Euh… c’était quoi ça ? Voilà ma première réaction en refermant ce livre. Un récit totalement barré, complètement loufoque, une adaptation en BD d’un scénario que Jim Henson et Jerry Juhl n’ont jamais pu réaliser faute d’un producteur assez fou pour se lancer dans l’aventure.
On suit le personnage principal (dont on ne sait rien au début, même pas le nom… et dont on ne saura pas plus à la fin !) dans sa folle course poursuite à laquelle il ne comprend rien... et nous non plus ! Mais faut-il vraiment comprendre ? (Par exemple, que viennent foutre ces joueurs de football américain en plein désert ???) Je pense que non, il faut juste se laisser porter par le flot des événements jusqu’à la fin (ou le début ?) de la BD. Et le découpage, la quasi absence de texte et le dessin sont excellents pour ça, l’idée de fuite, d’urgence et de vitesse est très bien rendue, le récit est mené à 100 à l’heure du début à la fin.
Les couleurs, vives, flashantes parfois, ajoutent également à l’aspect délirant du scénario. Certaines pages sont presque totalement roses tandis que d’autres mélangent allègrement les couleurs donnant un petit côté psychédélique au dessin.
Je ne peux pas vraiment donner un 4 par rapport aux autres BD auxquelles j'ai donné cette cote, mais j'ajoute un coup de coeur pour faire un bon 3,5.
Bref, même si on n’y comprend pas grand-chose, on passe un bon moment de lecture. Un vrai ovni à découvrir.
Cette série laisse rêveur ou « cauchemareur », c’est suivant.
Le zombie est à la mode, on le voit traité sous toutes ses formes et le thème est loin d’être nouveau. Alors qu’est-ce qui fait que cette bd est si brillante et accroche tant le lecteur ? Sûrement le fait qu’elle ne s’intéresse pas aux zombies en tant que tels, ni aux causes de leur triste sort, mais à la survie des rescapés et surtout au delà de cette survie, de l’organisation de la vie dans de toutes nouvelles conditions des personnes saines.
Il est ici question de la coexistence de personnes qui ne se sont pas choisies et qui doivent vivre ensemble alors que plus aucune règle n’existe. Toutes les formes d’organisation (ou une grande part) sont passées en revue au fur et à mesure des pérégrinations de notre groupe de « héros » ordinaires. L’aspect sociologique et psychologique est bien traité, on évite les écueils des stéréotypes et on se surprend à se demander ce que l’on aurait fait dans telle ou telle situation.
Si les tomes se suivent (et se lisent !) à un rythme effréné, il faut convenir qu’il ne sont pas tous du même niveau, mais même les moins dynamiques sont de très bonne facture. On suit avec une vraie avidité les aventures de chacun, une forme de peur au ventre, car on découvre rapidement que les auteurs n’ont pas peur de faire mourir leurs personnages ! Et on se demande bien ou tout cela va nous amener…
A lire, même si vous n’êtes pas fan de zombies, car au final, on en voit peu…(mais un peu quand même !)
7 tomes de parus et force est de constater que le rythme ne faiblit pas et l’intrigue reste toujours aussi…intrigante !
Pendant longtemps on a voulu savoir ce qui arrivait à ces enfants et quand on a la réponse (bien amenée d’ailleurs), le scénario nous donne envie d’en savoir plus. C’est un peu le Lost de la bd cette série quand on y pense.
Vehlmann mène donc sa barque avec beaucoup de brio et le scénario nous tient en haleine sans nous lâcher une seconde. Ses personnages sont riches de caractère et ne peuvent pas laisser indifférents au regard des émotions qui les traversent et des actions qu’ils mènent.
Gazzotti au dessin s’en sort aussi admirablement bien. Son trait dont je suis particulièrement fan allie parfaitement le côté sombre, froid et oserais-je dire morbide de cette histoire avec l’espoir de compréhension et cette volonté des enfants à trouver une solution échappatoire dans un monde qu’ils ne comprennent pas.
A lire de 7 à 77 ans.
Que dire de cette bd qui avec La Quête de l'Oiseau du Temps a rangé Loisel dans la catégorie des grands de la bd ?
C’est brillant tellement c’est sombre !
Voilà un Peter Pan qui dénote franchement du Pan de Walt Disney. La vie ne l’a pas épargnée, et quand Clochette l’emmène avec lui, ce n’est pas beaucoup plus joli. On a ici une adaptation de l’histoire bien ancrée dans son temps, avec des aventures qui se déroulent dans un monde sans concession ou la loi du plus fort et du plus malin prime. Et dans la fourberie, Clochette n’est pas en reste.
Mais le tout est d’une justesse imparable et Disney est vite oublié pour se plonger dans ce Londres glauque et sombre et suivre un Peter Pan tourmenté.
Au dessin, on retrouve la patte du maître, de la féminité callipyge, des visages aux couteaux. C’est beau…
A lire absolument.
On est ici sur un sujet assez peu traité que ce soit dans les manuels d’histoire scolaire ou tout simplement dans les mémoires communes historique. Ou alors, ça reste presque très géographiquement très localisé.
Bref, Thierry Gloris nous livre ici un pan un peu occulté de la seconde guerre mondiale par les atrocités qui ont suivies. Et il le fait habilement en nous faisant suivre les pas de Louis, malgré nous malgré lui ( !). Le récit est dynamique, juste et on sent la documentation rigoureuse.
D’un point de vue dessin, Marie Terray affine son trait au fur et à mesure des tomes, ce dernier souligne à mon sens parfaitement le terme bande dessinée. J’entends par là qu’on est dans du trait réaliste, mais ce trait presque au crayon, ces couleurs nous laissent en permanence dans un univers graphique que certaine bd font parfois oublier tant le trait peut être froid.
C’est beau et c’est bien. A lire donc, car on a là une belle bd historique.
On est ici typiquement dans l’univers de Loisel.
Et même si ce n’est pas lui aux dessins, on pourrait presque y croire tant sa patte est là.
Graphiquement donc, on est dans du connu quant au style du susnommé. Les dessins sont agréables, avec des personnages bien marqués, des femmes callipyges et des décors qui gagnent en finesse au fil des tomes.
Côté scénario, là encore on retrouve l’influence marquée de Loisel avec un rythme assez lent, mais contribuant à insuffler à cette histoire cette ambiance si particulière et attachante. On suit les péripéties de Pauline et Erwan avec un intérêt grandissant. Les informations sont données au compte goutte, mais suffisamment pour maintenir la curiosité.
La série est prévue en 5 tomes et j’ai hâte que le dernier sorte pour nous livrer tous ses secrets.
Une sacrée claque cette bd.
On a ici une histoire poignante, sombre et dure parfaitement mise en image par Alfred. Son trait, son style, la mise en couleur viennent parfaitement appuyer cette ambiance où se mêlent les sentiments sur fond de guerre civile.
Si le premier tome apporte quelques touches de légèreté et de lumière dans cette trilogie, les deux autres tomes sont durs et peu enclins à l’espoir. Mais malgré cette noirceur, il se dégage une vraie beauté de cette histoire d’amour, d’exil et de mort dans un contexte politique allégorique, mais tellement juste.
Chacun des personnages est ciselé, précis et le tout est d’une grande justesse. Le personnage du dictateur fait froid dans le dos tant il fait écho.
L’ensemble est sans appel et la dernière planche claque comme un coup de feu.
Cette bd aborde un thème similaire au bien connu Monstres & Cie : ce qu’il se passe dans le placard des enfants la nuit. Mais la ressemblance s’arrête là. Aussi bien graphiquement que scénaristiquement.
Les dessins sont à la fois sombres et confinés, même les scènes se déroulant en extérieur semblent se jouer dans un espace réduit. Sûrement le résultat de ce style au crayonné, mais le rendu nous livre un Obscur oppressant.
Sur le scénario, si l’idée n’est pas nouvelle, c’est le traitement qui en fait ici son originalité. On n’est pas dans l’univers bon enfant où tout finit bien pour tout le monde. Des personnages meurent, d’autres sont des lâches, des traitres. Peu de consensus, et ce n’est clairement pas une bd destinée à un jeune public.
Sur le rythme, si le premier tome va bon train, j’ai trouvé dans le second un peu plus de longueur, et si le but avoué de ces jouets est de retrouver leur enfant, je trouve leur méthode de recherche pour le moins un peu erratique. Comme si ce but premier n’était au final qu’une trame de fond pour narrer les aventures des personnages confrontés au croquemitaine. Et du coup, je trouve que ça manque un peu de cohérence.
Mais on reste sur une belle histoire, joliment racontée pour le moment. A voir avec la suite à paraître….
Quelle série brillante. On se promène ici aux limites de la bd historique, du documentaire et du roman. L’ensemble est mixé avec brio.
Histoire basée sur des faits réels, on est ici tenu en haleine tout au long des tomes que constitue la vie de Joseph Joanovici, personnage si controversé par sa collaboration qui a permis de sauver des vies pendant la guerre, mais qui en a aussi profité pour s’enrichir grâce aux Allemands. L’ambiguïté du personnage, de son entourage, de ses manœuvres est parfaitement rendue par le scénario. On admire et on déteste tour à tour ce juif opportuniste et ses frasques.
Côté dessin, on est là dans une application parfaite. Le rendu, les couleurs collent une ambiance à la série qui nous plonge immédiatement dans le récit. Le tout est vraiment soigné, les cadrages habiles.
Une bd à lire, à découvrir et à partager.
Dernière œuvre fleuve de Craig Thompson qui ne laisse pas indiffèrent. Et ce ne sont pas les avis ci dessous qui vont me faire dire le contraire….
Graphiquement, on retrouve le style qui caractérise maintenant l’auteur avec sa maitrise du noir et blanc qui va grandissant au fil de ses albums et des années qui passent. Le travail est tel que certaines planches de ce roman me laissent en extase pendant plusieurs minutes et Dieu sait que ce n’est pas facile vu le poids du bouquin. On est dans du Thompson pur jus et moi je trouve ça beau.
Côté scénario, c’est assez déstabilisant. D’abord parce que je n’ai pas su me situer dans le temps : contemporain ou 50 ans en arrière ? Et puis au fil de la lecture, j’ai laissé tomber, car un conte n’a pas de repère temporel. En 600 pages, Graig Thompson aborde un peu tout ce qui lui tient à cœur. Ça fait beaucoup, mais pour moi, le liant à fonctionné. Peut-être pas aussi bien que pour un Blanket, mais j’ai lu Habibi sans rechigner, ni m’embêter.
Scénaristiquement peut-être pas le meilleur de Thompson, mais graphiquement il n’a jamais été aussi bon.
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Jim Henson's Tale of Sand
Euh… c’était quoi ça ? Voilà ma première réaction en refermant ce livre. Un récit totalement barré, complètement loufoque, une adaptation en BD d’un scénario que Jim Henson et Jerry Juhl n’ont jamais pu réaliser faute d’un producteur assez fou pour se lancer dans l’aventure. On suit le personnage principal (dont on ne sait rien au début, même pas le nom… et dont on ne saura pas plus à la fin !) dans sa folle course poursuite à laquelle il ne comprend rien... et nous non plus ! Mais faut-il vraiment comprendre ? (Par exemple, que viennent foutre ces joueurs de football américain en plein désert ???) Je pense que non, il faut juste se laisser porter par le flot des événements jusqu’à la fin (ou le début ?) de la BD. Et le découpage, la quasi absence de texte et le dessin sont excellents pour ça, l’idée de fuite, d’urgence et de vitesse est très bien rendue, le récit est mené à 100 à l’heure du début à la fin. Les couleurs, vives, flashantes parfois, ajoutent également à l’aspect délirant du scénario. Certaines pages sont presque totalement roses tandis que d’autres mélangent allègrement les couleurs donnant un petit côté psychédélique au dessin. Je ne peux pas vraiment donner un 4 par rapport aux autres BD auxquelles j'ai donné cette cote, mais j'ajoute un coup de coeur pour faire un bon 3,5. Bref, même si on n’y comprend pas grand-chose, on passe un bon moment de lecture. Un vrai ovni à découvrir.
Walking Dead
Cette série laisse rêveur ou « cauchemareur », c’est suivant. Le zombie est à la mode, on le voit traité sous toutes ses formes et le thème est loin d’être nouveau. Alors qu’est-ce qui fait que cette bd est si brillante et accroche tant le lecteur ? Sûrement le fait qu’elle ne s’intéresse pas aux zombies en tant que tels, ni aux causes de leur triste sort, mais à la survie des rescapés et surtout au delà de cette survie, de l’organisation de la vie dans de toutes nouvelles conditions des personnes saines. Il est ici question de la coexistence de personnes qui ne se sont pas choisies et qui doivent vivre ensemble alors que plus aucune règle n’existe. Toutes les formes d’organisation (ou une grande part) sont passées en revue au fur et à mesure des pérégrinations de notre groupe de « héros » ordinaires. L’aspect sociologique et psychologique est bien traité, on évite les écueils des stéréotypes et on se surprend à se demander ce que l’on aurait fait dans telle ou telle situation. Si les tomes se suivent (et se lisent !) à un rythme effréné, il faut convenir qu’il ne sont pas tous du même niveau, mais même les moins dynamiques sont de très bonne facture. On suit avec une vraie avidité les aventures de chacun, une forme de peur au ventre, car on découvre rapidement que les auteurs n’ont pas peur de faire mourir leurs personnages ! Et on se demande bien ou tout cela va nous amener… A lire, même si vous n’êtes pas fan de zombies, car au final, on en voit peu…(mais un peu quand même !)
Seuls
7 tomes de parus et force est de constater que le rythme ne faiblit pas et l’intrigue reste toujours aussi…intrigante ! Pendant longtemps on a voulu savoir ce qui arrivait à ces enfants et quand on a la réponse (bien amenée d’ailleurs), le scénario nous donne envie d’en savoir plus. C’est un peu le Lost de la bd cette série quand on y pense. Vehlmann mène donc sa barque avec beaucoup de brio et le scénario nous tient en haleine sans nous lâcher une seconde. Ses personnages sont riches de caractère et ne peuvent pas laisser indifférents au regard des émotions qui les traversent et des actions qu’ils mènent. Gazzotti au dessin s’en sort aussi admirablement bien. Son trait dont je suis particulièrement fan allie parfaitement le côté sombre, froid et oserais-je dire morbide de cette histoire avec l’espoir de compréhension et cette volonté des enfants à trouver une solution échappatoire dans un monde qu’ils ne comprennent pas. A lire de 7 à 77 ans.
Peter Pan
Que dire de cette bd qui avec La Quête de l'Oiseau du Temps a rangé Loisel dans la catégorie des grands de la bd ? C’est brillant tellement c’est sombre ! Voilà un Peter Pan qui dénote franchement du Pan de Walt Disney. La vie ne l’a pas épargnée, et quand Clochette l’emmène avec lui, ce n’est pas beaucoup plus joli. On a ici une adaptation de l’histoire bien ancrée dans son temps, avec des aventures qui se déroulent dans un monde sans concession ou la loi du plus fort et du plus malin prime. Et dans la fourberie, Clochette n’est pas en reste. Mais le tout est d’une justesse imparable et Disney est vite oublié pour se plonger dans ce Londres glauque et sombre et suivre un Peter Pan tourmenté. Au dessin, on retrouve la patte du maître, de la féminité callipyge, des visages aux couteaux. C’est beau… A lire absolument.
Malgré nous
On est ici sur un sujet assez peu traité que ce soit dans les manuels d’histoire scolaire ou tout simplement dans les mémoires communes historique. Ou alors, ça reste presque très géographiquement très localisé. Bref, Thierry Gloris nous livre ici un pan un peu occulté de la seconde guerre mondiale par les atrocités qui ont suivies. Et il le fait habilement en nous faisant suivre les pas de Louis, malgré nous malgré lui ( !). Le récit est dynamique, juste et on sent la documentation rigoureuse. D’un point de vue dessin, Marie Terray affine son trait au fur et à mesure des tomes, ce dernier souligne à mon sens parfaitement le terme bande dessinée. J’entends par là qu’on est dans du trait réaliste, mais ce trait presque au crayon, ces couleurs nous laissent en permanence dans un univers graphique que certaine bd font parfois oublier tant le trait peut être froid. C’est beau et c’est bien. A lire donc, car on a là une belle bd historique.
Le Grand Mort
On est ici typiquement dans l’univers de Loisel. Et même si ce n’est pas lui aux dessins, on pourrait presque y croire tant sa patte est là. Graphiquement donc, on est dans du connu quant au style du susnommé. Les dessins sont agréables, avec des personnages bien marqués, des femmes callipyges et des décors qui gagnent en finesse au fil des tomes. Côté scénario, là encore on retrouve l’influence marquée de Loisel avec un rythme assez lent, mais contribuant à insuffler à cette histoire cette ambiance si particulière et attachante. On suit les péripéties de Pauline et Erwan avec un intérêt grandissant. Les informations sont données au compte goutte, mais suffisamment pour maintenir la curiosité. La série est prévue en 5 tomes et j’ai hâte que le dernier sorte pour nous livrer tous ses secrets.
Le Désespoir du Singe
Une sacrée claque cette bd. On a ici une histoire poignante, sombre et dure parfaitement mise en image par Alfred. Son trait, son style, la mise en couleur viennent parfaitement appuyer cette ambiance où se mêlent les sentiments sur fond de guerre civile. Si le premier tome apporte quelques touches de légèreté et de lumière dans cette trilogie, les deux autres tomes sont durs et peu enclins à l’espoir. Mais malgré cette noirceur, il se dégage une vraie beauté de cette histoire d’amour, d’exil et de mort dans un contexte politique allégorique, mais tellement juste. Chacun des personnages est ciselé, précis et le tout est d’une grande justesse. Le personnage du dictateur fait froid dans le dos tant il fait écho. L’ensemble est sans appel et la dernière planche claque comme un coup de feu.
L'Etoffe des Légendes
Cette bd aborde un thème similaire au bien connu Monstres & Cie : ce qu’il se passe dans le placard des enfants la nuit. Mais la ressemblance s’arrête là. Aussi bien graphiquement que scénaristiquement. Les dessins sont à la fois sombres et confinés, même les scènes se déroulant en extérieur semblent se jouer dans un espace réduit. Sûrement le résultat de ce style au crayonné, mais le rendu nous livre un Obscur oppressant. Sur le scénario, si l’idée n’est pas nouvelle, c’est le traitement qui en fait ici son originalité. On n’est pas dans l’univers bon enfant où tout finit bien pour tout le monde. Des personnages meurent, d’autres sont des lâches, des traitres. Peu de consensus, et ce n’est clairement pas une bd destinée à un jeune public. Sur le rythme, si le premier tome va bon train, j’ai trouvé dans le second un peu plus de longueur, et si le but avoué de ces jouets est de retrouver leur enfant, je trouve leur méthode de recherche pour le moins un peu erratique. Comme si ce but premier n’était au final qu’une trame de fond pour narrer les aventures des personnages confrontés au croquemitaine. Et du coup, je trouve que ça manque un peu de cohérence. Mais on reste sur une belle histoire, joliment racontée pour le moment. A voir avec la suite à paraître….
Il était une fois en France
Quelle série brillante. On se promène ici aux limites de la bd historique, du documentaire et du roman. L’ensemble est mixé avec brio. Histoire basée sur des faits réels, on est ici tenu en haleine tout au long des tomes que constitue la vie de Joseph Joanovici, personnage si controversé par sa collaboration qui a permis de sauver des vies pendant la guerre, mais qui en a aussi profité pour s’enrichir grâce aux Allemands. L’ambiguïté du personnage, de son entourage, de ses manœuvres est parfaitement rendue par le scénario. On admire et on déteste tour à tour ce juif opportuniste et ses frasques. Côté dessin, on est là dans une application parfaite. Le rendu, les couleurs collent une ambiance à la série qui nous plonge immédiatement dans le récit. Le tout est vraiment soigné, les cadrages habiles. Une bd à lire, à découvrir et à partager.
Habibi
Dernière œuvre fleuve de Craig Thompson qui ne laisse pas indiffèrent. Et ce ne sont pas les avis ci dessous qui vont me faire dire le contraire…. Graphiquement, on retrouve le style qui caractérise maintenant l’auteur avec sa maitrise du noir et blanc qui va grandissant au fil de ses albums et des années qui passent. Le travail est tel que certaines planches de ce roman me laissent en extase pendant plusieurs minutes et Dieu sait que ce n’est pas facile vu le poids du bouquin. On est dans du Thompson pur jus et moi je trouve ça beau. Côté scénario, c’est assez déstabilisant. D’abord parce que je n’ai pas su me situer dans le temps : contemporain ou 50 ans en arrière ? Et puis au fil de la lecture, j’ai laissé tomber, car un conte n’a pas de repère temporel. En 600 pages, Graig Thompson aborde un peu tout ce qui lui tient à cœur. Ça fait beaucoup, mais pour moi, le liant à fonctionné. Peut-être pas aussi bien que pour un Blanket, mais j’ai lu Habibi sans rechigner, ni m’embêter. Scénaristiquement peut-être pas le meilleur de Thompson, mais graphiquement il n’a jamais été aussi bon.