Une nouvelle histoire mettant en scène des adolescent(e)s confrontés à une entité surnaturelle qui hante leur petite ville... Des Goonies à Stranger Things en passant par Super 8 et Ça, on peut certainement trouver des tas de parrains cinématographiques, romanesques et télévisuels à ce genre d'histoire. Mais il ne faut pas bouder son plaisir, quand on a un comic qui parle de fantômes, de démons, de harcèlement scolaire, d'autisme, d'amitié, de pop culture... N'en jetez plus. Quelque chose d'assez ambitieux dans ses intentions, avec des personnages secondaires intrigants pour ne pas dire plus, et un duo d'héroïnes qui sans être super, n'en est pas moins touchant. L'histoire est dense, très dense, et au bout d'un certain temps, à la moitié, on a l'impression de perdre pied tant ça part dans tous les sens. Cela occasionne un gros trou d'air, et l'on se dit que la fin va tourner en eau de boudin.
Sauf que.
Sauf que dans le dernier acte, la scénariste nous propose un revirement plutôt inattendu, qui montre que l'histoire est nettement plus profonde qu'elle en avait l'air sur une petite moitié, où s'empilaient des poncifs du fantastique pour ados. Sans ce bouleversement, ma note aurait été inférieure d'un cran. Et sans cette grosse défaillance en cours de route, elle auriat pu être supérieure.
Car au-delà de l'histoire un brin en dents de scie, on a un beau boulot graphique de Jenn St-Onge, qui me semble capable de marcher sur les traces d'un auteur comme Ted Naifeh (Courtney Crumrin), si elle travaille un peu plus ses ambiances surnaturelles. Son style, qui allie comics et BD franco-belge, semble capable de quasiment tout faire, dans une veine contemporaine et fantastique. Ses couleurs, par contre, manquent de nuances dans la grosse première moitié de l'album, cela devient plus intéressant lorsque l'on est dans quelque chose de plus inquiétant. A suivre donc.
Fort sympathique, en résumé.
2.5
Une autre série jeunesse sortie chez Rue de Sèvres qui ne m'a pas trop passionné.
J'ai rien à dire contre le dessin qui est pas mal. Je le trouve expressif et dynamique et les couleurs sont très belles. C'est plutôt le scénario qui ne m'a pas trop passionné. Je sais que je ne suis plus le public cible de ce genre de récits, mais j'ai souvent l'impression que les scénaristes pour ados ne font que reprendre les mêmes recettes. Je sais que cela doit être dur d'imaginer quelque chose d'original de nos jours, mais là j'ai eu l'impression d'avoir déjà vu les personnages et plusieurs situations plusieurs fois dans les œuvres de fictions que je consommais lorsque j'étais jeune. L'héroïne est donc encore un personnage principal qui a un rêve, est un peu mythomane et cela lui cause des ennuis et puis aussi à cause d'une rencontre elle va se retrouver dans une aventure où il y a des méchants dangereux....Il y a aussi des facilités dans le scénario par moment.
Bon, il y a rien de vraiment mauvais non plus. C'est juste pas passionnant à lire. Les ados vont peut-être mieux accrocher que moi.
Ellis Island est une île située à l'embouchure de l'Hudson à New York, elle était au début du XX° siècle la porte d'entrée principale des immigrants qui arrivaient aux États-Unis. Voici le théâtre où va se jouer l'histoire d'un immigrant italien boiteux.
Un contexte historique intéressant, les nouveaux arrivant vont être confrontés à un service de l'immigration très tatillon et donc ensuite à une mafia qui peut rendre service en échange de leurs économies. Le rêve américain prend du plomb dans l'aile pour certains. Bienvenue en Amérique !
En 1907, Tonyo, en provenance d'un petit village d'Italie, pose le pied sur Ellis Island, mais il va se faire refouler par le service d'immigration. On ne veut pas d'handicapé. Il va alors faire la connaissance d'un homme, Vitto, il se dit avocat et veut lui proposer un marché. Le début des magouilles ...
Une narration maîtrisée sur un rythme soutenu.
Un récit qui a maintenu mon intérêt, les moments clefs sont bien amenés et les personnages sont crédibles. Par contre la fin rocambolesque ne m'a pas convaincu.
Dommage.
Le dessin et les couleurs de Miras donnent du cachet au récit, mais je n'en suis pas fan. J'ai eu du mal avec la représentation des visages, trop de mimiques, mais il est vrai qu'ils sont italiens.
Une lecture recommandable.
Je vais être moins enthousiaste que beaucoup de mes prédécesseurs. Non pas que cet album soit une bouse, mais je l’ai trouvé sympathique, sans plus.
Il y a des qualités. Le dessin de Tebo d’abord, simple et très lisible, efficace, fluide. Un style très différent des illustrateurs historiques de la souris et de son univers, moins rondouillard, mais ça passe très bien (il vient de réussir il y a peu le même pari à ce niveau avec les Schtroumpfs).
Les histoires courtes qui composent l’album se laissent lire. Un vieux Mickey raconte à son très jeune neveu ses aventures de jeunesse. Cela permet à Tebo de recréer certaines rencontres (avec Dingo, Minnie…), et de placer Mickey dans des univers divers (western, urbain, etc.).
Les aventures en elles-mêmes sont lisibles, plus ou moins amusantes, mais conviennent avant tout à un jeune lectorat. Le petit plus est l’humour gentiment distillé par Tebo, puisque le vieux Mickey enjolive pas mal ses récits, exagère les faits, les situations, colmate certains trous de mémoire de façon maladroite ou vantarde, ce que ne manque pas de remarquer son neveu.
En résumé, un album sympathique, sans plus pour moi, mais parfaitement adapté à un lectorat plus jeune. En tout cas bien meilleur que pas mal d’albums de cette collection exploitant la franchise Disney.
On a là une énième relecture du célèbre conte des frères Grimm. Difficile de faire très original (ou alors aller vers du porno comme Trif chez Tabou !).
Je dirais que cette version s’en tire très honorablement. C’est un album tout public, qui reste très classique dans sa narration. Mais c’est aussi une version très éloignée (heureusement) de celle édulcorée par Disney.
Cette patte plus « adulte », on la doit essentiellement au dessin de Nathalie Vessillier, que j’ai vraiment bien aimé. Il y a quelque chose à la fois d’enfantin et de plus dur, de plus brut, un mélange très agréable qui convient bien à cette histoire.
Quant au récit de Lylian, il est simple et efficace, même s’il ne s’écarte pas beaucoup du thème originel.
Sans surprise, mais du travail bien fait, un bel album.
L’univers de la piraterie m’intéresse beaucoup, surtout lorsqu’il va au-delà des stéréotypes (j’aime ainsi les ouvrages de Rediker, qui explore la dimension sociale et politique de ce « phénomène »). Et c’est tout naturellement que j’avais lu, il y a pas mal d’années, les deux tomes de « L’histoire générale des plus fameux pyrates », généralement attribuée à Defoe, dans laquelle la biographie de plusieurs des « grands noms » est développée (ainsi que l’utopie de Libertalia en Afrique : c’est d’ailleurs aux éditions Libertalia que publie Rediker…).
Bref, je suis a priori intéressé donc par cette série. J’ai trouvé la lecture intéressante et pas désagréable, mais elle ne m’a pas non plus enthousiasmé.
D’abord, seuls deux tomes ont été publiés (un troisième annoncé ne verra pas le jour), beaucoup de personnages évoqués par Defoe manquent donc à l’appel.
Ensuite la narration est parfois étrange. En particulier dans le deuxième album autour de Barbe Noire, où beaucoup de passages sont presque humoristiques. Je ne me rappelle pas de ce ton dans les ouvrages de Defoe, et je ne trouve pas que ce soit une bonne idée de l’avoir ajouté. Aller vers l’étude sociale et politique comme Rediker passe, mais le loufoque et l’absurde, l’humour, dénaturent un peu le projet ici.
Reste que ça se laisse lire, avec un dessin moderne assez lisible. Une petite curiosité pour les amateurs de pirates, mais je vous recommande plutôt d’aller ensuite vers les ouvrages cités plus haut.
C’est une lecture assez rapide et quelque peu frustrante. La rapidité certes, mais aussi parce que j’aurais aimé en savoir plus sur ce personnage, le voir vivre d’autres aventures (avant et après celle qui nous est contée ici), mais les auteurs ont choisi de s’en tenir à cette petite partie de l’œuvre de Ponson du Terrail.
Œuvre que je ne connaissais pas. Et c’est d’ailleurs la première des bonnes surprises de cette lecture que de m’avoir fait découvrir l’origine de l’adjectif rocambolesque. Car en effet le bonhomme a une vie trépidante, ne supporte aucun temps mort, empile les aventures à un rythme effréné, parfois à la limite de l’invraisemblance.
Avec ce personnage, on est au cœur des feuilletons qui vont fleurir au XIXème siècle – pour aboutir quelques décennies plus tard sur des personnages comme le Fantomas d’Allain et Souvestre. Rocambole est égocentrique, manipulateur, et surtout sans scrupule, machiavélique, ourdissant sans arrêt complots, magouilles : la fin (l’enrichissement, le pouvoir, les femmes), justifie vraiment tous les moyens. C’est ainsi qu’il n’hésite pas à tuer, faire emprisonner des lampistes, se débarrasser de son second, du moment que cela lui permet d’arriver à ses fins. C’est un hédoniste parvenu, plein d’ambition, un être affreux qui déclenche la haine, le mépris, mais qui peut tout aussi bien attirer par sa soif de vivre, sa volonté d’épuiser toutes les possibilités de la vie.
Dès le début on fait allusion à des événements et des personnages passés, j’aurais aimé en savoir plus (en particulier sur cette Baccarat qui semble être la seule à lui tenir tête).
La fin, qui semble édifiante, est aussi ouverte, et clairement le feuilletonniste s’était ménagé des possibilités de suite, mais il faudra aller vers du Terrail, les auteurs ayant décidé de s’arrêter à ce one-shot.
Le dessin est lui aussi chouette, très lisible, avec une colorisation assez chaude, un trait relativement gras mais agréable.
Une lecture sympathique en tout cas.
Note réelle 3,5/5.
Ce tome inaugural est assez dense, on ne s’ennuie pas une seconde, ce qui est déjà une réussite.
Pour le reste, c’est du thriller assez classique (même si un peu alambiqué), avec des rivalités entre personnes et services spéciaux russes, recherche médicale hors norme, réalisée sur des cobayes particuliers (sont-ils réellement les grands délinquants annoncés ?).
En tout cas j’ai envie de connaitre la suite et la fin (en espérant ne pas avoir d’explications foireuses).
Quant au dessin, il fait très bien le travail, dans un style réaliste très classique mais efficace.
Une honnête série, à suivre.
Le dessin est assez statique et pas forcément à mon goût. Et la narration, hésitant entre un texte hors case (assez littéraire et reprenant sans doute des extraits du roman d’origine – que je ne connais pas) et des cases BD plus traditionnelles, ralentit un peu le rythme, de toute façon jamais trépidant. C’est presque contemplatif. Il ne faut donc pas attendre de l’action à tout va, des rebondissements toutes les deux cases.
Mais, ceci étant dit, c’est quand même un album rudement bien fichu, et jamais je ne me suis ennuyé à lire cette histoire polyphonique, où les points de vue des différents personnages se complètent pour nous donner toutes les clefs. De fait, il n’y a pas vraiment de surprise, ce n’est pas un polar qui mise sur le suspens non plus. Le style d’ensemble, assez littéraire, m’a fait penser à Faulkner.
Une lecture sans esbroufe qui, mine de rien, avec sa construction proche du drame antique, où le destin se rappelle implacablement aux hommes, captive le lecteur pendant plus de 170 pages.
Note réelle 3,5/5.
Encore un scénario un peu étrange comme savent en faire nos amis mangakas. Cela se passe dans l'univers du travail de bureau où évoluent nos deux protagonistes en couverture. A ma gauche une jeune fille timide qui transpire beaucoup, particulièrement quand elle est stressée, et qui a développé tout un tas de techniques pour éviter d'éventuelles odeurs malvenues. A ma droite un jeune beau gosse charismatique qui est "nez" dans cette entreprise de cosmétiques. Un jour l'odeur de la jeune fille lui vient aux narines et l'enivre à un tel point qu'il s'en rapproche rapidement pour la renifler.
Puis il se rapproche un peu trop, elle le repousse, mais finalement elle consent et perd son pucelage. Ensuite faut-il s'afficher ensemble au bureau ou garder ses distances ? Je trouve cela un peu trop gnangnan pour aller plus loin que la découverte du tome 1. Néanmoins j'ai une légère curiosité sur ce que peut bien raconter l'auteur dans la suite sur plus de 11 tomes. Des jalousies et rivalités potentielles pointent leur nez à la fin du premier tome. Note : entre 2 et 3 déodorants.
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Le Démon de Bolingbroke
Une nouvelle histoire mettant en scène des adolescent(e)s confrontés à une entité surnaturelle qui hante leur petite ville... Des Goonies à Stranger Things en passant par Super 8 et Ça, on peut certainement trouver des tas de parrains cinématographiques, romanesques et télévisuels à ce genre d'histoire. Mais il ne faut pas bouder son plaisir, quand on a un comic qui parle de fantômes, de démons, de harcèlement scolaire, d'autisme, d'amitié, de pop culture... N'en jetez plus. Quelque chose d'assez ambitieux dans ses intentions, avec des personnages secondaires intrigants pour ne pas dire plus, et un duo d'héroïnes qui sans être super, n'en est pas moins touchant. L'histoire est dense, très dense, et au bout d'un certain temps, à la moitié, on a l'impression de perdre pied tant ça part dans tous les sens. Cela occasionne un gros trou d'air, et l'on se dit que la fin va tourner en eau de boudin. Sauf que. Sauf que dans le dernier acte, la scénariste nous propose un revirement plutôt inattendu, qui montre que l'histoire est nettement plus profonde qu'elle en avait l'air sur une petite moitié, où s'empilaient des poncifs du fantastique pour ados. Sans ce bouleversement, ma note aurait été inférieure d'un cran. Et sans cette grosse défaillance en cours de route, elle auriat pu être supérieure. Car au-delà de l'histoire un brin en dents de scie, on a un beau boulot graphique de Jenn St-Onge, qui me semble capable de marcher sur les traces d'un auteur comme Ted Naifeh (Courtney Crumrin), si elle travaille un peu plus ses ambiances surnaturelles. Son style, qui allie comics et BD franco-belge, semble capable de quasiment tout faire, dans une veine contemporaine et fantastique. Ses couleurs, par contre, manquent de nuances dans la grosse première moitié de l'album, cela devient plus intéressant lorsque l'on est dans quelque chose de plus inquiétant. A suivre donc. Fort sympathique, en résumé.
Chat Perché
2.5 Une autre série jeunesse sortie chez Rue de Sèvres qui ne m'a pas trop passionné. J'ai rien à dire contre le dessin qui est pas mal. Je le trouve expressif et dynamique et les couleurs sont très belles. C'est plutôt le scénario qui ne m'a pas trop passionné. Je sais que je ne suis plus le public cible de ce genre de récits, mais j'ai souvent l'impression que les scénaristes pour ados ne font que reprendre les mêmes recettes. Je sais que cela doit être dur d'imaginer quelque chose d'original de nos jours, mais là j'ai eu l'impression d'avoir déjà vu les personnages et plusieurs situations plusieurs fois dans les œuvres de fictions que je consommais lorsque j'étais jeune. L'héroïne est donc encore un personnage principal qui a un rêve, est un peu mythomane et cela lui cause des ennuis et puis aussi à cause d'une rencontre elle va se retrouver dans une aventure où il y a des méchants dangereux....Il y a aussi des facilités dans le scénario par moment. Bon, il y a rien de vraiment mauvais non plus. C'est juste pas passionnant à lire. Les ados vont peut-être mieux accrocher que moi.
Ellis Island
Ellis Island est une île située à l'embouchure de l'Hudson à New York, elle était au début du XX° siècle la porte d'entrée principale des immigrants qui arrivaient aux États-Unis. Voici le théâtre où va se jouer l'histoire d'un immigrant italien boiteux. Un contexte historique intéressant, les nouveaux arrivant vont être confrontés à un service de l'immigration très tatillon et donc ensuite à une mafia qui peut rendre service en échange de leurs économies. Le rêve américain prend du plomb dans l'aile pour certains. Bienvenue en Amérique ! En 1907, Tonyo, en provenance d'un petit village d'Italie, pose le pied sur Ellis Island, mais il va se faire refouler par le service d'immigration. On ne veut pas d'handicapé. Il va alors faire la connaissance d'un homme, Vitto, il se dit avocat et veut lui proposer un marché. Le début des magouilles ... Une narration maîtrisée sur un rythme soutenu. Un récit qui a maintenu mon intérêt, les moments clefs sont bien amenés et les personnages sont crédibles. Par contre la fin rocambolesque ne m'a pas convaincu. Dommage. Le dessin et les couleurs de Miras donnent du cachet au récit, mais je n'en suis pas fan. J'ai eu du mal avec la représentation des visages, trop de mimiques, mais il est vrai qu'ils sont italiens. Une lecture recommandable.
La Jeunesse de Mickey
Je vais être moins enthousiaste que beaucoup de mes prédécesseurs. Non pas que cet album soit une bouse, mais je l’ai trouvé sympathique, sans plus. Il y a des qualités. Le dessin de Tebo d’abord, simple et très lisible, efficace, fluide. Un style très différent des illustrateurs historiques de la souris et de son univers, moins rondouillard, mais ça passe très bien (il vient de réussir il y a peu le même pari à ce niveau avec les Schtroumpfs). Les histoires courtes qui composent l’album se laissent lire. Un vieux Mickey raconte à son très jeune neveu ses aventures de jeunesse. Cela permet à Tebo de recréer certaines rencontres (avec Dingo, Minnie…), et de placer Mickey dans des univers divers (western, urbain, etc.). Les aventures en elles-mêmes sont lisibles, plus ou moins amusantes, mais conviennent avant tout à un jeune lectorat. Le petit plus est l’humour gentiment distillé par Tebo, puisque le vieux Mickey enjolive pas mal ses récits, exagère les faits, les situations, colmate certains trous de mémoire de façon maladroite ou vantarde, ce que ne manque pas de remarquer son neveu. En résumé, un album sympathique, sans plus pour moi, mais parfaitement adapté à un lectorat plus jeune. En tout cas bien meilleur que pas mal d’albums de cette collection exploitant la franchise Disney.
Blanche neige (Delcourt)
On a là une énième relecture du célèbre conte des frères Grimm. Difficile de faire très original (ou alors aller vers du porno comme Trif chez Tabou !). Je dirais que cette version s’en tire très honorablement. C’est un album tout public, qui reste très classique dans sa narration. Mais c’est aussi une version très éloignée (heureusement) de celle édulcorée par Disney. Cette patte plus « adulte », on la doit essentiellement au dessin de Nathalie Vessillier, que j’ai vraiment bien aimé. Il y a quelque chose à la fois d’enfantin et de plus dur, de plus brut, un mélange très agréable qui convient bien à cette histoire. Quant au récit de Lylian, il est simple et efficace, même s’il ne s’écarte pas beaucoup du thème originel. Sans surprise, mais du travail bien fait, un bel album.
Histoire des plus fameux pirates
L’univers de la piraterie m’intéresse beaucoup, surtout lorsqu’il va au-delà des stéréotypes (j’aime ainsi les ouvrages de Rediker, qui explore la dimension sociale et politique de ce « phénomène »). Et c’est tout naturellement que j’avais lu, il y a pas mal d’années, les deux tomes de « L’histoire générale des plus fameux pyrates », généralement attribuée à Defoe, dans laquelle la biographie de plusieurs des « grands noms » est développée (ainsi que l’utopie de Libertalia en Afrique : c’est d’ailleurs aux éditions Libertalia que publie Rediker…). Bref, je suis a priori intéressé donc par cette série. J’ai trouvé la lecture intéressante et pas désagréable, mais elle ne m’a pas non plus enthousiasmé. D’abord, seuls deux tomes ont été publiés (un troisième annoncé ne verra pas le jour), beaucoup de personnages évoqués par Defoe manquent donc à l’appel. Ensuite la narration est parfois étrange. En particulier dans le deuxième album autour de Barbe Noire, où beaucoup de passages sont presque humoristiques. Je ne me rappelle pas de ce ton dans les ouvrages de Defoe, et je ne trouve pas que ce soit une bonne idée de l’avoir ajouté. Aller vers l’étude sociale et politique comme Rediker passe, mais le loufoque et l’absurde, l’humour, dénaturent un peu le projet ici. Reste que ça se laisse lire, avec un dessin moderne assez lisible. Une petite curiosité pour les amateurs de pirates, mais je vous recommande plutôt d’aller ensuite vers les ouvrages cités plus haut.
Rocambole de Ponson Du Terrail
C’est une lecture assez rapide et quelque peu frustrante. La rapidité certes, mais aussi parce que j’aurais aimé en savoir plus sur ce personnage, le voir vivre d’autres aventures (avant et après celle qui nous est contée ici), mais les auteurs ont choisi de s’en tenir à cette petite partie de l’œuvre de Ponson du Terrail. Œuvre que je ne connaissais pas. Et c’est d’ailleurs la première des bonnes surprises de cette lecture que de m’avoir fait découvrir l’origine de l’adjectif rocambolesque. Car en effet le bonhomme a une vie trépidante, ne supporte aucun temps mort, empile les aventures à un rythme effréné, parfois à la limite de l’invraisemblance. Avec ce personnage, on est au cœur des feuilletons qui vont fleurir au XIXème siècle – pour aboutir quelques décennies plus tard sur des personnages comme le Fantomas d’Allain et Souvestre. Rocambole est égocentrique, manipulateur, et surtout sans scrupule, machiavélique, ourdissant sans arrêt complots, magouilles : la fin (l’enrichissement, le pouvoir, les femmes), justifie vraiment tous les moyens. C’est ainsi qu’il n’hésite pas à tuer, faire emprisonner des lampistes, se débarrasser de son second, du moment que cela lui permet d’arriver à ses fins. C’est un hédoniste parvenu, plein d’ambition, un être affreux qui déclenche la haine, le mépris, mais qui peut tout aussi bien attirer par sa soif de vivre, sa volonté d’épuiser toutes les possibilités de la vie. Dès le début on fait allusion à des événements et des personnages passés, j’aurais aimé en savoir plus (en particulier sur cette Baccarat qui semble être la seule à lui tenir tête). La fin, qui semble édifiante, est aussi ouverte, et clairement le feuilletonniste s’était ménagé des possibilités de suite, mais il faudra aller vers du Terrail, les auteurs ayant décidé de s’arrêter à ce one-shot. Le dessin est lui aussi chouette, très lisible, avec une colorisation assez chaude, un trait relativement gras mais agréable. Une lecture sympathique en tout cas. Note réelle 3,5/5.
Ceux qui n'existaient plus
Ce tome inaugural est assez dense, on ne s’ennuie pas une seconde, ce qui est déjà une réussite. Pour le reste, c’est du thriller assez classique (même si un peu alambiqué), avec des rivalités entre personnes et services spéciaux russes, recherche médicale hors norme, réalisée sur des cobayes particuliers (sont-ils réellement les grands délinquants annoncés ?). En tout cas j’ai envie de connaitre la suite et la fin (en espérant ne pas avoir d’explications foireuses). Quant au dessin, il fait très bien le travail, dans un style réaliste très classique mais efficace. Une honnête série, à suivre.
Un pied au paradis
Le dessin est assez statique et pas forcément à mon goût. Et la narration, hésitant entre un texte hors case (assez littéraire et reprenant sans doute des extraits du roman d’origine – que je ne connais pas) et des cases BD plus traditionnelles, ralentit un peu le rythme, de toute façon jamais trépidant. C’est presque contemplatif. Il ne faut donc pas attendre de l’action à tout va, des rebondissements toutes les deux cases. Mais, ceci étant dit, c’est quand même un album rudement bien fichu, et jamais je ne me suis ennuyé à lire cette histoire polyphonique, où les points de vue des différents personnages se complètent pour nous donner toutes les clefs. De fait, il n’y a pas vraiment de surprise, ce n’est pas un polar qui mise sur le suspens non plus. Le style d’ensemble, assez littéraire, m’a fait penser à Faulkner. Une lecture sans esbroufe qui, mine de rien, avec sa construction proche du drame antique, où le destin se rappelle implacablement aux hommes, captive le lecteur pendant plus de 170 pages. Note réelle 3,5/5.
Love Fragrance
Encore un scénario un peu étrange comme savent en faire nos amis mangakas. Cela se passe dans l'univers du travail de bureau où évoluent nos deux protagonistes en couverture. A ma gauche une jeune fille timide qui transpire beaucoup, particulièrement quand elle est stressée, et qui a développé tout un tas de techniques pour éviter d'éventuelles odeurs malvenues. A ma droite un jeune beau gosse charismatique qui est "nez" dans cette entreprise de cosmétiques. Un jour l'odeur de la jeune fille lui vient aux narines et l'enivre à un tel point qu'il s'en rapproche rapidement pour la renifler. Puis il se rapproche un peu trop, elle le repousse, mais finalement elle consent et perd son pucelage. Ensuite faut-il s'afficher ensemble au bureau ou garder ses distances ? Je trouve cela un peu trop gnangnan pour aller plus loin que la découverte du tome 1. Néanmoins j'ai une légère curiosité sur ce que peut bien raconter l'auteur dans la suite sur plus de 11 tomes. Des jalousies et rivalités potentielles pointent leur nez à la fin du premier tome. Note : entre 2 et 3 déodorants.