J'ai bien apprécié ce triptyque à l'ambiance très sombre. Le scénario n'a rien de très original. Le très empathique Pacifique (Paci) est rattrapé par un passé qui lui colle à la peau comme le sparadrap du capitaine Haddock.
Le gentil gars qui replonge malgré lui alors qu'il voulait se ranger est une trame souvent utilisée. Pourtant j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ces trois tomes. Le 1 est archi classique mais prend le temps d'installer l'ambiance et la rencontre Paci/Miguy bien pensée.
Le tome 2 nous entraîne à 300km/h sur un scénario à possibilités multiples dans une ambiance qui tombe juste et crédible. Le tome 3 est presque intimiste avec une relation de type no future entre Paci et Miguy qui rend la conclusion tragique.
J'ai trouvé le déroulé du scénario très bien agencé, avec du rythme et de bons rebondissements.
Je ne suis pas un très grand fan de ce type de graphisme mais ici je trouve qu'il porte très bien l'ambiance de fatalité qui colle à l'histoire.
J'ai beaucoup aimé le portrait de Miguy loin des standards Bimbo de certains auteurs. Les scènes intimes entre elle et Paci ne sont pas incorporées pour combler un vide du scénario mais participent bien à la construction de la personnalité des deux héros.
Une lecture agréable dans un genre que j'aime bien.
J’avais fortement apprécié La Vie de Norman, boudé (toujours injustement) Biguden, Parasites m’avait laissé un goût de trop peu … avec Lozère apocalypse Stan Silas revient en grande forme.
On retrouve son univers barré, aux multiples clins d’œil et références, le ton est toujours gentiment trash et gore en opposition avec le trait « kawai » de l’auteur. C’est pas bien profond mais souvent très drôle pour un agréable moment.
En fait l’auteur n’est jamais aussi bon que quand il met en scène un groupe d’enfants, et ça tombe bien, ça va être le cas ici. L’histoire débute gentiment avec un groupe d’orphelins partit en vacances mais très vite les choses vont dégénérer, suite à un accident d’avion ils se retrouvent piéger en pleine Lozère … prend place alors un récit de survivalisme avec des ingrédients façon Lost (du mystère mâtiné de fantastique).
L’auteur ne cesse de s’améliorer niveau mise en page, c’est fluide, bien mis en images et joliment coloré.
Le plus indéniable est d’avoir choisi une forte pagination, j’étais sur un petit ouais à l’issu du 1er chapitre avant de succomber avec les suivants, la tournure des événements m’a vraiment bien plu. Rien de vraiment neuf mais c’est hyper bien fait, nos jeunes héros (comme le lecteur) iront de surprises en surprises.
Dans le même registre, j’ai découvert The Woods quasi en même temps, je dois dire que la Lozère dégage bien plus de charme.
Une œuvre « limité » mais que j’ai trouvé soignée et accrocheuse dans sa réalisation : les chapitres, les fiches de personnages … la fin est annoncée pour le livre 2 (à venir rapidement à priori), avec quelques indices sur la suite qui mettent en appétit, comme un bond temporel.
Une heureuse lecture, drôle, dense et bien construit et qui possède un excellent ratio prix/pages. Les fans de l’auteur peuvent y plonger les yeux fermés et je ne déconseille pas pour les curieux.
Pour avoir lu deux tomes, la série est non seulement intéressante mais également soigneusement dessinée... Elle devrait (qu'en est il des prochains albums?) déboucher sur une longue suite que j'ai personnellement hâte de découvrir. Elle se laisse lire et j’attends les prochains albums avec impatience...
Cette BD est de bonne facture et mérite de se poursuivre..
Avoir envie de revisiter le mythe de Zorro était une entreprise hasardeuse après les multiples adaptations en BD et surtout au cinéma et la série vintage de Walt Disney qui a bercé l'enfance des gosses de ma génération. Dans la dernière adaptation en date, celle de Martin Campbell, le Masque de Zorro, avec Banderas (premier acteur hispanique à incarner le rôle), l'histoire était habilement revisitée, aussi on voyait mal comment faire mieux.
Alary a relevé ce défi de brillante façon ; comme dans le film, il est question de politique, de terres et de mines qui servent aux magouilles d'un arriviste dangereux dans cette Californie espagnole qui va rapidement basculer dans l'escarcelle américaine, mais l'utilisation du personnage de Zorro est intéressante et renouvelle le mythe, surtout que le final est un clin d'oeil bien pensé. Dans l'ensemble, je trouve que ce récit est assez proche du Masque de Zorro, sauf qu'il n'y a pas de personnage majeur de femme.
L'astuce originale et en même temps audacieuse, est d'utiliser le héros de façon assez parcimonieuse, car Zorro en tant que tel n'apparait que rarement, et encore moins sous son vrai visage de Don Vega (une seule scène dans le confessionnal). Ce postulat aurait été impensable dans le film, Banderas étant une trop grosse vedette à l'époque, mais ici, ça passe plutôt bien.
On peut trouver le récit très classique et bourré de facilités, de plusieurs clichés et de personnages archétypaux, mais qu'importe, tout ceci me convient, je l'accepte parce que l'histoire est bien développée et qu'elle est agréable à lire. D'autant plus que contrairement à d'autres Bd d'Alary, son style graphique est ici très en verve, j'aime particulièrement son dessin sur cet album, je sais pas je le trouve plus appliqué par rapport à Silas Corey et Belladone. J'ai beaucoup apprécié sa mise en page, ses grands cadrages qui font respirer le dessin au trait épais, ses gros plans et ses pleine-pages qui permettent de remplir un album sur 90 pages, c'est une mise en page spectaculaire et très proche d'un traitement cinématographique.
Une lecture très sympathique et une bonne relecture d'un mythe universel qu'on croyait pourtant éculé à force de multiples adaptations.
La couverture et le titre ont attiré mon attention et mon regard. Alors OK, on n'est pas dans un récit historique sérieux et didactique, mais dans une relecture du Haut Moyen Age et du monde carolingien à travers la figure de ce bon vieux Charlemagne. Et n'empêche que c'est quand même sacrément documenté au niveau armes et décors ; avec un tel potentiel, il y avait tout lieu d'éveiller mon intérêt.
Si le récit s'appuie sur une base réelle et quelques détails, le développement de cette histoire est entièrement fictif, c'est de la pseudo-Histoire, mais qui n'est pas traitée n'importe comment. Si on accepte ce postulat, on ne peut que s'intéresser à cette Bd, et c'est ce que j'ai fait. Ce qui est remarquable, c'est que le scénariste fait en sorte de conter un récit très plausible malgré des anachronismes et une pure invention, il n'est pas évident de toujours démêler le vrai du faux, tout ceci est savamment enchevêtré mais sans verser dans les aberrations, ça reste crédible, c'est l'une des forces de ce récit.
Pour une fois, je me fous donc de la vérité historique à partir du moment où une Bd me procure un vrai plaisir de lecture et produit une bonne histoire qui tient debout, et qui en plus bénéficie d'un dessin magnifique, au trait puissant, chargé et vigoureux, exactement comme j'aime dans ce genre de bande. Il me fait penser un peu au dessin de Iko dans Ténèbres, c'est assurément l'autre force de ce récit.
On est loin de l'image du vieux Charlemagne, raide et sentencieux, certes conquérant, et du paladin Roland héroïsé par la Chanson de Roland ; il y a un aspect de fantasy dans ce récit, on y croise des brutes épaisses et de fourbes despotes loin des figures de preux et de l'imagerie d'Epinal apprise à l'école, j'aime beaucoup cette ambiance. Il va donc de soi que je compte beaucoup sur une suite d'un aussi bon niveau.
Wow ! Quel exploit a réussi Martin Panchaud.
Un exploit de m'avoir happé dans son roman - c'est lui qui catégorise La couleur des choses ainsi - alors que tout se passe en vue du dessus et que les personnages ne sont que des ronds de couleurs.
Les deux ouvrages n'ont rien à voir mais à la sortie de ma lecture, j'ai beaucoup pensé à Alpha... directions de Jens Harder. Le médium de la bande dessinée est infini, pour le peu qu'on lui fasse confiance. Martin Panchaud était convaincu que son histoire, mais surtout que son style graphique, pouvaient fonctionner. Il s'est battu pour trouver un éditeur, d'abord en allemand, puis en français.
Les éditions Çà et Là, véritable fabrique à prix en tout genre, grâce au flair, entre autres, de Serge Ewenczyk, ont d'abord refusé, la mort dans l'âme, La couleurs des choses. La raison ? Martin Panchaud écrit en français, sa langue maternelle. Et les éditions Çà et Là ne publient que des traductions. Mais l'ouvrage a d'abord été édité en allemand. Et Serge Ewenczyk a bien senti le truc (de plus, j'ai appris récemment qu'il lorgnait sur des auteurs francophones d'Afrique). Finalement, la bd a été édité. Je pense qu'ils ne le regrettent pas.
La couleur des choses est une expérience. Je lis énormément de bd, j'en possède 2500, en véritable obsédé que je suis. Et peu d'entre elles, me mettent des claques graphiques comme celle-là. Alpha...directions donc. Chris Ware évidemment. Sin City au début. Et quelques autres.
L'histoire est suffisamment intéressante, et je dis ça sans aucune réserve, pour se lancer dans cette exploration graphique. C'est là, où le pari est réussi. Parce que des bds au style graphique inimitable et originale, il y en a plein, mais si l'histoire ne tient pas la route, il manque quelque chose. Là, les péripéties de Simon, le héros, se lisent très agréablement. L'humour, noir, permet de se projeter dans le drame que vit notre héros. L'apparition de B52, la baleine, "personnage" que j'ai adoré, est déstabilisante mais tellement bien amenée que l'on sait qu'elle va être centrale. Donc on tourne les pages. Et on oublie que l'on suit des ronds de couleurs.
Graphiquement, la contrainte de la vue du dessus, parce que oui, c'est une contrainte, devient invisible. Pari réussi. Totalement.
Martin Panchaud prévient qu'il ne faut pas feuilleter son livre, alors que c'est le mode d'achat de beaucoup d'entre nous lorsque nous sommes chez nos dealers. Il a raison. Le feuilletage enlève toute la magie de l'expérience. Il faut prendre le livre comme il est et se laisser avoir, comme je me suis laissé avoir. Vous verrez, faites moi confiance, et faites confiance aux jurés du fauve d'or (Alexandre Astier quand même !), c'est assez grisant comme sensation.
Avec des ronds. Oui, avec des ronds.
Lorsqu’on pense à la Grande Guerre, on pense souvent à ces regards hébétés, ces peaux cireuses, de ceux qu’on a surnommé les Poilus. Mais qu’en est-il de leurs camarades venus des nombreuses colonies, ceux qu’on appelait les Tirailleurs sénégalais, selon une tradition vieille de 80 ans, ces conscriptions un peu hasardeuses qu’on a imposées aux tribus les plus reculées ? Le travail des historiens a fini par leur accorder leur vraie place, mais ce phénomène a été peu traité en images.
Nous suivons donc le parcours de Yacouba, un jeune homme de l’Afrique occidentale française, plus précisément du Sénégal. De sa brousse hostile, il va passer presque sans transition, au cours de l’année 1915, aux tranchées de la Champagne, pays exotique s’il en est… Et découvrir les horreurs d’un conflit barbare qui lui est totalement étranger. Pourtant, grâce à son niveau de français, son bon sens et sa bravoure, le jeune homme va réussir à faire sa place, et ce malgré les remontrances et l’esprit colonialiste de son chef de corps.
On pourra reprocher à « Sang noir » sa fin « heureuse » (et encore). On pourra lui reprocher trois fautes d’orthographe, disséminées dans le tome. C’est peut-être tout ce qu’on pourra lui reprocher, tant l’ensemble force le respect. Le choix du scénariste, Frédéric Chabaud, d’abord, de raconter l’histoire d’un Poilu finalement comme les autres, dont seule l’origine diffère de la majorité (quoiqu’on soit encore en peine, un siècle après, de donner des chiffres précis sur les conscrits africains). Le choix narratif (et éditorial ?) de nous montrer une sélection du parcours de Yacouba, de sa vie « tranquille » à Thiowor, jusqu’à sa retraite à Marseille, en 1939, à l’heure où de nouvelles menaces tournent autour de la France et de l’Europe… De relier également le début du conflit à l’assassinat de Jaurès, à Paris… de découper le récit en chapitres, lesquels correspondent à différents épisodes. De ne pas en rajouter dans le pathos ou le misérabilisme, essayant de redonner à chacun sa vraie place. Des choix confortés par une postface qui explore un certain nombre de circonstances autour de la guerre.
Côté graphique Chabaud collabore avec Julien Monier, dont le trait semi-réaliste, un poil charbonneux, colle à merveille avec l’ambiance de la savane sénégalaise ainsi –et c’est un parallèle intéressant, qu’avec les tranchées champenoises. L’ensemble baigne dans une ambiance dérivant de l’ocre, un choix chromatique là encore gagnant.
Au final, voici donc un excellent album, qui revient sur un aspect un peu méconnu de la première guerre mondiale, et de façon aussi sobre qu’informée. A noter la ressortie de l'album en janvier 2023 sous un nouveau titre, avec un appareil pédagogique un peu plus fourni, en parallèle avec la sortie du film Tirailleurs, avec Omar Sy.
Je suis un grand fan de Bruno Duhamel et il me tardait de découvrir cette oeuvre de jeunesse. J'avais déjà apprécié sa collaboration avec F.Brremaud dans Kochka et encore une fois je ne suis pas déçu.
Les deux auteurs installent leur humour grinçant et décalé au coeur d'un NY d'avant Guliani dans des 70's flashy, corrompues, glauques mais tellement novatrices. Comment ne pas tomber sous le charme du trio Mose, Lennox et Dolorès qui surfent entre trahisons, flics racistes et ripoux et ambiances fangeuses d'un Harlem fantasmé pour mon plus grand plaisir.
J'ai rencontré peu de personnage aussi amoral que Lennox dégageant une telle empathie dans sa volonté de s'en sortir malgré sa couleur de peau. Dans le stéréotype de loser artisan de sa propre chute, de celle de sa belle Dolorès et de son copain Moses, Lennox est un vrai champion du monde des poids lourds.
Le scénario est bourré de rebondissements et d'humour cynique. Brremaud construit des histoires simples de coups foireux avec de bons enchaînements ce qui rend la lecture plaisante et fluide.
Le graphisme de Duhamel est pour moi une petite merveille d'humour et de précision expressive. La rondeur de ses personnages provoque immédiatement de l'empathie pour la pire des crapules. La prouesse est de nous installer dans une ambiance 70's plus vrai que nature. La mode, les coiffures ou les couleurs nous font voyager dans cette époque où tous les possibles semblaient à porter de main.
Une lecture délicieuse par son ton décalé et la vivacité de son déroulement.
Voilà clairement une série que je serais tout à fait incapable de lire aujourd'hui, et pour plusieurs raisons.
Tout d'abord, le dessin (parfois assez moche il est vrai - en fait, j'ai le souvenir d'albums graphiquement très inégaux) est vraiment daté, résolument inscrit dans les années 70. Et puis une chose apparait assez étonnante aujourd'hui : le fait qu'au milieu de cette horde de pré-humains rustres et bas du front (au sens propre comme figuré), Rahan, notre blondinet permanenté à la peau bien rose cochonou brille par son intelligence hors du commun. Le mec invente quand même le microscope, la longue vue, la boussole, le micro-ondes... et tout ça bien avant la sédentarisation de l'humanité. Rahan, c'est Nikola Tesla nom di diou ! Y aurait pas comme un malaise là, non ?
Ceci mis à part, je ne peux me résoudre à trahir cet amour de jeunesse. Les albums de Rahan, je les ai lus et relus, peut-être 40 ou 100 fois, en écoutant Steve Miller et les Romantics. Ce sont des souvenirs très vivaces encore qui trottent dans ma tête. Franchement, j'ai adoré lire ça. Sans compter que certaines histoires sont franchement cools (celle avec les squelettes notamment), et qu'à l'époque (j'avais quoi ? Entre 8 et 12 ans ?), certains albums me faisaient grave flippé, et c'était trop super.
Alors Rahan est peut-être un bon aryen (gag), et bein désolé, mais respects éternels ! Et puis histoire de faire taire mes propres soupçons, je me souviens de certaines histoires qui militaient largement en faveur de l'égalité des peuples et contre le racisme, na ! Mais bon, c'est vrai qu'il quand même bien blond !
Mon premier Gibrat, et sûrement pas le dernier.
Le sursis, c'est cette période de répit qu'aura eu Julien, héros malgré lui, qui aura échappé à une mort prédestinée. Il la passera cachée dans une maison inhabitée à observer le théâtre de la vie des habitants de son village natal. Mais voilà, comme le titre le laisse à penser, Julien sera rattrapé par le destin pour clore magnifiquement cette tragédie.
Côté dessin, c'est vraiment magnifique tant dans le trait que dans le mouvement des personnages ou la mise en couleurs. Et que dire de Cécile... :)
Un seul petit bémol concernant certains personnages qui peuvent effectivement paraître parfois caricaturaux (le méchant de la milice, le courageux résistant,...). Mais il est vrai que le monde en est tout de même souvent peuplé...
SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10
GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 9/10
NOTE GLOBALE : 17/20
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Paci
J'ai bien apprécié ce triptyque à l'ambiance très sombre. Le scénario n'a rien de très original. Le très empathique Pacifique (Paci) est rattrapé par un passé qui lui colle à la peau comme le sparadrap du capitaine Haddock. Le gentil gars qui replonge malgré lui alors qu'il voulait se ranger est une trame souvent utilisée. Pourtant j'ai pris beaucoup de plaisir à lire ces trois tomes. Le 1 est archi classique mais prend le temps d'installer l'ambiance et la rencontre Paci/Miguy bien pensée. Le tome 2 nous entraîne à 300km/h sur un scénario à possibilités multiples dans une ambiance qui tombe juste et crédible. Le tome 3 est presque intimiste avec une relation de type no future entre Paci et Miguy qui rend la conclusion tragique. J'ai trouvé le déroulé du scénario très bien agencé, avec du rythme et de bons rebondissements. Je ne suis pas un très grand fan de ce type de graphisme mais ici je trouve qu'il porte très bien l'ambiance de fatalité qui colle à l'histoire. J'ai beaucoup aimé le portrait de Miguy loin des standards Bimbo de certains auteurs. Les scènes intimes entre elle et Paci ne sont pas incorporées pour combler un vide du scénario mais participent bien à la construction de la personnalité des deux héros. Une lecture agréable dans un genre que j'aime bien.
Lozère apocalypse
J’avais fortement apprécié La Vie de Norman, boudé (toujours injustement) Biguden, Parasites m’avait laissé un goût de trop peu … avec Lozère apocalypse Stan Silas revient en grande forme. On retrouve son univers barré, aux multiples clins d’œil et références, le ton est toujours gentiment trash et gore en opposition avec le trait « kawai » de l’auteur. C’est pas bien profond mais souvent très drôle pour un agréable moment. En fait l’auteur n’est jamais aussi bon que quand il met en scène un groupe d’enfants, et ça tombe bien, ça va être le cas ici. L’histoire débute gentiment avec un groupe d’orphelins partit en vacances mais très vite les choses vont dégénérer, suite à un accident d’avion ils se retrouvent piéger en pleine Lozère … prend place alors un récit de survivalisme avec des ingrédients façon Lost (du mystère mâtiné de fantastique). L’auteur ne cesse de s’améliorer niveau mise en page, c’est fluide, bien mis en images et joliment coloré. Le plus indéniable est d’avoir choisi une forte pagination, j’étais sur un petit ouais à l’issu du 1er chapitre avant de succomber avec les suivants, la tournure des événements m’a vraiment bien plu. Rien de vraiment neuf mais c’est hyper bien fait, nos jeunes héros (comme le lecteur) iront de surprises en surprises. Dans le même registre, j’ai découvert The Woods quasi en même temps, je dois dire que la Lozère dégage bien plus de charme. Une œuvre « limité » mais que j’ai trouvé soignée et accrocheuse dans sa réalisation : les chapitres, les fiches de personnages … la fin est annoncée pour le livre 2 (à venir rapidement à priori), avec quelques indices sur la suite qui mettent en appétit, comme un bond temporel. Une heureuse lecture, drôle, dense et bien construit et qui possède un excellent ratio prix/pages. Les fans de l’auteur peuvent y plonger les yeux fermés et je ne déconseille pas pour les curieux.
The Realm
Pour avoir lu deux tomes, la série est non seulement intéressante mais également soigneusement dessinée... Elle devrait (qu'en est il des prochains albums?) déboucher sur une longue suite que j'ai personnellement hâte de découvrir. Elle se laisse lire et j’attends les prochains albums avec impatience... Cette BD est de bonne facture et mérite de se poursuivre..
Don Vega
Avoir envie de revisiter le mythe de Zorro était une entreprise hasardeuse après les multiples adaptations en BD et surtout au cinéma et la série vintage de Walt Disney qui a bercé l'enfance des gosses de ma génération. Dans la dernière adaptation en date, celle de Martin Campbell, le Masque de Zorro, avec Banderas (premier acteur hispanique à incarner le rôle), l'histoire était habilement revisitée, aussi on voyait mal comment faire mieux. Alary a relevé ce défi de brillante façon ; comme dans le film, il est question de politique, de terres et de mines qui servent aux magouilles d'un arriviste dangereux dans cette Californie espagnole qui va rapidement basculer dans l'escarcelle américaine, mais l'utilisation du personnage de Zorro est intéressante et renouvelle le mythe, surtout que le final est un clin d'oeil bien pensé. Dans l'ensemble, je trouve que ce récit est assez proche du Masque de Zorro, sauf qu'il n'y a pas de personnage majeur de femme. L'astuce originale et en même temps audacieuse, est d'utiliser le héros de façon assez parcimonieuse, car Zorro en tant que tel n'apparait que rarement, et encore moins sous son vrai visage de Don Vega (une seule scène dans le confessionnal). Ce postulat aurait été impensable dans le film, Banderas étant une trop grosse vedette à l'époque, mais ici, ça passe plutôt bien. On peut trouver le récit très classique et bourré de facilités, de plusieurs clichés et de personnages archétypaux, mais qu'importe, tout ceci me convient, je l'accepte parce que l'histoire est bien développée et qu'elle est agréable à lire. D'autant plus que contrairement à d'autres Bd d'Alary, son style graphique est ici très en verve, j'aime particulièrement son dessin sur cet album, je sais pas je le trouve plus appliqué par rapport à Silas Corey et Belladone. J'ai beaucoup apprécié sa mise en page, ses grands cadrages qui font respirer le dessin au trait épais, ses gros plans et ses pleine-pages qui permettent de remplir un album sur 90 pages, c'est une mise en page spectaculaire et très proche d'un traitement cinématographique. Une lecture très sympathique et une bonne relecture d'un mythe universel qu'on croyait pourtant éculé à force de multiples adaptations.
Karolus Magnus - L'Empereur des barbares
La couverture et le titre ont attiré mon attention et mon regard. Alors OK, on n'est pas dans un récit historique sérieux et didactique, mais dans une relecture du Haut Moyen Age et du monde carolingien à travers la figure de ce bon vieux Charlemagne. Et n'empêche que c'est quand même sacrément documenté au niveau armes et décors ; avec un tel potentiel, il y avait tout lieu d'éveiller mon intérêt. Si le récit s'appuie sur une base réelle et quelques détails, le développement de cette histoire est entièrement fictif, c'est de la pseudo-Histoire, mais qui n'est pas traitée n'importe comment. Si on accepte ce postulat, on ne peut que s'intéresser à cette Bd, et c'est ce que j'ai fait. Ce qui est remarquable, c'est que le scénariste fait en sorte de conter un récit très plausible malgré des anachronismes et une pure invention, il n'est pas évident de toujours démêler le vrai du faux, tout ceci est savamment enchevêtré mais sans verser dans les aberrations, ça reste crédible, c'est l'une des forces de ce récit. Pour une fois, je me fous donc de la vérité historique à partir du moment où une Bd me procure un vrai plaisir de lecture et produit une bonne histoire qui tient debout, et qui en plus bénéficie d'un dessin magnifique, au trait puissant, chargé et vigoureux, exactement comme j'aime dans ce genre de bande. Il me fait penser un peu au dessin de Iko dans Ténèbres, c'est assurément l'autre force de ce récit. On est loin de l'image du vieux Charlemagne, raide et sentencieux, certes conquérant, et du paladin Roland héroïsé par la Chanson de Roland ; il y a un aspect de fantasy dans ce récit, on y croise des brutes épaisses et de fourbes despotes loin des figures de preux et de l'imagerie d'Epinal apprise à l'école, j'aime beaucoup cette ambiance. Il va donc de soi que je compte beaucoup sur une suite d'un aussi bon niveau.
La Couleur des choses
Wow ! Quel exploit a réussi Martin Panchaud. Un exploit de m'avoir happé dans son roman - c'est lui qui catégorise La couleur des choses ainsi - alors que tout se passe en vue du dessus et que les personnages ne sont que des ronds de couleurs. Les deux ouvrages n'ont rien à voir mais à la sortie de ma lecture, j'ai beaucoup pensé à Alpha... directions de Jens Harder. Le médium de la bande dessinée est infini, pour le peu qu'on lui fasse confiance. Martin Panchaud était convaincu que son histoire, mais surtout que son style graphique, pouvaient fonctionner. Il s'est battu pour trouver un éditeur, d'abord en allemand, puis en français. Les éditions Çà et Là, véritable fabrique à prix en tout genre, grâce au flair, entre autres, de Serge Ewenczyk, ont d'abord refusé, la mort dans l'âme, La couleurs des choses. La raison ? Martin Panchaud écrit en français, sa langue maternelle. Et les éditions Çà et Là ne publient que des traductions. Mais l'ouvrage a d'abord été édité en allemand. Et Serge Ewenczyk a bien senti le truc (de plus, j'ai appris récemment qu'il lorgnait sur des auteurs francophones d'Afrique). Finalement, la bd a été édité. Je pense qu'ils ne le regrettent pas. La couleur des choses est une expérience. Je lis énormément de bd, j'en possède 2500, en véritable obsédé que je suis. Et peu d'entre elles, me mettent des claques graphiques comme celle-là. Alpha...directions donc. Chris Ware évidemment. Sin City au début. Et quelques autres. L'histoire est suffisamment intéressante, et je dis ça sans aucune réserve, pour se lancer dans cette exploration graphique. C'est là, où le pari est réussi. Parce que des bds au style graphique inimitable et originale, il y en a plein, mais si l'histoire ne tient pas la route, il manque quelque chose. Là, les péripéties de Simon, le héros, se lisent très agréablement. L'humour, noir, permet de se projeter dans le drame que vit notre héros. L'apparition de B52, la baleine, "personnage" que j'ai adoré, est déstabilisante mais tellement bien amenée que l'on sait qu'elle va être centrale. Donc on tourne les pages. Et on oublie que l'on suit des ronds de couleurs. Graphiquement, la contrainte de la vue du dessus, parce que oui, c'est une contrainte, devient invisible. Pari réussi. Totalement. Martin Panchaud prévient qu'il ne faut pas feuilleter son livre, alors que c'est le mode d'achat de beaucoup d'entre nous lorsque nous sommes chez nos dealers. Il a raison. Le feuilletage enlève toute la magie de l'expérience. Il faut prendre le livre comme il est et se laisser avoir, comme je me suis laissé avoir. Vous verrez, faites moi confiance, et faites confiance aux jurés du fauve d'or (Alexandre Astier quand même !), c'est assez grisant comme sensation. Avec des ronds. Oui, avec des ronds.
Histoire des tirailleurs sénégalais (Sang noir)
Lorsqu’on pense à la Grande Guerre, on pense souvent à ces regards hébétés, ces peaux cireuses, de ceux qu’on a surnommé les Poilus. Mais qu’en est-il de leurs camarades venus des nombreuses colonies, ceux qu’on appelait les Tirailleurs sénégalais, selon une tradition vieille de 80 ans, ces conscriptions un peu hasardeuses qu’on a imposées aux tribus les plus reculées ? Le travail des historiens a fini par leur accorder leur vraie place, mais ce phénomène a été peu traité en images. Nous suivons donc le parcours de Yacouba, un jeune homme de l’Afrique occidentale française, plus précisément du Sénégal. De sa brousse hostile, il va passer presque sans transition, au cours de l’année 1915, aux tranchées de la Champagne, pays exotique s’il en est… Et découvrir les horreurs d’un conflit barbare qui lui est totalement étranger. Pourtant, grâce à son niveau de français, son bon sens et sa bravoure, le jeune homme va réussir à faire sa place, et ce malgré les remontrances et l’esprit colonialiste de son chef de corps. On pourra reprocher à « Sang noir » sa fin « heureuse » (et encore). On pourra lui reprocher trois fautes d’orthographe, disséminées dans le tome. C’est peut-être tout ce qu’on pourra lui reprocher, tant l’ensemble force le respect. Le choix du scénariste, Frédéric Chabaud, d’abord, de raconter l’histoire d’un Poilu finalement comme les autres, dont seule l’origine diffère de la majorité (quoiqu’on soit encore en peine, un siècle après, de donner des chiffres précis sur les conscrits africains). Le choix narratif (et éditorial ?) de nous montrer une sélection du parcours de Yacouba, de sa vie « tranquille » à Thiowor, jusqu’à sa retraite à Marseille, en 1939, à l’heure où de nouvelles menaces tournent autour de la France et de l’Europe… De relier également le début du conflit à l’assassinat de Jaurès, à Paris… de découper le récit en chapitres, lesquels correspondent à différents épisodes. De ne pas en rajouter dans le pathos ou le misérabilisme, essayant de redonner à chacun sa vraie place. Des choix confortés par une postface qui explore un certain nombre de circonstances autour de la guerre. Côté graphique Chabaud collabore avec Julien Monier, dont le trait semi-réaliste, un poil charbonneux, colle à merveille avec l’ambiance de la savane sénégalaise ainsi –et c’est un parallèle intéressant, qu’avec les tranchées champenoises. L’ensemble baigne dans une ambiance dérivant de l’ocre, un choix chromatique là encore gagnant. Au final, voici donc un excellent album, qui revient sur un aspect un peu méconnu de la première guerre mondiale, et de façon aussi sobre qu’informée. A noter la ressortie de l'album en janvier 2023 sous un nouveau titre, avec un appareil pédagogique un peu plus fourni, en parallèle avec la sortie du film Tirailleurs, avec Omar Sy.
Harlem
Je suis un grand fan de Bruno Duhamel et il me tardait de découvrir cette oeuvre de jeunesse. J'avais déjà apprécié sa collaboration avec F.Brremaud dans Kochka et encore une fois je ne suis pas déçu. Les deux auteurs installent leur humour grinçant et décalé au coeur d'un NY d'avant Guliani dans des 70's flashy, corrompues, glauques mais tellement novatrices. Comment ne pas tomber sous le charme du trio Mose, Lennox et Dolorès qui surfent entre trahisons, flics racistes et ripoux et ambiances fangeuses d'un Harlem fantasmé pour mon plus grand plaisir. J'ai rencontré peu de personnage aussi amoral que Lennox dégageant une telle empathie dans sa volonté de s'en sortir malgré sa couleur de peau. Dans le stéréotype de loser artisan de sa propre chute, de celle de sa belle Dolorès et de son copain Moses, Lennox est un vrai champion du monde des poids lourds. Le scénario est bourré de rebondissements et d'humour cynique. Brremaud construit des histoires simples de coups foireux avec de bons enchaînements ce qui rend la lecture plaisante et fluide. Le graphisme de Duhamel est pour moi une petite merveille d'humour et de précision expressive. La rondeur de ses personnages provoque immédiatement de l'empathie pour la pire des crapules. La prouesse est de nous installer dans une ambiance 70's plus vrai que nature. La mode, les coiffures ou les couleurs nous font voyager dans cette époque où tous les possibles semblaient à porter de main. Une lecture délicieuse par son ton décalé et la vivacité de son déroulement.
Rahan
Voilà clairement une série que je serais tout à fait incapable de lire aujourd'hui, et pour plusieurs raisons. Tout d'abord, le dessin (parfois assez moche il est vrai - en fait, j'ai le souvenir d'albums graphiquement très inégaux) est vraiment daté, résolument inscrit dans les années 70. Et puis une chose apparait assez étonnante aujourd'hui : le fait qu'au milieu de cette horde de pré-humains rustres et bas du front (au sens propre comme figuré), Rahan, notre blondinet permanenté à la peau bien rose cochonou brille par son intelligence hors du commun. Le mec invente quand même le microscope, la longue vue, la boussole, le micro-ondes... et tout ça bien avant la sédentarisation de l'humanité. Rahan, c'est Nikola Tesla nom di diou ! Y aurait pas comme un malaise là, non ? Ceci mis à part, je ne peux me résoudre à trahir cet amour de jeunesse. Les albums de Rahan, je les ai lus et relus, peut-être 40 ou 100 fois, en écoutant Steve Miller et les Romantics. Ce sont des souvenirs très vivaces encore qui trottent dans ma tête. Franchement, j'ai adoré lire ça. Sans compter que certaines histoires sont franchement cools (celle avec les squelettes notamment), et qu'à l'époque (j'avais quoi ? Entre 8 et 12 ans ?), certains albums me faisaient grave flippé, et c'était trop super. Alors Rahan est peut-être un bon aryen (gag), et bein désolé, mais respects éternels ! Et puis histoire de faire taire mes propres soupçons, je me souviens de certaines histoires qui militaient largement en faveur de l'égalité des peuples et contre le racisme, na ! Mais bon, c'est vrai qu'il quand même bien blond !
Le Sursis
Mon premier Gibrat, et sûrement pas le dernier. Le sursis, c'est cette période de répit qu'aura eu Julien, héros malgré lui, qui aura échappé à une mort prédestinée. Il la passera cachée dans une maison inhabitée à observer le théâtre de la vie des habitants de son village natal. Mais voilà, comme le titre le laisse à penser, Julien sera rattrapé par le destin pour clore magnifiquement cette tragédie. Côté dessin, c'est vraiment magnifique tant dans le trait que dans le mouvement des personnages ou la mise en couleurs. Et que dire de Cécile... :) Un seul petit bémol concernant certains personnages qui peuvent effectivement paraître parfois caricaturaux (le méchant de la milice, le courageux résistant,...). Mais il est vrai que le monde en est tout de même souvent peuplé... SCENARIO (Originalité, Histoire, personnages) : 8/10 GRAPHISME (Dessin, colorisation) : 9/10 NOTE GLOBALE : 17/20