« Les Grandes Grandes Vacances » est à la base une série d’animation que j’affectionne tout particulièrement.
Il s’agit d’une adaptation en BD de la série, les vignettes sont alors des captures d’écrans du dessin animé. Le style graphique des Grandes Grandes Vacances convient parfaitement pour une bande dessinée et cela ne choque pas du tout.
L’histoire nous raconte le quotidien de deux enfants, Ernest 11 ans et Colette 6 ans en 1939. Alors qu’ils sont partis seulement pour les vacances, ils doivent rester vivre chez leur grands parents en Normandie car la Seconde Guerre Mondiale a débuté le 3 septembre 1939.
Dans ce village, les deux enfants vont faire connaissance avec de nombreux personnages très attachants, Muguette, Jean et mon petit préféré Fernand, un Alsacien!
Pas de manichéisme, peu de personnages caricaturaux mis à part un, et ça fait plaisir. La Guerre est aussi très bien traitée, pas de moments vraiment violents mais certains restent un peu durs et permettent parfaitement d'illustrer l’horreur qu’est la guerre à un jeune public, sans pour autant le choquer.
Tout est bien expliqué, le début de la guerre, l’occupation par les nazis après la première défaite de la France, la discrimination des juifs et le débarquement pour ne citer que ces points là.
La série animée est superbe, mais si vous souhaitez la découvrir sous format BD pourquoi pas ! Je conseille, même pour les plus grands.
J'ai trouvé vraiment dommage que la série ne se termine pas au T3 qui offrait une fin ouverte bien plus intéressante et tendue.
Il faut relire l'avis quasi prémonitoire de Gaston pour se rendre compte du piège de la facilité scénaristique que les auteurs n'ont pas pu ou voulu éviter.
En ce qui concerne les trois premiers tomes j'ai beaucoup apprécié la construction du récit. Je ne suis pas forcément fan des flash-backs à outrance mais ici c'est bien maîtrisé. Le nombre de personnages est limité ce qui conserve la cohérence du récit en lui conférant une belle dynamique et une belle crédibilité.
J'ai beaucoup aimé les peintures d'une justice prisonnière de son légalisme sous l'Occupation. De même la peinture de l'organisation interne du camp de Buchenwald est rapide mais très juste.
Cela donne une vraie force au personnage Raphaël qui est l'épine dorsale du récit. J'avais peur que les explications de Droit français alourdissent la narration mais j'ai trouvé la construction vraiment habile et la lecture reste fluide.
Le graphisme des trois premiers tomes est agréable. Le trait est bien expressif et détaillé. Les différentes ambiances sont bien rendues ce qui rend le récit très vivant.
Je garde mes 4 étoiles malgré un tome 4 qui ne m'a pas plu sur de nombreux points. Le graphisme de Ponzio bouleverse les ambiances existantes et n'est pas à mon goût. C'est identique pour la conclusion que j'ai trouvé vraiment simpliste. Je pourrais presque y lire une version un peu polémique d'une conclusion métaphorique où l'Occident se réconcilie sur le dos du Tiers-Monde.
Si je devais donner un conseil de lecture, ce serait de garder les trois excellents premiers tomes et de s'abstenir du T4 qui fait tout retomber maladroitement à mon goût.
Je découvre Guillaume Singelin avec cet album, et j’adore son style graphique. Il est typé manga, mais plutôt des années 80, genre Nausicaä de la vallée du vent ou encore Capitaine Albator, avec ces personnages tout en rondeur aux proportions cartoon, et une mise en couleur pastelle du plus bel effet. Les planches fourmillent de détails, que j’ai pris beaucoup de plaisir à examiner, et les scènes d’action sont magnifiquement représentées. Vraiment, c’est beau, et il y a un côté nostalgique pour le quarantenaire que je suis.
L’histoire mêle science-fiction et quotidien, et propose une brochette de personnages attachants qui tentent de donner du sens à leur vie dans ce nouvel âge spatial. La réflexion et les thèmes sont passionnants : pillages des ressources, traitement des employés par les corporations, survie hors du système… Le ton est résolument positif malgré tout, avec un optimisme basé sur l’amitié et les valeurs personnelles qui font chaud au cœur. La narration est parfaite, et alterne entre quotidien, aventure, exploration et action… je ne me suis jamais ennuyé pendant les 200 pages du récit. J’ai trouvé la fin très belle.
Une chouette découverte, qui me donne envie de lire P.T.S.D., autre album en tant qu’auteur complet de Guillaume Singelin.
Grâce à Partitions irlandaises qui m’a fait très bonne impression, je poursuis ma découverte d’autres œuvres des mêmes auteurs.
Je n’ai lu que le 1er cycle (T. 1 et 2) via l’intégrale et je ne connais pas le roman mais ma lecture me fut bien sympathique.
Bailly continue de me régaler, j’ai trouvé son trait ici un peu moins brut, le tout est toujours agrémenté de chouettes couleurs et dans une narration impeccable.
Niveau histoire, l’occupation a déjà été maintes fois montrée, j’avais un peu peur d’un récit de plus sur la période mais Un sac de billes se révèle accrocheur dans son traitement.
Nous suivrons 2 frères (de 10 et 12 ans) courageux et débrouillards dans leur périple pour rejoindre leur famille en zone libre. Un voyage semé d’embûches pour de jeunes enfants, ils échapperont à de sacrées situations par leur habilité et rencontres heureuses.
Malgré la peur, l’angoisse, la souffrance de ces années, j’ai trouvé le récit rempli de gaieté et d’espoir.
Une belle découverte.
C'est une vraie bonne surprise que la découverte de cette version de Persée malgré une couverture assez laide.
Jean-Marie Brouyère laisse dès la première planche (voir la galerie) le dessin érotique de Xavier Musquera mettre son empreinte sur la série.
Ce n'est pas pour autant que le scénario se fourvoie dans des approximations simplistes. Le déroulé du mythe est suivi avec certains choix qui s'expliquent par les différentes versions des textes anciens.
Je trouve que les variantes choisies par l'auteur ont l'avantage de dramatiser le récit avec une belle cohérence quant aux forts caractères des personnages notamment Acrisios et Polydectes. Ces deux "mauvais" rois étant les initiateurs du destin de Persée.
Brouyère s'appuie sur l'excellent dessin érotique et réaliste de Musquera. Le graphisme propose une ambiance très adulte à la fois dans la cruauté calculatrice des rois mais aussi dans cette atmosphère de sexualité du monde antique. La mise en page est très dynamique donnant ainsi une grande vitalité au récit.
Le combat entre Persée et une Méduse nue, dépeinte tout en beauté fatale est une création qui ne laisse pas insensible. De même, la vue d'une Andromède si sexy dans sa position de vulnérabilité ne demande aucun justificatif à la motivation de Persée à combattre la Kraken.
Le N&B met en valeur la finesse du trait et le soin apporté aux multiples détails du graphisme. Les éclairages et les ombres permettent d'intensifier les expressions tragiques des personnages.
Une lecture vraiment agréable d'un mythe revisité d'une façon adulte.
Alors là ! C’est un étonnant hommage à Tintin (et plus précisément à l’album mythique ‘Tintin au Tibet’) que nous propose ici Frédéric Bihel. Vous y découvrirez une multitude de références plus ou moins explicites. Vous croiserez Tintin, Milou, le capitaine Haddock, les Dupondt, Tchang. Certaines compositions, certaines péripéties vous en rappelleront très clairement d’autres.
Et pourtant Frédéric Bihel nous propose une tout autre histoire que celle de Tintin au Tibet. Tout autre et pourtant si semblable. Le personnage central, plutôt que de partir au secours d’un ami disparu, va ici se lancer dans les traces du Yeti. Mais sa plus grande découverte sera celle de lui-même en définitive.
Le récit est prenant, bien structuré, très bien illustré. Les multiples références à Tintin lui apportent une dimension ludique mais ne m’auront jamais distrait du fond de l’histoire. Le mélange aurait pu être indigeste et pourtant, il est incroyablement harmonieux. A un point tel que la personne qui n’a jamais lu de Tintin (mais bon, ils ne doivent pas être très nombreux parmi les lecteurs de bandes dessinées) trouvera ici une histoire touchante sans aucun rapport avec celles vécues d’ordinaire par le petit reporter. Il est même fort probable qu’il ne se rende absolument pas compte de l’hommage rendu. Alors que le tintinophile, lui, s’amusera comme un fou de ces nombreux clins d’œil et finira par les scruter (mais ne perdra jamais le fil du récit).
Voici donc un album étonnant proposant très clairement deux niveaux de lecture dont chacun est parfaitement maîtrisé : une histoire touchante et un hommage subtil. Franchement bien, moi je dis !
N’étant pas spécialement attiré par la préhistoire, je ne m’attendais pas à autant apprécier une série se consacrant à cette période mais l’auteur parvient à associer plausibilité historique et souffle romanesque.
La série s’articule autour de trois tomes durant lesquels nous allons suivre un jeune homme de Neandertal dans sa quête de vengeance. Cette quête va l’amener à rencontrer d’autres tribus et d’autres modes de vie. Chaque rencontre est source d’apprentissage, tant pour lui que pour le lecteur (j’ai appris un paquet de trucs). C’est cette association entre la trame ultra-classique trahison/vengeance d’une part et le volet apprentissage/ouverture à l’autre qui donne tout le sel à ce récit. On retrouve ainsi un récit d’aventure très classique, très confortable (un petit côté Rahan) mais enrichi par tout cet aspect historique et par ce leitmotiv de l’apprentissage. Du coup, les trois tomes se lisent vite, on s’attache aux personnages comme s’il s’agissait d’un récit d’aventure MAIS on apprend pas mal de trucs sur cette époque et sur les hommes de Néandertal.
Du point de vue technique, le dessin est très classique et là encore favorise cette impression de lire une série accessible à tout amateur de bande dessinée. Les dialogues surprennent par la richesse du vocabulaire employé et l’auteur s’en justifie dans la postface du deuxième tome. C’est à la fois déstabilisant (je fais partie de cette génération qui a été marquée par le film de Jean-Jacques Annaud, « La Guerre du feu », alors voir des personnages de la préhistoire s’exprimer dans un français châtié, ça désarçonne !) mais aussi plus intéressant. Les échanges (et pas seulement verbaux) s’en trouvent enrichis, l’information passe mieux et bien plus de choses peuvent être facilement exprimées. Je ne saurais juger de la plausibilité historique (les différentes tribus semblent toutes parler un langage commun, ce qui me parait bizarre) mais l’auteur semble calé sur le sujet et son parti-pris profite à la série bien plus qu’il ne la décrédibilise. Le découpage est classique, avec des rebondissements qui viennent constamment relancer le suspense. La fin est une vraie fin, bien conclusive (et ça fait du bien !)
Vraiment aucun reproche à faire ! C’est une chouette série qui peut être lue par un large éventail d’amateurs de bandes dessinées et pas seulement par un lectorat intéressé par cette période historique. Pas révolutionnaire, mais je recommande quand même chaudement !
Anthony Pastor signe ici un western assez classique mais diablement prenant.
Plutôt qu’une longue chevauchée, il nous propose une sorte de huis clos. En effet, les deux personnages principaux sont deux fugitifs qui, par un concours de circonstance, vont se retrouver dans le même village abandonné et isolé du monde. Dans l’attente de deux marshals qui ne manqueront pas de surgir à un moment ou un autre, ces deux personnages vont devoir s’apprivoiser.
J’ai beaucoup aimé cette construction. Les périodes de calme sont nombreuses mais la tension est toujours présente. Les deux personnages centraux sont touchants quand bien même leurs profils sont assez communs. Enfin, il n’y a pas de bonne histoire sans un méchant détestable, et le contrat est bien rempli dans le cas présent.
Au niveau du dessin, le style assez brut de Pastor convient parfaitement au récit proposé. Le choix restreint de couleurs apporte un style à l’ensemble. Les grandes cases donnent de l’air à la narration. Le découpage est classique et efficace.
En fait, sans être subjugué, j’ai vraiment passé un très agréable moment, happé par la destinée de ces deux fugitifs. Il n’y a pas de grosses surprises mais c’est diantrement bien fait. 4/5, donc.
Un album qui piquait ma curiosité et question curiosité, je n'ai pas été déçu.
Un album spécial, très spécial qui joue beaucoup sur le surréalisme, car c'est quand même assez barge.
L'histoire de Renata, une jeune fille de bonne famille paumée, son appartement est à l'image de son cerveau : un capharnaüm. Elle se découvre un don, un frisson la parcourt dès qu'un danger la menace. Elle écrit un roman et son seul manuscrit est stocké dans son ordinateur, mais celui-ci va lui être dérobé. Elle va retrouver les deux voleurs, deux salopards, deux fouteurs de merde : Bélouga (il est énorme) et Corbeau (il est noir). Des marginaux qui ne pensent qu'à faire la fête, picoler, fumer des joints et foutre le bordel. C'est le début d'une introspection au contact de ces deux lascars sur le sens à donner à sa vie à travers diverses expériences.
Comme je le disais plus haut, une narration singulière, j'ai d'ailleurs eu un peu de mal au début de ma lecture, elle est saccadée, violente et poétique avec des dialogues qui peuvent désorienter. Mais un récit émouvant qui transpire d'humanité.
La partie graphique est elle aussi très spéciale, un trait qui croque les personnages à la serpe dans des postures improbables avec pour seule couleur un orange/rose qui atténue la violence du récit. Un dessin qui au fil des pages m'a conquis et qui retranscrit à merveille le côté autodestructeur de nos trois protagonistes.
En conclusion, un album déroutant qui m'a beaucoup plu. Il ne me reste plus qu'à me pencher sur Ils brûlent.
J'ai vraiment beaucoup apprécié cet opus de la collection. J'avais déjà aimé la collaboration Filippi/Camboni dans Gargouilles et je confirme mon attirance pour leur travail commun.
Que Mickey, Minnie, Dingo et Pat sortent de leur personnage original ne m'a pas dérangé du tout. J'ai même trouvé cette idée de Filippi d'en faire des ingénieurs dans un monde dystopique à la Cousteau très originale et franchement bien conduite.
De même cette trouvaille autour de la gravité des océans est à mon avis bien plus intéressante que moult scénarii de SF aux déroulés mille fois lus. Cet épisode m'a renvoyé à la très bonne lecture de Quantix où la notion de gravité est abordée.
J'ai même apprécié le vocabulaire utilisé par Filippi que je n'ai pas trouvé si niais que cela.
Tout cela pour dire que je ne pense pas que le scénario de Filippi dévalue le formidable graphisme de Camboni. On y retrouve cet univers Steampunk que Filippi avait utilisé dans son excellent Songes. Cela donne une impression à la fois rétro et moderne de l'ambiance dans laquelle évolue nos héros.
Le récit est riche d'univers différents tous travaillés à la perfection : tempêtes de neiges, ouragans, forêt luxuriante, fosses abyssales ou cités steampunk la diversité des environnements est remarquable. La mise en couleur travaille beaucoup sur les bleus apaisants qui nous donnent un grand confort de lecture.
J'aime beaucoup cette collection et cet opus est l'un de mes préférés.
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Les Grandes Grandes Vacances
« Les Grandes Grandes Vacances » est à la base une série d’animation que j’affectionne tout particulièrement. Il s’agit d’une adaptation en BD de la série, les vignettes sont alors des captures d’écrans du dessin animé. Le style graphique des Grandes Grandes Vacances convient parfaitement pour une bande dessinée et cela ne choque pas du tout. L’histoire nous raconte le quotidien de deux enfants, Ernest 11 ans et Colette 6 ans en 1939. Alors qu’ils sont partis seulement pour les vacances, ils doivent rester vivre chez leur grands parents en Normandie car la Seconde Guerre Mondiale a débuté le 3 septembre 1939. Dans ce village, les deux enfants vont faire connaissance avec de nombreux personnages très attachants, Muguette, Jean et mon petit préféré Fernand, un Alsacien! Pas de manichéisme, peu de personnages caricaturaux mis à part un, et ça fait plaisir. La Guerre est aussi très bien traitée, pas de moments vraiment violents mais certains restent un peu durs et permettent parfaitement d'illustrer l’horreur qu’est la guerre à un jeune public, sans pour autant le choquer. Tout est bien expliqué, le début de la guerre, l’occupation par les nazis après la première défaite de la France, la discrimination des juifs et le débarquement pour ne citer que ces points là. La série animée est superbe, mais si vous souhaitez la découvrir sous format BD pourquoi pas ! Je conseille, même pour les plus grands.
L'Ordre de Cicéron
J'ai trouvé vraiment dommage que la série ne se termine pas au T3 qui offrait une fin ouverte bien plus intéressante et tendue. Il faut relire l'avis quasi prémonitoire de Gaston pour se rendre compte du piège de la facilité scénaristique que les auteurs n'ont pas pu ou voulu éviter. En ce qui concerne les trois premiers tomes j'ai beaucoup apprécié la construction du récit. Je ne suis pas forcément fan des flash-backs à outrance mais ici c'est bien maîtrisé. Le nombre de personnages est limité ce qui conserve la cohérence du récit en lui conférant une belle dynamique et une belle crédibilité. J'ai beaucoup aimé les peintures d'une justice prisonnière de son légalisme sous l'Occupation. De même la peinture de l'organisation interne du camp de Buchenwald est rapide mais très juste. Cela donne une vraie force au personnage Raphaël qui est l'épine dorsale du récit. J'avais peur que les explications de Droit français alourdissent la narration mais j'ai trouvé la construction vraiment habile et la lecture reste fluide. Le graphisme des trois premiers tomes est agréable. Le trait est bien expressif et détaillé. Les différentes ambiances sont bien rendues ce qui rend le récit très vivant. Je garde mes 4 étoiles malgré un tome 4 qui ne m'a pas plu sur de nombreux points. Le graphisme de Ponzio bouleverse les ambiances existantes et n'est pas à mon goût. C'est identique pour la conclusion que j'ai trouvé vraiment simpliste. Je pourrais presque y lire une version un peu polémique d'une conclusion métaphorique où l'Occident se réconcilie sur le dos du Tiers-Monde. Si je devais donner un conseil de lecture, ce serait de garder les trois excellents premiers tomes et de s'abstenir du T4 qui fait tout retomber maladroitement à mon goût.
Frontier
Je découvre Guillaume Singelin avec cet album, et j’adore son style graphique. Il est typé manga, mais plutôt des années 80, genre Nausicaä de la vallée du vent ou encore Capitaine Albator, avec ces personnages tout en rondeur aux proportions cartoon, et une mise en couleur pastelle du plus bel effet. Les planches fourmillent de détails, que j’ai pris beaucoup de plaisir à examiner, et les scènes d’action sont magnifiquement représentées. Vraiment, c’est beau, et il y a un côté nostalgique pour le quarantenaire que je suis. L’histoire mêle science-fiction et quotidien, et propose une brochette de personnages attachants qui tentent de donner du sens à leur vie dans ce nouvel âge spatial. La réflexion et les thèmes sont passionnants : pillages des ressources, traitement des employés par les corporations, survie hors du système… Le ton est résolument positif malgré tout, avec un optimisme basé sur l’amitié et les valeurs personnelles qui font chaud au cœur. La narration est parfaite, et alterne entre quotidien, aventure, exploration et action… je ne me suis jamais ennuyé pendant les 200 pages du récit. J’ai trouvé la fin très belle. Une chouette découverte, qui me donne envie de lire P.T.S.D., autre album en tant qu’auteur complet de Guillaume Singelin.
Un sac de billes
Grâce à Partitions irlandaises qui m’a fait très bonne impression, je poursuis ma découverte d’autres œuvres des mêmes auteurs. Je n’ai lu que le 1er cycle (T. 1 et 2) via l’intégrale et je ne connais pas le roman mais ma lecture me fut bien sympathique. Bailly continue de me régaler, j’ai trouvé son trait ici un peu moins brut, le tout est toujours agrémenté de chouettes couleurs et dans une narration impeccable. Niveau histoire, l’occupation a déjà été maintes fois montrée, j’avais un peu peur d’un récit de plus sur la période mais Un sac de billes se révèle accrocheur dans son traitement. Nous suivrons 2 frères (de 10 et 12 ans) courageux et débrouillards dans leur périple pour rejoindre leur famille en zone libre. Un voyage semé d’embûches pour de jeunes enfants, ils échapperont à de sacrées situations par leur habilité et rencontres heureuses. Malgré la peur, l’angoisse, la souffrance de ces années, j’ai trouvé le récit rempli de gaieté et d’espoir. Une belle découverte.
Persée
C'est une vraie bonne surprise que la découverte de cette version de Persée malgré une couverture assez laide. Jean-Marie Brouyère laisse dès la première planche (voir la galerie) le dessin érotique de Xavier Musquera mettre son empreinte sur la série. Ce n'est pas pour autant que le scénario se fourvoie dans des approximations simplistes. Le déroulé du mythe est suivi avec certains choix qui s'expliquent par les différentes versions des textes anciens. Je trouve que les variantes choisies par l'auteur ont l'avantage de dramatiser le récit avec une belle cohérence quant aux forts caractères des personnages notamment Acrisios et Polydectes. Ces deux "mauvais" rois étant les initiateurs du destin de Persée. Brouyère s'appuie sur l'excellent dessin érotique et réaliste de Musquera. Le graphisme propose une ambiance très adulte à la fois dans la cruauté calculatrice des rois mais aussi dans cette atmosphère de sexualité du monde antique. La mise en page est très dynamique donnant ainsi une grande vitalité au récit. Le combat entre Persée et une Méduse nue, dépeinte tout en beauté fatale est une création qui ne laisse pas insensible. De même, la vue d'une Andromède si sexy dans sa position de vulnérabilité ne demande aucun justificatif à la motivation de Persée à combattre la Kraken. Le N&B met en valeur la finesse du trait et le soin apporté aux multiples détails du graphisme. Les éclairages et les ombres permettent d'intensifier les expressions tragiques des personnages. Une lecture vraiment agréable d'un mythe revisité d'une façon adulte.
À la recherche de l'Homme Sauvage
Alors là ! C’est un étonnant hommage à Tintin (et plus précisément à l’album mythique ‘Tintin au Tibet’) que nous propose ici Frédéric Bihel. Vous y découvrirez une multitude de références plus ou moins explicites. Vous croiserez Tintin, Milou, le capitaine Haddock, les Dupondt, Tchang. Certaines compositions, certaines péripéties vous en rappelleront très clairement d’autres. Et pourtant Frédéric Bihel nous propose une tout autre histoire que celle de Tintin au Tibet. Tout autre et pourtant si semblable. Le personnage central, plutôt que de partir au secours d’un ami disparu, va ici se lancer dans les traces du Yeti. Mais sa plus grande découverte sera celle de lui-même en définitive. Le récit est prenant, bien structuré, très bien illustré. Les multiples références à Tintin lui apportent une dimension ludique mais ne m’auront jamais distrait du fond de l’histoire. Le mélange aurait pu être indigeste et pourtant, il est incroyablement harmonieux. A un point tel que la personne qui n’a jamais lu de Tintin (mais bon, ils ne doivent pas être très nombreux parmi les lecteurs de bandes dessinées) trouvera ici une histoire touchante sans aucun rapport avec celles vécues d’ordinaire par le petit reporter. Il est même fort probable qu’il ne se rende absolument pas compte de l’hommage rendu. Alors que le tintinophile, lui, s’amusera comme un fou de ces nombreux clins d’œil et finira par les scruter (mais ne perdra jamais le fil du récit). Voici donc un album étonnant proposant très clairement deux niveaux de lecture dont chacun est parfaitement maîtrisé : une histoire touchante et un hommage subtil. Franchement bien, moi je dis !
Neandertal
N’étant pas spécialement attiré par la préhistoire, je ne m’attendais pas à autant apprécier une série se consacrant à cette période mais l’auteur parvient à associer plausibilité historique et souffle romanesque. La série s’articule autour de trois tomes durant lesquels nous allons suivre un jeune homme de Neandertal dans sa quête de vengeance. Cette quête va l’amener à rencontrer d’autres tribus et d’autres modes de vie. Chaque rencontre est source d’apprentissage, tant pour lui que pour le lecteur (j’ai appris un paquet de trucs). C’est cette association entre la trame ultra-classique trahison/vengeance d’une part et le volet apprentissage/ouverture à l’autre qui donne tout le sel à ce récit. On retrouve ainsi un récit d’aventure très classique, très confortable (un petit côté Rahan) mais enrichi par tout cet aspect historique et par ce leitmotiv de l’apprentissage. Du coup, les trois tomes se lisent vite, on s’attache aux personnages comme s’il s’agissait d’un récit d’aventure MAIS on apprend pas mal de trucs sur cette époque et sur les hommes de Néandertal. Du point de vue technique, le dessin est très classique et là encore favorise cette impression de lire une série accessible à tout amateur de bande dessinée. Les dialogues surprennent par la richesse du vocabulaire employé et l’auteur s’en justifie dans la postface du deuxième tome. C’est à la fois déstabilisant (je fais partie de cette génération qui a été marquée par le film de Jean-Jacques Annaud, « La Guerre du feu », alors voir des personnages de la préhistoire s’exprimer dans un français châtié, ça désarçonne !) mais aussi plus intéressant. Les échanges (et pas seulement verbaux) s’en trouvent enrichis, l’information passe mieux et bien plus de choses peuvent être facilement exprimées. Je ne saurais juger de la plausibilité historique (les différentes tribus semblent toutes parler un langage commun, ce qui me parait bizarre) mais l’auteur semble calé sur le sujet et son parti-pris profite à la série bien plus qu’il ne la décrédibilise. Le découpage est classique, avec des rebondissements qui viennent constamment relancer le suspense. La fin est une vraie fin, bien conclusive (et ça fait du bien !) Vraiment aucun reproche à faire ! C’est une chouette série qui peut être lue par un large éventail d’amateurs de bandes dessinées et pas seulement par un lectorat intéressé par cette période historique. Pas révolutionnaire, mais je recommande quand même chaudement !
La Femme à l'étoile
Anthony Pastor signe ici un western assez classique mais diablement prenant. Plutôt qu’une longue chevauchée, il nous propose une sorte de huis clos. En effet, les deux personnages principaux sont deux fugitifs qui, par un concours de circonstance, vont se retrouver dans le même village abandonné et isolé du monde. Dans l’attente de deux marshals qui ne manqueront pas de surgir à un moment ou un autre, ces deux personnages vont devoir s’apprivoiser. J’ai beaucoup aimé cette construction. Les périodes de calme sont nombreuses mais la tension est toujours présente. Les deux personnages centraux sont touchants quand bien même leurs profils sont assez communs. Enfin, il n’y a pas de bonne histoire sans un méchant détestable, et le contrat est bien rempli dans le cas présent. Au niveau du dessin, le style assez brut de Pastor convient parfaitement au récit proposé. Le choix restreint de couleurs apporte un style à l’ensemble. Les grandes cases donnent de l’air à la narration. Le découpage est classique et efficace. En fait, sans être subjugué, j’ai vraiment passé un très agréable moment, happé par la destinée de ces deux fugitifs. Il n’y a pas de grosses surprises mais c’est diantrement bien fait. 4/5, donc.
Comme un frisson
Un album qui piquait ma curiosité et question curiosité, je n'ai pas été déçu. Un album spécial, très spécial qui joue beaucoup sur le surréalisme, car c'est quand même assez barge. L'histoire de Renata, une jeune fille de bonne famille paumée, son appartement est à l'image de son cerveau : un capharnaüm. Elle se découvre un don, un frisson la parcourt dès qu'un danger la menace. Elle écrit un roman et son seul manuscrit est stocké dans son ordinateur, mais celui-ci va lui être dérobé. Elle va retrouver les deux voleurs, deux salopards, deux fouteurs de merde : Bélouga (il est énorme) et Corbeau (il est noir). Des marginaux qui ne pensent qu'à faire la fête, picoler, fumer des joints et foutre le bordel. C'est le début d'une introspection au contact de ces deux lascars sur le sens à donner à sa vie à travers diverses expériences. Comme je le disais plus haut, une narration singulière, j'ai d'ailleurs eu un peu de mal au début de ma lecture, elle est saccadée, violente et poétique avec des dialogues qui peuvent désorienter. Mais un récit émouvant qui transpire d'humanité. La partie graphique est elle aussi très spéciale, un trait qui croque les personnages à la serpe dans des postures improbables avec pour seule couleur un orange/rose qui atténue la violence du récit. Un dessin qui au fil des pages m'a conquis et qui retranscrit à merveille le côté autodestructeur de nos trois protagonistes. En conclusion, un album déroutant qui m'a beaucoup plu. Il ne me reste plus qu'à me pencher sur Ils brûlent.
Mickey et l'océan perdu
J'ai vraiment beaucoup apprécié cet opus de la collection. J'avais déjà aimé la collaboration Filippi/Camboni dans Gargouilles et je confirme mon attirance pour leur travail commun. Que Mickey, Minnie, Dingo et Pat sortent de leur personnage original ne m'a pas dérangé du tout. J'ai même trouvé cette idée de Filippi d'en faire des ingénieurs dans un monde dystopique à la Cousteau très originale et franchement bien conduite. De même cette trouvaille autour de la gravité des océans est à mon avis bien plus intéressante que moult scénarii de SF aux déroulés mille fois lus. Cet épisode m'a renvoyé à la très bonne lecture de Quantix où la notion de gravité est abordée. J'ai même apprécié le vocabulaire utilisé par Filippi que je n'ai pas trouvé si niais que cela. Tout cela pour dire que je ne pense pas que le scénario de Filippi dévalue le formidable graphisme de Camboni. On y retrouve cet univers Steampunk que Filippi avait utilisé dans son excellent Songes. Cela donne une impression à la fois rétro et moderne de l'ambiance dans laquelle évolue nos héros. Le récit est riche d'univers différents tous travaillés à la perfection : tempêtes de neiges, ouragans, forêt luxuriante, fosses abyssales ou cités steampunk la diversité des environnements est remarquable. La mise en couleur travaille beaucoup sur les bleus apaisants qui nous donnent un grand confort de lecture. J'aime beaucoup cette collection et cet opus est l'un de mes préférés.