Les derniers avis (9709 avis)

Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Soudain l'univers prend fin
Soudain l'univers prend fin

Au moment où les Editions Ça et Là tentent d’affronter la bourrasque des difficultés financières, il est approprié de revenir sur cet éditeur indépendant qui n’a pas choisi de publier les œuvres les plus faciles d’accès, mais ce faisant a édifié au fil de temps une palette d’univers on ne peut plus riche. « Soudain l’univers prend fin » en fait partie et constitue une expérience de lecture tout à fait atypique. C’est quand on lit ce genre de livres qu’on prend conscience que de telles initiatives éditoriales doivent être soutenues haut et fort. Il faut évidemment souligner la qualité de la reliure dotée d’un ruban signet (un petit rien toujours classieux). Simple et efficace, le dessin se situe dans la droite ligne du style comics US humoristique. L’ouvrage est donc essentiellement composé de strips de quatre cases, à raison d’un strip par jour pendant plus de deux ans - en réalité six, mais ce recueil ne comporte que la période entre 2011 et 2013. Tel est le défi qu’a relevé le Canadien en laissant errer son imagination, estimant n’avoir rien de particulier à dire sur sa vie. Voilà pour la forme. Et c’est lorsqu’on attaque la lecture que cela devient encore plus intéressant. Le début suscite une impression plus que mitigée et ces strips aberrants laissent le lecteur plus que dubitatif. Sommes-nous censés rire de ces pseudo-gags qui semblent avoir été conçus juste pour remplir des cases dans le cadre du challenge que s’est imposé McFadzean ? Pour dix strips, on ne va « sous-rire » que pour un ou deux, avant peut-être de laisser choir l’objet mollement sur le sol. Et puis, et puis… il se produit alors quelque chose de très étrange, un renversement de situation à 180°, tout à fait inédit. Non seulement le bouquin ne nous tombe pas des mains, mais on ne peut plus le lâcher… Est-ce cette absurdité totalement décalée qui engendre un effet de fascination unique, faisant que bien malgré soi, on finit par adhérer à ce drôle d’univers ? Ainsi, on se surprend à s’esclaffer devant l’audace de ces strips aux chutes totalement déphasées, mélange de poésie et d’humour noir. Et l’air de rien, Dakota McFadzean impose au fil des pages son univers néo-dadaïste doté d’une mécanique qui lui est propre et qui fonctionne parfaitement, à condition d’en déchiffrer le mot de passe d’accès. Grouillant de références pop-culture, ces minuscules strips racontant l’ordinaire sous le prisme du fantastique, avec ses personnages récurrents, deviennent ainsi de grandes histoires où seul le ciel est la limite ! Et c’est lorsque le livre prend fin, et son univers avec, que l’on voudrait que ça ne s’arrête jamais. Heureusement, et c’est l’avantage non négligeable de cette œuvre sans queue ni tête : on peut la relire à l’infini et dans tous les sens ! S’il n’y avait qu’un livre à conserver dans les toilettes, ce serait bien celui-là ! On attend évidemment la suite (période 2014-2015), d’où l’intérêt de soutenir l’éditeur !

22/09/2018 (modifier)
Par Jérem
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Duel
Duel

Je précise que je n’ai pas lu la nouvelle de Joseph Conrad, dont l’album s’est grandement inspiré. Deux hussards de l’armée napoléonienne n’auront de cesse toute leur vie de s’affronter en duel. Cette rivalité hors norme, pourtant née d’une peccadille, va obliger les deux hommes à se surpasser et de monter en grade dans l’armée afin de prendre le dessus sur l’autre. Les deux héros que tout oppose (physique, caractère, naissance, fortune, statut social), si ce n’est leur courage et leur « sens de l’honneur », vont ainsi voir leur vie conditionnée par cette rivalité, teintée de haine, d’admiration, voire d’amitié, qui va être le principal moteur de leurs actes. La psychologie des deux duellistes, pur produit de l’Ancien Régime pour l’un et de l’ère napoléonienne pour l’autre, est très habilement développée et symbolise deux France ennemies et irréconciliables. Le contexte historique est parfaitement reconstitué. On nage en pleine guerres napoléoniennes avec ses batailles les plus fameuses jusqu’au début de la Restauration et le retour aux affaires des Bourbons. L’intrigue principale s’insère avec bonheur dans la Grande Histoire et l’on croise certains personnages historiques comme Bonaparte ou Fouché. Le travail graphique fourni par Renaud Farace est impressionnant : finesse et réalisme des décors, grande expressivité des personnages, dynamisme des duels… le tout sur 185 pages. L’histoire est passionnante, en dépit de quelques petites longueurs et l’auteur, grâce à une belle maitrise narrative, m’a tenu en haleine durant tout l’album. Duel est une grande réussite ! A la fois exigeant et accessible, cet album m’a énormément plu. Pour un novice de la BD Renaud Farace fait preuve d’une grande maturité en plus d’un talent certain. A découvrir absolument.

21/09/2018 (modifier)
Couverture de la série Mech Academy
Mech Academy

C’est con à dire mais en seulement deux tomes je suis devenu accro à cette série qui ne m’est absolument pas destinée. Mech Academy, c’est un croisement entre Transformers et Goldorak mais avec un scénario bien rythmé et un manichéisme que je qualifierai d’intelligent. On suit les aventures d’un jeune adolescent débrouillard, courageux et au cœur noble… un héros de bd pour jeunes ados, quoi. Entouré de quelques camarades, soutenu par un militaire chevronné, il porte le récit sans monopoliser tout l’espace. Les nobles valeurs qu’il véhicule (esprit d’équipe, honnêteté, fidélité, respect, etc…) en font un personnage charismatique tandis que son impulsivité et sa naïveté viennent contrebalancer un profil qui aurait pu apparaitre comme trop parfait. En clair : on s’identifie rapidement à lui. Les rôles secondaires sont classiques et proposent une belle mixité tant de sexe et de peau que de morphologie, chose que j’apprécie toujours surtout lorsqu’on veut défendre des valeurs telles que le respect ou l’esprit d’équipe. Chacun à sa manière apporte sa pierre à l’édifice. Aucun personnage n’est inutile et la richesse de cette galerie, couplée au fait que chacun d’eux est bien typé et donc directement identifiable, permet de densifier le récit, lui évitant de devoir ne reposer que sur un ou deux personnages. Les robots alliés de nos jeunes terriens sont autant de gros nounours rassurants tandis que nos envahisseurs venus de l’espace se montrent déterminés et sans pitié. Tout cela aurait pu être d’un manichéisme primaire si on ne se rendait pas rapidement compte… que l’ennemi le plus dangereux n’est pas celui qu’on croit. Et c’est en ça que je trouve que cette série fait montre d’intelligence. Certes, cela reste destiné à de jeunes adolescents mais même un vieux con dans mon genre y trouve matière à se divertir. Le rythme est constamment élevé mais sans être survolté. Ce récit très dynamique n’empêche en rien de voir grandir les personnages, ce qui les rend d’autant plus attachants. Les rebondissements arrivent toujours au bon moment pour relancer une intrigue générale moins basique qu’elle n’en a l’air au premier regard. Le dessin, enfin, combine les influences comics et manga. Il est en général très lisible, seules quelques scènes de combats perdent à l’occasion en clarté. Comme dit précédemment, chaque personnage est bien typé et rapidement reconnaissable. Ce qui est valable pour leur caractère l’est tout autant pour leur physique : on sait qui est qui et qui fait quoi. Enfin, quelques grandes illustrations permettent de souffler un coup, le temps d’admirer le dessin réalisé, avant de replonger dans le récit. Je me réjouis de lire la suite de ces aventures !!! Une série à essayer et à conseiller à tous les ados de 10 à 13 ans (même si, je sais, là comme ça, en voyant les couverture, elle fait pas spécialement envie).

26/04/2018 (MAJ le 19/09/2018) (modifier)
Couverture de la série Bouts d'ficelles
Bouts d'ficelles

Un scénario construit sur base d’une comptine, improvisé au fil des pages mais avec un fil narratif évident, un bout de ficelle sur lequel on tire encore et encore, et qui se déroule, comme faire se doit… mais tout ne se déroulera pas comme prévu (et c’est le moins que l’on puisse dire) ! Un album construit comme un cadavre exquis mais réalisé par un seul et même auteur, avec juste des passages obligés. Le processus de création est donc amusant en soi mais l’histoire aurait très bien pu être inintéressante au possible. Or, il n’en est rien car l’imagination et l’art du rebondissement imprévu sont ici livrés aux mains expertes d'un auteur qui n’hésite pas à se mettre en danger (ceux qui aiment les cadavres exquis savent qu’il y a une frontière au-delà de laquelle il ne faut pas aller mais qu’il est bon de frôler, et le plus souvent possible, encore bien !) L’exercice de style est pleinement réussi, offrant en définitive un récit rythmé, amusant, surprenant, porté par des personnages tantôt touchants tantôt sortis d'on ne sait où (et parfois les deux à la fois), avec des recoupements espérés, attendus mais tellement jouissifs. Et si je peux comprendre qu’à la longue cet enchaînement de mésaventures puisse saouler l’un ou l’autre lecteur, à titre personnel j’ai trouvé que l’album avait la longueur idéale. Olivier Pont s’arrête avant que cela ne devienne trop long, finit comme il avait commencé et (si j’ose dire) nous laisse jouir de son plaisir. Une réussite, pour moi. Une belle réussite. Une franche réussite. Un album divertissant, léger qui va au-delà de l’exercice de style. Un délire contrôlé. Une lecture recommandée.

18/09/2018 (modifier)
Couverture de la série Conan le Cimmérien
Conan le Cimmérien

Conan : "Au-delà de la Rivière Noire"!!!!!! Du 5 étoiles!!! 4 pour la série dans sa globalité suite à la parution de ce tome 3. Pour l'instant et même si j'ai aimé les deux adaptations précédentes, celle-ci est pour moi la meilleure des 3 ! Il est vrai que la nouvelle est aussi reconnue pour être une des plus emblématiques de Howard ! Le style de Alary (La reine de la Côte Noire)...son Conan, j'aime moins et pourtant la nouvelle est une de mes préférées et le scénario de Morvan au top! Les dessins d’Anthony Jean sur "Au delà de la Rivière Noire" sont de très belle facture et j'ai vraiment adhéré aux traits du cimmérien! Il est un peu dépoussiéré, avec des piercing dans les oreilles...bref surprenant mais pas si éloigné que ça de Buscema, si ce n'est la coupe de cheveux qui lui va plutôt bien comparée à la frange! Bref, on s'attache très vite à cette représentation de Conan qui pour l'instant est celle qui me convient le mieux ! Un Conan sombre, fataliste mais tellement lucide saluant le courage même celui d'un animal ! Alors bien entendu, je rejoins certains en disant que c'est court, bien trop court par rapport à la nouvelle ! Cela ne veut pas dire que ce n'est pas bon, c'est même tout le contraire, c'est excellent mais c'est frustrant, on aurait tellement aimé que les auteurs développent quelques passages ! Le siège du fort, le combat héroïque de Balthus avec son chien contre les pictes est seulement ébauché (faute au nombre de pages de la Bd), c'est pourtant à mon sens un moment de haute intensité dramatique qui méritait quelques pages supplémentaires ! Il est vrai que dans la nouvelle de Howard, l’affrontement final entre Balthus, Slasher et leurs ennemis n'est pas narré directement non plus mais elle développe beaucoup plus ce qui se passe juste avant, le fait qu'il en tue quelques-uns avec son arc et que petit à petit on le sent encerclé mais décidé à donner du temps aux femmes des colons pour fuir ! "C'était un homme, dit Conan. Je bois à son ombre et à l'ombre de son chien qui ne connaissait aucune peur..." écrivait Howard. Cette nouvelle méritait au moins deux tomes... mais je sais, on ne peut pas toujours faire comme on le souhaite et il y a des contraintes que Anthony Jean et Mathieu Gabella ont dû respecter ! Ils s'en sont très bien tirés! Ceci dit, je me suis régalé et vais me replonger dans la nouvelle pour avoir une idée plus précise de l'adaptation même si je sais déjà que c'est une superbe adaptation et qu'ils ne pouvaient faire mieux sur 42 pages ! Excellente troisième BD dans cette collection ! J'ai adoré, ma préférée pour l'instant même si les deux autres tomes de la série valent largement le détour! Ce qui est séduisant dans cette série, c'est justement le fait que plusieurs équipes se succèdent! On varie les plaisirs (un peu, beaucoup, à la folie) mais chacun va y trouver son Conan idéal et sa BD référence concernant le héros de Howard! Pour l'instant, je suis admiratif devant ce 3eme volume. J'espère que la suite sera du même niveau pour le plus grand plaisir de tous les fans du cimmérien et des autres...

16/09/2018 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Une Soeur
Une Soeur

Le thème des premières amours dans le cadre des vacances familiales à Chmolduc-Plage est un sujet rebattu mille fois, le plus souvent au cinéma. Pourtant, à chaque fois, il y a toujours ce je-ne-sais-quoi d’irrésistiblement charmant, même lorsque le scénario ne vole pas bien haut, comme un goût de Madeleine de Proust sans doute. Bastien Vivès s’est-il replongé dans ses souvenirs - le jeune Antoine étant la plupart du temps affairé à griffonner dans son carnet de croquis - pour nous livrer cette histoire ? Dans « Une sœur », non seulement on retrouve tout cela, mais en plus, l’auteur parvient à susciter une belle émotion, évitant de tomber dans le romantisme teenager un peu niais. Vivès y a mis beaucoup de sensibilité et de tendresse, montrant davantage par son dessin épuré les corps, les gestes et les postures, que les regards, les yeux n’étant représentés que lorsqu’ils ont quelque chose à exprimer. Par exemple, l’insondable mélancolie adolescente d’Antoine. C’est donc dès le moment où il fait connaissance avec Hélène, jolie jeune fille de deux ans son aînée, que l’adolescent va peu à peu s’éveiller à la sensualité et au langage du corps. Entre cette dernière et lui-même va s’instaurer une intimité particulière, du fait d’une certaine ressemblance physique et de la timidité d’Antoine, dont la sensibilité à fleur de peau et l’aspect frêle en font presque un être androgyne. Les rôles vont alors en quelque sorte s’inverser. Hélène, intriguée et touchée par cette singularité, rare chez les garçons du même âge qui souvent préfèrent jouer les coqs, va prendre les commandes et l’accompagner de façon troublante, telle une grande sœur un peu incestueuse, vers les choses de l’amour. A ce « petit frère » lunaire et rêveur, elle fera un double cadeau. L’un marquera Antoine pour la vie, celui qu’elle n’aura jamais fait à tous les petits frimeurs qui lui tournaient autour et dont l’arrogance leur coûtera la vie... L’autre sera de sauver celle du jeune garçon, justement en lui interdisant de les suivre en traversant la baie à la nage… La façon dont Bastien Vivès amène son sujet est d’une intelligence rare et tout en retenue. Sans verbiage inutile, l’émotion, toujours suggérée, n’en est que plus forte. L’auteur, disposant de cette capacité à ne garder que l’essentiel, fait véritablement figure de dessinateur des sentiments et des émotions. Et nous offre ainsi une histoire que l’on quitte à regret, un peu comme l’amour de vacances à qui l’on dut dire adieu quand on était ado…

13/09/2018 (modifier)
Par Tim Flyn
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Conan le Cimmérien
Conan le Cimmérien

Une collection d'une très grande qualité qui mérite VRAIMENT de s'y interesser, que l'on soit fan de Conan ou non. Les histoires en elles mêmes sont des adaptations fidèles des nouvelles de Robert E. Howard, chacune adoptant son propre style graphique, mais il est aussi important de préciser l'ajout en fin de tomes de quelques pages d'explication par Patrice Louinet, l'un des plus grands spécialistes de Robert E Howard, afin d'expliquer le contexte d'écriture de chaque nouvelles ainsi que la vision de l'auteur, bien plus profonde qu'elle n'y parait. Pour moi cette série est un excellent moyen de briser les cliché entourant malheureusement Conan Le Cimmérien. Tome 1 : La Reine de la Côté Noire 3,5/5 - Je ne suis pas fan du graphisme choisit, il ne colle pas trop à ma vision de Conan, mais l'on s'y fait vite, d'autant plus que l'aventure est au rendez vous avec cette nouvelle de qualité. Un bon début de collection. Tome 2 : Le Colosse Noir 4,5/5 - Gros coup de coeur en revanche sur le graphisme de ce tome-ci, l'histoire est plus simple et va plus rapidement au but mais elle est pour moi bien plus épique. C'est même Homérien. Tome 3 : Au dela de la Rivière Noire 4,5/5 - Encore une adaptation phénoménale ! Quelle ambiance ! Le dessin est magnifique, créant vraiment une atmoshpère particulière. L'histoire fait la encore dans la "simplicité" dans le sens où il n'y a pas 40,000 personnages et péripéties (il n'y en a absolument pas besoin) mais cette opposition civilisation/barbarie fait vraiment la force du récit. Un essentiel.

12/09/2018 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Spynest
Spynest

Celles et ceux qui ont un peu de curiosité et qui ont creusé le sujet savent qu'Ian Fleming, l'auteur de la série des James Bond, a lui-même eu une vie aventureuse en tant qu'espion de Sa Majesté. Jean-Luc Sala, très concerné par ce genre de personnages et fan du decorum nazi (mais pas de l'idéologie) pour son inventivité, a décidé de raconter par le petit bout de la lorgnette sa vie, ou du moins une petite portion. Il lui a donc adjoint une espionne trans-Atlantique aux avantages plantureux et intrépide, de nous proposer un récit à la fois enlevé, savamment orchestré en termes de péripéties (comme dans un James Bond), plein de jeux de mots mais aussi de petites allusions loin d'être anodines (sur les peuples persécutés capables de résilience...), tout cela dans un contexte historique aussi troublé que passionnant. Il restait à trouver le bon dessinateur pour accompagner ce projet qui mêle humour et Histoire, et je dois dire qu'après un premier tome hésitant, Christophe Alliel y trouve sa pleine mesure. Ce n'est pas tout à fait du dessin réaliste, mais son élégance permet de gommer quelques approximations, bien aidée par les couleurs de Facio. Peut-être qu'un récit un peu plus clair aurait donné une note supérieure, cependant...

08/09/2018 (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Doggybags - Mapple squares
Doggybags - Mapple squares

Bienvenue à Mapple! Cette petite ville est située aux États Unis plus précisément dans le Nebraska. Son titre de noblesse est qu'elle fut le lieu de fabrication des Mapples square, petits bonbons carrés au caramel et au sirop d'érable. Une rue principale poussiéreuse et des habitants tous plus dégénérés les uns que les autres. N'oublions pas le Mapple institute for criminally insane qui accueille son lot de pervers et autres psychopathes en tous genres. Dans la région de mystérieuses disparitions ont eu lieu, c'est pourquoi deux agents du FBI arrivent en ville afin d'enquêter. Quelle galerie de personnages mes aïeux. Nos deux flics, un directeur d’hôpital qui n'a pas du avoir son diplôme de façon très régulière, un politicien bien véreux et surtout une ribambelle de faux jetons, de décérébrés du bulbe, j'en passe tellement la liste est longue et jouissive. Encore une fois le Label 619 fait très très fort. Au scénario David Hasteda nous mitonne une histoire aux petits oignons dont les éléments s’enchaînent telle une mécanique bien huilée. Comme d'habitude avec ce genre de parution, des petits inserts viennent nous raconter la vie et l’œuvre de tueurs célèbres au rang desquels on retrouve Charles Manson, David Koresh et la tuerie de Waco, sans oublier ce bon pasteur Jim Jones. Signalons même une petite collection de stickers en fin d'album du plus bel effet. Au dessin Ludovic Chesnotte vous dessine de ces gueules impressionnantes avec un style extrêmement dynamique, vif et acéré. Le classement de cette BD dans la catégorie Comics est plus lié à son format et sa construction en chapitres courts qu'à une colorisation qui ici renforce le climat et n'est en rien comparable à ce que l'on voit ailleurs dans le genre. Parmi tous les personnages que nous rencontrons celui d'une des prisonnières de l'institut pour criminels de Mapple est celui de Verna Howell, celle par qui tout va se déclencher dans un déluge de vengeance bien sûr sanguinolent, Label 619 oblige. Foncez braves gens, une petite baffe comme on aimerait en recevoir plus souvent. Personnellement c'est bien sûr un coup de cœur que ce pavé de 156 pages dont aucune n'est inutile. Message perso, PAco c'est pour toi.

08/09/2018 (MAJ le 08/09/2018) (modifier)
Par Spooky
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Guarani - Les Enfants soldats du Paraguay
Guarani - Les Enfants soldats du Paraguay

Le duo d'auteurs argentins Agrimbau/Ippoliti s'est intéressé à uen guerre oubliée, un conflit qui a secoué l'Amérique du Sud il y a 150 ans, une bataille déchirante étant son point culminant : Acosta Ñu. Au cours de celle-ci, 3 500 paraguayens pauvrement armés, principalement des enfants de 9 à 15 ans, des vieillards et des blessés, se retrouva face à la Triple Alliance, alimentée par les vétérans brésiliens, argentins et uruguayens (15 000 hommes). Une bataille sanglante, une véritable boucherie. Pour commémorer leur mémoire, le 16 août est devenu au Paraguay le Jour des Enfants, un jour férié. Comme beaucoup d'auteurs désireux de rendre son récit accessible au plus grand nombre, Agrimbau a décidé de raconter la petite histoire pour nous montrer la grande Histoire. C'est plutôt efficace, le photographe français que l'on suit, même s'il est parfois dépassé par les évènements, permet d'en saisir globalement l'ampleur. Et l'horreur. Le trait de Gabriel Ippoliti est fin bien que charbonneux, très expressif bien que fuyant parfois. Un bien bel album.

05/09/2018 (modifier)