Monsieur Noir

Note: 3.69/5
(3.69/5 pour 32 avis)

Fanny une petite orpheline est recueillie par son oncle dans un fantastique chateau qui ne cesse de grandir.......


1872 - 1899 : de la IIIe république à la fin du XIXe siècle Aire Libre Ere Victorienne Iles Britanniques Jean Dufaux Les Roux !

Angleterre, fin du XIXème. Fanny est une fillette jolie et très comme il faut. A la mort de sa mère, elle est recueillie par son oncle, Lord Charleston. Son épouse et lui résident dans un château nommé Blacktales. Blacktales possède d'étranges propriétés : il s'agrandit de lui-même, les pièces les plus anciennes acquérant des proportions gigantesques. La vie y est régie par un code strict composé de 748 rites. Mais surtout le château appartient à un dandy diabolique, Monsieur Noir. Les Charleston n'en sont que les locataires actuels. Le maître des lieux ne se montre qu'une fois tous les 7 ans, afin de signer le bail. Celui qui sera en possession du stylo plume réservé à cet effet règnera alors sur la vie du château jusqu'au renouvellement du bail. Or l'échéance approche, et la précieuse plume a été perdue. Dès lors, tous les occupants du château sont prêts à tout pour s'en emparer. Même l'innocente Fanny est emportée dans ce tourbillon de convoitise. Entre le clan dominant, les Tohu, et celui des dissidents, les Bohu, gens du commun, tous les coups sont permis. Mais le pouvoir a ses caprices que la loi du plus fort ignore.

Scénariste
Dessinateur
Editeur / Collection
Genre / Public / Type
Date de parution Octobre 1994
Statut histoire Série terminée 2 tomes parus
Couverture de la série Monsieur Noir
Les notes (32)
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21/08/2001 | Gaëlle
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L'avatar du posteur Noirdésir

Voilà un diptyque rondement mené qui, sans être hyper original, propose une lecture sympathique et relativement rapide. Si Dufaux instille du fantastique – c’est habituel chez lui ! – il le fait ici avec parcimonie, et cela va très bien à l’histoire, il n’y a pas de surenchère inutile. Il y a un peu de Foerster dans cette aventure : le fantastique, les décors disproportionnés, le côté parfois gothique de l’intrigue. Mais, si Dufaux glisse là quelques traits d’humour (certains dialogues – ceux des scientifiques par exemple), il est bien différent du fantastique à l’humour noir développé par Foerster. Mais certains passages absurdes dynamisent le récit. L’histoire est un quasi huis-clos se déroulant dans un improbable château – aux mille recoins et autres couloirs secrets – que l’on visite en suivant l’héroïne, la jeune Fanny. Il y a un peu de gore (ces poussées de violence aiguillonnent l’ensemble, autour de Fanny, au look de gentille Alice au pays des merveilles…), un peu de thriller, juste ce qu’il faut pour pimenter cette histoire. Le dessin de Griffo est plutôt réussi. En tout cas il est raccord avec l’univers proposé par Dufaux – y compris dans les exagérations (château et pièces immenses, cuistot lui aussi inquiétant et quelque peu gigantesque, etc.). Autour de Fanny, une belle galerie de personnages plus ou moins excentriques et/ou farfelus (une châtelaine découvrant le monde extérieur au travers du « Capital » de Marx !? par exemple) permet à l’intrigue (assez basique au demeurant) de ne pas trop ronronner (seule la fin m’a paru décevante). Note réelle 3,5/5.

03/05/2018 (modifier)
L'avatar du posteur Agecanonix

Les 2 premières pages avec l'arrivée de la petite Fanny au château de Blacktales, donnent le ton et déterminent l'ambiance qui va s'installer dans ce conte fantastique. Graphiquement, Griffo donne l'identité dans ce début (voir planche de galerie) rien qu'avec la silhouette fantomatique du château, digne des gravures de Gustave Doré. D'autre part, si ses décors sont inquiétants par les salles gigantesques et les perspectives grandioses qu'il leur donne, il adopte un trait simplifié pour les personnages, et l'ensemble même des 2 albums n'a pas le même bel aspect offert sur Giacomo C., Cinjis Qan ou même Vlad... mais son dessin reste agréable. Dufaux donne libre cours à sa fantaisie imaginative, et sème plusieurs indices étranges qui permettent au lecteur de deviner un ton mystérieux et parfois effrayant. Certaines séquences ont un aspect théâtral qui va de paire avec ce genre de fantastique ; la plupart d'entre elles sont complètement loufoques et dignes de Lewis Carroll. Même si j'ai eu le sentiment d'avoir été plusieurs fois baladé par cette suite d'événements insolites, et même si j'aurais voulu que Dufaux éclaircisse quelques éléments... pourquoi ce château grandit-il ? pourquoi Pavane est devenue méchante ? et quelle est l'origine de son cri ?... sans compter Monsieur Noir qui n'apparait que vers la fin et qui aurait mérité d'être plus fascinant... oui malgré tout ça, je ne me suis pas ennuyé à cette lecture. Les personnages sont une des richesses de cette Bd qui allie la noirceur à l'absurde et à l'humour parfois involontaire, sans oublier des trouvailles originales, mais je trouve la fin un peu plate et banale après tant de richesses justement... Un bon récit dans l'ensemble.

03/10/2015 (modifier)
Par DamBDfan
Note: 3/5

Une bonne histoire originale, pleine de mystère et assez déjantée du Sieur Dufaux dont l' intrigue principale est la recherche d'une plume qui permettra de signer un bail de sept ans et devenir ainsi, l'heureux locataire du château de Blacktales de Monsieur Noir. S'enchaînent de nombreux complots, une lutte de clan et péripéties loufoques... Je regrette, toutefois, qu'on en sache pas plus sur certains éléments (Monsieur Noir, le cri "Yagermoe", le château qui prend des proportions énormes,...), cela laisse libre court à notre imagination, mais tout de même, le développement de certains détails n'aurait pas été de refus me concernant. Ceci dit, le final reste cohérent. Rien à dire sur les dessins, c'est beau, expressif avec des personnages agréables, hauts en couleurs. A découvrir.

19/10/2014 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5
L'avatar du posteur sloane

Je suis assez embêté à l'heure de porter un jugement sur cette série. J'ai un souci! Comme le précise Dufaux dans l'introduction de l'intégrale, ce conte est librement inspiré de ce que je considère comme un monument de la fantasy anglo saxonne, à savoir: "Titus d'enfer", "Gormenghast", "Titus errant" et "Titus dans les ténèbres". L'auteur, Mervin Peake, romancier, illustrateur ne fut vraiment découvert qu'après sa mort en 1968. C'est grandiose, lisez le d'urgence. Imaginez, après lecture de la BD, les mêmes personnages principaux mais mille fois plus effrayants, baroques, gothiques, (si, les deux peuvent aller ensemble!). Et puis une ambiance, un décor!, inoubliables! Alors en lisant la BD on ne peut être que frustré, pourquoi diable s'être juste inspiré? Toute la matière était présente dans les romans. Faisons donc fi de tout cela et recentrons nous sur la série proposée, en effet ces romans sont peu connus, (hélas!), et le public à qui elle s'adresse n'est pas sensé avoir ces références. Il est plutôt sympa de trouver une histoire qui bascule lentement mais sûrement dans la noirceur. Au sein de ce château c'est à une lutte de pouvoir effrénée que se livre tout ce petit monde. Les coups bas, les meurtres, le chantage tout y est. La charmante héroïne du départ se mue peu à peu en une froide calculatrice qui ne reculera devant rien pour arriver à ses fins. C'est pourquoi si certains y ont vu un côté Disney c'est sans doute uniquement dans le dessin que cela transparait. Alors oui une excellente série, mais si ce n'est déjà fait lisez Mervin Peake.

16/10/2014 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5
L'avatar du posteur Erik

La lecture de ce conte allégorique à l'imagerie très "Disney" m'a laissé perplexe. En effet, rien dans le dessin plutôt naïf ne semble conduire à une fin si "noire" sans mauvais jeux de mots. Personnellement, je ne comprends pas pourquoi notre petite héroïne qui a certes grandi bascule aussi vite vers le mal en détruisant le symbole de son innocence. On aurait dû ressentir une évolution conduisant vers ce choix. Mais, non. Alors, je suis un peu déçu de ne pas avoir saisi. Cette BD ne sert pas à merveille le message pessimiste de son auteur : c'est le moins qu'on puisse dire. Le reste me semble d'une grande platitude et les personnages inodores. Une fois la certitude qu'en gros "il ne se passera rien" acquise, on peut accepter de se laisser accompagner à cette frêle échappée libre. Cependant, tout est question d'humeur. Pour autant, la lecture de ce conte aux airs "d'Alice aux pays des merveilles" demeure très plaisante. Je me promets néanmoins de relire l’intégrale que je possède sur cette œuvre afin de trouver qu’est-ce qui m’a échappé au point que certains lecteurs n’hésitaient pas à mettre culte. C’est pourtant l’un de mes scénaristes préférés et cela aurait dû faciliter une appréciation réellement positive. J’ai un peu regretté après coup mon achat après avoir lu les critiques dithyrambiques. Mais bon, c’est plutôt rare que je sois en inadéquation totale avec le sentiment collectif quand j'achète une bd. Cela arrive parfois et cela reste toujours résiduel. La relecture a bien eu lieu près de 2 ans et demi après. Elle paraissait nécessaire pour comprendre les mécanismes subtils où il est question de plaire à l'entourage pour accaparer le pouvoir. J'ai commencé à saisir des détails et des réflexions qui laissaient devenir le changement qui allait s'opérer chez cette pauvre petite fille. Finalement, je trouve que l'oeuvre est aboutie et je conseille désormais l'achat mais avec prudence car cela ne plaira pas forcément à tout le monde. Note Dessin: 3.5/5 - Note Scénario: 3.5/5 - Note Globale: 3.5/5

25/04/2007 (MAJ le 13/12/2009) (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Il se dégage de ce diptyque un charme certain, produit de la parfaite adéquation entre le trait « Disneyèsque » de Griffo (qui, décidemment, me semble pouvoir varier son style à volonté), sa colorisation, plus sombre que celle généralement employée par la maison évoquée, et ce conte noir imaginé par un Dufaux que j’ai rarement connu aussi inspiré. L’histoire allie, avec talent, humour et drame, pour basculer totalement dans celui-ci lors de sa conclusion. C’est très bien construit, très prenant, accrocheur, … très bon, en somme. Les personnages sont agréablement variés, tout en répondant aux principes du genre. Nous avons droit aux sympathiques absurdes, aux séduisants inquiétants, aux brutaux effrayants, au jeune voyou ambigu et à l’héroïne aux allures d’Alice. Les rebondissements ne manquent pas, et l’idée de départ est, à la fois, simple et originale. Je n’ai, finalement, que deux petits reproches à formuler : tout d’abord, cette histoire se lit relativement vite, malgré son grand nombre de pages. Ensuite, certains personnages auraient mérité un plus grand développement psychologique. Faibles reproches par rapport à la qualité d’ensemble. Je recommande vivement la lecture, et même l’achat pour les amateurs du genre (conte noir).

30/11/2009 (modifier)
Par Pasukare
Note: 4/5
L'avatar du posteur Pasukare

Monsieur Noir c’est l’histoire d’une jeune fille, Fanny, qui après le décès de sa mère, va vivre chez un oncle qui habite dans le bien mystérieux château de Blacktales. Ce château est la propriété d’un énigmatique « Monsieur Noir », qui le loue pour une période de 7 ans à qui aura en sa possession LA plume nécessaire à la signature du bail. A l’arrivée de Fanny dans la mystérieuse demeure, la clé a été perdue et les clans qui se sont formés à l’intérieur de ce gigantesque domaine usent de toutes les ruses et bassesses pour tenter de la récupérer avant l’heure fatidique de la signature, qui approche à grands pas. J’ai vraiment adoré ce conte fantastique qui voit s’opposer la pureté, la naïveté d’une jeune fille de bonne famille, les bonnes manières, les monomanies et la gaucherie de ses hôtes d’une part et la traitrise, le désir de vengeance, la noirceur, la perversité et la violence de tout ce petit monde d’autre part quand il s’agit de défendre ou d’acquérir l'instrument du pouvoir. Ce mélange des genres détonne vraiment. Il y a toujours par ci par là une réflexion, un regard en coin qui nous rappelle que ce conte n’est pas une histoire bon enfant mais une vraie course où presque tous les coups sont permis pour gagner la signature de ce fameux bail. Le précepteur pervers voire légèrement pédophile mais somme toutes très bien élevé et très consciencieux pour ce qui est d’inculquer les bonnes manières à sa nouvelle élève est excellent ! La maîtresse de maison légèrement dure d’oreille et passionnée par les masses laborieuses depuis qu’elle a découvert Karl Marx, son mari obsédé par la non-vulgarité et piètre tireur, le chef cuisinier et ses ingrédients douteux, le jeune Passepieds débrouillard émotif et prêt à retourner sa veste à tout moment, tout ce petit monde constitue une palette de personnages et de personnalités vraiment très riche. Le dessin est très réussi, même si je ne suis pas forcément super emballée par la couleur très rouge-orange-marron, l’architecture vertigineuse de ce château en extension constante est admirablement bien représentée, les expressions sont très bien rendues, je serais en revanche un peu moins élogieuse sur le rendu du mouvement. La conclusion est bonne bien qu’un tout petit peu précipitée à mon goût. Mais ça ne gâche rien.

28/01/2009 (modifier)

Pour faire vite et éviter de paraphraser vulgairement ce qui à déjà été dit : le problème de cette BD, ce n'est pas les dessins mais l'histoire bancale qui s'éternise, les idées inexploitées et ce goût d'inachevé qui dure jusqu'à la dernière page. Je précise que j'ai acheté cette BD sur les nombreux avis positifs, je me permets donc de faire pencher la balance d'un côté qui me parait plus réaliste.

28/12/2008 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Gaston

C'est dans des moments comme celui-là que je suis content que BDthèque existe. Sans ce site, je n'aurais jamais découvert et lu cette bande dessinée. Merci mille fois au créateur de BDthèque ! Revenons à la série. C'est un excellent conte et une satire sociale très réussie sur le pouvoir et plus précisément sur la quête du pouvoir. Les personnages sont très réussis autant au niveau graphique que psychologique. L'univers du château me fait penser à Alice au pays des merveilles, mais en beaucoup plus sombre et pessimiste. La seule ombre au tableau c'est la fin. Je la trouve excellente, mais elle est un peu trop facile à deviner.

16/11/2008 (modifier)
Par kalish
Note: 2/5

En fait, je n’ai pas bien saisi, ce qui faisait de cette histoire une œuvre si adulée. Je ne suis pas vraiment rentré dans l’histoire. Les seules choses qui m’ont intrigué, comme l’expansion du château, la fumée rose que l’on étouffe avec une épingle, n’ont jamais eu des réponses. Il y a plein d’idées marrantes mais qui ne servent pas vraiment l’intrigue et les monologues poétiques, politiques ou physiques interminables finissent de nous perdre. J’en suis ressorti déçu et comme Erik, j’ai trouvé la perte de l’innocence de la fillette bien trop rapide. Resteront pour moi quelques trouvailles et surtout une révolution dans le trait de Griffo. Rien a voir avec ce qu’il a fait auparavant (Samba Bugatti, Beatifica Blues). C’est bien maigre.

25/08/2008 (modifier)