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Couverture de la série Le Voyage des Pères
Le Voyage des Pères

C’est en apercevant la couverture du premier tome chez mon libraire préféré que je retins le nom de « Voyage des pères ». Un personnage bougon, assez attachant physiquement, aux traits simples et sympas et aux couleurs avenantes. Pas le temps d’ouvrir, je la lirai plus tard… Rentré chez moi, je recherchais la BD sur notre site préféré. Découvrant ainsi le sujet de l’histoire. Les évangiles vues par les pères de disciples de Jésus qui partent à leur recherche… Original. Et puis j’aime bien les histoires déviées d’une histoire connue. Ah ! Mais tiens, il y a un forum ouvert sur la BD ! Que pensent nos joyeux compères de BDthèque sur cette série… Lecture rapide du débat. Tour à la bibliothèque. Emprunt, lecture, retour. Et bien franchement. C’est génial. J’ai aimé, j’ai rigolé, j’ai acheté et je recommande. Mais voilà : on doit désormais, avec courage et abnégation rendre une critique de ce que l’on vient de lire. Et on se retrouve devant le problème qui a saisi certains autres membres. Comment écrire une critique sur une œuvre traitant de religion ou de foi ? Comment le critique doit réagir face à quelque chose qui traite d’un sujet vrai pour certains et faux pour d’autres ? Comment le critique doit réagir lorsqu’une œuvre semble engagée dans une direction qu’il ne suit pas ? Qu'importe ! Que l'on croient ou non, les passages de la Bible sont plus ou moins connus par tous, ça parle à l'inconscient collectif ! Et la narration de ce point de vue est assez inovante, pour que chacun puisse (re)découvrir ces moments. Plus précisément la mise en scène est tout à fait réussie. L’histoire commence sur le témoignage de Jonas puis de flash-back en ellipse on reprend le cours de l’histoire et il est assurément tout à fait plaisant de lire les évangiles par ce biais. D’une part le récit, fondateur pour certains, prend une dimension nouvelle et étonnante, d’autre part il s’agit aussi d’une belle histoire humaine de trois hommes en proie au doute que chacun a pu vivre en rencontrant Jésus. Centré sur l’humain, l’incertitude des pères face aux hommes qui pensent toucher Dieu. Le dessin est agréable et frais. On retrouve un peu toxic planet sans non plus avoir le même style. C’est à cet égard assez curieux. Le trait de David Ratte est à la fois reconnaissable mais nouveau, familier et surprenant (?) ! Les couleurs, quant à elles, sont très belles et nous plongent sans mal dans la Palestine de Jésus en 30 après lui-même. L’humour enfin est une totale réussite. A mon sens, la comédie, pour être réussie, doit en fait relever de la tragédie c'est-à-dire qu’à un sujet sérieux, humain, on applique un effet comique, décalé, visuel ou quoique ce soit, mais en tout cas non fondamental de prime-abord mais qui suit le récit de manière fluide lors de sa construction. (Un des pros en la matière s’appelle Alexandre Astier. Et je trouve justement que le « Voyage des pères » a un humour très Kaamelott.) Une époque ancienne, un langage moderne. C’est succulent ! Mais voilà. Si la BD se limite à cet effet, elle apparaît sans doute bien inégale. Bien moyenne. Une farce assez foireuse… C’est donc bien le traitement d’une chose sérieuse (la religion, la foi) d'une manière détournée et l’effet fonctionne. D’où l’importance de connaître peut-être un peu la religion afin de pouvoir en rire. David Ratte nous en demande beaucoup. Il fait appel à notre intelligence, à notre sens critique, à notre appréhension d’un fait qui peut-être faux pour nous mais fondateur pour d’autres. Il nous imagine cultivé, familier d’une histoire qui rassemble et divise, qui fraternise et tue. C’est pour cette raison, cette audace que j’ai apprécié le travail de Ratte, que j’attends le tome 3 avec impatience (vraisemblablement sur Simon. Personnage adorable, père d’un homme au sombre désespoir…) que je trouve cette série indispensable. Et honnêtement, pour redécouvrir les évangiles, il y a pire comme moyen… Merci à lui, et merci aux artistes qui osent parler de religion de manière intelligente critique et surtout très drôle !

07/01/2010 (modifier)
Par Stanis
Note: 5/5
Couverture de la série Le Local
Le Local

C'est album est selon moi le meilleur Gipi (avec Notes pour une histoire...), les personnages existent, ils sont formidablement campés, on est dedans, on y croit, et son dessin est magistral, comme du Hugo Pratt qui s'appliquerait (mais pas trop), tout cela respire le génie, je suis fan.

06/01/2010 (modifier)
Couverture de la série Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions
Alpha... directions / Beta... civilisations/Gamma... visions

« Alpha... directions » n’est pas qu’une bande dessinée, c’est un voyage, une vision du monde, de notre terre et de son évolution. Jens Harder nous propose en 350 pages 14 milliards d’années de notre univers depuis le Big Bang à l’apparition de l’homme. La tâche était pharaonique mais le défi a été relevé avec talent. L’album se dévore. Sa lecture est fluide et captivante. On traverse toutes les périodes de l’histoire du monde comme le Crétacé ou le Carbonifère et assiste à la naissance de l’univers, de notre galaxie, du système solaire, de la terre, de l’eau, des premières cellules puis des premiers poissons, des dinosaures, des mammifères, etc. Quel beau voyage ! Que de références ! Bandes dessinées, mangas, cinéma, estampes japonaises, statuettes précolombiennes, iconographies religieuses ou représentation du Moyen Age. On se sent ignorant. Tant de références... certaines m’ont sûrement échappé. Jens Harder mêle habilement la science et la religion, la découverte et l’art sous toutes ses formes. Le dessin est à la hauteur de l’ambitieux scénario. Chaque période traversée dispose de son propre chapitre avec une bichromie différente rendant l’ensemble encore plus clair. Le trait est à la fois complexe et très lisible, accueillant et particulièrement bien adapté au récit. L’album en lui-même est de très belle qualité avec un papier épais et agréable à toucher. « Alpha... directions » est une expérience qu’aucune autre bande dessinée ne pourra fournir. Formidable découverte, ce one shot est sans aucun doute l’un des meilleurs albums de l’année 2009, voir même de la décennie. Ne manquez vos origines et celles du monde qui vous entoure sous aucun prétexte.

05/01/2010 (modifier)
Par Alix
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Gaza 1956 - En marge de l'histoire
Gaza 1956 - En marge de l'histoire

Quel plaisir de relire du Sacco après tant d’années de mutisme... quel coup de maître de la part de Futuropolis, d’avoir obtenu les droits d’éditions de la toute nouvelles BD de l’auteur des chefs-d’œuvre que sont Gorazde et Palestine. J’étais tellement impatient que j’ai précommandé l’album en VO sur Amazon, pour le recevoir le jour de sa sortie ! 9 ans depuis Gorazde, ça fait long… mais il ne s’est pas reposé pendant toutes ces années… quel boulot ! Presque 400 pages remplies à craquer de travail journalistique, témoignages, documents, cartes, etc. Il signe et date d’ailleurs chaque page, ce qui permet d’évaluer sa progression et sa vitesse de travail (la 1ere page date de Mars 2005, et la dernière d’Avril 2009 !) Alors attention, 1er avertissement : Le récit est intéressant, bien raconté, touchant, … mais aussi très dense et long à lire. Heureusement quelques touches d’humour et scènes plus légères rendent la lecture moins éprouvante. Certains palestiniens interrogés dans la BD questionnent le bon fondement de sa démarche. « Pourquoi documenter un massacre qui date de 60 ans, alors que des massacres sont toujours commis aujourd’hui ?! »… Joe Sacco tente tant bien que mal de défendre sa logique : « Dans 60 ans, tu voudrais que les massacres d’aujourd’hui soient oubliés ? » Je trouve personnellement qu’il est intéressant d’enquêter sur de si vieux événements oubliés de tous, tout en parlant de la situation d’aujourd’hui. Cette alternance passé/présent nous rappelle que pas grand-chose n’a changé en 60 ans (on nous raconte d’ailleurs qu’Israël avait limité le travail des inspecteurs de l’ONU en 1956… comme lors de l’attaque Plomb Durci de décembre 2008 !) Ce retour en arrière permet aussi de mieux comprendre les débuts du conflit, et le rôle joué par d’autres puissances, dont les intérêts différaient souvent deux ceux des israéliens et palestiniens… on retrouve au banc des accusés la France, l’Angleterre, la Russie… et surtout l’Egypte, qui si l’on en croit Sacco a manipulé les palestiniens et a carrément attisé ce conflit. La partialité de Sacco dans ses BDs a parfois été remise en question. Du coup il essaye d’être plus juste, plus transparent… Il nous rappelle dans l’introduction du bouquin, mais aussi tout au long du récit, que ses témoins sont vieux, ne se rappellent plus exactement des faits, confondent les années, et que la validité de nombreux témoignages est du coup remise en question… Le fait qu’il recoupe et vérifie tous ses faits apporte une certaine crédibilité à l’ensemble, mais rend parfois la lecture un peu fastidieuse. Il faut aussi noter que le ton n’est pas manichéen. Certains soldats israéliens sont plus humains que d’autres. Certains palestiniens sont contre le Hamas, les attentats suicides et la mort de civiles israéliens. Dans le même registre il est intéressant, je trouve, de conclure en donnant la version officielle israélienne, dans laquelle tout n’est pas aussi simple (oui, des civils palestiniens ont été tués, mais il y avait selon eux des soldats égyptiens cachés parmi la population, des émeutes qui ont fait paniquer les soldats israéliens etc.) Le dessin de Sacco, lui, n’a pas trop changé. Il est très détaillé, et magnifique, si l’on peut employer ce mot quand de telles horreurs nous sont décrites. Il est passé maître dans l’art de dessiner des bâtiments palestiniens écroulés suite aux passages de bulldozers et autres tanks israéliens. Je sais qu’on peut difficilement parler de beauté, mais quand même, certaines planches sont vraiment superbes. Au final, si on peut toujours contester le coté engagé de l’œuvre, j’ai trouvé ca diablement intéressant, et un ajout indispensable à « Palestine », un immanquable qui commence à dater un peu. Procurez vous les deux ! Quelle colère, en finissant ma lecture… quelle que soit l’origine de ce conflit, que les « coupables » soient palestiniens, israéliens, ou autre, il est tout simplement inacceptable de tolérer une telle situation en 2010. Un passage en fin de BD nous ramène à l’actualité plus récente (la guerre en Irak) et nous force à un dur retour à la réalité : toute une partie du monde arabe nous porte une haine sans limite… On y voit de nombreux palestiniens ravis par les cadavres de soldats américains et autres hélicoptères abattus montrés à la télévision. Comment envisager une solution à ce conflit bâti sur des générations de haine envers Israël, et de manière plus générale envers l’Occident, alors que les bombes continuent de tomber sur Gaza ?

04/01/2010 (modifier)
Couverture de la série Titeuf
Titeuf

Je me souviens de la sortie du tout premier Titeuf en 1993 : je n'étais déjà plus un gosse (en fait j'ai exactement l'âge de Zep, et c'est peut-être ce qui me touche, car je retrouve bien ma génération dans ses albums plus "sérieux") : je m'étais alors dit : "tiens, c'est la première fois que je vois une BD sur l'enfance sur ce ton là, j'espère que ça va avoir du succès." 17 ans plus tard, mon voeu est comblé et, en dépit de facilités et de chutes de tensions que je ne nie pas ("l'anniversaire de Nadia" en particulier montre Zep nettement moins à l'aise dans le scénario de longue haleine), je continue à trouver qu'il y a là l'une des meilleures BD d'humour jamais conçues : les jeux sur le langage sont d'une grande richesse, beaucoup de situations (pas toutes !) sont originales, le regard sur le monde des adultes a parfois une étonnante justesse et les liens avec les problèmes de société sont, par la bande, évoqués avec plus de profondeur qu'on ne le croit. Regardez Le Petit Spirou à côté : ça c'est du poncif et de l'éculé ! La fraîcheur du regard de Zep a renouvelé un genre. Maintenant si son humour devient lui-même poncif, ce n'est pas vraiment de sa faute. Le dessin a fait école : il peut paraître banal aujourd'hui ; replacez-le dans son temps au moment où l'Association commençait à peine ses frasques, il tranche nettement avec la rondouillardise alors de règle. Alors Titeuf culte ? Je précise d'emblée que je ne suis pas un lecteur de "Tchô" : Zep a fait naître une forêt d'imitateurs dont aucun ne lui arrive à la cheville. La vraie vulgarité, elle n'est pas chez Zep, qui sait presque toujours mettre de la tendresse, de la poésie ou au moins un peu d'ironie dans ses gags, elle est chez tous ceux qui l'ont suivi sans avoir, de très loin, sa sensibilité, son empathie et son sens de la trouvaille. Zep a un coeur, on ne peut pas en dire autant de tous ses disciples. Et si vous n'aimez vraiment pas Titeuf, allez au moins voir Découpé en tranches : vous serez étonné de la profondeur du regard, et vous vous direz peut-être qu'un tel créateur ne peut pas être simplement un amuseur de bas étage.

04/01/2010 (modifier)
Couverture de la série De Cape et de Crocs
De Cape et de Crocs

De Cape et de Crocs réussit l'exploit d'être à la fois extraordinairement populaire et d'une folle érudition. J'ai d'abord pensé que cette BD ne plairait qu'à des lettrés mais, en voyant mes filles de 3 et 5 ans se passionner pour une histoire dont manifestement elles ne pouvaient à peu près rien comprendre, je me suis rendu à l'évidence : De Cape et de Crocs est une BD universelle aux niveaux de lecture multiples, et même si on ne saisit que le quart de ce qu'il y a à lire, on peut déjà être fasciné. Se rend-on bien compte par ailleurs de la difficulté qu'il y a à écrire de tels dialogues et à les farcir de vers d'une telle perfection classique ? A contrario, un internaute bougon de ce présent site ne s'en est visiblement pas rendu compte, qui termine sa critique par un sonnet dont tous les vers (on n'ose pas même parler d'alexandrins quoique sans doute ce qu'il a voulu écrire) sont faux ! Je pèse mes mots : Victor Hugo, virtuose de la rime s'il en fut, se serait lui-même incliné devant cette trouvaille prodigieuse de la rixme ! Bon, évidemment, le dernier tome paru (n°9) appuie un peu fort sur l'idée que la série est près de sa conclusion. Il serait bon qu'Ayroles et Masbou ne jouent pas trop les prolongations pour garder intact leur génie pour... de toutes nouvelles aventures.

04/01/2010 (modifier)
Par Laurence
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Agrippine
Agrippine

Le premier Agrippine reste à mon goût le meilleur d'entre tous. Je me souviens qu'à l'époque de sa sortie, j'étais encore étudiante, j'avais lu et relu cet album tout un week-end non stop, en étant écroulée de rire à chaque lecture. Je l'ai redécouvert il y a peu, et je le trouve toujours excellent, dans son humour à la fois acerbe et tendre envers cette jeune fille un peu godiche de 14 ans, sa famille classe moyenne vaguement sup tendance intello Télérama...; tout est très bien vu et tient parfaitement le coup.

03/01/2010 (modifier)
Couverture de la série Lucky Luke
Lucky Luke

Comme je l'ai fait pour Astérix, je romps une lance pour le classement de Lucky Luke en BD culte, avec l'importante réserve que je n'attribue cette étiquette qu'aux albums allant de "Pat Poker" au "Fil qui chante", c'est-à-dire, à l'exception de quelques-uns des premiers albums où Morris s'est montré un scénariste remarquable et très western (a-t-il perdu ce talent après la mort de Goscinny ou avait-il alors déjà des collaborateurs non déclarés, comme Goscinny le fut lui-même scandaleusement longtemps?), à toute la génialissime production goscinnyenne. L'humour de Goscinny dans Lucky Luke n'est pas tout à fait le même que dans Astérix ? C'est vrai puisque Morris lui interdisait les calembours. Mais cela ne fait qu'ajouter au talent de Goscinny qui parvenait vraiment à s'adapter à toutes les situations. Une telle science des dialogues et du scénario comique de longue haleine est insurpassée. Au vu des errements de la série depuis 30 ans, on ne recommandera pas l'achat, sinon, au cas vraiment où l'on n'a pas réussi à se faire offrir depuis longtemps toute la série des Goscinny, et au marché aux puces si possible pour retrouver les vieilles reliures brochées des albums 1 à 31, plus fragiles, mais tellement plus "authentiques" que les dispendieuses couvertures cartonnées...

03/01/2010 (modifier)
Couverture de la série Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe

On a beau apprécier les bienfaits de la démocratie, lire, même de manière très éparse, des avis négatifs sur Gaston est inquiétant: tout donne à penser que ceux qui "n'accrochent pas" se nomment en réalité Boulier ou De Mesemeaker. Quant à ceux qui trouvent que des séries plus modernes de gags en une planche seraient plus drôles que Gaston, on serait bien content de les voir citer des exemples. Mais l'anti-argument le plus estomaquant serait qu'une BD "simplement d'humour" ne saurait mériter la note maximum: comme s'il n'y avait que de l'humour dans Gaston! Mais il y a une philosophie, une vision du monde, et des idées politiques même: à la fin, d'ailleurs un peu trop. Ce qui nous amène à évoquer tout de même (Franquin était humain après tout) les quelques faiblesses de la série. On l'a souligné maintes fois, l'évolution tant graphique qu'idéologique de Gaston est stupéfiante: les premiers gags sont parfois un peu faibles, et on peut regretter que le héros soit d'abord présenté comme un simple idiot. Mais il évolue très vite et devient cet admirable conquérant de l'inutile qui fait son charme et son génie. Franquin aurait pu s'arrêter là. Le problème est que, complexé toute sa vie d'être un "dessinateur de petits miquets", il a voulu se racheter en investissant Gaston de valeurs au fond contradictoires avec son essence. La nécessité du combat écologique n'est pas ici en cause, le problème n'est pas là: mais voir Gaston devenir tout d'un coup positif et constructif est gênant: embarqué dans une noble cause, il perd sa valeur exemplaire de pourfendeur de tous les conformismes; il est récupéré. Il y a chez le vrai Gaston une part de narcissisme irréductible: dans le gag prodigieux de la porte dont l'énergie d'ouverture est récupérée par une machine délirante, on voit que la dite machine, entre autres tâches superflues, imprime.... un portrait de Gaston qu'il enverra à un de ses lecteurs ! Il faut prendre Gaston comme il est, irrécupérable, individualiste foncier et libertaire... même si l'amitié est pour lui une valeur essentielle. Et, au fait si l'on parlait aussi un peu de l'évolution de Moiselle Jeanne? Au début, c'est un boudin présenté comme tel (sinon le gag de la queue de centaure n'aurait pas de sens: on y voit en effet Gaston passer négligemment devant les secrétaires les plus pulpeuses pour jeter son dévolu sur ce cheval mal bâti). Mais très vite Jeanne devient plus jolie pour finir par être l'une des héroïnes les plus sexys de la BD: Franquin n'est-il pas allé, là aussi, un poil trop loin? Je n'ajouterai rien aux éloges mille fois mérités que l'on peut lire sur ce site. Si Gaston n'existait pas, on serait bien malheureux car il n'est pas sûr qu'il se trouverait encore, par les temps qui courent, quelqu'un d'assez génial pour l'inventer!...

03/01/2010 (modifier)
Couverture de la série Astérix
Astérix

Si on veut chinoiser, on admettra du bout des lèvres que dans le premier ou les deux premiers albums le héros devait encore se rôder, et qu'à partir du "Cadeau de César" la verve de Goscinny commence un tout petit peu à faiblir. A ces très menues réserves près, on reconnaîtra à Goscinny un génie à l'état quasi pur, et l'on se retiendra de lui faire payer les errements de son collaborateur (par ailleurs dessinateur d'exception !) qui a fait beaucoup de mal à la série depuis 30 ans. Les grands scénaristes de BD réaliste, il y en a eu et il y en a toujours : Charlier, Pratt, Van Hamme, Dufaux, Sente, Cosey, etc. Des grands scénaristes comiques capables de tenir à bout de bras une histoire de 40 pages sans faiblesse ni chute de tension, sans trivialité dans le dialogue, combien depuis Goscinny ? Bon, Ayroles, tout de même, peut-être. Mais à part lui ? Au demeurant, ce n'est pas ici un concours. Goscinny est peut-être parfois égalable, il restera insurpassable. Cela dit, pourquoi ne pas recommander l'achat ? Deux raisons : 1). Astérix ne s'achète pas, il s'hérite. 2). Donner de l'argent à un dessinateur déjà richissime et qui fait du si mauvais boulot n'est pas très moral.

02/01/2010 (modifier)