J'étais, depuis quelques années, un peu déçu par la production de Yann. Les séries, dans le style des Eternels ou de Narvalo s'égaraient dans un style un peu trop commercial qui me gênait un peu.
Cette fois-ci, j'ai plutôt bien accroché à cette histoire. Certes, elle n'est pas franchement originale ; une jeune fille qui lit dans les pensées des gens, on a déjà vu ça. C'est surtout l'ambiance qui m'a amusé, les dialogues sont très bien ciselés. On sent la patte de Yann et comme d'habitude, il n'hésite pas à ponctuer son récit de nombreuses références (regardez bien les affiches en arrière-plan, on y verra quelques messages sur Fabrice Lucchini et d'autres). Mais les références ne sont pas trop abondantes, par opposition à certaines de ses séries comme Odilon Verjus, Spoon and White ou Cotton kid qui fonctionnent entièrement sur ce ressort. Ici, elles sont disséminées avec parcimonie et de manière plutôt habile.
L'histoire, quant à elle, n'est pas révolutionnaire, mais constitue une bonne enquête policière dans le milieu de l'aristocratie. L'héroïne éponyme est une descendante de Jeanne d'Arc et revendique fièrement son féminisme.
Tudieu, quelle magnifique série que voilà !...
Robert Surcouf donne ses premiers coups de rame dans l'hebdo Spirou n° 605 du 17 Novembre 1949. Il y tire sa dernière bordée dans le n° 738 du 5 Juin 1952.
Surcouf ?... Une magnifique fresque, haute en couleurs, qui nous raconte les mille et une aventures de ce personnage hors du commun.
L'histoire ?... Elle est née de la rencontre de deux "pointures" de la BD : Jean-Michel Charlier et Vic(tor) Hubinon. Hubinon, qui a déjà créé Buck Danny, adore dessiner des bateaux. D'une rencontre avec le scénariste va naître cette véritable saga maritime qui tiendra en haleine les lecteurs pendant plusieurs années.
Comme à son habitude, Charlier, délaissant tout historisme sévère, va se plaire -et nous plaire- à concocter les nombreuses péripéties aventureuses de ce corsaire.
Hubinon, au graphisme élégant et dynamique, concocte une longue histoire où grands combats navals, abordages sanglants, duels sans merci, prises d'assaut ont la part belle. Le tout est "réglé" d'un trait pur, classique, qui attire l'oeil... et le garde.
Les nombreuses scènes de combats sont vues sous différents cadrages ; Hubinon n'ayant pas son pareil pour décrire visuellement la fougue meurtrière des hommes, les abordages sans merci...
Du grand art graphique !...
Surcouf a été -justement- nommé "Le roi des corsaires". Et il est vrai que peu de gens se souviennent du nom d'un autre. Il a vécu une extraordinaire et véridique épopée.
Mille légendes courent encore sur lui, mais aucune n'est aussi belle que la stricte réalité des faits que Charlier et Hubinon ont pris grand plaisir à vous présenter. Si vous n'aimez pas l'histoire, "Surcouf" va vous la faire aimer !..
Surcouf ?... C'est trois éditions originales, brochées, éditées de 1951 à 1953. Cette oeuvre a fait l'objet de plusieurs rééditions.
Surcouf ?... Un superbe triptyque à tenir en belle place dans toute bdthèque.
Excellent. Je dis et maintiens.
Les auteurs :
Au dessin : Victor HUBINON, dessinateur-scénariste belge, né à Angleur le 26 Avril 1924 et décédé à Villemy le 8 Janvier 1979. Un des maîtres de la BD réaliste franco-belge.
On lui doit -entre autres- : "Surcouf", Buck Danny, Blondin et Cirage, Barbe-Rouge, sans oublier les magnifiques biographies dessinées de Mermoz, Stanley...
Au scénario : Jean-Michel CHARLIER, scénariste de nationalité belge (hé oui !), né à Liège le 30 Octobre 1924 et décédé à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) le 10 Juillet 1989.
Une véritable "bête" du scénario. Vous mettre le détail de ses créations et participations prendrait plusieurs pages. Je vous en parlerai un jour...
Tome 1 - 3,5/5
J'en ai longtemps entendu parler de cette BD, avant de pouvoir la lire...
Ce tome 1 démarre sous de bons auspices, avec cet univers très particulier, à la fois fantasy et proche du conte. J'aime beaucoup l'ambiance dans ce genre d'histoire, avec des systèmes de castes, des créatures étranges, des passages entre les mondes.. A condition que ce soit bien raconté !
Or, le récit écrit par Brunschwig me semble plutôt fragmenté, étoilé, j'ai un peu de mal à tout saisir à la première lecture. Peut-être un manque d'implication de ma part ?
Il est vrai que le graphisme de Bailly n'est pas forcément celui que je préfère. Pourtant il ressemble à celui de pas mal d'autres autres auteurs de fantasy, il correspond au genre. Mais c'est plutôt une question d'encrage. Ce côté... effacé, voire gommé" par moments me gêne pas mal dans la lecture, et nuit à ma compréhension.
Il faut dire que ce tome 1 est très dense, il se passe beaucoup de choses, et les personnages sont nombreux.
Tome 2 - 4/5
Ce second tome est selon moi, meilleur sur tous les plans que le premier. D'abord le dessin : l'encrage est bien plus assuré, les couleurs mieux tranchées, ce qui améliore la lisibilité d'un point de vue visuel.
Brunschwig déploie un peu plus son récit, nous permettant de découvrir la fascinante -mais pas très originale- société de Rianker, avec ses gens de l'entre-terre.
Il modifie encore un peu son rythme narratif, en coupant l'action "contemporaine" par des flashes-backs plutôt réussis, nous contant la jeunesse d'Angus.
On suit le parcours de ce dernier, ainsi que celui de Poly. J'avoue que j'accroche moins à cette dernière, mais qu'importe, le récit se suit avec beaucoup d'intérêt.
Ceci dit, le monde créé est original, et j'ai bien envie de lire la suite, si elle sort un jour !
Je n'ai pas grand chose à ajouter à ce qui a déjà été dit.
"La sirène des pompiers" est un one-shot délicieux, quelque part entre Blain et Sfar. De la bd simple et directe qui touche sans en faire des tonnes. L'intrigue est bien construite, elle repose sur des poncifs sentimentaux sans jamais faire dans la guimauve, ni dans le romantisme forcené.
Un des albums de la rentrée, assurément.
N’ayant pas été particulièrement convaincu par sa collaboration avec le scénariste maison des éditions Paquet (Mister Plumb, avec Hautière), me voilà plutôt ravi de voir Dillies revenir en solo pour un one-shot dans la collection Blandice. "Mélodie au crépuscule" est un délicieux petit délire graphique et musical comme il sait les faire, parfaitement dans la lignée de Sumato et de Betty Blues. Certaines planches peuvent être traitées d’anthologie rien que pour la recherche formelle dont elles sont le théâtre. Dillies tente vraiment de nous faire ressentir la musique de manière visuelle. Ca pourrait paraître vain, ça ne l’est pas tant il sait imprimer du mouvement dans ses découpages. Evidement, comme toujours, chez Dillies, c’est très triste, carrément mélancolique... peut-être son album le plus sombre.
Hubert et Zanzim reprennent à leur compte le bon vieux mythe de la sirène avec beaucoup de fraîcheur et d'originalité.
Le scénario est bien amené, de lecture fluide et empreint d'émotions. J'ai bien aimé la manière très ironique dont l'auteur dépeint les critiques d'art.
Côté dessin, nous nous trouvons dans un style proche d'une Bd comme Isaac le pirate avec des visages très expressifs.
Après Miss Pas Touche, Hubert nous offre donc un 2ème très bon album en peu de temps et ce n'est que tant mieux !
Je rejoins totalement l'avis de Kael.
Les graphismes sont le gros point faible de cette oeuvre. L'auteur affiche clairement son affection pour l'outil informatique. Malheureusement le résultat est assez pitoyable pour les décors avec de nombreuses photos numérisées et mal intégrées en guise de décor. En revanche les personnages sont assez bien traités - bien que partiellement informatisés eux aussi - et le résultat est, sur ce point, plus convaincant.
Mais ce qui m'a vraiment plus dans cette oeuvre c'est l'humour. J'ai quasiment lu les 6 tomes d'affilée plié en deux. Les situations cocasses succèdent aux situations cocasses. L'auteur ne semble pas se prendre au sérieux, son délire va parfois un peu loin mais c'est justement ce qui rend ce manga amusant. Rien ni personne ne semble pouvoir réfréner les délires de l'auteur et pourtant, il réussit à nous livrer une oeuvre pleine de sens et de poésie. Contradictoire ? Pas vraiment, comme le disait Kael , Love Hina fonctionne également ainsi... mais à un degré bien moindre !
Bref 6 tomes c'est presque trop peu, ça se lit comme du petit lait et je vous les conseille vivement. J'aurais sans doute mis 5/5 sans ces graphismes pitoyables. Mais attention, certaines scènes sont franchement trop hot pour des lecteurs "non avertis".
Je les a-d-o-r-e ces agriculteurs !
Ils font d'ailleurs leur première apparition dans le mensuel "Jeunes agriculteurs" (non, je ne l'invente pas !) n° 185 de Mars 1967.
L'hebdo PIlote les accueille en 1968. Ils y rentreront leur dernière botte de foin dans le n° 548 du 7 Mai 1970.
Les "Bottafoin" ?.. Ce sont Pascal et Catherine... et le grand-père Hector.
Une famille d'agriculteurs comme on se plaît à les imaginer.
Pascal (la jeune quarantaine) a l'éternel béret vissé sur la tête, un mégot aux lèvres. Dynamique, exubérant, exultant même c'est la "force vive" du ménage.
Catherine (la bonne trentaine) est la soupape de sécurité de son mari. Calme, douce, elle n'en n'est pas moins la "tête pensante" du couple.
Le grand-père ?... Ben, il suit le mouvement...
Une très belle série, prometteuse, réalisée par un Martial en grande forme, que j'ai dévorée lors de sa parution dans Pilote. C'était en noir et blanc, à raison d'une planche par gag, et ça n'a duré que le temps d'en faire un seul album.
Mais je plongeais avec délices dans ce qu'on appelle maintenant "la France profonde", dans ces tracas quotidiens -mis en "musique" avec une vraie drôlerie- que doivent affronter ces paysans (terme maintenant péjoratif mais qui, au départ, signifiait "gens du pays").
Et c'est pour cela que je les aime. Et c'est pour cela aussi que j'y passe mes vacances, dans cette "France profonde"... la vraie peut-être ?...
Un seul recueil sera édité. Il ne reprend -malheureusement- qu'une partie des aventures de ce "joyeux" couple. Mais il existe. Heureusement. Vous ne le lirez peut-être jamais, car seulement "tiré" à 1000 exemplaires en 1988.
Une chose est sûre : si un éditeur "remet ça", en cartonné, bien exposé en librairies, ça se vendra comme des petits pains.
L'auteur :
Martial DURAND, dit MARTIAL, dessinateur-scénariste de nationalité française, est né à La Roche-sur-Yon le 19 Février 1925.
Connu également pour la série Tony Laflamme.
Un trait clair et précis, exubérant parfois, mais reconnaissable entre mille. Un excellent illustrateur, malheureusement méconnu du grand public.
Cette série nous raconte les pérégrinations de la Mort représentée par un squelette muni de sa faux et de Lao-Tseu son cochon philosophe.
Boucq nous livre là un album en noir et blanc rempli d'humour. Les situations cocasses de la Mort devant ses prochaines victimes sont franchement jubilatoires. De plus, l'album est truffé de réflexions plus ou moins sérieuses sur la mort en tant que telle. Certains la craignent, d'autres la rejettent ou l'attendent...
J'aime beaucoup le dessin de Boucq et sa façon très caricaturale de traiter ses personnages.
Une série de 2 tomes qui m'a laissé un très très bon souvenir.
Mélodie d'enfer est une BD chinoise au scénario assez original, mettant en scène un groupe de hard-rockeurs fantômes qui cherchent à recruter un nouveau guitariste et retournent sur terre pour faire se suicider leur cible.
Le dessin de Lu Ming est proprement excellent. Au croisement des styles comics, manga et réaliste, il offre des planches de toute beauté, détaillées et joliment mises en page. Sincèrement, le dessin vaut à lui tout seul la peine d'acheter cette BD. Il n'y a quasiment pas une planche qui soit de qualité inférieure aux autres. Superbe !
Concernant le scénario, j'avoue que la thématique du rock me passionnait peu : il me semble en effet impossible de faire ressortir la musique en bande-dessinée. Voir des guitaristes rock se trémousser en silence tandis que tous les spectateurs font mine de s'émerveiller, ça me laisse toujours froid. Mais le thème de la musique et du rock est mis en valeur par un scénario original et relativement amusant.
Ces 3 hard-rockeurs qui vivent dans une sorte de purgatoire pour suicidés sont attachants et traités avec intérêt mais aussi un peu d'humour. Les faire retourner sur Terre sous la forme d'âmes errantes à la recherche d'un guitariste solo est déjà une idée sympathique, mais leurs manigances secrètes pour que ce guitariste se suicide et puisse ainsi les rejoindre ajoute une intrigue mi-figue mi-raisin. Malgré quelques touches d'humour, les personnages agissent en effet avec sérieux et les gentils hard-rockeurs du début tournent doucement aux dangereux fantômes.
Si j'avais quelques maigres reproches à faire, ils porteraient d'une part sur une narration qui manque parfois de fluidité et des dialogues dans lesquels on s'y perd un peu du fait d'un positionnement des bulles qui ne convient pas toujours. Globalement, la narration est cependant assez bonne sur l'ensemble des pages.
Et ils porteraient d'autre part sur la petite incohérence que je relève dans la facilité avec laquelle ces rockeurs peuvent revenir sur Terre et soudainement s'emparer à loisir de corps de mortels : ça manque un peu d'explication sur leur capacité à faire cela alors qu'ils ne pouvaient rien faire en début d'histoire.
Pour le reste, le scénario ne m'a pas tellement captivé mais son originalité et surtout l'excellence de son dessin se suffisent presque à eux seuls. Les amateurs de rock, de métal et d'histoires de fantômes seront ravis.
La lecture du tome 2 me conforte dans ma bonne impression.
Cette série est vraiment sympathique à tous points de vue et a le gros avantage de se terminer de manière tout à fait bonne en 2 tomes seulement.
Un second tome dans la continuité du premier.
Le dessin est toujours très bon, avec un style assez varié mais toujours très esthétique et superbement maîtrisé.
La narration pêche encore un petit peu à certains moments, mais la lecture se fait rapidement très fluide.
Quant au scénario, il se poursuit dans la lignée du début, envisageant encore davantage le côté sombre de ces fantômes de rockeurs dont le but, finalement, est bien de faire mourir de colère ou de tristesse leur cible pour qu'il se suicide et les rejoigne au purgatoire.
L'action s'invite allègrement dans l'intrigue, captivant le lecteur. Le contenu est dense et intelligemment raconté.
Et l'auteur s'octroie même le luxe de nous offrir un chapitre final servant de bon épilogue et concluant avec qualité ce récit mêlant de manière originale fantômes et esprit hard rock. Une conclusion sombre mais bénéficiant d'une lueur d'espoir en dernier ressort.
Sans doute la BD chinoise qui m'a le plus plu jusqu'à présent, aussi bien maîtrisée au niveau du dessin que du scénario.
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Tiffany
J'étais, depuis quelques années, un peu déçu par la production de Yann. Les séries, dans le style des Eternels ou de Narvalo s'égaraient dans un style un peu trop commercial qui me gênait un peu. Cette fois-ci, j'ai plutôt bien accroché à cette histoire. Certes, elle n'est pas franchement originale ; une jeune fille qui lit dans les pensées des gens, on a déjà vu ça. C'est surtout l'ambiance qui m'a amusé, les dialogues sont très bien ciselés. On sent la patte de Yann et comme d'habitude, il n'hésite pas à ponctuer son récit de nombreuses références (regardez bien les affiches en arrière-plan, on y verra quelques messages sur Fabrice Lucchini et d'autres). Mais les références ne sont pas trop abondantes, par opposition à certaines de ses séries comme Odilon Verjus, Spoon and White ou Cotton kid qui fonctionnent entièrement sur ce ressort. Ici, elles sont disséminées avec parcimonie et de manière plutôt habile. L'histoire, quant à elle, n'est pas révolutionnaire, mais constitue une bonne enquête policière dans le milieu de l'aristocratie. L'héroïne éponyme est une descendante de Jeanne d'Arc et revendique fièrement son féminisme.
Surcouf (Charlier/Hubinon)
Tudieu, quelle magnifique série que voilà !... Robert Surcouf donne ses premiers coups de rame dans l'hebdo Spirou n° 605 du 17 Novembre 1949. Il y tire sa dernière bordée dans le n° 738 du 5 Juin 1952. Surcouf ?... Une magnifique fresque, haute en couleurs, qui nous raconte les mille et une aventures de ce personnage hors du commun. L'histoire ?... Elle est née de la rencontre de deux "pointures" de la BD : Jean-Michel Charlier et Vic(tor) Hubinon. Hubinon, qui a déjà créé Buck Danny, adore dessiner des bateaux. D'une rencontre avec le scénariste va naître cette véritable saga maritime qui tiendra en haleine les lecteurs pendant plusieurs années. Comme à son habitude, Charlier, délaissant tout historisme sévère, va se plaire -et nous plaire- à concocter les nombreuses péripéties aventureuses de ce corsaire. Hubinon, au graphisme élégant et dynamique, concocte une longue histoire où grands combats navals, abordages sanglants, duels sans merci, prises d'assaut ont la part belle. Le tout est "réglé" d'un trait pur, classique, qui attire l'oeil... et le garde. Les nombreuses scènes de combats sont vues sous différents cadrages ; Hubinon n'ayant pas son pareil pour décrire visuellement la fougue meurtrière des hommes, les abordages sans merci... Du grand art graphique !... Surcouf a été -justement- nommé "Le roi des corsaires". Et il est vrai que peu de gens se souviennent du nom d'un autre. Il a vécu une extraordinaire et véridique épopée. Mille légendes courent encore sur lui, mais aucune n'est aussi belle que la stricte réalité des faits que Charlier et Hubinon ont pris grand plaisir à vous présenter. Si vous n'aimez pas l'histoire, "Surcouf" va vous la faire aimer !.. Surcouf ?... C'est trois éditions originales, brochées, éditées de 1951 à 1953. Cette oeuvre a fait l'objet de plusieurs rééditions. Surcouf ?... Un superbe triptyque à tenir en belle place dans toute bdthèque. Excellent. Je dis et maintiens. Les auteurs : Au dessin : Victor HUBINON, dessinateur-scénariste belge, né à Angleur le 26 Avril 1924 et décédé à Villemy le 8 Janvier 1979. Un des maîtres de la BD réaliste franco-belge. On lui doit -entre autres- : "Surcouf", Buck Danny, Blondin et Cirage, Barbe-Rouge, sans oublier les magnifiques biographies dessinées de Mermoz, Stanley... Au scénario : Jean-Michel CHARLIER, scénariste de nationalité belge (hé oui !), né à Liège le 30 Octobre 1924 et décédé à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine) le 10 Juillet 1989. Une véritable "bête" du scénario. Vous mettre le détail de ses créations et participations prendrait plusieurs pages. Je vous en parlerai un jour...
Angus Powderhill
Tome 1 - 3,5/5 J'en ai longtemps entendu parler de cette BD, avant de pouvoir la lire... Ce tome 1 démarre sous de bons auspices, avec cet univers très particulier, à la fois fantasy et proche du conte. J'aime beaucoup l'ambiance dans ce genre d'histoire, avec des systèmes de castes, des créatures étranges, des passages entre les mondes.. A condition que ce soit bien raconté ! Or, le récit écrit par Brunschwig me semble plutôt fragmenté, étoilé, j'ai un peu de mal à tout saisir à la première lecture. Peut-être un manque d'implication de ma part ? Il est vrai que le graphisme de Bailly n'est pas forcément celui que je préfère. Pourtant il ressemble à celui de pas mal d'autres autres auteurs de fantasy, il correspond au genre. Mais c'est plutôt une question d'encrage. Ce côté... effacé, voire gommé" par moments me gêne pas mal dans la lecture, et nuit à ma compréhension. Il faut dire que ce tome 1 est très dense, il se passe beaucoup de choses, et les personnages sont nombreux. Tome 2 - 4/5 Ce second tome est selon moi, meilleur sur tous les plans que le premier. D'abord le dessin : l'encrage est bien plus assuré, les couleurs mieux tranchées, ce qui améliore la lisibilité d'un point de vue visuel. Brunschwig déploie un peu plus son récit, nous permettant de découvrir la fascinante -mais pas très originale- société de Rianker, avec ses gens de l'entre-terre. Il modifie encore un peu son rythme narratif, en coupant l'action "contemporaine" par des flashes-backs plutôt réussis, nous contant la jeunesse d'Angus. On suit le parcours de ce dernier, ainsi que celui de Poly. J'avoue que j'accroche moins à cette dernière, mais qu'importe, le récit se suit avec beaucoup d'intérêt. Ceci dit, le monde créé est original, et j'ai bien envie de lire la suite, si elle sort un jour !
La Sirène des pompiers
Je n'ai pas grand chose à ajouter à ce qui a déjà été dit. "La sirène des pompiers" est un one-shot délicieux, quelque part entre Blain et Sfar. De la bd simple et directe qui touche sans en faire des tonnes. L'intrigue est bien construite, elle repose sur des poncifs sentimentaux sans jamais faire dans la guimauve, ni dans le romantisme forcené. Un des albums de la rentrée, assurément.
Mélodie au crépuscule
N’ayant pas été particulièrement convaincu par sa collaboration avec le scénariste maison des éditions Paquet (Mister Plumb, avec Hautière), me voilà plutôt ravi de voir Dillies revenir en solo pour un one-shot dans la collection Blandice. "Mélodie au crépuscule" est un délicieux petit délire graphique et musical comme il sait les faire, parfaitement dans la lignée de Sumato et de Betty Blues. Certaines planches peuvent être traitées d’anthologie rien que pour la recherche formelle dont elles sont le théâtre. Dillies tente vraiment de nous faire ressentir la musique de manière visuelle. Ca pourrait paraître vain, ça ne l’est pas tant il sait imprimer du mouvement dans ses découpages. Evidement, comme toujours, chez Dillies, c’est très triste, carrément mélancolique... peut-être son album le plus sombre.
La Sirène des pompiers
Hubert et Zanzim reprennent à leur compte le bon vieux mythe de la sirène avec beaucoup de fraîcheur et d'originalité. Le scénario est bien amené, de lecture fluide et empreint d'émotions. J'ai bien aimé la manière très ironique dont l'auteur dépeint les critiques d'art. Côté dessin, nous nous trouvons dans un style proche d'une Bd comme Isaac le pirate avec des visages très expressifs. Après Miss Pas Touche, Hubert nous offre donc un 2ème très bon album en peu de temps et ce n'est que tant mieux !
Kirara
Je rejoins totalement l'avis de Kael. Les graphismes sont le gros point faible de cette oeuvre. L'auteur affiche clairement son affection pour l'outil informatique. Malheureusement le résultat est assez pitoyable pour les décors avec de nombreuses photos numérisées et mal intégrées en guise de décor. En revanche les personnages sont assez bien traités - bien que partiellement informatisés eux aussi - et le résultat est, sur ce point, plus convaincant. Mais ce qui m'a vraiment plus dans cette oeuvre c'est l'humour. J'ai quasiment lu les 6 tomes d'affilée plié en deux. Les situations cocasses succèdent aux situations cocasses. L'auteur ne semble pas se prendre au sérieux, son délire va parfois un peu loin mais c'est justement ce qui rend ce manga amusant. Rien ni personne ne semble pouvoir réfréner les délires de l'auteur et pourtant, il réussit à nous livrer une oeuvre pleine de sens et de poésie. Contradictoire ? Pas vraiment, comme le disait Kael , Love Hina fonctionne également ainsi... mais à un degré bien moindre ! Bref 6 tomes c'est presque trop peu, ça se lit comme du petit lait et je vous les conseille vivement. J'aurais sans doute mis 5/5 sans ces graphismes pitoyables. Mais attention, certaines scènes sont franchement trop hot pour des lecteurs "non avertis".
La famille Bottafoin
Je les a-d-o-r-e ces agriculteurs ! Ils font d'ailleurs leur première apparition dans le mensuel "Jeunes agriculteurs" (non, je ne l'invente pas !) n° 185 de Mars 1967. L'hebdo PIlote les accueille en 1968. Ils y rentreront leur dernière botte de foin dans le n° 548 du 7 Mai 1970. Les "Bottafoin" ?.. Ce sont Pascal et Catherine... et le grand-père Hector. Une famille d'agriculteurs comme on se plaît à les imaginer. Pascal (la jeune quarantaine) a l'éternel béret vissé sur la tête, un mégot aux lèvres. Dynamique, exubérant, exultant même c'est la "force vive" du ménage. Catherine (la bonne trentaine) est la soupape de sécurité de son mari. Calme, douce, elle n'en n'est pas moins la "tête pensante" du couple. Le grand-père ?... Ben, il suit le mouvement... Une très belle série, prometteuse, réalisée par un Martial en grande forme, que j'ai dévorée lors de sa parution dans Pilote. C'était en noir et blanc, à raison d'une planche par gag, et ça n'a duré que le temps d'en faire un seul album. Mais je plongeais avec délices dans ce qu'on appelle maintenant "la France profonde", dans ces tracas quotidiens -mis en "musique" avec une vraie drôlerie- que doivent affronter ces paysans (terme maintenant péjoratif mais qui, au départ, signifiait "gens du pays"). Et c'est pour cela que je les aime. Et c'est pour cela aussi que j'y passe mes vacances, dans cette "France profonde"... la vraie peut-être ?... Un seul recueil sera édité. Il ne reprend -malheureusement- qu'une partie des aventures de ce "joyeux" couple. Mais il existe. Heureusement. Vous ne le lirez peut-être jamais, car seulement "tiré" à 1000 exemplaires en 1988. Une chose est sûre : si un éditeur "remet ça", en cartonné, bien exposé en librairies, ça se vendra comme des petits pains. L'auteur : Martial DURAND, dit MARTIAL, dessinateur-scénariste de nationalité française, est né à La Roche-sur-Yon le 19 Février 1925. Connu également pour la série Tony Laflamme. Un trait clair et précis, exubérant parfois, mais reconnaissable entre mille. Un excellent illustrateur, malheureusement méconnu du grand public.
Les Aventures de La Mort et de Lao-Tseu
Cette série nous raconte les pérégrinations de la Mort représentée par un squelette muni de sa faux et de Lao-Tseu son cochon philosophe. Boucq nous livre là un album en noir et blanc rempli d'humour. Les situations cocasses de la Mort devant ses prochaines victimes sont franchement jubilatoires. De plus, l'album est truffé de réflexions plus ou moins sérieuses sur la mort en tant que telle. Certains la craignent, d'autres la rejettent ou l'attendent... J'aime beaucoup le dessin de Boucq et sa façon très caricaturale de traiter ses personnages. Une série de 2 tomes qui m'a laissé un très très bon souvenir.
Mélodie d'enfer
Mélodie d'enfer est une BD chinoise au scénario assez original, mettant en scène un groupe de hard-rockeurs fantômes qui cherchent à recruter un nouveau guitariste et retournent sur terre pour faire se suicider leur cible. Le dessin de Lu Ming est proprement excellent. Au croisement des styles comics, manga et réaliste, il offre des planches de toute beauté, détaillées et joliment mises en page. Sincèrement, le dessin vaut à lui tout seul la peine d'acheter cette BD. Il n'y a quasiment pas une planche qui soit de qualité inférieure aux autres. Superbe ! Concernant le scénario, j'avoue que la thématique du rock me passionnait peu : il me semble en effet impossible de faire ressortir la musique en bande-dessinée. Voir des guitaristes rock se trémousser en silence tandis que tous les spectateurs font mine de s'émerveiller, ça me laisse toujours froid. Mais le thème de la musique et du rock est mis en valeur par un scénario original et relativement amusant. Ces 3 hard-rockeurs qui vivent dans une sorte de purgatoire pour suicidés sont attachants et traités avec intérêt mais aussi un peu d'humour. Les faire retourner sur Terre sous la forme d'âmes errantes à la recherche d'un guitariste solo est déjà une idée sympathique, mais leurs manigances secrètes pour que ce guitariste se suicide et puisse ainsi les rejoindre ajoute une intrigue mi-figue mi-raisin. Malgré quelques touches d'humour, les personnages agissent en effet avec sérieux et les gentils hard-rockeurs du début tournent doucement aux dangereux fantômes. Si j'avais quelques maigres reproches à faire, ils porteraient d'une part sur une narration qui manque parfois de fluidité et des dialogues dans lesquels on s'y perd un peu du fait d'un positionnement des bulles qui ne convient pas toujours. Globalement, la narration est cependant assez bonne sur l'ensemble des pages. Et ils porteraient d'autre part sur la petite incohérence que je relève dans la facilité avec laquelle ces rockeurs peuvent revenir sur Terre et soudainement s'emparer à loisir de corps de mortels : ça manque un peu d'explication sur leur capacité à faire cela alors qu'ils ne pouvaient rien faire en début d'histoire. Pour le reste, le scénario ne m'a pas tellement captivé mais son originalité et surtout l'excellence de son dessin se suffisent presque à eux seuls. Les amateurs de rock, de métal et d'histoires de fantômes seront ravis. La lecture du tome 2 me conforte dans ma bonne impression. Cette série est vraiment sympathique à tous points de vue et a le gros avantage de se terminer de manière tout à fait bonne en 2 tomes seulement. Un second tome dans la continuité du premier. Le dessin est toujours très bon, avec un style assez varié mais toujours très esthétique et superbement maîtrisé. La narration pêche encore un petit peu à certains moments, mais la lecture se fait rapidement très fluide. Quant au scénario, il se poursuit dans la lignée du début, envisageant encore davantage le côté sombre de ces fantômes de rockeurs dont le but, finalement, est bien de faire mourir de colère ou de tristesse leur cible pour qu'il se suicide et les rejoigne au purgatoire. L'action s'invite allègrement dans l'intrigue, captivant le lecteur. Le contenu est dense et intelligemment raconté. Et l'auteur s'octroie même le luxe de nous offrir un chapitre final servant de bon épilogue et concluant avec qualité ce récit mêlant de manière originale fantômes et esprit hard rock. Une conclusion sombre mais bénéficiant d'une lueur d'espoir en dernier ressort. Sans doute la BD chinoise qui m'a le plus plu jusqu'à présent, aussi bien maîtrisée au niveau du dessin que du scénario.