Cette série de trois albums est vraiment déroutante. J'imagine que l'on peut lui trouver de nombreuses significations symboliques. Dans les pas de Jean Raspail, Jacques Terpant nous propose-t-il un conte philosophique, un récit fantastique ou une parabole historique ?
C'est difficile à dire tellement l'auteur se complait à brouiller les indices spatiaux et temporels. Perso j'ai dû m'accrocher à plusieurs endroits pour ne pas me laisser décrocher. J'ai même eu du mal à adhérer à la conclusion qui laisse de nombreux points en suspens.
Le tome 1 nous installe dans une ambiance très étrange sur un rythme assez lent qui prend le temps de présenter la personnalité des sept cavaliers. Le tome 2 part dans une direction assez différente avec cette lutte entre la croix et le croissant aux marges de l'empire.
Pour conclure sur un tome 3 où chacun des cavaliers semble avoir trouver le but de sa chevauchée mais loin de la mission initiale. Le scénario m'a demandé une grande flexibilité dans ma lecture mais je reste sur ma faim quant au final proposé.
Le graphisme de l'auteur transmet à merveille cette ambiance minérale d'un monde mortifère qui a abandonné tout contrat social et valeurs morales pour verser dans une barbarie autodestructrice.
Les vastes étendues et les petits villages en ruines sont dépeints avec une grande précision. Par contre j'ai trouvé les visages des cavaliers assez figés mais peut être que l'auteur nous renvoie à cette image des pantins du château.
Une lecture assez difficile mais qui apporte sur la profondeur des pistes proposées. 3.5
En France, on voit dans les années 50-60 se développer un âge d'or du polar. Belle époque où ressortent de grands noms comme Albert Simonin et Michel Audiard, Léo Malet ou Alphonse Boudard, tous revendiqués comme influences par Matz dans sa postface. Et le fait est qu'il semble bien familier avec ce monde et son vocabulaire si particulier. Là se trouve le principal intérêt du Grizzli, dans cet univers si codifié autour de références et de mots bien agencés, que seuls les connaisseurs sont censés comprendre. On retrouve la sorte de poésie irrévérencieuse qui caractérisait les films d'Audiard (de loin la référence susmentionnée que je maîtrise le plus), et c'est ce qui rend Le Grizzli si délicieux.
Il y a là un parfum délicieusement suranné, sorti tout droit d'une vieille France aujourd'hui disparue, mais dont les amateurs aiment à revivre la grande époque à travers le vaste héritage qu'elle nous a laissé. C'est la vieille France des truands en costards, des insultes polies et respectueuses, des codes d'amitié qu'on revendique pour mieux les trahir, de la clope au bec, du pétard à la pogne, et des gonzesses à la plonge. On aime ou pas, mais si on apprécie de se replonger dans une atmosphère où l'on s'attend à voir débarquer Jean Lefebvre ou Maurice Biraud à chaque coin de rue, alors le récit de Matz est parfaitement jouissif. Peut-être est-il dommage qu'il essaye de travailler à ce point ses dialogues (frôlant le risque d'overdose) et pas de construire davantage son scénario. Le scénario est bon en l'état, mais il manque d'une originalité qui, si elle avait été présente, aurait rehaussé la valeur de l'oeuvre.
Mais ce qui achève de convaincre, c'est le dessin de Fred Simon. Il touche le parfait équilibre du trait semi-réaliste, juste assez caricatural pour assumer le second degré de l'ensemble, mais suffisamment réaliste pour qu'on prenne l'histoire un minimum au sérieux. C'est surtout les couleurs qui sont magnifiques. Dans un style un peu pastel, mais avec des couleurs vives et généreuses, elles soulignent à merveille la qualité du trait de Simon, et donnent un ensemble extrêmement harmonieux qui colle parfaitement avec l'univers recherché, au strict opposé du noir et blanc ou des couleurs sombres qu'on aurait pu imaginer.
Résultat : il y a du Simonin dans tout cela, mais avec une petite touche personnelle de l'auteur et du dessinateur, qui permet de donner au récit sa propre personnalité, sans être complètement dépendante de ses références. Evidemment, le risque de se prendre au piège de la référence à tout prix est constamment présent, mais je trouve que la bande dessinée survit largement à l'étouffement qui aurait pu la menacer.
Bref, malgré un scénario assez convenu, ça reste une excellente surprise, qui a le mérite de s'appuyer sur des personnages solides et des dialogues savoureux. Suffisamment pour oublier quelques menus défauts.
Depuis Donjon et autres Ralph Azham, j'aime ces séries d'heroic-fantasy au graphisme léger avec leur part d'humour et de modernité. Furieuse en est un très bon élément.
Si elle prend pour base une version corrompue du mythe Arthurien, avec ici un roi Arthur sombrant dans la déchéance et l'alcool et un Merlin mystérieux et absent, ce n'est qu'un point de départ pour une histoire complètement originale et partant sur des sentiers nouveaux. La princesse Ysabelle, dégoûtée par la déliquescence de son père et son obligation d'épouser un baron qu'elle méprise, s'enfuit avec l'épée magique d'Arthur. Celle-ci n'est pas vraiment Excalibur mais plutôt une épée volante et parlante qui souhaite elle-même fuir la situation déplorable dans laquelle le roi minable entraîne son chateau et son royaume.
J'ai beaucoup aimé ce personnage de l'épée. Elle parle de manière moderne, avec un caractère très marqué, dans un sens comme dans l'autre comme on la verra changer en cours d'intrigue. Il y a une part d'influence manga dans sa représentation autant morale que visuelle et j'ai trouvé ça assez marrant quand il s'insère comme ici dans une intrigue de fantasy relativement sombre par ailleurs. J'ai beaucoup aimé les interactions entre la princesse préoccupée par ses propres soucis et cette épée qui cherche à la pousser à l'aider elle-même. Et j'ai été intéressé par l'état déplorable du royaume pourri dans lequel ces deux personnages vont devoir évoluer. Il y a également les personnages du baron et de son valet qui sont originaux et intrigants. Et finalement, j'ai surtout beaucoup apprécié d'être emporté dans une intrigue qui ne se laisse qu'en partie deviner, avec de vraies surprises et l'impression de lire une histoire neuve, pas déjà racontée mille fois.
Finalement, il n'y a que le caractère de la princesse elle-même qui m'a un peu déçu et m'empêche d'être totalement enthousiasmé, mais pour le reste, j'ai passé un très bon moment de lecture.
Les polars ou les thrillers, ce n'est pas trop mon rayon habituellement. D'ailleurs, je ne crois pas être en mesure de faire véritablement la différence entre les deux, c'est dire. Du coup, c'est la couverture et le dessin qui m'ont poussé dans les bras de cette histoire que j'ai vraiment savourée.
En fait, elle est 'achement bien cette histoire, non ? En tant que lecteur, on est paumé car tous les éléments ne sont pas dévoilés. Qui c'est ce mec, ce fameux Sonny dont le lecteur ne connait le nom que parce qu'il aura été zieuté la présentation de l'ouvrage sur la page de l'éditeur ? A quel jeu joue-t-il ? Qui sont les types qui lui courent après ? Et puis les flics, ou ceux qui ont l'air de l'être, sont-ce vraiment des flics ?... J'adore ce genre de trucs un peu nébuleux mais dont les zones d'ombre ne gâtent nullement la lecture.
Mais commençons par le commencement. C'est le dessin d'André Lima Araujo qui m'a attiré, magnifié par une mise en couleur qu'on pourra trouver un brin tapageuse mais qui se révèle terriblement efficace. Ca colle avec le scénario et les multiples rebondissements. Oui, chouette dessin très animé et expressif, avec des visages qui parlent mieux que des bulles. Du coup, le texte est presque secondaire tellement c'est bien torché graphiquement. D'ailleurs, c'est sans doute là, dans les dialogues, que se cachent les rares griefs que je serais susceptible de porter. En effet, ils sont quelques fois inutiles ou maladroits, selon moi, mais rien de vraiment choquant ou honteux.
Ha oui, si ! J'oubliais ! Certains personnages sont peut-être un peu succinctement esquissés. Mais là encore, rien d'agaçant. Et puis ça va tellement vite, autant que ça dézingue ! Mais le personnage principal, le fameux Sonny, est super attachant.
Le scénario quant à lui... Et ben je crois avoir dit l'essentiel : les zones d'ombre génèrent notre appétit autant que la lecture du menu d'un quatre étoiles. L'histoire est emmenée à un rythme dingue. J'ai vu que le tome deux vient tout juste de sortir. Je vais tâcher de me le procurer vite fait, et même plus vite que ça.
Bam ! "Clear" ça claque !
C'est un magnifique album d'anticipation que nous proposent Scott Snyder et Francis Manapul. Si je ne suis pas un grand connaisseur de la large production de Scott Snyder, j'étais jusque là mitigé sur certaines de ses séries ; Undiscovered country était parti sur les chapeaux de roues avec un pitch très intéressant mais avait commencé à me perdre au 3e tome. Son récent Démons (auquel a aussi participé Greg Capullo) est un très bon divertissement sur une thématique classique avec de bonnes trouvailles.
Avec "Clear", il nous propose un thriller d'anticipation survitaminé dont l'idée centrale, "le voile", permet au dessinateur de s'amuser comme un petit fou ! En effet, ces puces permettent à ceux qui en ont les moyens de substituer à la réalité l'apparence particulière pour laquelle aura été programmé ce voile : Far-west, cartoon, psychédélique, zombies... à chacun son trip et son voile pour satisfaire ses penchants... et oublier la triste réalité qu'est devenu le monde.
C'est dans cet univers singulier que notre héros, ancien flic devenu détective privé, va enquêter sur le suicide de sa femme. Il n'y crois pas une seconde, mais l’écheveau qui camoufle la vérité n'est pas avare en nœuds ni en circonvolutions.
On est rapidement pris par cette enquête et ses ramifications, le découpage en chapitre est bien géré et sait retenir l'attention du lecteur. Graphiquement, Greg Capullo a matière à se lacher avec les possibilités qu'offrent les pouvoirs du voile. On en prend plein les yeux, il place malignement quelques petits clins d'oeil de-ci de-là : ça match !
Bref : un très bon oneshot qui pose un univers qu'on aimerait voir développé davantage ! A lire !
Je suis un lecteur assidu des oeuvres de Lax et je me réjouissais de découvrir une de ses oeuvres de jeunesse.
Je n'ai pas été déçu même si son dessin et ses couleurs nous renvoient aux années 80. Certains trouveront le graphisme vieillot et daté. Perso j'adore car Lax nous propose un graphisme et une mise en couleur très BD jeunesse de l'époque mais avec un récit en total décalage et très adulte.
Pour les cinéphiles j'ai retrouvé l'ambiance du "Un Linceul n'a pas de poche" de Jean-Pierre Mocky avec ce journaliste chassant le scoop dans un univers glauque où corruption et sexe font bon ménage. L'humour des auteurs a du mal à cacher le cynisme d'un monde où toutes les compromissions sont possibles.
Lax n'a pas bâti sa formidable oeuvre sur le monde animalier mais cette oeuvre de jeunesse est très attachante. On y voit poindre certains de ses thèmes favoris : le polar et un engagement pour la vérité et la justice.
J'ai passé un vrai bon moment de lecture à découvrir cette série oubliée. 3.5
Les 13 premiers tomes ont bercé ma jeunesse, le substitut parfait aux films de western spaghetti. On retrouve toutes ces références sur papier, un plaisir pour les amateurs.
Je viens de me faire une grosse mise à jour en découvrant la période post Swolfs aux dessins.
Ces albums ne m’ont vraiment pas marqué, le dessin de Girod (t.14 à 16) ne m’a pas emballé, j’y ai vu trop de maladresses, alors que l’histoire du cycle sans atteindre des sommets se laisse bien lire.
Les tomes 17 et 18 sont assurés par Iko (que je découvre) aux pinceaux, c’est plus carré à mon goût mais plus dur dans le trait, ça donne un rendu un peu lourd et figé mais y’a du boulot. Par contre l’histoire m’a peu marqué, lu il y a une semaine et déjà bien du mal à m’en rappeler.
Ces 20 dernières années de production de notre héros sont assez quelconque à mes yeux, un petit pas mal.
Toujours est il que ça m’a donné envie de me replonger dans la période 100% Swolfs, histoire de voir. Je les ai relus par ordre décroissant de préférence, et je m’en félicite. C’est toujours aussi bon et la dégustation monte en puissance.
Son trait est parfait, j’ai retrouvé de suite le charisme de notre héros, pour des histoires archi déjà vues, elles sont inspirées de nombreux films du genre, mais qu’est ce que c’est bon !!
J’ai une affection toute particulière pour les 2ers albums, alors que notre héros ne possède pas encore son gun si caractéristique, et le cycle Mexicain simplement culte.
Un classique pour les amateurs de western.
Encore un Docu-Bd bien documenté et très bien construit par les éditions petit à petit. Je suis rarement déçu par cette collection qui fait appel aux dernières découvertes des spécialistes de la thématique proposée.
Gengis Khan est un peu comme Attila dans la fantasmagorie de l'histoire occidentale. Une horde de cavaliers sanguinaires venus apportés la barbarie dans notre belle Europe. Le mérite du scénario de Marie Favereau Doumenjou est de dépasser cette image simpliste.
L'autrice montre comment le très jeune Temüjin a accompli un destin unique grâce à son courage au combat mais aussi son sens politique et son intelligence des hommes et des situations. Bien sûr l'autrice nous montre que les guerres provoquées en Asie centrale ou en Chine par les Mongols n'avaient rien à envier en brutalité et sauvagerie à notre guerre de cent ans.
Mais le scénario ne se limite pas à une succession de combats mais cherche à approfondir la personnalité supposée de Gengis Khan et de son entourage. C'est surtout ces personnalités qui ont fait la solidité des conquêtes des armées mongoles. J'y ai appris moult détails sur l'organisation familiale, ou clanique, la "tolérance" religieuse ou la volonté de puiser et fructifier dans les aptitudes des territoires conquis un peu sur le modèle romain.
Le graphisme de Laurent Seigneuret est très soigné. Dans un style assez réaliste et avec très peu de documentation, l'auteur réussit à nous proposer une ambiance très crédible des peuples nomades. Les yourtes, les costumes, les armes ou les palais sont rendus avec beaucoup de détails et de précisions. Les paysages des steppes correspondent aux images que l'on connait d'eux aujourd'hui.
La mise en couleur de Julie Poinçot est classique mais très agréable avec des tons chauds ou froids qui suivent le scénario avec justesse.
Une très bonne docu-BD qui plaira aux amoureux des récits historiques réalistes.
J’avais déjà beaucoup aimé Les Sauveurs chez le même éditeur, mais « Nées Rebelles » m’a encore plus ému.
Le principe est similaire : les auteurs brossent le portrait de jeunes femmes voulant changer le monde, quitte à faire face à des ogres effrayants : les talibans, la National Rifle Association… et puis l’opinion générale et les trolls sur Internet, aussi… leur détermination inspire, et leur impact aussi, puisqu’elles ont toutes réussi à faire bouger les choses. Greta Thunberg n’est plus à présenter, et sa diatribe « how dare you » à l’ONU a fait le tour du monde… son histoire AVANT d’être connue m’a cependant beaucoup touché. Et que dire de Emma González… son discours à elle, prononcé suite à la fusillade de Parkland, m’a fait fondre en larmes. Une photo des jeunes filles conclut judicieusement chaque chapitre, ce qui les humanise encore plus.
Je note aussi le rôles des parents. Ils sont dépeints comme ouverts, et encouragent leurs enfants à poursuivre leurs rêves et leurs idéaux… être un model pour ses enfants est plus important que jamais.
Il parait futile de parler de réalisation technique… je note toutefois que la narration est parfaite, et que les différents styles graphiques apportent une variété appréciable entre les chapitres.
Un album d’intérêt général, à mettre entre toutes les mains… et plus particulièrement celles des jeunes filles, qui ont plus que jamais besoin de modèles autres que Kim Kardashian et toutes ces influenceuses TikTok à la vacuité sans fond.
James Tynion IV et Alvaro Martinez nous proposent le blockbuster DC Black Label de ce début d’année 2023 : The Nice House on the Lake.
L’intrigue se présente sous la forme d’un huit clos tendu et oscille entre horreur et science-fiction. La place forte est faite au mystère : évènements inexplicables, motivation du personnage central, choix des invités, les symboles mystérieux attribués à chaque invité, et puis la maison elle-même et ses environs. Tous ces éléments fait qu’on se retrouve un peu avec une histoire à la « Lost » (la série télévisée), mais plus noire. Je ne peux pas en dire plus sans spoiler, mais je dois avouer que je me suis retrouvé scotché, malgré le côté déjà-vu. La narration est maitrisée, avec ces flashbacks judicieux qui introduisent chaque chapitre. Les personnages sont un peu irritants, mais bien campés et suffisamment charismatiques pour qu’on puisse les différencier facilement.
Le tome 2 conclut l’intrigue, et apporte des réponses relativement logiques, et une fin satisfaisante, mais qui laisse la porte ouverte à un autre cycle, que je pense lire.
La mise en image de Alvaro Martinez est parfaite et très moderne.
Une histoire originale et rondement menée, que je conseille aux amateurs du genre.
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Sept cavaliers
Cette série de trois albums est vraiment déroutante. J'imagine que l'on peut lui trouver de nombreuses significations symboliques. Dans les pas de Jean Raspail, Jacques Terpant nous propose-t-il un conte philosophique, un récit fantastique ou une parabole historique ? C'est difficile à dire tellement l'auteur se complait à brouiller les indices spatiaux et temporels. Perso j'ai dû m'accrocher à plusieurs endroits pour ne pas me laisser décrocher. J'ai même eu du mal à adhérer à la conclusion qui laisse de nombreux points en suspens. Le tome 1 nous installe dans une ambiance très étrange sur un rythme assez lent qui prend le temps de présenter la personnalité des sept cavaliers. Le tome 2 part dans une direction assez différente avec cette lutte entre la croix et le croissant aux marges de l'empire. Pour conclure sur un tome 3 où chacun des cavaliers semble avoir trouver le but de sa chevauchée mais loin de la mission initiale. Le scénario m'a demandé une grande flexibilité dans ma lecture mais je reste sur ma faim quant au final proposé. Le graphisme de l'auteur transmet à merveille cette ambiance minérale d'un monde mortifère qui a abandonné tout contrat social et valeurs morales pour verser dans une barbarie autodestructrice. Les vastes étendues et les petits villages en ruines sont dépeints avec une grande précision. Par contre j'ai trouvé les visages des cavaliers assez figés mais peut être que l'auteur nous renvoie à cette image des pantins du château. Une lecture assez difficile mais qui apporte sur la profondeur des pistes proposées. 3.5
Le Grizzli
En France, on voit dans les années 50-60 se développer un âge d'or du polar. Belle époque où ressortent de grands noms comme Albert Simonin et Michel Audiard, Léo Malet ou Alphonse Boudard, tous revendiqués comme influences par Matz dans sa postface. Et le fait est qu'il semble bien familier avec ce monde et son vocabulaire si particulier. Là se trouve le principal intérêt du Grizzli, dans cet univers si codifié autour de références et de mots bien agencés, que seuls les connaisseurs sont censés comprendre. On retrouve la sorte de poésie irrévérencieuse qui caractérisait les films d'Audiard (de loin la référence susmentionnée que je maîtrise le plus), et c'est ce qui rend Le Grizzli si délicieux. Il y a là un parfum délicieusement suranné, sorti tout droit d'une vieille France aujourd'hui disparue, mais dont les amateurs aiment à revivre la grande époque à travers le vaste héritage qu'elle nous a laissé. C'est la vieille France des truands en costards, des insultes polies et respectueuses, des codes d'amitié qu'on revendique pour mieux les trahir, de la clope au bec, du pétard à la pogne, et des gonzesses à la plonge. On aime ou pas, mais si on apprécie de se replonger dans une atmosphère où l'on s'attend à voir débarquer Jean Lefebvre ou Maurice Biraud à chaque coin de rue, alors le récit de Matz est parfaitement jouissif. Peut-être est-il dommage qu'il essaye de travailler à ce point ses dialogues (frôlant le risque d'overdose) et pas de construire davantage son scénario. Le scénario est bon en l'état, mais il manque d'une originalité qui, si elle avait été présente, aurait rehaussé la valeur de l'oeuvre. Mais ce qui achève de convaincre, c'est le dessin de Fred Simon. Il touche le parfait équilibre du trait semi-réaliste, juste assez caricatural pour assumer le second degré de l'ensemble, mais suffisamment réaliste pour qu'on prenne l'histoire un minimum au sérieux. C'est surtout les couleurs qui sont magnifiques. Dans un style un peu pastel, mais avec des couleurs vives et généreuses, elles soulignent à merveille la qualité du trait de Simon, et donnent un ensemble extrêmement harmonieux qui colle parfaitement avec l'univers recherché, au strict opposé du noir et blanc ou des couleurs sombres qu'on aurait pu imaginer. Résultat : il y a du Simonin dans tout cela, mais avec une petite touche personnelle de l'auteur et du dessinateur, qui permet de donner au récit sa propre personnalité, sans être complètement dépendante de ses références. Evidemment, le risque de se prendre au piège de la référence à tout prix est constamment présent, mais je trouve que la bande dessinée survit largement à l'étouffement qui aurait pu la menacer. Bref, malgré un scénario assez convenu, ça reste une excellente surprise, qui a le mérite de s'appuyer sur des personnages solides et des dialogues savoureux. Suffisamment pour oublier quelques menus défauts.
Furieuse
Depuis Donjon et autres Ralph Azham, j'aime ces séries d'heroic-fantasy au graphisme léger avec leur part d'humour et de modernité. Furieuse en est un très bon élément. Si elle prend pour base une version corrompue du mythe Arthurien, avec ici un roi Arthur sombrant dans la déchéance et l'alcool et un Merlin mystérieux et absent, ce n'est qu'un point de départ pour une histoire complètement originale et partant sur des sentiers nouveaux. La princesse Ysabelle, dégoûtée par la déliquescence de son père et son obligation d'épouser un baron qu'elle méprise, s'enfuit avec l'épée magique d'Arthur. Celle-ci n'est pas vraiment Excalibur mais plutôt une épée volante et parlante qui souhaite elle-même fuir la situation déplorable dans laquelle le roi minable entraîne son chateau et son royaume. J'ai beaucoup aimé ce personnage de l'épée. Elle parle de manière moderne, avec un caractère très marqué, dans un sens comme dans l'autre comme on la verra changer en cours d'intrigue. Il y a une part d'influence manga dans sa représentation autant morale que visuelle et j'ai trouvé ça assez marrant quand il s'insère comme ici dans une intrigue de fantasy relativement sombre par ailleurs. J'ai beaucoup aimé les interactions entre la princesse préoccupée par ses propres soucis et cette épée qui cherche à la pousser à l'aider elle-même. Et j'ai été intéressé par l'état déplorable du royaume pourri dans lequel ces deux personnages vont devoir évoluer. Il y a également les personnages du baron et de son valet qui sont originaux et intrigants. Et finalement, j'ai surtout beaucoup apprécié d'être emporté dans une intrigue qui ne se laisse qu'en partie deviner, avec de vraies surprises et l'impression de lire une histoire neuve, pas déjà racontée mille fois. Finalement, il n'y a que le caractère de la princesse elle-même qui m'a un peu déçu et m'empêche d'être totalement enthousiasmé, mais pour le reste, j'ai passé un très bon moment de lecture.
Une soif légitime de vengeance
Les polars ou les thrillers, ce n'est pas trop mon rayon habituellement. D'ailleurs, je ne crois pas être en mesure de faire véritablement la différence entre les deux, c'est dire. Du coup, c'est la couverture et le dessin qui m'ont poussé dans les bras de cette histoire que j'ai vraiment savourée. En fait, elle est 'achement bien cette histoire, non ? En tant que lecteur, on est paumé car tous les éléments ne sont pas dévoilés. Qui c'est ce mec, ce fameux Sonny dont le lecteur ne connait le nom que parce qu'il aura été zieuté la présentation de l'ouvrage sur la page de l'éditeur ? A quel jeu joue-t-il ? Qui sont les types qui lui courent après ? Et puis les flics, ou ceux qui ont l'air de l'être, sont-ce vraiment des flics ?... J'adore ce genre de trucs un peu nébuleux mais dont les zones d'ombre ne gâtent nullement la lecture. Mais commençons par le commencement. C'est le dessin d'André Lima Araujo qui m'a attiré, magnifié par une mise en couleur qu'on pourra trouver un brin tapageuse mais qui se révèle terriblement efficace. Ca colle avec le scénario et les multiples rebondissements. Oui, chouette dessin très animé et expressif, avec des visages qui parlent mieux que des bulles. Du coup, le texte est presque secondaire tellement c'est bien torché graphiquement. D'ailleurs, c'est sans doute là, dans les dialogues, que se cachent les rares griefs que je serais susceptible de porter. En effet, ils sont quelques fois inutiles ou maladroits, selon moi, mais rien de vraiment choquant ou honteux. Ha oui, si ! J'oubliais ! Certains personnages sont peut-être un peu succinctement esquissés. Mais là encore, rien d'agaçant. Et puis ça va tellement vite, autant que ça dézingue ! Mais le personnage principal, le fameux Sonny, est super attachant. Le scénario quant à lui... Et ben je crois avoir dit l'essentiel : les zones d'ombre génèrent notre appétit autant que la lecture du menu d'un quatre étoiles. L'histoire est emmenée à un rythme dingue. J'ai vu que le tome deux vient tout juste de sortir. Je vais tâcher de me le procurer vite fait, et même plus vite que ça.
Clear
Bam ! "Clear" ça claque ! C'est un magnifique album d'anticipation que nous proposent Scott Snyder et Francis Manapul. Si je ne suis pas un grand connaisseur de la large production de Scott Snyder, j'étais jusque là mitigé sur certaines de ses séries ; Undiscovered country était parti sur les chapeaux de roues avec un pitch très intéressant mais avait commencé à me perdre au 3e tome. Son récent Démons (auquel a aussi participé Greg Capullo) est un très bon divertissement sur une thématique classique avec de bonnes trouvailles. Avec "Clear", il nous propose un thriller d'anticipation survitaminé dont l'idée centrale, "le voile", permet au dessinateur de s'amuser comme un petit fou ! En effet, ces puces permettent à ceux qui en ont les moyens de substituer à la réalité l'apparence particulière pour laquelle aura été programmé ce voile : Far-west, cartoon, psychédélique, zombies... à chacun son trip et son voile pour satisfaire ses penchants... et oublier la triste réalité qu'est devenu le monde. C'est dans cet univers singulier que notre héros, ancien flic devenu détective privé, va enquêter sur le suicide de sa femme. Il n'y crois pas une seconde, mais l’écheveau qui camoufle la vérité n'est pas avare en nœuds ni en circonvolutions. On est rapidement pris par cette enquête et ses ramifications, le découpage en chapitre est bien géré et sait retenir l'attention du lecteur. Graphiquement, Greg Capullo a matière à se lacher avec les possibilités qu'offrent les pouvoirs du voile. On en prend plein les yeux, il place malignement quelques petits clins d'oeil de-ci de-là : ça match ! Bref : un très bon oneshot qui pose un univers qu'on aimerait voir développé davantage ! A lire !
Maxime Tourbillon - Du sang sur les groseilles
Je suis un lecteur assidu des oeuvres de Lax et je me réjouissais de découvrir une de ses oeuvres de jeunesse. Je n'ai pas été déçu même si son dessin et ses couleurs nous renvoient aux années 80. Certains trouveront le graphisme vieillot et daté. Perso j'adore car Lax nous propose un graphisme et une mise en couleur très BD jeunesse de l'époque mais avec un récit en total décalage et très adulte. Pour les cinéphiles j'ai retrouvé l'ambiance du "Un Linceul n'a pas de poche" de Jean-Pierre Mocky avec ce journaliste chassant le scoop dans un univers glauque où corruption et sexe font bon ménage. L'humour des auteurs a du mal à cacher le cynisme d'un monde où toutes les compromissions sont possibles. Lax n'a pas bâti sa formidable oeuvre sur le monde animalier mais cette oeuvre de jeunesse est très attachante. On y voit poindre certains de ses thèmes favoris : le polar et un engagement pour la vérité et la justice. J'ai passé un vrai bon moment de lecture à découvrir cette série oubliée. 3.5
Durango
Les 13 premiers tomes ont bercé ma jeunesse, le substitut parfait aux films de western spaghetti. On retrouve toutes ces références sur papier, un plaisir pour les amateurs. Je viens de me faire une grosse mise à jour en découvrant la période post Swolfs aux dessins. Ces albums ne m’ont vraiment pas marqué, le dessin de Girod (t.14 à 16) ne m’a pas emballé, j’y ai vu trop de maladresses, alors que l’histoire du cycle sans atteindre des sommets se laisse bien lire. Les tomes 17 et 18 sont assurés par Iko (que je découvre) aux pinceaux, c’est plus carré à mon goût mais plus dur dans le trait, ça donne un rendu un peu lourd et figé mais y’a du boulot. Par contre l’histoire m’a peu marqué, lu il y a une semaine et déjà bien du mal à m’en rappeler. Ces 20 dernières années de production de notre héros sont assez quelconque à mes yeux, un petit pas mal. Toujours est il que ça m’a donné envie de me replonger dans la période 100% Swolfs, histoire de voir. Je les ai relus par ordre décroissant de préférence, et je m’en félicite. C’est toujours aussi bon et la dégustation monte en puissance. Son trait est parfait, j’ai retrouvé de suite le charisme de notre héros, pour des histoires archi déjà vues, elles sont inspirées de nombreux films du genre, mais qu’est ce que c’est bon !! J’ai une affection toute particulière pour les 2ers albums, alors que notre héros ne possède pas encore son gun si caractéristique, et le cycle Mexicain simplement culte. Un classique pour les amateurs de western.
Gengis Khan et l'empire Mongol
Encore un Docu-Bd bien documenté et très bien construit par les éditions petit à petit. Je suis rarement déçu par cette collection qui fait appel aux dernières découvertes des spécialistes de la thématique proposée. Gengis Khan est un peu comme Attila dans la fantasmagorie de l'histoire occidentale. Une horde de cavaliers sanguinaires venus apportés la barbarie dans notre belle Europe. Le mérite du scénario de Marie Favereau Doumenjou est de dépasser cette image simpliste. L'autrice montre comment le très jeune Temüjin a accompli un destin unique grâce à son courage au combat mais aussi son sens politique et son intelligence des hommes et des situations. Bien sûr l'autrice nous montre que les guerres provoquées en Asie centrale ou en Chine par les Mongols n'avaient rien à envier en brutalité et sauvagerie à notre guerre de cent ans. Mais le scénario ne se limite pas à une succession de combats mais cherche à approfondir la personnalité supposée de Gengis Khan et de son entourage. C'est surtout ces personnalités qui ont fait la solidité des conquêtes des armées mongoles. J'y ai appris moult détails sur l'organisation familiale, ou clanique, la "tolérance" religieuse ou la volonté de puiser et fructifier dans les aptitudes des territoires conquis un peu sur le modèle romain. Le graphisme de Laurent Seigneuret est très soigné. Dans un style assez réaliste et avec très peu de documentation, l'auteur réussit à nous proposer une ambiance très crédible des peuples nomades. Les yourtes, les costumes, les armes ou les palais sont rendus avec beaucoup de détails et de précisions. Les paysages des steppes correspondent aux images que l'on connait d'eux aujourd'hui. La mise en couleur de Julie Poinçot est classique mais très agréable avec des tons chauds ou froids qui suivent le scénario avec justesse. Une très bonne docu-BD qui plaira aux amoureux des récits historiques réalistes.
Nées Rebelles - Jeunes filles au poing levé
J’avais déjà beaucoup aimé Les Sauveurs chez le même éditeur, mais « Nées Rebelles » m’a encore plus ému. Le principe est similaire : les auteurs brossent le portrait de jeunes femmes voulant changer le monde, quitte à faire face à des ogres effrayants : les talibans, la National Rifle Association… et puis l’opinion générale et les trolls sur Internet, aussi… leur détermination inspire, et leur impact aussi, puisqu’elles ont toutes réussi à faire bouger les choses. Greta Thunberg n’est plus à présenter, et sa diatribe « how dare you » à l’ONU a fait le tour du monde… son histoire AVANT d’être connue m’a cependant beaucoup touché. Et que dire de Emma González… son discours à elle, prononcé suite à la fusillade de Parkland, m’a fait fondre en larmes. Une photo des jeunes filles conclut judicieusement chaque chapitre, ce qui les humanise encore plus. Je note aussi le rôles des parents. Ils sont dépeints comme ouverts, et encouragent leurs enfants à poursuivre leurs rêves et leurs idéaux… être un model pour ses enfants est plus important que jamais. Il parait futile de parler de réalisation technique… je note toutefois que la narration est parfaite, et que les différents styles graphiques apportent une variété appréciable entre les chapitres. Un album d’intérêt général, à mettre entre toutes les mains… et plus particulièrement celles des jeunes filles, qui ont plus que jamais besoin de modèles autres que Kim Kardashian et toutes ces influenceuses TikTok à la vacuité sans fond.
The Nice House on the lake
James Tynion IV et Alvaro Martinez nous proposent le blockbuster DC Black Label de ce début d’année 2023 : The Nice House on the Lake. L’intrigue se présente sous la forme d’un huit clos tendu et oscille entre horreur et science-fiction. La place forte est faite au mystère : évènements inexplicables, motivation du personnage central, choix des invités, les symboles mystérieux attribués à chaque invité, et puis la maison elle-même et ses environs. Tous ces éléments fait qu’on se retrouve un peu avec une histoire à la « Lost » (la série télévisée), mais plus noire. Je ne peux pas en dire plus sans spoiler, mais je dois avouer que je me suis retrouvé scotché, malgré le côté déjà-vu. La narration est maitrisée, avec ces flashbacks judicieux qui introduisent chaque chapitre. Les personnages sont un peu irritants, mais bien campés et suffisamment charismatiques pour qu’on puisse les différencier facilement. Le tome 2 conclut l’intrigue, et apporte des réponses relativement logiques, et une fin satisfaisante, mais qui laisse la porte ouverte à un autre cycle, que je pense lire. La mise en image de Alvaro Martinez est parfaite et très moderne. Une histoire originale et rondement menée, que je conseille aux amateurs du genre.