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Préférence système

Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)

« Chaque homme dans sa vie assiste à la fin d'un monde. »


Anticipation Robots

En 2120, le data est devenu si volumineux qu'il faut commencer à effacer des données. Toute archive frappée d'un visa d'élimination par le corps des Prophètes, chargé d'opérer les choix cruciaux, doit être supprimée. Yves, archiviste humaniste du Bureau des Essentiels, ne peut s'y résoudre. Pour les sauver de l'oubli, il sauvegarde clandestinement certaines données, plus poétiques que politiques, et les rapporte chez lui pour les stocker dans la mémoire de Mikki, son robot domestique. Une infraction grave à l'éthique de sa profession. Cependant, au Bureau des Essentiels, des fuites ont été décelées et une vaste enquête est lancée parmi le personnel.

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution 03 Octobre 2019
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Préférence système
Les notes (3)
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03/01/2020 | LuluZifer
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Par Jetjet
Note: 2/5
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Quelqu'un aurait-il imaginer un jour associer un récit d'anticipation avec une chanson de Céline Dion ? Et bien il est temps ou non de s'en réjouir car Ugo Bienvenu l'a fait avec son dernier roman graphique. Préférence Système est un gros pavé de plus de 150 pages rappelant à bien des égards ce que Bradbury dénonçait dans Fahrenheit 451 : la mémoire et la sauvegarde du passé et ses limites. Ici ce ne sont plus des pompiers qui doivent brûler les livres mais des fonctionnaires administratifs dans un futur proche soumettant des œuvres numériques au même sort. Il sera question ici de la sauvegarde ou pas d'un célèbre film de Stanley Kubrick "2001, l'Odyssée de l'espace" qui mettait en scène une intelligence artificielle déviante : Hal 9000. Hal 9000 est devenu ici un robot ménager multitâche prenant même à son compte la gestation d'un fœtus en remplacement du travail maternel au sein d'un couple en dérive. Son propriétaire, Yves, transgresse la loi pour sauvegarder le patrimoine culturel promu à une destruction définitive et va devoir prendre les devants pour sa famille. Inutile d'en dire davantage, si le sujet pouvait sembler passionnant malgré une certaine redite dans les œuvres citées, il n'y a pas grand chose d'intéressant dans le travail d'Ugo Bienvenu à mes yeux. Le graphisme a beau être travaillé et volontairement froid et distant, le style graphique fait l'objet d'un repoussoir. Dans un style réaliste proche des romans photos et accompagné d'une palette de couleurs atroce, l'histoire se laisse volontairement suivre dans ce quotidien bobo parisien futuriste puis bascule dans une seconde partie bien moins bavarde et un poil plus champêtre. Au final on se dit "tout ça pour ça" et ce ne sont pas les récompenses que je ne conteste en aucun point qui me feront changer d'avis. Il y avait matière à développer et en dire davantage selon moi mais Ugo Bienvenu a préféré jouer sur l'ambiance anxiogène. C'est son choix et comme le récit se laisse malgré tout bien lire, je peux comprendre l'engouement d'autres lecteurs et retourner lire S.O.S. Bonheur en tous points bien plus réussi.

15/05/2020 (modifier)
Par Blue boy
Note: 3/5
L'avatar du posteur Blue boy

C’est sûr, cette bande dessinée, retenue dans la sélection angoumoisine et lauréate du prix ACBD 2020 comporte quelques atouts, notamment par ses thématiques choisies : l’intelligence artificielle, la mémoire, la transmission et le révisionnisme culturel à travers la question du stockage des données. Thriller d’anticipation dans la forme, « Préférence Système » nous amène à nous interroger sur l’abondance d’informations, qui à l’ère d’internet, devient un sujet majeur. Des informations en tout genre, de la plus futile à la plus consistante d’un point de vue intellectuel, et qui, à travers la moulinette digitale, se transforment en « data » indigeste, en milliards de pages de données absconses et indifférenciées, qui ne seront plus à la portée de notre pauvre cerveau humain mais uniquement accessibles aux intelligences artificielles d’un futur proche, nous dit-on… Un grand vertige, et une perspective quelque peu angoissante pour la curiosité naturelle de tout Homme aspirant à une connaissance exhaustive des trésors culturels et scientifiques de l’humanité, et peut-être aussi pour notre humanité même… A l’intérieur de ce récit, vient se greffer une autre problématique : le stockage des données n’est peut-être pas extensible indéfiniment et nécessitera à moment donné de procéder à un tri en éliminant les « indésirables », qui prennent de la place dans les mémoires informatiques sans être jamais consultées. Que devra-t-on conserver, que devra-t-on jeter, et surtout qui va en décider ? Dans l’ouvrage d’Ugo Bienvenu, le point d’accroche est le film culte de Stanley Kubrick, « 2001, Odyssée de l’espace », que les autorités ont décidé de supprimer à tout jamais de la mémoire collective de stockage. Pour une raison évidemment fallacieuse, car selon les directives officielles, les films de vacances de Monsieur Duchmoll auraient un taux de vues bien supérieur, correspondant ainsi aux « quotas exigés ». C’est donc un robot qui sera chargé de conserver clandestinement l’œuvre monumentale, à l’initiative d’un employé du centre de stockage. Celui-ci, grand admirateur du film, va ainsi mettre sa vie en danger en uploadant plusieurs fichiers, dont « 2001 », dans la mémoire interne de son androïde domestique. En effet, un tel acte est considéré comme un grave délit selon la loi en vigueur. Le robot, lui-même porteur de l’enfant du couple, sera chargé de protéger à la fois la progéniture et les précieuses données, au cas où les choses devraient mal tourner… L’histoire est plutôt prenante, avec un rythme allant crescendo mais aussi quelque jolis moments de poésie, et une certaine complicité qui transparaît entre la jeune orpheline et son cyber-précepteur, lui-même apparaissant très humain derrière ses diodes rouges. Tiens, ça ne vous rappelle rien ? La référence à peine voilée à Hal, l’IA de 2001, n’est d’ailleurs pas la seule dans le livre, Bienvenu insérant à plusieurs reprises des citations d’œuvres, notamment de Rimbaud et d’Alfred de Musset, ou encore, pourquoi pas, du chanteur de variétés JJ Goldman et de « La Petite Sirène ». Si l’on décide de voir le verre à moitie plein, « Préférence Système » est un one-shot recommandable, pour peu que l’on fasse abstraction de cette vague impression de déjà vu que l’on ressent à la lecture de l’ouvrage. Pourtant, ce n’est pas tant le fait que l’on ne peut s’empêcher de penser à « 1984 » ou encore au « Meilleur des mondes », des références tout à fait louables, qui font tiquer. La faille serait plutôt à chercher au niveau de la crédibilité. Ugo Bienvenu aurait peut-être pu creuser davantage sa narration. En s’attachant au fond, il semble avoir négligé la forme et le contexte, notamment politique, de ce récit d’anticipation, faisant qu’on a du mal à croire que cela puisse se dérouler dans une France très proche temporellement. Un peu comme si on nous disait : en 2025, chaque foyer aura son propre robot domestique qui servira de matrice à ses progénitures. La religion aura fait un retour en force, le pouvoir sera totalitaire, et si par malheur vous enfreignez la loi en piratant des données interdites, vous serez désintégré aussi sec par les services secrets... Difficile de souscrire à cette vision clichetonnante et à vrai dire pas très crédible, faisant totalement l’impasse sur la question environnementale. De plus, le dessin, malgré ses qualités et ses trouvailles, reste conventionnel et un peu froid, concourant peut-être à l’absence d’émotion qui imprègne l’histoire. Passionnante d’un point de philosophique, superficielle dans son élaboration. Tel est le hiatus qui caractérise cette œuvre où domine un sentiment d’inachevé.

27/01/2020 (modifier)
Par LuluZifer
Note: 4/5
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Dans un futur proche, le big data se multiplie. Où doit-on ranger et classifier toutes ces données numériques ? Y'aura-t-il assez de place pour que tout le monde puisse ajouter des photos sur les réseaux sociaux, conserver des oeuvres culturelles ou artistiques ? Comment faire ? Que faut-il sacrifier pour que tout le monde puisse faire son show sur le net ? Hum vaste question et Hugo Bienvenue essaie d'y répondre et de donner une alerte avec son Préférence système. Un couple, un robot enceint, une fuite, la mort, une enfant ! Une enfant qui va vivre, durant un temps, en compagnie de Mikki le robot qui lui a donné la vie. Un robot mère porteuse et une famille disparue car le père a voulu sauver des données qui devaient être supprimées du big data car peu utilisées (par exemple tout ce qui concerne 2021, l'Odyssée de l'espace ou des poèmes). Alors je l'ai lu d’une traite durant mes vacances. 162 planches. C’était épique ! Le Big data is watching you! Les dérives du numérique qui font perdre le sens du réel et de ce qui est finalement important. C'est vraiment très bien, rien à dire. Le style graphique et la colorisation sont fabuleux. On voit la maîtrise de cet auteur, la perfection, et l'édition de Denoël graphics ne gâche rien car elle est vraiment belle. En revanche, tout va trop vite ! Et le style graphique hyper froid me fait penser que le sens de cette BD, qui met en garde contre les dérives du tout numérique, perd en émotion. J'aurai bien aimé que la relation du robot Mikki avec le couple, ou celle avec la petite Isi, soit un plus développée. Mais c'est très intéressant et intense. Je suis partagée car doit-on toujours ressentir de l'émotion dans une histoire ? Pour moi oui c'est important mais en y réfléchissant le rendu graphique va très bien avec l’histoire contée ! Puis les décors ou certains appareils ou costumes inventés par Hugo Bienvenue sont totalement géniaux. Les 'agents' qui doivent contrôler si les données de telles ou telles choses doivent être supprimées ou pas portent sur la tête des espèces de cônes ultra SF et complètement fous. Il y a beaucoup de clins d'oeil et d'inspirations via d'autres oeuvres très connues dans Préférence Système également. On ressent l'amour de la culture, du cinéma ou de la littérature, que possède l'auteur. Enfin, je vous conseille de vous faire votre propre idée car malgré tout j'y réfléchis beaucoup à cette bd. Elle a des articles dithyrambiques un peu partout sur le net, ainsi que via d’autres supports médias.

03/01/2020 (modifier)