L'Été des charognes

Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)

Adaptation en BD du roman éponyme de Simon Johannin.


Adaptations de romans en BD

Ici, c'est le « village de nulle part ». Là où l'on vit retiré et un peu hors la loi. Là où les enfants slaloment entre les pères ivres et les chiens errants, où l'été on apprend à dépecer les agneaux... Où trop souvent la misère vous mord les lèvres et la puanteur vous empoigne la gorge. Là où l'amitié reste la grande affaire. Un jour pourtant, il faut partir, affronter le monde pour tenter d'échapper à cette enfance pleine de terre et de sang qui vous colle à la peau.

Scénario
Oeuvre originale
Dessin
Couleurs
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 10 Mai 2023
Statut histoire One shot 1 tome paru

Couverture de la série L'Été des charognes © Gallimard 2023
Les notes
Note: 3.5/5
(3.5/5 pour 2 avis)
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17/05/2023 | grogro
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Par Patoun
Note: 4/5
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Une BD tout aussi déroutante que son titre ! Et que de difficultés à poser sur papier mon ressenti. Avec du recul, le dessin est bon voire très bon si l’on se concentre plus particulièrement sur les corps. C’est davantage la colorisation au feutre qui peut perturber. Les couleurs sont criardes mais cela colle plutôt bien à l’environnement global du récit (sans détour, tranché..). Le travail de colorisation sur les ombres est parfois un peu léger : de grands aplats avec des coloris inadaptés et disposés de manière hasardeuse sur les visages et/ou chevelures. En soit, rien de bien méchant au regard des deux gros bémols que j’ai noté : - L’identification d’un personnage d’une scène à l’autre ou pire, lors d’une même scène. En effet, les choix de l’auteur de mettre en avant des visages informes (surtout lors de scènes familiales avec beaucoup de personnes), de couper ces visages par le cadrage ainsi que de ne pas réutiliser (délibérément (?)) d’une case à l’autre la même palette de couleurs propre à un personnage (cheveux, teinte de peau, habits…) sont autant d’obstacles à la reconnaissance des personnages. - L’identification de la parole avec une lecture pas toujours intuitive des bulles : un sens prioritaire de lecture plutôt de haut en bas que de gauche à droite, des bulles éloignées de leur source et bien souvent dépourvues de direction. Et quand ces deux problèmes se cumulent, alors là jackpot ! Je ne vous dis pas la difficulté à se reconstituer les échanges. J’ai parfois dû m’y reprendre à 3 ou 4 fois pour bien comprendre qui dit quoi… Côté narration, j’ai trouvé le traitement de l’histoire déséquilibré. Après recherche, le roman sur lequel repose cette BD a été construit comme un triptyque. Et même si j’ai plus perçu cette BD comme un diptyque, je comprends donc mieux le choix de Sylvain Bordesoules de respecter cette construction narrative. La première partie du récit est lente. Elle pose les bases afin de bien appréhender l’environnement dans lequel les personnages évoluent. Pour cela, la narration s’appuie sur un enchaînement de scènes du quotidien ayant lieu durant l’été qui précède l’entrée au collège de notre protagoniste et de son pote de tous les combats. On y découvre une violence normalisée dans les relations sociales et plus généralement dans la relation au vivant. La violence pour rompre l’ennui, la violence pour tromper ses peurs ? A L’inverse, la narration s’accélère en seconde moitié de récit. Cette fois-ci, elle se repose davantage sur des événements clés de la jeune vie du protagoniste, tout d’abord durant ses années collèges et ensuite lors de la période internat au lycée. C’est d’ailleurs cette toute dernière tranche de vie (années lycée) qui me laisse malheureusement sur ma faim. Comme grogro avant moi, j’ai eu l’impression que l’auteur s’empêtrait et que le chemin à suivre s’obscurcissait à l’approche de la fin du récit. J’ai par exemple fini par perdre le sens de la représentation allégorique du chien (présente pourtant depuis le tout début du récit). Pour résumé très brièvement : une narration encore trop brouillonne dans sa construction (1ère BD de l’auteur si je me réfère au site) mais qui ne laisse personne indifférent de par les thématiques abordées et le traitement de ces dernières. Une histoire touchante, et il me semble, crue de vérités. Note réelle : 3.5 / 5

11/02/2026 (modifier)
Par grogro
Note: 3/5
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Rololo ! Ca c'est vraiment dommage. Ca partait bien, tout sentait bon. Déjà, beau titre, belle couv. Dedans, dessins chouettos voire hyper chouettos. Menu copieux. J'ai lu les deux premiers tiers avec avidité. J'ai adoré cette ambiance sauvage, ce rythme échevelé. Ca m'a rappelé mes souvenirs de jeunesse. Ca m'a aussi fait penser aux Géants, excellent film de Bouli Lanners. Aux illustrations de la collection Bibliothèque Verte également, les Albert Chazelle, François Batet, Jean Reschofsky et consors... A priori des bons souvenirs de lecture. Ca m'a fait pensé à tant d'autres choses encore, et à tout ce que j'aime... La progression devient hasardeuse sur le dernier tiers. Les situations ne sont pas toujours très lisibles graphiquement (ce qui écorche à plusieurs reprises la lecture), et sur la fin, je ne sais pas trop ce qui se passe, mais on sent que l'auteur ne sait pas comment terminer cette histoire. Est-ce le fait du roman dont la fin de la BD est truffée d'extraits ? Est-ce Sylvain Bordesoules lui-même qui s'est empêtré dans le roman ? Quoiqu'il en soit, la fin m'a coupé les pattes sans me donner envie de lire le roman. J'ai trouvé les larges extraits inclus dans la BD mal écrits. Ma balade s'est finalement achevée sous l'orage, et je ne sais pas ce qu'ont cherché à nous dire les auteurs. 4/5 pour le dessin, 2/5 pour le reste.

17/05/2023 (modifier)