Belle et la Bête
Belle est une blonde torride mais totalement insensible. La Bête est un surhomme tellement puissant et grand qu'il terrorise la populace. Tous deux travaillent pour une société secrète aux objectifs mystérieux.
Auteurs argentins Auteurs espagnols Carlos Trillo Histoires d'espions Love Stories
Belle est une blonde torride mais totalement insensible. La Bête est un surhomme tellement puissant et grand qu'il terrorise la populace. Tous deux travaillent pour une société secrète aux objectifs mystérieux. L'une est la blonde incendiaire chargée de charmer toutes ses cibles usant de sa plastique incroyable et surtout de son insensibilité totale : elle ne ressent strictement rien, ni sentiments ni aucune douleur, ce qui est bien pratique lors des séances de torture. L'autre est la gigantesque brute de service, chargé de "triturer, meurtrir, défoncer, détruire, massacrer". Et entre les deux, ce sera bientôt le grand amour. Histoire délirante sur le thème de la Belle et la Bête mêlant amour, espionnage, érotisme et beaucoup d'humour.
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| Date de parution | Février 1989 |
| Statut histoire | One shot 1 tome paru |
Les avis
Bernet au dessin et Trillo au scénario, voilà deux auteurs qui a priori m’intéressent et qui, malgré une œuvre inégale, proposent généralement des choses originales et qui méritent largement le détour. Et je dois dire que cet album confirme tout cela, tant il sort de l’ordinaire – tout en utilisant pas mal de clichés de genre. Les deux auteurs mêlent ici pas mal de genres, dans lesquels ils ont pas mal donné ailleurs. Du polar, un zest d’érotisme, une dose d’absurde, et une louche d’humour – tendance décalé et noir. Le résultat est inégal. J’ai eu du mal à entrer dans cette histoire, un peu fouillis, je ne savais pas où voulaient en venir les auteurs. Puis, peu à peu, je m’y suis fait – y compris au bordel qui persiste, volontairement. Car s’il y a bien une trame scénaristique, si Trillo place un cadre guerre froide, avec lutte d’espions, au milieu d’une intrigue vaguement polar, s’il y a bien un vague clin d’œil tendance king-kongesque (voir la couverture) au mythe de la Belle et de la Bête, ce qui prédomine ici est l’humour. Car tout est surjoué, caricatural (même la pin-up – Belle donc – est insensible à la douleur, y compris lorsqu’un type la triture avec une aiguille, ou lorsqu’elle est torturée), dans les grandes lignes comme dans les détails. Trillo parodie les récits de genre, en y ajoutant un narrateur (lui-même en fait !) qui prend le lecteur à témoin, en critiquant certains traits du scénario ou des dialogues, en jouant sur de l’autodérision, etc. Belle pense à haute voix en commentant ses actions (lorsqu’elle séduit un type, couche avec lui, en appliquant à la lettre tous les conseils donnés par l’Actors studio ! Bernet n’est pas en reste. Son trait en Noir et Blanc colle parfaitement au récit, et Belle, en pin-up hyper sexy (on retrouve ici quelques accointances avec la Bang Bang imaginée par le même duo d’auteurs, dans une version plus « adulte »), la Bête en géant qui ne mesure pas sa force et détruit tout (voir le scène finale) ajoutent visuellement au loufoque du scénario de Trillo. Au final, ça n’est pas un chef d’œuvre. Mais la lecture est suffisamment plaisante pour que les amateurs du duo – mais pas seulement – y trouvent leur compte. C’est une lecture décalée, un peu foutraque et bordélique, mais rafraichissante.
Bon, je vais noter plus large que prévu parce que c'est quand même un peu drôle, mais je trouve que le récit est assez hétérogène dans son ton. C'est un polar mâtiné d'amour, d'espionnage avec de l'érotisme et une grosse dose d'humour. L'humour qui me semble être le genre principal de la BD, avec les adresses de l'auteur au spectateur (parfois pour justifier quelque chose d'assez absurde), les petits moments autour de la bête ou encore la fin assez ... étrange. En fait, on est presque dans de la comédie bouffonne par moment, mais mélangé avec un polar structuré comme tel, des femmes fatales au méchant organisant un complot pour déclencher une guerre. C'est du coup assez étrange à lire, le mélange des genres faisant du tout une histoire peu conventionnelle. J'avais déjà noté les mélanges de genres que l'auteur utilisait dans L'Héritage du Colonel, où l'humour se faisait encore plus noir pour dénoncer une réalité sordide. Mais je trouve que ça marche moins bien ici, notamment parce que l'auteur semble s'excuser de certaines choses dans son récit qu'il n'assume pas complètement. Maintenant, ça reste intéressant à lire comme exercice narratif, combiné à un dessin qui correspond parfaitement au type de polar d'espionnage. De là à dire que c'est recommandé ...
Une histoire délirante qui mélange plusieurs genres (l'espionnage, la romance et aussi un peu d'érotisme). Je pense que c'est l'oeuvre du duo Trillo-Bernet que j'ai le plus aimé jusqu'à présent. Le dessin de Bernet est bien maîtrisé et j'ai trouvé ses femmes plus excitantes que dans Bang Bang. Quant au scénario de Trillo, ce n'est pas le Trillo qui fait des histoires à l'atmosphère de polar/thriller un peu glauque par moment du genre Je suis un vampire ou Cybersix (c'est la partie de son oeuvre que j'aime le plus), mais cela reste d'un bon niveau. Il y a une galerie de personnages mémorable et des idées assez originales qui rendent cet album divertissant et agréable à lire. J'ai un peu moins accroché à l'humour dont fait preuve Trillo ici. Ce n'est pas de l'humour noir et cynique comme dans plusieurs de ses séries, mais plus de l'humour délirant et un peu parodique qui montre que les auteurs ne se prenaient pas au sérieux lorsqu'ils ont fait cette histoire. Cela m'a fait sourire, mais pas du tout rire. Heureusement ça ne rend pas le récit moins bon. Au final, un album sympathique quoiqu'il ne fait pas partie des œuvres de Trillo que je conseillerais de lire en premier. À acheter si vous trouvez cet album pas cher dans une bouquinerie.
Note approximative : 3.5/5 Je me suis bien marré à la lecture de cette BD qui ne paie pourtant pas de mine. Le dessin est de Bernet (Torpedo). De même origine que lui, son style se rapproche de celui de Risso (100 bullets, Je suis un vampire). Cependant, même s'il est bon, son trait n'a pas la même maîtrise technique. Ses planches ne sont en effet pas exemptes de fautes lui donnant un aspect légèrement bâclé. Cela reste cependant très plaisant à regarder et à lire, et on sent une vraie âme et un vrai style dans ce dessin. Le scénario de Trillo se approche un peu de celui de Bang Bang des mêmes auteurs, à savoir une histoire légèrement délirante mélangeant complètement les styles, entre thriller, érotisme, histoire d'amour et surtout humour. Belle et la Bête sont en effet tous deux agents secrets pour une société qui se révèlera largement malfaisante. L'une est la blonde incendiaire chargée de charmer toutes ses cibles usant de sa plastique incroyable et surtout de son insensibilité totale : elle ne ressent strictement rien, ni sentiments ni aucune douleur, ce qui est bien pratique lors des séances de torture. L'autre est la gigantesque brute de service, chargé de "triturer, meurtrir, défoncer, détruire, massacrer". Et entre les deux, ce sera bientôt le grand amour. Mais ce serait trop simple si à cette love-story atypique ne s'ajoutait pas une histoire d'espionnage tordue, des personnages rocambolesques, une grosse dose d'érotisme soft, à l'aspect sado-maso près, et surtout beaucoup d'humour. Cet humour tient dans l'aspect dérisoire et un peu délirant du récit, mais il tient aussi beaucoup dans les textes du narrateur qui m'ont franchement fait rire. Bref, ça ressemble un peu à un récit de gare déjanté mais c'est surtout un cocktail réussi de genres saupoudré d'une bonne dose de rigolade.
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