Les derniers avis (9618 avis)

Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Horacio d'Alba
Horacio d'Alba

J'ai longtemps tourné autour de cette série; mais quel idiot! Que ne l'ai-je pas lue plus tôt? Admirateur de Lauffray et Alice j'ai admiré le travail de N. Siner qui, sans imiter les premiers, livre un ensemble qui fait preuve d'une grande maturité artistique. A tous les niveaux, rien à redire. L'histoire qui nous est contée n'est pas si légère qu'une lecture rapide pourrait laisser penser. C'est bien de la fin d'un monde, d'une époque qu'il s'agit. Les personnages que l'on rencontre sont à la fois grandioses et pathétiques, profondément humains. Tout a déjà été dit par mes petits camarades. Je ne m'attarde que pour réclamer la conclusion de cette histoire.

18/08/2014 (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Vieux Fourneaux
Les Vieux Fourneaux

J'ai été un peu surpris en fin d'album de réaliser que ce n'était pas un one-shot. Il y a dans ce seul premier tome tout à fait de quoi former une histoire complète. Mais quoiqu'il en soit, ce fut pour moi une très chouette lecture ! Soutenu par un excellent dessin, le récit met en scène un excellent trio de vieillards pleins de vie qui ont à peine vieilli dans leur tête. Le récit est drôle, prenant, bien mené et rythmé. Les personnages sont succulents, les dialogues exquis, les situations pleines d'humour et d'humanité. Ces vieux fourneaux mais aussi la jeune Lucette enceinte sont très attachants et j'ai bien hâte de lire la suite de leurs aventures.

13/08/2014 (modifier)
Couverture de la série War and dreams
War and dreams

Le couple Charles récidive dans la saga introspective et romantique, un peu comme dans India Dreams, et d'ailleurs J.F. Charles adopte le même dessin de style aquarelle, aux tons doux et apaisants qui avaient si brillamment mis en valeur cette précédente série. Ici, c'est pareil, ce dessin en couleurs directes transcende littéralement l'histoire, et Charles livre quelques pleine pages de toute beauté. Les auteurs entrecroisent les rêves et les souvenirs de 4 personnages qui reviennent sur les traces de leur passé, sur la Côte d'Opale. Je connais bien ce lieu, c'est vrai que le Cap Gris-Nez avec ses rochers sombres est propice à la mélancolie (surtout vu sous un ciel incertain et avec peu de monde), plus que le Cap Blanc-Nez qui avec ses 134 m de falaise calcaire, affiche un air grandiose. L'endroit entre ces 2 caps mythiques des côtes françaises, permet effectivement de voir les côtes anglaises par temps clair uniquement. Et les auteurs réussissent bien à faire passer cette impression de désenchantement ; refusant de conter la guerre de façon classique et violente, ils optent pour une aventure humaine très intimiste et pleine de sensibilité, joliment contée, très mélancolique, poétique et empreinte d'une grande tristesse par endroits, mais pas du tout rasoir ou désagréable à lire, au contraire. De plus, le chassé-croisé entre ces personnages, l'alternance entre les scènes de guerre et le présent d'aujourd'hui sont fort bien élaborés. Il y a un petit côté "à l'eau de rose" qui transparaît, surtout avec les personnages de l'Allemand (qu'il faut rendre sympathique) et de l'Anglais, mais pas bien gênant. Je regrette seulement que les auteurs n'aient pas continué sur leur lancée dans le tome 4, en retranscrivant en dessin traditionnel ce qui était conté, ça brise un peu la magie du récit, et d'un autre côté, ce tome ne sert pas à grand chose, la série pouvant se lire en triptyque. Dans son ensemble, ça reste une belle histoire aux accents tragiques et contemplatifs.

11/08/2014 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un Eté en apnée (Simon & Louise)
Un Eté en apnée (Simon & Louise)

Le hasard, mais aussi le talent de ma bibliothécaire, ont fait que j'ai lu cet album juste après 520 km, auquel il répond comme par un effet de miroir. En effet nous sommes dans les pas de Louise, qui a quitté Simon par facebook -et par inadvertance- et qui se retrouve dans une nouvelle histoire sentimentale, dont elle n'est pas sûre de la légitimité. Une nouvelle fois de Radiguès se montre très précis et réaliste dans les relations entre ses personnages, entre garçon pas encore sûr de sa sexualité et jeune fille au caractère bien trempé, sans toutefois tomber dans la caricature. Comme dans ses autres albums, son graphisme est assez simple, mais plutôt maîtrisé dans l'expressivité de ses personnages et la mise en scène. Max de Radiguès n'en a peut-être pas encore fini avec ses adolescents, mais je suis prêt à le suivre s'il est toujours aussi convaincant...

10/08/2014 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Before Watchmen - Minutemen
Before Watchmen - Minutemen

Je peux enfin découvrir les spin-off de Watchmen (ma bibliothèque a enfin commencé à les acheter) et j'ai commencé ma découverte avec ce tome qui semble être considéré comme le meilleur. Comme je n'ai pas lu tous les albums jusqu'à présent je ne peux pas dire si c'est vrai, mais en tout cas une chose est sure, c'est que j'ai adoré l'histoire. Cela commence doucement avec la présentation des différents membres de l'équipe et ensuite cela devient tout bonnement excellent. Le scénario est passionnant et Darwym Cooke montre bien que si ses super-héros peuvent être bons parfois, ils peuvent aussi être de vrais salauds. Bref, ils sont complexes comme les personnages de la série originale ! Le dessin est excellent et la seule chose que je reproche c'est que je n'avais pas reconnu au début le Larry des années 60 et je me demandais qui c'était.

08/08/2014 (modifier)
Couverture de la série Julius Corentin Acquefacques
Julius Corentin Acquefacques

A l’occasion de la lecture du sixième opus, « Le décalage », je reviens mettre à jour mon avis sur cette série extraordinaire (dans tous les sens du terme !), pour crier – que dis-je ? pour hurler au génie, et éventuellement tenter de lui mettre une sixième étoile !!! Car c’est encore et toujours le même émerveillement qui est au rendez-vous. Et c’est – encore et toujours ! – surprenant. Il y a là l’humour noir qui attirait André Breton ou Marcel Duchamp. Quelle claque ! De celles qui réveillent en donnant la pêche ! En effet, voilà le type même de bande dessinée qui courait le risque de tomber dans la prise de tête intello, la performance accessible aux happy few capables d’en saisir les tenants et aboutissants, et par là-même d’être inintelligible. Et ce du fait même que l’auteur s’impose des contraintes, plus ou moins fortes, dans la construction de chaque album de la série. Dans la lignée de l’oubapo, M.A.M. donne à réfléchir sur ce qu’est une bande dessinée, un espace, le temps… C’est une des plus fortes et brillantes réflexions sur le médium BD, ses possibilités. Et une merveilleuse démonstration du potentiel de cet outil au service d’une imagination débordante ! Mais la véritable performance, ce qui est somme toute bluffant, c’est qu’en plus de l’exploit « technique » (différent et réussi pour chacun des albums de la série), les qualités de conteur de M.A.M. sont indéniables. L’histoire n’est pas sacrifiée, loin de là. Julius évolue dans un univers oppressant, au milieu d’une architecture et d’une « domotique » fonctionnelles, fascisantes (ou staliniennes) et fascinantes. On y retrouve l’univers de « 1984 », de « Brazil » ou de Kafka, Julius ajoutant à ce côté absurde mais angoissant une faculté à ne pas dévier du chemin tracé pour lui par d’autres. Il est fonctionnaire – dans toute l’acceptation caricaturale que l’on donne souvent (à tort !?) à ce terme, un rouage d’un monde qui traque les grains de sable. Si certaines histoires m’ont un peu plus emballé que d’autres, j’ai vraiment beaucoup aimé l’ensemble des albums de la série, qui se renouvelle, qui surprend toujours – et agréablement. C’est brillant, cela donne à réfléchir, c’est à lire absolument (chaque tome est indépendant des autres). Culte, oui, pour l’ambition, et pour sa réalisation, qui « donnent à voir », au sens où l’entendaient Eluard et les surréalistes.

05/11/2012 (MAJ le 06/08/2014) (modifier)
Couverture de la série L'Unambule
L'Unambule

Voilà un auteur et une série qui s’écartent franchement des sentiers battus, et qui ont sans doute eu du mal à rencontrer leur lectorat – et j’espère qu’en la signalant sur le site certains auront la curiosité d’aller la découvrir. C’est en tout cas tout à l’honneur de certaines petites maisons d’éditions, comme ici 6 Pieds Sous Terre, de publier ce genre d’œuvre. A noter que lors de la publication des deux tomes que j’avise, le site de l’éditeur annonçait un troisième tome. Etant donné le temps écoulé depuis la publication des deux premiers tomes, on peut craindre que ce troisième opus ne paraisse pas et que la série peut être considérée comme abandonnée (même si cette « absence » ne gêne pas la lecture des deux premiers opus). Résumer cette série est une gageure et n’est d’ailleurs pas plus souhaitable que réalisable. Techniquement, il y a une histoire, puisqu’un personnage vit des « aventures », rencontrant d’autres protagonistes (un chat, des hommes masqués, un certain nombre d’autres animaux, Emma Cyprine, qui donne son nom au second album paru, etc…). Mais plus que l’intrigue elle-même, qui défie les lois de la narration, c’est son traitement qui rend cette série originale – mais qui risque aussi peut-être de rebuter certains lecteurs. En effet, on est ici en terre de surréalisme, puisque nous lisons, nous voyons, nous respirons à plein poumon une sorte de récit de rêve. Texte et dessin relèvent sûrement en grande partie de l’écriture automatique. Ce sont donc les images et leur rapprochement, voire leur confrontation, qui nous mènent jusqu’au bout d’un récit onirique. Le dessin – dans un Noir et Blanc très heurté, véritable feu d’artifice d’images, titille l’imagination comme le récit. Là aussi, peu de points « reconnaissables » pour situer les décors, qui participent plus du « stupéfiant image » que du cadre spatio-temporel peut-être plus rassurant, mais quand même ouvrant moins sur l’horizon des rêves. De petits albums à découvrir donc, en lâchant la bride à son imagination, comme l’auteur a su le faire avec la sienne en nous invitant à participer à son voyage intérieur. Un poème noir et lyrique que les amateurs de surréalisme apprécieront forcément !

05/08/2014 (modifier)
Couverture de la série L'Ile aux Mille Mystères
L'Ile aux Mille Mystères

Il est clair que c'est un ouvrage hors du commun voire ésotérique ! Je dirais même une "oeuvre d'art légèrement absconse" plutôt qu'un livre. Je comprends donc certaines critiques et méfiances ici. Il faut lire, regarder, déguster cet album maintes fois pour saisir et déchiffrer l'artiste, le poète et esthète fou qu'est l'auteur : Monsieur Alban Guillemois. (au passage sa page facebook en raconte pas mal sur lui, il est aussi réalisateur de courts-métrages et travaille pour la mode et le costume...), et j'ajouterai qu'il faut un minimum de "culture" pour comprendre l'humour, les références esthétiques et historiques nombreuses dans cette oeuvre hyper-originale !!! Certes le dessin est étrange, voire bizarre, des personnages aux gardes robes de folie (on perçoit l'importance du costume dans l'univers de l'auteur) des maisons expressionnistes dignes du décorateur Robert Wiene, des cadrages toujours différents, parfois de travers. Les bulles sont des parchemins type banderoles héraldiques... Un monde !!! Les personnages sont plus qu'excentriques et rappellent en exagéré parfois les romans de Rudyard Kipling, Abraham Merritt ou encore Rosny Aîné. Le magicien (hommage à George Méliès), la princesse indienne (hommage au Capitaine Nemo, elle en porte le nom), le sorcier (tout droit sorti d'un film de Murnau), l'officier pilote d’éléphant blindé (qui n'est autre que "Durckheim" l'aide de camp de Louis II de Bavière), un chien de chasse qui "cause l'argot français"... Parfois, les dialogues et l'ambiance m’ont fait penser aux histoires du Baron de Munchhausen et également à la compagnie des "Machines de l’île à Nantes" (hommage aux Royal de Luxe, célèbre troupe de théâtre de rue à Nantes)…. Bref les hommages litéraires, cinématographiques, historiques et fantastiques voire même ésotériques sont nombreux dans cet ouvrage. J'ai beaucoup ri et aimé la présence du dictateur nord-coréen (ancien chef d'Etat réel). Un récit complètement déjanté, des couleurs d'une rare beauté, un grand plaisir à découvrir ce paysage créatif ! A lire et à relire au coin du feu les longues soirées d'hiver ! Je suis content d’avoir découvert cet artiste auteur qui m'a fait rêver !!!

05/08/2014 (modifier)
Par Jérem
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Quai d'Orsay
Quai d'Orsay

Je suis habituellement peu sensible aux albums de chroniques que je trouve souvent ennuyeux. Et bien la lecture de Quai d’Orsay m’a mis une sacrée claque. Ca fait bien longtemps qu’une BD ne m’avait pas autant tenu en haleine. Il faut dire que cette série est incroyable. Le lecteur est plongé dans le quotidien du Quai d’Orsay, au plus près du ministre Alexandre Taillard de Vorms, alias Dominique de Villepin et de ses différents collaborateurs. Les personnages sont délicieusement croqués, notamment le ministre, sorte de géant hyperactif, à la fois Grand Homme visionnaire et enfant gâté de la pire espèce. Une vraie réussite ! Les dialogues et les situations sont incroyablement drôles et ne tombent jamais dans la parodie ; les auteurs réussissant le tour de force de rendre avec justesse et pédagogie la vie du ministère (avec ses crises diplomatiques incessantes), tout en mélangeant habilement fiction et réalité, le tout réalisé avec un humour féroce. Je redécouvre à cette occasion le trait si particulier de Blain. Et on peut dire qu'il s'est surpassé : les dessins sont extrêmement dynamiques et expressifs. Ils donnent une sacrée pêche au récit. Les situations sont limpides (même pour des novices en diplomatie) et la mise en scène est parfaitement rythmée ; impossible de poser l’album avant la fin. Quai d’Orsay est une très, très grande réussite ; une série que je n’hésite pas à qualifier de culte. Un immense bravo aux auteurs !

02/08/2014 (modifier)
Couverture de la série Le Sang des Porphyre
Le Sang des Porphyre

En ce moment, je dois être dans un trip Breton ; après Les Contes de l'Ankou puis Les Contes de Brocéliande, me voici lancé dans cette série dont le visuel me réjouit. Le dessin est très plaisant, et même carrément beau, détaillé, précis, avec de beaux visages, et il restitue bien l'ambiance bretonne avec les costumes, le calvaire, les petites maisons de granit, les carcasses de bateaux... qui s'ajoutent au langage bien utilisé. La Bd joue avec les croyances, les peurs, les légendes de marins, de trépassés ancrées dans cette Bretagne très pieuse et très superstitieuse, qui craint l'Ankou et le diable. C'était encore comme ça au début du 20ème siècle ; faut pas oublier que cette région est l'une des plus particularistes de France, comme le Pays basque ou la Corse, elle a vécu pendant 10 siècles presque en autarcie, convoitée par les 2 royaumes les plus puissants au Moyen Age (France et Angleterre), et qu'elle n'a cédé que sous le règne de François Ier, lors du rattachement à la France. Le breton est une langue, pas un dialecte, qui était parlée bien avant le futur français, aussi, pour cette raison, je ne trouve pas que l'abondance de prénoms bretons détone dans ce récit ; des prénoms plus courants comme Jean, Paul ou Pierre et bien-sûr Yves ou Hervé, ont été utilisés plutôt à partir du milieu du XIXème siècle. Il est question ici des naufrageurs, ces pilleurs d'épaves qui souvent provoquaient eux-mêmes les naufrages des navires avec des feux lumineux qui attiraient ceux-ci sur des brisants. J'ai lu des histoires sur ces naufrageurs, il y en avait beaucoup autour de la baie d'Audierne qui entre 1700 et 1800 venaient s'emparer de tous les débris des bateaux naufragés. Ici, le lieu n'est pas nommé, mais peu importe, cette Bd éclaire d'intéressante façon ces pratiques condamnables ; elle a un côté très documenté, même les rochers à forme étrange sont inspirés des Rochers sculptés de Rothéneuf, près de Saint-Malo, et d'ailleurs le personnage de la noble Hermine, porte ce nom. Une excellente Bd, bien remplie, à l'ambiance très Breizh bien recréée, au souffle romanesque, aux nombreux rebondissements (peut-être même trop), et au traitement graphique de toute beauté. A déguster en buvant un bon cidre de Fouesnant...

01/08/2014 (modifier)