deçà de l’énorme talent qui se trouve à l’intérieur. Alors, passez outre cette couverture ratée et rentrez dans le monde de Nao Brown.
J'ai beaucoup aimé la lecture de cette bande-dessinée. On y découvre à travers le prisme des aventures des deux personnages principaux différents corps de métiers (bâtiment, chantier naval, "banquier"). On découvre également la vie de famille à cette époque que ce soit au niveau du couple ou de la transmission de l'autorité paternelle.
Le scenario est dense et on suit avec intérêt les mésaventures du héros, qui donne son nom à ce premier tome, causées par son vice pour le jeu. Ce qui m'a plu c'est que l'on reste aux niveaux des petites gens ce qui offre une large galerie de personnages et loin de l'exubérance que l'on a souvent dans les séries sur l'Antiquité. Prenez garde à ne pas lire la deuxième préface (celle de Gilles Chaillet) car elle spoile une partie de l'histoire.
Il y a dans mon édition un cahier graphique de 6 pages dans lequel sont présentées les recherches sur les personnages. Le dessin justement est un noir et blanc assez lumineux sans gris. Les visages des personnages sont détaillés et expressifs avec un trait fin , on a aucun mal à les distinguer. On a aussi de belles cases d'architecture avec des vues en contre plongée sur les toitures de la ville. Cependant certains ciels sont un peu vides.
Un premier tome que je recommande.
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Sambre
Un chef d'oeuvre de la bd (surtout les 2 premiers tomes). Le romantisme à l'état pur, gothique, désespéré, sombre, presque fantastique. Certaines planches sont parmi les plus belles de la bd. Des ciels gris lumineux, l'orage qui gronde, la campagne humide ou enneigée, le manoir... la scène d'amour torride dans le caveau du père, la folie de la soeur... Je préfère nettement quand l'histoire se passe dans la maison familiale plutôt qu'à Paris, c'est pour ça que je préfère les 2 premiers. Bien que le 3 et le 4 soient très bons également. Ensuite je n'ai pas lu mais les albums récents que j'ai feuilletés, je n'ai pas du tout aimé les dessins, trop hyperréalistes.
Elsa
Lu il y a longtemps. Très belle série de Makyo et Faure. Le tome 1 est le meilleur (les dessins d'Elsa, la secte ... ça m'avait passionné) puis dans le tome 2 j'ai aimé la séquence du père enfermé dans la cave qui se met à peindre frénétiquement à la manière de Modigliani. Ça m'avait marqué enfant. Par contre je n'ai pas lu le tome 3.
Tous les albums de Topffer (Monsieur Jabot et autres histoires)
Quelle excellente idée, les éditions Seuil ont eue, quand elles ont réuni la quasi-intégralité des histoires de Rodolphe Töpffer, en 3 volumes. Rodolphe Töpffer ? Vous voyez pas ! Bien avant "Spirou", "Tintin", Zig et Puce, "Superman" ou encore "Little Nemo" et Bécassine, il y eu 8 (si mes souvenirs sont bons) histoires, la première parue en 1833, sous la plume d'un grand monsieur : Rodolphe Töpffer, considéré comme l'inventeur de la Bande dessinée. Et rien que pour ça, moi, en tant que grand fan de cet art, je respecte et j'avais envie de lire ces œuvres. Et dans les 8 histoires écrites et dessinées par Töpffer, deux seulement ne sont pas reprises dans ces 3 volumes, et c'est dommage, je ne serais pas contre la sortie d'une autre 'intégrale Topffer". Bon et bien, pour les premières vraies BD, c'est loin d'être mauvais. Le graphisme, même si souvent maladroit, nerveux, grossier et tremblotant (à mes yeux modernes de lecteur), est dans un genre fouillé, détaillé et assez drôle, qui, en tenant compte de son âge est assez bon, drôle et intéressant à regarder. Il ne faut pas trop en demander, c'est sûr, mais dès l'histoire de Monsieur Vieux-Bois, on a droit régulièrement à de beaux décors. Même si les visages ne sont pas beaux, c'est détaillé et lisible. Et on retrouve déjà quelques codes de la BD plus moderne. La deuxième histoire du dernier album (l'histoire de monsieur Cryptogame) est en fait inachevée : c'est le 1er jet de l'histoire (l'équivalent du crayonné chez les auteurs actuels) que l'on peut lire et cela se voit bien. En plus des ratures dans le texte, le dessin à partir de la moitié de l'histoire est moins lisible, plus simple, moins travaillé, encore plus grossier, etc... De plus, et dès la première histoire, les travaux de Topffer sont bien des BDs au sens elliptique de la narration du terme, on est loin d'être en présence d'un texte illustré, et y dissocier les deux vous ferait perdre un bon pourcentage de gags... Car oui, aussi étonnant que cela puisse paraître, les gags font encore mouche : les scénarios sont bons. Ils peuvent paraître linéaires, mais il y a pleins d'idées de bons gags. Töpffer utilise avant tout le comique de répétition (qui fait effet), les satires de la société de l'époque, mais aussi le comique de mot ou de geste (évidemment là c'est moins subtil). Mais dans ces longues histoires, il y a aussi plein de rebondissements ce qui donne aussi de bonnes BDs d'aventure. On ne s'ennuie vraiment pas. La meilleur histoire de ces 3 albums est "Le docteur Festus", où l'auteur utilise au maximum tous ses procédés comiques (il y a pleins de procédés : comique de répétition, quiproquo, comique de situation, caricature de la société, l'absurde et même de l'humour s'éloignant des bonnes mœurs) ; j'ai vraiment beaucoup ri lors de ma lecture. L'histoire est incroyablement drôle (je me souviendrai longtemps de la représentation de la force armée suivant l'uniforme que fait l'auteur), et va mettre un bazar monstre dans l'univers créé : Une perle ! Bref, on passe un bon moment et on s'instruit devant cette bonne œuvre d'un autre âge, c'est étonnant comment elle foisonne de qualité en comparaison avec son âge. Grâce aux éditions Seuil, je sais maintenant que dès l'invention de la BD, il y avait d'excellentes BDs qui ont aujourd’hui peu vieilli. De toute manière, l'œuvre qui a crée l'une de mes plus grandes passions, et dont, grâce à elle, a découlé toutes ces heures de bonheurs que j'ai eues avec d'autres livres, ne peut mériter moins que la note que je lui aie mise ; c'est à dire 5/5. Je conseille ces livres à tous les amateurs de BDs qui s'intéressent aux origines du support (je comprendrai parfaitement le contraire, comme je comprends le non cinéphile, qui se fout de voir des films des frères Lumière), c'est-à-dire, à tous les inscrits de ce site.
Rose Profond
Excellent ! Un conte cynique, obscène mais profondément humain (quoique plutôt amoral). Les dessins de Pirus sont géniaux : ronds, faussement naïfs avec un air de Calvo (mais du Calvo interdit au - de 16 ans) Un petit bijou d'humour noir.
Vampyr
Une "bd" très très très originale. Plus proche de l'univers gothique que de la bd. J’ai eu un choc visuel en admirant les dessins. Je n'avais jamais vu ça. C'est gothique, psychédélique et très futuriste en même temps. Avec ces tons de couleur pastel violet sur fond noir, sublime ! Pour ce qui est du récit, il faut s'accrocher. C'est plus de la poésie morbide très auto- centrée avec des petites histoires dedans mais le tout est assez habile et plutôt vertigineux. J’ai dû lire ce pavé en plusieurs fois pour ne pas me lasser mais une fois entré dedans c'est réellement prenant. Bon après, cet auteur Gabriel Delmas m'a un peu exaspéré par moment. Je connais l'univers gothique et ce mélange de 1er degré très sérieux imbu de sa personne, qui se regarde le nombril constamment avec une froide colère, nihiliste et misanthropes qui implore le grand Satan... sur ... pages (tiens il n'y a même pas marqué le numéro des pages, encore un effet de style) ça peut devenir lourd. Mais en même temps dieu lui pardonnes (pardon Satan) car le résultat est vraiment monstrueux. Achat fortement conseillé.
La Saison des anguilles
Découvert récemment. J'adore ! superbes dessins (surtout les paysages de foret et de marais). Très belle atmosphère plutôt triste (très triste), avec ce changement des saisons. Famille déchirée, tout le monde est seul. J'adore ces histoires plutôt pessimistes et misanthropes où l'être humain est mauvais, cynique ou lâche. Seuls les simples d'esprit ou marginaux sont humains et souvent proches de la nature. (ça peut paraitre lourd et appuyé pour certains je le reconnais). Rassurez-vous il y a de l'amour dans cette histoire; et puis un épilogue très beau ( mais très triste également).
Grimion gant de cuir
Et bien moi, je viens de racheter les 2 premiers tomes ( que je possédais enfant mais que je n'avais jamais lus car, il le faut le reconnaitre, ce n'est pas tres engageant au premier abord (obscur, démodé). Mais, étant fan de Makyo (sa série Balade au bout du monde, Elsa ...) et puis de toute cette vague fantastique historico-rurale romantique des années 80 (balade au bout du monde, Les Compagnons du Crépuscule, Jaunes, Gaspard de la nuit, Sambre, L'Etat morbide, les oeuvres de Servais, Silence ... ) . A l'époque je préférais les Loisel, Thorgal et autres Jodorowsky mais avec du recul , toutes ces séries très (trop) typées années 80) sont restées gravées dans ma mémoire, peut-être encore plus que les autres. Pour en revenir à Grimion, j'ai dégusté chaque case : le magnifique travail d'encrage (sublimes paysages de campagne noire et austère. Couleurs marrons, atmosphère de sorcellerie, mélancolie ... visages imparfaits, beaucoup de maladresses dans les personnages mais Makyo dessine avec ses tripes et ça se sent. Le récit est certes confus et dur à suivre mais moins qu'une bd d'Andreas (que j'adore). Bref je comprends qu'on puisse être rebuté mais c'est ce que je recherche dans ces anciennes bds poussiéreuses : ce climat sombre et unique, plus artisannal et poétique, bien loin des bds d'aujourd'hui.
Le Loup des Mers
Après A bord de l'Etoile Matutine, Riff Reb’s nous livre ici une nouvelle perle... Il n’est clairement plus possible pour moi de passer à côté des ouvrages de cet auteur, tant il est arrivé à m’envouter avec ces deux adaptations. Calmement, au rythme des vagues et des planches, je me suis laissé bercé par cette aventure. L’histoire, relativement linéaire, trouve toute sa quintessence dans les dialogues qui relient nos « deux héros » mais également dans les rapports humains qui lient les marins. C’est doux et puissant à la fois, triste et heureux, calme et mouvementé. Certaines questions sont posées et, au fil des planches, le lecteur est interpellé. Les pages défilent, sans que l’on s’en rende compte. Enrobez cela avec un trait tout simplement exceptionnel et de magnifiques couleurs et vous obtenez un chef d’œuvre, tout simplement. Encore meilleur que A bord de l'Etoile Matutine, cet album est génial et je vous invite franchement à embarquer pour ce voyage. Il s’agit pour moi de ma meilleure lecture de 2012 !
Le Nao de Brown
Pour ceux qui n’auraient pas le courage d’aller au bout de cette chronique ou qui veulent garder un regard frais avant de lire le Nao de Brown, je le dis dès maintenant : en 40 ans de lecture BD, je n’ai pas dû lire plus de 50 albums de cette qualité là. Alors, allez-y. N’hésitez plus. C’est une merveille ! Le Nao de Brown tente un pari audacieux, que de nombreux auteurs de romans graphiques osent, mais réussissent très rarement : nous faire pénétrer l’intimité d’un personnage. Pas comme un viol de sa conscience, mais comme dans ses journées fondatrices, autour d’un verre, dans un bar cosy, où une jeune femme que vous aimez bien vous fait ses confidences, vous laisse doucement entrapercevoir ce qu’elle est réellement derrière l’apparence du quotidien. Un moment qui bouleverse pour toujours la vision que vous avez d’elle. Et qui vous fait lentement glisser vers l’amitié ou l’amour. Voila ce que réussit ici Glynn Dillon. Son regard sur Nao et sur l’ensemble des personnages qui gravitent autour d’elle, est toujours d’une ahurissante justesse, tant dans ce qu’ils font – qui n’est jamais banal, malgré la quotidienneté des petits moments choisis – que dans la justesse absolue des dialogues qui tous sonnent parfaitement vrais (je me permets de féliciter ici le traducteur et la qualité de ce qu’il a accompli pour nous restituer les dialogues de Dillon). Le dessin est lui aussi d’une parfaite humanité, nous donnant à voir un monde très concret et des personnages très réalistes, presque photographiques, mais constamment animés par l’émotion qui les traverse. Nous sommes ici face à des êtres humains de chair et de sang, aussi complexes que leurs vies sont minuscules. Nao, elle, est parfaitement normale, en apparence. Elle est jolie, elle a du talent... mais elle sait (ou plutôt elle croit) qu’elle est un monstre à l’intérieur. Alors, elle sur-joue la normalité et la gentillesse, pour que les gens l’apprécient et que personne ne se rende compte de ce qu’elle croit être « vraiment » : un tueur prêt à déraper. Avec un tel point de départ, on peut écrire un excellent thriller, comme Dexter (la série TV)… ou ce magnifique livre sur une jeune femme qui passe à côté de sa vie parce qu’elle ne se montre jamais aux autres telle qu’elle est réellement, de peur de commettre l’irréparable. Le plus curieux dans cette histoire (ou plutôt, « le plus humain »), c’est que si Nao sait que les apparences peuvent être trompeuses, elle ne s’en laisse pas moins constamment avoir par l’image que les autres donnent d’eux-mêmes : elle se fourvoie ainsi sur la capacité de l’homme, dont elle tombe amoureux, à la protéger et à se montrer fort quand elle se sent faible. Elle butte contre l’apparente ringardise de son ami et patron, qui a tout pour faire un petit ami compréhensif, qui partage les mêmes goûts qu’elle, mais dont elle ne voit que la faiblesse physique et morale, insupportable pour elle, tant elle se sent elle-même fragile. C’est l’histoire d’une jeune femme comme nous, qui se bat contre ses peurs quotidiennes, ses fragilités psychiques, pour trouver une place dans notre monde, trouver enfin l’amour, sans se rendre compte que l’histoire des gens qu’elle croise est au moins aussi complexe que la sienne... Au final, elle s’imagine être la seule en lutte pour aller mieux et, ne pouvant parler de son combat, elle s’abîme dans la solitude. Pour finir, je m’autorise deux conseils. Le premier : abordez ce livre sans en n’attendre rien. Je viens de vous parler de ses qualités... Laissez-les venir à vous, ne vous attendez pas à ce qu’elles vous explosent au visage. Elles sont subtiles et s’insinueront en vous si vous leur laissez la place. Le second : depuis plusieurs chroniques, je vous recommande de ne pas vous laisser avoir par la couverture du livre, souvent bien plus prometteuse que le contenu réel. Ici, c’est tout l’inverse. La couverture est bien en deçà de l’énorme talent qui se trouve à l’intérieur. Alors, passez outre cette couverture ratée et rentrez dans le monde de Nao Brown.
Arelate
J'ai beaucoup aimé la lecture de cette bande-dessinée. On y découvre à travers le prisme des aventures des deux personnages principaux différents corps de métiers (bâtiment, chantier naval, "banquier"). On découvre également la vie de famille à cette époque que ce soit au niveau du couple ou de la transmission de l'autorité paternelle. Le scenario est dense et on suit avec intérêt les mésaventures du héros, qui donne son nom à ce premier tome, causées par son vice pour le jeu. Ce qui m'a plu c'est que l'on reste aux niveaux des petites gens ce qui offre une large galerie de personnages et loin de l'exubérance que l'on a souvent dans les séries sur l'Antiquité. Prenez garde à ne pas lire la deuxième préface (celle de Gilles Chaillet) car elle spoile une partie de l'histoire. Il y a dans mon édition un cahier graphique de 6 pages dans lequel sont présentées les recherches sur les personnages. Le dessin justement est un noir et blanc assez lumineux sans gris. Les visages des personnages sont détaillés et expressifs avec un trait fin , on a aucun mal à les distinguer. On a aussi de belles cases d'architecture avec des vues en contre plongée sur les toitures de la ville. Cependant certains ciels sont un peu vides. Un premier tome que je recommande.