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Couverture de la série Pawnee
Pawnee

Après avoir lu Frenchman du même Prugne, j’avais été bluffé par le visuel, tout à fait superbe, mais quelque peu déçu par l’intrigue, que j’avais trouvée inaboutie, et donc ne lui avais mis que trois étoiles. Et puis voilà que sort "Pawnee". Je me rue dessus dès le jour de sa sortie et me prend une nouvelle claque ! Visuellement, c’est au niveau de Frenchman - c'est-à-dire très haut ! Le dessin est vraiment superbe. Prugne n’a pas son pareil pour saisir un instant dans les sous bois par exemple. Ce dessin (avec un travail des couleurs magnifique), tout en détails, qui capte le moment où tout bascule, est tout à fait adapté à l’histoire, qui mêle scènes d’action (jamais très longues finalement) et balades bucoliques. Même si ce n’est pas clairement annoncé par l’éditeur, « Pawnee » est bien la suite de Frenchman. On retrouve les mêmes protagonistes, quelques années plus tard, plus mûrs, avec des trajectoires individuelles qui se croisent tout en s’éloignant finalement. Surtout, la poursuite de l’intrigue originelle gomme en grande partie les reproches que j’avais faits au scénario de Frenchman – à l’instar d’autres aviseurs. En effet, ce n’est du coup plus aussi famélique, cela donne de la densité à l’intrigue. Prugne prend juste son temps. Et on aime le prendre avec lui, en admirant ses planches. Et ce d’autant plus que comme pour Frenchman, un imposant cahier graphique nous montre les recherches, les tâtonnements de l’auteur, mais aussi nous en met plein la vue. Pour le coup, je monte ma note à 4 étoiles. Et attend avec beaucoup d’espoir la suite qui se laisse entrevoir à la fin de Pawnee…

01/09/2013 (modifier)
Couverture de la série Batman - Anthologie Neal Adams
Batman - Anthologie Neal Adams

On touche là ce qui est très certainement , de l'avis de nombreux fans, la meilleure période de Batman : 1967-1969, un peu plus de 2 ans où Neal Adams a hissé le Caped Crusader à des sommets graphiques, faisant de lui un héros emblématique de la culture U.S. Adams lui donne une nouvelle dimension, accentuant sa dureté, son besoin de vengeance, et introduisant un fantastique macabre basé sur la peur, la nuit et l'aspect urbain du mal. Visant plus le contenu de la bande que l'apparence du héros, Adams rendit Batman au domaine de la nuit, la cape gonflée par le vent, les oreilles longues et pointues de sa cagoule accentuant la longueur et la sévérité du visage, reprenant ainsi les aspects de la chauve-souris qui doit inspirer la crainte à ses ennemis. Pour Adams, Batman ne pouvait pas marcher simplement dans la rue, il devait voler dans le ciel de Gotham grâce aux ailes de sa cape, retrouvant sa violence et ses angoisses. Pour arriver à ce résultat, Adams refusa le découpage et la structure traditionnelle des planches, introduisant dans ses dessins un dynamisme et un esthétisme qui conjuguait à la fois le style fulgurant d'un Kirby et la beauté formelle d'un Infantino. La seule contrainte était d'associer Batman avec d'autres héros. Son association la plus intéressante sera celle qu'il formera avec Green Arrow. Il n'est pas étonnant que Tim Burton se soit un peu inspiré de l'univers tourmenté insufflé par Neal Adams pour son film en 1989. Et c'est peut-être à cause d'Adams que Batman, second grand super-héros de la BD américaine, est devenu sans doute plus que Superman, le véritable symbole de la comic book culture, par son côté justicier désabusé et complexe donnant vie à toute une mythologie fascinante.

31/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Walhalla
Walhalla

J'ai beaucoup aimé cet album. Servi par un dessin propre et classique, le scénario de Nicolas Pothier, à qui l'on doit déjà, dans la même veine, l'excellent Caktus, multiplie calembours débiles, litotes, allitérations, contrepets et allusions anachroniques. Il y a du Goscinny chez ce gars-là ! On rit souvent… pas aux larmes, mais souvent ! Et ça c'est devenu assez rare dans la BD d'humour pour saluer cette nouvelle série tout public, où chacun trouvera son compte quel que soit son âge. Walhalla a un véritable potentiel. J'attends la suite avec impatience en espérant que le scénariste monte en puissance en donnant un peu plus de corps à la galerie de personnages esquissée dans le village viking. Ça ne m'étonnerait pas outre mesure si à terme les albums débutaient par une carte de l'Europe du Nord, avec une loupe ciblant l'île de Rvahr, suivie d'une planche présentant les principaux personnages…

30/08/2013 (modifier)
Par Jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Pacush Blues
Pacush Blues

Encore une série culte des années 80 qui m'a profondément marqué (je possédais d'ailleurs le magnifique poster où les rats se gondolaient en lisant "la Peste" de Camus, couverture de Faces de rat). La série commence vraiment au tome 3 en quittant définitivement la bichromie sépia des 2 premiers albums qui faisaient en quelque sorte office d'introduction et mettaient en place cet univers glauque et désespéré. Une décharge quelconque, à perte de vue (en bord de mer) où errent ces rats plus ou moins anonymes. La vie ne tient qu'à un fil dans cet univers de désolation et le plus souvent ces pauvres créatures meurent écrasées, intoxiquées, dévorées, charcutées, ébouillantées et je ne sais quoi d'autre. Ptiluc s'en donne à coeur joie. C'est vraiment mais alors vraiment sans pitié. Mais derrière ces histoires archi-cyniques voir trash il y a toujours un fond philosophique, les rats étant des espèces de cobayes de l'espèce humaine, comparables à une fin de civilisation, avec ses psychopathes, ses crédules, ses idéalistes, ses meneurs... Souvent c'est un objet trouvé (vis, dé à coudre, Rubik's Cube...) utilisé au-delà de sa fonction initiale, de manière pratiquement religieuse parfois, qui est la source de l'histoire et le prétexte d'une parabole sur le pouvoir (comme ce distributeur de bonbons dans les albums 4 et 5). Ou alors cette espèce d'usine mystérieuse où il se passe des choses fascinantes et terrifiantes à la fois (album 7, variation, un chef d'oeuvre absolu, comparable au film Soleil Vert). On est pratiquement dans de la science-fiction apocalyptique, ce qui n'est pas pour me déplaire. Ces rats sont presque tous sans exceptions complètement drogués, se vautrant avec une satisfaction désespérée dans tout ce qu'ils peuvent trouver ou même fabriquer, préférant toujours ces multiples intoxications à l'absence totale de futur dans cette décharge post-apocalyptique où la mort risque de les attraper à chaque seconde (mouches ultra-agressives, nuages toxiques, mouettes, crabes monstrueux ...). Et puis ce sont surtout eux qui sont dangereux les uns envers les autres, se massacrant pour un oui ou pour un non. Car ces rats sont dans l’ensemble complètement tarés, égoïstes, cruels, terrifiés... Ils me font penser à des clochards, capables de se saigner pour un reste de vin ou 3 clopes. Une vraie fin de civilisation. C'est profondément triste. Donc c'est une BD ouvertement punk, extrêmement noire et nihiliste, mais également très drôle (ah oui, j'ai oublié de le préciser) et très intelligente. Après réflexion non ce n'est pas spécialement drôle. En fait non pas du tout. Nette préférence pour les 7 premiers albums, de véritables chefs d’œuvre (albums 2,3,4,5,6 et 7). Après c'est pas mal (albums 9 et 10) mais quelque chose a changé. Il n'y a plus la "magie". Cette subtile harmonie entre le trash, la noirceur, l'humour, l'aventure et la philosophie. C'est toujours aussi philosophique mais moins trash et un peu plus long et ennuyeux. Encore que ces 2 albums (9 et 10) soient tout de même très bons comparés à la suite indirecte (Rat's) qui elle est plutôt mauvaise, carrément moins noire voire plus du tout.

27/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Calvin et Hobbes
Calvin et Hobbes

Un jour, je suis tombé par hasard sur les histoires du galopin Calvin, vivant moult aventures avec son tigre en peluche Hobbes. J'ai immédiatement craqué. Je n'apprécie d'habitude pas ces bandes dessinées avec un gag par page, voire pire, un gag par ligne. Calvin & Hobbes est clairement l'exception qui confirme la règle. De mauvaises idées en têtes ? Hop, une petite page de Calvin & Hobbes pour se requinquer. Une journée pluvieuse ? Hop, une petite page de Calvin & Hobbes pour voir le soleil. Une humeur maussade ? Hop, une petite page de Calvin & Hobbes pour avoir le sourire. Calvin & Hobbes, le remède à de nombreux maux !

11/06/2007 (MAJ le 27/08/2013) (modifier)
Couverture de la série L'Epervier
L'Epervier

Cette série permet à Pellerin, passionné par l'Histoire, d'exceller dans la narration d'aventure, talent qu'il avait déja démontré en scénarisant les 3 premiers tomes de Les Aigles décapitées pour Kraehn. Passionné surtout par le XVIIIème siècle et l'univers marin, il était juste qu'il crée sa propre série sur le sujet après avoir bien repris la Bd mythique Barbe-Rouge. C'est d'ailleurs à partir d'un scénario qu'il avait initialement écrit pour Barbe-Rouge qu'il lance le premier opus de sa série avec "le Trépassé de Kermellec". D'emblée, je suis conquis, en tant que Breton d'origine, en tant qu'amateur d'aventure et en tant que passionné d'Histoire. Grâce à son grand talent de dessinateur et de scénariste, Pellerin se place dans le sillage de Charlier et lui fait honneur en livrant un récit classique de vengeance et d'honneur perdu qui lorgne un peu vers Le Comte de Monte Cristo, où se dresse la droiture contre la haine d'accusateurs perfides. La série renoue avec les grandes séries de l'âge d'or de la BD, tout en choisissant une mise en page plus moderne, sublimée par la beauté du dessin ; un dessin fin, clair et soucieux du détail, qui utilise bien le décor de la Bretagne, où les lieux sont bien réels, je les connais parfaitement (le port de Brest et son château, le fort Vauban de Camaret, le château du Taureau, le goulet de Brest et la presqu'île de Crozon). De même que les paysages de rochers sont grandioses, et le dialogue est parsemé de mots et d'expressions "Breizh", ça fait toujours plaisir. Malgré un héros un peu fade et creux, le plaisir de lecture est complet pour cette série dont la crédibilité et la perfection lui ont apporté un indéniable succès. Je n'ai lu que le premier cycle, mais je le recommande sans problème. Par contre, si vous tombez sur le feuilleton TV qui en a été adapté ( diffusé sur France3 en juin 2011 ), fuyez-le, c'est une odieuse trahison. Je me souviens avoir assisté au tournage d'une scène en avril 2010 alors que je me trouvais en vacances à Dinan, et ça rendait bien, je me suis dis que ça pourrait être excellent, mais quand j'ai vu le résultat, quelle déception!

27/08/2013 (modifier)
Couverture de la série Le Vent des Khazars
Le Vent des Khazars

Un récit qui s’articule sur deux époques adapté d’un roman à succès dont j’ignorais jusqu’à l’existence (fou le nombre de best-sellers dont je n’ai jamais entendu parler !!), qui nous présente un peuple juif oublié de l’histoire et qui s’articule autour de deux histoires d’amour et de passion : voilà le programme. Et bien, si dans un premier temps, c’est surtout sa dimension historique qui m’aura attiré, au final, j’ai trouvé les deux périodes évoquées des plus poignantes. Ce récit jongle avec de multiples éléments (historiques, géopolitiques, romanesques), rebondit constamment de l’un sur l’autre (on saute à intervalles réguliers d’une époque à l’autre), garde une bonne part de mystère, demeure cohérent et, surtout, m’est apparu très bien pensé. J’ai vraiment eu le sentiment que rien n’était gratuit dans cette structure. Le rôle laissé à l’écrivain, qui peut sembler un peu trop improbable au début, s’explique parfaitement en cours de route. Les motivations de ces mystérieux Khazars me sont elles aussi apparues des plus légitimes et le final me semble totalement cohérent. J’adore quand ce genre d’histoire parvient à m’apparaître aussi plausible tout en m’offrant une belle dose de romantisme et de mélodrame ! Le dessin, quant à lui, est vraiment excellent. Les costumes d’époque sont retranscrits avec une grande finesse. Les décors sont soignés. Les personnages sont parfaitement typés et séduisants. Rien à jeter ! Et si j’étais encore un peu réservé après la lecture du premier tome, ce second volet a fini de me convaincre : une de mes meilleures lectures de 2013, que je conseille vivement à tout amateur de récit classique et romanesque construit sur une base historique des plus intéressantes.

25/03/2013 (MAJ le 27/08/2013) (modifier)
Par GOUNOUY
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série The Grocery
The Grocery

Cette BD est tout simplement culte, Dans une atmosphère ghetto, le récit servi par un dessin pastel déjanté dépeint avec justesse la rudesse de la réalité américaine. Les clins d’œil à la série TV the Wire sont nombreux et subtils. Énergique, drôle et réalistic. à quand le T3?

26/08/2013 (modifier)
Par Jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Julius Corentin Acquefacques
Julius Corentin Acquefacques

Julius Corentin Acquefacques, une œuvre culte de la bd franco-belge ne ressemblant à aucune autre. Déjà ce nom Julius Corentin Acquefacques (artefact ?) ... Marc Antoine Mathieu a vraiment tissé un monde jamais vu ailleurs, ni avant ni après et pousse le format bd et le langage de celui-ci jusque dans ses ultimes retranchements, analysant, démontant et maniant cet outil avec une créativité et une imagination débordantes. C'est très kafkaïen (un peu de "Brazil" également) alors qu'en fait non c'est autre chose. Boucq ou Schuiten et Peeters se sont rapprochés par moment de cet espèce de ''sortie" hors des cases ("Point de fuite pour les braves" et "L'Enfant penchée") mais Marc-Antoine Mathieu pousse le truc beaucoup (extrêmement) plus loin. C'est vraiment à chaque fois le thème central de la bd. Le questionnement sur ce langage et à chaque fois une véritable mise en abime. A chaque album il va encore plus loin que le précédent utilisant ce media comme personne. De véritables prouesses " techniques" à chaque album. Une bd se divisant en 2, les 2 parties commençant devant et derrière (je sens que je vais avoir du mal à m'expliquer et je vais m'emmêler les pinceaux) et se rejoignant au milieu, le personnage se croisant avec lui même sans rien comprendre. Un autre album fournit des lunettes 3d au beau milieu de l'album. Il fallait y penser. D'autres nous font littéralement sortir des cases, le héros se baladant sur le dessus comme sur un mur dans l'espace. Un autre truc dont je me souvienne c'est à un moment du récit, le héros rencontre un mec qui lui prédit ce qui va se passer tout en lui montrant la page dessiné (qu'on verra plus tard). Et tout cela ce sont juste les trucs les plus voyants dont je me souvienne. Les albums sont un vrai condensé de tout ce qu'on peut imaginer (jeux avec la perspectives, avec la dramaturgie, le temps, l'espace, l'auteur en train de dessiner, le format du bouquin, le papier...) en dégradant ou en transformant littéralement l'objet (la bd). Cela doit être un truc bien prise de tête pour l'imprimeur. J'ai rarement vu ça. Et la prouesse c'est que cela reste ludique et bd, ce n'est jamais trop intellectuel. C'est limpide et passionnant (contrairement à Andreas que j'adore cela dit en passant). Cela nous vrille la tête mais avec douceur et limpidité. Marc Antoine Mathieu est un génie. Je met un **** avec un coup de cœur plutôt qu'un ***** car je réserve cette note pour des œuvres plus "charnelles" nous projetant dans une œuvre romancée se situant à l'intérieur d'un monde fantastique (ou pas), chose que je préfère dans la bd. Mais bon Julius Corentin peut prétendre sans problème à un *****.

25/08/2013 (modifier)
Par Jul
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Lama blanc
Le Lama blanc

Une de mes séries préférées de Jodorowsky. Elle a vraiment bercé mon enfance et m'a fait voyager dans les monts enneigés du Tibet, mais éclairés par des lumières multicolores (ça ce sont les années 80 à la métal hurlant). Nous suivons l'entrainement mystique et guerrier de Gabriel, petit "singe" blanc élevé par des moines tibétains. Du karaté kid à la sauce Jodo donc avec du sang, de la sueur et des visions hallucinatoires multicolores (assez hallucinantes dans le tome 2 et 3). Notre petit héros apprend ce qui fait la condition d'un moine c'est à dire l'humilité, la méditation transcendantale, le respect des animaux (sublime scène avec les escargots) mais également la distribution de tatanes de manière acrobatique. Ca ce bastonne beaucoup dans "Le Lama blanc", et avec classe (George Bess sait vraiment insuffler énormément de dynamisme dans ses dessins, c'est un maître et j'admire énormément cet auteur). Quelques éléments et scènes qui m'ont marqué (et en quelque sorte traumatisé) : - Une secte de méchants moines diaboliques (très belle scène d'un vieux moine très méchant et d'une statue secrétant un liquide blanchâtre). - Un enfant moine trisomique. - Une très belle scène de torture avec sectionnage de langue (après vérification non, c'est une mutilation initiatique. Élément primordial chez tout Jodo qui se respecte). - Une sorte de yéti terrifiant et redoutable. L'ennemi juré du père adoptif de Gabriel. - Et puis surtout ... Des visions hallucinatoires dantesques quand Gabriel se promène seul dans les montagnes à la recherche de son karma, du nirvana ou de je ne sais quoi d'autre. C'est sublime (un vieux sage sadou en lévitation dans le ciel de l’Himalaya, au beau milieu des serpents, de corps nus, de tentacules et de lumières électriques bleues vertes et roses ). Une véritable transe cosmique à l'Ayahuasca. Je ne vais pas cacher que maintenant je possède uniquement les tomes 1, 2 et 3. Je ne me souviens plus trop des tomes 4, 5 et 6. Je les avais lus à l'époque (et plusieurs fois) et j'avais adoré tout autant que les 3 premiers. Gabriel était devenu jeune adulte et revenait vivre en ville, de manière "civilisée". Donc dans le top 5 des meilleures séries de Jodo. (Ne pas être allergique aux couleurs flashy typiques de l'époque).

24/08/2013 (modifier)