Mais que voilà un bon diptyque associant cinq voleurs improbables qui organisent le casse du siècle pendant la chute de Carthage. Débutant sur un ton humoristique, j'avoue que le premier tome m'avait bien plu alors même que je ne trouvais pas totalement sympathiques nos compères.
Mais je voulais déjà connaître la suite... Et quelle suite !
En deux tomes, on passe du ton comico tragique à celui tragico-comique. J'ai vraiment été touchée par cette histoire et mon coeur a battu pour ce petit groupe.
Au final nous est livré un second tome riche qui nous touche. De l'horreur de certaines pratiques à l'honneur carthagénois, Tanquerelle nous offre un sombre et beau tableau de la chute de Carthage.
Sous un ton faussement drôle, on s'attache à observer ces personnages face à la chute de cette civilisation. Tous réagissent différemment face au marasme mais j'ai trouvé que c'était bien amené, pas totalement surprenant, mais complètement prenant !
Ce n'est pas tous les jours qu'on a droit à une telle narration en seulement deux tomes.
Excellente surprise que ce premier tome de Down Under.
L’originalité de la série est cependant bien plus à aller chercher dans sa localisation géographique que dans l’intrigue centrale. En effet, « Down Under » est à l’Australie ce que « Far West » est à l’Amérique. En clair, nous nous retrouvons au pays des kangourous à la fin du XIXème siècle. Des pionniers débarquent, d’autres sont déjà bien implantés, tous font montre d’opiniâtreté et de caractère. Les aborigènes remplacent les indiens mais sont toujours victimes de l’homme blanc.
Oui, mais voilà ! L’Australie n’est pas l’Amérique et Nathalie Sergeef (un nom à suivre si ses prochaines productions sont de la même trempe que ce premier tome) exploite parfaitement ses particularités. Faune et flore naturelles, culture du « rêve » chez les aborigènes, particularités des pionniers (dont beaucoup étaient des repris de justice), même ce fameux lapin introduit par les européens et qui ravagea le continent n’est pas oublié.
L’intrigue, elle, repose sur la rivalité entre un « pauvre » pionnier jeune et intrépide et une « riche » pionnière avide de richesses et sans scrupules. Ce n’est pas très original en soi mais toujours aussi efficace. D’autant plus que ces deux personnages ne manquent pas de charisme ! Mais autour de cette intrigue naissent diverses sous-intrigues. Les seconds rôles ne sont pas que des faire-valoir et déjà plus d’un se dessine comme un futur protagoniste d’importance. Comme ce jeune orphelin recueilli par une tribu aborigène…
Voilà donc un premier tome extrêmement riche et bien foutu, que j’ai lu avec d’autant plus de plaisir que le dessin de Fabio Pezzi est d’une indiscutable qualité. Dans un style réaliste bien lisible, l’artiste nous livre des planches soignées et maitrise parfaitement les deux éléments principaux du récit : les personnages et les décors. Le trait est sec et fin, la colorisation crée une atmosphère poussiéreuse totalement adéquate.
Un sans-faute et une suite que j’attends déjà avec impatience.
Si j’avais beaucoup aimé le début de ce récit, pour son ambiance de western et son cadre original, j’avoue avoir été un peu déçu par la suite. Non que ce récit soit mauvais… mais il ne décolle jamais véritablement.
Pourtant tout était en place pour créer une grande saga ! Le cadre grandiose du bush australien, l’importante place laissée judicieusement à la thématique du rêve chère aux aborigènes, de multiples foyers d’intérêt… Peut-être était-ce trop pour une série en trois tomes.
La fin, tout particulièrement m’a semblé précipitée. Elle a le mérite de ne laisser aucun acteur en plan mais elle laisse quand même un furieux goût de trop peu.
Le dessin lui, reste d’une égale qualité du début à la fin. Il est parfait pour ce type de récit et de cadre, avec des décors soignés et des personnages bien typés.
La série aurait sans doute mérité de pouvoir s’étaler sur un plus grand nombre de tomes, histoire de laisser aux auteurs la place nécessaire pour développer chaque thématique comme chaque personnage. C’est une des mauvaises conséquences de cette tendance des éditeurs à ne plus privilégier que des cycles courts (l’avantage, non négligeable, étant qu’on a plus de chance de voir la fin de la série arriver un jour).
Une fois de plus, Lupano me scotche ! Et pourtant son intrigue est toute simple…
Oui mais voilà, le gars a l’art du dialogue, la science du profil psychologique attachant, l’humour à fleur de peau, le don de glisser la petite anecdote mortelle au coin d’une case, là, comme ça, l’air de rien.
Résultat : un récit vif, alerte, drôle, surprenant, peuplé de personnages attachants. Le genre de récit où l’on se dit : « Qu’importe la fin, ce qui compte ici, c’est le voyage… ». Sauf que la fin, je suis tout de même très curieux de la découvrir. Avec cet auteur, la surprise est souvent au coin de la route, au détour d’un chemin de traverse aux parfums d’école buissonnière. Cette liberté de ton, cet art de toucher à plusieurs registres dans un seul et même album est une des marques de fabrique de l’auteur.
Et toujours ce talent de conteur qui nous offre des séquences magiques comme "le polichinelle dans le tiroir" ou "la sortie de route" (vous me comprenez si vous avez lu cet album ;) ).
Et que dire du travail réalisé par Cauuet sinon qu’il est du même niveau que celui de son complice. Le trait est rond et nerveux à la fois, extrêmement expressif et vivant. Les personnages sont croqués avec talent, les cadrages font régulièrement montre d’originalité (ce plan en contre-plongée depuis l’intérieur d’une camionnette en est un bel exemple).
La colorisation est au diapason. C’est un sans faute ! J’attends déjà la suite avec impatience !!!
Reste le problème de la notation. D’ordinaire, je n’accorde la note maximale qu’à des œuvres qui me semblent avoir contribué à l’évolution de la bande dessinée ou, du moins, qui constituent des tournants décisifs dans la carrière d’auteurs majeurs…
A mes yeux, Lupano est devenu sinon majeur du moins incontournable. Et signer après l’excellent « Ma révérence » un album tel que celui-ci m’incite à penser qu’il a atteint un niveau digne du culte.
La série perd une étoile à mes yeux suite à la lecture du deuxième tome. J’ai en effet trouvé celui-ci plus confus, plus éparpillé et moins tranchant que le premier. Qu’on ne s’y trompe pas, j’ai bien aimé ce tome mais plus au point de lui attribuer la note maximale.
Par ailleurs, je regrette également certains choix scénaristiques qui nous montrent une nouvelle génération qui se plait à critiquer l’ancienne… mais qui adopte rapidement un profil bas, histoire de ne pas faire de vague, alors qu’elle a les armes pour (un peu) changer le monde. Ce manque d’ambition est peut-être volontaire de la part des auteurs mais il me déçoit, à l’heure actuelle.
Ceci dit, cette série figure parmi celles qui m’ont le mieux accroché depuis quelques années. La truculence des personnages est formidable, ce qui me les a rendus attachants en un temps record. J’attends donc la suite avec impatience.
De la grande aventure dans les mers du Sud : ça sent les embruns et la testostérone…
Dans ce bon gros one-shot Fabien Nury délaisse – provisoirement j'espère – les à-côtés de la grande Histoire pour nous gratifier d'une belle adaptation des romans d'aventures maritimes d'il y a un siècle. Deux récits de Jack London en une seule BD !
Il nous transporte aux antipodes, les vraies, là où les voiliers des aventuriers excentriques et vénaux glissent sur des mers aussi turquoises que vicieuses, entre des îles paradisiaques peuplées d'indigènes occasionnellement cannibales ou de joueurs de cartes capables de tirer sur le marin qui oserait mettre pied à terre sans avoir pris la précaution de changer son pagne pour un pantalon… Toute une époque révolue depuis que l'on a implanté un aéroport sur le moindre îlot, que les déchets plastiques s'échouent sur toutes les plages de la planète, que les autochtones ont cessé de boulotter les missionnaires pour boire du Coca, et que Google Earth offre aux quidams la possibilité de naviguer d'îles en îles sans souffrir du mal de mer, de l'humidité ni des fièvres malignes.
Sans sombrer dans la nostalgie… je trouve que le bout du monde était plus beau quand il était vraiment inaccessible au commun des mortels.
La lecture de Fils du Soleil apporte néanmoins une fraîcheur et un dépaysement réels. Quelque part entre l'aventure exotique à la Jules Verne et l'onirisme des premières planches de la La Ballade de la mer salée (Corto Maltese n°1), Nury invente cette belle histoire de négociants aventuriers rendus fous par la perspective d'une vente de perles.
Le scénario est magnifié par le trait nerveux d'Éric Henninot, qui a déjà prouvé son talent pour la représentation des scènes maritimes dans la série Carthago. Il se montre aussi à l'aise pour dépeindre l'ambiance classique de cet album que dans l'univers fantastico-écologique de Christophe Bec. Ses dessins de marine sont dignes du travail de Jean-Yves Delitte sur la série Belem, et il est bien plus à l'aise que ce dernier dans la représentation des personnages, lesquels ont une souplesse de mouvement qui me rappellent dans certaines cases l'immense René Follet. Autant dire que le dessin de cet album est excellent.
C'est le genre d'album dont on termine la lecture à regret. Seul bémol : les personnages manquent un peu de charisme, bien qu'ils soient de vrais durs.
Peut-être que si le “Fils du Soleil” était amené à vivre d'autres aventures, sa personnalité y gagnerait en densité. Une suite au one-shot… pourquoi pas ? S'il est un scénariste qui est capable de donner une suite à Jack London sans être ridicule, c'est bien Fabien Nury.
Voilà une bd que je ne m'attendais pas à adorer. Les bd historiques sur les guerres passées ont généralement tendance à me gonfler.
J'ai beaucoup apprécié le côté témoignage, et non explication-recul-dialogues que je pensais trouver dans cette bd lorsque j'ai lu les 10 premières pages.
C'est un témoignage qui vaut ce qu'il vaut peut être d'un point historique, je suis ne suis pas historien mais que je l'ai trouvé très intéressant : il donne à réfléchir malgré tout. J'ai refermé cette bd en ayant l'impression d'avoir appris un petit quelque chose que je ne saurais bien expliquer, peut être sur le fait d'avoir pris un peu de largeur sur certains points ou tout du moins de se poser quelques questions.
J'ai également beaucoup apprécié les carnets de fin qui précisent certains points.
Pour l'anecdote, il y a quelques années de ça, atteignant mes 20 ans, je découvrais la guerre d'Indochine que l'on ne m'avait jamais enseigné ni mentionné à l'école.
Quand aujourd'hui j'entends que l'on veut réduire les cours d'histoire les bras m'en tombent...
Un petit coup de coeur pour cette BD que j'ai eu le plaisir de lire aujourd'hui. Je l'avais déjà repérée depuis un petit moment avec les avis que j'entendais à gauche et à droite, et je me suis laissé tenter en la voyant.
Cette BD est vraiment agréable à lire, elle laisse un goût dans la bouche, comme un bon vin ou un repas que l'on aime. Lorsque la BD est finie, il reste cette petite trace en arrière-plan, une petite pensée qui trotte dans la tête et qui me fait sourire encore maintenant.
C'est une histoire de petite fille dans un hôpital, mais pour une fois, ce n'est pas tellement son récit contre la maladie. C'est simplement la vie au jour le jour, avec l'hôpital pour unique horizon et son personnel pour compagnons. J'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteur arrive à ne pas nous centrer uniquement sur la maladie mais sur la vie, qui continue autant qu'ailleurs, avec ses moments forts et ses moments plus délicats. C'est également le croisement de nombreux malades, de différentes personnes. La BD regorge de petits moments magiques, de cases belles et de petites phrases qui sont lourdes de sens.
Mais avec tout ça, c'est une histoire simple qui est présentée à chaque fois. Des petites historiettes sans grands enjeux, mais le contexte nous fournit tout le reste. C'est aussi beaucoup d'humour, dans le style d'une BD pour jeune ou adolescent, mais qui ne tombe jamais dans le lourd. L'atmosphère générale reste sympathique et assez légère, malgré le thème qui est développé, et je tire mon chapeau à l'auteur pour nous offrir ça.
Si j'ai mis le coup de coeur, c'est parce que dans ce genre de BD, on peut se planter vite fait. Le dosage est subtil, entre l'humour et le sérieux, les moments forts et les temps plus légers. C'est un exercice d'équilibre, qui peut virer vite dans le pathos ou l'humour lourd, et qui arrive ici à rester bien équilibré. J'ai aimé me plonger dans la vie de cette petite Zita, qui n'est pas la petite fille malade et faible qu'on imaginerait. C'est une fille pétillante de vie, mais qui reste une jeune fille de 13 ans malgré tout. Et pour toutes ces qualités, j'ai été séduit. C'est simple, humain, touchant, c'est agréable à lire, et j'en redemande volontiers.
L'excellent Geoff Johns s’intéresse ici à un personnage peu connu de l'univers DC : Shazam.
Créé par Beck et Parker en 1940 sous le nom de Captain Marvel, le personnage a connu ses heures de gloire dans les années 1940s. Le personnage a basculé de Marvel à DC dans les années 70 pour devenir Shazam.
Geoff Johns reprend ici la genèse du personnage et nous le plonge dans un univers contemporain. On fait donc la connaissance de Billy Batson, jeune enfant élevé par l'assistance publique qui va devenir le nouveau champion de la magie et incarner le super héros Shazam.
Johns nous décrit non sans humour l'apprentissage du métier par notre jeune héros, ainsi que ses premières joute contre l'ancien élu de la magie, Black Adam, qui entend bien occuper seul le trône de champion.
L'action s’enchaîne sans temps mort avec une très bonne fluidité, le lecteur n'a donc pas le temps de lever le nez de l'ouvrage... la marque des grands!
Le tout étant très bien servi par la mise en image de Frank.
Du très bon en somme!
Je n'en dirais pas d'avantage sur l'histoire pour que les personnes qui ne connaissent pas le personnage (comme moi) puisse le découvrir avec autant d’appétit que moi.
Je ne saurais que trop recommander la lecture de cette renaissance du personnage de Shazam par Geoff Johns!
Avis aux amateurs de supers héros!
C'est très sympa cette Bd parce que c'est situé dans les années 60 avec plein de repères qui me sont familiers, et que ça me rappelle une joyeuse époque, celle où je passais mes vacances aussi dans l'île d'Oléron, comme tous ces personnages. Encore qu'en 1967, j'avais 8 ans, je n'avais donc pas l'âge d'Antoine, Christelle et de leurs copains. Je me reconnais un peu avec 8 ou 9 ans de plus vers 1975..
Tout ça pour dire que je connais parfaitement tous les lieux, Oléron n'ayant plus aucun secret pour moi ; pourtant je me baignais plutôt de l'autre côté de l'île, entre Boyardville et la pointe des Saumonards, et que mon île fétiche était plus l'île d'Aix, petite voisine pas très loin à vol de goëland. Ma famille possédant une maison à Fouras, on était tout le temps fourré là-bas, et je peux me vanter d'avoir pu visiter le fort Boyard vers l'âge de 12 ans alors qu'il n'avait pas la renommée qu'il a aujourd'hui ; il appartenait à un propriétaire qui s'en désintéressait, et un copain de mon cousin qui l'entretenait et le dératisait, nous emmenait sur son bateau de temps en temps. Imaginez pour un gosse ce que c'était de faire les fous dans cette énorme carcasse ventrue de pierres en plein océan...Mais trève de nostalgie.
Je crois que le fait d'être du coin et d'avoir vécu en ces lieux, m'a sans conteste incité à m'enticher de cette Bd qui est une chronique attachante sur une bande de jeunes en vacances à Oléron, dans des paysages de dunes plantées d'oyats, des jardins de petites maisons balnéaires qui sentaient bon l'odeur iodée, où on y dégustait sardines grillées, huîtres et céteaux (les solettes)... quels beaux instants de bonheur bien rendus par le dessin toujours agréable et semi-réaliste de J.C. Denis.
Sinon, il ne se passe rien, c'est juste une chronique sympa avec des personnages attachants, reflets d'une époque insouciante et d'un moment de vie quotidienne heureuse toute simple, avec une ambiance réussie. Pour des lecteurs qui n'ont pas vécu ce type d'ambiance, qui plus est à Oléron, je conçois que ça puisse ne rien donner d'alléchant. Mais pour moi, c'est quasi autobiographique.
Le grand retour du duo Boucq et Charyn ! Et ils font très fort…
Pour leur troisième incursion dans la BD, après La Femme du magicien (1986) et Bouche du diable (1990), les vieux compères reviennent dans la prestigieuse collection Signé pour un long récit qui mêle habilement passé et présent.
En 1970, Paul est tatoueur à New York, où il se trouve malgré lui mêlé à l'enquête sur une série d'assassinats odieux qui le contraignent à se remémorer son enfance sinistre… C'est à l'âge de sept ans que le jeune Pavel découvre l'enfer du goulag sibérien. Il apprend à survivre au milieu d'une humanité dépravée et devient le tatoueur officiel d'une bande de bande de Pakhany, assemblée de truands impitoyables qui dominent la micro-société du goulag…
Par un jeu très fluide de flashbacks, le romancier Jérôme Charyn reconstruit l'histoire violente de l'enfance volée de Pavel et des déboires de Paul devenu adulte.
François Boucq met son pinceau et ses rotrings au service de cet excellent scénario. Son style hyperréaliste, qui a gagné dans la peinture des scènes violentes depuis qu'il travaille sur les aventures du Bouncer, convient parfaitement à restituer l'ambiance glauque du goulag ou des bas-fonds new-yorkais.
On suit avec angoisse le récit de la vie de Pavel/Paul, enfant plongé en enfer par un système politique injuste, où les sadiques dégénérés imposent leur loi arbitraire.
Mais le talent des auteurs éclate aussi dans la peinture des personnages secondaires qui ont tous une véritable densité et en deviennent presque attachants, y compris les plus ignobles d'entre eux.
J'ai moins aimé le versant fantastique de l'album, quand Paul développe une sorte de don de prescience lié à son art du dessin. Peut-être faut-il y voir une déclaration d'amour de François Boucq à son beau métier de dessinateur de BD. Cependant, je trouve que ça confère à l'enquête policière un côté deus ex machina qui solde l'intrigue de manière un peu facile.
Ça ne m'a néanmoins pas gâché la lecture.
Un excellent album, donc, mais à ne pas mettre entre toutes les mains à cause de la violence, jamais gratuite, mais omniprésente.
Voilà un album au format relativement petit, pas très épais, qui ne paye pas de mine donc. Et qui pourtant se révèle être une excellente découverte !
On y découvre l’histoire d’un cambrioleur, d’un esthète de l’ouverture de coffres. Je parle d’esthète, je pourrais dire poète. En tout cas il en parle aussi bien qu’il les réalise, ces cambriolages ! L’histoire qu’il relate lui-même hors phylactère (peu de dialogues à proprement parler) est captivante, elle se laisse très facilement lire. Et elle est plutôt chouette (j’ai été aussi intrigué que Vilebrequin par cette éponge, jusqu’à l’explication finale).
Ce qui fait que cette histoire est réussie, c’est aussi le dessin, que j’ai trouvé vraiment très bon. C’est un excellent Noir et Blanc, ressemblant parfois à des taches, une sorte de brouillon définitif, très expressif. Et très lisible, alors que l’essentiel de l’histoire se déroule de nuit.
C’est vraiment un album d’atmosphère qui mérite de figurer sur vos étagères !
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Les Voleurs de Carthage
Mais que voilà un bon diptyque associant cinq voleurs improbables qui organisent le casse du siècle pendant la chute de Carthage. Débutant sur un ton humoristique, j'avoue que le premier tome m'avait bien plu alors même que je ne trouvais pas totalement sympathiques nos compères. Mais je voulais déjà connaître la suite... Et quelle suite ! En deux tomes, on passe du ton comico tragique à celui tragico-comique. J'ai vraiment été touchée par cette histoire et mon coeur a battu pour ce petit groupe. Au final nous est livré un second tome riche qui nous touche. De l'horreur de certaines pratiques à l'honneur carthagénois, Tanquerelle nous offre un sombre et beau tableau de la chute de Carthage. Sous un ton faussement drôle, on s'attache à observer ces personnages face à la chute de cette civilisation. Tous réagissent différemment face au marasme mais j'ai trouvé que c'était bien amené, pas totalement surprenant, mais complètement prenant ! Ce n'est pas tous les jours qu'on a droit à une telle narration en seulement deux tomes.
Down Under
Excellente surprise que ce premier tome de Down Under. L’originalité de la série est cependant bien plus à aller chercher dans sa localisation géographique que dans l’intrigue centrale. En effet, « Down Under » est à l’Australie ce que « Far West » est à l’Amérique. En clair, nous nous retrouvons au pays des kangourous à la fin du XIXème siècle. Des pionniers débarquent, d’autres sont déjà bien implantés, tous font montre d’opiniâtreté et de caractère. Les aborigènes remplacent les indiens mais sont toujours victimes de l’homme blanc. Oui, mais voilà ! L’Australie n’est pas l’Amérique et Nathalie Sergeef (un nom à suivre si ses prochaines productions sont de la même trempe que ce premier tome) exploite parfaitement ses particularités. Faune et flore naturelles, culture du « rêve » chez les aborigènes, particularités des pionniers (dont beaucoup étaient des repris de justice), même ce fameux lapin introduit par les européens et qui ravagea le continent n’est pas oublié. L’intrigue, elle, repose sur la rivalité entre un « pauvre » pionnier jeune et intrépide et une « riche » pionnière avide de richesses et sans scrupules. Ce n’est pas très original en soi mais toujours aussi efficace. D’autant plus que ces deux personnages ne manquent pas de charisme ! Mais autour de cette intrigue naissent diverses sous-intrigues. Les seconds rôles ne sont pas que des faire-valoir et déjà plus d’un se dessine comme un futur protagoniste d’importance. Comme ce jeune orphelin recueilli par une tribu aborigène… Voilà donc un premier tome extrêmement riche et bien foutu, que j’ai lu avec d’autant plus de plaisir que le dessin de Fabio Pezzi est d’une indiscutable qualité. Dans un style réaliste bien lisible, l’artiste nous livre des planches soignées et maitrise parfaitement les deux éléments principaux du récit : les personnages et les décors. Le trait est sec et fin, la colorisation crée une atmosphère poussiéreuse totalement adéquate. Un sans-faute et une suite que j’attends déjà avec impatience.
Si j’avais beaucoup aimé le début de ce récit, pour son ambiance de western et son cadre original, j’avoue avoir été un peu déçu par la suite. Non que ce récit soit mauvais… mais il ne décolle jamais véritablement. Pourtant tout était en place pour créer une grande saga ! Le cadre grandiose du bush australien, l’importante place laissée judicieusement à la thématique du rêve chère aux aborigènes, de multiples foyers d’intérêt… Peut-être était-ce trop pour une série en trois tomes. La fin, tout particulièrement m’a semblé précipitée. Elle a le mérite de ne laisser aucun acteur en plan mais elle laisse quand même un furieux goût de trop peu. Le dessin lui, reste d’une égale qualité du début à la fin. Il est parfait pour ce type de récit et de cadre, avec des décors soignés et des personnages bien typés. La série aurait sans doute mérité de pouvoir s’étaler sur un plus grand nombre de tomes, histoire de laisser aux auteurs la place nécessaire pour développer chaque thématique comme chaque personnage. C’est une des mauvaises conséquences de cette tendance des éditeurs à ne plus privilégier que des cycles courts (l’avantage, non négligeable, étant qu’on a plus de chance de voir la fin de la série arriver un jour).
Les Vieux Fourneaux
Une fois de plus, Lupano me scotche ! Et pourtant son intrigue est toute simple… Oui mais voilà, le gars a l’art du dialogue, la science du profil psychologique attachant, l’humour à fleur de peau, le don de glisser la petite anecdote mortelle au coin d’une case, là, comme ça, l’air de rien. Résultat : un récit vif, alerte, drôle, surprenant, peuplé de personnages attachants. Le genre de récit où l’on se dit : « Qu’importe la fin, ce qui compte ici, c’est le voyage… ». Sauf que la fin, je suis tout de même très curieux de la découvrir. Avec cet auteur, la surprise est souvent au coin de la route, au détour d’un chemin de traverse aux parfums d’école buissonnière. Cette liberté de ton, cet art de toucher à plusieurs registres dans un seul et même album est une des marques de fabrique de l’auteur. Et toujours ce talent de conteur qui nous offre des séquences magiques comme "le polichinelle dans le tiroir" ou "la sortie de route" (vous me comprenez si vous avez lu cet album ;) ). Et que dire du travail réalisé par Cauuet sinon qu’il est du même niveau que celui de son complice. Le trait est rond et nerveux à la fois, extrêmement expressif et vivant. Les personnages sont croqués avec talent, les cadrages font régulièrement montre d’originalité (ce plan en contre-plongée depuis l’intérieur d’une camionnette en est un bel exemple). La colorisation est au diapason. C’est un sans faute ! J’attends déjà la suite avec impatience !!! Reste le problème de la notation. D’ordinaire, je n’accorde la note maximale qu’à des œuvres qui me semblent avoir contribué à l’évolution de la bande dessinée ou, du moins, qui constituent des tournants décisifs dans la carrière d’auteurs majeurs… A mes yeux, Lupano est devenu sinon majeur du moins incontournable. Et signer après l’excellent « Ma révérence » un album tel que celui-ci m’incite à penser qu’il a atteint un niveau digne du culte.
La série perd une étoile à mes yeux suite à la lecture du deuxième tome. J’ai en effet trouvé celui-ci plus confus, plus éparpillé et moins tranchant que le premier. Qu’on ne s’y trompe pas, j’ai bien aimé ce tome mais plus au point de lui attribuer la note maximale. Par ailleurs, je regrette également certains choix scénaristiques qui nous montrent une nouvelle génération qui se plait à critiquer l’ancienne… mais qui adopte rapidement un profil bas, histoire de ne pas faire de vague, alors qu’elle a les armes pour (un peu) changer le monde. Ce manque d’ambition est peut-être volontaire de la part des auteurs mais il me déçoit, à l’heure actuelle. Ceci dit, cette série figure parmi celles qui m’ont le mieux accroché depuis quelques années. La truculence des personnages est formidable, ce qui me les a rendus attachants en un temps record. J’attends donc la suite avec impatience.
Fils du Soleil
De la grande aventure dans les mers du Sud : ça sent les embruns et la testostérone… Dans ce bon gros one-shot Fabien Nury délaisse – provisoirement j'espère – les à-côtés de la grande Histoire pour nous gratifier d'une belle adaptation des romans d'aventures maritimes d'il y a un siècle. Deux récits de Jack London en une seule BD ! Il nous transporte aux antipodes, les vraies, là où les voiliers des aventuriers excentriques et vénaux glissent sur des mers aussi turquoises que vicieuses, entre des îles paradisiaques peuplées d'indigènes occasionnellement cannibales ou de joueurs de cartes capables de tirer sur le marin qui oserait mettre pied à terre sans avoir pris la précaution de changer son pagne pour un pantalon… Toute une époque révolue depuis que l'on a implanté un aéroport sur le moindre îlot, que les déchets plastiques s'échouent sur toutes les plages de la planète, que les autochtones ont cessé de boulotter les missionnaires pour boire du Coca, et que Google Earth offre aux quidams la possibilité de naviguer d'îles en îles sans souffrir du mal de mer, de l'humidité ni des fièvres malignes. Sans sombrer dans la nostalgie… je trouve que le bout du monde était plus beau quand il était vraiment inaccessible au commun des mortels. La lecture de Fils du Soleil apporte néanmoins une fraîcheur et un dépaysement réels. Quelque part entre l'aventure exotique à la Jules Verne et l'onirisme des premières planches de la La Ballade de la mer salée (Corto Maltese n°1), Nury invente cette belle histoire de négociants aventuriers rendus fous par la perspective d'une vente de perles. Le scénario est magnifié par le trait nerveux d'Éric Henninot, qui a déjà prouvé son talent pour la représentation des scènes maritimes dans la série Carthago. Il se montre aussi à l'aise pour dépeindre l'ambiance classique de cet album que dans l'univers fantastico-écologique de Christophe Bec. Ses dessins de marine sont dignes du travail de Jean-Yves Delitte sur la série Belem, et il est bien plus à l'aise que ce dernier dans la représentation des personnages, lesquels ont une souplesse de mouvement qui me rappellent dans certaines cases l'immense René Follet. Autant dire que le dessin de cet album est excellent. C'est le genre d'album dont on termine la lecture à regret. Seul bémol : les personnages manquent un peu de charisme, bien qu'ils soient de vrais durs. Peut-être que si le “Fils du Soleil” était amené à vivre d'autres aventures, sa personnalité y gagnerait en densité. Une suite au one-shot… pourquoi pas ? S'il est un scénariste qui est capable de donner une suite à Jack London sans être ridicule, c'est bien Fabien Nury.
Dans la nuit la liberté nous écoute...
Voilà une bd que je ne m'attendais pas à adorer. Les bd historiques sur les guerres passées ont généralement tendance à me gonfler. J'ai beaucoup apprécié le côté témoignage, et non explication-recul-dialogues que je pensais trouver dans cette bd lorsque j'ai lu les 10 premières pages. C'est un témoignage qui vaut ce qu'il vaut peut être d'un point historique, je suis ne suis pas historien mais que je l'ai trouvé très intéressant : il donne à réfléchir malgré tout. J'ai refermé cette bd en ayant l'impression d'avoir appris un petit quelque chose que je ne saurais bien expliquer, peut être sur le fait d'avoir pris un peu de largeur sur certains points ou tout du moins de se poser quelques questions. J'ai également beaucoup apprécié les carnets de fin qui précisent certains points. Pour l'anecdote, il y a quelques années de ça, atteignant mes 20 ans, je découvrais la guerre d'Indochine que l'on ne m'avait jamais enseigné ni mentionné à l'école. Quand aujourd'hui j'entends que l'on veut réduire les cours d'histoire les bras m'en tombent...
Boule à zéro
Un petit coup de coeur pour cette BD que j'ai eu le plaisir de lire aujourd'hui. Je l'avais déjà repérée depuis un petit moment avec les avis que j'entendais à gauche et à droite, et je me suis laissé tenter en la voyant. Cette BD est vraiment agréable à lire, elle laisse un goût dans la bouche, comme un bon vin ou un repas que l'on aime. Lorsque la BD est finie, il reste cette petite trace en arrière-plan, une petite pensée qui trotte dans la tête et qui me fait sourire encore maintenant. C'est une histoire de petite fille dans un hôpital, mais pour une fois, ce n'est pas tellement son récit contre la maladie. C'est simplement la vie au jour le jour, avec l'hôpital pour unique horizon et son personnel pour compagnons. J'ai beaucoup aimé la façon dont l'auteur arrive à ne pas nous centrer uniquement sur la maladie mais sur la vie, qui continue autant qu'ailleurs, avec ses moments forts et ses moments plus délicats. C'est également le croisement de nombreux malades, de différentes personnes. La BD regorge de petits moments magiques, de cases belles et de petites phrases qui sont lourdes de sens. Mais avec tout ça, c'est une histoire simple qui est présentée à chaque fois. Des petites historiettes sans grands enjeux, mais le contexte nous fournit tout le reste. C'est aussi beaucoup d'humour, dans le style d'une BD pour jeune ou adolescent, mais qui ne tombe jamais dans le lourd. L'atmosphère générale reste sympathique et assez légère, malgré le thème qui est développé, et je tire mon chapeau à l'auteur pour nous offrir ça. Si j'ai mis le coup de coeur, c'est parce que dans ce genre de BD, on peut se planter vite fait. Le dosage est subtil, entre l'humour et le sérieux, les moments forts et les temps plus légers. C'est un exercice d'équilibre, qui peut virer vite dans le pathos ou l'humour lourd, et qui arrive ici à rester bien équilibré. J'ai aimé me plonger dans la vie de cette petite Zita, qui n'est pas la petite fille malade et faible qu'on imaginerait. C'est une fille pétillante de vie, mais qui reste une jeune fille de 13 ans malgré tout. Et pour toutes ces qualités, j'ai été séduit. C'est simple, humain, touchant, c'est agréable à lire, et j'en redemande volontiers.
Shazam
L'excellent Geoff Johns s’intéresse ici à un personnage peu connu de l'univers DC : Shazam. Créé par Beck et Parker en 1940 sous le nom de Captain Marvel, le personnage a connu ses heures de gloire dans les années 1940s. Le personnage a basculé de Marvel à DC dans les années 70 pour devenir Shazam. Geoff Johns reprend ici la genèse du personnage et nous le plonge dans un univers contemporain. On fait donc la connaissance de Billy Batson, jeune enfant élevé par l'assistance publique qui va devenir le nouveau champion de la magie et incarner le super héros Shazam. Johns nous décrit non sans humour l'apprentissage du métier par notre jeune héros, ainsi que ses premières joute contre l'ancien élu de la magie, Black Adam, qui entend bien occuper seul le trône de champion. L'action s’enchaîne sans temps mort avec une très bonne fluidité, le lecteur n'a donc pas le temps de lever le nez de l'ouvrage... la marque des grands! Le tout étant très bien servi par la mise en image de Frank. Du très bon en somme! Je n'en dirais pas d'avantage sur l'histoire pour que les personnes qui ne connaissent pas le personnage (comme moi) puisse le découvrir avec autant d’appétit que moi. Je ne saurais que trop recommander la lecture de cette renaissance du personnage de Shazam par Geoff Johns! Avis aux amateurs de supers héros!
Tous à Matha
C'est très sympa cette Bd parce que c'est situé dans les années 60 avec plein de repères qui me sont familiers, et que ça me rappelle une joyeuse époque, celle où je passais mes vacances aussi dans l'île d'Oléron, comme tous ces personnages. Encore qu'en 1967, j'avais 8 ans, je n'avais donc pas l'âge d'Antoine, Christelle et de leurs copains. Je me reconnais un peu avec 8 ou 9 ans de plus vers 1975.. Tout ça pour dire que je connais parfaitement tous les lieux, Oléron n'ayant plus aucun secret pour moi ; pourtant je me baignais plutôt de l'autre côté de l'île, entre Boyardville et la pointe des Saumonards, et que mon île fétiche était plus l'île d'Aix, petite voisine pas très loin à vol de goëland. Ma famille possédant une maison à Fouras, on était tout le temps fourré là-bas, et je peux me vanter d'avoir pu visiter le fort Boyard vers l'âge de 12 ans alors qu'il n'avait pas la renommée qu'il a aujourd'hui ; il appartenait à un propriétaire qui s'en désintéressait, et un copain de mon cousin qui l'entretenait et le dératisait, nous emmenait sur son bateau de temps en temps. Imaginez pour un gosse ce que c'était de faire les fous dans cette énorme carcasse ventrue de pierres en plein océan...Mais trève de nostalgie. Je crois que le fait d'être du coin et d'avoir vécu en ces lieux, m'a sans conteste incité à m'enticher de cette Bd qui est une chronique attachante sur une bande de jeunes en vacances à Oléron, dans des paysages de dunes plantées d'oyats, des jardins de petites maisons balnéaires qui sentaient bon l'odeur iodée, où on y dégustait sardines grillées, huîtres et céteaux (les solettes)... quels beaux instants de bonheur bien rendus par le dessin toujours agréable et semi-réaliste de J.C. Denis. Sinon, il ne se passe rien, c'est juste une chronique sympa avec des personnages attachants, reflets d'une époque insouciante et d'un moment de vie quotidienne heureuse toute simple, avec une ambiance réussie. Pour des lecteurs qui n'ont pas vécu ce type d'ambiance, qui plus est à Oléron, je conçois que ça puisse ne rien donner d'alléchant. Mais pour moi, c'est quasi autobiographique.
Little Tulip
Le grand retour du duo Boucq et Charyn ! Et ils font très fort… Pour leur troisième incursion dans la BD, après La Femme du magicien (1986) et Bouche du diable (1990), les vieux compères reviennent dans la prestigieuse collection Signé pour un long récit qui mêle habilement passé et présent. En 1970, Paul est tatoueur à New York, où il se trouve malgré lui mêlé à l'enquête sur une série d'assassinats odieux qui le contraignent à se remémorer son enfance sinistre… C'est à l'âge de sept ans que le jeune Pavel découvre l'enfer du goulag sibérien. Il apprend à survivre au milieu d'une humanité dépravée et devient le tatoueur officiel d'une bande de bande de Pakhany, assemblée de truands impitoyables qui dominent la micro-société du goulag… Par un jeu très fluide de flashbacks, le romancier Jérôme Charyn reconstruit l'histoire violente de l'enfance volée de Pavel et des déboires de Paul devenu adulte. François Boucq met son pinceau et ses rotrings au service de cet excellent scénario. Son style hyperréaliste, qui a gagné dans la peinture des scènes violentes depuis qu'il travaille sur les aventures du Bouncer, convient parfaitement à restituer l'ambiance glauque du goulag ou des bas-fonds new-yorkais. On suit avec angoisse le récit de la vie de Pavel/Paul, enfant plongé en enfer par un système politique injuste, où les sadiques dégénérés imposent leur loi arbitraire. Mais le talent des auteurs éclate aussi dans la peinture des personnages secondaires qui ont tous une véritable densité et en deviennent presque attachants, y compris les plus ignobles d'entre eux. J'ai moins aimé le versant fantastique de l'album, quand Paul développe une sorte de don de prescience lié à son art du dessin. Peut-être faut-il y voir une déclaration d'amour de François Boucq à son beau métier de dessinateur de BD. Cependant, je trouve que ça confère à l'enquête policière un côté deus ex machina qui solde l'intrigue de manière un peu facile. Ça ne m'a néanmoins pas gâché la lecture. Un excellent album, donc, mais à ne pas mettre entre toutes les mains à cause de la violence, jamais gratuite, mais omniprésente.
Vilebrequin
Voilà un album au format relativement petit, pas très épais, qui ne paye pas de mine donc. Et qui pourtant se révèle être une excellente découverte ! On y découvre l’histoire d’un cambrioleur, d’un esthète de l’ouverture de coffres. Je parle d’esthète, je pourrais dire poète. En tout cas il en parle aussi bien qu’il les réalise, ces cambriolages ! L’histoire qu’il relate lui-même hors phylactère (peu de dialogues à proprement parler) est captivante, elle se laisse très facilement lire. Et elle est plutôt chouette (j’ai été aussi intrigué que Vilebrequin par cette éponge, jusqu’à l’explication finale). Ce qui fait que cette histoire est réussie, c’est aussi le dessin, que j’ai trouvé vraiment très bon. C’est un excellent Noir et Blanc, ressemblant parfois à des taches, une sorte de brouillon définitif, très expressif. Et très lisible, alors que l’essentiel de l’histoire se déroule de nuit. C’est vraiment un album d’atmosphère qui mérite de figurer sur vos étagères !