Trois vieux roudoudous, réunis pour l’enterrement de Lucette, l’épouse de l’un d'entre eux, se retrouvent embarqués dans une folle équipée vers l’Italie, à cause d’une histoire vieille de 50 ans, en compagnie de Sophie, petite-fille et sosie de Lucette, enceinte de 7 mois.
Antoine, le nouveau veuf de la bande, a passé sa vie à la tête de la section syndicale d’un gros laboratoire pharmaceutique. Émile cache une vie de bâton de chaise sous des dehors de papi respectable pour jardin public. Pierre, le plus brindezingue des trois, anime le collectif d’aveugles anarchistes « Ni Yeux ni maître ».
Malgré leur âge canonique, nos trois compères n’ont renoncé ni à leur esprit frondeur ni à leur goût pour les bêtises d’adolescents. Heureusement, Sophie veille sur eux. Une Sophie pas plus raisonnable que son grand-père pourtant, qui a quitté boulot et mec à Paris, pour venir reprendre le « Loup en slip », le théâtre de marionnettes itinérant de sa grand-mère, et qui est capable d’engueuler une bande de touristes septuagénaires sur une aire d’autoroute, en leur expliquant qu’ils sont la pire génération de toute l’histoire de l’humanité.
Dans la veine des Petits Ruisseaux ou du roman Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, les Vieux Fourneaux est une réjouissante pochade qui se moque des « seniors » sans tabous pour rappeler que la vie se déguste à tous les âges et que la vraie vieillesse, c’est de renoncer.
Le dessin très expressif de Cauuet, dans la veine de Lelong, rajoute de la vigueur à cette histoire très bien troussée.
Une de mes plus jolies découvertes de 2014 !
Roméo et Juliette chez Flash Gordon. Présentée comme ça, la comparaison pourrait faire fuir. Ne faites pas cette erreur, cette série est une belle réussite !
Depuis longtemps, les habitants de Continent font la guerre aux habitants de Couronne, la lune de leur planète. Par peur de détruire le fragile équilibre des deux astres, ils ont exporté leur conflit sur tous les mondes habitables des alentours.
Peu de choses distinguent les Luniens des Continentaux, sinon que ces derniers portent de petites ailes de libellule dans le dos, tandis que les premiers arborent des cornes de bouc sur la tête. Deux espèces différentes ? Même pas, puisqu’ils sont interfertiles.
C’est en tout cas ce que découvrent Alana, la fille de Continent, et Marko, le Lunien. Aucune des deux armées ne peut tolérer une telle trahison. Et les voilà désormais poursuivis par les deux camps à la fois, plus quelques chasseurs de primes.
L’histoire ne finira pas trop mal sans doute pour l’enfant de leur union, la petite Hazel, puisque c’est elle, en voix off, qui raconte toute l’aventure.
Si le scénario de base est assez simple –la cavale de deux amoureux-, l’univers déployé autour d’eux par Vaughan, scénariste de la série Lost, déborde d’imagination et de créatures féériques ou cauchemardesques : prince robot à tête de télévision, fusée vivante poussant comme un arbre, araignée à buste de femme... Peu d’univers de space opéra en bande dessinée avaient réussi à déployer une telle inventivité visuelle depuis Valérian et Laureline.
Le dessin de Fiona Staples, très réaliste –elle se photographie elle-même pour camper ses personnages féminins- sert magnifiquement cette histoire qu’on dévore sans voir passer les pages.
J’espère trouver les tomes 2 et 3 rapidement et j’attends le tome 4 avec impatience !
Le pauvre Charles IX a déclenché la Saint-Barthélémy pour faire plaisir à sa mère. Plusieurs autres de ses initiatives, pourtant louables, se sont soldées par des centaines de morts et il a fini fou après une douzaine d’années de règne sous la coupe maternelle. Mais il avait un bon fonds, rappelle la 4e de couverture…
Teulé et Guérineau en rajoutent un peu dans la description de ce que les psychiatres appelleraient aujourd’hui une famille pathologique : mère castratrice et peu aimante, fils cadet et préféré (le futur Henri III) méchant comme une teigne et vêtu comme un adepte de Cure mal sorti d’une adolescence torturée, fille carrément gothique qui se balade avec des crânes dans du formol sous le bras (la fameuse reine Margot).
Au milieu de cette bande de cinglés, le pauvre Charles, mal préparé à devenir roi à la place d’un grand frère mort trop tôt, tente tant bien que mal de s’en sortir. Plutôt mal que bien. Le souvenir de la Saint-Barthélémy, qui ouvre le récit, ne va pas l’y aider. L’histoire raconte en réalité les deux dernières années de règne –et de vie- de Charles IX, et sa plongée dans la folie, jusqu’à se mettre à chasser le cerf dans son château, nu comme un ver sur son cheval.
Guérineau n’y va pas avec le dos de la cuillère. Certes l’époque était assez gratinée. Mais le récit est souvent un poil démonstratif et les personnages trop caricaturaux. La farce macabre l’emporte sur l’étude de caractères.
Le dessin souple et nerveux, les personnages aux gueules marquées renforcent encore ce parti pris théâtral et outrancier. Il y a du Shakespeare dans cette histoire, la complexité et l’introspection en moins.
Bravo pour finir à la mise en page dynamique et aux couleurs très réussies.
Pas un chef d’œuvre impérissable mais un très bel album et une excellente surprise de ce millésime 2014.
J'ai toujours été amateur de Larcenet, que ce soit pour son humour (avec des séries comme Nic Oumouk, Bill Baroud ou La Loi des Series), ou sa série la plus connue Le Combat ordinaire. Bon y'a bien quelques accidents de parcours du genre Guide de la survie en entreprise, mais dans l'ensemble ça se tient, tout en travaillant sur une large palette, tant dans les genres, les publics (Superbes Cosmonautes du futur !) que graphiquement, avec le surprenant Presque de 1998.
C'est là que "Blast" tombe.
On croyait connaître l'étendue du talent de Larcenet, et voilà qu'il nous pond une œuvre hors norme. Hors norme, oui c'est vraiment l'expression qui me semble coller parfaitement à cet OVNI.
Tout d'abord l'objet. Une couverture qui interpelle et qui est un véritable appel à la lecture. Vient ensuite le traitement graphique : tout simplement sublime ; un encrage qui convient à merveille à l'ambiance sombre et profonde de ce récit, avec ce Blast et ses bulles de couleur qui font véritablement l'effet d'un arc-en-ciel un jour d'orage : à n'importe quel âge, ça reste magique ! Et puis, il y a ces planches pleine page qui jalonnent le tout et ajoutent encore à sa beauté.
Ensuite, réaliser un premier tome de 200 pages où au final il ne s'y passe pas grand chose, ce n'est pas donné à tout le monde : quelle narration ! On ne quittera pas cette salle de garde à vue, et pourtant quel voyage dans ce récit... C'est l'incertitude qui nous tient en haleine et sera le moteur de ce premier tome. Quel est le crime de notre prévenu ? Nous n'en sauront rien pour le moment... mais on s'en fout, même si on ne sait que penser de ce personnage parfois sympathique, parfois dérangeant. Rien n'est pour l'instant définitif...
Hors norme enfin, de par le fond même de cette BD : son protagoniste Polza, bien sûr, mais aussi tous les étranges personnages qu'il va croiser. Sans tomber dans la sociologie de bas étage, Larcenet nous propose à travers Polza une vision acérée et décalée de notre société qui ne supporte pas les écarts et de ce qui ne rentre pas dans ses cases. Fondus dans notre quotidien, une part de ce qui nous entoure nous échappe... ou plutôt, fermer les yeux sur ce qui nous dérange est souvent plus facile. La meute ne supporte pas la différence : soit elle l'abandonne, soit elle l'achève. C'est le constat de la vie de Polza, qui à la mort de son père baisse la garde et décide de lâcher prise face à ce combat ordinaire des personnes qui ne rentrent pas dans les modèles imposés par nos sociétés.
On ne sait pas où nous mènera ce Blast, mais il est certain que ce premier tome très déroutant est une des grande BD de cette année, et que Larcenet a décidément beaucoup de talent. Sans s'assoir sur une renommée établie, il sait se renouveler et apporter beaucoup au 9e art : chapeau !
***Après lecture des 3 autres tomes***
Voilà c'est fait. Je viens de me relire les trois premiers tomes et le dernier que je n'avais pas encore lu. J'ai fini "Blast"... Et quel coup de massue !!!
Je crois que rarement une série BD m'aura autant travaillé, retourné et emmené aussi loin. Que ce soit graphiquement ou dans le récit qu'il construit, Manu Larcenet nous hypnotise sur plus de 800 pages. Il sait appuyer là où ça fait mal, sans faire semblant. A chaque tome on se dit que ça ne pourra pas être pire ; on se dit qu'il ne pourra pas nous entraîner plus loin... Si.
Cette descente en enfer ou dans les abîmes de la folie d'un homme et de tout ce qui l'aura conduit à tout ça est juste hallucinante... N'est-ce pas d'ailleurs ce que recherche Polza ? Ce Blast. Cet instant où son corps ne lui appartient plus et où il n'est plus qu'esprit et ne fait plus qu'un avec la nature... Sauf que cette quête n'est pas gratuite, que ce soit pour lui ou les rares personnes qu'il va croiser.
Moi qui après son premier tome me demandait vers où Manu Marcenet allait nous embarquer, j'avoue ne pas avoir été déçu... On frôle le traumatisme là ! L'adage dit que c'est le voyage qui compte et pas la destination... Yep ! Larcenet nous prouve ici qu'il a tout compris du bad trip...
Alors, oui je comprends que certains resteront définitivement hermétique à cette série, que ce soit à cause de son graphisme si marqué ou de son contenu à la noirceur sans nom, mais rien que pour être allé jusqu'au bout de cet enfer, moi je dis chapeau m'sieur Larcenet !
"Blast" rejoint donc tranquillement le petit panthéon de mes quelques BD que je considère comme "cultes" et dont je ne peux évidement que vous conseiller la lecture, tout en sachant que beaucoup se demanderont certainement pourquoi et comment on peut apprécier un tel album. Ca ne s'explique pas ; ça se vit dans les tripes.
Je ne pense pas prendre beaucoup de risques en « boostant » Storm Dogs , j’ai trouvé ce premier tome de SF excellent.
Le monde mis en place par les auteurs est débordant d’imagination, on retrouve sur Amarante, planète située aux confins de la civilisation, une faune et une flore très riches et très étonnantes. Une colonie terrienne peuplée d’aventuriers exploite le sous-sol de la lointaine planète.
Le scénario est solide et prenant, l’histoire débute avec une enquête policière orchestrée par le pouvoir central mais on bascule assez vite vers le fantastique, Amarante recèle de lourds secrets que les auteurs nous dévoilent pour l’instant à dose homéopathique.
Une histoire assez fouillée qui demande un minimum de concentration, néanmoins la lecture est passionnante.
Le dessin est très bien travaillé, les couleurs sont étonnantes mais l’ensemble est original et agréable.
La BD est munie d’un addendum expliquant de façon assez détaillée les caractéristiques des différents protagonistes, comme quoi les auteurs prennent à cœur le jeu des personnages.
Vous en avez assez des commémorations de la guerre de 1914 ? Et bien lisez Madame Livingstone de Barly Barruti et de Christophe Cassiau-Haurie, vous découvrirez un aspect méconnu de la grande guerre, celle qui se déroulait au Congo Belge.
Certes, ce n’est pas la première fois que la bande dessinée aborde la guerre de 14 sous d’autres cieux que celui de la Somme (on se souvient de Papeete 1914 de Sébastien Morice et de Didier Quella-Guyot, ou encore La Grippe Coloniale d’Appolo et d’Huo Chao Si- sur l’après guerre dans l’Ile de la Réunion) mais là nous sommes plongés dans la région des Grands Lacs où l’unique mission des hommes de l’armée royale belge est de couler un cuirassé allemand (lisez le dossier en fin d’album, et vous découvrirez l’étonnant destin de ce navire de guerre).
Sur une idée d'Appolo (tiens, tiens, le revoilà !), ce récit nous retrace l’histoire d’un aviateur, Gaston Mercier, pris entre son engagement militaire et son amitié pour le fameux « Madame Livingstone », son fixeur, comme on dit dans l’armée, métis de surcroit et se disant fils du grand explorateur.
Entre absurdité de cette guerre entre troupes coloniales, humanisme, et bravoure militaire se glisse une amitié profonde entre ces deux personnages ; parfaitement mis en image par Barly Baruti ; le tout avec des paysages du Tanganyika.
Malgré une édition dans un format plus réduit que les albums Glénat habituels, la force du dessin reste puissante. Même dans les scènes nocturnes, le dessin est précis, parfaitement maitrisé et d’une grande beauté. Quelques pleines pages viennent renforcer, pour ceux qui en doutaient encore, le talent du dessinateur.
Cet album mérite donc toute votre attention, tant par le thème retenu, que par le dessin qui, pour ma part, m’a littéralement bluffé.
Une véritable bouffée d’air frais dans une période estivale de grand calme éditorial.
Ce fut un bon moment de lecture, mais quelques petites choses me chagrinent :
. l'histoire ne prend jamais aux tripes, malgré le propos gravissime qu'elle aborde ;
. l'histoire est inventée (et pas inspirée de personnages existants), ce qui enlève clairement de la force au propos. Le fait de pouvoir me dire que l'histoire était basée sur des faits réels, quitte à ce qu'elle soit moins "extraordinaire", m'aurait un peu plus happé.
Reste la fin de l'histoire, vraiment très bien amenée, même si elle reste classique de nos jours.
Note réelle : 3,5/5.
Je découvre cet été 2014 l'oeuvre de Jean-Claude Denis, avec deux albums, ces Quelques mois à l'Amélie et Zone blanche.
Celui-ci me plaît peut-être encore davantage que le second, même si les deux sont des coups de coeur.
On y suit Aloys Clark, un auteur en plein spleen, complètement à sec, n'arrivant plus à écrire une ligne et qui retrouve un jour, en mettant un peu d'ordre dans sa bibliothèque, un livre qu'il n'a jamais lu et qu'il ignorait posséder. "Le Coucou", d'un certain Dorian.
Ce roman étrange raconte les pérégrinations de son auteur, imposteur et série et jouisseur funambule. Clark décide de suivre ses pas, à la fois dans les lieux qu'il a fréquentés et dans son jeu de l'imposture, pour tenter de retrouver l'inspiration.
Cette quête hasardeuse l'amènera à des rencontres qu'il n'avait pas du tout prévues.
Le dessin de Denis, qu'on pourrait qualifier de ligne claire adulte, rappelle Martin Veyron, Gibrat ou Giardino. Le découpage est sage et classique, mais c'est surtout le sens de l'histoire, la qualité des personnages, en un mot le talent de novelliste de Denis qui séduit.
La BD est ici tout entière au service du récit. Non pas que le dessin soit faible, mais il est tout entier au service du propos.
Un auteur justement récompensé à Angoulême.
Une fois lancé dans cette histoire, j'ai foncé tête baissée. J'avais d'abord hésité parce que ça parlait encore de pirates, et les pirates, j'en avais un peu marre. Mais comme mon pote de la Fnac m'a prêté les albums, je m'y suis mis, et finalement je n'ai pas regretté. Je me méfiais aussi de Dufaux qui ces derniers temps m'avait tant déçu avec des séries comme Conquistador (Glénat), Croisade, Ombres ou Jaguar... Sa préface m'a un peu rassuré, il y dévoile sa passion pour un certain cinéma hollywoodien que j'ai moi aussi aimé, surtout son attirance envers Errol Flynn (que je partage) ; le personnage du capitaine Flynn est donc un joli clin d'oeil.
Dufaux renouvelle les histoires de pirates par un côté plus moderne et surtout plus sanglant, on y sent l'influence des films Pirates des Caraïbes (ce n'est pas forcément une bonne référence), on n'est donc plus dans Barbe-Rouge qui pour son époque, restait tout de même la référence en la matière. Ici, la violence, l'érotisme, le sang occupent les pages, et puis surtout, ça ne se réduit pas qu'à des abordages ennuyeux, toute l'action étant pratiquement concentrée sur l'île de Puerto Blanco. Dufaux revisite le genre de belle façon, avec une intrigue qui ressemble un peu à Captain Blood, un des plus célèbres films d'Errol Flynn.
Si je marche allègrement dans cette histoire, c'est non seulement pour cette relecture plus spectaculaire, mais aussi pour le dessin de Jérémy, un trait superbe, bien maîtrisé, envoûtant, précis, qui possède une évidente ressemblance avec celui de Delaby.
Hélas, Dufaux n'est pas fidèle à sa promesse de triptyque qu'il annonce dans sa préface du tome 1, l'aventure s'étire, ça sent la récup commerciale alors que les 3 premiers tomes se tiennent bien ; il y a des flash-back importants qui permettent de mieux comprendre les enjeux de cette aventure aux nombreux rebondissements.
Il y a aussi des incohérences : dans ce siècle dominé par les hommes, et même s'il y a eu des cas de femmes pirates, un poste de gouverneur tenu par une femme, même d'une île-repaire de pirates, ce n'est guère crédible. Même chose pour Ferrango : je doute qu'un marchand d'esclaves de sa trempe devienne le jouet des caprices de son ancienne esclave..
A part ces détails, il n'y a pas d'intervention directe du fantastique sur l'histoire comme Dufaux aime souvent à le faire, c'est déjà ça, et ça reste une bonne série de détente vers laquelle je peux lever l'ancre sans regrets.
Sans aucun doute un des meilleurs scénarios de Lupano. Le Singe de Hartlepool était déjà juste magique.
Là, on se retrouve avec des dialogues dignes des "tontons flingueurs". Tous les personnages sont absolument humains, avec des défauts finalement communs. Des fous rires, des coups de sang, une vraie amitié entre amis d'enfance. Voilà les ingrédients simples d'une recette savoureuse à souhait.
L'histoire de chacun d'entre eux mériterait une histoire. On veut rapidement en savoir plus, mieux les connaitre. Un vieux qui peine à sortir d'une voiture trop basse, "rabaissée par un fossé qui s'est jeté sur la voiture" se révèle être plus tatoué qu'un yakuza et son passé pourrait faire pâlir bien des aventuriers. Un autre vieux fourneaux est un ancien syndicaliste prêt à faire ruer la société dans ses brancards juste pour le plaisir de la secouer comme par exemple en s'incrustant avec un gang d'handicapés à des soirées mondaines.
La cohérence du scénario est parfaite, les rebondissements inattendus donnent un rythme haletant à ce début de série plus que prometteur.
Un ouvrage à recommander aux ex soixante-huitards et à tous les autres. A consommer sans modération !
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Les Vieux Fourneaux
Trois vieux roudoudous, réunis pour l’enterrement de Lucette, l’épouse de l’un d'entre eux, se retrouvent embarqués dans une folle équipée vers l’Italie, à cause d’une histoire vieille de 50 ans, en compagnie de Sophie, petite-fille et sosie de Lucette, enceinte de 7 mois. Antoine, le nouveau veuf de la bande, a passé sa vie à la tête de la section syndicale d’un gros laboratoire pharmaceutique. Émile cache une vie de bâton de chaise sous des dehors de papi respectable pour jardin public. Pierre, le plus brindezingue des trois, anime le collectif d’aveugles anarchistes « Ni Yeux ni maître ». Malgré leur âge canonique, nos trois compères n’ont renoncé ni à leur esprit frondeur ni à leur goût pour les bêtises d’adolescents. Heureusement, Sophie veille sur eux. Une Sophie pas plus raisonnable que son grand-père pourtant, qui a quitté boulot et mec à Paris, pour venir reprendre le « Loup en slip », le théâtre de marionnettes itinérant de sa grand-mère, et qui est capable d’engueuler une bande de touristes septuagénaires sur une aire d’autoroute, en leur expliquant qu’ils sont la pire génération de toute l’histoire de l’humanité. Dans la veine des Petits Ruisseaux ou du roman Le Vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, les Vieux Fourneaux est une réjouissante pochade qui se moque des « seniors » sans tabous pour rappeler que la vie se déguste à tous les âges et que la vraie vieillesse, c’est de renoncer. Le dessin très expressif de Cauuet, dans la veine de Lelong, rajoute de la vigueur à cette histoire très bien troussée. Une de mes plus jolies découvertes de 2014 !
Saga
Roméo et Juliette chez Flash Gordon. Présentée comme ça, la comparaison pourrait faire fuir. Ne faites pas cette erreur, cette série est une belle réussite ! Depuis longtemps, les habitants de Continent font la guerre aux habitants de Couronne, la lune de leur planète. Par peur de détruire le fragile équilibre des deux astres, ils ont exporté leur conflit sur tous les mondes habitables des alentours. Peu de choses distinguent les Luniens des Continentaux, sinon que ces derniers portent de petites ailes de libellule dans le dos, tandis que les premiers arborent des cornes de bouc sur la tête. Deux espèces différentes ? Même pas, puisqu’ils sont interfertiles. C’est en tout cas ce que découvrent Alana, la fille de Continent, et Marko, le Lunien. Aucune des deux armées ne peut tolérer une telle trahison. Et les voilà désormais poursuivis par les deux camps à la fois, plus quelques chasseurs de primes. L’histoire ne finira pas trop mal sans doute pour l’enfant de leur union, la petite Hazel, puisque c’est elle, en voix off, qui raconte toute l’aventure. Si le scénario de base est assez simple –la cavale de deux amoureux-, l’univers déployé autour d’eux par Vaughan, scénariste de la série Lost, déborde d’imagination et de créatures féériques ou cauchemardesques : prince robot à tête de télévision, fusée vivante poussant comme un arbre, araignée à buste de femme... Peu d’univers de space opéra en bande dessinée avaient réussi à déployer une telle inventivité visuelle depuis Valérian et Laureline. Le dessin de Fiona Staples, très réaliste –elle se photographie elle-même pour camper ses personnages féminins- sert magnifiquement cette histoire qu’on dévore sans voir passer les pages. J’espère trouver les tomes 2 et 3 rapidement et j’attends le tome 4 avec impatience !
Charly 9
Le pauvre Charles IX a déclenché la Saint-Barthélémy pour faire plaisir à sa mère. Plusieurs autres de ses initiatives, pourtant louables, se sont soldées par des centaines de morts et il a fini fou après une douzaine d’années de règne sous la coupe maternelle. Mais il avait un bon fonds, rappelle la 4e de couverture… Teulé et Guérineau en rajoutent un peu dans la description de ce que les psychiatres appelleraient aujourd’hui une famille pathologique : mère castratrice et peu aimante, fils cadet et préféré (le futur Henri III) méchant comme une teigne et vêtu comme un adepte de Cure mal sorti d’une adolescence torturée, fille carrément gothique qui se balade avec des crânes dans du formol sous le bras (la fameuse reine Margot). Au milieu de cette bande de cinglés, le pauvre Charles, mal préparé à devenir roi à la place d’un grand frère mort trop tôt, tente tant bien que mal de s’en sortir. Plutôt mal que bien. Le souvenir de la Saint-Barthélémy, qui ouvre le récit, ne va pas l’y aider. L’histoire raconte en réalité les deux dernières années de règne –et de vie- de Charles IX, et sa plongée dans la folie, jusqu’à se mettre à chasser le cerf dans son château, nu comme un ver sur son cheval. Guérineau n’y va pas avec le dos de la cuillère. Certes l’époque était assez gratinée. Mais le récit est souvent un poil démonstratif et les personnages trop caricaturaux. La farce macabre l’emporte sur l’étude de caractères. Le dessin souple et nerveux, les personnages aux gueules marquées renforcent encore ce parti pris théâtral et outrancier. Il y a du Shakespeare dans cette histoire, la complexité et l’introspection en moins. Bravo pour finir à la mise en page dynamique et aux couleurs très réussies. Pas un chef d’œuvre impérissable mais un très bel album et une excellente surprise de ce millésime 2014.
Blast
J'ai toujours été amateur de Larcenet, que ce soit pour son humour (avec des séries comme Nic Oumouk, Bill Baroud ou La Loi des Series), ou sa série la plus connue Le Combat ordinaire. Bon y'a bien quelques accidents de parcours du genre Guide de la survie en entreprise, mais dans l'ensemble ça se tient, tout en travaillant sur une large palette, tant dans les genres, les publics (Superbes Cosmonautes du futur !) que graphiquement, avec le surprenant Presque de 1998. C'est là que "Blast" tombe. On croyait connaître l'étendue du talent de Larcenet, et voilà qu'il nous pond une œuvre hors norme. Hors norme, oui c'est vraiment l'expression qui me semble coller parfaitement à cet OVNI. Tout d'abord l'objet. Une couverture qui interpelle et qui est un véritable appel à la lecture. Vient ensuite le traitement graphique : tout simplement sublime ; un encrage qui convient à merveille à l'ambiance sombre et profonde de ce récit, avec ce Blast et ses bulles de couleur qui font véritablement l'effet d'un arc-en-ciel un jour d'orage : à n'importe quel âge, ça reste magique ! Et puis, il y a ces planches pleine page qui jalonnent le tout et ajoutent encore à sa beauté. Ensuite, réaliser un premier tome de 200 pages où au final il ne s'y passe pas grand chose, ce n'est pas donné à tout le monde : quelle narration ! On ne quittera pas cette salle de garde à vue, et pourtant quel voyage dans ce récit... C'est l'incertitude qui nous tient en haleine et sera le moteur de ce premier tome. Quel est le crime de notre prévenu ? Nous n'en sauront rien pour le moment... mais on s'en fout, même si on ne sait que penser de ce personnage parfois sympathique, parfois dérangeant. Rien n'est pour l'instant définitif... Hors norme enfin, de par le fond même de cette BD : son protagoniste Polza, bien sûr, mais aussi tous les étranges personnages qu'il va croiser. Sans tomber dans la sociologie de bas étage, Larcenet nous propose à travers Polza une vision acérée et décalée de notre société qui ne supporte pas les écarts et de ce qui ne rentre pas dans ses cases. Fondus dans notre quotidien, une part de ce qui nous entoure nous échappe... ou plutôt, fermer les yeux sur ce qui nous dérange est souvent plus facile. La meute ne supporte pas la différence : soit elle l'abandonne, soit elle l'achève. C'est le constat de la vie de Polza, qui à la mort de son père baisse la garde et décide de lâcher prise face à ce combat ordinaire des personnes qui ne rentrent pas dans les modèles imposés par nos sociétés. On ne sait pas où nous mènera ce Blast, mais il est certain que ce premier tome très déroutant est une des grande BD de cette année, et que Larcenet a décidément beaucoup de talent. Sans s'assoir sur une renommée établie, il sait se renouveler et apporter beaucoup au 9e art : chapeau ! ***Après lecture des 3 autres tomes*** Voilà c'est fait. Je viens de me relire les trois premiers tomes et le dernier que je n'avais pas encore lu. J'ai fini "Blast"... Et quel coup de massue !!! Je crois que rarement une série BD m'aura autant travaillé, retourné et emmené aussi loin. Que ce soit graphiquement ou dans le récit qu'il construit, Manu Larcenet nous hypnotise sur plus de 800 pages. Il sait appuyer là où ça fait mal, sans faire semblant. A chaque tome on se dit que ça ne pourra pas être pire ; on se dit qu'il ne pourra pas nous entraîner plus loin... Si. Cette descente en enfer ou dans les abîmes de la folie d'un homme et de tout ce qui l'aura conduit à tout ça est juste hallucinante... N'est-ce pas d'ailleurs ce que recherche Polza ? Ce Blast. Cet instant où son corps ne lui appartient plus et où il n'est plus qu'esprit et ne fait plus qu'un avec la nature... Sauf que cette quête n'est pas gratuite, que ce soit pour lui ou les rares personnes qu'il va croiser. Moi qui après son premier tome me demandait vers où Manu Marcenet allait nous embarquer, j'avoue ne pas avoir été déçu... On frôle le traumatisme là ! L'adage dit que c'est le voyage qui compte et pas la destination... Yep ! Larcenet nous prouve ici qu'il a tout compris du bad trip... Alors, oui je comprends que certains resteront définitivement hermétique à cette série, que ce soit à cause de son graphisme si marqué ou de son contenu à la noirceur sans nom, mais rien que pour être allé jusqu'au bout de cet enfer, moi je dis chapeau m'sieur Larcenet ! "Blast" rejoint donc tranquillement le petit panthéon de mes quelques BD que je considère comme "cultes" et dont je ne peux évidement que vous conseiller la lecture, tout en sachant que beaucoup se demanderont certainement pourquoi et comment on peut apprécier un tel album. Ca ne s'explique pas ; ça se vit dans les tripes.
Storm Dogs
Je ne pense pas prendre beaucoup de risques en « boostant » Storm Dogs , j’ai trouvé ce premier tome de SF excellent. Le monde mis en place par les auteurs est débordant d’imagination, on retrouve sur Amarante, planète située aux confins de la civilisation, une faune et une flore très riches et très étonnantes. Une colonie terrienne peuplée d’aventuriers exploite le sous-sol de la lointaine planète. Le scénario est solide et prenant, l’histoire débute avec une enquête policière orchestrée par le pouvoir central mais on bascule assez vite vers le fantastique, Amarante recèle de lourds secrets que les auteurs nous dévoilent pour l’instant à dose homéopathique. Une histoire assez fouillée qui demande un minimum de concentration, néanmoins la lecture est passionnante. Le dessin est très bien travaillé, les couleurs sont étonnantes mais l’ensemble est original et agréable. La BD est munie d’un addendum expliquant de façon assez détaillée les caractéristiques des différents protagonistes, comme quoi les auteurs prennent à cœur le jeu des personnages.
Madame Livingstone
Vous en avez assez des commémorations de la guerre de 1914 ? Et bien lisez Madame Livingstone de Barly Barruti et de Christophe Cassiau-Haurie, vous découvrirez un aspect méconnu de la grande guerre, celle qui se déroulait au Congo Belge. Certes, ce n’est pas la première fois que la bande dessinée aborde la guerre de 14 sous d’autres cieux que celui de la Somme (on se souvient de Papeete 1914 de Sébastien Morice et de Didier Quella-Guyot, ou encore La Grippe Coloniale d’Appolo et d’Huo Chao Si- sur l’après guerre dans l’Ile de la Réunion) mais là nous sommes plongés dans la région des Grands Lacs où l’unique mission des hommes de l’armée royale belge est de couler un cuirassé allemand (lisez le dossier en fin d’album, et vous découvrirez l’étonnant destin de ce navire de guerre). Sur une idée d'Appolo (tiens, tiens, le revoilà !), ce récit nous retrace l’histoire d’un aviateur, Gaston Mercier, pris entre son engagement militaire et son amitié pour le fameux « Madame Livingstone », son fixeur, comme on dit dans l’armée, métis de surcroit et se disant fils du grand explorateur. Entre absurdité de cette guerre entre troupes coloniales, humanisme, et bravoure militaire se glisse une amitié profonde entre ces deux personnages ; parfaitement mis en image par Barly Baruti ; le tout avec des paysages du Tanganyika. Malgré une édition dans un format plus réduit que les albums Glénat habituels, la force du dessin reste puissante. Même dans les scènes nocturnes, le dessin est précis, parfaitement maitrisé et d’une grande beauté. Quelques pleines pages viennent renforcer, pour ceux qui en doutaient encore, le talent du dessinateur. Cet album mérite donc toute votre attention, tant par le thème retenu, que par le dessin qui, pour ma part, m’a littéralement bluffé. Une véritable bouffée d’air frais dans une période estivale de grand calme éditorial.
Le Ventre de la Hyène
Ce fut un bon moment de lecture, mais quelques petites choses me chagrinent : . l'histoire ne prend jamais aux tripes, malgré le propos gravissime qu'elle aborde ; . l'histoire est inventée (et pas inspirée de personnages existants), ce qui enlève clairement de la force au propos. Le fait de pouvoir me dire que l'histoire était basée sur des faits réels, quitte à ce qu'elle soit moins "extraordinaire", m'aurait un peu plus happé. Reste la fin de l'histoire, vraiment très bien amenée, même si elle reste classique de nos jours. Note réelle : 3,5/5.
Quelques Mois à l'Amélie
Je découvre cet été 2014 l'oeuvre de Jean-Claude Denis, avec deux albums, ces Quelques mois à l'Amélie et Zone blanche. Celui-ci me plaît peut-être encore davantage que le second, même si les deux sont des coups de coeur. On y suit Aloys Clark, un auteur en plein spleen, complètement à sec, n'arrivant plus à écrire une ligne et qui retrouve un jour, en mettant un peu d'ordre dans sa bibliothèque, un livre qu'il n'a jamais lu et qu'il ignorait posséder. "Le Coucou", d'un certain Dorian. Ce roman étrange raconte les pérégrinations de son auteur, imposteur et série et jouisseur funambule. Clark décide de suivre ses pas, à la fois dans les lieux qu'il a fréquentés et dans son jeu de l'imposture, pour tenter de retrouver l'inspiration. Cette quête hasardeuse l'amènera à des rencontres qu'il n'avait pas du tout prévues. Le dessin de Denis, qu'on pourrait qualifier de ligne claire adulte, rappelle Martin Veyron, Gibrat ou Giardino. Le découpage est sage et classique, mais c'est surtout le sens de l'histoire, la qualité des personnages, en un mot le talent de novelliste de Denis qui séduit. La BD est ici tout entière au service du récit. Non pas que le dessin soit faible, mais il est tout entier au service du propos. Un auteur justement récompensé à Angoulême.
Barracuda
Une fois lancé dans cette histoire, j'ai foncé tête baissée. J'avais d'abord hésité parce que ça parlait encore de pirates, et les pirates, j'en avais un peu marre. Mais comme mon pote de la Fnac m'a prêté les albums, je m'y suis mis, et finalement je n'ai pas regretté. Je me méfiais aussi de Dufaux qui ces derniers temps m'avait tant déçu avec des séries comme Conquistador (Glénat), Croisade, Ombres ou Jaguar... Sa préface m'a un peu rassuré, il y dévoile sa passion pour un certain cinéma hollywoodien que j'ai moi aussi aimé, surtout son attirance envers Errol Flynn (que je partage) ; le personnage du capitaine Flynn est donc un joli clin d'oeil. Dufaux renouvelle les histoires de pirates par un côté plus moderne et surtout plus sanglant, on y sent l'influence des films Pirates des Caraïbes (ce n'est pas forcément une bonne référence), on n'est donc plus dans Barbe-Rouge qui pour son époque, restait tout de même la référence en la matière. Ici, la violence, l'érotisme, le sang occupent les pages, et puis surtout, ça ne se réduit pas qu'à des abordages ennuyeux, toute l'action étant pratiquement concentrée sur l'île de Puerto Blanco. Dufaux revisite le genre de belle façon, avec une intrigue qui ressemble un peu à Captain Blood, un des plus célèbres films d'Errol Flynn. Si je marche allègrement dans cette histoire, c'est non seulement pour cette relecture plus spectaculaire, mais aussi pour le dessin de Jérémy, un trait superbe, bien maîtrisé, envoûtant, précis, qui possède une évidente ressemblance avec celui de Delaby. Hélas, Dufaux n'est pas fidèle à sa promesse de triptyque qu'il annonce dans sa préface du tome 1, l'aventure s'étire, ça sent la récup commerciale alors que les 3 premiers tomes se tiennent bien ; il y a des flash-back importants qui permettent de mieux comprendre les enjeux de cette aventure aux nombreux rebondissements. Il y a aussi des incohérences : dans ce siècle dominé par les hommes, et même s'il y a eu des cas de femmes pirates, un poste de gouverneur tenu par une femme, même d'une île-repaire de pirates, ce n'est guère crédible. Même chose pour Ferrango : je doute qu'un marchand d'esclaves de sa trempe devienne le jouet des caprices de son ancienne esclave.. A part ces détails, il n'y a pas d'intervention directe du fantastique sur l'histoire comme Dufaux aime souvent à le faire, c'est déjà ça, et ça reste une bonne série de détente vers laquelle je peux lever l'ancre sans regrets.
Les Vieux Fourneaux
Sans aucun doute un des meilleurs scénarios de Lupano. Le Singe de Hartlepool était déjà juste magique. Là, on se retrouve avec des dialogues dignes des "tontons flingueurs". Tous les personnages sont absolument humains, avec des défauts finalement communs. Des fous rires, des coups de sang, une vraie amitié entre amis d'enfance. Voilà les ingrédients simples d'une recette savoureuse à souhait. L'histoire de chacun d'entre eux mériterait une histoire. On veut rapidement en savoir plus, mieux les connaitre. Un vieux qui peine à sortir d'une voiture trop basse, "rabaissée par un fossé qui s'est jeté sur la voiture" se révèle être plus tatoué qu'un yakuza et son passé pourrait faire pâlir bien des aventuriers. Un autre vieux fourneaux est un ancien syndicaliste prêt à faire ruer la société dans ses brancards juste pour le plaisir de la secouer comme par exemple en s'incrustant avec un gang d'handicapés à des soirées mondaines. La cohérence du scénario est parfaite, les rebondissements inattendus donnent un rythme haletant à ce début de série plus que prometteur. Un ouvrage à recommander aux ex soixante-huitards et à tous les autres. A consommer sans modération !