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Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle

Note: 4/5
(4/5 pour 7 avis)

Angoulême 2018 : Fauve Polar SNCF Redécouvrez l'open space des années 90, les téléphones à fil et le mystère de la disquette molle !


Angoulême 2018 : les gagnants ! Angoulême : récapitulatif des séries primées Consensus sur une BD Delcourt Format à l’italienne Monde de l'entreprise One-shots, le best-of

Jean Doux est en retard ce matin et il rate LA réunion suite à un bourrage papier dans une déchiqueteuse de niveau 6 et c'est là le début d'une folle journée pour Jean DOUX qui va découvrir par hasard une veille disquette des années 70-80: la Disquette Molle ! Mais que peut bien contenir une disquette de 256 Koctets ? Mais qui peut se concentrer sur son travail quand un mystère se présente ? Jean, avec ses deux collègues, va se lancer dans une quête folle à l'humour délirant. Redécouvrez les années 90 avec cette incroyable open space aventure !

Scénariste
Dessinateur
Coloriste
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 25 Janvier 2017
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle
Les notes (7)
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30/01/2018 | samsa
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Par Jetjet
Note: 4/5
L'avatar du posteur Jetjet

Le 4ème de couverture suggère « une aventure en open space » et le contenu ne démentira pas. En effet sous un titre volontairement ringard et désuet, Philippe Valette ne se contente pas de singer la série TV Caméra café mais y ajoute une véritable enquête policière avec tout ce que cela peut comporter, suspense haletant et même action dans le quotidien bien morne d’une PME commerciale des années 90. Toute la masse salariale se prénomme Jean-Truc ou Jeanne-Marie. Jean Doux notre héros est un jeune cadre dynamique avec lunettes double foyer et bacchantes apparentes. Nous sommes vendredi 23 décembre à la veille de Noël et le PDG s’apprête à vendre la boite (qui produit essentiellement des broyeuses de documents sensibles) à un autre groupe plus influent. Jean Doux est en retard à la réunion visant à sceller le destin de Privatek et tout son avenir professionnel semble compromis par la découverte d’une mystérieuse disquette molle d’un autre temps... En dire davantage serait gâcher l’expérience burlesque et picaresque de cette aventure originale. On y rit beaucoup des tics de langage et des collègues embarrassants, du responsable IT pas très coopératif aux deux idiots qui se moquent en permanence de leurs collègues. Et puis il y a Jean-Yves accompagné de son chien très justement nommé Jean-Iench ainsi qu’une jolie et dévouée secrétaire de direction. Beaucoup vont se retrouver dans ce tableau « idyllique » de vie sociale en entreprise. On y retrouve les tics de langage propres à une époque pas si lointaine où les portables n’existaient pas et où la popularité de chacun se mesure à la longueur de sa cravate. Lorsque l’enquête débute au sein même de l’entreprise qu’elle ne quittera presque jamais, on tremble et sourit pour les péripéties mouvementées de Jean Doux et des révélations qu’il va soulever... On peut ne pas aimer Philippe Valette pour ses Georges Clooney assez controversés mais Jean Doux et ses nombreuses pages à l’italienne prend le risque de ne laisser personne indifférent. Le graphisme est ici plutôt épuré et simpliste avec un rappel presque pixelisé rétro qui donne un certain charme à l’ensemble mais c’est vraisemblablement par un montage dynamique hérité de l’animation que L’auteur fait mouche. Le monde de la bureaucratie possède enfin son Corto Maltese en la présence de Jean Doux. Qui aurait pu prédire autant de fantaisie et d’aventure au sein même des photocopieurs et des machines à café automatiques ? Aussi hilarant qu’haletant.

28/01/2020 (modifier)
Par Ju
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Ju

Jean Doux et le mystère de la disquette molle, c'est une série que j'ai eu envie de lire dès les premiers avis que j'ai lus sur le site. Un an plus tard, après avoir longtemps repoussé l'achat, notamment en raison du prix tout de même un peu corsé, j'ai fini par craquer, le fait de l'avoir trouvé en occasion aidant. Et, fait assez rare pour le souligner, je n'ai pas été déçu. Souvent, quand j'en attends beaucoup d'une bd, c'est ce qui m'arrive. Mais là, je me suis laissé embarquer avec bonheur dans ce récit totalement barré. Jean Doux, c'est l'Aventure avec un grand A. Cet employé d'une entreprise de broyeuse à papier découvre une disquette molle des années 70 qui va lui permettre de remonter la trace de la broyeuse ultime, celle de niveau 12 (rendez vous compte, le niveau 6 permet déjà une découpe ultra fine!!). Comme dit dans les avis précédents, on est dans l'absurde total, et ça marche très bien. Philippe Valette nous entraîne dans un récit qui mêle humour et aventure avec maîtrise tout du long, et mine de rien, ce n'est pas si courant. D'un côté, on est ravi par l'humour présent à chaque coin de page et de l'autre, on est embarqué dans l'aventure de Jean Doux et curieux de connaitre la suite. Bien sûr, il y a quelques gags qui m'ont moins plu que les autres (le coup du tuba par exemple), mais la plupart sont vraiment marrants. Les dialogues y sont pour beaucoup : ils sont percutants, caricaturaux mais pas trop et décalés. Le ton est toujours juste, et il y a certaines pépites au travers des 250 (!) pages de cet album en format à l'italienne. Et le dessin, même si on ne peut pas dire qu'il soit beau, colle parfaitement à l'ambiance. Les petites mimiques de Jean Doux lorsqu'il est étonné ou stressé sont vraiment bien, elles sont drôles et expressives. Le côté cubique des personnages leur confère une originalité particulière, et finalement le résultat est assez agréable à l'oeil. Non, franchement, un très bon album sans fausses notes.

17/05/2019 (modifier)
L'avatar du posteur Noirdésir

Ah ah ah ! Qu’est-ce que c’est con ! Con, mais pas non plus n’importe quoi. En effet, Philippe Valette (que j’avais découvert avec une autre série beaucoup plus débile ("Georges Clooney"), réussit à bâtir une intrigue vaguement thriller (autour de l’usurpation de l’invention d’une super broyeuse à papier !) en ne sortant pas – au propre comme au figuré – de l’univers du bureau. Avec des personnages plan plan (que leur prénom improbable – commençant par Jean- pour les hommes, par Jeanne- pour les femmes, rend encore plus ridicules) qui se découvrent une âme d’enquêteur, voire d’Indiana Jones du pauvre pour Jean Doux, Valette nous entraine dans une aventure à deux balles plutôt bien ficelée (et ne partant pas dans l’absurde total comme je me l’étais tout d'abord imaginé), même si certains postulats sont bien sûr irréalistes. Mais ce qui accentue le côté désuet de l’intrigue, et fait aussi beaucoup pour le succès de cet album, c’est bien sûr le parti pris esthétique de Valette, qui reconstitue aussi bien l’ambiance, les décors des bureaux des années 1990 (mais aussi, indirectement, du matériel informatique des années 1970) qu’il ne l’a fait pour les dialogues creux, les hiérarchies stupides et les rapports vides de sens qui unissent ou désunissent les « collègues » de ces bureaux. On a parfois l’impression de traverser un jeu vidéo de l’ère préhistorique, avec ses pixels énormes, sa définition minimaliste. Une idée simple, bien mise en œuvre, cet album est vraiment original et chouette. Lecture recommandée !

20/04/2019 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Blue Boy

Présentée dans un format à l’italienne, « Jean Doux et le mystère de la disquette molle » se distingue aussi par d’autres aspects, tant graphiques que scénaristiques. Tout d’abord, l’histoire, qui commence dans la PME la plus ennuyeuse qui soit, avec ses employés tout aussi ennuyeux, si bien que certains boulets se sentent investis d’une mission en faisant des blagues douteuses qu’ils croient drôles pour leurs collègues… mais de façon inattendue, tout va s’emballer et prendre la forme d’une aventure extraordinaire, une fois que notre héros, Jean Doux, aura découvert dans le faux plafond d’un débarras une mallette contenant une disquette souple (ou « molle » comme le veut le titre…), relique d’un passé révolu… Armé d’un humour bien déjanté, Philippe Valette en profite au passage pour se moquer allégrement de la vie en entreprise et de cet esprit « corporate » qui frise souvent le ridicule. Comme pour mieux enfoncer le clou, tout le monde dans la société a un prénom composé commençant par « Jean » (« Jeanne » pour les femmes), jusqu’à un chien prénommé Jean-Iench ! Sans parler des tenues vestimentaires colorées (cravates fluo sur chemises flashy) qui faisaient fureur il y a une vingtaine d’années… Et c’est cela, l’autre bonne idée, que d’avoir situé l’histoire dans les années 90 en accentuant leur désuétude par un graphisme complètement inspiré des jeux vidéo de l’époque, mais en plus de nous proposer une mise en abyme temporelle via l’apparition de la fameuse disquette (256 kilobits de stockage !) datant de cette préhistoire de l’informatique qu’étaient encore les seventies. On est toujours le ringard de quelqu’un ! Si cet album ravira probablement les geeks de tout poil, et autres pré-nerds qui ont connu ces trente naissantes et non moins glorieuses du « personal computer », avec le premier OS Windows et son démineur intégré, il évite toute nostalgie bas de gamme par son humour grinçant, les dialogues resituant clairement sa conception dans nos années 2010. C’est une BD originale et surprenante, et c’est d’abord ce qu’on demande à une œuvre, mais en plus elle bénéficie d’un scénario cohérent qui ne nous lâche pas, parsemé de punchlines décapantes qu’un certain Michel Audiard n’aurait pas renié. Si Philippe Valette met en avant les progrès technologiques et surtout informatiques jusqu’en 2000, forme d’hommage pourrait-on penser, cet auteur, nouveau-venu dans la bande dessinée, est également un observateur fin et caustique des évolutions du quotidien (notamment des vêtements, de la déco et du mobilier de bureau !). Le dessin n’est pas vraiment joli, mais paradoxalement, ce qui peut être vu plutôt comme un parti pris sert extrêmement bien le propos. En conclusion, notre « Mario Bros de bureau » mérite amplement son Fauve polar décerné cette année à Angoulême.

19/08/2018 (modifier)
Par karibou
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

Philippe Valette est un auteur à part, tel Quantin Dupieux pour le cinéma. Après le très gonflé "Georges Clooney" (culte ou à jeter, sans compromis), voici une nouvelle découverte, révélée par le précieux prix du polar (qui m'a permis de découvrir Petites coupures à Shioguni). On suit une histoire rigolote, servie par un trio n'ayant a priori rien de comique. Le graphisme est simple et géométrique. Ok c'est rigolo mais sans plus. Et là survient la découverte de la fameuse disquette... accrochez vos ceintures ça décolle. Les plans deviennent fous, les délires s'accumulent, le rythme s'accélère et le tout dans la joie et la bonne humeur. Il y a du Indiana Jones, du Monk, du Mission impossible, du South Park etc. il n'y a qu'à se servir. Un scénario haletant prenant place dans un open space des années 90, peu auraient tenté l'aventure. Philippe l'a fait et remporte le pari haut la main.

05/07/2018 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5
L'avatar du posteur Gaston

Pour l'instant c'est l'album primé à Angoulême cette année qui m'a le plus convaincu. Je n'ai pas connu l'ambiance des bureaux durant les années 90, mais je pense qu'on peut accrocher à ce récit du moment qu'on ne trouve pas les récits se passant dans des bureaux ennuyeux. Il faut dire qu'ici que si cela commence tout doucement avec une ambiance de bureau normal où les personnages sont le genre de collèges que n'importe qui peut avoir (le type qui ne comprends jamais comment fonctionne la technologie, les gars qui font des blagues lourdes, etc) cela tombe petit à petit dans une ambiance de polar lorsque Jean Doux découvre une mystérieuse disquette et le scénario devient aussi de plus en plus absurde. J'ai bien accroché au scénario. Le mystère autour de la disquette est prenant et le fait que le scénario partait dans un gros délire ne m'a pas du tout dérangé. Il y a une bonne galerie de personnages et l'humour marche bien pour moi. Un bon album à lire en ce qui me concerne.

19/03/2018 (modifier)
Par samsa
Note: 4/5 Coups de coeur expiré

J'ai plutôt intégré le monde du travail au début des années 2000 mais dans les années 90, je donnais déjà des coups de main après l'école, j'utilisais ma machine à écrire comme si j'étais à la pointe de la technologie et je m'imaginais que les cubicles des open space étaient la plus grande invention de tous les temps (jusqu'à ce que j'y passe quelques heures par jour...) Alors quand Jean Doux découvre par hasard un rebus des années 70-80 (je ne connais pas trop la chronologie, j'ai rarement eu l'occasion de tenir une disquette molle entre mes mains et cela date tellement que j'ai oublié à quel point à l'époque c'était incroyablement innovant...)... Il en oublie ses obligations professionnelles et se lance dans l'enquête la plus délirante qui soit....et délirant ce sera. Avec un dessin tout en rondeur et une coloration chatoyante, l'auteur nous fait voyager dans le temps et nous ramène à l'époque où nous nous imaginions avoir atteint le sommet. C'est donc un retour chez les has-been (les démodés), avec des collègues un peu minables, des blagues potaches et un bon vieux jambon-beurre... Ce titre est vraiment un coup de coeur mais je ne suis pas sûre qu'il parle à tous, si l'on n'est pas familier de l'univers, et j'avoue que le prix est un peu rédhibitoire. Mais personnellement il me fait mourrir de rire, je n'ai pas du tout regretté de m'être embarquée dans cette aventure, les dialogues sont décapants et la question est : qui ne s'est pas fait son délire à un moment ou un autre assis au bureau devant un écran d'ordinateur ou un minitel ?

30/01/2018 (modifier)