Les Passagers du Vent est l'une des séries qui m'a fait passer dans l'univers adulte des bandes dessinées, il y a presque 20 ans maintenant. Même si à l'époque, je n'ai jamais pu lire l'intégralité des 5 tomes, cette grande saga m'a particulièrement marqué (on le serait à moins quand on a 16 ans !).
C'est avec la nouvelle édition de 2009 chez 12bis que j'ai finalement craqué. Le passage au grand format est un vrai régal pour les yeux : contexte historique superbement documenté, grande aventure avec son lot de sexe et de violence dus à l'époque, romantisme à l'ancienne...
La toute récente suite en deux tomes, qui boucle après 30 ans l'histoire mouvementée de la vie de l'héroïne Isa est un pur régal, aussi bien graphique (purée, que c'est beau !) que scénaristique (fichtre, que c'est bien !).
Une merveille à tous points de vue, que cela soit (re)dit !
Inconditionnel de Crisse, "Ghost Town" a été une belle surprise et une découverte.
De l'humour noir, très noir et le dessin de Crisse qui retranscrit à merveille cette sensation, ce n'est que du bonheur.
Le format à l'italienne, broché, en fait un objet très sympathique, d'ailleurs, l'initiative est plutôt intéressante puisque l'on découvre l'auteur en dehors du cercle "commercial".
On ne s'en lasse pas... Si vous aimez Crisse, n'hésitez pas !
Poussé par les rumeurs qui circulent sur le t.2, je me fends d'un avis sur le tome 1.
Lire une bd de Vicomte, c'est être littéralement happé par son imaginaire et sa poésie, c'est ouvrir une porte sur le rêve et la sensualité. Chez Vicomte, jamais les êtres de papiers n'ont été aussi sensuels. Stan, attiré par une femme au regard magnétique, délaisse la très jolie Bertille et nous entraîne dans un univers éblouissant. Les dessins séduisent, envoûtent, bref on tourne les pages, absorbé, captivé par la beauté des personnages, par le souci du détail vestimentaire (Ah les robes du XIXème) et la finesse de l'histoire. Selon le principe bien connu de Balade au bout du monde, deux mondes s'interpénètrent, celui du 19ème, plus lent, plus contemplatif, tout en retenu mais toujours au bord de l'explosion et le 20ème siècle et sa vie trépidante, ses embouteillages et ses soirées festives.
La fin du tome 1 explique que de nombreux lecteurs attendent depuis plus de 10 ans la parution du tome 2. J'ose espérer que ce tome sortira un jour. Mais même inachevée, cette bd est pour moi magnifique. Et je préfère cent fois l'avoir dans ma bibliothèque qu'une série entière mais complètement creuse.
Il me semble que L. Vicomte est un véritable touche à tout, créateur de bijoux, réalisateur de pubs... J'espère simplement que l'auteur de Sasmira nous permettra de prolonger le rêve.
Bon ben j'ai eu du mal à le trouver ce bouquin, j'avais vu des extraits et ça me rendait curieuse, mais du coup mon libraire n'en avait pas, il parait qu'il est en rupture de stock ?!!
J'ai été vraiment très agréablement surprise par cette série.
J'aurais tendance à ne pas vraiment aimer les histoires de croisades, de valeureux guerriers du Moyen Age, tout ça, tout ça. En revanche, j'adore la science fiction.
Je trouve que c'était idéal de faire entrer les sciences occultes dans un univers historique.
Niveau scénario je m'y retrouve totalement, l'action est menée de façon haletante et on s'attache aux personnages. J'aime beaucoup les pages de work in progress à la fin ! On entre bien dans l'histoire du bouquin !
J'ai vu que Izu a publié un manga chez les humanos, ça se sent dans la BD, la division par chapitres, les bonus à la fin... je crois qu'il a eu la bonne idée de prendre le meilleur des deux styles de bd.
Le dessin change, il est dur et violent, parfois doux, enfin c'est difficile à décrire. Je trouve que les hachures apportent de la matière et nécessairement de noirceur pour rendre le récit crédible. C'est vraiment autre chose, et ça fait du bien de voir un dessinateur avec un style propre.
Ah oui lol, et l'image finale me rend hystérique ! WTF ! J'y comprends plus rien j'ai trop hâte de voir la suite !!!
Monumentale, cette nouvelle oeuvre de Sfar, Gainsbourg (hors champ). Non seulement par le nombre de pages (plus de 450), mais surtout par la beauté des planches. Joann Sfar revient une nouvelle fois à l'aquarelle (inaugurée avec "la Java Bleue"). D'ailleurs, je ne suis guère étonné que Sfar aborde la vie du chanteur à la fois au cinéma et en bande dessinée car Pascin, avait parfois des airs de Gainsbourg sur certaines planches.
Je n'ai pas suivi les conseils de l'auteur prodigués dans sa longue préface (ou dans les journaux, je ne sais plus) et j'ai donc lu son livre avant d'avoir découvert le film.
Ici, je retrouve le Sfar que je préfère, beaucoup plus proche de l'univers des carnets (parus chez Delcourt et à l'Association), que de ses récentes parutions.
Cet album n'est ni une biographie, ni un carnet sur le tournage du film mais un mélange très réussi des deux.
Paraphrasant Balzac à propos du "Rouge et le Noir", je dirai que Joann Sfar a fait un livre où le sublime éclate de pages en pages.
Particulièrement réussis les portraits de Juliette Gréco, de Bardot ou encore de Jane Birkin et de toutes les femmes rencontrées par Gainsbourg.
Un livre assez long à lire mais très beau à contempler.
Son film est parait-il un conte mais certainement pas un conte pour enfants car Sfar se livre à quelques dessins que l'on pourrait qualifier d'osés voire pornographiques et rejoint là, l'univers de Pascin (oeuvre évidemment à découvrir pour ceux qui ne l'aurait pas encore lue car on y retrouve le monde de la peinture, cher à Gainsbourg, et une vie de débauche)
Vous l'avez compris ce GainsSfar est une petite merveille, entre la bd et le livre que l'on ouvre comme ça, à n'importe quelle page pour admirer un dessin, un tableau...
Une réussite totale.
Hérité de l’esprit « MAD », les rubriques-à-brac de Gotlib figurent dans le tiercé de mes œuvres humoristiques préférées (Gaston Lagaffe et Germain et nous complétant le dit tiercé).
Pourquoi ?
Tout d’abord pour sa facilité à se renouveler. La série porte on ne peut mieux son nom, et l’auteur s’aventure dans de multiples directions, évitant ainsi le piège de la redite, tout en parvenant à créer des gags de répétition.
Ensuite, pour ses personnages devenus cultes. Qui ne connaît la coccinelle ou la version gotlibéenne d’Isaac Newtown ? Et il ne s’agit là que de deux personnages parmi tant d’autres.
Je dois également confesser être un grand amateur de l’humour absurde de l’artiste. La rubrique consacrée à l’étude de la girafe demeure à ce jour un des moments les plus jubilatoires de mon existence.
La manière dont Gotlib pouvait amener un calembour souvent pénible reste aussi une marque de fabrique de l’auteur … et d’affection de ma part (Ahhh, ce fameux « les bons gongs font les bonzes amis » … j’en ris encore).
Le dessin de l’artiste contribue aussi grandement à mon appréciation d’ensemble. Son trait est d’une grande efficacité et l’alternance entre faciès impassibles et grimaces délirantes est employée avec une grande maîtrise (oui, je sais, j’ai employé à trois reprises le qualificatif de « grand » dans cette phrase, mais qu’y puis-je si Gotlib est un « grand monsieur » de la bande dessinée ?)
De plus, ce trait, d’une grande simplicité, d’une grande pureté, est assez facile à recopier et les albums de la série m’auront inspirés quelques « hommages », qui auront fièrement trônés sur divers objets de ma panoplie d’étudiant (fardes et cahiers, mais aussi dessin explicatif lors d’exposé ou, plus classiquement, pastiches sur mon tablier d’étudiant).
Pour toutes ces raisons, je ne peux dire qu’un mot : CULTE !
Ce que je vais écrire va peut-être déplaire à Islaire, à Yslaire ou encore à Bernar, mais ce dessinateur que j'aime profondément, mais qui m'agace aussi parfois par sa mégalomanie, n'a peut-être jamais fait mieux que "Bidouille et Violette".
Bien sûr, Sambre est magnifique et a l'air (et se donne l'air!) plus adulte, mais enfin, n'est pas tout à fait Balzac qui veut...
Avec moins de prétention, Hislaire parvenait dans "Bidouille et Violette" à quelque chose de miraculeux : à partir d'un dessin très "Spirou années 70", un peu à la Wasterlain, mais en plus libre, en plus jeté, en plus fou, un hymne à l'amour qui prend toute sa force de se construire sur fond de banalité provinciale (certes, oui, Paris en 1848 c'est autre chose, bon, mais enfin, tout le monde le sait un peu trop !).
Surtout, ce qui met pour moi "Bidouille et Violette" totalement hors de pair, c'est le troisième album, "La Reine des glaces", reprise inspirée d'un comte d'Andersen ; on y retrouve tout : le surréalisme, le romantisme, le désespoir, un zeste d'absurde, les confins du rêve et de la mémoire, dont se dégage une musique encore inentendue, et enfin cette séquence parfaite après le rêve, mais qui est encore un rêve, où Violette marche en funambule sur les toits, sûre d'avoir "toute la ville devant elle".
Après un tel miracle, le quatrième album était certes décevant et se terminait un peu en queue de poisson, mais il fallait bien faire une fin... Et le rêve n'était pas brisé pour autant.
Autant le dire tout de suite, cette minisérie de Batman de Loeb et Sale, récemment rééditée en un seul et luxueux volume, fait partie des meilleurs Comics sortis ces 20 dernières années avec le "Dark Knight" et le "Year One" de Frank Miller pour rester avec le même héros, mais également avec le "Elektra Assassin" dessiné par Bill Sienciewicz ou le Daredevil "Born Again" dessiné par Mazzucheli. On rajoutera également les séries de Dave Moore telles Watchmen ou From Hell. Bref ce "Long Halloween" est un incontournable pour tout fan de comics qui se respecte.
La qualité su scénario n'a d'égal que celle du dessin.
Comme Frank Miller, Loeb nous fait rentrer dans la pensée d'un Batman en proie au doute, qui tente désespérément de découvrir l'identité d'un tueur en série, aidé en cela par le Commissaire Gordon et le Procureur Dent. Mais ici, rien n'est simple, il n'y a pas les bons et les méchants. Chacun possède sa part d'ombre, et est susceptible d'être suspecté. Cela sera notamment le cas de Bruce Wayne et du procureur Dent. Les ennemis historiques de Batman eux mêmes, parfois recrutés par la pègre de Gotham City, sont sollicités pour résoudre l'énigme. Le tout sur fond de guerre des gangs entre les mafias locales.
L'identité du tueur nous est révélée lors de l'avant dernier chapitre, mais rien n'est simple et on découvre au final que le tueur auto proclamé n'était peut être pas le seul et unique, et on se demande même s'il n'a pas exagéré son rôle.
En ce qui concerne le découpage il emprunte très largement au monde cinématographique et Tim Sale dans un style semi réaliste, à mi chemin entre l'argentin Munoz et l'Américain Mazzucheli, démontre une virtuosité rare.
Les couleurs elles-mêmes contribuent à souligner la noirceur de cette histoire.
Le prix de l'intégrale est certes élevé, mais la qualité de ce "long halloween" le justifie amplement.
Voila j'ai trouvé l'album qui réunit deux de mes passions, l'album que j'attends depuis que je lis régulièrement de la BD : une BD sur la musique (rock).
Je ne l’ai pas trouvé avec La Musique du dessin, ni avec l'Histoire de la musique ou avec Les chansons de truc en BD, non. Mais cet album, "Le petit livre Rock" est vraiment l'album à posséder pour les amateurs du genre.
De plus l'auteur considère la musique "rock" comme un genre gigantesque. Il ne se contente pas de nous sortir les groupes rock habituels : Elvis, Bob Dylan, Jimi Hendrix, Nirvana, Metallica, Radiohead et les Libertines, non ! Hervé Bourhis retrace dans son livre les styles allant de la soul, au punk, au disco, rock indépendant, métal, mais aussi trip-hop, électro, house, hip-hop, folk etc. etc… Et je partage son point de vue sur CETTE musique rock.
Ce livre m'a parlé, car écoutant énormément de musique, dans des genres différents, je ne suis pas perdu quand l'auteur parle d'artiste de genre différent.
De plus la narration est extrêmement bien choisie : ce n'est pas une histoire classique dans une BD classique, non c'est une suite d'anecdote illustrée, le tout est très intéressant, et j'ai vraiment aimé les bonus à la fin,
Pour finir, j'apprécie le trait d’Hervé Bourhis, simple, vif et nerveux, l’encrage est assez gras, mais on reconnaît les artistes dessinés. De plus, les pages sont aérées, la narration est nickel. C'est vraiment agréable à lire.
Pour tous les amateurs de musique actuelle (plutôt que rock donc), et pour ceux qui ont quelques bases dans ce genre (pour ne pas être perdus avec des groupes inconnus), ce livre est fait pour vous. Achetez-le les yeux fermés. Dommage qu'il soit un peu cher.
Un des albums qui m'a donné le plus de plaisir à sa lecture.
J'ai été très agréablement surpris par cet album, et même plus.
La qualité d'édition est remarquable, il y a même fort à parier que les Requins marteaux n'ont jamais fait un ouvrage pareil, et peut-être qu'ils n'en referont pas.
L'histoire est une véritable aubade à l'imagination ; Winschluss prouve qu'il est capable de réaliser une histoire d'une incroyable densité, à partir d'un personnage dont on pensait avoir fait le tour. L'auteur de Smart monkey a réussi à se l'approprier complètement et à en faire, après Collodi, Geppetto et Walt Disney, entre autres, un personnage fort, autour duquel tout est possible. Faisant fi des vraisemblances, il l'emmène sur des rivages narratifs inexplorés, pour le plus grand bonheur du lecteur un tant soit peu exigeant en termes d'histoire. Le dessin de Winschluss n'a jamais été aussi bon, la plupart de ses planches ressemblant à des gravures du XIXème siècle, imprimant une ambiance unique et inoubliable, avec parfois des illustrations pleine page de toute beauté.
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Les Passagers du vent
Les Passagers du Vent est l'une des séries qui m'a fait passer dans l'univers adulte des bandes dessinées, il y a presque 20 ans maintenant. Même si à l'époque, je n'ai jamais pu lire l'intégralité des 5 tomes, cette grande saga m'a particulièrement marqué (on le serait à moins quand on a 16 ans !). C'est avec la nouvelle édition de 2009 chez 12bis que j'ai finalement craqué. Le passage au grand format est un vrai régal pour les yeux : contexte historique superbement documenté, grande aventure avec son lot de sexe et de violence dus à l'époque, romantisme à l'ancienne... La toute récente suite en deux tomes, qui boucle après 30 ans l'histoire mouvementée de la vie de l'héroïne Isa est un pur régal, aussi bien graphique (purée, que c'est beau !) que scénaristique (fichtre, que c'est bien !). Une merveille à tous points de vue, que cela soit (re)dit !
Ghost Town
Inconditionnel de Crisse, "Ghost Town" a été une belle surprise et une découverte. De l'humour noir, très noir et le dessin de Crisse qui retranscrit à merveille cette sensation, ce n'est que du bonheur. Le format à l'italienne, broché, en fait un objet très sympathique, d'ailleurs, l'initiative est plutôt intéressante puisque l'on découvre l'auteur en dehors du cercle "commercial". On ne s'en lasse pas... Si vous aimez Crisse, n'hésitez pas !
Sasmira
Poussé par les rumeurs qui circulent sur le t.2, je me fends d'un avis sur le tome 1. Lire une bd de Vicomte, c'est être littéralement happé par son imaginaire et sa poésie, c'est ouvrir une porte sur le rêve et la sensualité. Chez Vicomte, jamais les êtres de papiers n'ont été aussi sensuels. Stan, attiré par une femme au regard magnétique, délaisse la très jolie Bertille et nous entraîne dans un univers éblouissant. Les dessins séduisent, envoûtent, bref on tourne les pages, absorbé, captivé par la beauté des personnages, par le souci du détail vestimentaire (Ah les robes du XIXème) et la finesse de l'histoire. Selon le principe bien connu de Balade au bout du monde, deux mondes s'interpénètrent, celui du 19ème, plus lent, plus contemplatif, tout en retenu mais toujours au bord de l'explosion et le 20ème siècle et sa vie trépidante, ses embouteillages et ses soirées festives. La fin du tome 1 explique que de nombreux lecteurs attendent depuis plus de 10 ans la parution du tome 2. J'ose espérer que ce tome sortira un jour. Mais même inachevée, cette bd est pour moi magnifique. Et je préfère cent fois l'avoir dans ma bibliothèque qu'une série entière mais complètement creuse. Il me semble que L. Vicomte est un véritable touche à tout, créateur de bijoux, réalisateur de pubs... J'espère simplement que l'auteur de Sasmira nous permettra de prolonger le rêve.
Crusades
Bon ben j'ai eu du mal à le trouver ce bouquin, j'avais vu des extraits et ça me rendait curieuse, mais du coup mon libraire n'en avait pas, il parait qu'il est en rupture de stock ?!! J'ai été vraiment très agréablement surprise par cette série. J'aurais tendance à ne pas vraiment aimer les histoires de croisades, de valeureux guerriers du Moyen Age, tout ça, tout ça. En revanche, j'adore la science fiction. Je trouve que c'était idéal de faire entrer les sciences occultes dans un univers historique. Niveau scénario je m'y retrouve totalement, l'action est menée de façon haletante et on s'attache aux personnages. J'aime beaucoup les pages de work in progress à la fin ! On entre bien dans l'histoire du bouquin ! J'ai vu que Izu a publié un manga chez les humanos, ça se sent dans la BD, la division par chapitres, les bonus à la fin... je crois qu'il a eu la bonne idée de prendre le meilleur des deux styles de bd. Le dessin change, il est dur et violent, parfois doux, enfin c'est difficile à décrire. Je trouve que les hachures apportent de la matière et nécessairement de noirceur pour rendre le récit crédible. C'est vraiment autre chose, et ça fait du bien de voir un dessinateur avec un style propre. Ah oui lol, et l'image finale me rend hystérique ! WTF ! J'y comprends plus rien j'ai trop hâte de voir la suite !!!
Gainsbourg
Monumentale, cette nouvelle oeuvre de Sfar, Gainsbourg (hors champ). Non seulement par le nombre de pages (plus de 450), mais surtout par la beauté des planches. Joann Sfar revient une nouvelle fois à l'aquarelle (inaugurée avec "la Java Bleue"). D'ailleurs, je ne suis guère étonné que Sfar aborde la vie du chanteur à la fois au cinéma et en bande dessinée car Pascin, avait parfois des airs de Gainsbourg sur certaines planches. Je n'ai pas suivi les conseils de l'auteur prodigués dans sa longue préface (ou dans les journaux, je ne sais plus) et j'ai donc lu son livre avant d'avoir découvert le film. Ici, je retrouve le Sfar que je préfère, beaucoup plus proche de l'univers des carnets (parus chez Delcourt et à l'Association), que de ses récentes parutions. Cet album n'est ni une biographie, ni un carnet sur le tournage du film mais un mélange très réussi des deux. Paraphrasant Balzac à propos du "Rouge et le Noir", je dirai que Joann Sfar a fait un livre où le sublime éclate de pages en pages. Particulièrement réussis les portraits de Juliette Gréco, de Bardot ou encore de Jane Birkin et de toutes les femmes rencontrées par Gainsbourg. Un livre assez long à lire mais très beau à contempler. Son film est parait-il un conte mais certainement pas un conte pour enfants car Sfar se livre à quelques dessins que l'on pourrait qualifier d'osés voire pornographiques et rejoint là, l'univers de Pascin (oeuvre évidemment à découvrir pour ceux qui ne l'aurait pas encore lue car on y retrouve le monde de la peinture, cher à Gainsbourg, et une vie de débauche) Vous l'avez compris ce GainsSfar est une petite merveille, entre la bd et le livre que l'on ouvre comme ça, à n'importe quelle page pour admirer un dessin, un tableau... Une réussite totale.
Rubrique-à-Brac
Hérité de l’esprit « MAD », les rubriques-à-brac de Gotlib figurent dans le tiercé de mes œuvres humoristiques préférées (Gaston Lagaffe et Germain et nous complétant le dit tiercé). Pourquoi ? Tout d’abord pour sa facilité à se renouveler. La série porte on ne peut mieux son nom, et l’auteur s’aventure dans de multiples directions, évitant ainsi le piège de la redite, tout en parvenant à créer des gags de répétition. Ensuite, pour ses personnages devenus cultes. Qui ne connaît la coccinelle ou la version gotlibéenne d’Isaac Newtown ? Et il ne s’agit là que de deux personnages parmi tant d’autres. Je dois également confesser être un grand amateur de l’humour absurde de l’artiste. La rubrique consacrée à l’étude de la girafe demeure à ce jour un des moments les plus jubilatoires de mon existence. La manière dont Gotlib pouvait amener un calembour souvent pénible reste aussi une marque de fabrique de l’auteur … et d’affection de ma part (Ahhh, ce fameux « les bons gongs font les bonzes amis » … j’en ris encore). Le dessin de l’artiste contribue aussi grandement à mon appréciation d’ensemble. Son trait est d’une grande efficacité et l’alternance entre faciès impassibles et grimaces délirantes est employée avec une grande maîtrise (oui, je sais, j’ai employé à trois reprises le qualificatif de « grand » dans cette phrase, mais qu’y puis-je si Gotlib est un « grand monsieur » de la bande dessinée ?) De plus, ce trait, d’une grande simplicité, d’une grande pureté, est assez facile à recopier et les albums de la série m’auront inspirés quelques « hommages », qui auront fièrement trônés sur divers objets de ma panoplie d’étudiant (fardes et cahiers, mais aussi dessin explicatif lors d’exposé ou, plus classiquement, pastiches sur mon tablier d’étudiant). Pour toutes ces raisons, je ne peux dire qu’un mot : CULTE !
Bidouille et Violette
Ce que je vais écrire va peut-être déplaire à Islaire, à Yslaire ou encore à Bernar, mais ce dessinateur que j'aime profondément, mais qui m'agace aussi parfois par sa mégalomanie, n'a peut-être jamais fait mieux que "Bidouille et Violette". Bien sûr, Sambre est magnifique et a l'air (et se donne l'air!) plus adulte, mais enfin, n'est pas tout à fait Balzac qui veut... Avec moins de prétention, Hislaire parvenait dans "Bidouille et Violette" à quelque chose de miraculeux : à partir d'un dessin très "Spirou années 70", un peu à la Wasterlain, mais en plus libre, en plus jeté, en plus fou, un hymne à l'amour qui prend toute sa force de se construire sur fond de banalité provinciale (certes, oui, Paris en 1848 c'est autre chose, bon, mais enfin, tout le monde le sait un peu trop !). Surtout, ce qui met pour moi "Bidouille et Violette" totalement hors de pair, c'est le troisième album, "La Reine des glaces", reprise inspirée d'un comte d'Andersen ; on y retrouve tout : le surréalisme, le romantisme, le désespoir, un zeste d'absurde, les confins du rêve et de la mémoire, dont se dégage une musique encore inentendue, et enfin cette séquence parfaite après le rêve, mais qui est encore un rêve, où Violette marche en funambule sur les toits, sûre d'avoir "toute la ville devant elle". Après un tel miracle, le quatrième album était certes décevant et se terminait un peu en queue de poisson, mais il fallait bien faire une fin... Et le rêve n'était pas brisé pour autant.
Batman - Un long Halloween
Autant le dire tout de suite, cette minisérie de Batman de Loeb et Sale, récemment rééditée en un seul et luxueux volume, fait partie des meilleurs Comics sortis ces 20 dernières années avec le "Dark Knight" et le "Year One" de Frank Miller pour rester avec le même héros, mais également avec le "Elektra Assassin" dessiné par Bill Sienciewicz ou le Daredevil "Born Again" dessiné par Mazzucheli. On rajoutera également les séries de Dave Moore telles Watchmen ou From Hell. Bref ce "Long Halloween" est un incontournable pour tout fan de comics qui se respecte. La qualité su scénario n'a d'égal que celle du dessin. Comme Frank Miller, Loeb nous fait rentrer dans la pensée d'un Batman en proie au doute, qui tente désespérément de découvrir l'identité d'un tueur en série, aidé en cela par le Commissaire Gordon et le Procureur Dent. Mais ici, rien n'est simple, il n'y a pas les bons et les méchants. Chacun possède sa part d'ombre, et est susceptible d'être suspecté. Cela sera notamment le cas de Bruce Wayne et du procureur Dent. Les ennemis historiques de Batman eux mêmes, parfois recrutés par la pègre de Gotham City, sont sollicités pour résoudre l'énigme. Le tout sur fond de guerre des gangs entre les mafias locales. L'identité du tueur nous est révélée lors de l'avant dernier chapitre, mais rien n'est simple et on découvre au final que le tueur auto proclamé n'était peut être pas le seul et unique, et on se demande même s'il n'a pas exagéré son rôle. En ce qui concerne le découpage il emprunte très largement au monde cinématographique et Tim Sale dans un style semi réaliste, à mi chemin entre l'argentin Munoz et l'Américain Mazzucheli, démontre une virtuosité rare. Les couleurs elles-mêmes contribuent à souligner la noirceur de cette histoire. Le prix de l'intégrale est certes élevé, mais la qualité de ce "long halloween" le justifie amplement.
Le Petit Livre Rock
Voila j'ai trouvé l'album qui réunit deux de mes passions, l'album que j'attends depuis que je lis régulièrement de la BD : une BD sur la musique (rock). Je ne l’ai pas trouvé avec La Musique du dessin, ni avec l'Histoire de la musique ou avec Les chansons de truc en BD, non. Mais cet album, "Le petit livre Rock" est vraiment l'album à posséder pour les amateurs du genre. De plus l'auteur considère la musique "rock" comme un genre gigantesque. Il ne se contente pas de nous sortir les groupes rock habituels : Elvis, Bob Dylan, Jimi Hendrix, Nirvana, Metallica, Radiohead et les Libertines, non ! Hervé Bourhis retrace dans son livre les styles allant de la soul, au punk, au disco, rock indépendant, métal, mais aussi trip-hop, électro, house, hip-hop, folk etc. etc… Et je partage son point de vue sur CETTE musique rock. Ce livre m'a parlé, car écoutant énormément de musique, dans des genres différents, je ne suis pas perdu quand l'auteur parle d'artiste de genre différent. De plus la narration est extrêmement bien choisie : ce n'est pas une histoire classique dans une BD classique, non c'est une suite d'anecdote illustrée, le tout est très intéressant, et j'ai vraiment aimé les bonus à la fin, Pour finir, j'apprécie le trait d’Hervé Bourhis, simple, vif et nerveux, l’encrage est assez gras, mais on reconnaît les artistes dessinés. De plus, les pages sont aérées, la narration est nickel. C'est vraiment agréable à lire. Pour tous les amateurs de musique actuelle (plutôt que rock donc), et pour ceux qui ont quelques bases dans ce genre (pour ne pas être perdus avec des groupes inconnus), ce livre est fait pour vous. Achetez-le les yeux fermés. Dommage qu'il soit un peu cher. Un des albums qui m'a donné le plus de plaisir à sa lecture.
Pinocchio (Winshluss)
J'ai été très agréablement surpris par cet album, et même plus. La qualité d'édition est remarquable, il y a même fort à parier que les Requins marteaux n'ont jamais fait un ouvrage pareil, et peut-être qu'ils n'en referont pas. L'histoire est une véritable aubade à l'imagination ; Winschluss prouve qu'il est capable de réaliser une histoire d'une incroyable densité, à partir d'un personnage dont on pensait avoir fait le tour. L'auteur de Smart monkey a réussi à se l'approprier complètement et à en faire, après Collodi, Geppetto et Walt Disney, entre autres, un personnage fort, autour duquel tout est possible. Faisant fi des vraisemblances, il l'emmène sur des rivages narratifs inexplorés, pour le plus grand bonheur du lecteur un tant soit peu exigeant en termes d'histoire. Le dessin de Winschluss n'a jamais été aussi bon, la plupart de ses planches ressemblant à des gravures du XIXème siècle, imprimant une ambiance unique et inoubliable, avec parfois des illustrations pleine page de toute beauté. Un ouvrage incontournable.