Un album sympathique, simple et frais, dans lequel les adolescents (lectorat privilégié je pense) se reconnaitront – en tout cas ils se sentiront sans doute concernés par les préoccupations des ados que nous suivons ici.
En effet, de Radiguès bâtit son album à base de petites anecdotes, d’une suite de dialogues, de rencontres entre une douzaine de filles et garçons, autour des cours et évaluations, mais aussi et surtout de l’éveil à la drague (« sortir », avec qui ? Comment le faire savoir à tous ? etc…).
La lecture est rapide, mais agréable.
L’album traite d’un sujet difficile : la persécution des Juifs durant l’occupation, et le rôle de quelques courageux pour les sauver des griffes des Nazis et de leurs sbires français. Un sujet difficile donc, pour un album qui me semble s’adresser avant tout à un jeune – voire très jeune lectorat, adolescent, en tout cas.
En effet, le dessin (dont le rendu est proche des illustrations de livres pour enfants), des personnages animaliers, et la façon de « ne pas montrer » la violence, tout ceci édulcore pas mal le sujet. Cela le rend moins dur et plus accessible aux jeunes, je ne sais pas. Mais ça peut frustrer les plus âgés.
Car on reste vraiment ici à la surface des choses, et l’intrigue elle-même est simple, et surtout très peu développée, linéaire. Du coup, on ne s’attache pas vraiment aux personnages, dont on ne sait pas grand-chose.
Une lecture pas désagréable, mais qui m’a laissé sur ma faim, et je ne sais pas si de plus jeunes lecteurs y trouveront suffisamment leur compte (car les plus jeunes auxquels certains aspects graphiques peuvent plaire, seront moins réceptifs au sujet, et n’en comprendront pas forcément tous les tenants et aboutissants).
Note réelle 2,5/5.
Je serai moins enthousiaste que certains de mes prédécesseurs.
Disons que c’est une lecture sympathique, qui devrait plaire à un jeune lectorat. L’adulte que je suis l’a trouvée agréable, sans plus.
Le dessin est très beau, avec un travail à l’aquarelle semble-t-il, ce qui est plutôt surprenant pour ce type de récit et le lectorat visé. Un dessin dynamique, très lisible. Dessin qui lorgne vers le manga – et là, certaines expressions des visages (par ailleurs pas très détaillés) me conviennent moins (affaire de goût).
Quant au récit lui-même, il est assez classique pour son lancement, et plutôt agréable dans sa première moitié, avant que l’action à tout va ne prenne trop le dessus (mais c’est peut-être la partie que vont préférer les jeunes lecteurs ?).
Une lecture pour jeunes ados je pense.
Note réelle 2,5/5.
Je ne sais pas pourquoi, mais je m’attendais à quelque chose d’un peu meilleur après les avis glanés, sur ce site ou ailleurs. Au lieu de quoi la lecture des deux premiers albums, sans être déplaisante, s’est révélée un peu décevante.
Dessin et petites histoires (souvent d’une page) sont sympathiques, tout gentils tout mignons – trop gentils en fait. Humour potache, autodérision, un cynisme enrobé de gentillesse, la lecture est globalement agréable.
Mais l’adulte que je suis est resté frustré par cette vision du troisième âge que personnellement j’aurais préférée plus mordante, plus noire – même si quelques personnages secondaires pimentent un peu les historiettes. Mais un lectorat plus jeune – auquel s’adresse de toute évidence cette série – y trouvera sans doute davantage son compte.
Je serais moins dithyrambique que Miranda. La lecture n’est pas désagréable, c’est rythmé, on ne s’ennuie pas. Même si je trouve la fin très abrupte, la tension montait, l’apocalypse était en cours, et puis la dernière planche du troisième tome nous propose quelque chose d’apaisé, rassurant, sans transition. J’ai trouvé ça bizarre.
Une histoire qui se laisse lire donc, et qui joue sur des thèmes déjà pas mal utilisés : la recherche scientifique et les problèmes déontologiques plus ou moins maltraités, le rôle obscure des laboratoires, l’exploitation de peurs millénaristes par les Églises. Le tout sur fond de polar. Le mélange est efficace, mais l’air de déjà vu freine l’enthousiasme.
Surtout, je n’ai pas été convaincu par la théorie de celui qui déclenche les phénomènes dramatiques qui menacent Paris : pousser l’homme à « réagir » à une situation d’extrême danger pour l’espèce, à évoluer, pour ne pas se cantonner à un rôle de « nuisible ». Ça me parait un peu fumeux.
Quant au dessin de Buscaglia, il est lui aussi efficace et dynamique. Mais je ne l’ai pas trouvé à mon goût. Il manque de détails – et la colorisation lisse encore plus le rendu, effaçant certains traits des visages.
Une série à emprunter à l’occasion, c’est un thriller scientifico-religieux qui se laisse lire. Mais je n’y reviendrai pas.
Je ne suis pas spécialement amateur d’horreur ou du réalisateur John Carpenter (une grosse inspiration de ce récit selon les autres avis), mais j’avais beaucoup aimé Basketful of heads du même scénariste, et le pitch me faisait envie, je me suis donc lancé… et j’ai trouvé ça pas mal, sans plus.
L’intrigue est bien construite et prenante, et je dois avouer avoir avalé l’album assez rapidement. Mais de manière générale le ton est trop vulgaire et gore pour moi, et le scenario trop tiré par les cheveux (voire ridicule par moment). J’ai donc pris ça comme une grosse déconnade, une BD popcorn qui m’a diverti mais pas vraiment marqué. Surtout que la mise en image est efficace, voire jolie par moment.
Je pense que les fans du genre devraient apprécier cet album à sa juste valeur.
C'est la joie des vides greniers que de trouver des albums que je n'aurais jamais achetés. Pour une somme modique on peut tout essayer.
Cinq à table ne renouvelle pas le genre des gags dans une famille avec des enfants turbulents mais Philippe Reyt propose un humour tendre et gentil.
Ses strips de six cases sont très dynamiques et même si il y a quelques répétitions, l'ouvrage se lit rapidement et sans déplaisir.
Il y a même une volonté d'aborder des scènes intimes que l'on ne rencontre pas souvent dans une BD tout public.
Le graphisme est minimaliste accompagné d'une mise en couleur assez flashy. Mais cela donne une cohérence à l'esprit de la série qui peut être lue par tous.
C'est même ce graphisme un peu singulier qui m'a invité à prendre la série.
La série touchera surtout les parents avec plusieurs enfants. Ils pourront soit se reconnaître dans ces bêtises ou soit se dire qu'ils élèvent bien mieux leurs garnements.
Tout cela avec le sourire.
C'est le premier ouvrage de Pierre Dubois que je lis. J'ai fini les cinq tomes sans déplaisir même si il y a quelques faiblesses qui parsèment la série.
Globalement je suis en phase avec les avis de Pierig et de Elveen, la série est trop déséquilibrée entre du récit de critique sociale sur presque 4 tomes pour un tome et demi de fantastique.
En effet si Dubois installe dès le début son histoire dans la féérie (l'aubépine, les fées, le pseudo Merlin) il revient très vite sur du réaliste social à travers la paupérisation des campagnes, l'exploitation des ouvriers, le travail des enfants, la prostitution ou le trafic d'opium dans un Londres de Dickens.
Les auteurs en profitent pour faire de multiples détours vers la littérature anglaise du 19ème siècle : Dickens, Defoe ou Barrie sont clairement visités. Scrubby nous sert de guide à travers ce Londres légendaire croisant de temps en temps un mystérieux personnage aux yeux rouges qui se révélera au T5.
Cela fait un peu catalogue sociétal avec des thèmes traités de façon superficielle malgré des passages intéressants (la mine, les docks).
Les auteurs bifurquent même vers une secte à connotation satanique sans que ce soit vraiment indispensable à la destinée de Scrubby.
Car le tome 5 revient au fantastique du début, explique le titre et reprend les codes mi fantastiques mi fantasy du genre Tolkien : Scrubby possède une destinée, avait une garde de protecteurs mais doit se débrouiller seul face au Maître des Ténèbres.
C'est si classique que Dubois ne cherche pas à peaufiner et expédie tout en trois coups d'épée (magique). Tout ça pour un si pauvre final.
J'ai bien aimé le dessin de Xavier Fourquemin. C'est assez classique pour correspondre au genre un peu hybride du récit entre l'imaginaire féérique et la caricature semi réaliste pour le social. C'est précis avec de nombreux personnages tous bien soignés.
Le plus du graphisme est le soin apporté à tous les décors qui sont nombreux. La campagne, les quartiers populaires de Londres, les docks, la mine proposent tous des détails et des ambiances très réussis. Les éclairages participent à cette réussite dans des épisodes nocturnes nombreux bien maîtrisés.
Une lecture agréable d'une série avec de belles qualités mais qui manque un peu de cohérence pour en faire du tout bon.
Le récit est assez linéaire et sans surprises, mais je ne pense pas que ce soit le but. Il s'agit avant tout de faire un portrait de femme contemporaine, piégée entre les injonctions qu'elle subit au quotidien (très bien retranscrit par les petites phrases et les affiches publicitaires) et ses envies personnelles. Aude Picault joue sur les préjugés et perceptions que les femmes subissent pour montrer que la femme est jugée, catégorisée, brimée et rangée dans des belles cases.
Ce qui m'a plu dans la lecture c'est de reconnaitre des comportements ou des situations que j'ai déjà vus. Les injonctions à se raser, à avoir une sexualité plus poussée que juste le missionnaire, les problèmes de jouissance, les tâches quotidiennes … Tant de situations qui jaillissent de plus en plus y compris dans l'espace médiatique, montrant que la femme est soumise en permanence à des injonctions formatant l'idée du bonheur, souvent en opposition avec une réalité qu'elles vivent.
La BD se pose donc en observatrice de tous ces comportements et se permet de nous donner une fin qui tend vers une insouciance et un bonheur possible, pour peu qu'on s'affranchisse de ce qu'on nous impose. Le dessin convient au récit, rondouillet et mignon, c'est parfait pour un récit de ce genre.
Après, la BD ne dépasse pas suffisamment cette condition (notamment sur la question des hommes et de la potentielle déconstruction de leur position) et je trouve que quelques nuances m'auraient bien plu dans le traitement. Pour le reste je suis franchement content de la lecture, je recommande notamment aux jeunes femmes pour comprendre à quel point nous forcer dans un modèle peut nous coincer dans des situations qui ne nous conviennent pas.
Mouais, je suis assez peu convaincu par le rendu final de la BD. Je pense que les connaisseurs n'y trouveront rien, puisque la BD semble faire synthèse des ouvrages de Badinter et retracer sa vision du problème, corrélé avec deux affaires médiatiques. Quelques points viennent se greffer au récit, comme la question du procès de Klaus Barbie. Mais globalement c'est surtout l'histoire des deux affaires, et la rédaction de la loi qui a suivi l'élection de Mitterrand.
Je pense que je vois trop facilement les limites de ce genre de documentaire qui se contente de faire un rapport chronologique de l'ensemble. C'est bien pour découvrir, et personnellement je ne connaissais rien de ce combat, ce qui est chouette pour des néophytes. Maintenant, c'est vite lu et ça manque de développement intéressant. Typiquement les passages sur Klaus Barbie et la perte de son père sous l'occupation donnent un aperçu de ce qu'il aurait fallu développer : soit la vie de Badinter en dehors de ça et comment il en est venu à vouloir abolir la peine de mort, soit l'histoire de la peine de mort et surtout comment cela a évolué dans le monde à cette époque … J'aimerais plus qu'une simple fiche récapitulative qui ne sort pas d'un résumé wikipédia. C'est dommage, le duo d'auteur aurait grandement gagné à étoffer le sujet.
En tout cas, ça reste à lire si vous avez envie de découvrir le sujet, mais clairement ça ne suffit pas pour en faire un bon documentaire à mes yeux.
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L'Âge dur
Un album sympathique, simple et frais, dans lequel les adolescents (lectorat privilégié je pense) se reconnaitront – en tout cas ils se sentiront sans doute concernés par les préoccupations des ados que nous suivons ici. En effet, de Radiguès bâtit son album à base de petites anecdotes, d’une suite de dialogues, de rencontres entre une douzaine de filles et garçons, autour des cours et évaluations, mais aussi et surtout de l’éveil à la drague (« sortir », avec qui ? Comment le faire savoir à tous ? etc…). La lecture est rapide, mais agréable.
Jules B - L'Histoire d'un Juste
L’album traite d’un sujet difficile : la persécution des Juifs durant l’occupation, et le rôle de quelques courageux pour les sauver des griffes des Nazis et de leurs sbires français. Un sujet difficile donc, pour un album qui me semble s’adresser avant tout à un jeune – voire très jeune lectorat, adolescent, en tout cas. En effet, le dessin (dont le rendu est proche des illustrations de livres pour enfants), des personnages animaliers, et la façon de « ne pas montrer » la violence, tout ceci édulcore pas mal le sujet. Cela le rend moins dur et plus accessible aux jeunes, je ne sais pas. Mais ça peut frustrer les plus âgés. Car on reste vraiment ici à la surface des choses, et l’intrigue elle-même est simple, et surtout très peu développée, linéaire. Du coup, on ne s’attache pas vraiment aux personnages, dont on ne sait pas grand-chose. Une lecture pas désagréable, mais qui m’a laissé sur ma faim, et je ne sais pas si de plus jeunes lecteurs y trouveront suffisamment leur compte (car les plus jeunes auxquels certains aspects graphiques peuvent plaire, seront moins réceptifs au sujet, et n’en comprendront pas forcément tous les tenants et aboutissants). Note réelle 2,5/5.
Janardana
Je serai moins enthousiaste que certains de mes prédécesseurs. Disons que c’est une lecture sympathique, qui devrait plaire à un jeune lectorat. L’adulte que je suis l’a trouvée agréable, sans plus. Le dessin est très beau, avec un travail à l’aquarelle semble-t-il, ce qui est plutôt surprenant pour ce type de récit et le lectorat visé. Un dessin dynamique, très lisible. Dessin qui lorgne vers le manga – et là, certaines expressions des visages (par ailleurs pas très détaillés) me conviennent moins (affaire de goût). Quant au récit lui-même, il est assez classique pour son lancement, et plutôt agréable dans sa première moitié, avant que l’action à tout va ne prenne trop le dessus (mais c’est peut-être la partie que vont préférer les jeunes lecteurs ?). Une lecture pour jeunes ados je pense. Note réelle 2,5/5.
Mamette
Je ne sais pas pourquoi, mais je m’attendais à quelque chose d’un peu meilleur après les avis glanés, sur ce site ou ailleurs. Au lieu de quoi la lecture des deux premiers albums, sans être déplaisante, s’est révélée un peu décevante. Dessin et petites histoires (souvent d’une page) sont sympathiques, tout gentils tout mignons – trop gentils en fait. Humour potache, autodérision, un cynisme enrobé de gentillesse, la lecture est globalement agréable. Mais l’adulte que je suis est resté frustré par cette vision du troisième âge que personnellement j’aurais préférée plus mordante, plus noire – même si quelques personnages secondaires pimentent un peu les historiettes. Mais un lectorat plus jeune – auquel s’adresse de toute évidence cette série – y trouvera sans doute davantage son compte.
Nuisible
Je serais moins dithyrambique que Miranda. La lecture n’est pas désagréable, c’est rythmé, on ne s’ennuie pas. Même si je trouve la fin très abrupte, la tension montait, l’apocalypse était en cours, et puis la dernière planche du troisième tome nous propose quelque chose d’apaisé, rassurant, sans transition. J’ai trouvé ça bizarre. Une histoire qui se laisse lire donc, et qui joue sur des thèmes déjà pas mal utilisés : la recherche scientifique et les problèmes déontologiques plus ou moins maltraités, le rôle obscure des laboratoires, l’exploitation de peurs millénaristes par les Églises. Le tout sur fond de polar. Le mélange est efficace, mais l’air de déjà vu freine l’enthousiasme. Surtout, je n’ai pas été convaincu par la théorie de celui qui déclenche les phénomènes dramatiques qui menacent Paris : pousser l’homme à « réagir » à une situation d’extrême danger pour l’espèce, à évoluer, pour ne pas se cantonner à un rôle de « nuisible ». Ça me parait un peu fumeux. Quant au dessin de Buscaglia, il est lui aussi efficace et dynamique. Mais je ne l’ai pas trouvé à mon goût. Il manque de détails – et la colorisation lisse encore plus le rendu, effaçant certains traits des visages. Une série à emprunter à l’occasion, c’est un thriller scientifico-religieux qui se laisse lire. Mais je n’y reviendrai pas.
Plunge
Je ne suis pas spécialement amateur d’horreur ou du réalisateur John Carpenter (une grosse inspiration de ce récit selon les autres avis), mais j’avais beaucoup aimé Basketful of heads du même scénariste, et le pitch me faisait envie, je me suis donc lancé… et j’ai trouvé ça pas mal, sans plus. L’intrigue est bien construite et prenante, et je dois avouer avoir avalé l’album assez rapidement. Mais de manière générale le ton est trop vulgaire et gore pour moi, et le scenario trop tiré par les cheveux (voire ridicule par moment). J’ai donc pris ça comme une grosse déconnade, une BD popcorn qui m’a diverti mais pas vraiment marqué. Surtout que la mise en image est efficace, voire jolie par moment. Je pense que les fans du genre devraient apprécier cet album à sa juste valeur.
Cinq à table
C'est la joie des vides greniers que de trouver des albums que je n'aurais jamais achetés. Pour une somme modique on peut tout essayer. Cinq à table ne renouvelle pas le genre des gags dans une famille avec des enfants turbulents mais Philippe Reyt propose un humour tendre et gentil. Ses strips de six cases sont très dynamiques et même si il y a quelques répétitions, l'ouvrage se lit rapidement et sans déplaisir. Il y a même une volonté d'aborder des scènes intimes que l'on ne rencontre pas souvent dans une BD tout public. Le graphisme est minimaliste accompagné d'une mise en couleur assez flashy. Mais cela donne une cohérence à l'esprit de la série qui peut être lue par tous. C'est même ce graphisme un peu singulier qui m'a invité à prendre la série. La série touchera surtout les parents avec plusieurs enfants. Ils pourront soit se reconnaître dans ces bêtises ou soit se dire qu'ils élèvent bien mieux leurs garnements. Tout cela avec le sourire.
La Légende du Changeling
C'est le premier ouvrage de Pierre Dubois que je lis. J'ai fini les cinq tomes sans déplaisir même si il y a quelques faiblesses qui parsèment la série. Globalement je suis en phase avec les avis de Pierig et de Elveen, la série est trop déséquilibrée entre du récit de critique sociale sur presque 4 tomes pour un tome et demi de fantastique. En effet si Dubois installe dès le début son histoire dans la féérie (l'aubépine, les fées, le pseudo Merlin) il revient très vite sur du réaliste social à travers la paupérisation des campagnes, l'exploitation des ouvriers, le travail des enfants, la prostitution ou le trafic d'opium dans un Londres de Dickens. Les auteurs en profitent pour faire de multiples détours vers la littérature anglaise du 19ème siècle : Dickens, Defoe ou Barrie sont clairement visités. Scrubby nous sert de guide à travers ce Londres légendaire croisant de temps en temps un mystérieux personnage aux yeux rouges qui se révélera au T5. Cela fait un peu catalogue sociétal avec des thèmes traités de façon superficielle malgré des passages intéressants (la mine, les docks). Les auteurs bifurquent même vers une secte à connotation satanique sans que ce soit vraiment indispensable à la destinée de Scrubby. Car le tome 5 revient au fantastique du début, explique le titre et reprend les codes mi fantastiques mi fantasy du genre Tolkien : Scrubby possède une destinée, avait une garde de protecteurs mais doit se débrouiller seul face au Maître des Ténèbres. C'est si classique que Dubois ne cherche pas à peaufiner et expédie tout en trois coups d'épée (magique). Tout ça pour un si pauvre final. J'ai bien aimé le dessin de Xavier Fourquemin. C'est assez classique pour correspondre au genre un peu hybride du récit entre l'imaginaire féérique et la caricature semi réaliste pour le social. C'est précis avec de nombreux personnages tous bien soignés. Le plus du graphisme est le soin apporté à tous les décors qui sont nombreux. La campagne, les quartiers populaires de Londres, les docks, la mine proposent tous des détails et des ambiances très réussis. Les éclairages participent à cette réussite dans des épisodes nocturnes nombreux bien maîtrisés. Une lecture agréable d'une série avec de belles qualités mais qui manque un peu de cohérence pour en faire du tout bon.
Idéal Standard
Le récit est assez linéaire et sans surprises, mais je ne pense pas que ce soit le but. Il s'agit avant tout de faire un portrait de femme contemporaine, piégée entre les injonctions qu'elle subit au quotidien (très bien retranscrit par les petites phrases et les affiches publicitaires) et ses envies personnelles. Aude Picault joue sur les préjugés et perceptions que les femmes subissent pour montrer que la femme est jugée, catégorisée, brimée et rangée dans des belles cases. Ce qui m'a plu dans la lecture c'est de reconnaitre des comportements ou des situations que j'ai déjà vus. Les injonctions à se raser, à avoir une sexualité plus poussée que juste le missionnaire, les problèmes de jouissance, les tâches quotidiennes … Tant de situations qui jaillissent de plus en plus y compris dans l'espace médiatique, montrant que la femme est soumise en permanence à des injonctions formatant l'idée du bonheur, souvent en opposition avec une réalité qu'elles vivent. La BD se pose donc en observatrice de tous ces comportements et se permet de nous donner une fin qui tend vers une insouciance et un bonheur possible, pour peu qu'on s'affranchisse de ce qu'on nous impose. Le dessin convient au récit, rondouillet et mignon, c'est parfait pour un récit de ce genre. Après, la BD ne dépasse pas suffisamment cette condition (notamment sur la question des hommes et de la potentielle déconstruction de leur position) et je trouve que quelques nuances m'auraient bien plu dans le traitement. Pour le reste je suis franchement content de la lecture, je recommande notamment aux jeunes femmes pour comprendre à quel point nous forcer dans un modèle peut nous coincer dans des situations qui ne nous conviennent pas.
L'Abolition - Le Combat de Robert Badinter
Mouais, je suis assez peu convaincu par le rendu final de la BD. Je pense que les connaisseurs n'y trouveront rien, puisque la BD semble faire synthèse des ouvrages de Badinter et retracer sa vision du problème, corrélé avec deux affaires médiatiques. Quelques points viennent se greffer au récit, comme la question du procès de Klaus Barbie. Mais globalement c'est surtout l'histoire des deux affaires, et la rédaction de la loi qui a suivi l'élection de Mitterrand. Je pense que je vois trop facilement les limites de ce genre de documentaire qui se contente de faire un rapport chronologique de l'ensemble. C'est bien pour découvrir, et personnellement je ne connaissais rien de ce combat, ce qui est chouette pour des néophytes. Maintenant, c'est vite lu et ça manque de développement intéressant. Typiquement les passages sur Klaus Barbie et la perte de son père sous l'occupation donnent un aperçu de ce qu'il aurait fallu développer : soit la vie de Badinter en dehors de ça et comment il en est venu à vouloir abolir la peine de mort, soit l'histoire de la peine de mort et surtout comment cela a évolué dans le monde à cette époque … J'aimerais plus qu'une simple fiche récapitulative qui ne sort pas d'un résumé wikipédia. C'est dommage, le duo d'auteur aurait grandement gagné à étoffer le sujet. En tout cas, ça reste à lire si vous avez envie de découvrir le sujet, mais clairement ça ne suffit pas pour en faire un bon documentaire à mes yeux.