Les derniers avis (9623 avis)

Par iannick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Voyage aux îles de la Désolation
Voyage aux îles de la Désolation

Ce n’est pas un secret pour mon entourage : j’aime les carnets de voyage et j’en fais aussi. Cependant, lorsqu’il s’agit d’en faire une petit bande dessinée, je réponds qu’il faut un sacré coup de patte. Sans contestation possible, Emmanuel Lepage, lui, a ce talent qui peut lui permettre de réaliser un magnifique album à partir de ses « croquis » faits sur place. Cette faculté, il l’a mise en œuvre pour concevoir « Voyage aux îles de la Désolation ». « Voyage aux îles de la Désolation » retrace le séjour d’un mois d’Emmanuel Lepage à bord du « Marion Dufresne » dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF) en mars/avril 2010. Ce qui frappe à la lecture de cet album, ce sont les superbes illustrations en pleine page qui y apparaissent ça et là. Ensuite, c’est sa pagination conséquente (158 pages) résultant du parti-pris d’Emmanuel Lepage d’aborder son séjour chronologiquement. Et enfin, ce sont les nombreuses explications de l’auteur sur comment s’organise la vie à bord de ce bateau et comment il « vit » la découverte de ces lieux pratiquement coupés du monde. En lisant « Voyage aux îles de la Désolation », j’ai vraiment eu la sensation de partager avec l’auteur son séjour dans ce navire et dans les terres australes, j’ai eu le sentiment de voyager avec lui au point d’avoir eu du mal à me décrocher de la lecture ! On pourrait peut-être reprocher à l’auteur de ne pas aborder suffisamment l’intérêt de ces missions, sur le « pourquoi » on emmène des scientifiques dans ces contrées mais, moi, lecteur trop gavé de paroles sur l’écologie et sur le développement durable, ce peu d’explications m’ont amplement suffi et ça m’a permis –enfin- de contempler tranquillement les images sans être à chaque fois abruties par les propos écologiques moralisants. En gros, le « Marion Duquesne » est chargé de ravitailler ces îles où vivent essentiellement des scientifiques… et cette explication me suffit largement ! Le dessin d’Emmanuel Lepage est tantôt brouillon tantôt léché. Personnellement, j’aime cette diversité de style dans un seul album tant que ça reste lisible et beau à contempler, ce qui est le cas dans « Voyage aux îles de la Désolation ». La narration m’est apparue parfaite, l’auteur sait ralentir et accélérer son récit quand il le faut. Ainsi, lorsqu’il aborde des séquences calmes, le lecteur a le droit à des planches très aérées, et inversement. Ça peut paraître toute simple comme remarque mais avec cet album, j’ai senti vraiment que l’auteur me prenait fermement en main. C’est comme si Emmanuel Lepage nous dictait son voyage sans que nous ayons le besoin de lui couper la parole tellement c’est passionnant ce qu’il raconte ! « Voyage aux îles de la Désolation » est un album que j’ai beaucoup aimé. J’y ai retrouvé tout ce que j’apprécie dans une bande dessinée documentaire : un dessin « vivant » (c’est à dire qu’il change de style) et beau, un récit intéressant mais non « barbant » et une histoire qui me fait scotcher du début jusqu’à la fin et qui me donne la sensation de voyager avec l’auteur.

28/01/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Enfant cachée
L'Enfant cachée

Cet l'album est magnifique... S'adressant tout d'abord à la jeunesse, mais pouvant être lu par (car pouvant toucher aussi et surtout) les plus grands. Le scénario est d'une justesse rare, car une petite partie de l'occupation Allemande y est abordée. Dounia doit juste se cacher à la campagne... Les camps n'est pas le sujet principal de l'album, c'est donc en douceur que l'on pourra commencer à expliquer à son enfant ce qui s'est passé d'horrible pendant la guerre. La fin de l'album est véritablement touchante et aurait pu me faire pleurer si l'album avait été légèrement plus long. Le dessin de Lizano est tout mignon, tout en rondeur, juste, personnel, coloré et touchant, tout ce qu'il faut pour accrocher un public jeune. En un mot, cet album est une perle.

27/01/2013 (modifier)
Couverture de la série Aimé Lacapelle
Aimé Lacapelle

Aimé Lacapelle, le Mike Hammer deep rurality du Tarn ! Avec des vrais bouts d’occitan dedans (et beaucoup de faux), et même un épisode bilingue ! J’ai trouvé les quatre albums terriblement drôles. Les paysans de Ferri sont de vraies caricatures, mais sauvées par une affection profonde de l’auteur, qui glisse de vrais bouts (discrets) de misère campagnarde dans son propos (Ferri, c’est aussi ‘le retour à la terre’). Le trait n’est pas toujours très lisible, mais colle à l’ambiance : des rustiques trapus, des pépés fatales, et des poules déglinguées. Pas aussi barré qu’un Gotlieb ou un Maëster, mais j’ai toujours le sourire au lèvres quand je relis la geste tracto-portée du sieur Lacapelle. Macarel !

27/01/2013 (modifier)
Couverture de la série Les Amateurs
Les Amateurs

Quand je pense que certaines bd érotiques, dont la qualité et les dessins sont d'une fadeur totale, arrivent à atteindre les 3 étoiles et que ce chef d’œuvre (parfaitement) n'en a que 2 à l'heure ou j'écris, je me dis qu'il y a quelque chose qui ne tourne pas rond au royaume bdtheque. Graphiquement c'est sublime. Pas juste beau, non non, il y a des pages qui sont simplement magnifiques à en pleurer. De plus l'agencement et le rythme des pages sont très très astucieux et malgré de nombreuses superpositions de personnages, de situations et de sous-entendus, on comprend tout, c'est impeccablement lisible et agréable à lire. Bref, Events n'est pas un bon dessinateur de plus: il vole au dessus des foules. En plus il sait raconter des histoires ! Le scénario est intelligent, prenant et bien mené. Que demande le peuple bdtheque ? On ne peut pas passer à côté d'une œuvre pareille (re-parfaitement). EDIT : je remonte ma note au niveau culte après relecture plus d'1 an après.

26/01/2013 (modifier)
Couverture de la série Pascal Brutal
Pascal Brutal

Un portrait juste et réel de la régression sociétale observée à tous les niveaux politiques, intellectuels, culturels avec cette société du futur qui poursuit le prolongement de la liquidation médiatique de mai 68 et de son héritage. Beaucoup d'humour, du second degré, En résumé : "putain, Pascal je te kiffe !"

26/01/2013 (modifier)
Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Singe de Hartlepool
Le Singe de Hartlepool

Tiens ? Je me rends compte qu'à part cet album (maintenant lu), je ne connaissais pas l’œuvre du très célèbre Lupano. Le moins qu'on puisse dire, c'est que ça donne envie de s'y plonger plus en profondeur. En effet, cet album est une véritable réussite, tant au niveau du graphisme que du scénario. L'histoire, adaptée d'une légende anglaise datant de l'époque napoléonienne est formidablement bien travaillée pour nous donner un conte cruel, rempli de dialogues bien sentis, de situations cocasses et de très bons moments, le tout mâtiné d'humour noir, très noir. J'ai beaucoup aimé, cette histoire qui reflète la bêtise et l'absurdité de l'homme. En plus, grâce à la chute magnifiquement bien trouvée, l'album arrive à bien retomber sur ses pattes (le cadre spatio-temporel du récit est vraiment bien réfléchi ; quel plaisir à lire). Le dessin, quant à lui, résolument moderne, me plait beaucoup. Dans un style proche de celui de Rabaté, c'est le genre de dessin, soigné et lâché en même temps, qui, même si je trouve est un peu brouillon, est extrêmement esthétique (les visages sont très drôles, l'encrage très sympa et les couleurs magnifiques). Un one-shot récent à lire.

24/01/2013 (modifier)
Par dut
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un printemps à Tchernobyl
Un printemps à Tchernobyl

J'aime beaucoup ce que fait Emmanuel Lepage, que ce soit par exemple Névé, ou encore Muchacho, c'est un auteur plein de sensibilité et avec un trait de crayon assez unique que j'apprécie particulièrement. Pourtant, j'avais un peur peur avant de commencer "Un printemps à Tchernobyl". J’avais peur de tomber sur une œuvre trop engagée anti-nucléaire, mais heureusement ce n'est pas le cas. Alors certes le très instructif rappel de la catastrophe fait froid dans le dos, mais ce n'est finalement pas le sujet principal de cette BD. Finalement on pourrait résumer en disant que le sujet de cette BD, c'est la vie ! La vie qui continue dans cette région sinistrée, la nature qui reprend ses droits une foie arrivé le printemps... L'auteur arrive avec ses magnifiques planches à nous faire rentrer dans l'ambiance grisâtre, remplie de tristesse, de cette région sinistrée. Si on savait pas que ca existait, on pourrait croire à une BD de SF post-apocalyptique. Lors de la visite de la "zone interdite", je me suis senti complètement oppressé, le spectacle de désolation magnifiquement retranscrit par Emmanuel Lepage, les tic-tic du dosimètre qui sont là pour rajouter un peu de pression... Puis doucement on bascule un peu dans une autre ambiance, au gré des rencontres effectuées, des balades, je trouve que ça bascule vers des notes d'espoir, et c'est plutôt agréable ! Les couleurs employées sont différentes par moment, plus vives, plus pastel, c'est un bon moyen de changer le ton de l'histoire. Bref, une histoire prenante, sur un sujet sérieux, des dessins à couper le souffle, les couleurs fantastiques, cette BD est un vrai bijou à ne manquer sous aucun prétexte. Bravo M. Lepage.

24/01/2013 (modifier)
Couverture de la série Criminal
Criminal

Criminal raconte une histoire par volume (au nombre de six) avec à chaque fois un personnage principal différent, mais dans un monde interlope où parfois on recroise des têtes entrevues ailleurs. On peut lire ça dans le désordre, la cohérence étant avant tout thématique, et non scénaristique. Criminal, c'est un monde de gangsters à la Tarantino, la petite criminalité, mais débarrassé du superflu de ce réalisateur, et où plane la fatalité d'un Impitoyable de Clint Eastwood. C'est beau, Criminal. Le premier volume m'a paru classique et réussi, une bonne histoire de gangsters, bien racontée, avec un auteur qui semble connaître son sujet. Je pourrais dire la même chose du deuxième volume, et du troisième... Seulement au fur et à mesure des volumes, la cohérence thématique fait que Criminal dépasse pour moi du cadre de la "bonne histoire bien racontée". C'est difficile d'écrire de bonnes histoires de gangsters. Soit on édulcore et des pourritures passent pour des princes, soit on plonge un peu trop dedans et ça donne envie de vomir, comme le film Truands de Frederic Schoendoerffer particulièrement dégueulasse et glauque, que je ne recommande d'ailleurs pas malgré (et à cause de) son réalisme à la limite du reportage. Dans Criminal il n'y a pas de héros, et les gangsters ne sont pas classes. Il y a des ordures, des pourritures, tandis que ce qui pourrait s'apparenter de très loin à des gens biens, ce sont des hommes violents et des salopes sur le retour. Il y a de la fatalité dans l'air, il y a comme une chape de plomb sur les héros qui les empêche de transcender leur condition, de devenir meilleur, de s'en sortir. Et ce qui est terrible, c'est qu'ils en sont conscients. Pour certains qui parviennent à s'extirper d'une vie misérable, il y a l'appel irrésistible du gouffre ; parce que dans le bonheur on se sent comme un pou, autant revenir à ce qu'on a connu toute sa vie. Et le dessin est en harmonie avec le propos, un trait grossier, noir, précis, direct, avec parfois des visages en gros plan où une expression est pleinement saisie. La capacité du dessinateur a capturé l'essence d'une situation, d'une posture, d'un personnage au bon moment, dans la bonne case, fait en sorte qu'on lit le reste comme si tout était aussi soigné et aussi beau. Une case évocatrice, et ce psychopathe nous fera froid dans le dos à chaque apparition. Une case, et cette femme nous crèvera le coeur. Comme dirait Dennis Lehane : Ténèbres, prenez-moi la main.

23/01/2013 (modifier)
Par Jetjet
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série The Boys
The Boys

Je ne vais pas me mentir, un bon gros récit trash et vulgaire de temps en temps, ça m’éclate. Voir des situations absurdes, complètement décalées et vulgaires avec une bonne pincée de sexe et/ou de gore a quelque chose de diablement exaltant pour l’ado attardé que je prétends être et rester. Je pourrais même prétendre que plus mes artères se bouchent avec l’âge et le tabac, plus je recherche ce genre de lecture décomplexée. N’en déplaisent à mon entourage et libraires, il va sans dire que Preacher de Garth Ennis était devenue mon arme de prédilection dans ce genre si cloisonné, le récit irrévencieux au possible, l’utilisation de la religion comme un blasphème permanent et un coup de pied bien placé dans tout ce qui peut déranger dans nos sociétés se voulant si « propres » pour en devenir une œuvre culte avec l’amitié et l’amour en point d’orgue. Soit une belle démonstration que la plus belle fleur peut pousser sur un tas d’ordures… Si, si j’insiste, lisez Preacher pour une expérience unique :) Depuis ce succès et quelques autres, Garth Ennis fait le pari de proposer selon ses propres termes une nouvelle série « out-Preacher than Preacher » ce qui pourrait se traduire par un sobre « Plus Preacher que Preacher » faisant référence à l’humour décalé, l’hyper violence et les situations sexuelles équivoques. Au vu de ce qu’il a déjà osé publier, on ne peut pas être plus averti donc c’est avec un sourire sadique clairement non dissimulé que je me décida enfin d’entamer ce gros run sur une bande d’agents complètement timbrés censés surveiller et botter le cul des super-héros lubriques. Et bien oui ma bonne dame, car une fois rangé la cape et le masque, à quoi pensent donc tous ces super héros dès que la caméra s’éloigne de leur destinées ? Et bien à se défoncer la gueule comme de gros junkies ou à enfiler tout ce qui bouge et rassasier leurs pulsions sexuelles avec les facilités de leurs conditions surnaturelles ! Difficile de faire plus explicite avec cette équipe de bras cassés destinés à nous arracher quelques sourires génés et finalement assez libérateurs car tout comme Preacher, il faut le voir pour y croire ! Rien d’étonnant dès lors que DC Comics abandonne la série dès les premiers numéros au profit d’un plus petit éditeur bien content de tirer les marrons du feu à son tour ! Seul hic, Garth Ennis a peut-être voulu voir grand, très grand en proposant une série pas encore achevée mais aux ambitions plus démesurées que son chef d’œuvre Preacher auquel The Boys fait forcément écho à chaque page. Avec son pitch improbable, The Boys annonce clairement la couleur dès le départ : vouloir choquer l’amateur de Marvelleries ou de Batmaneries quitte à en perdre un peu de souffle et de rythme sur la longueur car oui The Boys c’est long, c’est même très très long ! Si on rigole comme un tordu dès les premières pages, ce serait de mentir tel un judas que de préciser que l’intérêt reste constant au fil des multiples petits épisodes qui se succèdent. Heureusement tout ce recyclage a quand même du bon comme une longue série télévisée car la lecture est facile malgré de longues lignes de dialogue mais il faut prendre son temps et savoir apprécier par petites doses ou arc. Le trait de Robertson est plutôt intéressant à plus d'un titre avec beaucoup d’encrage et de détails tout en sachant ménager aussi bien les nombreuses scènes d’action que d’humour car on rigole quand même pas mal avec cette équipe complètement atypique. Sans compter ces superhéros bien plus répugnants que leur statut ne laisse à supposer. C'est d'ailleurs assez marrant de voir les nombreuses références à d'autres personnages fictionnels... ou pas ! ;) De nombreux arcs détaillent les origines de chaque personnage principal mais Ennis a su montrer qu’il ne perdait pas le fil et arrive toujours tel un équilibriste surdoué à raccrocher tous les wagons ensemble. Cet amateur de démonstrations de violence a choisi d’ériger le mauvais gout à tous les étages sans égaler selon moi son œuvre de référence. Une fois l’effet de surprise passée, il manque un petit supplément d’âme pour emporter l’adhésion totale et je me suis même posé la question de savoir si je n’étais pas blasé de toutes ces irrévérences. Malgré tout, on passe un excellent moment en compagnie de ces Boys et je commence à comprendre suffisamment les techniques du bonhomme pour savoir qu’il va conclure de façon honorable son bébé (dont la publication aux USA approche de la fin). Sans être aussi indispensable que Preacher (mais combien de fois en aurais-je donc parlé dans cet avis ?), The Boys mérite bien d’être connu et reconnu et de se faire une place au soleil afin d’y pourrir bien sagement parmi votre collection de Martine :) EDIT après avoir lu les 7 premiers chapitres : Je descends ma note d’un point car je n’ai pas reconnu le même plaisir de lecture que celui rencontré avec Preacher mais soyons clair dès le départ : je ne m’attendais pas à une œuvre aussi marquante et fun car l’exercice est difficile à reproduire. Néanmoins les chapitres se succèdent en dent de scie comme cela a déjà été évoqué. Il y a un nombre assez consistant de pages qui ralentissent considérablement le rythme et le fil narratif n’est pas toujours des plus clairs. En gros il y a pas mal de passages où l’on se fait clairement « chier » et qui n’apportent rien de plus à l’histoire tout en restant confus avec des dialogues loin d’être aussi mémorables que je ne l’aurais souhaité. Et pourtant certaines scènes relancent admirablement la machine en étant grotesques, inattendues ou surprenantes quand elles ne sont pas tout simplement hilarantes ! La vision toute personnelle d’Ennis du 11 septembre et l’intervention des « héros » pour résoudre la prise d’otages en avion est bien partie pour devenir « culte ». Simplement dommage que le dessinateur intérimaire de certains épisodes n’ait pas le talent de celui d’origine et que Ennis prenne un certain plaisir à étaler son histoire alors que la raccourcir n’aurait été que plus profitable. Mais comme je passe malgré tout un très bon moment à la lecture et qu’il ne soit pas exclu que l’histoire retourne dans les rails si prometteurs du début, je reste confiant et poursuis ma collection avec autant d’appréhension que d’intérêt ! Après tout, n’est pas Ennis qui veut !

22/08/2012 (MAJ le 22/01/2013) (modifier)
Par iannick
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Beau Voyage
Le Beau Voyage

C’est l’avis sur "Le Beau voyage" rédigé par l’ami Hervé qui m’a donné l’envie de lire cette bande dessinée et il ne m’a pas déçu le bougre ! « Le Beau voyage » est un roman graphique pur et dur, c’est à dire que ça raconte une histoire très réaliste qui s’inspire du quotidien et où je suis sûr qu’un lecteur se dira : « Tiens, ça me rappelle quelque chose ça ! », ce qui fut mon cas. « Le Beau voyage », ça parle des déboires sentimentaux et familiaux de Léa, de son enfance jusqu’à nos jours. En fait, au début du récit, Léa assiste à l’enterrement de son père, à partir de là, elle va se mettre à fouiller son passé et à comprendre pourquoi et comment elle est devenue ce qu’elle est. En lisant cette bande dessinée, j’ai eu des souvenirs assez ancrés d’une famille dévastée par la mort d’un proche me remonter brusquement. Dans cet album, il y a des passages assez durs et crus qui m’ont touché et qui m’ont fait réfléchir sur la relation que doit avoir un père avec ses enfants. C’est exactement le genre d’album que j’aime lire et relire parce qu’il m’amène à me questionner sur le sens de la vie, et ça, j’adore ! J’ai également apprécié les notes de fin d’album de Zidrou qui amènent un éclairage bienvenu sur la création et son envie de réaliser « Le Beau voyage ». Attention toutefois à ne pas mettre cette bande dessinée aux mains d’un enfant car certaines séquences érotiques y sont présentes. A noter que ces scènes ne sont pas là pour aguicher le lectorat, elles servent avec beaucoup de pertinence et de sensibilité ce récit. Le dessin de Springer n’est pas vraiment celui que j’apprécie le plus mais il a le mérite d’être très lisible. De plus, la narration m’est apparue bonne puisque je n’ai eu aucune incompréhension lors de ma lecture malgré la présence de nombreux flashbacks. Mention spéciale à la couverture qui résume parfaitement le continu de cette bande dessinée. Je ne conseille pas la lecture du « Beau voyage » aux lecteurs qui n’apprécient habituellement pas les romans graphiques. Par contre, pour les autres, il n’y a pas d’hésitation à avoir : précipitez-vous sur cet album très touchant !

21/01/2013 (modifier)