Les derniers avis (9604 avis)

Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série The Promised Neverland
The Promised Neverland

Si sur le papier cette nouvelle série de Kazé ne soulève pas d'intérêt particulier, elle ne manque cependant pas d'atouts. En effet elle bénéficie, de prime abord, d'un graphisme plutôt agréable, qui joue bien sur l'écart entre le cadre "gentillet" (un orphelinat où tout se passe bien, sous le regard bienveillant d'une directrice souriante) et la réalité derrière les limites géographiques dudit orphelinat. De toute façon, même dans le meilleur des mondes, avec la meilleure volonté et des moyens illimités, il est IMPOSSIBLE que tout se passe bien dans une telle institution. Et, petit reproche au scénariste, il est encore moins possible qu'un seul adulte arrive à faire tenir une telle institution, surtout avec 37 gamins. Mais là n'est pas le plus important. En effet au-delà des barrières et du portail qui marquent la frontière de Gracefield House, les trois gamins découvrent que ceux qui partent de l'institution, soi-disant pour une famille et une vie meilleure, sont en effet destinés à... autre chose. Impossible d'en dire plus sans spoiler, et même si c'est relativement téléphoné, le scénariste arrive à mettre quelques éléments plutôt intrigants, comme un traceur qui serait implanté chez les enfants, ou cette matrone qui vient soudainement seconder "Maman". L'intrigue me semble avancer assez vite dès ce premier tome, et comme Kazé met en avant cette série, elle mérite sans doute qu'on s'y attarde. En ce qui me concerne, j'ai envie de lire la suite.

07/03/2018 (modifier)
Par Maaroon
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Je, François Villon
Je, François Villon

C'est une BD qu'on prend et qu'on ne lâche plus. C'est une véritable plongée dans le Moyen-âge. Ca ne raconte pas l'histoire des Rois ou des guerres de l'époque mais celle de la vie du poète François Villon. On y retrouve la vie des gens « communs » dans le Paris du XVème siècle. La misère y est omniprésente. La vision du droit et de la justice de l’époque est très bien évoquée. Bien que le récit soit probablement un peu romancé, c'est très bien documenté. Ca fourmille de détails sur cette époque. On voit aussi avec les extraits des poèmes tout le talent de François Villon (mais aussi l’évolution du français depuis le moyen-âge). On voit le paradoxe entre ce talent d’écrivain et sa vie de « malfrat » ou il n’y a aucune limite dans la malhonnêteté. Le dessin est beau, ni trop détaillé, ni trop simple. Ca se lit très facilement. C’est une excellente BD historique !

05/03/2018 (modifier)
Couverture de la série Hibakusha
Hibakusha

Mon coup de coeur pour 2017! J'ai tout aimé dans ce one shot. Tout d'abord le scénario, qui m'a appris l'existence des hibakusha d'une part, et qui balance entre réalité de l'horreur de cette guerre, et amour fantasmé d'autre part. Mais ce que j'ai aimé par dessus tout ce sont les dessins magnifiques et le choix des couleurs entre sobriété et magnificence du rouge. Quel plaisir de tenir cette BD entre les mains!

05/03/2018 (modifier)
Par samsa
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Voyages en Égypte et en Nubie de Giambattista Belzoni
Voyages en Égypte et en Nubie de Giambattista Belzoni

Je suis une passionnée des voyages d'exploration. De nos jours, seules quelques rares régions restent imperméables à la présence humaine mais le 19ème siècle fut riche en explorateurs et explorations. Si les grandes expéditions offrent généralement leur lot à la grande faucheuse, les petits explorateurs eux connaissent parfois des aventures à mourir de rire et sont finalement les premiers anthropologues et ethnologues car ils échangent véritablement (malgré le choc des cultures et les problèmes de langue) avec les communautés locales. Alliant un dessin simpliste et humoristique à des gravures d'époque, des dialogues savoureux et des situations cocasses, les "aventures" de notre hercule sont parfois à mourir de rire. On voit bien les effets de l'attitude colonialiste et de l'apport de l'argent dans une société basée sur le troc et la difficulté de traiter avec des cultures étrangères. Il ne s'agit pas là d'un récit d'exploration pur, nous sommes en Égypte et c'est une balade au fil du Nil qui fait de notre saltimbanque un archéologue en herbe. La relation entre les deux époux est également plutôt égalitaire et rafraîchissante pour l'époque, ce sont quand même deux sacrés hurluberlus. Au final, voilà une bd ludique, drôle et sympathique qui nous présente une figure méconnue de l'histoire. Si la suite (paraît et) reste du même niveau, j'augmenterais définitivement ma note.

04/03/2018 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Joe Bar Team
Joe Bar Team

Je n'aime pas les sports automobiles, je n'aime pas les engins à moteur de tous poils et je ne suis nullement un fan de moto. Par contre, la bd, j'aime bien. Et la rencontre entre ces deux univers est une réussite, en ce qui me concerne. Pourtant, ce n'était pas gagné d'avance. J'avais déjà lu Les Motards et n'avait pas été spécialement emballé. Mais là, c'est une franche réussite. Nul besoin de posséder des connaissances en la matière pour apprécier l'humour de la série, construit autour de personnages tous plus hauts en couleurs les uns que les autres. Car ce qui fait le charme de cette bd, c'est les personnages : Ed la poignée, Paulo les gaz ou encore Pépé, sans oublier le fameux "Joe". Ce qui fait aussi le charme de Joe Bar Team, c'est le dessin. C'est type Franquin, et c'est très bien réalisé. Les protagonistes sont admirablement croqués et les motos sont stylées (même si je n'y connais rien). Personnellement j'ai commencé par le tome 2, du coup je n'ai pas été déçu du décalage, notamment d'époque, entre le premier et le deuxième album. J'ai lu les 5 premiers albums qui sont vraiment chouettes, j'en ai feuilleté un récemment mais ai préféré rester sur la bonne impression des premiers. Ma critique ne porte donc (évidemment) que sur ceux-là. Allez, un petit coup de coeur pour une série qui me fait toujours autant rire, parfois aux éclats (merci Ed).

03/03/2018 (modifier)
Par herve
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cinq branches de coton noir
Cinq branches de coton noir

Cette épaisse bande dessinée (170 pages tout de même) marquera sans nul doute l'année 2018. Loin des reprises plus ou moins heureuses de séries phares comme Blake et Mortimer ou Thorgal, Yves sente nous livre là un scénario original et passionnant comme il l'avait magistralement fait avec La Vengeance du Comte Skarbek. Nous suivons ici le destin de ces trois soldats noirs, ces "monuments men" pris dans le débarquement de 44 et dans la bataille des Ardennes, à la recherche du premier drapeau américain. En révélant la particularité de ce drapeau confectionné par Betsy Rose, Yves Sente nous plonge dans la guerre d'indépendance de 1776, mais aussi dans la lutte contre la racisme, à travers l'histoire d'Angela Brown. Mêlant fiction et réalité, cet ouvrage est remarquable. Il l'est d’autant plus que l'histoire est illustrée par Cuzor. J'ai eu l'occasion de feuilleter la version noir et blanc (un peu chère)de cette aventure, et bien je dois dire que la version dite commerciale,rehaussée par la palette de couleurs de Meephe Versaevel, est encore plus réussie. Une histoire forte, mise en lumière par un dessin talentueux....que demander de plus? J'en conseille vivement la lecture.

03/03/2018 (modifier)
Par Samsa
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Jamais
Jamais

Reconnaissable à son trait arrondi, Bruno Duhamel nous revient avec une nouvelle fable complexe et moderne. Dans ce récit où il abandonne la bichromie pour donner toutes ses couleurs à la côte Normande, Bruno Duhamel nous raconte l'histoire de Madeleine, cette petite vieille aveugle au caractère, il faut bien l'avouer, bien trempé ! En effet, elle va user de toute sa malice pour tenir tête au maire qui veut la faire partir de chez elle. Et on le comprend le maire : une tempête approche et la falaise va encore être grignotée, qui sait si la maison de Madeleine ne va pas chavirer par dessus bord ! Mais comment parvenir à ses fins sans devenir un pourfendeur de petite vieille ? Dotée d'un dessin charmant, cette fable moderne adopte définitivement le ton de l'humour tout en étant pleine de douceur. Si l'on adore Madeleine et son caractère de cochon, on ne peut s'empêcher de trouver le maire sympathique dans son dilemme. Bref un bon petit moment de plaisir !

02/03/2018 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Snuff
Snuff

Je ne connaissais rien des auteurs de cette petite série assez estimée qu’est Commando Torquemada et qui a plutôt bonne réputation ici et là. C’est simplement la promesse d’une histoire tarantinesque en 3 tomes ainsi que le dessin anguleux et aux couleurs dictées par les événements que cette œuvre m’a réellement attiré. En effet le style si particulier de Lemmens reste avant tout autre argument le point fort. C’est à la fois dynamique, sanglant, coloré, bi-chromique et tout simplement beau. Les premières pages m’ont mis l’eau à la bouche avec la présentation en voix off d’un personnage atypique et pas forcément sympathique qui n’attend plus rien de la vie et déteste le golf et les oiseaux. Ses réflexions très cyniques sur son environnement ainsi que ses pulsions suicidaires changent amplement la donne que l’on peut se faire d’un héros classique de bande dessinée. Rien que les deux premières pages d’exposition plantant le personnage donc d’Ethan Fargo dans le décor valent leur pesant de cacahouètes. Et il va devenir le spectateur involontaire d’une vidéo dite snuff dont on ne comprendra (pour le moment) strictement rien. Et c’est parti pour une aventure sanglante rythmée au gré des pages par des rencontres improbables avec au choix, truands à la petite semaine, tueur psychopathe et fonctionnaires de police véreux ! Bien sur tout se règlera à coups de flingue et de bons mots dont notre zéro se fera le partisan absolu. Bref tout serait parfait dans le plus improbable des mondes s’il n’y avait un sérieux manque de rythme car on a l’impression de lire une succession de petites saynètes dans une histoire qui n’avance guère et dont la fin du premier tome tombe comme un cheveu sur la soupe sans véritable grosse information sur la trame principale. Gageons que l’histoire va prendre son envol dès le second tome et que les différentes mécaniques vont enfin s’emboiter car on ne sait pas où les auteurs veulent nous emmener… Et pourtant cette histoire ne manque pas d’intérêt. Le personnage du pasteur rappelle curieusement Samuel L. Jackson et ses tirades bibliques lors de ses mises à mort dans Pulp Fiction. Le dessin a des airs lointains de celui de Conrad pour Les Innommables et l’univers évoqué reste relativement intéressant, le caractère désinvolte du principal protagoniste n’y étant surement pas étranger. A suivre donc et je l’espère bientôt recommandable car il serait dommage que de tels potentiels ne soient pas mieux exploités dans les suites attendues de ce premier volet mi figue-mi raisin. Après relecture des 2 tomes : Paradoxalement il m'arrive très rarement de relire des séries dites abandonnées dans un souci évident de ne pas en sortir frustré. C'est avec l'annonce de la réédition d'une intégrale comprenant le dernier tome (et dessiné par Bastoche remplaçant Lemmens) que la curiosité me piqua de nouveau... Si les dessins de Xavier Lemmens semblent moins travaillés avec un encrage moins présent notamment, c'est surtout les dialogues de Philippe Nihoul qui s'envolent vers les cimes avec des joutes verbales de haute volée entre Ethan et la jolie révolutionnaire Ines. Partis en pleine jungle inhospitalière dans l'objectif de trouver les clés de l'énigme suscitée par le fameux "Snuff" du premier tome, ce duo atypique ne cesse de se défier ou de se culbuter. Cette curieuse odyssée ressemble finalement aux aventures de Tintin époque Oreille Cassée sous acides, le regard cynique et désabusé de Ethan offre un contrepoids d'humour noir bienvenu face à des personnages délirants. Encore une belle réussite d'une oeuvre qui semble hermétique au premier abord mais qui se lit avec facilité dans une ligne claire dépouillée mais originale. Je croise très fort les doigts pour connaître la conclusion (google est votre ami si vous tapez "Snuff Sandawe") mais si par malheur elle ne se ferait pas, je vous encourage à emprunter les 2 tomes existants pour vous faire votre propre opinion sur un titre maudit mais pas dénué d'intérêt.

30/11/2010 (MAJ le 01/03/2018) (modifier)
Par Ju
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Corto Maltese
Corto Maltese

Corto déchaine les passions, cela se ressent jusque dans les commentaires de bdtheque. La plupart des détracteurs trouvent ça ennuyeux au possible, pas particulièrement beau et franchement compliqué. Et je comprends tout à fait. En fait, chaque fois que je feuillette un des albums, sans véritablement rentrer dedans, je me demande pourquoi je les possède tous. C'est souvent assez compliqué, un peu perché et, parfois, les dessins de certaines cases sont assez brouillons. En réalité, je pense que Corto Maltese est une des bd les plus inaccessibles que je connaisse, dans le sens où c'est vraiment spécial, il faut accrocher. Et moi, dès que je me mets sérieusement dedans, je ne peux plus en sortir. Je me retrouve happé dans un univers poétique mais très ancré dans le réel et l'histoire. J'apprécie réellement la justesse et l'ancrage historiques. Et ce petit côté mystique qu'il y a dans les albums me branche bien. Il y a toujours des histoires de conte, de magie, de légende... Entrer dans Corto, c'est entrer dans un univers particulier et unique, avec des histoires toujours rocambolesques et des personnages souvent très hauts en couleur. Mention spéciale à "ce fou de Raspoutine", cet espèce de diable qui accompagne le héros même contre son gré et dont il ne peut, à son regret, se passer. L'autre personnage qui m'a marqué est Cush, le guerrier dans "Les Ethiopiques" qui massacre allègrement mais ne raterait pour rien au monde la pause thé. Certes, parfois, les dialogues sont assez compliqué et c'est assez intello. Mais je trouve que ça colle bien au dessin et au propos. Quant au dessin, je reconnais qu'il est assez spécial. Mais personnellement, je suis un grand fan. Je trouve ça magnifique (même si parfois inégal). Je pourrais contempler certaines planches pendant des heures, comme des tableaux. Après ça reste très personnel. Au final, je ne peux que conseiller. Mais il faut vraiment s'y plonger. Pour commencer, je ne conseille pas forcément La Ballade De La Mer Salée, car c'est assez lourd pour un début. Et comme il n'y a pas besoin de lire dans l'ordre, il vaut mieux commencer par Les Ethiopiques (qui est, je pense, mon préféré), par exemple, ou par La Jeunesse, qui sont bien plus courts.

26/02/2018 (modifier)
Par herve
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Vieux Fourneaux
Les Vieux Fourneaux

Tome 1 J'avoue avoir mis du temps à acquérir ce volume. A cause peut-être de Lupano himself, sur lequel mon avis est toujours très partagé : selon moi, il publie du très bon comme L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu mais aussi, du moins réussi comme L'Assassin qu'elle mérite. Et là il a fallu attendre de lire les critiques dithyrambiques ici ou là pour enfin me lancer dans la lecture. Et bien un seul mot me vient après avoir refermé ce premier opus : jubilatoire ! Un scénario très réussi, mêlant humour, nostalgie et dérision ; servi par un dessin très dynamique de Cauuet. Rien que le gag du fusil (page 42, planche quasi muette) m' a fait hurler de rire. Les dialogues font mouche à chaque fois et je n'attends qu'une seule chose : lire la suite (même si ce premier volume peut presque se suffire à lui même). Bien construite, drôle, cette équipée sauvage du 3ème âge est une des meilleures bandes dessinées de l'année, à mon humble avis. Tome 2 Certes j'avais mis du temps à acquérir le premier volume de cette série mais je m'étais régalé à la lecture. Pour la sortie du tome 2, je me suis littéralement précipité de l'acheter. Mais j'avoue que, comme certains, j'ai trouvé qu'une fois passé la bonne surprise du premier volume, cet opus n'en avait pas la fraicheur. Si certaines situations m'ont fait sourire ici (le running gag de la baguette de pain), les auteurs n'atteignent pas le niveau du volume précédent. En entrecoupant trop d'intrigues (la recherche d'un amour de jeunesse, la visite de l'île de la Tordue, le projet de Mimile...), Lupano casse un peu le rythme de la lecture (d'où une baisse de note). Dommage, mais la barre était plaçée bien haut. Cela reste tout de même une lecture plaisante. tome 4 Signe peut-être d'une lassitude, je ne me suis pas précipité vers l'achat de cet opus , me contentant de l'emprunter à la médiathèque plus d'un mois après sa sortie. Certes, la fraicheur du premier album n'y est plus mais ce quatrième volume se lit avec plaisir, multipliant le niveau de lectures (le côté politique avec les "zadistes", le côté familial avec l'histoire de la famille de Sophie, et le côté mystérieux avec "le trésor des papys") Je regrette quelque peu que notre vieux trio soit mis en second plan dans cette aventure qui privilégie ici l'histoire de Sophie, mais avec Jojo, le couvreur, j'ai retrouvé la verve du premier volume. Un album correct mais une série qui finit par s'essouffler tout de même

28/04/2014 (MAJ le 25/02/2018) (modifier)