Les derniers avis (9598 avis)

Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Mangeur d'espoir
Le Mangeur d'espoir

Voici un album que j'attendais assez impatiemment. Karim Friha est un jeune auteur, qui a été révélé par Le Réveil du Zelphire, puis La Flamme et l'Orage, en tant qu'auteur complet. Petit à petit il creuse son trou, et son nouvel album, un one shot cette fois-ci, va renforcer son statut de petit prince de la bd fantastique. Le sujet est cette fois-ci un vampire psychique, surnommé le Mangeur d'espoir. Il hante les esprits des personnes mentalement fragiles, pour s'emparer de leurs souvenirs, les flétrir, en transformer les protagonistes en créatures monstrueuses, jusqu'à détruire totalement le psychisme de ses victimes. On est clairement dans une allégorie de la dépression, dont les origines sont parfois inconnues. Un point de départ intéressant, qui rappelle fortement les ressorts de certains récits écrits par un autre auteur de fantastique, et pas n'importe lequel : Stephen King. Il s'agit d'ailleurs là d'une référence assumée par Karim Friha, qui a, toutes proportions gardées, transposé -entre autres- des éléments du Fléau à Montmartre. On y voit en outre certains "trucs" cinématographiques que King a popularisé, dans le mouvement, dans la transition entre les personnages et les plans, etc. Il en résulte un récit très efficace, plutôt maîtrisé, même si je trouve qu'il est un peu vite lu. J'aurais aimé, par exemple, qu'Adrian Stern mette plus de temps à convaincre Rachel. Ainsi on apprend par exemple qu'il a sauvé la vie de l'ami de Rachel, mais sans savoir comment. Il y a peut-être aussi une part de frustration de ma part dans cette impression, car j'étais bien embarqué dans cette histoire. Deux petites remarques négatives en plus : l'argumentaire en quatrième de couverture laisse entendre un ancrage important du personnage-titre dans le paysage parisien, à Montmartre en particulier, voire un lien fort entre celui-ci et le lieu. Or, hormis quelques cases où l'on voit le Sacré-Coeur et le jardin des Buttes-Chaumont, deux lieux iconiques de la capitale, l'environnement géographique n'a pas vraiment de présence. Malgré leur beauté visuelle, on ne voit pas vraiment l'importance soulignée par l'éditeur. Et une -toute petite- déception concernant une case qui est par ailleurs très forte, celle où l'on voit Rachel marcher d'un air triste, son vélo à la main, dans le cimetière de Montmartre. Un petit défaut de perspective m'a sauté aux yeux lors de ma lecture de l'album, alors que j'adore par ailleurs cette case, qui est présente en noir et blanc dans mon bureau depuis des mois, après que Karim l'ait publiée sur Facebook. A côté de ces menus défauts, que je tenais tout de même à signaler, j'ai passé un très bon moment de lecture. L'ambiance est réussie, le récit plutôt bien mené, tandis que les personnages sont très travaillés. Mention spéciale au Mangeur d'espoir, entité muette, mais d'une présence très angoissante. On sent que Friha l'a énormément travaillé, lui a donné un look très particulier qui va me marquer je pense. Bref un très bon album, de la part d'un auteur que je vais continuer à suivre.

27/09/2020 (modifier)
Par Jetjet
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Amour infini que j'ai pour toi
L'Amour infini que j'ai pour toi

Voici un livre surprenant. Premier recueil de l'auteur Paulo Monteiro composé de dix courts récits sur le deuil, les regrets, le temps qui passe sous formes de vignettes en noir et blanc au style indéfini, il ne devrait pas laisser grand monde indifférent. Porté par des textes poétiques en voix off, les histoires semblent n'avoir aucun fil rouge et se lisent rapidement, trop rapidement même. Leurs conclusions parfois abruptes laissent supposer que le travail serait bâclé comme le laisse supposer l'un des chroniqueurs plus bas. Il n'en est heureusement absolument rien. Il y a même de jolies lueurs d'espoir pour qui prendrait le temps d'y revenir, ce que le livre invite inconsciemment à faire. Car les dessins sont de toute beauté, invitant à la contemplation, le trait charbonneux laisse place à de solides contrastes, rappelant presque le principe de la carte à gratter. C'est à la fois sobre, solide et tout simplement expressif. Les esprits chagrins trouveront que le travail de Monteiro, à la fois personnel (cela semble être une autobiographie) mais également universel (il est très simple de s'approprier ces fables comme les nôtres) est une ode à la mélancolie et à la tristesse. C'est plutôt une aide subtile pour se sortir d'une grosse déprime. Bien sûr certaines références à Kafka notamment sembleraient grossières et cette compilation se lit bien trop rapidement. Mais le rendu est tel qu'on y pense souvent avec un sourire loin d'être contrarié, plutôt la satisfaction que ce petit livre pourrait devenir un ami intime. Les notes en fin d'ouvrage expliquant sa conception achèvent de le rendre encore plus intime. L'histoire ne dit pas si d'autres œuvres de cet auteur récompensé dans son pays d'origine, le Portugal, nous parviendront en français mais je serais ravi de retrouver cet auteur atypique. N'écoutez pas les médisants et offrez ce petit objet fascinant autour de vous, à vos amis, ou conservez le précieusement chez vous à l'écart d'Erik qui est passé complètement à côté du sujet.

27/09/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kent State, quatre morts dans l'Ohio
Kent State, quatre morts dans l'Ohio

Cela faisait un petit moment qu’on l’attendait, le nouveau Backderf. Cinq ans, si l’on exclut True Stories, une anthologie sortie en 2019 et regroupant des strips de l’auteur parus dans les journaux de Cleveland depuis trente ans. Pour son « vrai » retour, on peut dire que le vieux briscard, à presque 61 ans, n’a non seulement rien perdu de sa verve anti-système, mais qu’en plus il a sans doute produit ici le livre le plus marquant de sa biographie. A la lecture, on comprend aisément à quoi ont pu servir ces cinq années, tant l’ouvrage surprend par sa maîtrise et sa rigueur journalistique (ne serait-ce que par la longueur des notes à la fin du livre). Car « Kent State » n’est rien de moins qu’une reconstitution historique, intégralement basée sur des témoignages oculaires et des recherches approfondies menées dans les archives de la bibliothèque de l’université de Kent State. On sent bien que le sujet tenait Backderf à cœur, d'abord parce qu'il est lui-même originaire de l'Ohio, et qu’ensuite il était primordial pour lui de rétablir une vérité longtemps occultée par le discours officiel de l’époque. Pour les autorités gouvernementales et locales, les étudiants contestataires qui s’opposaient à la guerre du Vietnam étaient forcément guidés depuis l’étranger, et à ce titre, méritaient une répression des plus féroces. Le Président Nixon, en poste en 1970, n’était pas connu pour ses positions nuancées vis-à-vis du communisme, dans un contexte où la guerre froide était à son apogée. De fait, la réponse de la garde nationale, qui intervint sur le campus même de l’université ( !), ne fut pas davantage gouvernée par la nuance, et l’horrible fusillade perpétrée par les militaires sous un commandement inapte toucha tous les étudiants quelles que soient leurs opinions ou le motif de leur présence sur les lieux. Ils furent réprimés, blessés et assassinés par la simple fait qu’ils étaient ÉTUDIANTS ! Choquant pour une bonne partie de la population, cet épisode, qui annonçait d’une certaine façon la fin de la guerre au Vietnam trois ans plus tard, reste assez méconnu. On sait gré à l’auteur du Midwest de jeter une nouvelle lumière sur l’événement, ce qui ne redore guère l’image d’une administration américaine rompue à la manipulation et au mensonge. Pourtant, on ne peut aucunement reprocher à Backderf d’avoir travesti les faits et les témoignages, ni de laisser transparaître sa propre opinion. Au contraire, il est parvenu – en tout cas il s’y est efforcé — à construire une narration factuelle et objective, en montrant chacun des protagonistes avec le plus grand réalisme possible, sans manichéisme, même si bien sûr, on peut sentir qu’il ne porte pas la soldatesque, et encore moins les gradés, dans son cœur de citoyen attaché à la justice. La bonne idée de remonter à l’origine des faits qui ont débouché sur cette tragédie, avec un compte à rebours qui s’active dès les premières pages (on comprend que certains personnages seront victimes de la fusillade), contribue à captiver le lecteur désireux de comprendre pourquoi les Etats-Unis prirent en quelques jours le visage d’une des pires dictatures sud-américaines… Le trait de Backderf reste toujours aussi expressif, mais fort logiquement se fait plus réaliste pour décrire ce cauchemar américain bien réel. On en apprécie toujours autant les rondeurs géométriques, tout comme ce noir et blanc qui lui sied parfaitement. On est tenté d’ajouter, sans vouloir faire injure ni à l’un ni à l’autre, que l’on pense beaucoup à Joe Sacco (et il semble que je ne sois pas le seul à le penser si j'en crois l'avis d'Alix !), non seulement parce que ce dernier fait de la BD documentaire, mais par son style graphique également assez proche. Fidèle depuis un bon moment aux éditions Ça et là, l’auteur de Mon ami Dahmer signe une œuvre qui se place d’emblée parmi les meilleures sorties de l’année 2020, et prend un relief particulier dans le contexte électoral que traverse son pays. Ce retour très attendu de Monsieur Backderf ne déçoit donc aucunement, et c’est même d’ailleurs tout le contraire !

26/09/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Carbone & Silicium
Carbone & Silicium

La Tomorrow Foundation va livrer au monde deux entités d'intelligence artificielle. C'est ainsi que Carbone et Silicium voient le jour, ils ont accès à la connaissance globale du monde mais leur désir est de s'émanciper, de trouver un corps d'accueil. Entre les deux IA va naitre ce que l'on peut qualifier d'amour. À travers le temps ils vont se perdre et se retrouver. Le moins que l'on puisse dire c'est que Mathieu Bablet est un auteur complexe. Ses choix graphiques d'une part, et d'autre part la profondeur du propos au travers des thèmes qu'il explore. D'un point de vue graphique l'objet même est une petite tuerie, dos toilé, épaisseur des pages, qualité du papier, jusqu'au prix qui reste très correct pour un pavé (267 pages tout de même) de cet acabit. Un triple hourra pour les éditions Ankama et le label 619 dont j'ai chanté les louanges par ailleurs. Également la colorisation impeccable qui propose toute une gamme de nuances plus superbes les unes que les autres. Ici point de Photoshop, tout est fait à la main et je ne vous cause pas des décors hallucinants, que les planches soient contemplatives ou autre. En ce qui concerne ses personnages je suis plus que dubitatif, pourquoi des silhouettes à peine ébauchées, sans pieds et des visages qui parfois ont tendance à être différents d'une case à l'autre ? Une tendance à l'épure nous dit Alain Damasio dans la postface. Mouais bof, un trait plus réaliste m'aurait permis une immersion plus profonde dans le récit. Sans doute des restes de l'époque Label 619 dont Singelin et Run sont les chantres et Maudoux dans une moindre mesure. Sur le propos de l’œuvre disons le tout de go, Bablet nous offre un album totalement dépressif où il n'y a que peu de lueurs d'espoir. Pamphlet contre la connexion à outrance, le transhumanisme, la machine et l'humain entremêlé et la destruction environnementale. Ce qui sauve l'ensemble c'est cette histoire d'amour entre deux êtres qui vont passer tout le temps de l'album à se chercher, leurs corps d'origine presque humaine perdant au fil du temps cette dimension les faisant redevenir machines obsolètes. Un album qui n'a pas fini de faire réfléchir, magnifique, n'ayons pas peur des mots, bien évidemment un coup de cœur.

26/09/2020 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Espion de César
L'Espion de César

Un rapide feuilletage chez l'ami PAco qui venait d'acheter la BD m'a rapidement convaincu qu'il fallait que j'en fasse l'acquisition au plus vite. Déjà une couverture qui en jette, l'on dirait presque que c'est un Conan qui descend cet escalier et l'on se dit qu'il ne faut pas se trouver sur la route de ce gaillard. Sous des faux airs d'un Astérix testostéronné un nouveau héros se dessine sous nos yeux. Nous suivons donc les pérégrinations de Coax, guerrier gaulois qui vit de brigandages et pour ce qui nous intéresse d'enlèvements. Sa route croise celle du futur César et après quelques péripéties, il se retrouve au service de celui-ci, qui va l'aider à assouvir sa vengeance pour retrouver les assassins de son fils. Comme le dit Coax à César, je ne comprends que la vengeance. Cela donne à ce premier tome toute sa force, le fil conducteur du récit. D'aucuns pourraient y voir un récit un peu bourrin, les sourires se font assez rares sur son visage buriné, ce qui m'amène au dessin de Fafner. Disons le d'emblée, il est parfaitement maitrisé, un trait acéré parfois un peu gras mais très précis, qui pourrait être un peu plus appliqué sur les gros plans. Une colorisation qui privilégie beaucoup le sépia pour un rendu que personnellement je trouve bienvenu. Un premier tome de fureur, ça tranche et gicle dans des combats très dynamiques, un régal pour moi -Memento Mori- N'oublie pas que tu es mortel. Un coup de cœur pour moi, vivement la suite.

26/09/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Têtes de mule - Six jeunes alsaciennes en résistance
Têtes de mule - Six jeunes alsaciennes en résistance

Il est rafraîchissant de constater que les périodes les plus sombres de notre Histoire peuvent parfois faire éclore de bien belles aventures humaines. Le récent Beate et Serge Klarsfeld : un combat contre l'oubli m’avait déjà beaucoup inspiré, et la vie de ces « Six jeunes alsaciennes en résistance » (toujours chez La Boîte à Bulles) est tout aussi remarquable. L'auteur est marié à la petite fille d'Alice (une des résistantes) et a eu accès à toutes les archives familiales. Il rapporte donc les faits fidèlement : on découvre des jeunes femmes courageuses et très indépendantes - personne ne leur a suggéré de faire de la résistance, elles sont arrivées tout naturellement à cette conclusion, inspirées par leur humanité, leur amour pour la France, et leurs valeurs acquises grâce aux Guides de France (l'équivalent du scoutisme pour les filles et les jeunes femmes) et leur foi chrétienne. Elles prennent beaucoup de risques, font passer la frontière à près de 500 prisonniers de guerre, et finissent en prison... Je vous laisse découvrir comment tout ça se termine ! L’album est bien réalisé. La narration est fluide (mais un peu académique), et le dessin et couleurs aquarelles sont très jolis, en particulier les paysages (j’ai eu un peu plus de mal avec les nez « Pinocchio » des personnages, qui me rappellent un peu le style ligne claire des années 80). Un excellent moment de lecture, sur une période tellement intéressante de notre Histoire récente.

24/09/2020 (modifier)
Couverture de la série Sixella
Sixella

Voilà un album érotique (voire plus !), publié par Dynamite dans un format intermédiaire, qui m’a attiré par son graphisme. En effet, j’ai bien aimé les différents tons de bleus et de rose employés par Janevsky (qui signe ici sa première BD), avec une colorisation comme insolée, un papier épais et presque granuleux, l’ensemble détonnant (normal vu l'éditeur !) – dans le bon sens du terme – dans la production du genre. Comme l’avance l’éditeur, on a effectivement ici une idée qui fait penser à Gillon, avec sa « Survivante », série dans laquelle un robot copulait avec l’héroïne (il faudra bien que je l’avise d’ailleurs !). Mais j’ai trouvé Janevsky plus intéressant, dans un format plus resserré, et un arrière-plan plus poétique, peut-être moins ambitieux, mais finalement plus réussi. Sixella est la seule survivante du crash de son vaisseau spatial sur une planète inconnue, avec Iris, un robot vaguement anthropomorphe. Traversant d’immenses espaces désertiques, elle rencontre plusieurs femmes lui ressemblant étrangement (y compris au niveau de ses vêtements – quelques parties du corps couvertes de cuir ou latex moulant, dans une esthétique SM soft), sosies ou autres « incarnations » de la personnalité de Sixella ? J’avoue que cela m’est resté hermétique (comme la fin de l’histoire d’ailleurs). Après avoir fini cet album, je suis resté quelque peu hésitant. D’abord pour classer cet album dans une catégorie : de la SF, une sorte de roman graphique un peu onirique et bien sûr de l’érotisme, avec des scènes explicites certes, mais bien éloignées de l’esthétique habituelle du genre (on aurait tout aussi bien pu la classer en érotique, mais certaines scènes sont quand même suffisamment explicites). Bref, j’aurais presque mis cet album en inclassable. Mais c’est aussi l’histoire en elle-même que j’ai eu du mal à « situer ». Par-delà certains clichés/incohérences souvent présents dans les albums érotiques ayant des prétentions scénaristiques (ça ne doit par exemple quand même pas être évident pour Sixella de crapahuter sur cette planète inconnue avec ses cuissardes à talons aiguille !), certains aspects de l’intrigue – plutôt évanescente – m’ont échappé. Mais voilà, j’ai vraiment beaucoup apprécié l’esthétique d’ensemble, qui a parfois un petit côté art-book (l’auteur est graphiste à la base), la colorisation, et la plastique de Sixella. Le côté relativement obscur du scénario convient alors à tous les côtés poétiques développés. Les scènes de sexe elles-mêmes jouent sur la sensualité, la poésie, entre Sixella et Iris surtout, mais aussi avec des sortes de plantes locales, avec lesquelles Sixella copule et jouit. Au final, on a là un premier album plein de promesses, original, et que je vous encourage à découvrir (même si vous n’êtes pas lecteur régulier d’albums érotiques, vous pouvez être agréablement surpris). On pourrait penser à Druuna, à La Survivante, certes, mais c’est assez différent quand même. J’aurais juste aimé non pas plus de clarté dans l’histoire (je suis prêt à me laisser émouvoir par quelque chose que je ne comprends pas totalement), mais plutôt une intrigue plus dense, plus développée, il y avait clairement là du potentiel pour quelque chose de plus « important » (en matière de pagination et de ressorts scénaristiques). Note réelle 3,5/5.

24/09/2020 (modifier)
Par Ashibaal
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Un Dieu Mineur
Un Dieu Mineur

Comme beaucoup – apparemment – j’ai découvert Toppi avec Sharaz-De. Contrairement aux avis exprimés ci-dessous, je ne pense cependant pas qu’Un Dieu mineur soit... un Toppi mineur, ou une bande-dessinée mineure ! Entre la finesse des dessins, la profondeur des recherches documentaires qui crée une forte impression d’authenticité (d’après la tête du démon de la première, il est évident que Toppi a passé pas mal de temps dans un musée ethnographique – sans parler du naturalisme des animaux), un scénario malin et pertinent (pour le troisième « conte » en tout cas - j’avoue que le premier ne m’a pas laissé un souvenir impérissable, mais la simplicité de son histoire n’est pas un défaut), c’est là une contribution majeure de Toppi à la noblesse du médium. Son art élève la bande-dessinée. Pas moins !

23/09/2020 (modifier)
Par Hervé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série B.O. comme un dieu
B.O. comme un dieu

La collection "BD cul" des Requins Marteaux est assez inégale. Pour ma part, je possède uniquement le désopilent La Bibite à Bon Dieu de Bouzard, et les remarquables opus de Vivès Les Melons de la colère et La Décharge mentale. Et là, j'ai craqué pour ce livre signé Ugo Bienvenu, dont j'avais lu Préférence système il y a peu (et que j'avais, il faut l'avouer, modérément apprécié). Mais avec ce fascicule de 128 planches, Ugo Bienvenu nous offre un petit bijou aussi bien narratif que graphique. Bien sûr, on ne peut que songer à La Survivante de Paul Gillon (1985) lorsque l'on découvre cette histoire. Mais Ugo Bienvenu nous raconte, à travers le récit autobiographique de B.O, robot hétérosexuel, véritable sex toy vivant pour riches femmes esseulées, une vision assez froide, clinique et désabusée de l'amour. Les dessins sont le plus souvent explicites, et les dialogues parfois crus mais le lecteur finit par avoir de la sympathie pour ce robot unique en son genre. Ugo Bienvenu, outre les scènes de sexe, ne cesse de placer dans ses dessins des références sexuelles explicites (forme phallique du vaisseau spatial par exemple). Bref, l'auteur fait une entrée plus que remarquée dans cette collection, et je pense que ce one-shot fait partie des meilleurs titres de cet éditeur.

22/09/2020 (modifier)
Couverture de la série Les Décastés d'Orion
Les Décastés d'Orion

Je ne connais pas le roman dont est adapté cette Bd ni l'auteure Julia Verlanger dont je n'ai lu aucun ouvrage, mais Corbeyran qui peut être capable du meilleur comme du pire, livre ici un bon récit qui est un mélange habile de fantasy et de SF, mais où domine la fantasy. Le thème des 2 univers aux avancées technologiques inégales et leur confrontation, a été abordé plusieurs fois en SF, de même que le cheminement des aventuriers galactiques qui visitent une planète dont ils jugent les habitants primitifs, est aussi courant, mais la différence c'est que dans cette bande, le récit est vu selon le point de vue des primitifs et non des visiteurs. L'histoire, le background, les personnages, la partie graphique fluide et propre, tout ceci m'a séduit, et pour une fois, je dis bravo à Corbeyran qui a réussi à empaqueter un tel récit en un seul diptyque, sans succomber à une série à rallonge, alors que le potentiel aurait pu l'inciter à en rajouter des tonnes. Il enchaîne péripéties et rebondissements sans grande surprise, et la Bd en elle-même n'innove en rien, mais le récit reste dense et très plaisant, c'est de la bonne SF sans prise de tête, au ton série B, très divertissante et avec des ingrédients classiques où je me laisse trimballer allègrement sans trouver à redire, car ça se lit facilement, c'est pas de la SF où je me fais chier comme dans Les Technopères ou Le Vagabond des Limbes et autre Le Fléau des Dieux...

22/09/2020 (modifier)