L'Aimant

Note: 3.67/5
(3.67/5 pour 6 avis)

Pierre, jeune étudiant en architecture parisien entreprend un voyage en Suisse afin de visiter les thermes de Vals.


Bâtiments et architectures La Montagne Suisse

Pierre, jeune étudiant en architecture parisien entreprend un voyage en Suisse afin de visiter les thermes de Vals. Ce magnifique bâtiment, conçu par le célèbre architecte suisse Peter Zumthor, au coeur de la montagne, le fascine et l'obsède Cette mystérieuse attraction va se révéler de plus en plus forte à mesure que Pierre se rapproche du bâtiment...

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 23 Août 2017
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série L'Aimant
Les notes (6)
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01/11/2017 | herve
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Par canarde
Note: 4/5

Comme tout le monde je rends hommage à l'éditeur, qui nous met dans les mains un objet original avec ses images bicolores et texturées, dans un format généreux, un peu plus large que d'habitude. Bref on se sent bien accueilli. Un beau dessin, stylisé, mais qui utilise des contrastes forts de valeur. Un sorte de ligne claire, mâtinée d'une atmosphère années 30 (alors que l'intrigue se passe aujourd'hui) où les ombres prendraient une place cruciale dans le scénario. L'architecture très géométrique des termes de Vals contribue à ce charme art déco (ceux qui ont déjà vu les photos anciennes des villas du Corbusier, ou les courbes des voitures en bois garées devant, semblant faire partie de l'architecture, me comprendront). Je rapprocherai l'esthétique de celle du récent Bonjour tristesse. Une intrigue mi-policière, mi fantastique au milieu des montagnes, qui rappelle L'Homme gribouillé. Avec une chose étrange qui se produit périodiquement. Ce n'est pas une intrigue bavarde, mais suffisamment bien servie par des dialogues sobres et des personnages attachants. Lecture très confortable pour un jour de pluie.

08/05/2019 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
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Décidément après La Cité des Trois Saints les éditions Sarbacane font très fort. Un bel objet grand format, un papier épais et un magnifique dos toilé, l'amateur est aux anges. C'est à Angoulême que quelques camarades m'ont loué les vertus de cet ouvrage. Soyons clair je n'étais pas franchement conquis par la couverture et un feuilletage rapide. Sans doute ce côté vintage Les avis aidant, il a tout de même bien fallu que je franchisse le pas et ma foi c'est une très heureuse surprise. Le dessin n'est pas celui que je préfère, bien que quelques planches montrant les fameux thermes de Vals soient particulièrement réussies pour ne pas dire envoutantes. Non c'est véritablement l'histoire qui m'a accroché du début à la fin. Une fois entamé ma lecture impossible de décrocher. Pour une première œuvre c'est un coup de maître, le dessin demandera peut être plus de soin, de fignolage, c'est évidemment le propos qui est ambitieux avec le héros qui mène une enquête quasi policière où il s'agit également d'exorciser ses propres démons. Et l'irruption du fantastique est amenée de manière extrêmement subtile, par petites touches très originales. En effet des cubes de pierre ou de béton qui bougent tout seuls fallait oser. L'explication scientifique qui trouve sa source dans l'antiquité est crédible, personnellement je marche. Pour ma part c'est donc une découverte que je recommande chaudement, une balade entre fantastique, policier et onirisme, même l'ombre de Tintin plane de ci de là. Personnellement le dénouement me convient parfaitement, cette image du Zippo... fait partie de celles qui restent longtemps en mémoire.

01/04/2018 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5
L'avatar du posteur Blue Boy

Il est certains titres qui s’accordent si bien à l’œuvre que cela en est troublant. Tout d’abord, c’est le grand format qui retient l’attention mais surtout la reliure soignée avec son dos toilé. L’objet en lui-même semble exercer un certain magnétisme dès l’instant où on le feuillette. Grâce à sa colorisation trichromique et son graphisme « vintage », on est comme happé par cet univers singulier, à la croisée d’Hergé et de Charles Burns, fait de longues plages silencieuses et intrigantes. De Hergé, on retrouve non seulement cette ligne claire et ce souci porté au réalisme des décors, mais également le personnage de Pierre qui évoque immédiatement Tintin, pas seulement dans l’aspect et la jeunesse mais aussi dans sa curiosité de détective et sa propension à se retrouver dans des situations périlleuses. En voyant Pierre sillonner les sombres dédales des thermes de Vals, dont la froide minéralité apparaît un rien menaçante une fois passée l’heure de fermeture, c'est l’image du reporter à la houpe qui se superpose, par exemple lorsque celui-ci arpente les labyrinthes de « l’Île noire », à moins que ce ne soit ceux de la pyramide dans les « Cigares du pharaon »… Et puis ces éléments mystérieux émaillant le récit, qui rapprocheraient plutôt « L’Aimant » de l’œuvre de Burns, tel ce Zippo, celui de Pierre, qui s’impose comme un objet-clé de l’histoire, mais cela on ne le comprendra qu’en toute fin de l’ouvrage. Et puis ces événements inexplicables, comme ce caillou projeté par une fenêtre du train où voyage Pierre, juste avant son arrivée à Vals, un caillou comme « aimanté » par le jeune homme, lancé ni d’on ne sait où ni par qui (la montagne ?). Mais que donc cherche ce jeune étudiant, à coup de croquis savants, fortement attiré par ce bâtiment aux lignes si modernes et si pures qu’on finit nous-mêmes, en tant que lecteurs, par trouver fascinant ? Une porte dérobée sans doute, mais qui mènerait où ? Quant aux thermes, ils sont un personnage à eux seuls, comme doté d’une âme propre, formant avec Pierre et la montagne avoisinante une sorte de trio amoureux relié par une force irrépressible. Un trio dont la communication silencieuse semble inaccessible au commun des mortels, lequel peut au mieux déduire un lien évident avec la « pierre », représentée par ce mineral aux propriétés magnétiques, vraisemblablement contenu dans les entrailles de la montagne surplombant les thermes, elles-mêmes à moitié enfouies dans la terre. Et c’est peut-être bien, de façon consciente ou non chez son auteur, ce qui a inspiré le titre, car dans « aimant » il y a « aimer », et en amour il est toujours question d’attirance et de magnétisme… C’est une bien belle découverte que cet auteur, dont c’est la première bande dessinée, et qui nous propose ici une promenade architecturale oscillant entre réalisme et onirisme, sur fond de légende locale. Même si le dénouement peut laisser une impression d’inachevé, Lucas Harari rentre incontestablement dans la caste des artistes à suivre dans le monde du neuvième art.

10/03/2018 (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
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L'Aimant raconte une histoire assez originale autour d'un jeune étudiant en architecture subjugué par un bâtiment relativement récent construit dans les montagnes Suisses et qui va être confronté à l'aspect littéralement fantastique de ce lieu. J'ai apprécié l'élégance graphique de cet album, tant dans le trait que dans la mise en page et dans le format de l'objet lui-même. On est proche de la ligne claire et du style Atome avec ce dessin épuré, ces encrages francs et ombrages en aplats noirs. C'est clair, fluide à lire et l'ambiance visuelle s'accorde bien avec celle intrigante du récit. Celui-ci prend la forme d'un conte fantastique moderne relativement classique dans son déroulement. Un lieu empli de mystère, un jeune homme qui découvre peu à peu des éléments fantastiques surprenants et énigmatiques, quelques rencontres et une fin ouverte à l'imagination. Cette dernière peut peut-être laisser un peu sur sa faim mais elle n'est pas décevante. J'aime la petite originalité d'intégrer la thématique de l'architecture dans sa trame fantastique, ainsi que son décor montagnard. Hormis cela, il est vrai que l'intrigue n'est pas des plus novatrices et surprenantes, mais elle demeure agréable à lire.

16/01/2018 (modifier)
Par Erik
Note: 3/5
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Il fallait faire une bd portant sur un complexe hôtelier et thermal assez récent. Il s’agit des thermes de Vals en Suisse construit en 1996 et qui rendit célèbre son architecte. Il faut également aimer ces constructions géométriques carrées qui peuvent regorger de petits secrets. Une quinzaine de blocs assez différents sont ancrés dans le paysage au lieu même où jaillit la source. Le toit végétal permet de respecter l’environnement. Le graphisme assez minimaliste fait très vieille école avec ses dégradés de bleus et de noirs. Fort heureusement, le propos sera un peu plus moderne avec Pierre, un jeune étudiant parisien en architecture, qui frise l’obstination à percer les secrets de ces lieux. A noter que le méchant professeur n’est pas très crédible derrière ses mauvaises manières. On regrettera également une fin qui ne convaincra pas réellement. Convenu mais tout de même bien réalisé pour rester honnête. C’est une bd qui peut plaire à un certain public assez élitiste et snobinard. Nul ne doute du tabac qui sera réalisé à Angoulême. Pour autant, l’intrigue reste assez conventionnelle dans ses codes. Il reste l’atmosphère entre la Suisse, les montagnes et architecture moderne. Cependant, on peut être attiré comme un aimant. Pierre qui roule n'amasse pas foule dit-on.

19/12/2017 (modifier)
Par herve
Note: 4/5
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Avant tout, il faut souligner la qualité éditoriale de cet ouvrage apportée par "Sarbacane"(malgré une malheureuse inversion des pages 23 et 22 ) : grand format, dos toilé et superbes illustrations, où le rouge, le bleu et le noir dominent. Dans un style très épuré, style ligne claire (d'ailleurs, pages 51 à 53, le héros, Pierre, est habillé comme "Tintin", il y a même du Burns ou du Hergé dans ces pages), Lucas Harari nous propose un scénario qui oscille entre fantastique et polar (un étudiant en architecture est persuadé que les thermes de Vals abritent un secret, une porte dérobée). A cela vient s'ajouter une légende, "les pierres qui volent", qui donne un côté encore plus mystérieux à cette aventure. Même les prénoms choisis (Pierre, Ondine) sont en parfaite adéquation avec le thème de ce récit intriguant. Mais ce qui fait la force de cette bande dessinée, c'est le dessin très architectural d'Harari (les pleines pages consacrées aux thermes sont incroyables). Malgré son format et sa pagination (149 pages), cette bande dessinée se lit assez vite, et l'auteur apporte une touche presque réaliste à cette aventure avec un incipit et une fin assez originale. Très belle découverte, en tout cas.

01/11/2017 (modifier)