Les derniers avis (9598 avis)

Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Malgré tout
Malgré tout

Cette BD a fait le buzz sur les réseaux sociaux, juste avant sa sortie. Les louanges se succédaient et j’avais peur de trop en attendre, et d’être déçu… et bien non, gros coup de cœur ! Jordi Lafebre avait déjà œuvré comme dessinateur sur plusieurs albums (notamment Lydie avec Benoît Zidrou au scenario), mais « Malgré tout » est son premier album en tant qu’auteur complet, et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il regorge de talent. Il ne s’agit certes que d’une histoire d’amour, une de plus… mais qui est sublimée par une trouvaille narrative ingénieuse : les chapitres sont inversés ! On commence par le chapitre 20, puis le 19, puis le 18, etc… jusqu’au dénouement (cad la rencontre) dans le premier chapitre. Le procédé fonctionne, les flashbacks récursifs révèlent petit à petit la profondeur des sentiments qui lient les deux protagonistes, et la fin m’a vraiment fait fondre. Je me suis empressé de retourner au début (enfin à la fin… vous suivez ?!) pour revivre cette première scène, maintenant lourde de sens, et noter les références habilement placées (voir la bitte d’amarrage). Je suis ressorti troublé et touché de ma lecture. C’est juste, romantique et passionnel. La mise en image est magnifique, pas de surprises de ce côté… j’adore la façon dont l’auteur dessine ses personnages, avec ces visages un peu anguleux. Je m’emporte sous le coup de l’émotion et attribue la note maximale… en espérant ne pas gonfler vos attentes, à mon tour. Mon coup de cœur de cette rentrée 2020, pourtant déjà bien lotie !

21/09/2020 (modifier)
Couverture de la série Anaïs Nin - Sur la mer des mensonges
Anaïs Nin - Sur la mer des mensonges

Waouw, je... Waouw !! Léonie Bischoff Léonie Bischoff Léonie Bischoff (Non, mais c'est juste pour que vous reteniez son nom) Léonie Bischoff Léonie Bischoff Anaïs Nin... Quelle claque, mes aïeux, quelle claque ! Dans ma totale inculture, je n'aurais su vous dire si ce nom correspondait à une héroïne de roman ou à son autrice. Anaïs Nin, ce nom en lui-même flotte tellement comme une toile de soie par un matin clair qu'il me semblait logique qu'il soit lié à un personnage romanesque. Et même s'il s'agit d'une écrivaine on ne peut plus réelle, Anaïs Nin n'en est pas moins romanesque pour la cause ! Et finalement, j'ai presqu'envie de dire "qu'importe qu'il s'agisse d'un personnage réel ou pas", Anaïs Nin incarne la féminité dans toute sa complexité, dans toute sa diversité. Ce personnage est fascinant, diamant brut aux multiples facettes, fidèle et sulfureuse, passionnée et passionnante. Et Léonie Bischoff nous la présente avec un talent incroyable. Les planches sont superbes, qui semblent dessinées avec un crayon 'quatre couleurs' ici, réalisées avec un soin méticuleux là (et le plus souvent les deux ici et là). L'écriture est fine et sensible, avec des phrases que j'aurais rêvé écrire un jour ("Je vous considère comme mon égale" dit-il en me plaçant sur un piédestal). Le personnage qu'elle nous décrit a tout pour séduire, pour fasciner. Pour effrayer aussi tant elle semble libre et sans barrières, insaisissable quand bien même elle se donne sans compter. Non, franchement, waouw, quoi ! Le personnage est fascinant, le dessin est magnifique, l'écriture est fine et cette biographie ressemble à tout sauf à une biographie tant elle déborde de passion, tant elle appréhende la complexité du désir féminin avec subtilité et honnêteté. Gros, gros, mais alors là, très gros coup de coeur !!

20/09/2020 (modifier)
Couverture de la série Une année au lycée
Une année au lycée

Cette série a un gros avantage : elle se relit très bien et c'est avec un vrai plaisir que je me relis un tome de temps à autre. Le 1er tome, comme vu dans des commentaires précédents, est le plus frais. Cependant les tomes 2 et 3 restent "de bonne facture "comme on dit chez les pros du commentaire bd. Le trait de Fabrice Erre, les gueules de ses personnages et cet humour brut et bien vu fonctionnent parfaitement sur moi ! EDIT 3 ans après : j'ajoute coup de cœur, car j'ai toujours autant de plaisir à la relire et elle me fait toujours autant rire !!

28/10/2017 (MAJ le 19/09/2020) (modifier)
Par Blue boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Dernière Rose de l'été
La Dernière Rose de l'été

Après L'Aimant, c’est avec une impatience non feinte que l’on attendait la nouvelle œuvre de Lucas Harari. L’auteur quitte ainsi l’atmosphère montagnarde hivernale des Alpes suisses pour épouser la douceur méditerranéenne, dans un cadre solaire idyllique. « La Dernière Rose de l’été » peut se résumer comme un thriller hitchcockien à l’ambiance contemplative, évoquant le cinéma de la « Nouvelle vague », avec un zeste de farniente, de liaisons dangereuses et d’amours esquissées. Traité en apparence comme un thriller classique avec une enquête policière à la clé, « La Dernière Rose de l’été » comporte une dimension supplémentaire. Car comme avec le précédent opus de Luca Hariri, tout va se jouer au-delà des apparences malgré une apparente fluidité narrative, avec l’intrusion diffuse du mystère. Derrière le décor luxueux d’une villa d’architecte en bord de mer, la tension psychologique va s’accentuer pour laisser place à un cauchemar éveillé jalonné de visions perturbantes et d’images subliminales, desquelles l’auteur ne livrera guère de clés. Les personnages évoluent dans un théâtre d’ombres chinoises où l’on n’est jamais sûr de rien, où l’on ne sait jamais exactement qui manipule qui. Cela pourra dérouter le lecteur avide de réponses toutes faites, que les références à « Martin Eden » de Jack London ou aux traditions chamaniques via les statues hopis du père de Rose ne viendront pas tranquilliser. Contrastant avec la tragédie annoncée du récit, l’élégante ligne claire de Lucas Harari, un rien rétro, est sublimée par le choix des couleurs vives, bien adaptées à cet environnement balnéaire qui immerge littéralement le lecteur, tout comme les superbes scènes nocturnes aux mille nuances bleutées. Comme dans « L’Aimant », l’architecture tient une place importante, en particulier par l’entremise de la magnifique villa de Georges Plyret perchée sur une falaise. Et tout cela contribue à créer une atmosphère unique nimbée d’une plaisante aura littéraire où le glamour convole avec le mystère. La Beat Generation n’est pas loin… Graphiquement, on peut évidemment penser à Hergé (Leo étant une sorte de Tintin écrivain par sa jeunesse célibataire et candide, comme l’était Pierre dans « L’Aimant »), mais « La Dernière Rose de l’été », c’est aussi un peu la rencontre entre Charles Burns et Jacques de Loustal, dans une zone où l’étrangeté du premier dialoguerait avec la mélancolie radieuse de l’autre. L’éditeur Sarbacane, qui a su faire preuve de flair avec cet auteur talentueux, nous sert l’histoire dans un superbe écrin : impression en grand format sur papier de qualité, le tout habillé d’une jolie couverture toilée, de couleur rose comme il se doit. « La Dernière Rose de l’été » se voit ainsi hissée au statut de « Beau livre », véritable plaisir de collectionneur, dont les pages sont comme autant de pétales se déployant au fil du récit pour exhaler des arômes envoûtants et intemporels, à condition d’en accepter les épines… En somme, le livre parfait à déguster avant d’aborder les premiers frimas de l’automne.

19/09/2020 (modifier)
Par GOUGOU82
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Far South
Far South

J'avoue que la couverture ne m'a pas vraiment tenté. Mais une fois plongé dans l'atmosphère, quel régal ! Une mise en couleur simple mais efficace. Une suite de nouvelles toutes plus prenantes les unes que les autres. Des personnages typiques des mafias de nos films d'antan. On va tout de suite à l'essentiel. Laissez-vous tenter, vous ne le regretterez pas.

19/09/2020 (modifier)
Couverture de la série En silence
En silence

En silence est une bd que j'ai depuis longtemps dans ma modeste bdthèque. Je la relis régulièrement car je trouve que c'est vraiment une très très grande réussite. L'auteure a réussi à rendre graphiques et facilement compréhensibles des sensations et des ressentis. Le rendu est très beau. Enfin, la narration, le propos et l'histoire coulent parfaitement, au rythme de l'eau du canyon !

18/09/2020 (modifier)
Couverture de la série La Fuite du cerveau
La Fuite du cerveau

Quel formidable conteur que ce Pierre-Henry Gomont !! J’aimais déjà ses œuvres précédentes mais celle-ci les surpasse à mes yeux du ‘simple’ fait de l’inventivité dont l’auteur fait preuve dans sa narration. Vivant, drôle, farfelu, intelligent, imagé, décalé, entraînant, audacieux, stupéfiant… Autant d’émotions et de sentiments que j’ai ressentis durant cette lecture. Et dire que tout part d’une anecdote véridique, celle de l’enlèvement du cerveau d’Albert Einstein par un médecin sans scrupules. Sauf que la version qu’en donne Pierre-Henry Gomont laisse libre court à la fantaisie et à l’humour… Les personnages sont dotés de défauts magnifiques, les événements s’enchaînent sans temps mort, et par delà l’humour pointe régulièrement un questionnement sur la quête de savoir et la soif de reconnaissance. Non, franchement ! L’anecdote de départ est stupéfiante. Le dessin est expressif en diable. L’écriture est fine et laisse la part belle à l’humour. Le découpage en différents chapitres structure parfaitement le récit. Les personnages sont tous dotés de personnalités intéressantes. Et partout l’inventivité est au rendez-vous, qui me surprend, me fait sourire (voire rire) et me donne envie de tourner la page pour découvrir la manière dont Pierre-Henry Gomont va s’y prendre afin d'imager son récit -images qui naissent autant de son dessin que de ses mots- et me sortir du train train habituel. Un pur chef d’œuvre (honnêtement, je suis pas loin d’accorder le 5/5).

18/09/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kusama - Obsessions, passions et art
Kusama - Obsessions, passions et art

Quand on regarde Yayoi Kusama aujourd’hui, on voit juste une vieille dame japonaise un peu excentrique qui fait des beaux dessins colorés… l’histoire de sa vie d’artiste est pourtant remarquable, et a déjà été racontée en livre, en film… et maintenant en BD. Et il y a de quoi raconter : elle crée depuis 70 ans, et si elle est aujourd’hui reconnue et célébrée (elle a même un musée à son nom, à Tokyo), elle a passé la majorité de sa vie incomprise, pauvre et rejetée, à se battre, à essayer de percer dans des sphères artistiques dominées par les hommes blancs, à se faire plagier, ignorer, au point de souffrir de terribles périodes dépressives et suicidaires. Il faut dire que son art a toujours surpris, voire dérangé, avec ses fameux « happening », ces installations artistiques humaines, faites de corps nus et peints en pleine rue, au message souvent féministe, (homo)sexuel et anti-guerre. L’autrice italienne Elisa Maccellari est une immense fan de Kusama, et lui rend hommage dans cette superbe BD. Elle parvient à capturer l’essence de sa vie, à résumer 70 ans dans un album relativement court et léger en texte. Alors certes, les circonstances complexes de la vie troublée de l’artiste sont souvent survolées, mais je comprends bien qu’il s’agit d’un choix narratif : offrir plus de détails aurait résulté dans une lecture beaucoup plus lourde. Et puis alors l’aspect graphique est vraiment réussi, et s’inspire du style inimitable de Kusama (avec l’omniprésence de ces motifs à pois). Un excellent album pour tout amateur d’art souhaitant s’initier à l’incroyable vie et à l’œuvre de Yayoi Kusama… pour aller plus loin je vous conseille chaudement le chouette film documentaire « Kusama Infinity » paru en 2018 (voir la bande-annonce sur YouTube).

17/09/2020 (modifier)
Couverture de la série J'ai rarement vu ça !
J'ai rarement vu ça !

J’ai l’impression de me répéter lorsque je parle des éditions 2024. Et pourtant, pour la énième fois, je vais commencer par dire tout le bien que je pense de leur travail éditorial. Que ce soit pour l’originalité des albums qu’ils publient (au mépris des standards habituels, mais aussi, probablement, d’un souci immédiat de « rentabilité »), mais aussi et surtout pour la qualité, la beauté de l’objet : pas plus que les auteurs et albums qu’ils publient, 2024 ne se répète jamais, innove, étonne, et réussit toujours à produire des écrins donnant immanquablement l’impression de contenir des bijoux. La qualité de ce travail, le fait que ce soit une « petite » structure, font que le prix est sans doute élevé. Mais visuellement déjà, cet album à l’italienne bénéficie d’une belle parure. Quant au papier, à la reliure (voir détail dans la fiche), c’est vraiment très beau. Venons-en à l’histoire maintenant. Mathieu Lefèvre avait déjà publié un album très foutraque et peu ordinaire chez le même éditeur (Quasar contre Pulsar). Et là encore, on s’écarte furieusement de la narration classique, pour une sorte d’enquête policière menée de façon nonchalante par un détective lunaire, dans un décor improbable et stylisé, avec des personnages construits de bric et de broc – comme l’intrigue elle-même finalement, dont je n’ai pas saisi tous les méandres. Le dessin de Jérémy Piningre (diplômé des Arts déco de Strasbourg) est lui aussi très original, et m’a bien plu (même si je pense qu’il pourra sinon rebuter, du moins déconcerter bien des lecteurs). Les décors mélangent les influences, très artistiques (j’ai pensé à certains artistes surréalistes comme Hans Arp ou Jorge Camacho), pour un univers très géométrique, stylisé. Quant aux personnages, aux formes improbables, ils participent eux-aussi du côté dépaysant et intrigant de l’ensemble. Bref, une intrigue étonnante qui m’a laissé en partie perplexe, et un gros coup de cœur visuel : on à là une sorte d’ovni, qui s’adresse aux lecteurs curieux, intéressés par des œuvres sortant des sentiers battus. Mais je suis en plein milieu du cœur de cible. Feuilletage conseillé avant d’acheter, toutefois. Note réelle 3,5/5.

16/09/2020 (modifier)
Par Alix
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Love Me Please - Une histoire de Janis Joplin
Love Me Please - Une histoire de Janis Joplin

« Love Me Please » est une biographie de Janis Joplin, chanteuse de rock à la voix et au talent inoubliables, qui conquit les foules, côtoya les plus grands (Jimi Hendrix, Leonard Cohen, Jim Morrison, Eric Clapton) avant de mourir d’une overdose à l’âge de 27 ans. Sa mort survint à la même période que celles de Brian Jones, Alan Wilson, Jimi Hendrix et Jim Morrison, tous également morts à 27 ans, ce qui contribua à fonder le mythe sinistre du « Club des 27 » (qu’ont rejoint de nombreux artistes dont Kurt Cobain et Amy Winehouse). Les auteurs de la BD se sont beaucoup documentés (voir bibliographie en fin d’album) et présentent sur 160 pages la vie de Janis dans ses moindres détails : sa jeunesse (avec un côté rebelle déjà bien présent), ses études rapidement abandonnées (au grand dam de ses parents), puis son arrivée à San Francisco en 1963, la ville de ses rêves… rêves qui tournent rapidement au cauchemar, avec notamment une accoutumance à la drogue dont elle ne se défera jamais. Sa personnalité troublée est bien explorée, et on comprend, on accepte son comportement autodestructeur. Après plusieurs occasions manquées sa carrière décolla finalement, lors d’un concert mémorable au festival de Monterey en 1967 (filmé pour la postérité, en voici un extrait, régalez-vous bande de veinards), et dura 3 ans jusqu’à sa mort soudaine. L’album « Cheap Thrills », sorti en 1968 (avec une couverture de Robert Crumb !), est un gros succès populaire. La BD est parfaitement réalisée. Je ne suis pas fan du tic narratif qui consiste à insérer des mots anglais dans un texte français, pour faire « ambiance », mais c’est bien le seul reproche que je puisse faire. La narration est fluide, l’album se lit facilement, et la mise en image, un peu académique en début d’histoire, décolle en même temps que la carrière de Janis, avec des planches vraiment superbes, notamment lors des concerts et festivals. Un album qui m’a donné envie de redécouvrir la voix merveilleuse de cette chanteuse un peu oubliée, à quelques jours à peine du 50ème anniversaire de sa mort, et que je recommande à tous les amateurs de musique rock/blues/soul de la grande époque.

16/09/2020 (modifier)