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Les Mythes de Cthulhu

Note: 4/5
(4/5 pour 4 avis)

Une adaptation des nouvelles de Lovecraft : Le Cérémonial (Weird Tales, 1923), Le Monstre sur le Seuil (Weird Tales, 1937), Le Cauchemard d'Innsmouth (Weird Tales, 1942), La Cité sans Nom (1921), Labomination de Dunnwitch (Weird Tales, 1929), L'appel de Cthulhu (Weird Tales, 1928), La couleur tombée du ciel (1927), Celui qui chuchotait dans les ténèbres (Weird Tales, 1935)


Adaptations de romans en BD Auteurs Argentins Lovecraft Photo et dessin

Qui n'a jamais entendu parler de H.P. Lovecraft se doit un jour de découvrir l'œuvre de cet écrivain d'exception. L'univers fantastique bercé d'horreurs innomables imaginé par Lovecraft fait appel aux peurs les plus profondes et les plus primaires ancrées dans notre cerveau. Développant un nouvel aspect de notre planète terre, les écrits de Lovecraft se basent sur une première œuvre où le doute plane sur son existence réelle ou fictive : le Nécronomicon.( originellement nommé Kitab al Azif (littéralement "Livre du musicien) aurait été écrit vers 730 à Damas par le poète Abdul al-Hazred, souvent surnommé « l'Arabe fou » par Lovecraft.) L'œuvre de Lovecraft est basée sur une mythologie faisant appel aux grands anciens, (dieux ancestraux dont l'origine remonte à la nuit des temps) dans laquelle ces derniers tentent de revenir et de reprendre possession de cette planète qu'ils ont perdus il y a bien longtemps. A moins qu'ils ne soient déjà là…ou qu'ils ne soient jamais vraiment partis ! " N'est pas mort ce qui semble à jamais dormir et en d'étranges éternités la Mort même peut mourir". "Au cours de mon premier voyage en Europe en 1959 ou 1960, j'avais acheté à Barcelone une anthologie de nouvelles d'horreur qui contenait aussi une nouvelle de Lovecraft, "L'Horreur de Dunwitch". Après l'avoir lue, je fus pris par une envie soudaine de l'adapter en bande dessinée. Vite, je me rendis compte que les moyens traditionnels de la bande dessinée n'étaient pas suffisants pour représenter l'univers de Lovecraft et je commençais à expérimenter des techniques nouvelles, comme le monotype ou le collage. Ces monstres sans forme, tout comme ceux que j'avais fait dans "l'Eternaute" sont ainsi faits parce que je ne voulais pas me limiter à donner au lecteur ma propre représentation de ces monstres. Je voulais que le lecteur y ajoute du sien, qu'il utilise cette base informe que je lui donnais, pour y greffer ses propres frayeurs, sa propre peur" Alberto Breccia

Scénaristes
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution Janvier 2004
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Les Mythes de Cthulhu
Les notes (4)
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05/04/2007 | Chalybs
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Par Montane
Note: 4/5

Cette superbe réédition d'une des œuvres phares d'Alberto Breccia nous permet de nous rappeler combien ce maître argentin du noir et blanc avait du talent. Comment adapter l'œuvre de HP Lovecraft et restituer l'horreur indescriptible ou indicible contenue dans ses contes fantastiques. En adoptant diverses techniques allant du réalisme à l'abstrait, du collage à l'utilisation d'encres grasses, Breccia parvient à restituer des êtres monstrueux, des masses difformes à peine esquissées qu'il appartiendra au lecteur de définir en fonction de son imaginaire et de son ressenti. Point de phylactère dans cette adaptation, mais des textes bruts et fournis attestant que l'on est bien dans une adaptation d'une œuvre littéraire. Les images sont superbes, et l'effet recherché est réussi. Cette adaptation se lit avec lenteur tant les textes sont denses et le regard accroché par le dessin. Une BD qui a elle seule synthétise tout le travail de Breccia, présente ici dans un superbe écrin.

03/05/2018 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Gaston

La première fois que j'ai lu cette bande dessinée, je ne connaissais Lovecraft que de réputation. J'avais envie de lire son œuvre mais je n'avais pas trouvé de livre à la bibliothèque à ce moment là et même si cette bande dessinée m'avait donné envie de lire son œuvre, je ne l'ai pas fait ayant d'autres bandes dessinées ou livres à lire. Il y a deux mois j'ai finalement lu mon premier recueil d'histoires de Lovecraft et j'ai adoré. J'ai alors eu envie de relire cet album et je ne fus pas du tout déçu. Les auteurs adaptent bien les récits du maitre et ils réussissent l'exploit de ne pas rendre les histoires nulles en montrant les monstres. J'adore le dessin et comment le dessinateur représente l'univers de Lovecraft. Même si on voit les monstres, ils ne ressemblent à rien et donc on peut tout de même imaginer à quoi ils ressemblent comme c'est le cas dans les nouvelles. Le dessin crée une atmosphère sombre qui va à merveille aux histoires. Je conseille la lecture même si vous connaissez déjà les récits, vous ne le regretterez pas !

28/04/2008 (MAJ le 24/01/2012) (modifier)
Par Ro
Note: 3/5
L'avatar du posteur Ro

La lecture de cet album d'Alberto Breccia et Norberto Buscaglia a su me redonner une vraie envie de lire certaines nouvelles de Lovecraft. C'est en soi une vraie réussite dans le sens où j'ai su retrouver dans ces histoires courtes en BD une partie de l'ambiance spécifique des oeuvres de ce sombre auteur, ce qui n'est pas donné à toute adaptation BD de tels ouvrages. Hélas, malgré les efforts manifestes et talentueux de Breccia, je reste convaincu qu'on ne peut pas représenter en image l'indicible. Pourtant Breccia y a mis un maximum du sien. Usant de différentes techniques graphiques, allant de la peinture réaliste jusqu'aux images parfaitement abstraites, utilisant différentes encres et peintures suivant les cases, usant de collages et autres insertions de photos, il réussit à donner une vraie atmosphère visuelle à son récit. Et effectivement, l'ambiance angoissante de Lovecraft parvient à suinter de certains passages de cette BD. Tout au long de ma lecture, je me suis senti plus ou moins transporté mais jamais totalement envoûté. Je regrette en effet l'alternance entre images détaillées et nettes, qui satisfont le lecteur en donnant une identité visuelle au récit mais peinent à dégager une vraie ambiance, et images nettement plus floues et abstraites. Ces dernières sont là en théorie pour non pas représenter l'invisible mais pour guider le lecteur et l'amener à imaginer lui-même ce que son esprit effrayé veut voir. Mais pour laisser vraiment l'imagination faire, il vaut mieux à mes yeux aucune image. Les textes seuls de Lovecraft ont été et sont toujours pour moi nettement plus évocateurs qu'une forme floue qui, qui plus est, se révèle pour moi souvent trop différente de ce que je m'imaginais à la lecture originale des nouvelles concernées. De ce fait, l'ambiance indicible de Lovecraft ne perce qu'en partie de cette adaptation BD, me laissant ainsi sur ma faim et y préférant la relecture des romans eux-mêmes. Certaines histoires notamment tombent plutôt à plat une fois transposées en BD. Je pense par exemple à La Cité sans Nom et même l'Appel de Cthulhu. Cependant, j'avoue avoir bien apprécié l'adaptation de certaines autres, notamment le Cauchemar d'Innsmouth (même si l'angoisse de la nouvelle ne ressort que très amoindrie), le Monstre sur le Seuil et Celui qui hantait les Ténèbres. A lire cependant car autant j'estime Lovecraft très difficile voire impossible à transcrire en BD, autant cet essai-là est quasiment une réussite.

21/04/2007 (modifier)
Par Chalybs
Note: 4/5

La complexité de l'univers de Lovecraft est impressionnante. Elle n'a d'égale que la complexité du style l'écriture utilisé par Lovecraft. L'une des forces premières de l'œuvre de Lovecraft est qu'une grande part des descriptions ne décrivent rien, mais laisse libre cours à notre imaginaire afin que chacun puisse s'inventer ses pires cauchemars… Aussi, mettre en dessin et tenter d'adapter la puissance des textes est sûrement l'un des exercices les plus périlleux que je puisse imaginer. D'ailleurs, d'autres s'y sont cassés les dents avant (" Lovecraft") et ma critique et mon point de vue assez tranché. Pour autant, le travail réalisé sur cette bande dessinée est assez convaincant. Premièrement, plutôt que d'essayer d'adapter le texte, Breccia a pris le parti de ne pas faire de réécriture, mais d'extraire directement les phrases utiles. Les textes sont donc du pur Lovecraft condensé, d'où seul l'indispensable a la compréhension de l'histoire a été tiré. Cela donne un rythme je pense un peu plus rapide que dans les nouvelles Lovecraftiennes, mais au final ce rythme semble être le bon. Ensuite restait à parvenir à mettre en images ces horreurs indicibles… Et Breccia je dois l'admettre a réussi quelque chose de très intéressant. Utilisant de multiples techniques, dont le collage, des dessins abstraits au dessin photo réaliste impressionnant d'élégance. Le résultat tel qu'énoncé par Breccia lui-même permet de produire des dessins souvent illisibles, qui pourraient tirer dans le grotesque, dans l'informe, mais associé à la puissance du texte, notre imagination, tel l'avait voulu le grand Lovecraft, prend le pas et nous amène dans un monde insoupçonnable. La richesse graphique de cette bande dessinée en fait non plus une bande dessinée justement, mais un véritable roman graphique au sens premier du terme. Aborder cette œuvre s'avère ainsi presque aussi ardue que de lire les nouvelles originales de Lovecraft. La richesse du texte, la richesse du graphisme et la complexifie inhérente à l'œuvre s'enchevêtrent afin de livrer une lecture puissante. Dernier avertissement, ce roman graphique n'apparaît pas particulièrement épais, mais la lecture condensée, le travail à fournir afin de s'approprier chacun des mots, chacune des phrases, chacune des représentations graphique de l'auteur demande de longues heures de lecture. Cet aspect de l'œuvre qui pourrait apparaître tout d'abord bloquant est cependant contourner par le fait que ce roman graphique présente un découpage et des ''chapitres'' respectant à la lettre les nouvelles de Lovecraft. Il est donc aisé de lire une nouvelle puis de prendre tout son temps avant d'aborder la suivante. Je ne saurais donc faire autre chose que de recommander chaudement cette œuvre à tous ceux dont la lecture des écrits originaux a rebuté jusqu'ici.

05/04/2007 (modifier)