Magistral !
Encore un chef d'oeuvre de narration par Winschluss, et en prime un superbe encrage sur certaines pages, et un très bel ouvrage.
Un tantinet trash, un tantinet en marge, on martyrise ici un grand classique.
Mais ce Pinocchio reste une leçon de vie, pour les grands cette fois, pas pour les petits.
A ne pas trop prendre au sérieux tout de même.
Dans From Hell, ce n'est pas la BD qui est intéressante, mais bien le projet.
Une superbe démonstration, bien découpée, romancée et illustrée.
Plusieurs niveaux d'intérêt :
- L'enquête historique et romancée des évènements est une réussite : du point par point qui nous fait " vivre" les évènements.
- La "théorie du complot " développée est intéressante et bien ficelée. 10 ans de recherches pour étayer sa thèse ...
- La documentation historique et les dessins soignés offrent une belle description de l'époque victorienne : architecture, pouvoir en place, politique etc ..
mais surtout :
- La "lecture" des quartiers de Londres à la lueur de la Franc maçonnerie est magistrale. Le voyage en calèche ou W. GUll prend le temps d'éduquer le cocher reste un des plus beaux moments.
- La tentative d'explication des motivations de Jack l'Eventreur offre une lecture plus philosophique qui fait tout l'intérêt de l'ouvrage !
C'est extrêmement mystique, diablement profond, et surtout très cohérent.
Un projet extraordinaire, vraiment.
et plausible !
Sans doute la plus belle BD de Loisel, en tout cas la plus poignante.
Le projet était ambitieux, le résultat est époustouflant
Chronologiquement, le peter de Loisel se place avant le peter pan du conte de Barrie ou de Walt Disney.
Un premier Tome très noir :
Peter habite dans les quartier pauvre de Londres, avec toute l'horreur du monde des adultes.
Père inconnu .. mère alcoolique. Ce monde est monstrueux et cruel : Alcool, sexe, humiliation.
Peter s'accroche à M Kundal, un vieil homme sympathique qui lui fait découvrir la lecture, les histoires. Et Peter s'évade déjà en s'en racontant ... des histoires.
A partir du second tome :
Un rêve qui commence ... On part au pays des songes. On découvre tous les personnages, le pays des enfants, on comprends comment chacun se construit : Peter, Crochet, le crocodile etc .. C'est une très belle aventure
Le dernier tome :
Ecrit plus de 10ans après je crois.
Il contraste énormément avec les précédents, il aurait pu être décliné en 2 ou 3 tomes de plus. C'est un concentré d'informations qui vous pètent à la gueule.
C'est très étrange une fin qui va a une telle vitesse. On est pris de cours et le fil et l'histoire se perd un peu. Il y a trop d'événements majeurs qui surviennent et pas des moindres.
Le personnage du capitaine est complètement évincé et je ne comprends toujours pas ce choix de la part de Loisel. A mon avis on ne pouvait pas régler toutes les facettes des personnages en un seul tome.
Je pense en fait que Loisel avait décidé d'en finir avec cette série cf : la fin avec la note de l'auteur.
Dans l'ensemble je ne suis pas déçu du tout par une fin aussi triste et violente, je n'en attendais pas moins.
On observe en fait un retour vers le premier album, un retour à la réalité, glauque et violente.
Loisel pousse même très loin les choses puisqu'il donne une piste sur le Peter adulte (et quelle piste !)
On suppose finalement que Peter deviendra un produit de ses souffrances, le passage à l'age adulte ne l'épargnera pas.
C'est album est très noir. Le rêve a été long, le réveil est extrêmement brutal.
La réalité est un cauchemar
Une BD forte.
Bah oui... culte forcément. Même si ca reste critiquable a certains égards.
Certains dialogues sont franchement fatigants, le langage de rue et sans doute la traduction sont à la longue un peu limites.
Ca manque aussi parfois de matière (dommage vu la longueur) ou d'une atmosphère plus typée (comme chez Matsumoto)
M'enfin, ca reste superbe, long, et accessible, et quelle démesure !
Ce que j'aime particulièrement dans le dessin d'Otomo : la mécanique, la puissance, les échelles ...
Culte aussi car, curieusement on ne décroche pas et pourtant c'est très long.
Alors là, je crie au génie! Encore une fois un auteur de comic strip nous montre à quel point ce genre est riche et permet une grande créativité narrative, malgré la taille restreinte des gags.
Calvin et Hobbes est tout d'abord absolument hilarant, les situations cocasses dans lesquelles se retrouve ce gamin sont toutes plus imaginatives les une que les autres ! On regrette cependant que l'auteur use toujours des mêmes ficelles scénaristiques, mais c'est tellement efficace!
Ensuite, quand on lit ces petits gags, on se rend compte que certains appellent à une réflexion, que cette série est vraiment intelligente et pose beaucoup de questions.
Le dessin est vraiment dans la lignée des comic strip : simple mais efficace !
En bref, pour ceux qui hésitent encore, courrez en lire un, c'est un vrai plaisir, et la traduction française est vraiment bonne !
CULTISSIME !
Gotlib, l'homme qui a inventé le Gag, le roi du crescendo que pour te faire rire un type ça peut prendre une double page !
Et que le mec à la fin il se tape le cul par terre et finit par en crever (de rire).
Préférence pour le tome 1 et puis aussi le Taume 2 qu'est pas mal poilant x)
En plus Gotlib dessine super bien les Hyènes donc bon ... 5/5 quoi ...
Si vous aimez la belle BD aventure... c'est un must.
Dessins, mise en page, scénario superbe... du grand Franz
Ça fait partie des vieux classique qu'on est content de découvrir et pour lesquels on se dit :
"C'était mieux avant ... "
Je parle ici du dessin délicieusement PAS numérique.
Elle mérite plusieurs lectures pour en profiter pleinement je pense.
Il me semble quelque peu réducteur de voir dans "L'ascension du Haut Mal" l'exercice d'une thérapie quelque peu sauvage de l'auteur pour exorciser tant bien que mal la présence obsédante de "la mort à l'oeuvre", à travers l'épilepsie de son grand frère, tout au long de son enfance et de son adolescence.
Je rétorquerai que la mort n'a alors visiblement pas fini son travail de sape et qu'elle continue sans vergogne de hanter les publications de David B. sous forme de spectres, de squelettes divers et variés. Un grand cru de David B. pourrait d'ailleurs se reconnaître au nombre de fantômes qui le hantent. La thérapie aurait donc lamentablement échoué. Plutôt qu'un exorcisme, "L'ascension du Haut Mal" est plutôt l'expression, comme chez certains grands artistes, de quelques motifs obsédants, motifs majeurs, qui en font des artistes à "l'imagination pauvre". C'est ainsi que Julien Gracq définissait son imaginaire par opposition à l'imagination riche, débordante, pléthorique, insaisissable d'un, par exemple, Balzac.
Par ailleurs, reprochera-t-on à tel grand écrivain, Dostoïevski ou Proust, d'avoir réalisé sa propre thérapie dans l'acte d'écrire ? Si tel est le cas, si écrire, dans l'acception haute du terme, c'est aller toujours vers le dedans (je ne sais plus qui a dit ça), si nous sommes tous d'accord sur ce point, je ne vois pas l'utilité de le rappeler dans la circonstance présente.
"L'ascension du Haut Mal", avant d'être une autobiographie graphique (une des plus grandes réussites du genre avec, par exemple, "Blankets), la thérapie d'un homme en déréliction, obsédé par la mort, la souffrance, la maladie, la culpabilité, est avant tout une oeuvre d'art d'une puissance exceptionnelle. Portrait d'une époque assaillie de contradictions et de ridicules (nous ne voyons pas encore clairement les nôtres, mais ils sont assurément aussi nombreux), portrait d'une famille dans ses rapports complexes et parfois délétères, plongée fascinante dans les eaux troubles de l'ésotérisme, récit d'une maladie qui contamine indirectement tous les membres de cette famille, récit d'apprentissage d'un enfant qui doit grandir dans la promiscuité de la souffrance, récit initiatique de l'artiste en jeune homme, récit à la frontière mitoyenne de la réalité et du domaine du rêve, etc., il serait infiniment réducteur de résumer les 6 tomes à l'aggravation médicale de l'épilepsie du frère de David B.
Quant au graphisme, en noir et blanc, d'une grande sobriété, il est tout simplement magnifique. Peuplé, harcelé, envahi de créatures allégoriques inquiétantes, noyé d'ombre, qui semble être celle de temps primitifs, il constitue une tentative aboutie d'inscrire cette histoire personnelle et somme toute banale sur un plan supérieur qui confine au mythe.
Le père noël a été très généreux cette année puisqu'il m'a offert le coffret de la ligue des gentlemen extraordinaires.
Je suis un fan d'Alan Moore depuis la lecture de Watchmen et je dois dire qu'avec la ligue, il ne m'a pas déçu. Cet auteur est vraiment éclectique avec From Hell, sombre et historique, Watchmen, apocalyptique et rétro-futuriste et la ligue fantastique et complètement déjanté.
Parlons tout d'abord des dessins, le trait de Kevin O'Neill est franc, et, même si à priori il parait simple et peu détaillé, il fourmille de petites attentions et intentions envers le lecteur, ce qui force à s'attarder sur chaque planche et chaque vignette. Les décors sont bien rendus, notamment avec les grandes villes et la débauche de l'humanité, les visages sont bien retranscrits et on distingue les émotions de chaque personnage. Niveau action, le trait devient plus nerveux et c'est ce qui fait tout son charme à l'œuvre, un dessin à la fois doux et vif, avec une multitude de détails.
Ensuite, le scénario est vraiment très bon, on entre directement dans cette épopée avec divers personnage de la littérature classique anglaise du XIXème siècle. Et là où il y aurait pu avoir un imbroglio totalement incohérent, on se retrouve avec une équipe certes très différentes mais aussi très soudée et on retrouve une unité au sein de plusieurs personnages.
Là l'histoire s'impose avec les différents états d'âme de chaque personnage: le fatalisme de Hyde dans le volume 2, l'opportunité de Hawley Griffin et la rigueur de Némo. J'ai vraiment eu l'impression de voir plusieurs petites histoires dans une histoire avec une psychologie de chaque personnage très profonde et fidèle aux œuvres d'origine.
En bref, encre un coup de maître de la part d'Alan Moore!
La narration est aussi très bonne, et on suit avec une avidité et une curiosité les aventures de nos héros.
Enfin, je finirai sur l'objet en lui-même et tous les bonus. On ressent au travers des histoires illustrées d'Alan Moore, son amour pour des certains Edgar Allan Poe ou encore H.P. Lovecraft, avec une imagination débordante et une culture littéraire fantastique vraiment profonde. Reste aussi dans l'almanach, des références et des hommages à beaucoup d'auteurs de genre tel que Moorcock avec Elric.
Un grand bravo à ce monsieur qu'est Alan Moore et à son œuvre fantastique. En un mot: Merci.
Une adaptation fascinante du roman de Paul Auster. Chaque image creuse le texte (rapporté en partie dans la traduction à peine modifiée de Pierre Furlan), l'illustre parfois simplement, le commente ou suggère à d'autres moments ses virtualités innombrables d'interprétation. Il suffit de lire les 4 premières pages pour se rendre compte que Mazzucchelli n'entendait pas se contenter de réaliser un simple support graphique à l'histoire complexe et déroutante de Paul Auster. Il fallait que l'adaptation soit elle-même déroutante, créatrice, magnifiquement réalisée à travers le graphisme sobre, en noir et blanc, de Mazzucchelli.
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Pinocchio (Winshluss)
Magistral ! Encore un chef d'oeuvre de narration par Winschluss, et en prime un superbe encrage sur certaines pages, et un très bel ouvrage. Un tantinet trash, un tantinet en marge, on martyrise ici un grand classique. Mais ce Pinocchio reste une leçon de vie, pour les grands cette fois, pas pour les petits. A ne pas trop prendre au sérieux tout de même.
From Hell
Dans From Hell, ce n'est pas la BD qui est intéressante, mais bien le projet. Une superbe démonstration, bien découpée, romancée et illustrée. Plusieurs niveaux d'intérêt : - L'enquête historique et romancée des évènements est une réussite : du point par point qui nous fait " vivre" les évènements. - La "théorie du complot " développée est intéressante et bien ficelée. 10 ans de recherches pour étayer sa thèse ... - La documentation historique et les dessins soignés offrent une belle description de l'époque victorienne : architecture, pouvoir en place, politique etc .. mais surtout : - La "lecture" des quartiers de Londres à la lueur de la Franc maçonnerie est magistrale. Le voyage en calèche ou W. GUll prend le temps d'éduquer le cocher reste un des plus beaux moments. - La tentative d'explication des motivations de Jack l'Eventreur offre une lecture plus philosophique qui fait tout l'intérêt de l'ouvrage ! C'est extrêmement mystique, diablement profond, et surtout très cohérent. Un projet extraordinaire, vraiment. et plausible !
Peter Pan
Sans doute la plus belle BD de Loisel, en tout cas la plus poignante. Le projet était ambitieux, le résultat est époustouflant Chronologiquement, le peter de Loisel se place avant le peter pan du conte de Barrie ou de Walt Disney. Un premier Tome très noir : Peter habite dans les quartier pauvre de Londres, avec toute l'horreur du monde des adultes. Père inconnu .. mère alcoolique. Ce monde est monstrueux et cruel : Alcool, sexe, humiliation. Peter s'accroche à M Kundal, un vieil homme sympathique qui lui fait découvrir la lecture, les histoires. Et Peter s'évade déjà en s'en racontant ... des histoires. A partir du second tome : Un rêve qui commence ... On part au pays des songes. On découvre tous les personnages, le pays des enfants, on comprends comment chacun se construit : Peter, Crochet, le crocodile etc .. C'est une très belle aventure Le dernier tome : Ecrit plus de 10ans après je crois. Il contraste énormément avec les précédents, il aurait pu être décliné en 2 ou 3 tomes de plus. C'est un concentré d'informations qui vous pètent à la gueule. C'est très étrange une fin qui va a une telle vitesse. On est pris de cours et le fil et l'histoire se perd un peu. Il y a trop d'événements majeurs qui surviennent et pas des moindres. Le personnage du capitaine est complètement évincé et je ne comprends toujours pas ce choix de la part de Loisel. A mon avis on ne pouvait pas régler toutes les facettes des personnages en un seul tome. Je pense en fait que Loisel avait décidé d'en finir avec cette série cf : la fin avec la note de l'auteur. Dans l'ensemble je ne suis pas déçu du tout par une fin aussi triste et violente, je n'en attendais pas moins. On observe en fait un retour vers le premier album, un retour à la réalité, glauque et violente. Loisel pousse même très loin les choses puisqu'il donne une piste sur le Peter adulte (et quelle piste !) On suppose finalement que Peter deviendra un produit de ses souffrances, le passage à l'age adulte ne l'épargnera pas. C'est album est très noir. Le rêve a été long, le réveil est extrêmement brutal. La réalité est un cauchemar Une BD forte.
Akira
Bah oui... culte forcément. Même si ca reste critiquable a certains égards. Certains dialogues sont franchement fatigants, le langage de rue et sans doute la traduction sont à la longue un peu limites. Ca manque aussi parfois de matière (dommage vu la longueur) ou d'une atmosphère plus typée (comme chez Matsumoto) M'enfin, ca reste superbe, long, et accessible, et quelle démesure ! Ce que j'aime particulièrement dans le dessin d'Otomo : la mécanique, la puissance, les échelles ... Culte aussi car, curieusement on ne décroche pas et pourtant c'est très long.
Calvin et Hobbes
Alors là, je crie au génie! Encore une fois un auteur de comic strip nous montre à quel point ce genre est riche et permet une grande créativité narrative, malgré la taille restreinte des gags. Calvin et Hobbes est tout d'abord absolument hilarant, les situations cocasses dans lesquelles se retrouve ce gamin sont toutes plus imaginatives les une que les autres ! On regrette cependant que l'auteur use toujours des mêmes ficelles scénaristiques, mais c'est tellement efficace! Ensuite, quand on lit ces petits gags, on se rend compte que certains appellent à une réflexion, que cette série est vraiment intelligente et pose beaucoup de questions. Le dessin est vraiment dans la lignée des comic strip : simple mais efficace ! En bref, pour ceux qui hésitent encore, courrez en lire un, c'est un vrai plaisir, et la traduction française est vraiment bonne !
Rubrique-à-Brac
CULTISSIME ! Gotlib, l'homme qui a inventé le Gag, le roi du crescendo que pour te faire rire un type ça peut prendre une double page ! Et que le mec à la fin il se tape le cul par terre et finit par en crever (de rire). Préférence pour le tome 1 et puis aussi le Taume 2 qu'est pas mal poilant x) En plus Gotlib dessine super bien les Hyènes donc bon ... 5/5 quoi ...
Lester Cockney
Si vous aimez la belle BD aventure... c'est un must. Dessins, mise en page, scénario superbe... du grand Franz Ça fait partie des vieux classique qu'on est content de découvrir et pour lesquels on se dit : "C'était mieux avant ... " Je parle ici du dessin délicieusement PAS numérique. Elle mérite plusieurs lectures pour en profiter pleinement je pense.
L'Ascension du Haut Mal
Il me semble quelque peu réducteur de voir dans "L'ascension du Haut Mal" l'exercice d'une thérapie quelque peu sauvage de l'auteur pour exorciser tant bien que mal la présence obsédante de "la mort à l'oeuvre", à travers l'épilepsie de son grand frère, tout au long de son enfance et de son adolescence. Je rétorquerai que la mort n'a alors visiblement pas fini son travail de sape et qu'elle continue sans vergogne de hanter les publications de David B. sous forme de spectres, de squelettes divers et variés. Un grand cru de David B. pourrait d'ailleurs se reconnaître au nombre de fantômes qui le hantent. La thérapie aurait donc lamentablement échoué. Plutôt qu'un exorcisme, "L'ascension du Haut Mal" est plutôt l'expression, comme chez certains grands artistes, de quelques motifs obsédants, motifs majeurs, qui en font des artistes à "l'imagination pauvre". C'est ainsi que Julien Gracq définissait son imaginaire par opposition à l'imagination riche, débordante, pléthorique, insaisissable d'un, par exemple, Balzac. Par ailleurs, reprochera-t-on à tel grand écrivain, Dostoïevski ou Proust, d'avoir réalisé sa propre thérapie dans l'acte d'écrire ? Si tel est le cas, si écrire, dans l'acception haute du terme, c'est aller toujours vers le dedans (je ne sais plus qui a dit ça), si nous sommes tous d'accord sur ce point, je ne vois pas l'utilité de le rappeler dans la circonstance présente. "L'ascension du Haut Mal", avant d'être une autobiographie graphique (une des plus grandes réussites du genre avec, par exemple, "Blankets), la thérapie d'un homme en déréliction, obsédé par la mort, la souffrance, la maladie, la culpabilité, est avant tout une oeuvre d'art d'une puissance exceptionnelle. Portrait d'une époque assaillie de contradictions et de ridicules (nous ne voyons pas encore clairement les nôtres, mais ils sont assurément aussi nombreux), portrait d'une famille dans ses rapports complexes et parfois délétères, plongée fascinante dans les eaux troubles de l'ésotérisme, récit d'une maladie qui contamine indirectement tous les membres de cette famille, récit d'apprentissage d'un enfant qui doit grandir dans la promiscuité de la souffrance, récit initiatique de l'artiste en jeune homme, récit à la frontière mitoyenne de la réalité et du domaine du rêve, etc., il serait infiniment réducteur de résumer les 6 tomes à l'aggravation médicale de l'épilepsie du frère de David B. Quant au graphisme, en noir et blanc, d'une grande sobriété, il est tout simplement magnifique. Peuplé, harcelé, envahi de créatures allégoriques inquiétantes, noyé d'ombre, qui semble être celle de temps primitifs, il constitue une tentative aboutie d'inscrire cette histoire personnelle et somme toute banale sur un plan supérieur qui confine au mythe.
La Ligue des Gentlemen Extraordinaires
Le père noël a été très généreux cette année puisqu'il m'a offert le coffret de la ligue des gentlemen extraordinaires. Je suis un fan d'Alan Moore depuis la lecture de Watchmen et je dois dire qu'avec la ligue, il ne m'a pas déçu. Cet auteur est vraiment éclectique avec From Hell, sombre et historique, Watchmen, apocalyptique et rétro-futuriste et la ligue fantastique et complètement déjanté. Parlons tout d'abord des dessins, le trait de Kevin O'Neill est franc, et, même si à priori il parait simple et peu détaillé, il fourmille de petites attentions et intentions envers le lecteur, ce qui force à s'attarder sur chaque planche et chaque vignette. Les décors sont bien rendus, notamment avec les grandes villes et la débauche de l'humanité, les visages sont bien retranscrits et on distingue les émotions de chaque personnage. Niveau action, le trait devient plus nerveux et c'est ce qui fait tout son charme à l'œuvre, un dessin à la fois doux et vif, avec une multitude de détails. Ensuite, le scénario est vraiment très bon, on entre directement dans cette épopée avec divers personnage de la littérature classique anglaise du XIXème siècle. Et là où il y aurait pu avoir un imbroglio totalement incohérent, on se retrouve avec une équipe certes très différentes mais aussi très soudée et on retrouve une unité au sein de plusieurs personnages. Là l'histoire s'impose avec les différents états d'âme de chaque personnage: le fatalisme de Hyde dans le volume 2, l'opportunité de Hawley Griffin et la rigueur de Némo. J'ai vraiment eu l'impression de voir plusieurs petites histoires dans une histoire avec une psychologie de chaque personnage très profonde et fidèle aux œuvres d'origine. En bref, encre un coup de maître de la part d'Alan Moore! La narration est aussi très bonne, et on suit avec une avidité et une curiosité les aventures de nos héros. Enfin, je finirai sur l'objet en lui-même et tous les bonus. On ressent au travers des histoires illustrées d'Alan Moore, son amour pour des certains Edgar Allan Poe ou encore H.P. Lovecraft, avec une imagination débordante et une culture littéraire fantastique vraiment profonde. Reste aussi dans l'almanach, des références et des hommages à beaucoup d'auteurs de genre tel que Moorcock avec Elric. Un grand bravo à ce monsieur qu'est Alan Moore et à son œuvre fantastique. En un mot: Merci.
Cité de verre
Une adaptation fascinante du roman de Paul Auster. Chaque image creuse le texte (rapporté en partie dans la traduction à peine modifiée de Pierre Furlan), l'illustre parfois simplement, le commente ou suggère à d'autres moments ses virtualités innombrables d'interprétation. Il suffit de lire les 4 premières pages pour se rendre compte que Mazzucchelli n'entendait pas se contenter de réaliser un simple support graphique à l'histoire complexe et déroutante de Paul Auster. Il fallait que l'adaptation soit elle-même déroutante, créatrice, magnifiquement réalisée à travers le graphisme sobre, en noir et blanc, de Mazzucchelli.