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Couverture de la série Les Aventures de Tintin
Les Aventures de Tintin

Dans les années 70, le Tintin maudit était "Tintin chez les Soviets": on craignait de froisser l'URSS ! Mais "Tintin au Congo" n'appelait aucune remarque. Aujourd'hui, c'est le contraire : on reconnaît à Hergé sa clairvoyance sur le système soviétique (9 ans avant le "Retour d'URSS" de Gide, que l'on a facétieusement pu appeler "Dédé chez les Soviets"), au delà du fait que cet album de débutant est intrinsèquement médiocre, mais on condamne, à raison, le colonialisme de "Tintin au Congo" (saluons pour le coup son hilarante parodie dans une page du "Chat du rabbin"). Certes, il en reste ultérieurement des traces, jusqu'au "petit nègre" pénible de "Coke en stock". Mais est-ce une raison pour condamner toute la série ? Oublierait-on la magnifique leçon d'humanité donnée par Tchang dans "Le Lotus bleu" ? Et on a trop oublié le réjouissant anti-américanisme de "Tintin en Amérique". Une séquence de cet album m'a d'ailleurs toujours frappé et n'est pas assez citée par les défenseurs d'Hergé : au moment où Tintin découvre du pétrole sur le territoire indien, il se fait harceler par des businessmen qui lui proposent des milles et des cents pour en avoir la concession. Au moment où ceux-ci apprennent que Tintin ne possède pas le terrain, l'un d'eux va trouver le chef indien et lui dit dédaigneusement : "Voici 25 dollars, vieil hibou, vous avez une demi-heure pour faire vos paquets et quitter le pays". Cette discrète, mais réelle, dénonciation de la spoliation des Indiens par les Américains est tout de même remarquable ! Bon, Tintin, le personnage, est fade ? Un peu, certes, mais il est bien entouré. Quant à la fameuse ligne claire, c'est bien le cas de dire qu'elle a été beaucoup imitée mais jamais égalée, et ce étonnamment malgré l'armada de collaborateurs que s'adjoignait Hergé. Regardez Bob de Moor, l'un des plus proches collaborateurs du maître : quand il vole de ses propres ailes et fait son Tintin à lui, à savoir Barelli, la ligne n'a jamais cette fermeté simple, la page fait mal aux yeux par son désordre alors que chaque planche de Tintin est un chef d'oeuvre d'équilibre, et ça c'est vraiment la patte d'Hergé avant qu'il ne confie les finitions à ses sbires ! Point de vue d'esthète ? Un peu, peut-être, et je l'assume. Mais il n'y a pas que ça : même si Hergé comme tous les auteurs de romans d'aventure, a beaucoup pompé à gauche et à droite, il a créé des situations types nouvelles, inventé des objets devenus emblématiques (toujours l'esthétique, OK, mais c'est aussi le plaisir des yeux la BD, non ?), enrichi notre imaginaire : je vous défie de trouver un lecteur des "7 boules de cristal" qui n'ait jamais été traumatisé enfant par Rascar Capac ! Regardez aussi la concision des très rares textes explicatifs : on explique mal que Jacobs ait pu fréquenter si longtemps Hergé sans en prendre de la graine ! Il y a souvent, chez Hergé, quelque chose qui confine à la perfection classique : densité et aération en même temps des planches, des dialogues, des situations, sens du rythme, graphique et narratif, équilibre entre le caricatural et le réalisme. Mes musts : "le lotus bleu" (pour la profondeur du regard sur l'autre), "le secret de la licorne" (pour la double-scène des pirates), "Les 7 boules de cristal" (pour Rascar Capac), "On a marché sur la lune" (pour les sorties prodigieuses d'Haddock et des Dupondt), "les bijoux de la Castafiore" (pour sa perfection musicale).

02/01/2010 (modifier)
Par PatrikGC
Note: 5/5
Couverture de la série La Vedette
La Vedette

Je n'aime pas le foot, je déteste le foot, je hais le foot ! Mais je me suis bien marré sur cette histoire, hélas, inachevée en 2 volumes :( Malo Lourn y va de bon coeur comme d'hab, il égratigne joyeusement tout le monde. Il est, hélas, triste, qu'il n'ait pas eu le succès escompté car ce dessinateur/scénariste a du talent quand il s'agit d'y aller franco. Le style graphique est parfois brouillon, un peu confus, mais du Malo Louarn, ça se vaut surtout pour les idées et les mille détails qui trainent ci et là. 4.5/5 car ce n'est pas fini :( Parfois, une manie chez cet auteur...

01/01/2010 (modifier)
Par Deuxmiaou
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La vedette
La vedette

Excellent ! Un pur chef-d'oeuvre ! "La vedette" m'a littéralement fait pleurer de rire ! Cet album est également illustré de façon parfaite. Félicitations à Malo Louarn ! De plus, voir le football et la bande dessinée fusionner pour former un ovni humoristique, je trouve que cela rajoute de l'intérêt à la série. Même si l'écriture n'est parfois pas très lisible, les gags extrêmement drôles et le style graphique font entrer "La vedette" au rang de grand classique de la BD franco-belge. J'ai vraiment hâte de lire la suite dans "Le canonnier de Vodkagrad".

31/12/2009 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Formidables Aventures de Lapinot
Les Formidables Aventures de Lapinot

Et si on maitrisait de A à Z la destinée d'un être de papier, quelles pourraient en être les possibilités ? C'est le défi que Trondheim a du se prêter dès la naissance de Lapinot, un être qui ne peut lui être que cher puisqu'il s'agit de son personnage clé, celui avec lequel il apprend à dessiner tout au long des 500 longues pages des Carottes de Patagonie. Oui et après ? L'idée de génie tient en quelques lignes, utiliser Lapinot sur les tomes pairs de ses formidables aventures pour décrire le quotidien d'un titi parisien dans un monde contemporain où la banalité des situations serait vite éclipsée par l'absurdité des relations humaines. Ainsi la bande de potes gravitant autour de Lapinot, un être sensible mais confondant de naïveté et de bon sens, rappelle à notre bon souvenir des scènes de vie tantôt contemplatives tantôt comiques. Car Trondheim n'a pas son pareil pour décrire de la même façon qu'un Larcenet dans son Combat ordinaire les affres du quotidien et de faire de n'importe qui un être à la fois unique et irremplaçable. En bref, ce que nous sommes tous, dans nos qualités comme nos défauts. Slaloms est une adaptation papier aussi drôle que les Bronzés font du Ski et bien plus fidèle à la réalité avec ses parties de jeux de société, les jeux idiots que font des potes entre eux, la drague, le doute. Impossible de ne pas se retrouver là dedans malgré l'usage de personnages animaliers. Pichenettes ainsi que Amour & Intérim s'attèlent à mêler le quotidien de notre Lapinot, entre délires de Richard, le copain un peu lourd, la quête d'un job comme de l'Amour, le grand pour Nadia et des situations incongrues comme une malédiction tzigane et une société digne de la Worlds Company. Pour de Vrai et La Couleur de l'Enfer vont raconter l'évolution d'un couple et de sa cohérence au milieu d'un groupe de copains. Toutes ces histoires sont épatantes tant on ne sait jamais quelle direction elles vont prendre mais les gags ne sont jamais oubliés. Trondheim est le roi de l'absurde à son plus haut degré et pour le plus grand plaisir du lecteur, les répliques cultes sont légion et il serait impossible de toutes les raconter en détail, je vous invite donc vivement à dévorer ces bouquins indispensables à toute bonne bibliothèque qui se respecte. Et puis il y a les numéros impairs de cette collection où Trondheim rebalance ses personnages dans des situations fictives, il revisite avec brio et humour le western, les aventures de Spirou et Fantasio, Sherlock Holmes et même l'époque victorienne pour des Vacances de Printemps qui m'ont fait hurler de rire ! Et puis vient le moment où les doutes de l'auteur rejoignent ceux de son personnage. La vie comme elle vient est le point d'orgue tout comme le summum des aventures de Lapinot, jamais un titre n'aura été aussi bien choisi et utilisé à bon escient, rappelant que la vie ne tient qu'à peu de choses, de bonheur et où à la fois on rit et on s'émeut de la toute dernière réplique de la dernière case. Très très fort... Alors on peut chagriner sur le fait que les dessins ne sont pas réalistes mais leur colorisation comme leur mise en page est tout à fait indiquée. Le dessin de Trondheim en rebute certains mais il me plait énormément par sa simplicité et son style unique qui le rendent aussi attachants à mes yeux que les premiers albums de Donjon Zenith. Longue vie à Lapinot car cet être de papier résonnera longtemps encore dans ma mémoire. A lire et à relire sans modération.

31/12/2009 (modifier)
Par haumaire
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Lapinot et les Carottes de Patagonie
Lapinot et les Carottes de Patagonie

Lapinot et les carottes de Patagonie ... aaah ! 500 pages géniales ! Bon, c'est vrai que le trait de début est très gras, mais moi je l'aime beaucoup ce style de dessin, j'ai aussi beaucoup aimé pouvoir voir le dessin évoluer et s'affiner au cours des pages! Le scénario improvisé est vraiment bon, cet album est drôle à mourir ! Trondheim a débordé d'idées pour cette bande dessinée (improviser 500 pages c'est très difficile à faire et à dessiner.) Donc en gros j'ai adoré le dessin et le scénario improvisé ! En ce qui concerne les personnages mon préféré est de loin Mister Weird, Lapinot est génial, aussi grâce à sa bêtise (c'est un être gentil, extrêmement bête et qui ne meurt jamais quoi qu'il se passe, idée géniale de Trondheim.) Je vous recommande vraiment d'acheter cet ouvrage de 500 pages qui est tellement drôle ! Alors bonne lecture !

30/12/2009 (modifier)
Par Sonnic
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Brigade Chimérique
La Brigade Chimérique

Ah ! Gros coup de coeur! Moi qui adore les Comics américains (essentiellement DC), et qui suis très frustrée de ne pas en voir en Europe, je suis comblée. Je recommande pour bien apprécier la lecture des 3 premiers Tomes, de faire un tour sur le site consacrée à la Brigade Chimérique (http://brigadechimerique.com/), qui complète parfaitement la BD : on y découvre les divers personnages croisés, leur origine (feuilleton, cinéma d'avant-guerre), et on voit que les auteurs ont fait un énorme travail de recherche. Ca permet d'apprécier encore le scénario, si des zones d'ombres persistent. J'aime aussi beaucoup le style de Gess, assez proche de Mignola je trouve (et comme j'aime Mignola...). Une uchronie magnifique, dont j'attends la suite avec impatience. Stellou

29/12/2009 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Attila... mon amour
Attila... mon amour

J'ai découvert Mitton avec l'excellent et polémique Quetzalcoatl. Je souhaitais poursuivre en découvrant son L'Autre Monde oeuvre historique un peu dans la même veine. Mitton au scénario et Bonnet au dessin nous invitent à travers les steppes sauvages, à suivre la destinée d'un des plus célèbres conquérants de l'Histoire : Attila. Un récit quelque peu réaliste qui restitue avec crudité et cruauté cette époque barbare. Attila n'était d'ailleurs pas le barbare sanguinaire mais un homme très au fait de la civilisation latine. La réputation qu'il s'est faite a été quelque peu construite dans l'imaginaire collectif. On se fait une autre idée de ce qu'était la civilisation des Huns. C'est vrai qu'on pourrait reprocher à l'auteur de mélanger ses fantasmes sexuels avec le récit historique. Il y a de la complaisance dans les scènes érotiques. :8 Mais bon, ce n'est pas là l'essentiel. Par ailleurs, le suspense quant à la véritable identité de Lupa, la femme louve, est minutieusement distillé dans chaque album. Cachée sous une dépouille de louve, la Lupa, offerte en cadeau à Attila, va séduire et se servir du Khan et de ses appétits de conquêtes pour se venger de Rome. Graphiquement, on en prend plein les yeux. L'auteur nous offre en véritable virtuose un dessin clair et précis qu'on appréciera. :: Une véritable saga historique à découvrir absolument. Toutefois, réservé aux adultes car certaines scènes peuvent s'avérer choquantes dans le monde des Barbares... Note Dessin: 4.25/5 - Note Scénario: 4.75/5 - Note Globale: 4.5/5

29/12/2007 (MAJ le 28/12/2009) (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Quetzalcoatl
Quetzalcoatl

Un vrai coup de coeur pour ce récit d'aventure qui se situe à l'époque de l'empire des Aztèques. Je n'avais encore jamais lu de Bd traitant de la période du Mexique au XVI ème siècle envahit par les Conquistadors de Cortès. Il y a là une bonne approche de la conquête dans une Amérique récemment découverte. L'histoire est très bien menée. On suit le destin ou plutôt le calvaire d'une jeune indienne qui sera enlevée de son village natal par des guerriers aztèques pour devenir la maîtresse de l'empereur aztèque Moctezuma puis de son pire rival le commandant Cortès. On entre dans une histoire très longue et minutieusement racontée sur deux niveaux : un flash-back sur le passé mouvementée de notre héroïne et le présent avec le jugement par la Sainte Inquisition qui souhaite lui extorquer des aveux pour connaître l'emplacement d'un fabuleux trésor. C'est véritablement une bd digne des meilleurs films qui est prévue en 7 volumes. Un rythme tout à fait pertinent car c'est une aventure réellement palpitante loin de l'académisme propre au genre. Certes, il y a de l'action, du sang et du sexe. Cependant, il faut replacer celle-ci dans le contexte de l'époque. Les sacrifices humains pratiqués par les Aztèques m'ont fait réaliser par leur ampleur qu'il s'agissait là des premiers génocides perpétrés. Mais ce n'est pas mieux par la suite avec les exactions des conquistadors et leur soif de l'or. Personne n'est épargné dans ce récit d'une profonde dureté. Les couleurs rythment agréablement les aventures de notre belle Maïana (noir et bleu par exemple pour les scènes chaudes). Un dessin véritablement sans reproche au service d'une grande saga épique. Quetzalcoatl est une vraie démystification de l'Histoire. Une retranscription de la nature humaine dans ce qu'elle peut avoir de plus vil. L'histoire d'une conquête d'un monde fondé sur la trahison et le mensonge en se servant des croyances des peuples indiens notamment de la venue du fameux Dieu "Quetzalcoalt". Note Dessin: 4.25/5 - Note Scénario: 4.75/5 - Note Globale: 4.5/5

15/12/2007 (MAJ le 28/12/2009) (modifier)
Par Erik
Note: 5/5
Couverture de la série Aldébaran
Aldébaran

J’avoue que cette lecture m’a beaucoup apporté en son temps car c’était la première fois que je lisais quelque chose comme cela. C’est une série à la fois merveilleuse et intelligente signé par Léo. Le lecteur pénètre dans un autre monde où la faune et la flore sont décortiqués à souhait. L’action se passe sur une planète colonisée extérieure à notre système solaire puis oubliée des terriens depuis 100 ans. L’idée était en soi géniale. Tout le mérite en revient à l’auteur. La psychologie semble de mise au travers l’histoire des deux héros adolescents et de leur passage à l’âge adulte. J’ai aimé peut-être à cause de la reconstitution d’un nouveau monde et de ses codes. Les questions d’éthiques sont également abordées avec humanisme et émotion. Le dessin paraît un peu statique. Cependant, on s’y fait au fur et à mesure de la lecture et on peut même lui trouver un certain charme. En fait, le graphisme est plutôt réussi en ce qui concerne les paysages mais pas terrible pour les personnages. Nous avons un scénario impeccable lié au mystère de la Mantrisse. C’est une série de science-fiction pas comme les autres avec une ambiance très envoûtante. A lire absolument ! Note Dessin : 4.25/5 - Note Scénario : 4.75/5 – Note Globale : 4.5/5

14/02/2007 (MAJ le 28/12/2009) (modifier)
Par Chéreau
Note: 5/5
Couverture de la série Gaston Lagaffe
Gaston Lagaffe

Trois dieux dominent l'Olympe de la BD franco-belge : Hergé, Goscinny et Franquin. Je fais partie des nombreux fans qui adulent ce dernier autant que lui-même se dénigrait. Franquin n'a jamais cessé d'évoluer, de chercher, de s'améliorer. Le contraste entre "la maison préfabriquée", de Spirou et les Idées Noires est incroyable. Gaston est particulièrement symptomatique de cette évolution à la fois formelle et narrative. Ce véritable laboratoire personnel lui a permis d'affiner son style, de donner libre cours à sa véritable personnalité. Miroir de l'évolution de l'auteur, Gaston l'est aussi de la société. Le passage de flambeau entre Fantasio et Prunelle est aussi le passage entre deux époques, un âge corseté un peu boy-scout où Gaston fait figure d'anti-héros et la libération des sixties où il devient une icône libertaire. Au-delà de l'analyse sociologique et politique, Gaston est tout simplement poilant, fourmillant de trouvailles. L'immeuble des éditions Dupuis devient une sorte de monde onirique, où l'on peut dormir dans des grottes de livre, descendre les escaliers en rafting ou faire des courses de char dans les couloirs. Qui n'a jamais rêvé de subvertir de cette façon son lieu de travail ou celui de ses parents ? LA série que j'emporterais sur une île déserte.

25/12/2009 (modifier)