Bon, ben je me retrouve à essayer de noter, de donner un avis clair et précis sur ce qui ressemble quand même pas mal à un ovni.
D’abord parce qu’on ne le voit pas si souvent ! Il m’a fallu pas mal de temps, de recherches – inutiles – et finalement de pot, pour dégotter cet album, d’occase, et dans un super état en plus !
Ovni surtout pour son contenu. Quel auteur barré ! Mais quel auteur intrigant, intéressant et déroutant. D’ailleurs, autant vous dire que mon conseil d’achat s’agrémente d’un conseil de feuilletage avant d’acheter. Ce n’est clairement pas main stream, et il faut être accessible à un univers qui ne se laisse pas apprivoiser, voire concevoir facilement.
Le seul point commun des quatre histoires – trois relativement courtes, « Le courseur » étant nettement la plus développée –, c’est une certaine poésie, plus ou moins noire, une forme de surréalisme, une rêverie plus ou moins éveillée, qui irrigue des scénarii par ailleurs parfois hermétiques (c’est surtout le cas du « Courseur », qui ne m’a pas encore livré tous ses secrets).
Le dessin est lui aussi très personnel et original. En tout cas il m’a bien plu. Avec un très beau travail sur la géométrie pour le « Courseur », l’impression parfois d’avoir accès à des esquisses d’architecte. De plus, j’aime beaucoup aussi la colorisation – différente d’une histoire à l’autre –, généralement discrète (même si plus « voyante » dans « Machine » [superbes dégradés de rouille] et dans « Ophélie » [peut-être l’histoire qui m’a le moins accroché, malgré sa calme poésie]).
Voilà en tout cas un album qui sort de l’ordinaire, qui nous sort de l’ordinaire !
Note réelle 3,5/5.
En empruntant cet album en bibliothèque, je ne m’attendais absolument pas à tomber sur quelque chose d’aussi bon.
J’avais une vague souvenance d’avis positifs glanés ça et là sur le net (et notamment sur notre cher site), et même si je suis loin d’être un inconditionnel de Wilfrid Lupano, jeune scénariste vedette qui a décidément le vent en poupe, j’apprécie sincèrement certaines de ces séries, Alim le tanneur et L'Assassin qu'elle mérite en tête. Enfin, je ne connaissais pas du tout Panaccione, et ne savais donc pas à quoi m’attendre d’un point de vue graphique.
Comme un autre posteur l’a souligné, difficile de ne pas songer d’entrée de jeu à l’univers de Sylvain Chomet et notamment aux fameuses « Triplettes de Belleville ». Le côté très expressif des personnages et les trognes des héros rendant la narration très fluide et les dialogues finalement superflus. Le côté muet, qui pourrait déstabiliser de prime abord, ne dérange pas le moins du monde.
Et je me suis tant régalé à la lecture de ces truculentes tribulations que j’ai lu l’album deux fois de suite, avec un plaisir égal ! Le ton est d’une justesse rare : c’est habile, drôle, vivant, émouvant, sans tomber dans le militantisme écologique pénible ou dans la mièvrerie. Il y a des nuances, un humour que je trouve génial, des situations farfelues et hilarantes (le coup des napperons et des crêpes sur le bateau, tellement drôle !), des personnages attachants à souhait et un côté bienveillant et bon enfant qui, tout simplement, fait du bien et donne le sourire.
Un album original et rafraîchissant, qui doit autant à la beauté et à la finesse du dessin, du découpage, qu’à la justesse et à la qualité du scénario.
Un bonheur de lecture !
Sans savoir à quoi m’attendre (j’ai été séduit par le graphisme), ce recueil de 4 nouvelles m’a touché d’une manière insoupçonnée.
Il émane de ces pages quiétude, douceur et poésie. Une pincée de fantastique apporte une touche de magie inhabituelle qui transcende les récits. Pourtant, la base de l’histoire (l’infirmité de la petite fille) n’a rien de gai. Mais tout se prête au sourire et au bonheur. A noter que, l’effet de surprise passé, les 2 dernières nouvelles sont un ton en dessous des 2 premières. Mais qu’à cela ne tienne, c’est du made in china de qualité.
A découvrir !
Zaï Zaï Zaï Zaï ... J’adore !
C’est de la bd déconne par excellence mais pas du n’importe quoi. Ce n’est pas bourrin, au contraire, c’est subtil, voire d'une très grande finesse. Sous un graphisme aux apparences sérieuses, se déploie une histoire de ouf. Fabcaro ajoute une nouvelle corde à son arc en explorant les potentialités infinies qu’offre la bd. L’auteur détourne avec intelligence les absurdités de notre quotidien en poussant son délire à son paroxysme. Le final conclut ce récit de manière non pas attendue mais bien dans la logique suivie jusque là.
A recommander chaudement !
Sandman est l'une de mes rares séries culte. Elle me transporte par son fantastique néo-gothique, son imaginaire infini, sa puissance d'évocation, son érudition et l'intensité de sa sensibilité poétique. Autant dire que quand j'ai appris que Neil Gaiman, son auteur, m'offrait la possibilité de faire vivre encore un peu plus ce personnage et cet univers, j'ai bondi sur l'occasion.
Sandman - Ouverture se déroule (en partie) en 1915, juste avant le début de la série Sandman. La trame principale de son histoire permet d'expliquer comment le seigneur du Rêve s'est retrouvé si épuisé et sans force qu'il s'est laissé emprisonner dans le tout premier épisode de ses aventures. Et en même temps, elle permet de révéler de nombreux secrets sur Sandman, les Éternels et les différents fils narratifs de la série mère. Oserais-je vous dire notamment qu'on y découvre qui sont les parents des Éternels ?
Si j'ai un peu hésité à classer cet album au rang de culte, c'est uniquement car sa trame principale manque un peu de force et sa fin est un peu convenue. Neil Gaiman a su faire preuve de bien davantage d'imagination et d'impact émotionnel par ailleurs. Il donne l'impression de s'être un peu retenu car s'il était allé plus loin il aurait pu déborder du cadre amenant au simple début de la série telle qu'on la connait.
Mais au-delà de cette hésitation, bien des éléments de cet ouvrage tiennent du chef d'oeuvre.
A commencer par le graphisme de J.H. Williams III. Neil Gaiman adore son style et le dessinateur, en retour, est un tel admirateur de l'auteur qu'ils ont tous les deux donné le meilleur d'eux-mêmes pour plaire l'un à l'autre. Ouverture est une débauche visuelle, un merveilleux recueil de talent graphique et de mise en page narrative. Les essais visuels que comportent chaque chapitre sont innombrables, avec des styles variés et tous impressionnants, des réflexions intenses sur la manière de présenter chaque scène pour leur faire transmettre émotions et impressions. C'est éclatant de force graphique et d'esthétisme.
Parmi bien des merveilles, je retiens tout particulièrement la représentation de l'étoile folle que je trouve extrêmement réussie.
Et je n'oublie pas au passage le travail de Dave Stewart sur les couleurs qui est grandiose.
Ensuite il y a l'univers de Sandman qu'on retrouve ici intact. Son style gothique sombre et beau, cruel et envoûtant. Il y a l'imaginaire infini de Gaiman. Il y a la finesse avec laquelle il nous fait découvrir des secrets qui transforment doucement la vision que les lecteurs pouvaient se faire de la série originale. Il y a les interactions de la fratrie des Éternels les uns avec les autres. Il y a la poésie, la profondeur du fond du récit. Il y a aussi l'originalité de la narration.
Bref, il y a dans cet album tout ce que j'aime dans la série Sandman, avec peut-être un tout petit peu moins de noirceur. Et il y a l'intense envie que cet album m'a donné de la relire et de relire Sandman - Nuits Éternelles dont le récit sur Rêve fait fortement écho à quelques-uns de ses passages clés.
Encore une bonne surprise en jeunesse avec cette série que je ne découvre que maintenant Sorti en septembre 2015, le tome 1 pose les bases d'un récit d'aventure urbain contemporain où le fantastique s'invite tranquillement mais sûrement pour nous entrainer dans les sombres recoins du métro parisien grâce à la curiosité de notre jeune héroïne Ninn.
Jean-Michel Darlot a en effet très bien construit son récit, qui, s'il n'a rien de révolutionnaire en soi, fonctionne très bien grâce à un personnage principal très attachant, des mystères plein de surprises, et ce métro parisien qui devient presque un personnage en soi.
Ajoutez à ce la le dessin très réussi de Johan Pilet qui donne vraiment vie à cette jeune Ninn trépidante, dans un Paris actuel très bien rendu et tout cela prend corps de façon naturelle pour nous offrir un moment de lecture tout en fraicheur, en dynamisme et plein d'aventure pour notre plus grand plaisir !
Une série que je recommande chaudement et dont j’attends impatiemment la suite !
Ahhh ba voilà ! Ça fait plaisir de tomber sur un aussi bon album de SF pour finir l'année en beauté !
J'avais découvert Mathieu Bablet par le biais de la série "Doggy bags" également éditée chez Ankama, et j'avais déjà fort apprécié son travail ainsi que son coup de crayon si particulier. Certains lui reprocherons ses personnages un peu taillés à coup de serpe, mais moi j'aime bien ce côté singulier qui donne de la personnalité à son dessin. Surtout qu'ici, ses personnages évoluent dans des décors magnifiques qui donnent toute l'ampleur nécessaire à son récit.
Car oui, Mathieu Bablet nous sort ici le grand jeu pour un récit de science fiction qui ne ferait pas rougir les plus grands du genre. Et malgré quelques menus défauts qu'on pourra qualifier de jeunesse, cet album est une vrai réussite ! Oui, certains aspects de son scénarios peuvent sembler un peu trop appuyés par moment (je pense ici au côté société de (sur)consommation surtout), mais le reste est tellement bien construit qu'on oublie rapidement ces quelques aspérités.
J'ai pour ma part dévoré cet album et avalé ces 220 pages d'une traite ! Avec maintenant une seule envie, replonger dedans pour en apprécier les subtilités. Un album qui m'a par ailleurs rappeler un roman de Alain Damasio, "La zone du dehors", pour sa très bonne réflexion sur la révolte, la rébellion et jusqu'où l'engagement contestataire peut conduire, avec les manipulations politiques et les récupérations possibles.
Shangri-La constitue pour tout cela un des meilleur album SF qu'il m'est été donné de lire cette année. Un album à lire pour tout amateur du genre qui se respecte !
Elle est vraiment formidable, cette petite BD jeunesse qui pourtant ne paye pas trop de mine au premier abord ! Découpée en trois histoires, elle nous emmène à la découverte de ces monstres, trolls et autres fantômes que personne n’a jamais vus mais qui existent bel et bien, et pas que dans l’imagination des enfants ! Normal, attachés à leur tranquillité, ils se terrent dans les endroits à l’abandon et préfèrent éviter tout contact avec les humains. Charles va ainsi pouvoir réaliser son rêve d’être reporter en accompagnant Margo Maloo, une fillette dont le talent est de savoir repérer ces créatures et parlementer avec elles pour éviter qu’elles ne se fâchent tout rouge, car bien sûr elles peuvent devenir très susceptibles dès qu’on empiète sur leur territoire et qu’on touche à leurs affaires !
Auteur d’En Mer (Editions Ça et Là), un roman graphique très bien accueilli à sa sortie en 2011, l'Américain Drew Weing réalise également des illustrations pour des magazines jeunesse. Il s’agit là du premier tome d’une série dont la suite est attendue l’an prochain, et on ne peut que s’en réjouir. Bien campés, les personnages se révèlent vite attachants et on peut avoir très envie de les revoir. Les parents de Charles, bobos pur jus mais aussi pragmatiques, Charles lui-même, garçonnet potelé et curieux, bien décidé à affronter sa peur des monstres, et bien sûr la jeune et mystérieuse Margo Maloo. Quant aux monstres, si « effrayants » soient-ils par leur aspect, lls ne le restent jamais longtemps face à Margo, ils en deviendraient même plutôt sympathiques voire risibles…
La synergie entre dialogues et dessin fonctionne à plein pour produire un effet comique assez irrésistible, par exemple quand le troll, après avoir exprimé sa colère vis-à-vis de Charles, réalise que son « repas potentiel » collectionne également les « soldanimos ». S’ensuit un échange assez croustillant qui vient dédramatiser une situation des plus tendues… Les rondeurs du trait spontané confèrent un côté à la fois drôle et avenant. Et il n’est pas du tout impossible que l’ouvrage permette aux enfants de maîtriser leur peur du noir.
Un vrai coup de cœur pour cette nouvelle série, qui sans aucun doute devrait trouver sa place auprès du jeune public grâce à ses nombreuses qualités. L’auteur ne prend pas les enfants pour des crétins et cela se voit. Pleines de fraîcheur, d’humour et d’intelligence, avec une chouette atmosphère, ces « effroyables missions » sont largement recommandables, notamment pour les parents en panne d’idées BD pour leur progéniture à l’approche des fêtes. Le seul risque, c’est que ces derniers, si tant est qu’il leur prenait l’idée de lire les premières pages, pourraient bien y prendre goût et garder l’album pour eux…
Permettez moi, un fois n'est pas coutume de débuter cet avis par une petite histoire.
Dans une classe la maitresse demande aux élèves un mot qui commence par la lettre M. Tous de lever la main et de s'écrier en chœur "Maman". La maitresse demande alors un mot qui commence par la lettre P. Tout le monde veut répondre et s’écrie Papa. Plus dur dit la maitresse, un mot qui commence par le lettre N. Silence sauf le cancre que la maitresse n'ose jamais interroger, à chaque fois qu'il ouvre la bouche c'est pour dire des horreurs. Voyant que malgré tout personne ne semble trouver le réponse elle finit par donner la parole au cancre qui fort gentiment dit un "Nain". La maitresse se tourne vers le tableau pou y écrire la réponse et l'on entend alors le cancre ajouter : un nain mais avec une paire de couilles !!
Voila à la lecture de cette histoire ce à quoi j'ai immédiatement pensé. Quelle histoire mes aïeux, mais quelle histoire ! Pour rendre hommage à qui vous savez j'ai envie de m'écrier : Rhaa Lovely !!! Quel pied !!. Ah que c'est bon de lire de la bonne grosse BD qui sort l'artillerie lourde sans craindre de froisser les ligues de moralité, car ici de moralité il n'est point question. Notre petit bonhomme n'est pas en mousse et il le fait savoir arrivant à un âge où certains penseraient plutôt à s'acheter Le camping car de leur rêve, lui préfère investir dans un marteau outil oh combien utile lorsque l'on veut se venger d'années de rebuffades et autres humiliations.
Bourrin me direz vous ? Ben oui mais pas que, habilement le scénariste ne nous laisse pas en plan et revient sur le genèse de cette colère qui saisit un jour notre héros. Bref c'est rudement bien fait un peu dans l'esprit "Doggy Bags" dont les qualités ne sont plus à vanter. Je recommande fortement, une bouffée d'adrénaline "sang pour sang" efficace, faite tourner. Je ne verrais jamais plus les gentils compagnons de Blanche Neige de le même manière.
Il est des albums dont vous avez du mal à lâcher la lecture, sur lesquels une fois la dernière planche avalée vous avez besoin de tout relire sans précipitation pour profiter de la fluidité du trait et de la narration, desquels vous vous dites que noyés dans la production actuelle de toute façon le pauvre auteur sera perdu.
"Le Port des Marins Perdus" est de cette catégorie, un récit de bateaux, de pirates, de lointain et de douceur aussi. Car contrairement aux très bons Long John Silver ou encore A bord de l'Etoile Matutine, ici il n’y a pas que de la peur, de la sueur et du sang, on peut y trouver aussi des sentiments et de la douceur.
Le scénario suit un fil finalement classique, mais je ne me rends compte de ceci que maintenant lorsque j’écris mon commentaire. Les événements bien amenés permettent de désamorcer les indices trop gros qui avaient probablement intentionnellement été laissés, et le lecteur se prend au jeu des questions et de l’empathie pour les personnages.
Le dessin, à première vue brouillon, déploie une aisance et une légèreté bienvenue pour nourrir le propos, et si aux premières planches on peut se demander si l’album final verra le jour, très vite l’âme du récit se nourrit des traits de crayons parfois avec pudeur parfois avec hargne.
Vous l’aurez compris, cet album fait partie des très jolies surprises de ce trimestre qu’il faut connaitre même si les récits de gros pirates ne vous enchantent pas, car ici il n’est pas question seulement d’un univers spécial et sanguinaire, mais bien de grandeur de sentiments évoluant avec pudeur dans la mémoire et l’humeur du lecteur.
Et si le récit échappe à la note ultime, ce n’est pas pour le sentiment merveilleux de l’après lecture, mais plutôt parce qu’il n’y a rien d’extraordinaire dans cet album, aussi bien dans une trouvaille scénaristique ou une prouesse graphique. Procurer un tel bonheur au lecteur par une fluidité et un excellent travail même classique montre un talent d’auteurs à découvrir
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Le Courseur et autres histoires drôles
Bon, ben je me retrouve à essayer de noter, de donner un avis clair et précis sur ce qui ressemble quand même pas mal à un ovni. D’abord parce qu’on ne le voit pas si souvent ! Il m’a fallu pas mal de temps, de recherches – inutiles – et finalement de pot, pour dégotter cet album, d’occase, et dans un super état en plus ! Ovni surtout pour son contenu. Quel auteur barré ! Mais quel auteur intrigant, intéressant et déroutant. D’ailleurs, autant vous dire que mon conseil d’achat s’agrémente d’un conseil de feuilletage avant d’acheter. Ce n’est clairement pas main stream, et il faut être accessible à un univers qui ne se laisse pas apprivoiser, voire concevoir facilement. Le seul point commun des quatre histoires – trois relativement courtes, « Le courseur » étant nettement la plus développée –, c’est une certaine poésie, plus ou moins noire, une forme de surréalisme, une rêverie plus ou moins éveillée, qui irrigue des scénarii par ailleurs parfois hermétiques (c’est surtout le cas du « Courseur », qui ne m’a pas encore livré tous ses secrets). Le dessin est lui aussi très personnel et original. En tout cas il m’a bien plu. Avec un très beau travail sur la géométrie pour le « Courseur », l’impression parfois d’avoir accès à des esquisses d’architecte. De plus, j’aime beaucoup aussi la colorisation – différente d’une histoire à l’autre –, généralement discrète (même si plus « voyante » dans « Machine » [superbes dégradés de rouille] et dans « Ophélie » [peut-être l’histoire qui m’a le moins accroché, malgré sa calme poésie]). Voilà en tout cas un album qui sort de l’ordinaire, qui nous sort de l’ordinaire ! Note réelle 3,5/5.
Un océan d'amour
En empruntant cet album en bibliothèque, je ne m’attendais absolument pas à tomber sur quelque chose d’aussi bon. J’avais une vague souvenance d’avis positifs glanés ça et là sur le net (et notamment sur notre cher site), et même si je suis loin d’être un inconditionnel de Wilfrid Lupano, jeune scénariste vedette qui a décidément le vent en poupe, j’apprécie sincèrement certaines de ces séries, Alim le tanneur et L'Assassin qu'elle mérite en tête. Enfin, je ne connaissais pas du tout Panaccione, et ne savais donc pas à quoi m’attendre d’un point de vue graphique. Comme un autre posteur l’a souligné, difficile de ne pas songer d’entrée de jeu à l’univers de Sylvain Chomet et notamment aux fameuses « Triplettes de Belleville ». Le côté très expressif des personnages et les trognes des héros rendant la narration très fluide et les dialogues finalement superflus. Le côté muet, qui pourrait déstabiliser de prime abord, ne dérange pas le moins du monde. Et je me suis tant régalé à la lecture de ces truculentes tribulations que j’ai lu l’album deux fois de suite, avec un plaisir égal ! Le ton est d’une justesse rare : c’est habile, drôle, vivant, émouvant, sans tomber dans le militantisme écologique pénible ou dans la mièvrerie. Il y a des nuances, un humour que je trouve génial, des situations farfelues et hilarantes (le coup des napperons et des crêpes sur le bateau, tellement drôle !), des personnages attachants à souhait et un côté bienveillant et bon enfant qui, tout simplement, fait du bien et donne le sourire. Un album original et rafraîchissant, qui doit autant à la beauté et à la finesse du dessin, du découpage, qu’à la justesse et à la qualité du scénario. Un bonheur de lecture !
Les Contes de la ruelle
Sans savoir à quoi m’attendre (j’ai été séduit par le graphisme), ce recueil de 4 nouvelles m’a touché d’une manière insoupçonnée. Il émane de ces pages quiétude, douceur et poésie. Une pincée de fantastique apporte une touche de magie inhabituelle qui transcende les récits. Pourtant, la base de l’histoire (l’infirmité de la petite fille) n’a rien de gai. Mais tout se prête au sourire et au bonheur. A noter que, l’effet de surprise passé, les 2 dernières nouvelles sont un ton en dessous des 2 premières. Mais qu’à cela ne tienne, c’est du made in china de qualité. A découvrir !
Zaï Zaï Zaï Zaï
Zaï Zaï Zaï Zaï ... J’adore ! C’est de la bd déconne par excellence mais pas du n’importe quoi. Ce n’est pas bourrin, au contraire, c’est subtil, voire d'une très grande finesse. Sous un graphisme aux apparences sérieuses, se déploie une histoire de ouf. Fabcaro ajoute une nouvelle corde à son arc en explorant les potentialités infinies qu’offre la bd. L’auteur détourne avec intelligence les absurdités de notre quotidien en poussant son délire à son paroxysme. Le final conclut ce récit de manière non pas attendue mais bien dans la logique suivie jusque là. A recommander chaudement !
Sandman - Ouverture
Sandman est l'une de mes rares séries culte. Elle me transporte par son fantastique néo-gothique, son imaginaire infini, sa puissance d'évocation, son érudition et l'intensité de sa sensibilité poétique. Autant dire que quand j'ai appris que Neil Gaiman, son auteur, m'offrait la possibilité de faire vivre encore un peu plus ce personnage et cet univers, j'ai bondi sur l'occasion. Sandman - Ouverture se déroule (en partie) en 1915, juste avant le début de la série Sandman. La trame principale de son histoire permet d'expliquer comment le seigneur du Rêve s'est retrouvé si épuisé et sans force qu'il s'est laissé emprisonner dans le tout premier épisode de ses aventures. Et en même temps, elle permet de révéler de nombreux secrets sur Sandman, les Éternels et les différents fils narratifs de la série mère. Oserais-je vous dire notamment qu'on y découvre qui sont les parents des Éternels ? Si j'ai un peu hésité à classer cet album au rang de culte, c'est uniquement car sa trame principale manque un peu de force et sa fin est un peu convenue. Neil Gaiman a su faire preuve de bien davantage d'imagination et d'impact émotionnel par ailleurs. Il donne l'impression de s'être un peu retenu car s'il était allé plus loin il aurait pu déborder du cadre amenant au simple début de la série telle qu'on la connait. Mais au-delà de cette hésitation, bien des éléments de cet ouvrage tiennent du chef d'oeuvre. A commencer par le graphisme de J.H. Williams III. Neil Gaiman adore son style et le dessinateur, en retour, est un tel admirateur de l'auteur qu'ils ont tous les deux donné le meilleur d'eux-mêmes pour plaire l'un à l'autre. Ouverture est une débauche visuelle, un merveilleux recueil de talent graphique et de mise en page narrative. Les essais visuels que comportent chaque chapitre sont innombrables, avec des styles variés et tous impressionnants, des réflexions intenses sur la manière de présenter chaque scène pour leur faire transmettre émotions et impressions. C'est éclatant de force graphique et d'esthétisme. Parmi bien des merveilles, je retiens tout particulièrement la représentation de l'étoile folle que je trouve extrêmement réussie. Et je n'oublie pas au passage le travail de Dave Stewart sur les couleurs qui est grandiose. Ensuite il y a l'univers de Sandman qu'on retrouve ici intact. Son style gothique sombre et beau, cruel et envoûtant. Il y a l'imaginaire infini de Gaiman. Il y a la finesse avec laquelle il nous fait découvrir des secrets qui transforment doucement la vision que les lecteurs pouvaient se faire de la série originale. Il y a les interactions de la fratrie des Éternels les uns avec les autres. Il y a la poésie, la profondeur du fond du récit. Il y a aussi l'originalité de la narration. Bref, il y a dans cet album tout ce que j'aime dans la série Sandman, avec peut-être un tout petit peu moins de noirceur. Et il y a l'intense envie que cet album m'a donné de la relire et de relire Sandman - Nuits Éternelles dont le récit sur Rêve fait fortement écho à quelques-uns de ses passages clés.
Ninn
Encore une bonne surprise en jeunesse avec cette série que je ne découvre que maintenant Sorti en septembre 2015, le tome 1 pose les bases d'un récit d'aventure urbain contemporain où le fantastique s'invite tranquillement mais sûrement pour nous entrainer dans les sombres recoins du métro parisien grâce à la curiosité de notre jeune héroïne Ninn. Jean-Michel Darlot a en effet très bien construit son récit, qui, s'il n'a rien de révolutionnaire en soi, fonctionne très bien grâce à un personnage principal très attachant, des mystères plein de surprises, et ce métro parisien qui devient presque un personnage en soi. Ajoutez à ce la le dessin très réussi de Johan Pilet qui donne vraiment vie à cette jeune Ninn trépidante, dans un Paris actuel très bien rendu et tout cela prend corps de façon naturelle pour nous offrir un moment de lecture tout en fraicheur, en dynamisme et plein d'aventure pour notre plus grand plaisir ! Une série que je recommande chaudement et dont j’attends impatiemment la suite !
Shangri-La
Ahhh ba voilà ! Ça fait plaisir de tomber sur un aussi bon album de SF pour finir l'année en beauté ! J'avais découvert Mathieu Bablet par le biais de la série "Doggy bags" également éditée chez Ankama, et j'avais déjà fort apprécié son travail ainsi que son coup de crayon si particulier. Certains lui reprocherons ses personnages un peu taillés à coup de serpe, mais moi j'aime bien ce côté singulier qui donne de la personnalité à son dessin. Surtout qu'ici, ses personnages évoluent dans des décors magnifiques qui donnent toute l'ampleur nécessaire à son récit. Car oui, Mathieu Bablet nous sort ici le grand jeu pour un récit de science fiction qui ne ferait pas rougir les plus grands du genre. Et malgré quelques menus défauts qu'on pourra qualifier de jeunesse, cet album est une vrai réussite ! Oui, certains aspects de son scénarios peuvent sembler un peu trop appuyés par moment (je pense ici au côté société de (sur)consommation surtout), mais le reste est tellement bien construit qu'on oublie rapidement ces quelques aspérités. J'ai pour ma part dévoré cet album et avalé ces 220 pages d'une traite ! Avec maintenant une seule envie, replonger dedans pour en apprécier les subtilités. Un album qui m'a par ailleurs rappeler un roman de Alain Damasio, "La zone du dehors", pour sa très bonne réflexion sur la révolte, la rébellion et jusqu'où l'engagement contestataire peut conduire, avec les manipulations politiques et les récupérations possibles. Shangri-La constitue pour tout cela un des meilleur album SF qu'il m'est été donné de lire cette année. Un album à lire pour tout amateur du genre qui se respecte !
Les Effroyables missions de Margo Maloo
Elle est vraiment formidable, cette petite BD jeunesse qui pourtant ne paye pas trop de mine au premier abord ! Découpée en trois histoires, elle nous emmène à la découverte de ces monstres, trolls et autres fantômes que personne n’a jamais vus mais qui existent bel et bien, et pas que dans l’imagination des enfants ! Normal, attachés à leur tranquillité, ils se terrent dans les endroits à l’abandon et préfèrent éviter tout contact avec les humains. Charles va ainsi pouvoir réaliser son rêve d’être reporter en accompagnant Margo Maloo, une fillette dont le talent est de savoir repérer ces créatures et parlementer avec elles pour éviter qu’elles ne se fâchent tout rouge, car bien sûr elles peuvent devenir très susceptibles dès qu’on empiète sur leur territoire et qu’on touche à leurs affaires ! Auteur d’En Mer (Editions Ça et Là), un roman graphique très bien accueilli à sa sortie en 2011, l'Américain Drew Weing réalise également des illustrations pour des magazines jeunesse. Il s’agit là du premier tome d’une série dont la suite est attendue l’an prochain, et on ne peut que s’en réjouir. Bien campés, les personnages se révèlent vite attachants et on peut avoir très envie de les revoir. Les parents de Charles, bobos pur jus mais aussi pragmatiques, Charles lui-même, garçonnet potelé et curieux, bien décidé à affronter sa peur des monstres, et bien sûr la jeune et mystérieuse Margo Maloo. Quant aux monstres, si « effrayants » soient-ils par leur aspect, lls ne le restent jamais longtemps face à Margo, ils en deviendraient même plutôt sympathiques voire risibles… La synergie entre dialogues et dessin fonctionne à plein pour produire un effet comique assez irrésistible, par exemple quand le troll, après avoir exprimé sa colère vis-à-vis de Charles, réalise que son « repas potentiel » collectionne également les « soldanimos ». S’ensuit un échange assez croustillant qui vient dédramatiser une situation des plus tendues… Les rondeurs du trait spontané confèrent un côté à la fois drôle et avenant. Et il n’est pas du tout impossible que l’ouvrage permette aux enfants de maîtriser leur peur du noir. Un vrai coup de cœur pour cette nouvelle série, qui sans aucun doute devrait trouver sa place auprès du jeune public grâce à ses nombreuses qualités. L’auteur ne prend pas les enfants pour des crétins et cela se voit. Pleines de fraîcheur, d’humour et d’intelligence, avec une chouette atmosphère, ces « effroyables missions » sont largement recommandables, notamment pour les parents en panne d’idées BD pour leur progéniture à l’approche des fêtes. Le seul risque, c’est que ces derniers, si tant est qu’il leur prenait l’idée de lire les premières pages, pourraient bien y prendre goût et garder l’album pour eux…
Big Man Plans
Permettez moi, un fois n'est pas coutume de débuter cet avis par une petite histoire. Dans une classe la maitresse demande aux élèves un mot qui commence par la lettre M. Tous de lever la main et de s'écrier en chœur "Maman". La maitresse demande alors un mot qui commence par la lettre P. Tout le monde veut répondre et s’écrie Papa. Plus dur dit la maitresse, un mot qui commence par le lettre N. Silence sauf le cancre que la maitresse n'ose jamais interroger, à chaque fois qu'il ouvre la bouche c'est pour dire des horreurs. Voyant que malgré tout personne ne semble trouver le réponse elle finit par donner la parole au cancre qui fort gentiment dit un "Nain". La maitresse se tourne vers le tableau pou y écrire la réponse et l'on entend alors le cancre ajouter : un nain mais avec une paire de couilles !! Voila à la lecture de cette histoire ce à quoi j'ai immédiatement pensé. Quelle histoire mes aïeux, mais quelle histoire ! Pour rendre hommage à qui vous savez j'ai envie de m'écrier : Rhaa Lovely !!! Quel pied !!. Ah que c'est bon de lire de la bonne grosse BD qui sort l'artillerie lourde sans craindre de froisser les ligues de moralité, car ici de moralité il n'est point question. Notre petit bonhomme n'est pas en mousse et il le fait savoir arrivant à un âge où certains penseraient plutôt à s'acheter Le camping car de leur rêve, lui préfère investir dans un marteau outil oh combien utile lorsque l'on veut se venger d'années de rebuffades et autres humiliations. Bourrin me direz vous ? Ben oui mais pas que, habilement le scénariste ne nous laisse pas en plan et revient sur le genèse de cette colère qui saisit un jour notre héros. Bref c'est rudement bien fait un peu dans l'esprit "Doggy Bags" dont les qualités ne sont plus à vanter. Je recommande fortement, une bouffée d'adrénaline "sang pour sang" efficace, faite tourner. Je ne verrais jamais plus les gentils compagnons de Blanche Neige de le même manière.
Le Port des Marins Perdus
Il est des albums dont vous avez du mal à lâcher la lecture, sur lesquels une fois la dernière planche avalée vous avez besoin de tout relire sans précipitation pour profiter de la fluidité du trait et de la narration, desquels vous vous dites que noyés dans la production actuelle de toute façon le pauvre auteur sera perdu. "Le Port des Marins Perdus" est de cette catégorie, un récit de bateaux, de pirates, de lointain et de douceur aussi. Car contrairement aux très bons Long John Silver ou encore A bord de l'Etoile Matutine, ici il n’y a pas que de la peur, de la sueur et du sang, on peut y trouver aussi des sentiments et de la douceur. Le scénario suit un fil finalement classique, mais je ne me rends compte de ceci que maintenant lorsque j’écris mon commentaire. Les événements bien amenés permettent de désamorcer les indices trop gros qui avaient probablement intentionnellement été laissés, et le lecteur se prend au jeu des questions et de l’empathie pour les personnages. Le dessin, à première vue brouillon, déploie une aisance et une légèreté bienvenue pour nourrir le propos, et si aux premières planches on peut se demander si l’album final verra le jour, très vite l’âme du récit se nourrit des traits de crayons parfois avec pudeur parfois avec hargne. Vous l’aurez compris, cet album fait partie des très jolies surprises de ce trimestre qu’il faut connaitre même si les récits de gros pirates ne vous enchantent pas, car ici il n’est pas question seulement d’un univers spécial et sanguinaire, mais bien de grandeur de sentiments évoluant avec pudeur dans la mémoire et l’humeur du lecteur. Et si le récit échappe à la note ultime, ce n’est pas pour le sentiment merveilleux de l’après lecture, mais plutôt parce qu’il n’y a rien d’extraordinaire dans cet album, aussi bien dans une trouvaille scénaristique ou une prouesse graphique. Procurer un tel bonheur au lecteur par une fluidité et un excellent travail même classique montre un talent d’auteurs à découvrir