Le Grizzli

Note: 3.71/5
(3.71/5 pour 7 avis)

Un polar qui mêle les influences d'Albert Simonin ou Michel Audiard, dans un cocktail explosif !


1961 - 1989 : Jusqu'à la fin de la Guerre Froide Gangsters Les prix lecteurs BDTheque 2023

Ancien boxeur, le Grizzli doit son surnom autant à sa carrure qu'à sa pilosité ! Avec ses copains Toine et Jo, c'est à la vie et à la mort, leur passé tumultueux n'y est pas pour rien. Désormais rangés, ils semblent mener leur petite vie, peinards. Alors, quand un affreux surnommé Bébert-la-Gambille, fraichement sorti de prison, veut régler ses comptes avec Jo pour une sombre histoire d'argent, les trois amis s'entraident.

Scénario
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 31 Mars 2023
Statut histoire Une histoire par tome 1 tome paru

Couverture de la série Le Grizzli © Dargaud 2023
Les notes
Note: 3.71/5
(3.71/5 pour 7 avis)
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09/04/2023 | Josq
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Par Gaston
Note: 3/5
L'avatar du posteur Gaston

Une série qui se passe dans les années 60 et qui rend hommage aux films de gangsters de l'époque écrits par Michel Audiard. Ce n'est pas mon genre de polar français préféré (Audiard écrit bien, mais il ne m'a jamais fait vraiment rigoler et j'aime plus les polars sérieux avec Serrault qu'il a fait à la fin de sa vie), mais ça me fait pas de mal de regarder un film de ce genre de temps en temps. Ses films sont à l'image de cette BD qui leurs rend hommage: sympathique et divertissant, mais sans plus. Il faut dire qu'au final l'intrigue de ce premier tome est un peu banale et routinière, comme plusieurs films dialogués par Audiard d'ailleurs. Les dialogues pleins d'argot m'ont fait sourire et lorsque je les lisais j'avais carrément les voix des acteurs fétiches d'Audiard dans ma tête. Le personnage principal est attachant et le dessin est pas mal. En gros, c'est divertissant, mais ça ne m'a pas trop marqué.

11/06/2024 (modifier)
L'avatar du posteur Tomdelapampa

Ma lecture remonte à quelques mois déjà, la BD ayant déjà les faveurs du site, je ne m’étais pas pressé de l’aviser. D’autant que mon avis rejoindra la majorité, un album franchement pas mal, on va dire un 3,5 arrondi au sup’. Un bon moment de lecture. J’aime bien le duo Audiard/Lautner mais je n’en suis pas non plus un inconditionnel. En tout cas, Matz s’en inspire grandement et tend à leur rendre un bel hommage à travers son intrigue, ses personnages et bien sûr ses dialogues. Cette partie est agréable mais un peu sans surprises, classique et solide j’ai envie de dire. Par contre, j’ai vraiment bien aimé la proposition de Fred Simon, un auteur qui ne m’avait jamais réellement interpellé, mais les années 60 lui vont comme un gant. Design, décors, ambiances … tout est là pour une chouette balade vintage. Ses couleurs sont vraiment réussies, mention spéciale. Mais (bah oui un petit mais au passage, histoire de se démarquer ^^), je ne trépigne pas pour une suite éventuelle. Je préférerai que ça reste à l’état de one-shot pour garder cette bonne vibe, qui à mes yeux, perdrait en force en série.

18/04/2024 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

On retrouve dans cet album ce qui fait le sel des films du duo Lautner/Audiard, et les amateurs de ce type de vieux polar à trognes et à langage fleuri y trouveront sans aucun doute leur compte, tant les ingrédients sont identiques. En effet, comme bon nombre de films de ces deux auteurs, on retrouve ici une intrigue à la base pas des plus originales et fouillées (l’histoire en elle-même ne casse pas des briques), qui se déroule sur un rythme presque linéaire et planplan. Mais la gouaille des personnages, leur langage argotique (les dialogues sont vraiment réussis, le point fort de cet album !), leurs tronches impavides, leur faculté à aller à l’essentiel (pas d’analyses ni de circonvolutions verbales, on cogne, on mitraille, on assomme, y compris à coup de mots, tout est bon), on se croirait revenu au temps des Ventura et Blier. Matz a pondu un scénario simple (assez différent de ce qu’il fait d’habitude), prétexte à une sorte d’hommage à un « style », que le temps a bonifié. Et Simon a eu la bonne idée de ne pas donner à ses personnages les têtes des acteurs susnommés (ou d’autres). Si la colorisation est un peu trop lumineuse à mon goût, le côté graphique est réussi, et très lisible. La lecture est très plaisante. Note réelle 3,5/5.

29/09/2023 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5
L'avatar du posteur karibou79

Une bonne série fait son apparition, nous avons ici la 1ère enquête du Grizzli et de Bébert. Ca fleure sacrément bon les années 60, on se sent véritablement dans un film de cette époque. On pense aux clichés des OSS117 qui n'en étaient pas, on savoure des dialogues des temps d'Audiard et on apprécie les douces teintes pastel. Le trait est bien choisi, on sent les mouvements tout en n'appuyant pas trop sur le champignon. Voyons ce que nous réserve la suite.

07/07/2023 (modifier)
Par Cacal69
Note: 3/5
L'avatar du posteur Cacal69

Amoureux des années 60, cet album en a le parfum, la gouaille et l'insouciance. Ce premier tome du "Le grizzli" fait forcément penser aux romans de Albert Simonin et aux films de gangsters avec les délicieux dialogues de Michel Audiard. Lino Ventura dans le rôle du Grizzli et Vanantino Vanantini dans le rôle de Bébert ne feraient pas désordre. Un scénario classique, même banal qui emploie l'argot à outrance à mon goût. Autre petit reproche, je trouve que c'est un peu trop verbeux à certains moments. L'histoire est bien ficelée et se laisse lire agréablement, elle permet aussi de découvrir Paname en 1967. Les protagonistes sont bien campés mais ne sortent pas des standards du genre. En résumé cela reste un bon divertissement où on ne se prend pas la tête. Côté dessin, Fred Simon dans un style "ligne claire" propose un trait semi-réaliste pour les personnages et une colorisation lumineuse. Pas le genre à me faire grimper aux rideaux, mais agréable à regarder, les décors sont particulièrement soignés. Entre pas mal et franchement bien. Note réelle : 3,5. Je serai au rendez-vous pour un deuxième épisode.

10/06/2023 (modifier)
Par GREG
Note: 4/5

Un sympathique petit polar qui nous ramène dans la France des années 50-60. Plantons le décor : nous sommes en 1967, un braqueur nommé Bébert sort de prison suite à un vol qui a mal tourné. Son butin a disparu, il est persuadé qu'un de ses anciens complices, rangé des voitures, l'a trahi (Un certain Jo). Celui-ci fait appel à deux autres repentis (l'un d'eux étant le fameux "Grizzli") pour l'aider et l'empêcher de visiter sa tombe plus tôt que prévu. Le point fort de la BD, c'est de reprendre tout l'argot de l'époque, mais sans pour autant caricaturer : c'est un peu comme si on visionnait un film de gangsters de l'époque, sans les Gabin, Ventura &co qui cabotinent au milieu. Une expérience plaisante en somme, on sent que les auteurs se sont bien documentés, et les dessins sont assez bien. Le seul bémol, c'est que Bébert et le Grizzli se ressemblent un peu trop à mon goût. Mais ce n'est qu'un petit détail.

23/05/2023 (modifier)
Par Josq
Note: 4/5
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En France, on voit dans les années 50-60 se développer un âge d'or du polar. Belle époque où ressortent de grands noms comme Albert Simonin et Michel Audiard, Léo Malet ou Alphonse Boudard, tous revendiqués comme influences par Matz dans sa postface. Et le fait est qu'il semble bien familier avec ce monde et son vocabulaire si particulier. Là se trouve le principal intérêt du Grizzli, dans cet univers si codifié autour de références et de mots bien agencés, que seuls les connaisseurs sont censés comprendre. On retrouve la sorte de poésie irrévérencieuse qui caractérisait les films d'Audiard (de loin la référence susmentionnée que je maîtrise le plus), et c'est ce qui rend Le Grizzli si délicieux. Il y a là un parfum délicieusement suranné, sorti tout droit d'une vieille France aujourd'hui disparue, mais dont les amateurs aiment à revivre la grande époque à travers le vaste héritage qu'elle nous a laissé. C'est la vieille France des truands en costards, des insultes polies et respectueuses, des codes d'amitié qu'on revendique pour mieux les trahir, de la clope au bec, du pétard à la pogne, et des gonzesses à la plonge. On aime ou pas, mais si on apprécie de se replonger dans une atmosphère où l'on s'attend à voir débarquer Jean Lefebvre ou Maurice Biraud à chaque coin de rue, alors le récit de Matz est parfaitement jouissif. Peut-être est-il dommage qu'il essaye de travailler à ce point ses dialogues (frôlant le risque d'overdose) et pas de construire davantage son scénario. Le scénario est bon en l'état, mais il manque d'une originalité qui, si elle avait été présente, aurait rehaussé la valeur de l'oeuvre. Mais ce qui achève de convaincre, c'est le dessin de Fred Simon. Il touche le parfait équilibre du trait semi-réaliste, juste assez caricatural pour assumer le second degré de l'ensemble, mais suffisamment réaliste pour qu'on prenne l'histoire un minimum au sérieux. C'est surtout les couleurs qui sont magnifiques. Dans un style un peu pastel, mais avec des couleurs vives et généreuses, elles soulignent à merveille la qualité du trait de Simon, et donnent un ensemble extrêmement harmonieux qui colle parfaitement avec l'univers recherché, au strict opposé du noir et blanc ou des couleurs sombres qu'on aurait pu imaginer. Résultat : il y a du Simonin dans tout cela, mais avec une petite touche personnelle de l'auteur et du dessinateur, qui permet de donner au récit sa propre personnalité, sans être complètement dépendante de ses références. Evidemment, le risque de se prendre au piège de la référence à tout prix est constamment présent, mais je trouve que la bande dessinée survit largement à l'étouffement qui aurait pu la menacer. Bref, malgré un scénario assez convenu, ça reste une excellente surprise, qui a le mérite de s'appuyer sur des personnages solides et des dialogues savoureux. Suffisamment pour oublier quelques menus défauts.

09/04/2023 (modifier)