Chaque soir, mon épouse me rapportait un journal distribué gratuitement dans le métro et les gares de Bruxelles : "Metro". Et chaque jour y paraît UNE page d'une nouvelle BD. C'est ainsi que j'ai découvert "Le Janitor", jour après jour ; un peu comme j'attendais -il y a longtemps- la suite des histoires qui paraissaient dans "Spirou". Mais là c'était de semaine en semaine.
Cinq jours/semaine j'ai donc lu cette nouvelle série. Et j'ai vraiment apprécié !
"Le Janitor" c'est d'abord l'excellente rencontre entre Sente et Boucq ; deux auteurs dont j'ai ressenti une grande complicité. Ce duo a ainsi concocté un postulat redoutablement bien construit. Qui plus est, tout "part" du Vatican ; un des endroits les plus mystérieux -de par ses silences- qu'il puisse exister.
Grosse recherche dans la documentation, grande culture dans ce qui a trait au monde chrétien, Sente a ici construit une fiction -oui- mais qui a dans son jeu tous les atouts de la vérité.
Ce premier tome m'a ainsi offert une histoire sans chichis inutiles, qui va m'emmener à Malte et se révéler diablement (hé hé !) efficace.
Le dessin ?... Imparable. C'est net, précis, sans bavure(s) et donne un véritable coup de réalisme à l'histoire.
In fine : une nouvelle série qui sort VRAIMENT de l'ordinaire, de grande qualité, et dont j'attends la suite avec réelle impatience.
Le Vatican n'a pas livré tous ses secrets et ne vous les livrera pas. Mais peut-être en percerez-vous quelques uns !...
Pacifique Sud, 1993. Lors d’un forage sous-marin, des scaphandriers de la multinationale Carthago périssent après s’être retrouvés nez à nez avec un monstre marin censé avoir disparu des millions d’années plus tôt. Les enjeux financiers étant énormes, l’affaire est rapidement étouffée. De nos jours, une équipe d’océanographes dirigée par Kim Melville (notez le clin d’œil à l’auteur de Moby Dick !) sonde les profondeurs à la recherche du mégalodon, ancêtre préhistorique du requin blanc et oh combien plus redoutable.
On retrouve avec plaisir Christophe Bec aux commandes d’un scénario rappelant en partie celui de Sanctuaire. Les thèmes abordés sont d’actualité et aussi variés que l’écologie ou la toute puissance des grands groupes pétroliers. L’auteur nous entraîne par séquences de 5 ou 6 pages dans le temps et dans l’espace (début du Miocène, Jura méridional, golfe de Tadjoura…) et met en place petit à petit les pièces du puzzle. De nombreuses références jalonnent le récit, en particulier celle faite au commandant Cousteau.
Le dessin d’Henninot très réaliste bien qu’un peu froid colle parfaitement à l’histoire et nous offre, notamment dans les profondeurs de l’océan, quelques planches magnifiques.
Il est encore un peu tôt pour se prononcer définitivement sur cette série. Néanmoins, ce tome d’introduction sait tenir le lecteur en haleine et la suite est donc attendue avec grande impatience.
Cela faisait longtemps que j'avais entendu parlé de cette BD et je l'ai enfin empruntée à ma bibliothèque.
Et je ne n'ai pas été déçu. Cette série permet de redécouvrir de manière humoristique les principaux éléments des contes pour enfants qui s'enchaînent pour produire un scénario vraiment réussi.
L'idée de base (transformation prince/grenouille mutuelle) est vraiment géniale et l'auteur l'exploite de manière perspicace.
Le travail autour du caractère de chaque personnage est vraiment réussi, la plupart ne correspondant pas au profil classique que l'on aurait pu imaginer.
Excellente BD en somme. Pourquoi pas 5 ? De Cape et de Crocs lui reste un tout petit peu supérieur par les subtilités du dialogue et la qualité graphique de l'ensemble.
La complexité de l'univers de Lovecraft est impressionnante. Elle n'a d'égale que la complexité du style l'écriture utilisé par Lovecraft.
L'une des forces premières de l'œuvre de Lovecraft est qu'une grande part des descriptions ne décrivent rien, mais laisse libre cours à notre imaginaire afin que chacun puisse s'inventer ses pires cauchemars…
Aussi, mettre en dessin et tenter d'adapter la puissance des textes est sûrement l'un des exercices les plus périlleux que je puisse imaginer.
D'ailleurs, d'autres s'y sont cassés les dents avant (" Lovecraft") et ma critique et mon point de vue assez tranché.
Pour autant, le travail réalisé sur cette bande dessinée est assez convaincant. Premièrement, plutôt que d'essayer d'adapter le texte, Breccia a pris le parti de ne pas faire de réécriture, mais d'extraire directement les phrases utiles. Les textes sont donc du pur Lovecraft condensé, d'où seul l'indispensable a la compréhension de l'histoire a été tiré. Cela donne un rythme je pense un peu plus rapide que dans les nouvelles Lovecraftiennes, mais au final ce rythme semble être le bon.
Ensuite restait à parvenir à mettre en images ces horreurs indicibles…
Et Breccia je dois l'admettre a réussi quelque chose de très intéressant. Utilisant de multiples techniques, dont le collage, des dessins abstraits au dessin photo réaliste impressionnant d'élégance.
Le résultat tel qu'énoncé par Breccia lui-même permet de produire des dessins souvent illisibles, qui pourraient tirer dans le grotesque, dans l'informe, mais associé à la puissance du texte, notre imagination, tel l'avait voulu le grand Lovecraft, prend le pas et nous amène dans un monde insoupçonnable. La richesse graphique de cette bande dessinée en fait non plus une bande dessinée justement, mais un véritable roman graphique au sens premier du terme.
Aborder cette œuvre s'avère ainsi presque aussi ardue que de lire les nouvelles originales de Lovecraft. La richesse du texte, la richesse du graphisme et la complexifie inhérente à l'œuvre s'enchevêtrent afin de livrer une lecture puissante.
Dernier avertissement, ce roman graphique n'apparaît pas particulièrement épais, mais la lecture condensée, le travail à fournir afin de s'approprier chacun des mots, chacune des phrases, chacune des représentations graphique de l'auteur demande de longues heures de lecture. Cet aspect de l'œuvre qui pourrait apparaître tout d'abord bloquant est cependant contourner par le fait que ce roman graphique présente un découpage et des ''chapitres'' respectant à la lettre les nouvelles de Lovecraft. Il est donc aisé de lire une nouvelle puis de prendre tout son temps avant d'aborder la suivante.
Je ne saurais donc faire autre chose que de recommander chaudement cette œuvre à tous ceux dont la lecture des écrits originaux a rebuté jusqu'ici.
F’murr ?
J’apprécie moyennement.
L’humour du Génie des alpages me laisse de glace.
Robin des Boites peut aller se rhabiller.
La Tartine de clous est plutôt indigeste.
Seul Le Pauvre Chevalier sort du lot.
Alors pourquoi crier "au loup" ?
He bien pour attirer votre attention sur cette petite bd qui ne paie pas de mine et qui, pourtant, vaut largement le détour ! Je constate que les avis ci-dessous sont plutôt tranchés et que les inconditionnels du "Génie des alpages" semblent en général déçus par cet album. Moi, c’est l’inverse. Je partais avec un a priori négatif mais bien vite ces histoires courtes librement inspirées de contes de Perrault ont extirpé de ma personne quelques esclaffements qui devinrent de plus en plus soutenus au fur et à mesure de ma lecture. Certes, les gags sont inégaux. Certains tombent à plat mais la plupart sont bien trouvés. Le loup a intérêt à bien s’accrocher quand on cherche des noises à une mère-grand de cet acabit et à un petit chaperon rouge au caractère aussi affirmé ! F’murr fait même intervenir Perrault pour tenter de rétablir un peu d’ordre dans ses contes bien mal menés par les protagonistes. Bref, cet album fait preuve de beaucoup d’inventivité ! Côté dessins, F’murr se lâche complètement avec ce style très "délié". On aime ou pas. Moi, j’adore !
Si elveen ne m’avait pas offert cette bd pour mon anniversaire (qui tombe le 9 janvier de chaque année pour les distraits), pour sûr que je serai passé à côté !
Féroce...
Tout est dans le titre...
Le "dessin" si on peut l'appeler ainsi, est très intéressant, beaucoup de contrastes, des teintes qui vont du blanc éclatant de la neige au brun sale de la fourrure du héros, en passant par le rouge sanglant des cheveux des berserkers.
Même si le récit est un peu court, et que la fin est quelque peu décevante, j'ai bien aimé cette bd, elle vaut le coup ne serait-ce que pour sa qualité graphique et son originalité.
J'avais mis la note maximale pour Aldébaran, chose que je ne ferais pas pour "Betelgeuse" qui est à mon avis moins passionnante. Pourtant le postulat de départ est le même, mais ici on voyage moins.
J'ai l'impression que les 3/4 de l'aventure qui s'étale sur 5 tomes se passent principalement dans le fameux canyon verdoyant que nos héros empruntent afin de partir à la recherche des iums. Il y a même des moments où j'ai trouvé l'action un peu lente alors que je n'avais pas eu cette sensation dans la précédente série.
Niveaux dessins ça reste très correct, dans la droite lignée d'Aldébaran, sans surprise mais toujours aussi démonstratif quand il s'agit d'exposer une faune et une flore plus qu'exotiques.
Malgré tout, j'ai tout de même passé un agréable moment, mais je le répète, moins prenant que celui passé sur Aldébaran.
On ne présente plus ce monument de la Bd qui a fait mon bonheur étant plus jeune, et même si je trouve que la série a quelque peu vieilli, je relis la plupart des albums avec plaisir.
Une série qu’il est difficile de noter globalement car le nombre de parutions est important, mais je dois dire et ce ne sera une surprise pour personne que les albums scénarisés par Goscinny ont ma préférence.
Si il ne fallait en lire qu’un, il serait impossible de passer à côté des rivaux de Painful Gulch.
Après lecture de l’ensemble des albums qui composent la série, voici pour moi et par ordre de préférence les 20 albums sortent du lot :
Les rivaux de Painful Gulch
En remontant le Mississipi
Le juge
Chasseur de Primes
Le 20ème de cavalerie
Les collines noires
Ruée sur l’Oklahoma
A l’ombre des derricks
La Caravane
La Diligence
Calamity Jane
Ma Dalton
L’escorte
Tortillas pour les Dalton
L’héritage de Rantanplan
Des rails sur la prairie
Les cousins Dalton
Le Pony express
Sur la piste des Dalton
Les Dalton dans le blizzard
Un 4/5 affectif, mais un 4/5 quand même !
J'ai beaucoup aimé aussi bien le style graphique que l'histoire.
Charles est très attachant, du coup on attend la suite depuis 2004 mais va t-il y avoir une suite ? On retombe en enfance en lisant cette bd... Merci Vink (et Cine)...
S'il y a une suite, l'achat est fortement conseillé...
Note approximative : 3.5/5
Je me suis bien marré à la lecture de cette BD qui ne paie pourtant pas de mine.
Le dessin est de Bernet (Torpedo). De même origine que lui, son style se rapproche de celui de Risso (100 bullets, Je suis un vampire). Cependant, même s'il est bon, son trait n'a pas la même maîtrise technique. Ses planches ne sont en effet pas exemptes de fautes lui donnant un aspect légèrement bâclé. Cela reste cependant très plaisant à regarder et à lire, et on sent une vraie âme et un vrai style dans ce dessin.
Le scénario de Trillo se approche un peu de celui de Bang Bang des mêmes auteurs, à savoir une histoire légèrement délirante mélangeant complètement les styles, entre thriller, érotisme, histoire d'amour et surtout humour. Belle et la Bête sont en effet tous deux agents secrets pour une société qui se révèlera largement malfaisante.
L'une est la blonde incendiaire chargée de charmer toutes ses cibles usant de sa plastique incroyable et surtout de son insensibilité totale : elle ne ressent strictement rien, ni sentiments ni aucune douleur, ce qui est bien pratique lors des séances de torture.
L'autre est la gigantesque brute de service, chargé de "triturer, meurtrir, défoncer, détruire, massacrer".
Et entre les deux, ce sera bientôt le grand amour.
Mais ce serait trop simple si à cette love-story atypique ne s'ajoutait pas une histoire d'espionnage tordue, des personnages rocambolesques, une grosse dose d'érotisme soft, à l'aspect sado-maso près, et surtout beaucoup d'humour. Cet humour tient dans l'aspect dérisoire et un peu délirant du récit, mais il tient aussi beaucoup dans les textes du narrateur qui m'ont franchement fait rire.
Bref, ça ressemble un peu à un récit de gare déjanté mais c'est surtout un cocktail réussi de genres saupoudré d'une bonne dose de rigolade.
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Le Janitor
Chaque soir, mon épouse me rapportait un journal distribué gratuitement dans le métro et les gares de Bruxelles : "Metro". Et chaque jour y paraît UNE page d'une nouvelle BD. C'est ainsi que j'ai découvert "Le Janitor", jour après jour ; un peu comme j'attendais -il y a longtemps- la suite des histoires qui paraissaient dans "Spirou". Mais là c'était de semaine en semaine. Cinq jours/semaine j'ai donc lu cette nouvelle série. Et j'ai vraiment apprécié ! "Le Janitor" c'est d'abord l'excellente rencontre entre Sente et Boucq ; deux auteurs dont j'ai ressenti une grande complicité. Ce duo a ainsi concocté un postulat redoutablement bien construit. Qui plus est, tout "part" du Vatican ; un des endroits les plus mystérieux -de par ses silences- qu'il puisse exister. Grosse recherche dans la documentation, grande culture dans ce qui a trait au monde chrétien, Sente a ici construit une fiction -oui- mais qui a dans son jeu tous les atouts de la vérité. Ce premier tome m'a ainsi offert une histoire sans chichis inutiles, qui va m'emmener à Malte et se révéler diablement (hé hé !) efficace. Le dessin ?... Imparable. C'est net, précis, sans bavure(s) et donne un véritable coup de réalisme à l'histoire. In fine : une nouvelle série qui sort VRAIMENT de l'ordinaire, de grande qualité, et dont j'attends la suite avec réelle impatience. Le Vatican n'a pas livré tous ses secrets et ne vous les livrera pas. Mais peut-être en percerez-vous quelques uns !...
Carthago
Pacifique Sud, 1993. Lors d’un forage sous-marin, des scaphandriers de la multinationale Carthago périssent après s’être retrouvés nez à nez avec un monstre marin censé avoir disparu des millions d’années plus tôt. Les enjeux financiers étant énormes, l’affaire est rapidement étouffée. De nos jours, une équipe d’océanographes dirigée par Kim Melville (notez le clin d’œil à l’auteur de Moby Dick !) sonde les profondeurs à la recherche du mégalodon, ancêtre préhistorique du requin blanc et oh combien plus redoutable. On retrouve avec plaisir Christophe Bec aux commandes d’un scénario rappelant en partie celui de Sanctuaire. Les thèmes abordés sont d’actualité et aussi variés que l’écologie ou la toute puissance des grands groupes pétroliers. L’auteur nous entraîne par séquences de 5 ou 6 pages dans le temps et dans l’espace (début du Miocène, Jura méridional, golfe de Tadjoura…) et met en place petit à petit les pièces du puzzle. De nombreuses références jalonnent le récit, en particulier celle faite au commandant Cousteau. Le dessin d’Henninot très réaliste bien qu’un peu froid colle parfaitement à l’histoire et nous offre, notamment dans les profondeurs de l’océan, quelques planches magnifiques. Il est encore un peu tôt pour se prononcer définitivement sur cette série. Néanmoins, ce tome d’introduction sait tenir le lecteur en haleine et la suite est donc attendue avec grande impatience.
Garulfo
Cela faisait longtemps que j'avais entendu parlé de cette BD et je l'ai enfin empruntée à ma bibliothèque. Et je ne n'ai pas été déçu. Cette série permet de redécouvrir de manière humoristique les principaux éléments des contes pour enfants qui s'enchaînent pour produire un scénario vraiment réussi. L'idée de base (transformation prince/grenouille mutuelle) est vraiment géniale et l'auteur l'exploite de manière perspicace. Le travail autour du caractère de chaque personnage est vraiment réussi, la plupart ne correspondant pas au profil classique que l'on aurait pu imaginer. Excellente BD en somme. Pourquoi pas 5 ? De Cape et de Crocs lui reste un tout petit peu supérieur par les subtilités du dialogue et la qualité graphique de l'ensemble.
Les Mythes de Cthulhu
La complexité de l'univers de Lovecraft est impressionnante. Elle n'a d'égale que la complexité du style l'écriture utilisé par Lovecraft. L'une des forces premières de l'œuvre de Lovecraft est qu'une grande part des descriptions ne décrivent rien, mais laisse libre cours à notre imaginaire afin que chacun puisse s'inventer ses pires cauchemars… Aussi, mettre en dessin et tenter d'adapter la puissance des textes est sûrement l'un des exercices les plus périlleux que je puisse imaginer. D'ailleurs, d'autres s'y sont cassés les dents avant (" Lovecraft") et ma critique et mon point de vue assez tranché. Pour autant, le travail réalisé sur cette bande dessinée est assez convaincant. Premièrement, plutôt que d'essayer d'adapter le texte, Breccia a pris le parti de ne pas faire de réécriture, mais d'extraire directement les phrases utiles. Les textes sont donc du pur Lovecraft condensé, d'où seul l'indispensable a la compréhension de l'histoire a été tiré. Cela donne un rythme je pense un peu plus rapide que dans les nouvelles Lovecraftiennes, mais au final ce rythme semble être le bon. Ensuite restait à parvenir à mettre en images ces horreurs indicibles… Et Breccia je dois l'admettre a réussi quelque chose de très intéressant. Utilisant de multiples techniques, dont le collage, des dessins abstraits au dessin photo réaliste impressionnant d'élégance. Le résultat tel qu'énoncé par Breccia lui-même permet de produire des dessins souvent illisibles, qui pourraient tirer dans le grotesque, dans l'informe, mais associé à la puissance du texte, notre imagination, tel l'avait voulu le grand Lovecraft, prend le pas et nous amène dans un monde insoupçonnable. La richesse graphique de cette bande dessinée en fait non plus une bande dessinée justement, mais un véritable roman graphique au sens premier du terme. Aborder cette œuvre s'avère ainsi presque aussi ardue que de lire les nouvelles originales de Lovecraft. La richesse du texte, la richesse du graphisme et la complexifie inhérente à l'œuvre s'enchevêtrent afin de livrer une lecture puissante. Dernier avertissement, ce roman graphique n'apparaît pas particulièrement épais, mais la lecture condensée, le travail à fournir afin de s'approprier chacun des mots, chacune des phrases, chacune des représentations graphique de l'auteur demande de longues heures de lecture. Cet aspect de l'œuvre qui pourrait apparaître tout d'abord bloquant est cependant contourner par le fait que ce roman graphique présente un découpage et des ''chapitres'' respectant à la lettre les nouvelles de Lovecraft. Il est donc aisé de lire une nouvelle puis de prendre tout son temps avant d'aborder la suivante. Je ne saurais donc faire autre chose que de recommander chaudement cette œuvre à tous ceux dont la lecture des écrits originaux a rebuté jusqu'ici.
Au loup !
F’murr ? J’apprécie moyennement. L’humour du Génie des alpages me laisse de glace. Robin des Boites peut aller se rhabiller. La Tartine de clous est plutôt indigeste. Seul Le Pauvre Chevalier sort du lot. Alors pourquoi crier "au loup" ? He bien pour attirer votre attention sur cette petite bd qui ne paie pas de mine et qui, pourtant, vaut largement le détour ! Je constate que les avis ci-dessous sont plutôt tranchés et que les inconditionnels du "Génie des alpages" semblent en général déçus par cet album. Moi, c’est l’inverse. Je partais avec un a priori négatif mais bien vite ces histoires courtes librement inspirées de contes de Perrault ont extirpé de ma personne quelques esclaffements qui devinrent de plus en plus soutenus au fur et à mesure de ma lecture. Certes, les gags sont inégaux. Certains tombent à plat mais la plupart sont bien trouvés. Le loup a intérêt à bien s’accrocher quand on cherche des noises à une mère-grand de cet acabit et à un petit chaperon rouge au caractère aussi affirmé ! F’murr fait même intervenir Perrault pour tenter de rétablir un peu d’ordre dans ses contes bien mal menés par les protagonistes. Bref, cet album fait preuve de beaucoup d’inventivité ! Côté dessins, F’murr se lâche complètement avec ce style très "délié". On aime ou pas. Moi, j’adore ! Si elveen ne m’avait pas offert cette bd pour mon anniversaire (qui tombe le 9 janvier de chaque année pour les distraits), pour sûr que je serai passé à côté !
Féroce
Féroce... Tout est dans le titre... Le "dessin" si on peut l'appeler ainsi, est très intéressant, beaucoup de contrastes, des teintes qui vont du blanc éclatant de la neige au brun sale de la fourrure du héros, en passant par le rouge sanglant des cheveux des berserkers. Même si le récit est un peu court, et que la fin est quelque peu décevante, j'ai bien aimé cette bd, elle vaut le coup ne serait-ce que pour sa qualité graphique et son originalité.
Bételgeuse
J'avais mis la note maximale pour Aldébaran, chose que je ne ferais pas pour "Betelgeuse" qui est à mon avis moins passionnante. Pourtant le postulat de départ est le même, mais ici on voyage moins. J'ai l'impression que les 3/4 de l'aventure qui s'étale sur 5 tomes se passent principalement dans le fameux canyon verdoyant que nos héros empruntent afin de partir à la recherche des iums. Il y a même des moments où j'ai trouvé l'action un peu lente alors que je n'avais pas eu cette sensation dans la précédente série. Niveaux dessins ça reste très correct, dans la droite lignée d'Aldébaran, sans surprise mais toujours aussi démonstratif quand il s'agit d'exposer une faune et une flore plus qu'exotiques. Malgré tout, j'ai tout de même passé un agréable moment, mais je le répète, moins prenant que celui passé sur Aldébaran.
Lucky Luke
On ne présente plus ce monument de la Bd qui a fait mon bonheur étant plus jeune, et même si je trouve que la série a quelque peu vieilli, je relis la plupart des albums avec plaisir. Une série qu’il est difficile de noter globalement car le nombre de parutions est important, mais je dois dire et ce ne sera une surprise pour personne que les albums scénarisés par Goscinny ont ma préférence. Si il ne fallait en lire qu’un, il serait impossible de passer à côté des rivaux de Painful Gulch. Après lecture de l’ensemble des albums qui composent la série, voici pour moi et par ordre de préférence les 20 albums sortent du lot : Les rivaux de Painful Gulch En remontant le Mississipi Le juge Chasseur de Primes Le 20ème de cavalerie Les collines noires Ruée sur l’Oklahoma A l’ombre des derricks La Caravane La Diligence Calamity Jane Ma Dalton L’escorte Tortillas pour les Dalton L’héritage de Rantanplan Des rails sur la prairie Les cousins Dalton Le Pony express Sur la piste des Dalton Les Dalton dans le blizzard Un 4/5 affectif, mais un 4/5 quand même !
Le Passager
J'ai beaucoup aimé aussi bien le style graphique que l'histoire. Charles est très attachant, du coup on attend la suite depuis 2004 mais va t-il y avoir une suite ? On retombe en enfance en lisant cette bd... Merci Vink (et Cine)... S'il y a une suite, l'achat est fortement conseillé...
Belle et la Bête
Note approximative : 3.5/5 Je me suis bien marré à la lecture de cette BD qui ne paie pourtant pas de mine. Le dessin est de Bernet (Torpedo). De même origine que lui, son style se rapproche de celui de Risso (100 bullets, Je suis un vampire). Cependant, même s'il est bon, son trait n'a pas la même maîtrise technique. Ses planches ne sont en effet pas exemptes de fautes lui donnant un aspect légèrement bâclé. Cela reste cependant très plaisant à regarder et à lire, et on sent une vraie âme et un vrai style dans ce dessin. Le scénario de Trillo se approche un peu de celui de Bang Bang des mêmes auteurs, à savoir une histoire légèrement délirante mélangeant complètement les styles, entre thriller, érotisme, histoire d'amour et surtout humour. Belle et la Bête sont en effet tous deux agents secrets pour une société qui se révèlera largement malfaisante. L'une est la blonde incendiaire chargée de charmer toutes ses cibles usant de sa plastique incroyable et surtout de son insensibilité totale : elle ne ressent strictement rien, ni sentiments ni aucune douleur, ce qui est bien pratique lors des séances de torture. L'autre est la gigantesque brute de service, chargé de "triturer, meurtrir, défoncer, détruire, massacrer". Et entre les deux, ce sera bientôt le grand amour. Mais ce serait trop simple si à cette love-story atypique ne s'ajoutait pas une histoire d'espionnage tordue, des personnages rocambolesques, une grosse dose d'érotisme soft, à l'aspect sado-maso près, et surtout beaucoup d'humour. Cet humour tient dans l'aspect dérisoire et un peu délirant du récit, mais il tient aussi beaucoup dans les textes du narrateur qui m'ont franchement fait rire. Bref, ça ressemble un peu à un récit de gare déjanté mais c'est surtout un cocktail réussi de genres saupoudré d'une bonne dose de rigolade.