Lu à la suite de la série Les experts de la même Anouk Ricard, j'ai bien aimé ces petites histoires. Le principe est simple, l'auteur prend des titres de journaux un peu rigolos qu'elle voit passer dans la presse et en imagine ce qui aurait pu se passer. Pas mal d'humoristes pratiquent l'exercice, comme Gaspard Proust chez Ardisson à une époque.
Exemple de titre, "elle trouve une dent dans sa saucisse" et l'auteur s'imagine que deux employés de l'usine de charcuterie en viennent aux mains et qu'un coup de poing fait voler une dent dans la cuve de viande. Ou encore quand un homme décide de récupérer la Clio qu'il venait de vendre avec le double des clés qu'il avait conservé. Des titres déjà drôles qui laissent courir l'imagination de l'autrice et son dessin mignon.
Un roman graphique autobiographique d'une jeune fille née en 1990 qui raconte tout son mal-être, son isolement et les moqueries, y compris familiales, sur son surpoids. On y voit les problèmes pour s'habiller, accepter son corps et le regard des autres, mais aussi une forte envie de manger des chips. Le dessin est noir et sombre, un aspect photo réaliste d'un bel effet.
Autant dire que niveau plaisir de lecture, ce n'est pas forcément la panacée. En plus c'est en québécois natif... je rigole, ça reste compréhensible. Bref, une sorte de thérapie par le dessin. Accepter que beauté ne rime pas forcément avec minceur. Sa famille a pris conscience des choses et de remarques blessantes. Peut se lire si vous n'êtes pas déjà en période de dépression.
2,5 chips.
Je suis d'accord avec les avis précédents. L'histoire part très bien, Corbeyran sait émousser notre curiosité. L'univers et la fluidité du récit sont très bien faits et très lisse pour passer un bon moment et on a envie de poursuivre l'histoire pour en connaître son dénouement. Seul hic : c'est très classique et le tome 2 apporte son lot de réponses, sans que ce soit exceptionnel. Il manquerait un petit quelque chose, mais heureusement que le talent du scénariste sait nous tenir en haleine.
Côté dessin, les planches de Despujol sont superbes. La colorisation est très efficace et colle parfaitement au récit.
En bref, un bon moment, mais pas la série du siècle.
Il y a des œuvres dès les premières pages on sent que l'on sera happé par les événements, et c'est le cas avec Mibu Gishi Den.
Des récits mettant en avant le Shinsengumi il y en a de très bons, mais là où celui-ci se démarque, c'est de par sa narration et son point de vue. L'originalité de cette histoire, c'est que l'on suit un déserteur condamné à se faire seppuku.
Que se passe-t-il quand un samurai ne veut pas s'ouvrir le ventre, d'autant plus que c'était un excellent bretteur ?
Autre point notable, c'est le jongle entre 2 époques, la fin des Tokugawa 1868 et 1914.
En tout cas j'ai trouvé cela bien amené.
Le dessin n'est pas en reste non plus et son trait m'a rappelé celui de Jiro Taniguchi certains moments.
Affaire à suivre…
J'ai bien une grosse réserve sur ce Hentai mais je reconnais que la lecture des 185 pages ne fut pas désagréable.
L'histoire de cet improbable club de compétition sexuelle est bien construite autour d'un couple Hotaka (la fille)/Kyosato qui s'inscrivent et vont devenir amoureux malgré leurs divers expériences de compétition.
Car le jeune Kyosato possède un don qui le rend aussi performant qu'une star masculine du X sans que la belle Hotaka ne soit trop jalouse.
Les scènes sont explicites mais assez soft et sans violence. L'ambiance est assez rigolote et la construction du récit bien menée.
Toutefois j'ai une réserve sur le graphisme de ces demoiselles. Car si l'auteur nous les présente dans les dialogues comme des lycéennes de 18 ans ce n'est pas l'impression que donne son dessin.
C'est d'ailleurs vrai pour de nombreux mangas qui proposent des personnages féminins très poupées bimbos.
Cette remarque négative enregistrée, c'est un ouvrage pour adultes qui tient bien la route.
Voici un one shot du célèbre duo faisant la série I.R.$..
Je dois dire que je suis plutôt mitigé à la sortie de cette lecture.
Le bât blesse surtout au niveau du scénario, nous avons droit à tout ce qui fait l’ambiance des années 1930, le Duce, les Nazis, l’holocauste, tous ces thèmes sont abordés, et nous suivons les aventures du héros dans de nombreux pays balloté par tous ces événements.
Seulement, on sent bien que c’est un scénario de Desberg, très vite j’ai trouvé cela assez fouillis et finalement assez vide. Le postulat de départ fait tout de suite penser à une sorte d’Indiana Jones, mais s’en éloigne très rapidement pour prendre une tournure beaucoup plus politique, plus espionnage.
Le dessin en revanche est vraiment beau. On sent que Vrancken se régale. De belles planches, de magnifiques doubles planches, servies par une colorisation impeccable et un grand format d’édition qui lui fait honneur. Il est agréable de voir ce dessinateur sortir un peu de sa zone de confort qu’est I.R.$., et de le voir s’en sortir à merveille, on sent vraiment qu’il a pris un grand plaisir à dessiner cet album.
J’ai donc passé un bon moment de lecture, même si j’en ressors très mitigé, déçu par le scénario mais agréablement surpris par les dessins.
Nous voici dans une adaptation du célèbre roman d’Umberto Eco. Par le célèbre Manara, plus connu pour ses œuvres érotiques qu’autre chose.
Sans surprise nous avons droit à un bon album, une enquête au sein d’un monastère où ont lieu des meurtres.
Le dessin est splendide, il faut dire que Manara maîtrise depuis un bon moment le souci du détail et de l’ambiance.
Je me suis laissé porter par l’histoire sans difficulté et avec plaisir.
A savoir si l’adaptation est fidèle ? J’en ai bien l’impression, même si la lecture du roman remonte à un bon moment pour moi, l’adaptation du film d’Annaud étant beaucoup plus fraîche dans mon esprit. (On y retrouve d’ailleurs au niveau de certains personnages, des décors, de l’ambiance, une forte influence du film).
J’en serai évidement pour la suite et la conclusion de l’histoire.
Qu'est-ce que la géopolitique ?
Vaste question à laquelle cet album s'efforce de répondre, dans une suite ininterrompue de cases qui rappelle le processus popularisé par La Revue dessinée il y a quelques années. Cela commence avec les penseurs de l'Antiquité, tels Hérodote, en s'arrêtant avec l'invasion de L'Ukraine par la Russie en 2022, une action justifiée par des raisons géopolitiques fumeuses. D'ailleurs à la lecture de cet album, on ne peut s'empêcher de penser qu'il s'agit parfois de vent, entre les déterministes qui estiment que la destinée d'un peuple est présidée par son histoire ou ses traditions, et ceux qui émettent des théories sur la Pangermanie, le Rimland ou d'autres communautés d'Etats plus ou moins bien pensées. C'est assez éclairant, mais la somme d'informations est telle qu'il m'a fallu plusieurs jours pour lire cet album pourtant pas si épais. Heureusement que l'exposé de Vincent Piolet, docteur en géopolitique et journaliste dans des revues spécialisées, est émaillé de traits d'humour ou de rappels distrayants de certains faits historiques.
Le dessin est assuré par Nicola Gobbi, caricaturiste italien, dont l'expressivité des personnages est assez bluffante, malgré une mise en couleurs qui leur donne à tous une allure maladive. Il y a pas mal de cartes, éléments essentiel qui permet d'illustrer le propos et de respirer dans les pavés de texte.
Des Elfes qui ont fui leur monde, sous la coup d'un congénère malfaisant. Des adolescents hybrides (ou pas) qui découvrent leurs pouvoirs, un brin rebelles.
Un point de départ relativement classique, mais des points de scénario qui dérangent. Comme par exemple, personne ne trouve bizarre qu'Emmy trouve un Elfe dans la forêt, qui se trouve être son demi-frère, dont elle a appris l'existence une demie-heure auparavant. Une annonce qui n'amène pas d'émotion particulière. Et une rencontre qui se fait sans heurts, Emmy tombant dans les bras de son demi-frère... Un demi-frère dont personne ne remet en cause l'identité... Et ainsi de suite. Je sais qu'on estd ans une publication pour la jeunesse, mais j'imagine qu'à 12 ans, j'aurais accueilli ce demi-frère presque littéralement tombé du ciel avec un brin de précaution, de circonspection... Non là tout se fait un peu trop automatiquement.
Je vais spoiler un peu la suite, obligé pour pointer certains points négatifs.
L'action devient échevelée dans le dernier tiers de l'album, et on en finit par perdre le fil entre les conversations de la dizaine de personnages qui trouve refuge dans un chalet, soi-disant en terre sacrée (d'où sort ce statut ?), où débarque sans problème Torik, le méchant Elfe. Qui repart sans vraiment avoir été battu. Il manque pas mal d'explications, ou des précisions sur ce qu'il se passe.
A côté de tout cela, le dessin d'Hortense Pien, dont elle assure les couleurs, est vraiment intéressant, dans un style élégant et raffiné, même s'il manque encore de maîtrise. Cela mérite une maturation, mais ce n'est vraiment pas désagréable à l'oeil.
Le western n'étant pas spécialement mon genre de prédilection, j'étais quand même curieux de voir ce que cette nouvelle série du genre allait nous proposer, surtout avec comme personnage principal un marshal noir.
Ce sont avant tout les très belles couvertures chaleureuses et mystérieuses de la série qui m'ont motivé. Ma déception n'en fut que plus grande en ouvrant les albums. Le dessin d'Igor Kordey et surtout la colorisation de Nikola Vitkovic sont loin d'être ce que j'affectionne le plus, surtout quand on les compare avec les couvertures. Passé cette première déconvenue, j'ai attaqué ma lecture en misant davantage sur le scénario que sur le dessin.
Là, si l'histoire est bonne pour le premier tome, ça manque quand même cruellement de crédibilité sur des points majeurs. Tout d'abord le fait que ce Marshall Bass soit noir a du mal à se concevoir à cette époque. Quant au fait que le chef de la bande de voleurs noirs qu'il traque soit menée par un blanc passe encore moins...
J'ai déjà plus accroché avec le second tome qui nous raconte sa rencontre avec une famille de dégénérés. Les personnages sont plus poussés et intéressants, même dans les rôles secondaires.
Un bon moment de lecture et de divertissement, et même si c'est loin d'être ce que je recherche et ce que j'apprécie, je commence à m'y faire au western, mine de rien :)
*** Tome 6 ***
Avec ce sixième tome, qui peut très bien se lire indépendamment, Darko Macan nous propose un scénario original qui va plonger notre Bass dans une merde profonde...
L'album s'ouvre sur la découverte de la bande de truands "Los Lobos" qui va rapidement "s'inviter" dans l'hacienda où l'ancienne femme de Bass a refait sa vie. L'album va alors donner lieu à un huis-clos tendu entre cette bande de psychopathes, la femme de Bass et ses enfants et la famille de Don Heradio avec qui elle s'est installée. Restait à Bass à entrer en jeu, ce qu'il va faire en se jetant dans la gueule du loup...
Voilà un scénario de western prenant, magnifiquement illustré par Igor Kordey, dont j'apprécie finalement de plus en plus le trait si particulier. Certaines de ses planches (les doubles pages surtout) sont scotchantes ! Ça fourmille de détails et les personnages sont toujours d'une grande expressivité. Ces jeux de regards dans cet album ! Ajoutez à cela une lumière merveilleusement gérée dans la colorisation (merci d'avoir changé de coloriste) : on en prend plein les mirettes !
Bref, un très bon 6e tome qui continue de me réconcilier avec le western !
*** Tome 7 ***
Voilà un tome 7 qui m'aura surpris par sa construction et la façon de nous raconter le sombre passé de notre protagoniste.
En effet, on retrouve River Bass en pleine fête de famille à laquelle sont conviés divers notables. C'est à cette occasion qu'on lui demande d'où vient ce surnom de River. C'est à ce moment que le récit bascule et nous plonge dans la jeunesse de Bass pour nous dévoiler l'origine de son nom et une tranche primordiale de sa jeunesse qui explique ce qu'il est aujourd'hui...
Voilà un joli tour de passe-passe bien pensé que nous propose Darko Macan. Il lui permet de dévoiler un large pan de ce qui a construit la personnalité de notre personnage au travers de péripéties épiques et tragiques. Le dessin d'Igor Kordey reste toujours aussi bon et impressionnant de précision ; ses cases sont toujours aussi riches d'une foultitude de détails qui rendent ses planches des plus vivantes.
Un très bon 7e album qui réussit au travers d'un long flashback à nous éclairer sur notre Mashall et à nous embarquer dans des péripéties captivantes.
*** Tome 8 ***
Et c'est reparti à brides abattues sur les sentiers sauvages du wild west americain !
Cette fois, Bass va devoir parcourir les étendues sauvages américaines afin de remettre la main sur Mindy Maguire. Cette dernière, péripatéticienne notoire à la maison close de madame Cléo, a abattu un notable du bled et s'est enfui en territoire indien. Le shérif Dryheave promet alcool a volonté à tous les volontaires qui se lanceront à ses trousses. La course contre la montre entre les hommes du shérif et Bass est lancée pour savoir qui la retrouvera en premier... La survie de Mindy en dépend.
Si ce n'est pas le meilleur opus de la série, j'avoue que l'originalité de la trame narrative et son contexte sont bien exploités. Le dessin d'Igor Kordey est toujours aux petites oignons et rend toujours majestueusement grâce à la nature et sa grandeur dans ce tome. La nature humaine (surtout ses bas instincts) y sont tranquillement décortiqués et restitués : Marshal Bass, éternel pivot de ce monde un peu fou à cette époque, coincé entre sa condition et son insigne...
Un huitième tome qu'on avale d'une traite, même si nous sommes loin des révélations ou des grands événements de certains tomes de la série.
*** Tome 10 ***
Ce 10e tome n'est pas celui qui m'aura le plus convaincu.
Bass joue contre la montre pour tenter de sauver les habitants d'El Paso, encerclée par l'armée qui menace de la pilonner. On y recroise la bande de pseudo Texas Rangers qui écumait la contrée, coincée là tout comme Mindy Maguire que nous avions connu dans le tome 8.
Le grain de folie qui anime le chef de la troupe est assez jubilatoire en tant que spectateur, et les scènes d'actions ne font pas dans la dentelle... mais plutôt dans le puzzle !
Pour autant, j'ai trouvé que cet album était vite expédié côté scénario ; si le dessin est toujours aussi agréable et minutieux, on avale cet album en deux temps trois mouvements.
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Faits divers
Lu à la suite de la série Les experts de la même Anouk Ricard, j'ai bien aimé ces petites histoires. Le principe est simple, l'auteur prend des titres de journaux un peu rigolos qu'elle voit passer dans la presse et en imagine ce qui aurait pu se passer. Pas mal d'humoristes pratiquent l'exercice, comme Gaspard Proust chez Ardisson à une époque. Exemple de titre, "elle trouve une dent dans sa saucisse" et l'auteur s'imagine que deux employés de l'usine de charcuterie en viennent aux mains et qu'un coup de poing fait voler une dent dans la cuve de viande. Ou encore quand un homme décide de récupérer la Clio qu'il venait de vendre avec le double des clés qu'il avait conservé. Des titres déjà drôles qui laissent courir l'imagination de l'autrice et son dessin mignon.
La Grosse Laide
Un roman graphique autobiographique d'une jeune fille née en 1990 qui raconte tout son mal-être, son isolement et les moqueries, y compris familiales, sur son surpoids. On y voit les problèmes pour s'habiller, accepter son corps et le regard des autres, mais aussi une forte envie de manger des chips. Le dessin est noir et sombre, un aspect photo réaliste d'un bel effet. Autant dire que niveau plaisir de lecture, ce n'est pas forcément la panacée. En plus c'est en québécois natif... je rigole, ça reste compréhensible. Bref, une sorte de thérapie par le dessin. Accepter que beauté ne rime pas forcément avec minceur. Sa famille a pris conscience des choses et de remarques blessantes. Peut se lire si vous n'êtes pas déjà en période de dépression. 2,5 chips.
Sideshow
Je suis d'accord avec les avis précédents. L'histoire part très bien, Corbeyran sait émousser notre curiosité. L'univers et la fluidité du récit sont très bien faits et très lisse pour passer un bon moment et on a envie de poursuivre l'histoire pour en connaître son dénouement. Seul hic : c'est très classique et le tome 2 apporte son lot de réponses, sans que ce soit exceptionnel. Il manquerait un petit quelque chose, mais heureusement que le talent du scénariste sait nous tenir en haleine. Côté dessin, les planches de Despujol sont superbes. La colorisation est très efficace et colle parfaitement au récit. En bref, un bon moment, mais pas la série du siècle.
Mibu Gishi Den
Il y a des œuvres dès les premières pages on sent que l'on sera happé par les événements, et c'est le cas avec Mibu Gishi Den. Des récits mettant en avant le Shinsengumi il y en a de très bons, mais là où celui-ci se démarque, c'est de par sa narration et son point de vue. L'originalité de cette histoire, c'est que l'on suit un déserteur condamné à se faire seppuku. Que se passe-t-il quand un samurai ne veut pas s'ouvrir le ventre, d'autant plus que c'était un excellent bretteur ? Autre point notable, c'est le jongle entre 2 époques, la fin des Tokugawa 1868 et 1914. En tout cas j'ai trouvé cela bien amené. Le dessin n'est pas en reste non plus et son trait m'a rappelé celui de Jiro Taniguchi certains moments. Affaire à suivre…
Love contest
J'ai bien une grosse réserve sur ce Hentai mais je reconnais que la lecture des 185 pages ne fut pas désagréable. L'histoire de cet improbable club de compétition sexuelle est bien construite autour d'un couple Hotaka (la fille)/Kyosato qui s'inscrivent et vont devenir amoureux malgré leurs divers expériences de compétition. Car le jeune Kyosato possède un don qui le rend aussi performant qu'une star masculine du X sans que la belle Hotaka ne soit trop jalouse. Les scènes sont explicites mais assez soft et sans violence. L'ambiance est assez rigolote et la construction du récit bien menée. Toutefois j'ai une réserve sur le graphisme de ces demoiselles. Car si l'auteur nous les présente dans les dialogues comme des lycéennes de 18 ans ce n'est pas l'impression que donne son dessin. C'est d'ailleurs vrai pour de nombreux mangas qui proposent des personnages féminins très poupées bimbos. Cette remarque négative enregistrée, c'est un ouvrage pour adultes qui tient bien la route.
Les Enfants du ciel
Voici un one shot du célèbre duo faisant la série I.R.$.. Je dois dire que je suis plutôt mitigé à la sortie de cette lecture. Le bât blesse surtout au niveau du scénario, nous avons droit à tout ce qui fait l’ambiance des années 1930, le Duce, les Nazis, l’holocauste, tous ces thèmes sont abordés, et nous suivons les aventures du héros dans de nombreux pays balloté par tous ces événements. Seulement, on sent bien que c’est un scénario de Desberg, très vite j’ai trouvé cela assez fouillis et finalement assez vide. Le postulat de départ fait tout de suite penser à une sorte d’Indiana Jones, mais s’en éloigne très rapidement pour prendre une tournure beaucoup plus politique, plus espionnage. Le dessin en revanche est vraiment beau. On sent que Vrancken se régale. De belles planches, de magnifiques doubles planches, servies par une colorisation impeccable et un grand format d’édition qui lui fait honneur. Il est agréable de voir ce dessinateur sortir un peu de sa zone de confort qu’est I.R.$., et de le voir s’en sortir à merveille, on sent vraiment qu’il a pris un grand plaisir à dessiner cet album. J’ai donc passé un bon moment de lecture, même si j’en ressors très mitigé, déçu par le scénario mais agréablement surpris par les dessins.
Le Nom de la Rose
Nous voici dans une adaptation du célèbre roman d’Umberto Eco. Par le célèbre Manara, plus connu pour ses œuvres érotiques qu’autre chose. Sans surprise nous avons droit à un bon album, une enquête au sein d’un monastère où ont lieu des meurtres. Le dessin est splendide, il faut dire que Manara maîtrise depuis un bon moment le souci du détail et de l’ambiance. Je me suis laissé porter par l’histoire sans difficulté et avec plaisir. A savoir si l’adaptation est fidèle ? J’en ai bien l’impression, même si la lecture du roman remonte à un bon moment pour moi, l’adaptation du film d’Annaud étant beaucoup plus fraîche dans mon esprit. (On y retrouve d’ailleurs au niveau de certains personnages, des décors, de l’ambiance, une forte influence du film). J’en serai évidement pour la suite et la conclusion de l’histoire.
Géopolitique - Histoire et théories
Qu'est-ce que la géopolitique ? Vaste question à laquelle cet album s'efforce de répondre, dans une suite ininterrompue de cases qui rappelle le processus popularisé par La Revue dessinée il y a quelques années. Cela commence avec les penseurs de l'Antiquité, tels Hérodote, en s'arrêtant avec l'invasion de L'Ukraine par la Russie en 2022, une action justifiée par des raisons géopolitiques fumeuses. D'ailleurs à la lecture de cet album, on ne peut s'empêcher de penser qu'il s'agit parfois de vent, entre les déterministes qui estiment que la destinée d'un peuple est présidée par son histoire ou ses traditions, et ceux qui émettent des théories sur la Pangermanie, le Rimland ou d'autres communautés d'Etats plus ou moins bien pensées. C'est assez éclairant, mais la somme d'informations est telle qu'il m'a fallu plusieurs jours pour lire cet album pourtant pas si épais. Heureusement que l'exposé de Vincent Piolet, docteur en géopolitique et journaliste dans des revues spécialisées, est émaillé de traits d'humour ou de rappels distrayants de certains faits historiques. Le dessin est assuré par Nicola Gobbi, caricaturiste italien, dont l'expressivité des personnages est assez bluffante, malgré une mise en couleurs qui leur donne à tous une allure maladive. Il y a pas mal de cartes, éléments essentiel qui permet d'illustrer le propos et de respirer dans les pavés de texte.
Emmy et les derniers Elfes
Des Elfes qui ont fui leur monde, sous la coup d'un congénère malfaisant. Des adolescents hybrides (ou pas) qui découvrent leurs pouvoirs, un brin rebelles. Un point de départ relativement classique, mais des points de scénario qui dérangent. Comme par exemple, personne ne trouve bizarre qu'Emmy trouve un Elfe dans la forêt, qui se trouve être son demi-frère, dont elle a appris l'existence une demie-heure auparavant. Une annonce qui n'amène pas d'émotion particulière. Et une rencontre qui se fait sans heurts, Emmy tombant dans les bras de son demi-frère... Un demi-frère dont personne ne remet en cause l'identité... Et ainsi de suite. Je sais qu'on estd ans une publication pour la jeunesse, mais j'imagine qu'à 12 ans, j'aurais accueilli ce demi-frère presque littéralement tombé du ciel avec un brin de précaution, de circonspection... Non là tout se fait un peu trop automatiquement. Je vais spoiler un peu la suite, obligé pour pointer certains points négatifs. L'action devient échevelée dans le dernier tiers de l'album, et on en finit par perdre le fil entre les conversations de la dizaine de personnages qui trouve refuge dans un chalet, soi-disant en terre sacrée (d'où sort ce statut ?), où débarque sans problème Torik, le méchant Elfe. Qui repart sans vraiment avoir été battu. Il manque pas mal d'explications, ou des précisions sur ce qu'il se passe. A côté de tout cela, le dessin d'Hortense Pien, dont elle assure les couleurs, est vraiment intéressant, dans un style élégant et raffiné, même s'il manque encore de maîtrise. Cela mérite une maturation, mais ce n'est vraiment pas désagréable à l'oeil.
Marshal Bass
Le western n'étant pas spécialement mon genre de prédilection, j'étais quand même curieux de voir ce que cette nouvelle série du genre allait nous proposer, surtout avec comme personnage principal un marshal noir. Ce sont avant tout les très belles couvertures chaleureuses et mystérieuses de la série qui m'ont motivé. Ma déception n'en fut que plus grande en ouvrant les albums. Le dessin d'Igor Kordey et surtout la colorisation de Nikola Vitkovic sont loin d'être ce que j'affectionne le plus, surtout quand on les compare avec les couvertures. Passé cette première déconvenue, j'ai attaqué ma lecture en misant davantage sur le scénario que sur le dessin. Là, si l'histoire est bonne pour le premier tome, ça manque quand même cruellement de crédibilité sur des points majeurs. Tout d'abord le fait que ce Marshall Bass soit noir a du mal à se concevoir à cette époque. Quant au fait que le chef de la bande de voleurs noirs qu'il traque soit menée par un blanc passe encore moins... J'ai déjà plus accroché avec le second tome qui nous raconte sa rencontre avec une famille de dégénérés. Les personnages sont plus poussés et intéressants, même dans les rôles secondaires. Un bon moment de lecture et de divertissement, et même si c'est loin d'être ce que je recherche et ce que j'apprécie, je commence à m'y faire au western, mine de rien :) *** Tome 6 *** Avec ce sixième tome, qui peut très bien se lire indépendamment, Darko Macan nous propose un scénario original qui va plonger notre Bass dans une merde profonde... L'album s'ouvre sur la découverte de la bande de truands "Los Lobos" qui va rapidement "s'inviter" dans l'hacienda où l'ancienne femme de Bass a refait sa vie. L'album va alors donner lieu à un huis-clos tendu entre cette bande de psychopathes, la femme de Bass et ses enfants et la famille de Don Heradio avec qui elle s'est installée. Restait à Bass à entrer en jeu, ce qu'il va faire en se jetant dans la gueule du loup... Voilà un scénario de western prenant, magnifiquement illustré par Igor Kordey, dont j'apprécie finalement de plus en plus le trait si particulier. Certaines de ses planches (les doubles pages surtout) sont scotchantes ! Ça fourmille de détails et les personnages sont toujours d'une grande expressivité. Ces jeux de regards dans cet album ! Ajoutez à cela une lumière merveilleusement gérée dans la colorisation (merci d'avoir changé de coloriste) : on en prend plein les mirettes ! Bref, un très bon 6e tome qui continue de me réconcilier avec le western ! *** Tome 7 *** Voilà un tome 7 qui m'aura surpris par sa construction et la façon de nous raconter le sombre passé de notre protagoniste. En effet, on retrouve River Bass en pleine fête de famille à laquelle sont conviés divers notables. C'est à cette occasion qu'on lui demande d'où vient ce surnom de River. C'est à ce moment que le récit bascule et nous plonge dans la jeunesse de Bass pour nous dévoiler l'origine de son nom et une tranche primordiale de sa jeunesse qui explique ce qu'il est aujourd'hui... Voilà un joli tour de passe-passe bien pensé que nous propose Darko Macan. Il lui permet de dévoiler un large pan de ce qui a construit la personnalité de notre personnage au travers de péripéties épiques et tragiques. Le dessin d'Igor Kordey reste toujours aussi bon et impressionnant de précision ; ses cases sont toujours aussi riches d'une foultitude de détails qui rendent ses planches des plus vivantes. Un très bon 7e album qui réussit au travers d'un long flashback à nous éclairer sur notre Mashall et à nous embarquer dans des péripéties captivantes. *** Tome 8 *** Et c'est reparti à brides abattues sur les sentiers sauvages du wild west americain ! Cette fois, Bass va devoir parcourir les étendues sauvages américaines afin de remettre la main sur Mindy Maguire. Cette dernière, péripatéticienne notoire à la maison close de madame Cléo, a abattu un notable du bled et s'est enfui en territoire indien. Le shérif Dryheave promet alcool a volonté à tous les volontaires qui se lanceront à ses trousses. La course contre la montre entre les hommes du shérif et Bass est lancée pour savoir qui la retrouvera en premier... La survie de Mindy en dépend. Si ce n'est pas le meilleur opus de la série, j'avoue que l'originalité de la trame narrative et son contexte sont bien exploités. Le dessin d'Igor Kordey est toujours aux petites oignons et rend toujours majestueusement grâce à la nature et sa grandeur dans ce tome. La nature humaine (surtout ses bas instincts) y sont tranquillement décortiqués et restitués : Marshal Bass, éternel pivot de ce monde un peu fou à cette époque, coincé entre sa condition et son insigne... Un huitième tome qu'on avale d'une traite, même si nous sommes loin des révélations ou des grands événements de certains tomes de la série. *** Tome 10 *** Ce 10e tome n'est pas celui qui m'aura le plus convaincu. Bass joue contre la montre pour tenter de sauver les habitants d'El Paso, encerclée par l'armée qui menace de la pilonner. On y recroise la bande de pseudo Texas Rangers qui écumait la contrée, coincée là tout comme Mindy Maguire que nous avions connu dans le tome 8. Le grain de folie qui anime le chef de la troupe est assez jubilatoire en tant que spectateur, et les scènes d'actions ne font pas dans la dentelle... mais plutôt dans le puzzle ! Pour autant, j'ai trouvé que cet album était vite expédié côté scénario ; si le dessin est toujours aussi agréable et minutieux, on avale cet album en deux temps trois mouvements.