Les derniers avis (9605 avis)

Par Jetjet
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Blake et Mortimer
Blake et Mortimer

Afin de ne pas s'épancher inutilement sur une œuvre que beaucoup connaissent pour l'avoir lue, aimée ou même détestée, je ne vais donc ici parler que des tomes d'origine de Edgar P. Jacobs, les autres tomes m'ayant tout au plus diverti mais pour la plupart saoulé par intérêt absent. Car ce qui fait effectivement le charme de ces aventures, c'est ce côté kitsch mais divertissant, ces dialogues pompeux mais nécessaires et des histoires au charme incroyable tant d'années après leur première publication. Mon premier Blake, je m'en souviens encore comme si c'était hier... SOS Météores m'avait été offert alors que je ne voulais rien savoir de cette série Sous-Tintin alors que j'étais ado et bien plus attiré par Batman ou l'héroic fantasy de Loisel. Passé un petit temps d'adaptation, le bouquin fut dévoré avec l'envie irrésistible de tout lire depuis l'Espadon et la sensation d'être passé toutes ces années à côté d'un sacré monument. Car oui, B&M reste encore de nos jours une de ces œuvres impérissables qui se suffit à elle-même avec un univers oscillant du fantastique au policier et vice-versa et soutenu par une ligne claire rigide mais riche de détails et superbe à l'oeil. Effectivement la gent féminine n'est pas à l'honneur (mais c'est l'époque qui ne permettait pas le mélange des sexes) et Olrik reste invariablement le seul méchant disponible mais malgré tout cela, le charme du Professeur Mortimer et l'inventivité des histoires rendent des bds contemporaines encore bien obsolètes. A lire et à relire sans déplaisir pour voyager dans le temps, les saisons et les continents.

06/02/2018 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Madumo - Premier, seul & unique
Madumo - Premier, seul & unique

Marin, un quinquagénaire à l'apparence banale, revient dans son village natal où il n'a plus mis un pied depuis presque 30 ans. C'est pour lui l'occasion idéale de retrouver ses parents, sa soeur ou la fille pour qui il en pinçait grave lorsqu'il n'était qu'un gamin. C'est aussi surtout pour lui le moment idéal de leur expliquer en quoi il a réussi sa vie car Marin s'apprête à devenir Madumo, soit le MAître DU MOnde. Malgré ses dessins rigolos, Fabrice Erre construit à l'instar de son collègue Fabcaro, une drôle de carrière avec un quasi sans fautes et développe un univers propre là où on ne l'attendait pas forcément. Car si Madumo distille de pleines pages de fou rire surtout dans sa première partie, le récit n'oublie jamais de lever un voile sur la nostalgie, le temps qui passe, les regrets et la possibilité ou non de tirer un trait définitif sur le passé, qu'on le souhaite ou pas. C'est même en cela que le récit se pose sur une frontière aussi mince que fragile que l'auteur balayera d'une façon abrupte et surprenante dans une toute dernière partie qui donnera beaucoup à réfléchir à son lecteur. Divertissement hors norme avec une bichromie rose et grise des plus agréables, ce petit bouquin à la couverture gaufrée et réussie permet donc de mélanger les genres et de surprendre constamment. Quels sont les différents espions poursuivant Marin comme son ombre et cette organisation cocasse préparant l'avènement du Maître pendant qu'un gugusse banal se promène dans les rues de son village et se souvient qu'avant de devenir l'être le plus redouté, il n'était qu'un gamin des plus ordinaires. La suite est à découvrir dans ce conte inclassable, drôle et cruel et au final terriblement émouvant. Fabrice Erre se joue des conventions, se moque de lui-même (notamment sur les profs d'histoire, son job d'origine) et livre ni plus ni moins son oeuvre la plus personnelle et également la plus percutante.

05/02/2018 (modifier)
Par Gaston
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Les Archives de la Suicide Squad
Les Archives de la Suicide Squad

Après avoir relu récemment le premier tome et ensuite le tome 2, je m’aperçois à quel point j'adore cette série. John Ostrander a écrit une série intelligente autour d'un concept simple : une équipe de super-vilains formée par le gouvernement est envoyée pour des missions dangereuses. Le scénariste développe très bien son concept en utilisant des personnages hauts en couleurs dont Amanda Waller qui est vite devenue un de mes personnages de comics préférés tellement j'adore sa personnalité et son ambiguïté. J'adore aussi le fait que bien qu'elle soit intelligente et manipulatrice, elle a aussi des défauts qui font en sorte qu'elle n'a pas toujours raison ce qui l’empêche de devenir un personnage énervant qui est capable de faire tout ce qu'elle veut quand elle veut. Car évidemment vu que les 'héros' de cette série sont pour la plupart des méchants, on est loin du manichéen de certains comics de super-héros. J'adore surtout lorsque les auteurs parlent de problèmes politiques et géopolitiques en montrant que la vie peut être très complexe. Le point fort de la série est qu'Ostrander met en avant la psychologie des personnages qui ont tous une personnalité bien distincte et définie. Leurs actions et réactions sont très crédibles et j'adore leurs relations entre-eux. Il y a un bon mélange de drame et d'humour aussi. Les scénarios sont souvent complexes et j'ai du parfois relire certaines scènes pour être certain que j'avais compris, mais je prends tellement de plaisir à lire cette série que cela ne me dérange pas. On fait beaucoup référence à des événements qui se sont passés dans les DC Comics de la fin des années 80-début des années 90, mais cela ne nuit pas à la compréhension des histoires. Le dessin peut faire vieillot pour les lecteurs modernes, mais moi j'aime bien ce style.

19/08/2016 (MAJ le 05/02/2018) (modifier)
Par Jetjet
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Bad Ass
Bad Ass

Si on se souvient bien pour peu que cela ait un impact ou intéresse quelqu'un par ici, j'avais rédigé un avis portant sur une note maximale de 5/5 avec coup de coeur. Il s'agissait vraisemblablement d'un coup de folie et d'un avis sincère sur le premier tome d'une série qui ne demandait alors que de s'épanouir, étant prévue à l'origine en 4 tomes. Cette relecture un peu trash et vulgaire des mythes de superhéros à la française possédait un "je-ne-sais-quoi" d'irrévérencieux et de délicieusement référentiel des plus réjouissants. Le tout porté par un scénario malin de Hanna et de jolis dessins du papa de Zorn et Dirna ne pouvait que donner une série des plus ambitieuses. Oui mais voilà, mon intérêt n'a fait que de décroitre au fur et à mesure des tomes. Hanna a voulu donner de l'épaisseur à son récit en développant toute une panoplie de super héros à la française et en étendant l'histoire de Dead End, super villain sévèrement burné à toute une équipe de justiciers des plus improbables. Se disperser c'est bien mais l'intérêt s'étiole au fur et à mesure au point de ne plus reconnaître l'intérêt d'origine de cette bonne lecture. Attention, ça reste drôle et parfois même culotté mais à trop vouloir en faire, Hanna a perdu le côté réjouissant du premier tome qui peut néanmoins se lire comme un One-shot sans aucun problème. Ajoutez à cela une colorisation informatique aux couleurs vives et pas du tout naturelle qui enlaidit le pourtant très chouette travail de Bessaidi et on obtient un ensemble copieux mais finalement indigeste. Espérons donc que les one shot complémentaires à partir du tome 5 vont rattraper l'excellente introduction sans l'alourdir davantage....

28/01/2013 (MAJ le 02/02/2018) (modifier)
Par jul
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Locke & Key
Locke & Key

C'est vraiment mon coup de cœur lors de mes derniers achats de l'année 2017. Je ne connaissais rien à ces 2 auteurs. Ni Joe Hill, Le King junior, qui a d’ailleurs un style bien à lui, très éloigné de son illustre paternel ). Ni le dessinateur Gabriel Rodriguez. J'ai de toute façon de grosses lacunes en bds américaines ). J'ai été tout de suite emporté par cette histoire, comme un super film hollywoodien ( pas si éloigné des productions Amblins, ou des livres de Stephen King finalement ). Mais en plus moderne, comme si Spielberg, Stephen King et Neil Gaiman rencontraient Del Toro ou Peter Jackson ... ça fait beaucoup de monde à table ^^ Mais je n'ai put m'empêcher de penser à ces auteurs pendant la lecture de cette série: L'idée des différentes clefs qui ouvrent des espèces de passages secrets physiques ou mentaux, des portes dimensionnelles ou pouvoirs spéciaux. Comme un jeu vidéo. J'aime également tout particulièrement l'esprit maléfique de la femme dans le puits, qui transfère son esprit dans le corps d'un jeune homme ... Le scénario est très dense, fouillé et vraiment original. Avec pas mal de ramifications. Comme les séries télés modernes quoi ( mon dieu j'ai vieillis... c'est ça à rester bloqué dans les années 80 et 90 , oui je ne regarde AUCUNES SERIES ). Il y a donc également un côté jeux de rôle ou jeux vidéo amplifié par les superbes couvertures de comics, comparables à des jeux de rôlistes... Bon peut être pas mais étant étranger à ce milieu c'est dont à quoi cela m'a fait penser. Et puis les pages du tome 3 ou les créatures noires se mettent à se développer et à poursuivre les héros sont subli-mi-ssimes ! Vraiment époustouflantes. Bref cette série est pour moi un tour de force car ces 2 auteurs ont réussis à transcender leurs très nombreuses influences, pour en faire quelque chose de vraiment nouveau. Cela doit être le style " Joe Hill" et de Rodriguez aussi. Un sans faute. Chapeau !

31/01/2018 (modifier)
Par samsa
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle
Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle

J'ai plutôt intégré le monde du travail au début des années 2000 mais dans les années 90, je donnais déjà des coups de main après l'école, j'utilisais ma machine à écrire comme si j'étais à la pointe de la technologie et je m'imaginais que les cubicles des open space étaient la plus grande invention de tous les temps (jusqu'à ce que j'y passe quelques heures par jour...) Alors quand Jean Doux découvre par hasard un rebus des années 70-80 (je ne connais pas trop la chronologie, j'ai rarement eu l'occasion de tenir une disquette molle entre mes mains et cela date tellement que j'ai oublié à quel point à l'époque c'était incroyablement innovant...)... Il en oublie ses obligations professionnelles et se lance dans l'enquête la plus délirante qui soit....et délirant ce sera. Avec un dessin tout en rondeur et une coloration chatoyante, l'auteur nous fait voyager dans le temps et nous ramène à l'époque où nous nous imaginions avoir atteint le sommet. C'est donc un retour chez les has-been (les démodés), avec des collègues un peu minables, des blagues potaches et un bon vieux jambon-beurre... Ce titre est vraiment un coup de coeur mais je ne suis pas sûre qu'il parle à tous, si l'on n'est pas familier de l'univers, et j'avoue que le prix est un peu rédhibitoire. Mais personnellement il me fait mourrir de rire, je n'ai pas du tout regretté de m'être embarquée dans cette aventure, les dialogues sont décapants et la question est : qui ne s'est pas fait son délire à un moment ou un autre assis au bureau devant un écran d'ordinateur ou un minitel ?

30/01/2018 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Et si l'amour c'était aimer ?
Et si l'amour c'était aimer ?

Dans les années 2000 était alors diffusée une série québécoise hilarante parodiant de façon absurde et grotesque les Soap Operas comme "Les feux de l'amour" et autres "Santa Barbara". Ce petit bijou portait le doux nom de "Le coeur a ses raisons", un joli titre qui ne veut rien dire du tout tout comme le présent ouvrage de Fabcaro avec cette jolie lapalissade et cette couverture signée B-Gnet (l'auteur de Santiago) avec ce clone de Bernard Tapie jeune, joue contre joue de sa bienaimée. Bref Fabcaro n'a fait ni plus ni moins que reproduire Le coeur a ses sentiments en poussant le curseur de l'absurde et du ridicule encore un peu plus loin dans cette franche déconnade proche du roman photos avec ses personnages figés et agominés dans des poses proches de la nature morte. Par contre le talent de Fabcaro n'est ni mort ni tari car il n'a pas son pareil pour raconter de façon improbable cette rencontre amoureuse entre Sandrine, petite bobo oisive et Michel, livreur de macédoine et grand fan de Jean-Pierre François et son "Je te survivrai" à ses heures perdues. Effectivement le décalage entre les dialogues nonsensiques et les personnages de papier fait des étincelles et provoque des éclats de rire. Autant le style graphique semi réaliste épuré de l'auteur me plaisait moins dans Zai Zai Zai Zai, autant il trouve tout à fait sa place dans cette histoire d'amour contrariée. Et tout y passe, visite d'un zoo aux animaux démonstratifs, photos volées ou coup de poing sur être de papier, Fabcaro revisite la bêtise humaine et l'art du vide en racontant quelque chose d'hilarant sur des personnages sans intérêt. Chaque chapitre se termine par une scène figée du quotidien où les spectateurs de cette passion navrante y vont de leur petit commentaire. C'est tout simplement à mourir de rire !!!!

29/01/2018 (modifier)
Par gruizzli
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ces jours qui disparaissent
Ces jours qui disparaissent

Wouah, et Wouah, et Wouah encore. Vraiment, je suis soufflé. C'est assez étrange comme certaine BD peuvent vous attraper parfois, sans vous lâcher, et vous laisser ensuite quelque chose en tête que vous ne parvenez pas à déloger. Comme une pensée qui revient vous démanger la réflexion pendant deux semaines. Voila plus ou moins l'état d'esprit dans lequel je suis depuis cette lecture. Ce qui est curieux, c'est que je n'ai pas vraiment été pris au début, trouvant le style de dessin très proche (trop proche) de Bastien Vives. L'idée de base me rappelait d'autres scénaris ... Bref on partait sur des mauvaises bases. Mais à partir du moment où l'histoire enclenche son rythme ... J'ai été vraiment sur le cul. C'est très rare de trouver ce genre d'histoires, où l'on suivra le "perdant" et l'enfer qu'il connaitra, voyant sa vie disparaitre au fur et à mesure du temps. Et alors qu'on pourrait se dire qu'il n'y a pas grand-chose à en tirer ... C'est bluffant. Je n'ai pas vraiment les mots pour dire ce qui s'est passé à la lecture, mais l'auteur a réussi un tour de force narratif incroyablement réussi. On peut être réfractaire à la façon qu'il a de représenter le futur (j'avoue avoir été un peu réticent sur certains points également), mais globalement c'est surtout pour le propos humain qu'il faut lire cette BD. Parce qu'elle pose des questions justes, et efficaces. Des petites pointes de réflexions, mais aussi de tristesse et quelque chose d'assez mélancolique. On peut y lire un adieu à l'adolescence, une façon de considérer le temps qui passe, un regard sur la vieillesse ... J'y vois surtout quelque chose sur la mort et la mémoire, sur ce qui fait de nous un être humain. Et un superbe regard sur la vie. Sur la vie qui avance malgré tout, et bien qu'elle soit une salope, elle reste incroyablement belle. C'est très difficile de parler de cette BD sans faire de digressions ou d'extrapolations, et surtout sans dévoiler le dernier tiers de la BD qui donne toute la saveur à l'ensemble, alors je me contenterais de vous la recommander chaudement. Parce que c'est une surprise, une grosse surprise et que j'ai vraiment été pris dans l'histoire. Et parce que quand une BD vous trotte en tête pendant aussi longtemps après la lecture, c'est qu'il doit y avoir quelque chose, non ?

21/01/2018 (modifier)
Par PAco
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série L'Homme gribouillé
L'Homme gribouillé

Pour un gribouillage, on a vu pire ! J'en prends tous les jours et j'en redemande des coups de crayon comme ça moi ! Entre un Serge Lehman très inspiré et du GRAND Frederik Peeters revenu au noir et blanc, on en prend plein les mirettes ! Ces deux auteurs se sont trouvés et l'osmose contagieuse de leur travail nous réserve à mon sens le meilleur album lu depuis un bon moment. Tout concourt à la réussite de cette petite merveille. L'ambiance tout d'abord qui nous happe dès les premières pages. Lâchés dans ce Paris noyé sous des trombes d'eau incessantes, on découvre petit à petit l'autre richesse de ce récit : les personnages. Tout s'imbrique subrepticement. On a déjà mordu à l'hameçon sans s'en être rendu compte. Car la famille Couvreur, Jasmine, Betty et Maud, nous réserve bien des surprises... Entre la fille, la mère et la grand-mère, chacune a son caractère bien trempé, mais pourtant une histoire commune et mystérieuse qui va nous ramener au temps des comptes et des créatures extraordinaires. C'est ce glissement subtil entre un quotidien banal et le fantastique qui donne toute sa force au récit en s'appuyant sur cette ambiance singulière, ces solides personnages et toute la richesse du décorum et des personnages secondaires. On se laisse mener par le bout du nez, et chapitre après chapitre nos deux auteurs enfoncent le clou jusqu'à un final grandiose grâce à une narration des plus maîtrisée. Messieurs bravo ! Une seule requête : c'est pour quand la prochaine collaboration ???

18/01/2018 (modifier)
Par BEDELAND
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Quatre jours de descente
Quatre jours de descente

Un album qui surprend un peu mais qui régale ! Un homme va se retrouver juré d'assises où comparait un homme accusé du meurtre d'un de ses amis qu'il aurait roué de coups. L'homme a avoué mais se souvient pas trop bien vu qu'il est souvent imbibé d'alcool. Notre juré a un étourdissement pendant les débats, il le met sur le compte de la fatigue vu qu'il vient de connaitre un drame familial. Il ne croit pas en la culpabilité de l'accusé et décide de faire sa propre enquête ... Même si le sujet reste classique l'auteur l'aborde sous un angle différent des œuvres déjà lues ou vues où les sciences humaines sont bien plus présentes que l'histoire policière en elle même. C'est pour moi un chef d'oeuvre en ce sens à lire de toute urgence.

18/01/2018 (modifier)