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Couverture de la série Entre-Monde
Entre-Monde

BD de Yanouch, auteur ayant fondé Y.I.L. édition (Yanouch Industrie Lourde). Traitée dans un style original mêlant photo et 3D en noir et blanc, cette série joue sur le parallèle entre deux mondes, le nôtre et celui d'Ekko, héroïne fantasmée de l'écrivain Samuel Fausset. Le monde d'Ekko est une Terre post-apocalyptique, violente et baroque. Par certains côtés (réel/irréel) l'histoire fait penser à Matrix. On pourrait aussi parler de cyberpunk. Original et beau !

07/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Krys Farell
Krys Farell

Nouvelle série de la petite boîte qui monte, Y.I.L. édition ! Les auteurs sont novices, mais nous livrent une série ambitieuse. Et lorsque l'on passe sur les imperfections, on découvre une histoire qui lorgne du côté de 24 heures ou Die Hard et retranscrit bien l'ambiance des films américains de ce genre.

07/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Sisco
Sisco

Après lecture des 6 tomes, voici une série réjouissante comme j'aime, qui n'hésite pas à farfouiller dans les arcanes de la politique, loin de ce que font les Ricains quand ils dénoncent leur démocratie, mais ça s'en approche. "Sisco" marque un retour aux sources au sein de la collection Troisième Vague du Lombard qui s'était un peu dispersée, un retour vers le thriller politique dans un style proche de Alpha ou I.R.$., tout en évoluant dans une thématique différente. J'adore les personnages pas nets, et là on nous sert un type, Vincent Sisco, une sorte de barbouze qui se place dans la mouvance des héros de BD et de l'écran qui ne sont pas foncièrement sympathiques : odieux avec ses maîtresses, méprisant avec ses collègues, insolent avec ses supérieurs, froid dans sa profession, il est loin des personnages monolithiques d'antan ; désormais, les héros sont ambigus et s'éloignent de plus en plus de l'image lisse qu'ils ont véhiculée pendant longtemps. Même James Bond depuis Casino Royale n'est plus aussi clean qu'avant. Sisco est un de ces hommes de l'ombre au service de l'Elysée, qui "effacent" les grains de sable et autres rouages qui grippent la mécanique bien huilée de la politique, l'homme idéal pour protéger le président de ses petits secrets, en s'assurant de l'immunité de la République. Dès le premier diptyque, l'histoire s'inspire d'une affaire réelle sous Mitterrand, et plante magistralement le portrait d'un héros cynique qui choisit une cour où les loups se dévorent entre eux. Malgré cet aspect négatif, le lecteur se surprend à aimer ce héros qu'il a envie de voir gagner à la fin, au milieu d'un festival réussi de meurtres, pièges et machinations sordides. Dans le second diptyque, on apprend aussi des trucs, Sisco est malmené par les caprices de la fille du président, une peste qui évolue dans un milieu de riches bien rendu. Legrain, par son graphisme clair et fignolé, et son soin du décor, sert à merveille les sujets haletants écrits par Benec, qui sont entrain de faire de cette série un nouveau classique à l'originalité forte. J'ai un petit faible pour cette Bd, et je la note bien même si certains penseront qu'elle est trop commerciale ou qu'elle ne le mérite pas...

06/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Mordillo
Mordillo

Comme Serre, Mordillo est considéré comme un dessinateur de dessin humoristique, mais il a parfois approché la bande dessinée d'une façon un peu hybride avec ses célèbres Girafes que j'ai découvert dans Pif-Gadget vers 1972 ; d'emblée j'ai accroché à ce type d'humour et à ce dessin qu'il a servi avec une qualité extraordinaire dans des situations cocasses et surréalistes. Mordillo s'est rendu célèbre avec ses buildings, ses labyrinthes, ses montagnes et ses jungles colorées où ses petits bonshommes aux gros nez et aux formes rondouillardes se plaisent à évoluer. A mi-chemin entre BD et illustration, il propose des gags toujours muets basés sur l'absurde et agrémentés de couleurs vives. Le tout est toujours d'une grande finesse. On regarde, on observe avec délice tous les détails, on y revient... un vrai régal. Je le place à égalité avec Serre parmi les meilleurs humoristes du dessin. Pas besoin d'avoir tous les albums, on peut lire les "Opus" en biblio, et posséder au moins "Mordillo Football" (avec préface de Pelé) qui est certainement son meilleur.

06/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Serre
Serre

Serre, c'est pas de la BD, c'est du dessin humoristique ! mais qu'est-ce que c'est bon. C'est un monument du dessin d'humour, un type qui sait manier un crayon avec un brio et une habileté percutante. Dès que je l'ai découvert, j'ai tout de suite aimé cette ration de rire corrosive et décapante servie par un dessin au style reconnaissable, fouillé et tout en trames finement travaillées. En 1977, j'ai réussi à obtenir ma première dédicace à Angoulême sur l'album Le Sport, ce fut un grand moment d'être en face de ce monsieur. Je recommande tous ses classiques comme " la Bouffe ", à l'humour des plus sarcastique, avec des dessins superbement dégueu ; " Vice compris " avec des dessins parus dans Lui et des revues masculines (mais c'est loin d'être le meilleur) ; " Savoir Vivre " où la mort est un beau sujet pour triturer l'âme humaine et un humour très très noir ; " le Sport " est vraiment impitoyable avec les sportifs ; " Humour noir et hommes en blanc ", un best-seller dont la vision cruelle des hôpitaux et des professions médicales est très forte ; " l'Automobile ", pour moi le meilleur où l'absurde le dispute à l'humour rigolard. Serre, c'est un énorme éclat de rire qui peut se lire vite, mais on peut aussi après avoir ri du gag, détailler le dessin toujours efficace avec ses trames et certaines gueules, s'attarder et y revenir longtemps après sans que le gag ait perdu sa force.

06/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Plume aux vents (Les 7 vies de l'épervier - 2ème époque)
Plume aux vents (Les 7 vies de l'épervier - 2ème époque)

Dans mon avis sur Les 7 vies de l'épervier, j'évoquais déja cette série qui en est la suite directe tant attendue par les fans, en dehors de toutes les séries dérivées lancées par Cothias avec d'autres dessinateurs. Il est vrai qu'elle n'était peut-être pas justifiée au regard d'un tel monument de la BD historique, tout au moins au début, mais en y réfléchissant bien, la fin des 7 Vies... m'avait un peu déçu, aussi, cette suite s'imposait finalement, surtout qu'elle arrive 4 ans après, chez un autre éditeur, et propose une nouvelle histoire, c'est pas de la resucée, donc je fonce tête baissée évidemment. Et je ne suis pas déçu ; sans atteindre l'aura mythique imprimée à la série mère, les 2 auteurs Cothias et Juillard qui se retrouvent, réussissent une série passionnante. Elle s'attache au personnage central d'Ariane de Troïl, devenue une belle jeune femme, partie aux Amériques à la recherche de son père. Le récit démarre un peu lentement lorsqu'elle croupit à demi-folle dans un hospice à la merci de Gaston d'Orléans, frère du roi, puis elle met au monde l'enfant de Germain Grandpin qui sera recueilli par le couple Lenclos, avant de retrouver sa raison et de partir vers le Nouveau Monde avec Champlain. Comme toujours, Cothias est très doué pour mêler l'Histoire, la petite histoire et le fictif en un enchevêtrement extrêmement bien agencé, et Juillard réussit une superbe description des paysages canadiens et des peuples qui y vivent, grâce à son trait toujours aussi lumineux ; ces épisodes indiens d'une époque d'avant les colons du XVIIIème siècle, sont magnifiques et poétiques, c'est assurément ma partie préférée de cette série, on y sent une pureté en harmonie avec la nature chez ces peuples, qui sera détruite 2 siècles plus tard par les conquêtes de leurs territoires. 4 albums qui s'imposent pour les fans.

05/08/2013 (modifier)
Par Ned C.
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe

AAaah le Gaston Lagaffe !! Pour moi, c'est un personnage avant d'être une bande dessinée. J'entends par là que je ne riais que très rarement aux gags mais j'étais attaché irrésistiblement au personnage. Ce flemmard sans relâche qui dans la vraie vie se ferait étrangler par ses collègues de bureau ou pire, virer. Je me demandais tout le temps "Il est encore là, lui ??? Il a fait péter le bureau la semaine dernière et tout va bien ?". Et malgré cette fainéantise sans limites, Gaston est un génie. Il invente à tour de bras (ceci n'empêche pas celà). Lagaffe, c'était aussi une dégaine divinement naze : un corps de grenouille avec une grosse tête, une coupe de cheveux de gueux moyen-ageux, un air constamment endormi et une paire de tatanes toutes déglinguées (rien que ça, ça me faisait marrer). Frustrations à répétitions lorsque je voyais les échecs chroniques de la signature de contrat avec Demesmaeker ou la relation platonique avec mademoiselle Jeanne. Mais Gaston est un gars solide et ne se démonte pas pour des futilités. Achat fortement recommandé à tout le monde. Lecture obligatoire pour la jeunesse actuelle (beh oui, ils ont pas d'argent!) pour qu'ils en prennent de la graine d'insoumission. M'ENFIN !

29/07/2013 (modifier)
Par Ned C.
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Voyage au bout de la Lune
Voyage au bout de la Lune

L'humour de Daniel Goossens fait s'esclaffer certains et d'autres demandent ce qu'il y a de drôle. Je fais radicalement partie de la première catégorie. Il est pour moi un génie de l'humour (ni plus, ni moins) et mon auteur préféré au sein de l'équipe Fluide Glacial. J'ai pourtant plus de plaisir à lire ses albums que les extraits pré-publiés dans le magazine. Peut-être est-ce dû à une meilleure fluidité narrative ou que sais-je... Bref. "Voyage au bout de la lune" est pour moi, avec L'Encyclopédie des Bébés, un des ses meilleurs albums (je les ai quasiment tous, à l'exception de deux ou trois désormais presque introuvables). Un album que j'ai relu à chaque fois avec le même plaisir et surtout qui me fait rire systématiquement. Les personnages sont caricaturaux et sont souvent parodiques. Mentions spéciales au professeur et surtout au sergent Jack, râleur obsessionnel et sarcastique. La gent militaire en prend pour son grade (ouuuuh je l'aime bien celle-là) dans cette histoire où celui qui pourrait être considéré comme le plus brillant (le prof scientifique) est tout simplement ignoré. Mais ce qui fait la force de cette oeuvre -et dans le travail de Goossens en général- sont les dialogues et les tronches de ses personnages. Ce sont des fois des tout petits riens qui me font rire bêtement : une grimace, une non-grimace, une position, un gros mot judicieusement placé, une réflexion pertinente qui tombe à plat,... "Et voilà. Je t'avais dit. Tu as cassé le talon de ta chaussure. On ne peut pas marcher avec ça. C'est normal, bonhomme. Les talons aiguilles, ça oblige à se dandiner comme une cocotte. Alors bien sûr, pendant un temps on piaffe, on glousse, on se pavane, mais un jour ça casse." Comme d'habitude l'aventure dérive là où nous ne nous y attendions pas et je trouve qu'ici l'absurde est savamment dosé. Les clichés du cinéma d'action et d'aventure sont brillamment ridiculisés. Le comique prend de plus en plus d'importance au fur et à mesure du déroulement de l'histoire. Et pour ceux qui connaissent Georges et Louis, ils auront le bonheur de découvrir Louis en militaire (je vous laisse imaginer le pire).

27/07/2013 (modifier)
Par montane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ardalén - Vent de mémoires
Ardalén - Vent de mémoires

Chamboulée dans sa vie professionnelle et personnelle, Sabela décide de se rendre en Galice afin d'y retrouver un ami de sa famille. Lui seul pourra, pense t-elle, lui communiquer des informations sur son grand père, parti chercher fortune du coté de Cuba il y a fort longtemps. Arrivé sur les lieux, elle doit rapidement faire face à la méfiance, voire à l'hostilité des locaux qui la soupçonne de vouloir faire main basse sur la fortune supposé de Fidel, un vieil original qui vit un peu en marge de la communauté. Une relation de confiance et d'amitié va alors s'installer entre Fidel et Sabela, cette dernière ayant le sentiment que Fidel a pu connaitre son grand père. Celui ci ne cesse en effet de lui faire part de ses souvenirs de voyage accumulés alors qu'il travaillait sur les navires. Fidel vit en effet au milieu des fantômes du passé, Rosalia une prostituée avec qui il aurait eut une relation et Ramon un séducteur qui fut un de ses compagnons de voyage. Et au milieu de tout ca, il y a des poissons, des baleines un peu comme dans "les baleines publiques" l'ouvrage de Frank Pé dans la série Broussaille chez Dupuis. Fidel le jure il se souvient bien du grand père de Sabela qui s'enthousiasme de plus en plus pour ce vieil homme. Pourtant la cafetière du village est formelle : Fidel n'a jamais quitté l'Espagne, où il a été élevé par une mère maquerelle. A qui appartiennent donc ses souvenirs ? Sont-ce les siens ou ceux des autres ? Entre rêve et réalité, Prado nous entraîne dans un superbe récit sur la mémoire, constituée de souvenirs réels ou imaginaires au travers de plus de 250 planches d'une beauté à couper le souffle dessinées en couleur directes, qui sont autant de superbes tableaux. Le grand auteur Espagnol nous revient ainsi dans un récit onirique dans la même veine sur Trait de craie ou le passé resurgit dans le présent. Une œuvre superbe et rare malheureusement reproduite dans un petit format, sans doute pour des considérations économiques. Mais que cela n'arrête pas le lecteur et qu'il se plonge vite dans ce beau récit initiatique.

25/07/2013 (modifier)
Par alex
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Litteul Kévin
Litteul Kévin

Je sais que la politique du site est d'éviter les 5/5 car ils ne sont réservés qu'aux BD cultes. Mais qui peut juger ou non de l'intégration ou non d'une BD au panthéon des BD ayant marqué l'histoire. Il ne s'agit que d'un avis subjectif à chaque fois, même si 1000 personnes le pensent. Autant, la 1001ème ne sera pas du même avis, ni même les 150.000 suivantes. D'un point de vue personnel, je trouve les séries "Litteul Kévin" et Mammouth et Piston cultissimes tant elles nous renvoient à cette période où l'argot était encore drôle et coloré. Les personnages sont tout autant charismatiques et hauts en couleurs les uns que les autres, et les jeux de mots sont souvent fins et subtils, contrairement à ce qu'une certaine pseudo-élite voudrait le faire croire. Je tiens à remercier l'auteur Coyote (que j'aimerais beaucoup rencontrer un jour afin de tailler une bavette), et je rêverais qu'il reprenne Mammouth et Piston ainsi que "Litteul Kévin" qui me font mourir de rire chaque fois que je les relis ; et dieu sait que je les relis au moins 2 fois par semaine depuis quelques années. Merci Coyote !

24/07/2013 (modifier)