Les derniers avis (9619 avis)

Par Superjé
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Idée fixe du savant Cosinus
L'Idée fixe du savant Cosinus

Après avoir lu un certain nombre de Topffer et Le sapeur Camember (du même Christophe) que j'ai bien aimé, j'attaque une nouvelle BD du XIXème siècle qui est aussi particulièrement réussie. On y suit (contrairement au Sapeur camember) la longue histoire du savant Cosinus qui souhaite voyager autour du monde pour (entre autres) entreprendre une mission colonisatrice mais qui n'arrive, à chaque fois, malheureusement (ou heureusement plutôt) pas à sortir de Paris. L'histoire en plus d'être intéressante, est parsemée de nombreux gags (assez drôles dans l'ensemble), que cela soit dans les caricatures présentes dans chaque personnages, dans le décalage entre le ton sérieux du texte narratif et des vignettes qui nous sont présentées, dans des jeux de mots ou autres calembours ou tout simplement dans la cocasserie véritable de chaque situation. Comme, en plus, je trouve le dessin très esthétique, dans un style pas si loin de ces images d'Epinal si jolies, avec un encrage fin certes mais assez chargé, et qu'on retrouve déjà une grande inventivité dans les codes utilisés qui seront plus tard les canons de la BDs moderne, cette petite BD de plus de 100 ans maintenant est un joyeux régal à lire.

08/09/2013 (modifier)
Couverture de la série Léonard
Léonard

Cette création désopilante du tandem fou Turk/De Groot est comme Iznogoud ou Achille Talon, devenue un must de la série humoristique. Ici, les 2 compères se déchaînent avec encore plus de brio que dans Robin Dubois, en utilisant un ton cartoonesque très Tex Avery, un comique visuel pétaradant et en abusant d'une quantité impressionnante d'anachronismes. Ce qui donne des gags judicieusement étalés sur une planche-gag ou en 2 voire 4 pages, dans un style le plus souvent délirant, aidés par le trait très expressif de Turk qui s'est bien affiné. Pourtant, en utilisant les mêmes recettes à chaque fois, détournées ou ré-adaptées, avec des gimmicks, l'imagination explosive de De Groot fait mouche, on sent que les 2 auteurs sont complètement en osmose sur cette série souvent considérée comme une oeuvre enfantine, alors qu'elle procure autant de joie à un public adulte, j'en sais quelque chose, puisque je l'adore. On a vite compris qu'il s'agit d'une décapante parodie de Léonard de Vinci, où le héros se veut tout aussi créatif que son illustre modèle ; son faire-valoir, le pauvre disciple qui en prend plein la gueule, lui sert à tester ses mirifiques inventions à grand coup d'humour très visuel, dont chaque case est truffée de petits détails savoureux destinés aux lecteurs attentifs. Ce qui est drôle, c'est non seulement la gestuelle de Léonard envers son disciple, mais aussi la création de ses appareils abracadabrants, des machines infernales dont le disciple fait les frais, et des inventions géniales de notre époque comme le chauffage central, qui sont bien-sûr totalement incongrues et inadaptées à ce XVème siècle. On reconnaît là le goût immodéré des auteurs pour les anachronismes, procédé comique fréquemment utilisé dans Robin Dubois qui donnait lieu à des gags d'anthologie. Le logis du génial inventeur est aussi un décor qui fait rire puisqu'il est perpétuellement encombré d'inventions ratées ou inachevées, son atelier est un véritable capharnaüm où traînent une quantité d'outils et de bibelots qui ne servent à rien. A cela s'ajoute le gag dans le gag, avec le chat Raoul (qui subit lui aussi parfois des retombées catastrophiques), une technique déjà habilement employée par Delinx et Godard dans La Jungle en folie (les pies philosophes des bas de pages) et surtout par Gotlib avec sa coccinelle dans Rubrique-à-Brac. Il faut louer l'imagination prolifique des auteurs pour arriver à faire fonctionner une série qui dure depuis 1975, comptant plus de 40 albums comportant à chaque fois dans son titre le mot génie. Alors, si les premiers albums sont en qualité gaguesque ceux qui permettent le plus de se pisser aux culottes, c'est un peu normal sur une telle longévité, et il n'est pas nécessaire d'en acheter plein, 4 ou 5 suffiront pour avoir une approche, mais ne passez pas à côté d'un monument de la BD humoristique.

08/09/2013 (modifier)
Couverture de la série Fin de chaîne
Fin de chaîne

Loin des sentiers battus et bâtés... l'intelligence et la finesse de cette BD en font un objet de délectation tant dans l'humour que dans la profondeur philosophique ! Ce n'est pas l'intrigue ou une action trépidante qui sont ici l'intérêt... ni la virtuosité graphique (pour tout ça il y a foule partout ailleurs...). Cette BD est un objet complet et il faudra être indulgent avec ceux qui n'auront pas compris, le propos étant de mettre en situation l'absence de la mémoire et de ce que cela engendre comme situation délirante (et drôle). Le graphisme et le traitement sont adaptés au ton... Le dessin et la chromatique semblent dénués d'intérêt mais rien n'est plus faux ; ils sont précisément l'expression de la vacuité désertique et désolée de la pauvreté du monde quand la mémoire en est retirée... Ce qui devient intéressant à mesure que la lecture avance, c'est la ressemblance étrange que ces situations ont avec la réalité de nos sociétés...

08/09/2013 (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cap Horn
Cap Horn

Petit coup de coeur pour cette série... Christian Perrissin a fait ses preuves en reprenant les aventures du jeune Barbe-Rouge. Il réitère dans cette série au fort parfum d'embruns et de vents marins aux antipodes. Dans cette région du Cap Horn toujours redoutée des marins, en ce XIXème siècle où de nombreuses nations cohabitent, avec les natifs et d'inquiétants aventuriers. L'histoire a du mal à démarrer, du fait de deux intrigues parallèles, mais au premier tiers de l'album le récit commence à prendre de l'ampleur, se densifie, et il y a un climax dans le tome 3. C'est dense, il y a pas mal de personnages principaux et secondaires, et il faut vraiment s'accrocher pour suivre l'ensemble de l'intrigue. Perrissin mène sa barque de belle façon. Le troisième tome aurait pu clôturer de façon assez satisfaisante la série, mais Christian Perrissin voulait vraiment refermer toutes les intrigues, avec tous les personnages. La conclusion me semble tout à fait satisfaisante, même si un peu longue. Ce n'est d'ailleurs pas la la moindre des originalités de la série, le côté dramatique du tome 3 (presque au sens shakespearien du terme) nous montrant qu'on est dans un cadre géopolitique réaliste et hostile ; en ce sens "Cap Horn" vaut largement la lecture. Cette jolie série nous permet d'admirer le trait élégant de Riboldi, dans la grande tradition des BD d'aventure "classiques" (Barbe-Rouge, justement...). Malgré des couleurs un peu trop sombres, et des techniciens differents a chaque album ou presque, le graphisme fait preuve d'une belle maturité, d'un sens du mouvement assez bluffant et d'un grand souci du détail. Il faut dire qu'Enea Riboldi est un spécialiste des coques de noix, et cela se sent au fil des pages, traversées par le souffle de l'aventure avec un grand A. À lire.

18/11/2005 (MAJ le 07/09/2013) (modifier)
Couverture de la série Amorostasia
Amorostasia

Fin, intelligent, poétique, romantique... Ce récit touche et nous incite à réfléchir sur le sens de l'amour et de la passion amoureuse. Entre conte fantastique et roman graphique, cette histoire... (... pffffffff, que dire ?) Cette histoire me touche telle la vision d'une gracieuse funambule (Pas sûr que ce soit clair pour vous... qu'importe ! Cela l'est pour moi). A la fois divertissant et nous incitant à réfléchir, touchant par les personnages décrits, bien amené, bien pensé et joliment conclu. Un très bel album !!!!

07/09/2013 (modifier)
Couverture de la série Le Scorpion
Le Scorpion

Le genre cape et d'épée retrouve ses lettres de noblesse avec cette splendide série dont le talent des 2 créateurs l'a même hissée au rang de best-seller chez Dargaud. Desberg conte en effet les aventures d'un beau ténébreux en butte aux intrigues politico-religieuses du Vatican dans la Rome des années 1750. Les dessins de Marini sont absolument superbes, l'osmose est parfaite entre eux qui ont déjà travaillé sur L'Etoile du Désert, mais ici, Marini se surpasse avec un trait clair, aux belles couleurs qui flirte par endroits avec l'aquarelle, et aux riches décors. Pourtant, cette Bd trahit son aspect ultra commercial par sa longueur et la multiplicité trop répétitive de ses rebondissements, alors que l'histoire aurait pu être bouclée en 6 tomes. C'est tout à fait dans la lignée de la série de films Angélique marquise des anges, de la pseudo-Histoire bien troussée, mais à qui il manque un peu de profondeur. On va pas bouder son plaisir, car c'est quand même bien plaisant de suivre ce héros charismatique à beau physique et bouc bien taillé, sachant manier l'épée et appréciant les jolies femmes. On y succombe même, c'est ce que j'ai fait. La bande se lit assez vite, il y a peu de dialogues, le rythme est rapide, on y revient, ce qui laisse le temps d'admirer le cadrage très étudié et le dessin de Marini aux beaux contours. Le méchant est particulièrement réussi ; Hitchcock disait qu'un héros était bon quand le méchant était réussi, et là c'est le cas. Ce malfaisant et venimeux cardinal Trebaldi est l'ennemi redoutable qu'on aime haïr, il n'hésite pas à tuer de ses propres mains pour arriver à échafauder ses plans machiavéliques. C'est un personnage au physique dur et sec, qui fait froid dans le dos, mais qui en même temps, met le héros plus en valeur, leur affrontement ayant ainsi plus de force. Ce dernier va découvrir ses origines au fil du récit, et le reste des personnages secondaires sont suffisamment forts pour qu'on s'y intéresse : Méjaï l'empoisonneuse égyptienne, la belle Anséa, le Hussard, gros acolyte qui est souvent d'un précieux secours, Rochnan, le capitaine des moines guerriers aux sinistres masques constituant la garde de Trebaldi... Une fort belle Bd donc, destinée à un public très large, et devenue comme quelques autres chez Dargaud (Murena, Blacksad, Aldébaran....) un nouveau classique qui renouvelle habilement le genre cape et d'épée, prouvant que les vieilles recettes fonctionnent toujours.

07/09/2013 (modifier)
Par Thorn
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Amulet
Amulet

Amulet est une série de fantasy destinée, je suppose, à des 8-14 ans, et à ce titre, elle me parait une vraie réussite. La jeune héroïne, Émilie, va découvrir un monde parallèle fantastique, où elle possède des pouvoirs particuliers, qu'elle pourra utiliser de son mieux pour sauver le monde d'une guerre destructrice. Mouais. Dis comme ça, l'originalité ne saute pas aux yeux ! Et pourtant... pourtant je me surprends à me laisser prendre, à attendre la suite, à savourer la beauté de l'univers exploré petit à petit, à apprécier l'humour léger mais bien présent. Le rythme est parfois un peu lent, mais chaque nouveau tome apporte son lot de nouveaux personnages, de lieux et de péripéties. Et si l'influence de la guerre des étoiles et des films de Miyazaki est difficile à manquer, ce ne sont pas de mauvaises références pour créer une histoire attachante :) Les persos principaux sont très sympas, des enfants qui ont des réactions d'enfants, leur maman très pragmatique, des alliés qui vont du guerrier-ninja-à-tête-de-renard au robot-grognon-au-grand-coeur, une fois de plus rien de détonnant mais un mélange très agréable si on est un tant soit peu bon public. À noter tout de même quelques incohérences ou ficelles tirées par les cheveux... faut-il faire confiance à l'auteur pour raccorder tout ça dans les tomes à venir ? Et si les dessins colorés à l'ordi peuvent être éblouissants, les expressions des personnages sont parfois un peu figées, identiques d'une case à l'autre. Malgré tout, je laisse 4 étoiles, sans hésiter. Car je me suis fait vraiment plaisir à piquer les tomes à mon fils pour les dévorer. Et je me procurerai la suite sans hésiter dès sa parution. (avis rédigé suite à la lecture des 5 premiers tomes en VO)

05/09/2013 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Revenants
Revenants

Comme l'a souligné Alix, cet album fait suite, en quelque sorte, à un documentaire qu'a tourné Olivier Morel en 2011, consacré aux vétérans de la guerre en Irak, des soldat(e)s devenus persona non grata à leur retour, des personnes blessées mortellement dans leur tête que le système a tenté d'expulser, d'écraser comme de simples parasites. A ce titre, l'évolution de leur situation sous la houlette de l'administration Bush Jr. est édifiante. Par certains côtés ça m'a rappelé le point de départ du premier Rambo... Mais Olivier Morel n'avait manifestement pas tout dit. Il fallait qu'il raconte les à-côtés, ses impressions à lui (pas forcément présentes sur le documentaire), ses rencontres initiales, et, particulièrement, une scène qui s'est passée juste après le clap de fin... Certaines scènes m'ont tétanisé de par l'horreur qu'elles véhiculent, la douleur qu'expriment les "revenants", les "non-comptabilisés", et leur entourage. Bien sûr, les victimes directes du conflit en Irak ne sont pas oubliées, et ne seront jamais oubliées par ces hommes et ces femmes meurtri(e)s dans leur chair comme dans leur âme. Maël est l'illustrateur parfait pour ce genre d'histoire ; bien sûr, son boulot sur "Notre-Mère la Guerre" est précieux et l'amène à faire un boulot de premier choix sur les scènes de violence. sauf qu'ici il y en a peu, finalement, on est plus dans l'intime. Et c'est la fragilité de sont rait, autant que son expressivité, qui entrent en action et rendent parfaitement les sentiments véhiculés par le texte. Mais l'album donne un goût d'inachevé. On sent bien que l'âme du récit est dans le film ; il aurait été bien vu de faire une vente combinée, les deux se complétant parfaitement, la BD se posant en quelque sorte en "bonus" du docu. C'est tout de même un récit très fort. a lire, forcément.

02/09/2013 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bang et son gang
Bang et son gang

C’est par le plus grand des hasards que je suis tombé sur ce joli petit album cartonné à l’italienne dont les couleurs rose bonbon m’ont immédiatement interpellé et plus encore que son titre sous forme de calembour, c’est le joli cartouche parental qui a encore plus attisé ma curiosité…. Sorti d’un blog soit de nulle part pour ma part comme je ne lis jamais d’œuvre numérique et par des auteurs au pseudos japonisants bien rigolos comme Kikoo-lol ou Takaro, il s’agit bien d’un produit bien de chez nous qui passera surement inaperçu et retombera vite dans l’ombre des Lanfeust, Blake et Mortimer ou autres Blacksad d’autant plus que peu de libraires prendront peu de risques à le mettre bien en vue. Et pour cause ! Un peu construit comme un Squeak the Mouse qui s’amusait à reprendre l’illustre poursuite entre un chat et une souris façon cartoon pour mieux la détourner vers des fantasmes gores et pornos, on est loin du monde des bisounours dans cette parodie bien trash et mettant en scène un lapin qui n’en est pas un, un chien adepte de l’onanisme, un nounours pédophile et fan de poussins ainsi que mon personnage préféré : le petit éléphant naïf qui découvre les joies du plaisir anal ! Effectivement il faut adhérer à ce style d’humour mais j’en suis très friand et si tous les gags construits en une page gaufrier de 6 cases ne m’ont pas fait tous rire, je suis rapidement tombé sous le charme de cette drôle de troupe d’obsédés obnubilés par leur propre petite personne (le personnage de Bang est détestable). Les décors sont minimalistes et les dessins semblent presque dessinés par ordinateur mais le décalage opéré par les paroles et la représentation graphique fait bien plus mouche qu’un Al Crane par exemple. Au moins on va droit à l’essentiel et l’ensemble forme une histoire cohérente, complète et qui trouve même une jolie conclusion. Plus bête que véritablement méchant ou choquante, j’ai eu un gros coup de cœur pour ce petit bouquin qui part complètement à l’ouest et ne plaira pas forcément aux culs bénis mais comme on peut rire de tout et que tout est enfin permis ici, je pense qu’on aurait tort de s’en priver et je trouve que le monde de la bd manque cruellement de bouquins de ce style… Donc s’il ne vous en faut qu’un seul, ne faites pas comme Gaz l’éléphant, ne vous trompez pas et ruez-vous là-dessus histoire d’avoir un bel ouvrage scato dans votre bibliothèque. En somme un bien bel ouvrage de fin d’été comme il me fallait !

02/09/2013 (modifier)
Couverture de la série Rubrique-à-Brac
Rubrique-à-Brac

Marcel Gotlib est un géant de la BD francophone, un must absolu de la BD d'humour dont le nom est synonyme de sacrées tranches de rigolade. Dès ses débuts, on a senti chez lui des qualités d'auteur comique indiscutable. En 1965, il entre au journal Pilote où Goscinny l'accueille à bras ouverts et anime avec lui Les Dingodossiers, chronique loufoque où ils abordent de nombreux sujet variés. Fin 1967, Goscinny débordé, lâche Gotlib et l'encourage à créer ses propres histoires. Dès 1968, apparaît la RAB dans le n°429 de Pilote, je m'en souviens parfaitement, et depuis je suis devenu accro à cette double page à chaque livraison de mon Pilote. Gotlib va appliquer le même principe que dans Les Dingodossiers avec cette rubrique fourre-tout où il se démarque de l'humour goscinnien en versant dans la parodie la plus destructrice avec une audace de plus en plus grande. C'était risqué à la fin des années 60 de faire ça dans un journal pour ados, mais encore considéré pour la jeunesse ; seulement Goscinny y croyait et le laissait libre. Chaque interview que j'ai vue de Gotlib, il ne tarit pas de remerciements envers ce rédac-chef de génie qui lui a fait confiance, on sent le grand respect que porte Gotlib à Goscinny. Délaissant le concept du héros récurrent (qui était pourtant une mode établie à cette époque), Gotlib crée cependant quelques personnages qui reviennent fréquemment et qui sont devenus indissociables de ces saynètes hilarantes, tels Newton et sa pomme, le savant Burps, le Petit Chaperon Rouge, l'inénarrable coccinelle....et même Gotlib lui-même qui se met souvent en scène. Son dessin très expressif qui combine habilement la caricature et le trait réaliste vise des cibles aussi diverses que les contes de notre enfance, l'actualité, le cinéma, la télé, la BD elle-même dont les personnages sont passés à la moulinette ; les parodies de films restent parmi les plus réussies. Les cases sont très remplies, fourmillent de petits détails amusants qui font qu'on peut relire même longtemps après ces historiettes loufoques, et y faire de nouvelles découvertes. Influencé comme Goscinny, par la revue Mad, Gotlib en a assimilé le style de comique absurde mais en l'adaptant à un public bien Français qu'il a su conquérir et élargir. Maître de l'humour décalé, il a ainsi durablement influencé plusieurs générations d'auteurs et séduit autant de lecteurs, ses albums étant régulièrement réédités. La RAB a conservé une extraordinaire audience surtout auprès d'un lectorat étudiant et lycéen, elle n'a pas vieilli (à part quelques références un peu datées) et a su accrocher les nouvelles générations tout en régalant les "anciens" comme moi qui y prennent encore du plaisir, et ceci en dépit de certains gags inégaux, mais l'ensemble reste génial. Avec cette bande, Gotlib est certainement l'auteur qui a le plus contribué à sortir la BD de son ornière de presse juvénile où elle était enfermée depuis ses origines ; c'est la figure de proue de l'humour pour adultes. A consommer sans modération.

02/09/2013 (modifier)