Les héroïnes féminines ont la côte ces derniers temps dans le western, longtemps repère de vieux machistes ne réservant aux donzelles que des rôles de seconde zone et souvent typés (danseuses de cabaret/prostituées souvent, ou simples victimes à secourir).
Le personnage de Molly a quelque chose de surprenant. En effet, la gentille fille de l’ouest paumée dans le sud revanchard de l’après-guerre de sécession se révèle en fait plus ambivalente que pressenti. Elle n’hésite ainsi pas très longtemps à achever un homme à terre, et la violence ne lui fait pas peur ! Elle n’a d’ailleurs pas livré tous ses secrets à la fin du deuxième tome (qu’en est-il de ce fils tué à la fin de la guerre ? – et d’ailleurs elle a l’air de l’avoir eu rudement jeune !).
Toujours est-il qu’entourée d’un Mexicain métis dont elle repousse les avances et d’un gamin débrouillard qui la prendrait bien pour mère de substitution, notre Molly se dresse contre le magnat local, sur fond de KKK, de lutte féministe et d’accès à la lecture (car elle veut diffuser des livres dans la région arriérée où elle s’installe !).
La lecture est plaisante, fluide (le dessin de Fourquemin fait le boulot, même si je suis d’accord avec les remarques d’Agecanonix concernant les visages, trop anguleux pour les hommes).
Une lecture sympathique.
L’histoire se laisse lire, agréablement, assez rapidement (il n’y a pas beaucoup de texte ou de péripéties en fait).
L’auteur a fait un mixe de plusieurs influences. Lovecraft bien sûr, plusieurs fois cité ou évoqué, mais aussi Dante, ou la mythologie égyptienne (Saubek), grecque (Hadès). Le tout dans une histoire fantastique où il est question de mort, de passeur entre le monde des vivants et des morts, et de ce qui se tient après la mort.
La narration est fluide, la lecture plutôt agréable. Mais cela manque aussi de densité, l’intrigue est assez linéaire – jusqu’aux toutes dernières cases, où alors les rebondissements se multiplient jusqu’à la chute finale.
Le dessin est simple. Très lisible, il manque lui aussi de détails. Mais il fait le boulot. Je situerais plutôt le cœur de cible parmi les adolescents.
Le dessin est simple et très lisible, la pagination est aérée, et l’intrigue se laisse lire globalement facilement, agréablement (la narration est fluide).
Je pense néanmoins que l’album vise avant tout un lectorat adolescent – en tout ce sont eux qui apprécieront le plus cette histoire et l’univers collégien/lycéen dans lequel elle se développe.
Au travers de la préparation et de la présentation d’une « pièce de fin d’année », nous suivons un groupe de jeunes gens. Cela permet à l’auteur de développer (en les entremêlant) plusieurs thématiques : les premières amours, l’homosexualité, l’engagement, l’épanouissement par les arts sont au cœur de l’histoire, avec comme personnage principal et catalyseur la jeune Callie, hyper investie et dynamique pour le projet, mais aussi à la recherche de l’âme sœur, qu’elle croit à plusieurs reprises avoir trouvée.
Si on est bien dans un univers américain très classique avec cette comédie musicale de fin d’année, je reste quand même ébahi par tout le temps disponible pour ces jeunes gens – qu’on ne voit jamais réellement travailler, réviser, et qui semblent passer un nombre incalculable d’heures sur ce projet artistique, sans que leur scolarité n’en pâtisse !
Une lecture sympathique, à réserver à des ados sans doute, je ne sais pas.
Flipette et Vénère sont deux sœurs que tout oppose. Et qui vont, bien évidemment, se rapprocher sur la fin, après moult prises de bec (et de tête). Lucrèce Andrae surjoue trop cette opposition, en particulier lorsqu’il peaufine le portrait de Flipette, artiste vaguement bobo tellement peu au fait des enjeux politiques et sociaux (et tellement peu engagée) qu’elle ne connait aucun des thèmes de l’actualité récente, ne sait pas ce qu’est l’ONU. Un petit peu plus de nuance n’aurait pas nui à la crédibilité du personnage, au demeurant intéressant dans ses questionnements et son évolution.
Car, « obligée » de renouer avec sa sœur (qu’une fracture rend momentanément dépendante), elle va faire la connaissance de ses amis et des causes qu’ils défendent. Autant Flipette est hors sol, autant Vénère est engagée, dans de multiples combats auprès des démunis en tous genre, et côtoient des milieux punks ou anars. La rencontre des deux sœurs/mondes provoquent donc des étincelles, mais la narration est intéressante, et les personnages attachants.
Le côté graphique est assez surprenant. La colorisation est très tranchée, presque criarde, et ne cherche pas le réalisme. Le dessin est dynamique, mais pas assez fouillé à mon goût (et je trouve que l’auteure abuse des bouches grandes ouvertes). Mais bon, ceci étant dit, c’est très lisible.
Une lecture intéressante.
Sur le conseil d'une connaissance et avec la réédition en intégrale (5 tomes) je me suis plongé, il y a quelques temps dans la série Américan Vampire d'autant plus que les nom au scénario m'intriguaient : Snyder (que je connaissais déjà pour son run sur Batman) et Stephen king lui même .
En réalité seul la première histoire a été co écrite par King... Et j'avoue avoir été plutôt déçu par celle ci...elle est extrêmement classique et finalement sans intérêt. N'importe qui aurait pu l’écrire.
Sauf que... Snyder a continué la série et qu'il n'a pas fait de l'antagoniste (présenté dans l'histoire de King ) le personnage central (certes une grande partie de l'histoire tournera autour de lui) mais on intéressera à une autre galerie de personnages notamment Pearl... qui est nettement meilleur.
J'ai adoré le premier cycle, vraiment j'ai suivi avec beaucoup d’intérêt l’évolution de ses personnages, leur lien ambiguës , et ils se revèle finalement plus humain et plus complexe que ce à quoi je pouvais m'attendre.
Toutefois le cycle n'est pas sans défaut et de nombreuses petites histoires viennent parasiter la lecture (notamment le tome 1 de l'intégrale).
Et puis il y a le second cycle qui non seulement n'a pas su se renouveler, mais nous donne une fin vraiment très décevante. (Je n'en dirais pas plus).
J'ai eu beaucoup de mal à le suivre, le scénario est brouillon, les ficelles trop grosses, les rebondissements sans réelle surprise...bref une vraie déception.
Le dessin quant à lui est plutôt bon, simple mais pas simpliste, efficace et R. Albuquerque y insère sa propre patte qui le rend reconnaissable et agréable, mais je trouve que les personnages féminins se ressemblent beaucoup (trop). Il y a toutefois une évolution graphique entre les deux cycles , même si je préfère la simplicité du premier, le dessin du second cycle est plus doux, moins brut probablement dû à l'utilisation d'un lavis directement sur les planches mais il a son charme.
Pour conclure American Vampire est une série inégale, mais pour laquelle j'ai (étonnamment) une affection particulière et surtout pour son personnage principal que je trouve particulièrement soigné. Ce n'est pas l'aventure du siècle mais.... je m'y replongerai avec grand plaisir, d’ailleurs c'est ce que je vais probablement faire dès la fin de cette critique...
Schuiten est un auteur qui me déçoit toujours un peu quand il est à la fois au scénario et au dessin. Dans la lignée graphique des Cités obscures, La Douce est un bel album aux dessins touchants quand l’auteur brosse le portrait d’un vieux chauffeur mécanicien amoureux de sa machine qui ne peut se résoudre à la laisser partir à la ferraille. En filigrane, on retrouve un des thèmes favoris de Schuiten : la modernisation des moyens de transport et des villes. Léon Van Bel au visage marqué par l’âge assiste à la disparition d’un monde, celui auquel il a appartenu et qui s’efface lentement de sa mémoire. Plus que les personnages, c’est la 12.004, la superbe locomotive qui m’a séduit. Elle dégage une émotion particulière comme si le lecteur, non plus, ne voulait pas la laisser partir à la casse.
Forts du succès de la série Le Réseau Papillon, Franck Dumanche et Olivier Otéro ont voulu exploiter un peu plus le filon. Avec l'aide de Michel-Yves Schmitt au scénario, ils ont donc développé l'histoire de Claudine, une adolescente qui joue les messagères pour la Résistance à Brest.
Mais vient un moment où ça commence à devenir trop dangereux, et Claudine doit partir. C'est ainsi que commence cette histoire, qui permet aux deux co-scénaristes d'avoir une grande liberté dans la France occupée pendant la guerre, et une adolescente un brin rebelle dont les parents ont décidé de l'éloigner du danger contre son gré. C'est relativement classique dans le traitement, et le scénario comporte son lot de mystères, d'intrigues dans l'ombre, avec un présumé méchant qui ne l'est peut-être pas, un informateur mystère... Ça se lit bien, on a envie de suivre les aventures de cette gamine sans faute.
Côté dessin, Nicolas Otéro renoue un peu avec son style primal, avec ses petites erreurs anatomiques qui ont forgé son style, et fait le charme de celui-ci. Il est encore accompagné de son épouse Vérane aux couleurs, et c'est encore du bon boulot.
Je profite de la sortie du dernier opus pour me plonger dans l'univers de Pico Bogue et de sa soeur Ana Ana.
Je n'ai pas été particulièrement séduit par l'humour des deux enfants. J'aime assez l'humour intello mais ici je l'ai trouvé assez sec et sans beaucoup de poésie. Cela ne m'a pas fait rire ni même sourire. De plus j'ai trouvé que les gags tournaient un peu sur eux-mêmes au bout de quelques pages.
Ce qui singularise la série est le très beau graphisme de Dormal. En quelques traits économes presque dans un style Sempé l'auteur nous transporte dans une ambiance lumineuse et colorée très enfantine.
C'est presque en décalage avec le ton sérieux des remarques de Pico et de sa soeur.
Une série qui me partage entre un graphisme très attirant et un humour qui me laisse assez indifférent. 2.5
J’en attendais sans doute trop, un album pas inintéressant mais qui m’a clairement laissé sur ma faim.
Il ne faut pas être trop regardant sur le dessin, il y a un petit côté amateur avec un trait parfois maladroit.
Perso ça ne m’a pas gêné, un style simple et lisible.
L’auteure narre son expérience dans l’industrie des sables bitumineux au Canada, passage obligé pour rembourser son prêt étudiant.
Le contexte est bien rendu mais ce que je regrette, c’est la construction chronologique de l’album, qu’est ce que c’est linéaire !!
Changement de lieux, de tafs, d’équipes et systématiquement les mêmes comportements, l’auteure vivra un enfer de solitude et quelques expériences traumatisantes. Je m’attendais à plus de débat sur l’écologie à la vue du titre mais on est bien sûr le comportement masculin dans un tel microcosme. Une dénonciation louable mais pas bien passionnant à suivre, sur plus de 400 pages ça devient d’un chiant.
La fin rattrape un peu l’intérêt mais bien trop tard, j’ai trouvé plus utile et touchante la post face que les centaines de pages qui précèdent.
2,5
Je n’ai pas vu le film de Kechiche, mais je connaissais les grandes lignes de l’histoire de Saartjie Baartman (et de la destinée de sa « dépouille »).
Le sujet est bien sûr révoltant, mais bien dans l’air du temps de ce début de XIXème siècle, où les Européens vont coloniser l’Afrique. Et où les théories racistes vont fleurir, soutenues par les scientifiques. Exhibée comme une bête de foire, Saartjie préfigure les zoos humains qui vont se développer pendant un siècle du milieu du XIXème au milieu du siècle suivant, dans la plupart des pays européens (surtout les colonisateurs).
Bête de foire exploitée, en Angleterre puis en France, elle est ensuite l’objet de la convoitise des scientifiques français, qui auront, si ce n’est le dernier mot, en tout cas le dernier os, puisque, auscultée, palpée, humiliée de son vivant, son cadavre sera ensuite utilisé comme preuve de sa quasi « animalité » et de l’infériorité de sa race noire (le caractère exceptionnel – au regard des préjugés racistes de l’époque – de son « fessier » attirant autant les amateurs de freaks des foires que les scientifiques en mal de « monstruosité de la nature »).
Cette histoire est intéressante pour connaitre la destinée d’un être humain ravalé au rang de chose curieuse. Mais aussi pour et surtout pour comprendre une époque. Et pour voir que le racisme était bien ancré, puisqu’il a fallu du temps pour que l’on arrête de montrer ses restes dans un musée – et encore plus pour que ceux-ci reviennent sur ses terres d’origine, en Afrique du sud.
L’album se laisse lire. Le dessin de Renaud Pennelle est beau. Mais je l’ai trouvé trop sombre à plusieurs reprises. En soi ça colle au thème, mais la lisibilité n’était pas toujours suffisante.
Quant au « scénario », il est assez linéaire, mais clair.
Mais au final (et c’est pourquoi je ne mets que trois étoiles), je pense que cet album n’apporte pas grand-chose de plus que la lecture d’un documentaire, voire d’un essai historique (comme a pu en écrire – brillamment – sur le sujet Pascal Blanchard).
Note réelle 3,5/5.
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Molly West
Les héroïnes féminines ont la côte ces derniers temps dans le western, longtemps repère de vieux machistes ne réservant aux donzelles que des rôles de seconde zone et souvent typés (danseuses de cabaret/prostituées souvent, ou simples victimes à secourir). Le personnage de Molly a quelque chose de surprenant. En effet, la gentille fille de l’ouest paumée dans le sud revanchard de l’après-guerre de sécession se révèle en fait plus ambivalente que pressenti. Elle n’hésite ainsi pas très longtemps à achever un homme à terre, et la violence ne lui fait pas peur ! Elle n’a d’ailleurs pas livré tous ses secrets à la fin du deuxième tome (qu’en est-il de ce fils tué à la fin de la guerre ? – et d’ailleurs elle a l’air de l’avoir eu rudement jeune !). Toujours est-il qu’entourée d’un Mexicain métis dont elle repousse les avances et d’un gamin débrouillard qui la prendrait bien pour mère de substitution, notre Molly se dresse contre le magnat local, sur fond de KKK, de lutte féministe et d’accès à la lecture (car elle veut diffuser des livres dans la région arriérée où elle s’installe !). La lecture est plaisante, fluide (le dessin de Fourquemin fait le boulot, même si je suis d’accord avec les remarques d’Agecanonix concernant les visages, trop anguleux pour les hommes). Une lecture sympathique.
Hel (Scherding)
L’histoire se laisse lire, agréablement, assez rapidement (il n’y a pas beaucoup de texte ou de péripéties en fait). L’auteur a fait un mixe de plusieurs influences. Lovecraft bien sûr, plusieurs fois cité ou évoqué, mais aussi Dante, ou la mythologie égyptienne (Saubek), grecque (Hadès). Le tout dans une histoire fantastique où il est question de mort, de passeur entre le monde des vivants et des morts, et de ce qui se tient après la mort. La narration est fluide, la lecture plutôt agréable. Mais cela manque aussi de densité, l’intrigue est assez linéaire – jusqu’aux toutes dernières cases, où alors les rebondissements se multiplient jusqu’à la chute finale. Le dessin est simple. Très lisible, il manque lui aussi de détails. Mais il fait le boulot. Je situerais plutôt le cœur de cible parmi les adolescents.
En scène !
Le dessin est simple et très lisible, la pagination est aérée, et l’intrigue se laisse lire globalement facilement, agréablement (la narration est fluide). Je pense néanmoins que l’album vise avant tout un lectorat adolescent – en tout ce sont eux qui apprécieront le plus cette histoire et l’univers collégien/lycéen dans lequel elle se développe. Au travers de la préparation et de la présentation d’une « pièce de fin d’année », nous suivons un groupe de jeunes gens. Cela permet à l’auteur de développer (en les entremêlant) plusieurs thématiques : les premières amours, l’homosexualité, l’engagement, l’épanouissement par les arts sont au cœur de l’histoire, avec comme personnage principal et catalyseur la jeune Callie, hyper investie et dynamique pour le projet, mais aussi à la recherche de l’âme sœur, qu’elle croit à plusieurs reprises avoir trouvée. Si on est bien dans un univers américain très classique avec cette comédie musicale de fin d’année, je reste quand même ébahi par tout le temps disponible pour ces jeunes gens – qu’on ne voit jamais réellement travailler, réviser, et qui semblent passer un nombre incalculable d’heures sur ce projet artistique, sans que leur scolarité n’en pâtisse ! Une lecture sympathique, à réserver à des ados sans doute, je ne sais pas.
Flipette et Vénère
Flipette et Vénère sont deux sœurs que tout oppose. Et qui vont, bien évidemment, se rapprocher sur la fin, après moult prises de bec (et de tête). Lucrèce Andrae surjoue trop cette opposition, en particulier lorsqu’il peaufine le portrait de Flipette, artiste vaguement bobo tellement peu au fait des enjeux politiques et sociaux (et tellement peu engagée) qu’elle ne connait aucun des thèmes de l’actualité récente, ne sait pas ce qu’est l’ONU. Un petit peu plus de nuance n’aurait pas nui à la crédibilité du personnage, au demeurant intéressant dans ses questionnements et son évolution. Car, « obligée » de renouer avec sa sœur (qu’une fracture rend momentanément dépendante), elle va faire la connaissance de ses amis et des causes qu’ils défendent. Autant Flipette est hors sol, autant Vénère est engagée, dans de multiples combats auprès des démunis en tous genre, et côtoient des milieux punks ou anars. La rencontre des deux sœurs/mondes provoquent donc des étincelles, mais la narration est intéressante, et les personnages attachants. Le côté graphique est assez surprenant. La colorisation est très tranchée, presque criarde, et ne cherche pas le réalisme. Le dessin est dynamique, mais pas assez fouillé à mon goût (et je trouve que l’auteure abuse des bouches grandes ouvertes). Mais bon, ceci étant dit, c’est très lisible. Une lecture intéressante.
American Vampire
Sur le conseil d'une connaissance et avec la réédition en intégrale (5 tomes) je me suis plongé, il y a quelques temps dans la série Américan Vampire d'autant plus que les nom au scénario m'intriguaient : Snyder (que je connaissais déjà pour son run sur Batman) et Stephen king lui même . En réalité seul la première histoire a été co écrite par King... Et j'avoue avoir été plutôt déçu par celle ci...elle est extrêmement classique et finalement sans intérêt. N'importe qui aurait pu l’écrire. Sauf que... Snyder a continué la série et qu'il n'a pas fait de l'antagoniste (présenté dans l'histoire de King ) le personnage central (certes une grande partie de l'histoire tournera autour de lui) mais on intéressera à une autre galerie de personnages notamment Pearl... qui est nettement meilleur. J'ai adoré le premier cycle, vraiment j'ai suivi avec beaucoup d’intérêt l’évolution de ses personnages, leur lien ambiguës , et ils se revèle finalement plus humain et plus complexe que ce à quoi je pouvais m'attendre. Toutefois le cycle n'est pas sans défaut et de nombreuses petites histoires viennent parasiter la lecture (notamment le tome 1 de l'intégrale). Et puis il y a le second cycle qui non seulement n'a pas su se renouveler, mais nous donne une fin vraiment très décevante. (Je n'en dirais pas plus). J'ai eu beaucoup de mal à le suivre, le scénario est brouillon, les ficelles trop grosses, les rebondissements sans réelle surprise...bref une vraie déception. Le dessin quant à lui est plutôt bon, simple mais pas simpliste, efficace et R. Albuquerque y insère sa propre patte qui le rend reconnaissable et agréable, mais je trouve que les personnages féminins se ressemblent beaucoup (trop). Il y a toutefois une évolution graphique entre les deux cycles , même si je préfère la simplicité du premier, le dessin du second cycle est plus doux, moins brut probablement dû à l'utilisation d'un lavis directement sur les planches mais il a son charme. Pour conclure American Vampire est une série inégale, mais pour laquelle j'ai (étonnamment) une affection particulière et surtout pour son personnage principal que je trouve particulièrement soigné. Ce n'est pas l'aventure du siècle mais.... je m'y replongerai avec grand plaisir, d’ailleurs c'est ce que je vais probablement faire dès la fin de cette critique...
La Douce (Schuiten)
Schuiten est un auteur qui me déçoit toujours un peu quand il est à la fois au scénario et au dessin. Dans la lignée graphique des Cités obscures, La Douce est un bel album aux dessins touchants quand l’auteur brosse le portrait d’un vieux chauffeur mécanicien amoureux de sa machine qui ne peut se résoudre à la laisser partir à la ferraille. En filigrane, on retrouve un des thèmes favoris de Schuiten : la modernisation des moyens de transport et des villes. Léon Van Bel au visage marqué par l’âge assiste à la disparition d’un monde, celui auquel il a appartenu et qui s’efface lentement de sa mémoire. Plus que les personnages, c’est la 12.004, la superbe locomotive qui m’a séduit. Elle dégage une émotion particulière comme si le lecteur, non plus, ne voulait pas la laisser partir à la casse.
La Bataille de Claudine
Forts du succès de la série Le Réseau Papillon, Franck Dumanche et Olivier Otéro ont voulu exploiter un peu plus le filon. Avec l'aide de Michel-Yves Schmitt au scénario, ils ont donc développé l'histoire de Claudine, une adolescente qui joue les messagères pour la Résistance à Brest. Mais vient un moment où ça commence à devenir trop dangereux, et Claudine doit partir. C'est ainsi que commence cette histoire, qui permet aux deux co-scénaristes d'avoir une grande liberté dans la France occupée pendant la guerre, et une adolescente un brin rebelle dont les parents ont décidé de l'éloigner du danger contre son gré. C'est relativement classique dans le traitement, et le scénario comporte son lot de mystères, d'intrigues dans l'ombre, avec un présumé méchant qui ne l'est peut-être pas, un informateur mystère... Ça se lit bien, on a envie de suivre les aventures de cette gamine sans faute. Côté dessin, Nicolas Otéro renoue un peu avec son style primal, avec ses petites erreurs anatomiques qui ont forgé son style, et fait le charme de celui-ci. Il est encore accompagné de son épouse Vérane aux couleurs, et c'est encore du bon boulot.
Pico Bogue
Je profite de la sortie du dernier opus pour me plonger dans l'univers de Pico Bogue et de sa soeur Ana Ana. Je n'ai pas été particulièrement séduit par l'humour des deux enfants. J'aime assez l'humour intello mais ici je l'ai trouvé assez sec et sans beaucoup de poésie. Cela ne m'a pas fait rire ni même sourire. De plus j'ai trouvé que les gags tournaient un peu sur eux-mêmes au bout de quelques pages. Ce qui singularise la série est le très beau graphisme de Dormal. En quelques traits économes presque dans un style Sempé l'auteur nous transporte dans une ambiance lumineuse et colorée très enfantine. C'est presque en décalage avec le ton sérieux des remarques de Pico et de sa soeur. Une série qui me partage entre un graphisme très attirant et un humour qui me laisse assez indifférent. 2.5
Environnement toxique
J’en attendais sans doute trop, un album pas inintéressant mais qui m’a clairement laissé sur ma faim. Il ne faut pas être trop regardant sur le dessin, il y a un petit côté amateur avec un trait parfois maladroit. Perso ça ne m’a pas gêné, un style simple et lisible. L’auteure narre son expérience dans l’industrie des sables bitumineux au Canada, passage obligé pour rembourser son prêt étudiant. Le contexte est bien rendu mais ce que je regrette, c’est la construction chronologique de l’album, qu’est ce que c’est linéaire !! Changement de lieux, de tafs, d’équipes et systématiquement les mêmes comportements, l’auteure vivra un enfer de solitude et quelques expériences traumatisantes. Je m’attendais à plus de débat sur l’écologie à la vue du titre mais on est bien sûr le comportement masculin dans un tel microcosme. Une dénonciation louable mais pas bien passionnant à suivre, sur plus de 400 pages ça devient d’un chiant. La fin rattrape un peu l’intérêt mais bien trop tard, j’ai trouvé plus utile et touchante la post face que les centaines de pages qui précèdent. 2,5
Vénus noire
Je n’ai pas vu le film de Kechiche, mais je connaissais les grandes lignes de l’histoire de Saartjie Baartman (et de la destinée de sa « dépouille »). Le sujet est bien sûr révoltant, mais bien dans l’air du temps de ce début de XIXème siècle, où les Européens vont coloniser l’Afrique. Et où les théories racistes vont fleurir, soutenues par les scientifiques. Exhibée comme une bête de foire, Saartjie préfigure les zoos humains qui vont se développer pendant un siècle du milieu du XIXème au milieu du siècle suivant, dans la plupart des pays européens (surtout les colonisateurs). Bête de foire exploitée, en Angleterre puis en France, elle est ensuite l’objet de la convoitise des scientifiques français, qui auront, si ce n’est le dernier mot, en tout cas le dernier os, puisque, auscultée, palpée, humiliée de son vivant, son cadavre sera ensuite utilisé comme preuve de sa quasi « animalité » et de l’infériorité de sa race noire (le caractère exceptionnel – au regard des préjugés racistes de l’époque – de son « fessier » attirant autant les amateurs de freaks des foires que les scientifiques en mal de « monstruosité de la nature »). Cette histoire est intéressante pour connaitre la destinée d’un être humain ravalé au rang de chose curieuse. Mais aussi pour et surtout pour comprendre une époque. Et pour voir que le racisme était bien ancré, puisqu’il a fallu du temps pour que l’on arrête de montrer ses restes dans un musée – et encore plus pour que ceux-ci reviennent sur ses terres d’origine, en Afrique du sud. L’album se laisse lire. Le dessin de Renaud Pennelle est beau. Mais je l’ai trouvé trop sombre à plusieurs reprises. En soi ça colle au thème, mais la lisibilité n’était pas toujours suffisante. Quant au « scénario », il est assez linéaire, mais clair. Mais au final (et c’est pourquoi je ne mets que trois étoiles), je pense que cet album n’apporte pas grand-chose de plus que la lecture d’un documentaire, voire d’un essai historique (comme a pu en écrire – brillamment – sur le sujet Pascal Blanchard). Note réelle 3,5/5.