Enfin, mon manga préféré du moment a droit à une traduction en français. J'ai découvert la série lorsqu'il a été adapté en anime il y a de ça un an et depuis je suis littéralement obsédé par cette série ! J'ai lu tous les chapitres que j'ai pu trouver sur internet et je vais même jusqu'à regarder les scans en japonais chaque fois qu'un chapitre sort même si je ne comprends pas du tout cette langue, je veux juste voir les images pour me faire un idée de ce qui arrive.
Iruma, c'est l'histoire d'un pauvre garçon qui se fait exploiter par ses parents depuis qu'il est tout petit et un jour ils vont même jusqu'à le vendre à un vieux démon. Le pauvre Iruma se retrouve en enfer et personne ne doit savoir qu'il est humain parce qu'il risque de se faire manger ! Sur cette idée de base, l'auteur crée un univers merveilleux, rempli de personnages attachants, la plupart des démons étant au final plus sympathiques que les humains ! Je ne sais pas trop comment l'expliquer, mais je ressens toujours de l'énergie positive lorsque je lis cette série. Il y a de très bons messages. Par exemple, Iruma a toujours fait ce que les autres lui ont dit de faire et il va apprendre à prendre ses propres décisions et avoir une motivation dans la vie qui n'est pas de faire ce que les autres lui disent de faire.
J'adore les personnages de cette série. Iruma, un très bon héros, ses amis Azz et Clara, la présidente de l'école Ameri... Je pourrais continuer ma liste pendant des heures. Ce que j'aime est que même les personnages secondaires ont droit à des moments de gloire et les caractères des personnages changent au fil des tomes, ne sont pas figés comme dans plusieurs shonen. Ainsi Iruma qui a peur d'être remarqué ne va pas avoir de problème lorsqu'il va finir par être l'élève le plus populaire de sa classe.
Il y a aussi le fait que ce shonen évite des clichés du genre. Un exemple : dans plein de mangas, le héros ou l’héroïne finit par inspirer les autres personnages qui vont changer alors que le héros ou l’héroïne ne change pas ou très peu. Ici, Iruma va faire le bien autour de lui, mais les autres lui font du bien. C'est la première fois qu'il a des amis, son parent adoptif le gâte et la présidente va changer sa vie en étant la première à lui demander ce qu'est sa motivation dans la vie.
C'est aussi un shonen où ce n'est pas qu'une suite de combats. Il y en a, mais le but du personnage principal n'est pas de devenir le plus fort par la faute. Iruma finit bien vite par avoir comme but dans la vie d'avoir le plus haut rang possible (les démons sont divisés en rang, de 1 jusqu'à 10) et on ne le devient pas juste en devenant super fort. On peut le devenir si on fait une belle présentation durant le festival de l'école ou en gagnant un match de ballon prisonnier.
Les différents arcs narratifs sont prenants, pas du tout répétitifs, remplis d'humour, d'un peu de drame et de bonne humeur. C'est aussi un des rares mangas pour garçon où les filles ne se retrouvent pas constamment nues. Le dessin est très bon, les expressions des visages des personnages sont excellentes ! Un manga rempli d'imagination qui me donne du plaisir et je le lirai jusqu'au bout même si ça finit en 100 tomes !
De nombreuses théories affirment que le Silicium serait capable de supplanter le Carbone pour créer une nouvelle forme de vie organique. Pourtant Mathieu Bablet ne s'embarrasse guère de cette affirmation pour créer un nouvel univers dense et sombre s'étalant sur plus de 250 pages. Le succès inattendu de Shangri-La lui a permis de peaufiner pendant près de 4 ans cette histoire qui se veut universelle. Inutile effectivement de tergiverser et de tourner autour du pot, "Carbone et Silicium" est un petit chef d'oeuvre.
Dans un monde futuriste assez proche du notre, une équipe de scientifiques va créer deux entités artificielles parfaites. Dotées de toutes les connaissances du monde et destinées à un marché international commercial, leur seule contrainte "physique" sera leur durée de vie, à la fois pour pouvoir les remplacer par de futurs modèles plus perfectionnés mais également pour mieux les contrôler.
Dotés d'une conscience, les deux "machines" vont tenter de prendre leur liberté et leur envol dans la simple illusion de vivre et de découvrir l'environnement terrestre. Seul Silicium arrive à s'enfuir pendant que Carbone sera consignée entre 4 murs.... C'est alors que le professeur Noriko, créatrice des deux machines, va offrir à Carbone une possibilité unique pour prolonger sa vie.....
Le reste de l'histoire est à lire... car les années vont passer pour Carbone & Silicium vont s'affranchir de la temporalité et passer les époques par de nombreux flash forwards fascinants où les deux entités ne vont cesser de se croiser, Carbone cherche un sens à sa vie illimitée en explorant les réseaux informatiques fabuleusement mis en scène par l'auteur pendant que Silicium sillonne le monde en solitaire.
Le travail fourni par l'auteur est fascinant, on le voyait déjà à l'oeuvre dans la réalisation magistrale de mégalopoles aux lignes infinies dès son premier album, le sous-estimé La Belle Mort mais ici tout est décuplé et se passe de commentaires. L'éclairage apporté sur les nombreux environnements nappés de couleurs chaudes d'un soleil rugissant est également de toute beauté. Les I.A traversent les époques et sont témoins de la chute et décadence de l'espèce humaine dont ils se font les spectateurs. Un Taj-Mahal déserté, une faune en train de mourir à petit feu ou la hausse du niveau de la mer sont des témoins visuels muets mais spectaculaire d'un futur probable.
Le tout est mélancolique, poétique, parfois dur et choquant (l'agonie d'un personnage clé), parfois bavard, souvent muet, Bablet redistribue les clés du Géant de Fer ou d'un "Blade Runner" sans jamais les parodier. On ferme ce long récit bouleversé avec beaucoup de questions qui résonnent bien après la lecture sur le sens de notre propre devenir. Bluffant et perturbant comme pouvaient l'être A travers ou En Mer. Ne passez pas à côté de ce jeune auteur qui est devenu en 4 séries un incontournable du 9ème art.
Ben mes aïeux voilà du lourd, du très lourd. Si l'on m'avait dit que je noterais de cette façon un comics coup de coeur qui plus est je ne l'aurais pas cru. Alors à tout seigneur tout honneur: Merci Mac Arthur c'est grâce à toi et ton avis que j'ai acheté les yeux fermés cette BD. Aucun regret.
Le monde des super-héros ne m'est pas le plus familier même si je possède quand même quelques bases. J'ai découvert le personnage de Harley Quinn par l'intermédiaire du film 'Suicide Squad' et j'avoue qu'outre la plastique de l'actrice qui interprète son rôle, le personnage Badass a de quoi réjouir les amateurs de trucs un peu déglingués.
Dans ce comics l'auteur croate Stjepan Sejic envoie du lourd sans jamais être lourdingue. Au démarrage j'avais un peu peur d'être assommé par un verbiage psychoneuro-patho je ne sais quoi pour expliquer les travers des méchants rencontrés au fil des pages. Mais non c'est bien à la personnalité de la jeune psy Harleen Quinzel que s'attache l'auteur. Il nous propose une jeune femme fragile cherchant au travers de son travail à s'accomplir. Il est rare de trouver dans les comics des personnages aussi fouillés avec une vraie psychologie.
On est fasciné par cette relation qui peu à peu s'installe entre Harleen et le Joker faite de faux-semblants mais qui envahit, détruit tout sur son passage.
Cette femme aux multiples facettes 'Arlequin' risque de rester longtemps dans nos mémoires de lecteurs tant elle est charismatique, belle et fragile.
A n'en pas douter un beau moment de lecture dont je fais mon coup de cœur du moment.
J'hésite un peu entre 3 et 4, j'avoue, mais par nature, je préfère choisir la fourchette haute. Peut-être le récit manque-t-il un peu de double-fond ou de fausses pistes... et pourtant, quel plaisir à lire !
L'aventure est menée tambour battant, à un rythme effréné qui, jamais, ne se dément. Pas une case n'est perdue, pas une ligne de dialogues n'est en trop (même si Craenhals s'autorise ici et là quelques gags sympathiques), dans ce récit où l'efficacité est visiblement la règle d'or. Quand l'étonnant M. Delta ne sort d'une bagarre, c'est pour se lancer sur la piste d'un fuyard qui le mènera à une autre bagarre, qui, elle-même, le mènera à une autre poursuite... Bref, on ne s'ennuie pas un instant, dans cette sorte de crossover entre Les aventures de Tintin et James Bond. Evidemment, si vous venez ici pour lire un récit aux personnages travaillés, passez votre chemin, ici, ils sont tous réduits à quelques traits de caractères savamment brossés.
Le dessin n'a pas tout-à-fait la rigueur de Chevalier Ardent, mais est tout de même caractéristique de l'élégance habituelle de Craenhals. Un vrai plaisir pour les yeux, c'est vif, chaleureux et coloré sans jamais être kitsch. Décidément, j'aime vraiment le style très identifiable de ce dessinateur ! On pourra éventuellement reprocher à l'auteur/dessinateur de ne pas toujours bien caractériser ses visages, ce qui fait qu'à quelques moments, je me suis demandé si c'était tel ou tel personnage que je croyais reconnaître, mais cela reste assez rare, on n'est pas perdu pour autant.
Enfin, Craenhals aurait pu renforcer encore davantage l'ambiguïté autour du mystérieux M. Delta. Le mystère est bien entretenu jusqu'au bout, et c'est bien, mais ç'aurait été sympathique de creuser davantage la piste : Delta est-il vraiment ce qu'il prétend être ? Quand le doute s'installe, le récit acquiert alors la saveur qui aurait pu lui manquer par ailleurs. Dommage que Craenhals n'ait pas davantage exploré la piste.
Il n'empêche, cela reste une excellente découverte, qui nous offre un récit bourré d'action, et égayé par quelques légères touches d'humour toujours bienvenues (même si on n'est jamais dans une comédie). Malheureusement, cette BD n'est pas très bon marché (côtée entre 30 et 75€ selon les éditions), mais elle fera le plaisir de tous les collectionneurs de vieilles BD classiques méconnues.
Angoulême 2020. Je suis à la recherche d’une BD jeunesse à faire dédicacer pour mon fils Oscar, 8 ans. Une vendeuse du stand « BD Kids » vient à ma rescousse, et je lui explique que mon fils est un petit garçon typique : il préfère les jeux à l’école, adore les blagues idiotes, les bêtises, et ses copains. Elle n’a pas hésité une seconde, et m’a mis le 1er tome d’Avni dans les mains. 9 mois plus tard Oscar et moi avons lu tous les tomes parus à ce jour, et il m’a demandé (ok, ordonné) de poster un avis 5/5 sur BDTheque !
Donc : les histoires sont inventives et rigolotes. Les personnages récurrents sont attachants. Les thèmes sont variés (école, parents, amis, bêtises, crottes de nez, jeux en tout genre, amours de cours de récréation). Le dessin est mignon au possible, et fourmille de milles détails. Enfin, chaque album se termine sur une double-page de jeux (labyrinthes, trouver les 7 différences etc.) que mes enfants ont adoré.
Voilà, que dire d’autre… vivement le prochain tome !
Mosquito nous propose un polar pour le moins original.
Giuseppe De Nardo est un passionné d’histoire italienne, et notamment de la période de la Renaissance. Son histoire de déroule donc pendant le règne de Laurent de Médicis, et le détective essayant d’élucider le meurtre est… Léonard de Vinci ! Mais si l’histoire est bien entendu inventée, elle est pourtant très réaliste : l’auteur s’est beaucoup documenté sur l’artiste, sa personnalité, sa façon de travailler, de penser… son raisonnement et ses déductions sont donc à son image : analytiques et scientifiques (ses peintures était subjuguées par sa curiosité et ses connaissances très pointues en biologie, anatomie humaine, physique électromagnétique pour comprendre la lumière etc.) En observant son raisonnement, on comprend sa façon de peindre. C’est assez jubilatoire.
Mais alors en pratique, ça donne quoi ? Et bien une enquête prenante et rondement menée. La narration est fluide, et prend un tournant intéressant vers la moitié de l’album : elle saute dans le futur, puis nous raconte le reste de l’enquête via des flashbacks… un exercice narratif assez ingénieux, et un dénouement bien amené et très logique.
La mise en image d’Antonio Lucchi est spectaculaire. Bon, j’imagine que le rendu informatique ne sera pas du goût de tout le monde, mais moi j’ai beaucoup aimé. Il a clairement lui aussi fait beaucoup de recherches sur cette période. J’ai par ailleurs trouvé le changement de style pour les flashbacks judicieux (plus esquissé, comme dans des souvenirs lointains), même si je note des petits soucis de lisibilité occasionnels (sur la scène finale, par exemple).
Un polar original, au background intéressant, et surtout prenant et satisfaisant. Une chouette découverte.
« Kent State, quatre morts dans l'Ohio » est un reportage très pointu sur les évènements choquants qui ont secoué les USA en 1970, à savoir une violente répression contre une manif étudiante pacifiste. Le travail de recherche effectué par Derf Backderf est considérable (3 ans pour la réalisation de cet album), et le résultat me rappelle un peu les bouquins de Joe Sacco. A ce titre certains passages sont assez lourds en textes, même si de manière générale l’histoire est fluide et prenante.
Avant de nous présenter les faits sanglants en fin d’album, l’auteur tente de nous faire comprendre les évènements déclencheurs. Il nous montre les divisions profondes dans la société américaine de l’époque, et l’opinion publique divisée par la guerre au Vietnam et la haine du communisme. Il nous explique la situation politique (rien ne change, il faut penser aux voteurs), et l’engrenage inéluctable qui a mené au drame : la peur (des étudiants qui risquent d’être appelés au front une fois leurs études terminées, du maire incompétent, mais aussi de certains réservistes armés complètement épuisés et dépassés par les évènements), les têtes brulées de la Garde nationale, le général en charge (radical et anticommuniste au possible). Ajoutons aussi les agents provocateurs des services secrets américains tentant de décrédibiliser le mouvement anti-guerre, et surtout les rumeurs ridicules et autres exagérations (sur les intentions et moyens des manifestants) qui ont envenimé la situation : ils avaient des snipers sur les toits, des caches d’armes, balançaient des excréments sur la police depuis leurs fenêtres etc. rumeurs avérées fausses bien entendu.
Le ton du récit est très engagé (il suffit de suivre Derf sur Facebook pour savoir qu’il est plutôt progressiste), mais tente de rester relativement juste (les débordements estudiantins sont montrés – par exemple quand ils percent les tuyaux des pompiers ou ravagent des commerces). En tout cas Derf n’hésite pas à nommer les dirigeants qu’il estime coupables (puisque la justice les innocenta tous).
Une histoire édifiante, et d’une universalité et intemporalité dérangeante. Les divisions sociétaires sont toujours là en 2020 (Brexit, Trump, Black Lives Matter etc.) Une lecture essentielle pour les amateurs de reportages historiques. Un grand bravo à l’auteur pour le travail réalisé.
C'est un voyage esthétique et une relecture du mythe arthurien très personnelle que nous proposent les auteurs. Et franchement, j'ai marché. Je ne me rappelle plus exactement l'histoire originale arthurienne, mais dans cette version BD, on ne peut qu'apprécier la noirceur des sentiments, la rage de Morgane, la défaite de Merlin... Et ce dessin si moderne et sombre colle parfaitement à cette histoire atypique.
Je me suis procuré cet album les yeux bandés. Enfin je n’ai pas fait comme d’habitude. Je n’ai pas feuilleté quelques pages avant de me décider. Nan rien de tout ça cette fois. J’ai juste été conquis uniquement par la lecture de l’avis de Mac Arthur sur cette série. Il ne galvaude jamais ses notations 4 étoiles et le fait qu’il ne soit pas le plus grand fan des supers héros m’a convaincu que je devais acquérir ce pavé (224 pages quand même). Et je vous le dis … j’ai bien fait !
Harleen Quinzel est une psychiatre qui pense avoir une solution thérapeutique pour éradiquer Gotham City de ses pires criminels. Pour donner du sens à ses théories, elle va devoir étudier en profondeur les esprits des prisonniers les plus ignobles enfermés à Arkam.
Elle s’efforce de guérir le mal. Elle ne peut abandonner cette idée car cela serait accepter que l’homme ne peut pas se bonifier et devenir meilleur. C’est cette empathie qui la guide à avancer.
La jeune femme tombe sous le charme de Joker, un dangereux sociopathe, psychopathe, manipulateur, et étrangement charismatique et séduisant. Leur relation est faite d’un rapport de domination et de soumission malsaines. Subir la douleur en espérant l’amour… Sauf que dans les romans, le monstre finit par être apprivoisé… Ici … il la dévore.
Beau travail psychologique sur le personnage principal avec une approche féminine qui détonne par rapport à ce que nous pouvons trouver habituellement en librairie pour ce genre de BD.
J’ai été bluffé par cet album. Les planches sont fantastiques du début jusqu’à la fin. Je ne vous parle même pas de la couverture qui est juste grandiose. Le découpage est audacieux mais ô combien parfait. Les personnages sont très expressifs. Nous avançons dans l’histoire à un bon rythme. La narration est efficace et celle-ci se bonifie page après page. Nous plongeons donc sans retenue dans l’univers psychologique d’Harleen. Je ne vois pas de défauts à cet album.
Amateur de Batman, vous pouvez passer votre chemin ! Il se montre très peu. Mais cette absence n’est surtout pas préjudiciable à l’histoire. Le cœur du récit est vraiment la relation entre Harleen et le Joker. Et Stjepan Šejic excelle dans la description de la progression de cette relation toxique. Je suis juste impressionné !
Bel album que je recommande chaudement. Encore merci à Mac Arthur pour ce bon moment de lecture.
J'ai lu le Roi Ours le précédent album de l'autrice (ou auteure, j'avoue ne pas très bien savoir le terme approprié) que j'avais beaucoup aimé, même si la fin m'avais un peu décontenancé, mais je m'égare.
Mais de quoi ça parle ? On suit Hermès qui voyage dans un monde retourné à un état de quasi moyen-âge après que l'"élite" de la planète ait décidé de partir sur Mars refaire une nouvelle vie. Hermès a comme objectif d’écrire une encyclopédie des savoirs oubliés...
Et justement le savoir est au centre du récit, avec comme toile de fond le fanatisme religieux, la lutte des classe... Ce qui en fait un one shot complexe et dense en termes de thématique. Pour autant le récit sait se poser pour nous faire découvrir l'univers et prend son temps pendant le premier tiers, on est presque dans une déambulation contemplative et moi ça me plait. Mais je suis aussi conscient que cela nuit, un peu, au rythme de l'histoire.
Attention spoiler:
Le Roi Ours et le "Culte de Mars" partage de nombreuses thématiques communes, dont la difficulté à communiquer par exemple, l’influence des civilisations sud-américaines (Incas, Aztèques et Maya, notamment), un propos écologiste (mais pas oppressant), et enfin une idée sur la condition humaine.
Mais si dans le Roi Ours la fin est profondément pessimiste je trouve, ici étonnamment il y a de l'espoir. Et pour le grand cynique que je suis je m'étonne d'y adhérer autant et d'avoir envie d'y croire.....
Fin du spoiler.
Je suis tiraillé entre le 4 et le 5 sur 5....Car au final qu'est-ce qu'un album culte?
Des graphismes impeccables ? C’est bon.
Une envie de tout relire pour se replonger dans l'univers dès qu'on a refermé l'album? C’est bon.
Un scénario qui vous touche profondément ? C’est bon, mais je suis d'accord c'est très subjectif, trop subjectif.
C'est pourquoi cet album est culte pour moi mais probablement pas pour la majorité d'entre vous.
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Iruma à l'école des démons
Enfin, mon manga préféré du moment a droit à une traduction en français. J'ai découvert la série lorsqu'il a été adapté en anime il y a de ça un an et depuis je suis littéralement obsédé par cette série ! J'ai lu tous les chapitres que j'ai pu trouver sur internet et je vais même jusqu'à regarder les scans en japonais chaque fois qu'un chapitre sort même si je ne comprends pas du tout cette langue, je veux juste voir les images pour me faire un idée de ce qui arrive. Iruma, c'est l'histoire d'un pauvre garçon qui se fait exploiter par ses parents depuis qu'il est tout petit et un jour ils vont même jusqu'à le vendre à un vieux démon. Le pauvre Iruma se retrouve en enfer et personne ne doit savoir qu'il est humain parce qu'il risque de se faire manger ! Sur cette idée de base, l'auteur crée un univers merveilleux, rempli de personnages attachants, la plupart des démons étant au final plus sympathiques que les humains ! Je ne sais pas trop comment l'expliquer, mais je ressens toujours de l'énergie positive lorsque je lis cette série. Il y a de très bons messages. Par exemple, Iruma a toujours fait ce que les autres lui ont dit de faire et il va apprendre à prendre ses propres décisions et avoir une motivation dans la vie qui n'est pas de faire ce que les autres lui disent de faire. J'adore les personnages de cette série. Iruma, un très bon héros, ses amis Azz et Clara, la présidente de l'école Ameri... Je pourrais continuer ma liste pendant des heures. Ce que j'aime est que même les personnages secondaires ont droit à des moments de gloire et les caractères des personnages changent au fil des tomes, ne sont pas figés comme dans plusieurs shonen. Ainsi Iruma qui a peur d'être remarqué ne va pas avoir de problème lorsqu'il va finir par être l'élève le plus populaire de sa classe. Il y a aussi le fait que ce shonen évite des clichés du genre. Un exemple : dans plein de mangas, le héros ou l’héroïne finit par inspirer les autres personnages qui vont changer alors que le héros ou l’héroïne ne change pas ou très peu. Ici, Iruma va faire le bien autour de lui, mais les autres lui font du bien. C'est la première fois qu'il a des amis, son parent adoptif le gâte et la présidente va changer sa vie en étant la première à lui demander ce qu'est sa motivation dans la vie. C'est aussi un shonen où ce n'est pas qu'une suite de combats. Il y en a, mais le but du personnage principal n'est pas de devenir le plus fort par la faute. Iruma finit bien vite par avoir comme but dans la vie d'avoir le plus haut rang possible (les démons sont divisés en rang, de 1 jusqu'à 10) et on ne le devient pas juste en devenant super fort. On peut le devenir si on fait une belle présentation durant le festival de l'école ou en gagnant un match de ballon prisonnier. Les différents arcs narratifs sont prenants, pas du tout répétitifs, remplis d'humour, d'un peu de drame et de bonne humeur. C'est aussi un des rares mangas pour garçon où les filles ne se retrouvent pas constamment nues. Le dessin est très bon, les expressions des visages des personnages sont excellentes ! Un manga rempli d'imagination qui me donne du plaisir et je le lirai jusqu'au bout même si ça finit en 100 tomes !
Carbone & Silicium
De nombreuses théories affirment que le Silicium serait capable de supplanter le Carbone pour créer une nouvelle forme de vie organique. Pourtant Mathieu Bablet ne s'embarrasse guère de cette affirmation pour créer un nouvel univers dense et sombre s'étalant sur plus de 250 pages. Le succès inattendu de Shangri-La lui a permis de peaufiner pendant près de 4 ans cette histoire qui se veut universelle. Inutile effectivement de tergiverser et de tourner autour du pot, "Carbone et Silicium" est un petit chef d'oeuvre. Dans un monde futuriste assez proche du notre, une équipe de scientifiques va créer deux entités artificielles parfaites. Dotées de toutes les connaissances du monde et destinées à un marché international commercial, leur seule contrainte "physique" sera leur durée de vie, à la fois pour pouvoir les remplacer par de futurs modèles plus perfectionnés mais également pour mieux les contrôler. Dotés d'une conscience, les deux "machines" vont tenter de prendre leur liberté et leur envol dans la simple illusion de vivre et de découvrir l'environnement terrestre. Seul Silicium arrive à s'enfuir pendant que Carbone sera consignée entre 4 murs.... C'est alors que le professeur Noriko, créatrice des deux machines, va offrir à Carbone une possibilité unique pour prolonger sa vie..... Le reste de l'histoire est à lire... car les années vont passer pour Carbone & Silicium vont s'affranchir de la temporalité et passer les époques par de nombreux flash forwards fascinants où les deux entités ne vont cesser de se croiser, Carbone cherche un sens à sa vie illimitée en explorant les réseaux informatiques fabuleusement mis en scène par l'auteur pendant que Silicium sillonne le monde en solitaire. Le travail fourni par l'auteur est fascinant, on le voyait déjà à l'oeuvre dans la réalisation magistrale de mégalopoles aux lignes infinies dès son premier album, le sous-estimé La Belle Mort mais ici tout est décuplé et se passe de commentaires. L'éclairage apporté sur les nombreux environnements nappés de couleurs chaudes d'un soleil rugissant est également de toute beauté. Les I.A traversent les époques et sont témoins de la chute et décadence de l'espèce humaine dont ils se font les spectateurs. Un Taj-Mahal déserté, une faune en train de mourir à petit feu ou la hausse du niveau de la mer sont des témoins visuels muets mais spectaculaire d'un futur probable. Le tout est mélancolique, poétique, parfois dur et choquant (l'agonie d'un personnage clé), parfois bavard, souvent muet, Bablet redistribue les clés du Géant de Fer ou d'un "Blade Runner" sans jamais les parodier. On ferme ce long récit bouleversé avec beaucoup de questions qui résonnent bien après la lecture sur le sens de notre propre devenir. Bluffant et perturbant comme pouvaient l'être A travers ou En Mer. Ne passez pas à côté de ce jeune auteur qui est devenu en 4 séries un incontournable du 9ème art.
Harleen
Ben mes aïeux voilà du lourd, du très lourd. Si l'on m'avait dit que je noterais de cette façon un comics coup de coeur qui plus est je ne l'aurais pas cru. Alors à tout seigneur tout honneur: Merci Mac Arthur c'est grâce à toi et ton avis que j'ai acheté les yeux fermés cette BD. Aucun regret. Le monde des super-héros ne m'est pas le plus familier même si je possède quand même quelques bases. J'ai découvert le personnage de Harley Quinn par l'intermédiaire du film 'Suicide Squad' et j'avoue qu'outre la plastique de l'actrice qui interprète son rôle, le personnage Badass a de quoi réjouir les amateurs de trucs un peu déglingués. Dans ce comics l'auteur croate Stjepan Sejic envoie du lourd sans jamais être lourdingue. Au démarrage j'avais un peu peur d'être assommé par un verbiage psychoneuro-patho je ne sais quoi pour expliquer les travers des méchants rencontrés au fil des pages. Mais non c'est bien à la personnalité de la jeune psy Harleen Quinzel que s'attache l'auteur. Il nous propose une jeune femme fragile cherchant au travers de son travail à s'accomplir. Il est rare de trouver dans les comics des personnages aussi fouillés avec une vraie psychologie. On est fasciné par cette relation qui peu à peu s'installe entre Harleen et le Joker faite de faux-semblants mais qui envahit, détruit tout sur son passage. Cette femme aux multiples facettes 'Arlequin' risque de rester longtemps dans nos mémoires de lecteurs tant elle est charismatique, belle et fragile. A n'en pas douter un beau moment de lecture dont je fais mon coup de cœur du moment.
Aventure à Sarajevo
J'hésite un peu entre 3 et 4, j'avoue, mais par nature, je préfère choisir la fourchette haute. Peut-être le récit manque-t-il un peu de double-fond ou de fausses pistes... et pourtant, quel plaisir à lire ! L'aventure est menée tambour battant, à un rythme effréné qui, jamais, ne se dément. Pas une case n'est perdue, pas une ligne de dialogues n'est en trop (même si Craenhals s'autorise ici et là quelques gags sympathiques), dans ce récit où l'efficacité est visiblement la règle d'or. Quand l'étonnant M. Delta ne sort d'une bagarre, c'est pour se lancer sur la piste d'un fuyard qui le mènera à une autre bagarre, qui, elle-même, le mènera à une autre poursuite... Bref, on ne s'ennuie pas un instant, dans cette sorte de crossover entre Les aventures de Tintin et James Bond. Evidemment, si vous venez ici pour lire un récit aux personnages travaillés, passez votre chemin, ici, ils sont tous réduits à quelques traits de caractères savamment brossés. Le dessin n'a pas tout-à-fait la rigueur de Chevalier Ardent, mais est tout de même caractéristique de l'élégance habituelle de Craenhals. Un vrai plaisir pour les yeux, c'est vif, chaleureux et coloré sans jamais être kitsch. Décidément, j'aime vraiment le style très identifiable de ce dessinateur ! On pourra éventuellement reprocher à l'auteur/dessinateur de ne pas toujours bien caractériser ses visages, ce qui fait qu'à quelques moments, je me suis demandé si c'était tel ou tel personnage que je croyais reconnaître, mais cela reste assez rare, on n'est pas perdu pour autant. Enfin, Craenhals aurait pu renforcer encore davantage l'ambiguïté autour du mystérieux M. Delta. Le mystère est bien entretenu jusqu'au bout, et c'est bien, mais ç'aurait été sympathique de creuser davantage la piste : Delta est-il vraiment ce qu'il prétend être ? Quand le doute s'installe, le récit acquiert alors la saveur qui aurait pu lui manquer par ailleurs. Dommage que Craenhals n'ait pas davantage exploré la piste. Il n'empêche, cela reste une excellente découverte, qui nous offre un récit bourré d'action, et égayé par quelques légères touches d'humour toujours bienvenues (même si on n'est jamais dans une comédie). Malheureusement, cette BD n'est pas très bon marché (côtée entre 30 et 75€ selon les éditions), mais elle fera le plaisir de tous les collectionneurs de vieilles BD classiques méconnues.
Avni
Angoulême 2020. Je suis à la recherche d’une BD jeunesse à faire dédicacer pour mon fils Oscar, 8 ans. Une vendeuse du stand « BD Kids » vient à ma rescousse, et je lui explique que mon fils est un petit garçon typique : il préfère les jeux à l’école, adore les blagues idiotes, les bêtises, et ses copains. Elle n’a pas hésité une seconde, et m’a mis le 1er tome d’Avni dans les mains. 9 mois plus tard Oscar et moi avons lu tous les tomes parus à ce jour, et il m’a demandé (ok, ordonné) de poster un avis 5/5 sur BDTheque ! Donc : les histoires sont inventives et rigolotes. Les personnages récurrents sont attachants. Les thèmes sont variés (école, parents, amis, bêtises, crottes de nez, jeux en tout genre, amours de cours de récréation). Le dessin est mignon au possible, et fourmille de milles détails. Enfin, chaque album se termine sur une double-page de jeux (labyrinthes, trouver les 7 différences etc.) que mes enfants ont adoré. Voilà, que dire d’autre… vivement le prochain tome !
Léonard de Vinci - L'Ombre de la conjuration
Mosquito nous propose un polar pour le moins original. Giuseppe De Nardo est un passionné d’histoire italienne, et notamment de la période de la Renaissance. Son histoire de déroule donc pendant le règne de Laurent de Médicis, et le détective essayant d’élucider le meurtre est… Léonard de Vinci ! Mais si l’histoire est bien entendu inventée, elle est pourtant très réaliste : l’auteur s’est beaucoup documenté sur l’artiste, sa personnalité, sa façon de travailler, de penser… son raisonnement et ses déductions sont donc à son image : analytiques et scientifiques (ses peintures était subjuguées par sa curiosité et ses connaissances très pointues en biologie, anatomie humaine, physique électromagnétique pour comprendre la lumière etc.) En observant son raisonnement, on comprend sa façon de peindre. C’est assez jubilatoire. Mais alors en pratique, ça donne quoi ? Et bien une enquête prenante et rondement menée. La narration est fluide, et prend un tournant intéressant vers la moitié de l’album : elle saute dans le futur, puis nous raconte le reste de l’enquête via des flashbacks… un exercice narratif assez ingénieux, et un dénouement bien amené et très logique. La mise en image d’Antonio Lucchi est spectaculaire. Bon, j’imagine que le rendu informatique ne sera pas du goût de tout le monde, mais moi j’ai beaucoup aimé. Il a clairement lui aussi fait beaucoup de recherches sur cette période. J’ai par ailleurs trouvé le changement de style pour les flashbacks judicieux (plus esquissé, comme dans des souvenirs lointains), même si je note des petits soucis de lisibilité occasionnels (sur la scène finale, par exemple). Un polar original, au background intéressant, et surtout prenant et satisfaisant. Une chouette découverte.
Kent State, quatre morts dans l'Ohio
« Kent State, quatre morts dans l'Ohio » est un reportage très pointu sur les évènements choquants qui ont secoué les USA en 1970, à savoir une violente répression contre une manif étudiante pacifiste. Le travail de recherche effectué par Derf Backderf est considérable (3 ans pour la réalisation de cet album), et le résultat me rappelle un peu les bouquins de Joe Sacco. A ce titre certains passages sont assez lourds en textes, même si de manière générale l’histoire est fluide et prenante. Avant de nous présenter les faits sanglants en fin d’album, l’auteur tente de nous faire comprendre les évènements déclencheurs. Il nous montre les divisions profondes dans la société américaine de l’époque, et l’opinion publique divisée par la guerre au Vietnam et la haine du communisme. Il nous explique la situation politique (rien ne change, il faut penser aux voteurs), et l’engrenage inéluctable qui a mené au drame : la peur (des étudiants qui risquent d’être appelés au front une fois leurs études terminées, du maire incompétent, mais aussi de certains réservistes armés complètement épuisés et dépassés par les évènements), les têtes brulées de la Garde nationale, le général en charge (radical et anticommuniste au possible). Ajoutons aussi les agents provocateurs des services secrets américains tentant de décrédibiliser le mouvement anti-guerre, et surtout les rumeurs ridicules et autres exagérations (sur les intentions et moyens des manifestants) qui ont envenimé la situation : ils avaient des snipers sur les toits, des caches d’armes, balançaient des excréments sur la police depuis leurs fenêtres etc. rumeurs avérées fausses bien entendu. Le ton du récit est très engagé (il suffit de suivre Derf sur Facebook pour savoir qu’il est plutôt progressiste), mais tente de rester relativement juste (les débordements estudiantins sont montrés – par exemple quand ils percent les tuyaux des pompiers ou ravagent des commerces). En tout cas Derf n’hésite pas à nommer les dirigeants qu’il estime coupables (puisque la justice les innocenta tous). Une histoire édifiante, et d’une universalité et intemporalité dérangeante. Les divisions sociétaires sont toujours là en 2020 (Brexit, Trump, Black Lives Matter etc.) Une lecture essentielle pour les amateurs de reportages historiques. Un grand bravo à l’auteur pour le travail réalisé.
Morgane
C'est un voyage esthétique et une relecture du mythe arthurien très personnelle que nous proposent les auteurs. Et franchement, j'ai marché. Je ne me rappelle plus exactement l'histoire originale arthurienne, mais dans cette version BD, on ne peut qu'apprécier la noirceur des sentiments, la rage de Morgane, la défaite de Merlin... Et ce dessin si moderne et sombre colle parfaitement à cette histoire atypique.
Harleen
Je me suis procuré cet album les yeux bandés. Enfin je n’ai pas fait comme d’habitude. Je n’ai pas feuilleté quelques pages avant de me décider. Nan rien de tout ça cette fois. J’ai juste été conquis uniquement par la lecture de l’avis de Mac Arthur sur cette série. Il ne galvaude jamais ses notations 4 étoiles et le fait qu’il ne soit pas le plus grand fan des supers héros m’a convaincu que je devais acquérir ce pavé (224 pages quand même). Et je vous le dis … j’ai bien fait ! Harleen Quinzel est une psychiatre qui pense avoir une solution thérapeutique pour éradiquer Gotham City de ses pires criminels. Pour donner du sens à ses théories, elle va devoir étudier en profondeur les esprits des prisonniers les plus ignobles enfermés à Arkam. Elle s’efforce de guérir le mal. Elle ne peut abandonner cette idée car cela serait accepter que l’homme ne peut pas se bonifier et devenir meilleur. C’est cette empathie qui la guide à avancer. La jeune femme tombe sous le charme de Joker, un dangereux sociopathe, psychopathe, manipulateur, et étrangement charismatique et séduisant. Leur relation est faite d’un rapport de domination et de soumission malsaines. Subir la douleur en espérant l’amour… Sauf que dans les romans, le monstre finit par être apprivoisé… Ici … il la dévore. Beau travail psychologique sur le personnage principal avec une approche féminine qui détonne par rapport à ce que nous pouvons trouver habituellement en librairie pour ce genre de BD. J’ai été bluffé par cet album. Les planches sont fantastiques du début jusqu’à la fin. Je ne vous parle même pas de la couverture qui est juste grandiose. Le découpage est audacieux mais ô combien parfait. Les personnages sont très expressifs. Nous avançons dans l’histoire à un bon rythme. La narration est efficace et celle-ci se bonifie page après page. Nous plongeons donc sans retenue dans l’univers psychologique d’Harleen. Je ne vois pas de défauts à cet album. Amateur de Batman, vous pouvez passer votre chemin ! Il se montre très peu. Mais cette absence n’est surtout pas préjudiciable à l’histoire. Le cœur du récit est vraiment la relation entre Harleen et le Joker. Et Stjepan Šejic excelle dans la description de la progression de cette relation toxique. Je suis juste impressionné ! Bel album que je recommande chaudement. Encore merci à Mac Arthur pour ce bon moment de lecture.
Le Culte de Mars
J'ai lu le Roi Ours le précédent album de l'autrice (ou auteure, j'avoue ne pas très bien savoir le terme approprié) que j'avais beaucoup aimé, même si la fin m'avais un peu décontenancé, mais je m'égare. Mais de quoi ça parle ? On suit Hermès qui voyage dans un monde retourné à un état de quasi moyen-âge après que l'"élite" de la planète ait décidé de partir sur Mars refaire une nouvelle vie. Hermès a comme objectif d’écrire une encyclopédie des savoirs oubliés... Et justement le savoir est au centre du récit, avec comme toile de fond le fanatisme religieux, la lutte des classe... Ce qui en fait un one shot complexe et dense en termes de thématique. Pour autant le récit sait se poser pour nous faire découvrir l'univers et prend son temps pendant le premier tiers, on est presque dans une déambulation contemplative et moi ça me plait. Mais je suis aussi conscient que cela nuit, un peu, au rythme de l'histoire. Attention spoiler: Le Roi Ours et le "Culte de Mars" partage de nombreuses thématiques communes, dont la difficulté à communiquer par exemple, l’influence des civilisations sud-américaines (Incas, Aztèques et Maya, notamment), un propos écologiste (mais pas oppressant), et enfin une idée sur la condition humaine. Mais si dans le Roi Ours la fin est profondément pessimiste je trouve, ici étonnamment il y a de l'espoir. Et pour le grand cynique que je suis je m'étonne d'y adhérer autant et d'avoir envie d'y croire..... Fin du spoiler. Je suis tiraillé entre le 4 et le 5 sur 5....Car au final qu'est-ce qu'un album culte? Des graphismes impeccables ? C’est bon. Une envie de tout relire pour se replonger dans l'univers dès qu'on a refermé l'album? C’est bon. Un scénario qui vous touche profondément ? C’est bon, mais je suis d'accord c'est très subjectif, trop subjectif. C'est pourquoi cet album est culte pour moi mais probablement pas pour la majorité d'entre vous.