Les derniers avis (9605 avis)

Par herve
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Vieux Fourneaux
Les Vieux Fourneaux

Tome 1 J'avoue avoir mis du temps à acquérir ce volume. A cause peut-être de Lupano himself, sur lequel mon avis est toujours très partagé : selon moi, il publie du très bon comme L'Homme qui n'aimait pas les armes à feu mais aussi, du moins réussi comme L'Assassin qu'elle mérite. Et là il a fallu attendre de lire les critiques dithyrambiques ici ou là pour enfin me lancer dans la lecture. Et bien un seul mot me vient après avoir refermé ce premier opus : jubilatoire ! Un scénario très réussi, mêlant humour, nostalgie et dérision ; servi par un dessin très dynamique de Cauuet. Rien que le gag du fusil (page 42, planche quasi muette) m' a fait hurler de rire. Les dialogues font mouche à chaque fois et je n'attends qu'une seule chose : lire la suite (même si ce premier volume peut presque se suffire à lui même). Bien construite, drôle, cette équipée sauvage du 3ème âge est une des meilleures bandes dessinées de l'année, à mon humble avis. Tome 2 Certes j'avais mis du temps à acquérir le premier volume de cette série mais je m'étais régalé à la lecture. Pour la sortie du tome 2, je me suis littéralement précipité de l'acheter. Mais j'avoue que, comme certains, j'ai trouvé qu'une fois passé la bonne surprise du premier volume, cet opus n'en avait pas la fraicheur. Si certaines situations m'ont fait sourire ici (le running gag de la baguette de pain), les auteurs n'atteignent pas le niveau du volume précédent. En entrecoupant trop d'intrigues (la recherche d'un amour de jeunesse, la visite de l'île de la Tordue, le projet de Mimile...), Lupano casse un peu le rythme de la lecture (d'où une baisse de note). Dommage, mais la barre était plaçée bien haut. Cela reste tout de même une lecture plaisante. tome 4 Signe peut-être d'une lassitude, je ne me suis pas précipité vers l'achat de cet opus , me contentant de l'emprunter à la médiathèque plus d'un mois après sa sortie. Certes, la fraicheur du premier album n'y est plus mais ce quatrième volume se lit avec plaisir, multipliant le niveau de lectures (le côté politique avec les "zadistes", le côté familial avec l'histoire de la famille de Sophie, et le côté mystérieux avec "le trésor des papys") Je regrette quelque peu que notre vieux trio soit mis en second plan dans cette aventure qui privilégie ici l'histoire de Sophie, mais avec Jojo, le couvreur, j'ai retrouvé la verve du premier volume. Un album correct mais une série qui finit par s'essouffler tout de même

28/04/2014 (MAJ le 25/02/2018) (modifier)
Par Bouriket
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série La Valise (Akileos)
La Valise (Akileos)

La Valise arrive comme un petit OVNI dans le monde de la bd en ce début d’année. Tout d’abord, l’objet est beau : un format Comic Book agréable, une couverture réussie à tous les niveaux... On ne peut qu’être happé par le livre. Sur la forme : la Valise possède une forte personnalité graphique. Car design travaillé, découpage dynamique et utilisation de la couleur qui épouse merveilleusement le rythme du récit. Un beau cahier bonus à la fin montre que le background a été creusé. Sur le fond : impossible de ne pas voir certaines allusions à la seconde guerre mondiale. Néanmoins, on évite ici une morale platement manichéenne, et c’est heureux. Cela amène plusieurs questions, certaines très générales (je reste dans le vague pour ne pas spolier) d’autres spécifiques à l’histoire (sur le rôle et le positionnement de la passeuse). Sans rien dévoiler, j’ai trouvé dommage la prise de position de l’épilogue, quand l’histoire elle même ne choisissait pas son camp. C’est un choix que je trouve contestable même s’il peut s’expliquer. Le personnage de la passeuse, au vu de son histoire et de ses caractéristiques pourrait être développé sur plusieurs tomes mais cela ne semble pas devoir être le cas, que ce soit par peur de la redondance ou simplement par envie de faire autre chose. Pour un coup d’essai, le sympathique trio de jeunes auteurs impose sa griffe. Gageons que le prochain projet sera tout aussi réussi. Après moult hésitations je note 3/5 et « coup de cœur ». C’est VRAIMENT pas mal, mais je n’ai pas le déclic du franchement bien. Néanmoins, le soin apporté à l’œuvre et l’audace scénaristique et graphique ne me laissent pas indifférent. A noter que la bd est inspirée d’un (très) court métrage réalisé par la même équipe.

23/02/2018 (modifier)
Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dragon Ball
Dragon Ball

Dragon Ball est devenu assez rapidement au fil des années un monument commercial. Qu'il s'agisse de la série d'animation ou des nombreux produits dérivés, retour sur ce que l'on peut raisonnablement appeler en 2018 le grand père du Shonen. Dragon Ball, c'est l'histoire classique d'un petit garçon aussi mignon que naïf et doté d'une force considérable dans un monde parallèle ressemblant à notre planète mais dans une époque indéterminée où les technologies sont assez avancées mais où l'on peut également croiser dinosaures et influences japonaises médiévales. Son Goku possède une boule de cristal (parmi 7 disponibles) héritée de son grand père adoptif et qui va attirer nombre de convoitises car selon une légende ancestrale, celui qui les réunit invoque Shenron un dragon capable de réaliser les voeux les plus fous. Rapidement rejoint par Bulma qui recherche ces boules puis par une pléthore de personnages les plus dingues, le manga va s'attarder sur les aventures de tout ce petit groupe ainsi que l'évolution de Son Goku qui deviendra au fil des tomes un adulte de plus en plus puissant face à des adversaires coriaces. Le mélange des genres, humour, aventures et bastons, ne sera pas toujours d'une grande finesse mais la capacité de Toriyama pour imaginer un univers simple mais cohérent et rebondir d'une situation à une autre sans se prendre les pieds dans le cordon va faire de ce récit une légende. Car les dessins au style rond sont de toute beauté et les cadrages des nombreux combats sont d'une lisibilité sans égal. Bien sur, les ficelles sont grosses et nombreuses, les arc même parfois répétitifs mais il émane une telle originalité dans l'univers de Dragon Ball qu'il est franchement difficile de décrocher tant on s'attache à tous les personnages. Si la première époque reste ma préférée pour l'humour grivois et rocambolesque, la seconde partie (ou Dragon Ball Z) captive tout autant par l'intensité de ses combats et de l'escalade des pouvoirs invoqués. On y remarque aussi quelques allusions misogynes pas très futées et qui ne passeraient plus aujourd'hui (les premiers tomes datent quand même des années 80 à une époque où se moquer des homosexuels était encore toléré) et la gent féminine reste encore cantonnée à des rôles de potiches mais si on passe outre ces reproches et que la montée en puissance constante des différents protagonistes ne lasse pas, Dragon Ball reste encore aujourd'hui une lecture des plus recommandables avec un plaisir de lecture sans cesse renouvelé.

22/08/2007 (MAJ le 22/02/2018) (modifier)
Par Ro
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Enfants de la Résistance
Les Enfants de la Résistance

Quand l'aventure et l'action se mêlent à l'Histoire et à un récit particulièrement instructif. Les Enfants de la Résistance, c'est l'histoire de trois gamins dans un petit village du centre de la France occupée qui, à partir de 1940, vont s'engager d'eux-mêmes dans un mouvement personnel de résistance à l'Occupation, rejoignant peu à peu le parcours des "vrais" résistants plus adultes. C'est une description intelligente de la vie sous l'Occupation. C'est aussi une manière subtile de montrer, en suivant le parcours d'enfants auxquels les jeunes lecteurs peuvent s'identifier, celui que des résistants adultes ont pu réellement suivre dans ces années là. Tout est crédible, documenté, et pas manichéen. Les personnages sont bons. On y voit des nazis détestables et des allemands bien plus humains, des français dont l'opinion peut évoluer, notamment dans leur vision de Pétain et de la nécessité ou non de résister à l'envahisseur. Le récit est réaliste, avec son lot de malheurs et de risques mortels, mais aussi un vrai sens de l'aventure et un récit prenant. Et surtout la progression du scénario est très réussie, avec un engagement de plus en plus fort des héros et une situation qui montre de plus en plus son sérieux et son danger. Tout s’enchaîne de manière naturelle et on découvre sans s'en rendre compte que de simples enfants sont finalement devenus aussi engagés et efficaces à leur échelle que les meilleurs résistants. Qui plus est, le dessin est lui aussi très bon et agréable, tant sur le plan du trait et de la mise en scène que des couleurs. Bref, c'est vraiment du tout bon comme lecture, enrichissante et prenante, et aussi bien adaptée à de jeunes lecteurs qu'à des adultes.

22/02/2018 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Cosmik Roger
Cosmik Roger

Dans les années 80, nous avions comme "héros" X-Or, le Shérif de l'Espace. Depuis les années 2000, place à Cosmik Roger le Pochtron de l'Espaaaaaaaace ! Conçu à l'origine et en solo par Julien-CDM comme une parodie de Valerian (sans Laureline) puis rejoint au scénario dès le second tome par Mo-CDM jusqu'à l'ultime tome 7 de la série, Cosmik Roger fait partie des rares bds de Fluide Glacial trouvant grâce à mes yeux. Roger est un looser incompétent envoyé dans les étoiles par le Président de la Terre, une planète au bord de l'asphyxie due à un énorme souci de surpopulation. Roger a pour mission de trouver une nouvelle planète dans la galaxie prête à accueillir tous les Terriens mais ses préoccupations sont toutes autres : il n'aspire qu'à tirer des gonzesses et se foutre minable au bar local tenu par son meilleur ami : l'alien barman Xub. Constitué de petites histoires de 2 à 8 pages, Cosmik Roger aurait pu rapidement tourner en rond mais il n'en est rien grâce à la foisonnante imagination de leurs auteurs pour tourner en dérision ce pauvre Roger, un être frimeur, cupide et râleur dans des aventures riches en péripéties diverses, absurdes mais variées. Le dessin de Julien-CDM déjà apprécié pour ma part dans Zumbies est juste superbe et fourmille de détails aussi bien mis en valeur par le noir et blanc du premier tome que les couleurs des suivants. Son bestiaire alien est impressionnant de variété et prête à la rigolade en permanence. Les histoires sont dans l'ensemble toutes d'un très bon niveau de poilade. Il y a effectivement quelques gags qui tombent à plat notamment dans les chutes mais ils doivent se compter sur les doigts d'une main tant l'ensemble prête à rire et sourire tant dans la construction habile de récits (avec parfois même quelques twists ingénieux) que dans les dialogues savoureux. Qu'il s'agisse de la vengeance du Général Gore dans le troisième tome, de son obsession pour s'accoupler avec toute créature possédant des gros seins ou de faire revivre Elvis Presley au travers d'un groupe rock intersidéral, les mésaventures de Cosmik Roger sont trash, inventives, drôles mais surtout divertissantes et le remède parfait à toute déprime. Très peu connu du grand public visiblement, il est temps de profiter des belles intégrales pour découvrir ou redécouvrir ce loser magnifique !!!!!

20/02/2018 (modifier)
Couverture de la série Les Enfants de la Résistance
Les Enfants de la Résistance

Cette série du binôme Dugomier-Ers (déjà auteur des Les Démons d'Alexia et de Hell School) a une indéniable dimension pédagogique. Et un rapide coup d’œil sur le cahier situé à la fin des albums suffira à vous en convaincre. Les auteurs ont donc décidé de nous (et quand je dis « nous », je pense plus particulièrement aux jeunes adolescents) parler de la vie quotidienne sous l’occupation allemande. Pour ce faire, ils nous proposent un trio central très classique (deux garçons, une fille, tous trois âgés de 12,13 ans au début de l’histoire) auquel le jeune lecteur s’identifiera sans problème. L’usage d’un faux journal intime et de la narration à la première personne accentue directement l’empathie ressentie pour ces personnages (c’est classique mais ça marche à tous les coups, pourquoi s’en priver ?) L’histoire en elle-même n’est pas des plus originales et la série souffrira, je pense, de la comparaison avec « La Guerre des Lulus ». Mais comparaison n’est pas raison. Cette création se démarque de la très bonne série susnommée dans le sens où elle cherche véritablement à instruire le lecteur. Et si le fil narratif se présente sous une forme très classique de récit d’aventure, la conception du scénario permet aux auteurs de parler de multiples sujets sur un ton plus professoral, plus didactique. Et, honnêtement, un divertissement qui rend moins con, je trouve toujours ça bon à prendre. Et comme dès le début, le propos se veut nuancé (il y a du bon et du mauvais partout, chez l’occupé comme chez l’occupant, et pas toujours là où l’on croit le voir de prime abord), la série interpelle et incite à réflexion. De plus, après quatre tomes, l'équilibre entre volonté d'instruire et souhait de distraire a été trouvé. Nous sommes maintenant très proches des personnages et leurs aventures ne sont plus du tout forcées (ce qui pouvait encore paraître être le cas dans le premier tome, comme si les auteurs voulaient tellement parler de certains aspects de la France sous l'occupation qu'ils forçaient leur scénario à aller dans la bonne direction). Les tomes 3 et 4, à ce titre, offrent vraiment un excellent récit d'aventure même sans tenir compte de sa dimension historique. Je dirais même que la série ne cesse de s'améliorer au fil des tomes. Enfin, il y a le dessin de Benoit Ers. Ce franco-belge bien typé garantit un plaisir de lecture, une facilité d’accès, l’expressivité et le dynamisme nécessaires pour convaincre un jeune lecteur (et les autres aussi, moi le premier) à jeter un œil aux planches… avant de ne plus pouvoir interrompre sa lecture. Cette opposition entre un dessin très frais et des propos plus sombres est devenue une des marques de fabrique des réalisations du duo. Nul doute que cette série ne fera pas exception à la règle. Dans le genre, ce récit se révèle donc très bien. Le petit plus apporté par son aspect éducatif prononcé en fera un bon support dans un cadre scolaire tandis que l'aspect aventure plaira à un large public. A consommer sans modération et, je peux le dire, après quatre tomes, j'attends la suite de cette série avec une certaine impatience.

29/04/2015 (MAJ le 15/02/2018) (modifier)
Couverture de la série Bonneville
Bonneville

Avec Bonneville, Marvano travaille dans la continuité. De fait, Grand Prix lui avait permis de nous parler de la compétition automobile de l’entre-deux-guerres et La Brigade juive avait été l’occasion pour lui d’aborder la seconde guerre mondiale sous un angle original tout en continuant à suivre le destin de certains pilotes automobiles. Ce récit débute donc après-guerre et se concentre (du moins pour ce premier tome) sur la période dorée du lac de Bonneville et des tentatives de record de vitesse sur terre, soit la fin des années ’50 jusqu’au cœur des années ’60 (et on peut supposer que le deuxième tome trouvera son apogée avec le record de Gary Gabelich en 1970). Et c’est un fait que ce sujet offre un parfait terreau pour un récit mêlant contexte historique, données techniques et drames humains. L’auteur gère ces trois aspects avec talent. Le contexte historique est bien exploité avec d’utiles rappels quant aux contextes dans lesquels se trouvaient les USA et ces pilotes lors de cette folle quête de records. L’aspect technique est intéressant pour qui est attiré par la compétition automobile. L’exercice de vulgarisation est bien maîtrisé avec quelques belles anecdotes mais aussi et surtout des explications claires quant à certains choix de développement. Motorisation, aérodynamisme, direction et transmission, tout y passe… à commencer par le choix de ce site exceptionnel qu’est Bonneville Salt Flats. Les drames humains… la réalité des faits est telle qu’il n’était pas nécessaire d’en rajouter. Mais l’auteur parvient à humaniser son récit en nous offrant une jeune narratrice comme guide. L’enthousiasme de cette dernière couplé au fait que grâce à elle, le récit nous est raconté à la première personne fait que le lecteur que je suis s’est senti plus impliqué dans cette histoire. C’est classique mais, rien à faire, la narration à la première personne, ça marche toujours chez moi. Au final, j’ai beaucoup aimé ce premier tome. Il m’a permis de replonger dans une période épique du sport mécanique, d’en apprendre un peu plus sur certains aspects techniques de ces monstres de vitesse tout en me resituant l’ensemble dans son cadre historique. Une lecture que je recommande à tous les amateurs du genre.

14/02/2018 (modifier)
Par AlainM
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Ruistre
Le Ruistre

J’ai beaucoup aimé cette BD qui nous plonge bien dans l’ambiance médiévale. Outre l’utilisation d’une langue française qui semble d’époque, cette BD reflète bien les mœurs du moment où la force régnait en maître. On se plaint parfois de la justice et de la violence actuelles mais cela n’a rien à voir avec ce qui se passait au Moyen-Âge. Jean-Charles Kraehn nous raconte une histoire dure mais très plausible. Cependant, il n’est pas étonnant que cela ait été un échec commercial car la violence des situations et les scènes sexuelles ne permettent pas de mettre ces albums dans toutes les mains alors que les amateurs d’érotisme se tourneront vraisemblablement vers des histoires moins réalistes et plus explicites. Ce travail d’une très grande qualité n’a donc pas pu être un succès faute d’un public suffisant. Dommage car on aurait aimé connaître la suite des aventures du chevalier Foulques, de Petitus, de dame Aurimonde et du jeune Angebault dont les destins semblent prendre des chemins si différents que l’on se demande comment l’auteur aurait fait pour qu’ils convergent à nouveau. Je mets 4/5 et non la note maximale parce que la série est abandonnée.

13/02/2018 (modifier)
Par gruizzli
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Kobane Calling
Kobane Calling

Je suis conquis par cette BD, et je lui discerne un coup de cœur sans la moindre hésitation. Et dire que je me tâtais à lire cette BD, refroidis par cette couverture annonçant un énieme carnet de voyage de la part d'un auteur type "jeune paumé" en route vers un endroit qu'il ne connait pas. Quelle image faussé n'avais-je alors pas ! Si la couverture ne laisse rien présager de l'ensemble, nous avons le droit à un récit documentaire de qualité et servi avec un certain brio ! Autant le dire, il faut s'accrocher un peu pour rentrer dans cette histoire et arriver à suivre l'auteur, qui a une petite tendance à l'épanchement verbeux, mais également avec le dessin et la construction des pages. Mais une fois passé quelques pages, on rentre dans le style et l'histoire. Attention cependant, ça reste une BD qu'il faut prendre le temps de lire. Prévoyez de la disponibilité cérébrale, il y a de quoi faire ! Ce qui m'a captivé, c'est à la fois le ton de l'auteur, à mi-chemin entre l'humour de son personnage et le documentaire précis de ce qu'il a vu. C'est particulièrement prenant car on se sent transporté avec lui dans ces péripéties en territoire kurde. Le dessin aide particulièrement, avec un dynamisme et une lisibilité parfaite. Tout est très reconnaissable, avec plusieurs petites touches d'humour dans les personnages. Mais ce ton rendu léger reste très grave. Là-bas, c'est la guerre, et c'est pas rigolo. Zerocalcare arrive à nous faire passer tout la gravité de ce qui se trame dans cette région du monde. Il y a plusieurs moments poignants voir même émouvants, bien que l'auteur ne se prenne jamais toute l'horreur d'une guerre en face. Cependant il fait comprendre ce qui se joue, ce qui se passe et également ce qu'il ressent. Là où l'auteur m'a réellement convaincu, c'est que souvent ce genre de documentaire se limite à ce que le dessinateur à vécu dans le pays, ou alors tente maladroitement de faire un petit topo sur la situation. Ici, Zerocalcare arrive à faire à la fois un carnet de voyage, mais également un état des lieux bien complet. Les interviews sont très diverses et rendent assez bien compte de toute la complexité des choses, idées renforcée par ce que dit l'auteur (notamment les fois où il précise que ce qu'il a vu n'est pas la réalité objective de tout ce qui existe). Plusieurs fois il prend le temps d'expliquer les points de détails ou de rajouter des précisions importantes. Le nombre de pages et l'abondance de textes permettent de bien développer les différents points. Et de nous sortir des phrases bien senties. J'ai bien senti à travers la BD la charge que l'auteur a contre la Turquie d'Erdogan (et comme il le souligne à la fin, les Turques ne sont pas leur gouvernement), tout autant que toute la réserve qu'il a envers les Kurdes malgré l'accumulation de points en leur faveur. On pourrait y voir un développement très (trop) favorables à ces derniers, mais je dois reconnaitre que dans toute la complexité de cette situation géopolitique, ils représentent une bonne partie des valeurs morales qu'on voudrait défendre. Cette BD est vraiment le genre de documentaire que j'aime lire. Déjà parce qu'elle est extrêmement instructive, mais également parce qu'elle met en lumière beaucoup de ce qui se passe dans notre monde actuel. Et qu'elle ne nous épargne pas, nous autres européens qui regardons le moyen-orient de loin. Il y a des cases (voir des pages) qui prennent à la gorge lorsqu'on se rend compte de ce qu'il se passe. Et se rappeler que c'est la guerre, et ce que c'est que la guerre, c'est parfois une bonne chose. On rigole un peu en lisant cette BD, et pour une fois je trouve ça salutaire. Parce que cette BD est très dure, mais très bien faite. Un gros coup de cœur pour cette découverte qui a vraiment toutes les qualités.

12/02/2018 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série 100 bullets
100 bullets

Après la lecture des 18 tomes de la série. Autant le dire tout de suite, 100 Bullets est une grande réussite. J’ai rarement vu un scénario de polar aussi ambitieux et bien construit. Risso prend son temps pour amener ses nombreux personnages (très réussis pour la plupart) et surtout développer très, très progressivement une intrigue extrêmement dense et complexe, qui pourtant accroche le lecteur dès les premières pages pour ne plus le lâcher. Suspense, révélations, rebondissements, tout est habilement dosé et l’on avale avec délectation tous les volumes jusqu’au feu d’artifice final. Graphiquement, pas grand-chose à redire : c’est parfaitement illustré. L’ambiance sombre et paranoïaque est très justement rendue par un trait percutant et dynamique. Série culte alors ? Malgré la grande qualité de la saga, certains défauts ont quand même sensiblement atténués mon plaisir. En vrac : la redondance de certaines situations, un manque d’explications sur certaines intrigues secondaires, une colorisation un peu criarde et surtout le côté quasiment invincible, pour ne pas dire surnaturel, des Minutemen. 100 Bullets est une série brillante. A découvrir absolument !

09/02/2018 (modifier)