J’ai beaucoup aimé ce récit d’une rencontre emplie de respect et d’humilité. Respect des deux auteurs vis-à-vis de Jean-Claude Fournier autant que de Fournier vis-à-vis de ses hôtes du jour. Humilité de Fournier par rapport à son œuvre autant que de Nicoby et Joub qui se sentent tout petits face à ce grand nom de la bande dessinée franco-belge.
Le dessin bonhomme de Nicoby accentue encore cet aspect « simple et modeste » du récit par son caractère caricatural et expressif.
Au fil des pages, j’ai été touché par le côté paternaliste et discret d’un Franquin, amusé par l’une ou l’autre anecdote incongrue, attristé par la jalousie manifestée par certains collègues (alors que je me berçais d’illusions quant à la fraternité de « l’équipe de Spirou »). Aucun passage ne m’a semblé long ou inutile. Au contraire, chaque instant m’a semblé précieux.
Un très bel album, donc, que je conseille vivement à tous les « vieux » lecteurs de bandes dessinées et encore plus particulièrement à ceux qui ont grandi avec le journal de Spirou des années ’70.
Un must have, selon moi.
Sans même parler du contexte dans lequel le livre a été écrit et de ce qu'il représente dans la BD latine, je recommande à tout amateur de S-F l'achat de cette BD (pour un public adulte et aguerri néanmoins).
Le dessin noir et blanc est magnifique, le rythme convient parfaitement à l'intrigue et les dialogues excellents. Ça démarre en huis clos psychologique pour partir sur une aventure mythique, avec des nouveaux protagonistes qui amènent tous quelque chose (non-humains inclus).
Si il devait y avoir une attaque d'extraterrestres , c'est comme ça que je me la suis toujours imaginé enfant (surtout si vous avez joué à des jeux comme XCOM: UFO quand vous étiez jeune).
Un must à avoir dans sa collection S-F!
Il s'agit d'une vraie tranche de vie pendant la deuxième guerre mondiale, dans un univers isolé; les iles Chausey. L'histoire est une vraie polémique sur le choix d'une communauté coupée du monde entre courage et lâcheté. Le tout est traité avec une narration sobre et efficace du meilleur effet. Les dessins sont contemplatifs, peu de couleurs, mais ils font ressentir la vie des pêcheurs de l'île, et la beauté de l'endroit. On reconnait bien les paysages qui sont représentés de façon fidèle, ce qui ne gâche rien pour un fan du lieu comme moi.
En bref une lecture qui sort de l'ordinaire que je vous recommande.
J’ai littéralement adoré cette lecture de ces jours qui disparaissent chez un jeune garçon abordant la vingtaine. On va le suivre au cours de toute une vie car il lui arrive un phénomène assez mystérieux. En effet, il se réveille en ayant loupé à chaque fois une journée entière qui est occupé par un autre soi totalement différent. Il est bordélique et l’autre soi est maniaque. Il est acrobate dans un cirque et l’autre va faire un métier plus conventionnel et rémunérateur dans l’informatique. Il est très famille et ami alors que l’autre est plus solitaire. Le gentil poète contre le brillant carriériste. La bataille peut commencer !
On pourrait penser qu’il y a une véritable part de fantastique mais on comprend assez vite qu’il s’agit certainement d’un phénomène de dédoublement de la personnalité qui trouve une origine psychologique à savoir la schizophrénie. Il est assez terrifiant de le vivre du point de vue de l’un des personnages qui va disparaître progressivement pour laisser place à l’autre qui est moins rêveur. C’est une véritable quête sur la perte de l’identité qui est mené de main de maître par l’auteur. Je n’avais jamais rien lu de tel.
Il y a véritablement deux parties : celle de la coexistence pacifique et une autre qui correspond à la disparition progressive et dramatique. En effet, il y a une personnalité plus ambitieuse qui va prendre le dessus sur l’autre qui se réveillera moins souvent. C’est bien écrit et bien dessiné avec des planches presque vivantes dans le mouvement. On est littéralement happé par cette intrigue de perte de contrôle qui progresse dans une véritable tragédie psychologique. On a l’impression de vivre un cauchemar du style vertige existentiel avec notre héros. C’est assez poignant par moment. Cela peut nous renvoyer à notre propre rapport au temps, à notre jeunesse, à la vie et à notre mortalité. Ce qui nous touche ne peut que nous faire réfléchir…
Inutile de préciser que cette œuvre concourt pour le grand prix d’Angoulême 2017 ce qui est amplement mérité. C’est véritablement la bd à découvrir de toute urgence pour cette rentrée car ce qui est original est plutôt rare. Voici une lecture pour une expérience unique qu’on n’est pas prêt d’oublier. L'auteur livre une véritable bd inattendue et palpitante.
Note dessin : 4.25/5 – Note Scénario : 4.75/5 – Notre Globale : 4.5/5
5/5 ? Culte ? Achat conseillé ? Coup de coeur ?
Ben ouais, carrément, ça faisait longtemps qu'un peu d'adrénaline n'avait pas envahi mon corps à la lecture d'une BD.
Je ne savais du tout où allait m'emmener ce préquel, j'avais aimé les Mutafukaz auxquels je n'aurais pas mis ces notes dithyrambiques, mais ça restait barré.
Là on est dans une sorte de réalité, du moins dans celle qu'on peut voir dans des séries, des films, des livres et la culture gangsta.
Ne sachant de quoi le livre parlait, ni de quel personnage, je me suis laissé embarquer par l'histoire pour découvrir à la fin la jonction avec Mutafukaz, la cerise.
C'est dur, c'est crash, c'est violent, c'est tendre, j'ai bien accroché au personnage et à toutes ses pérégrinations internes, à sa découverte de lui-même, du courage qu'il trouve, et de sa manière de se sortir de situations difficiles même si parfois c'est la chance qui agit.
De plus on voyage, on se retrouve dans des situations à chaque fois bien différentes, du petit garçon à l'homme accompli qui malgré toutes les embûches semées sur son chemin et la violence qui le parsème, va connaitre la rédemption.
Une bien belle réussite, scénaristique et graphique, merci aux auteurs pour "Puta Madre", un livre qui n'implique pas non plus forcément la lecture des Mutafukaz, rien que cette histoire tient par elle-même.
De plus c'est un beau livre comme Ankama sait les faire.
Cette série a été une véritable surprise :)
Dès le tome 1 l'atmosphère est posée : pesante et murmurant l'écho de la traitrise et manipulation à chaque instant. Cette dernière accroît son emprise sur le lecteur au fur et à mesure que les pages se tournent.
Pages, qui, sont très classes et le reflet de la pensée de Moorcock. Elles sont toutes plus agréables à regarder les unes que les autres. Le travail sur le dessin est remarquable et plonge le lecteur dans l'univers glauque,macabre, magique et sans pitié qu'est celui d'Elric de Melnibonée.
Le scénario est assez fidèle à l'historie originale et intégre très bien toutes les étapes de l'évolution de la pensée d'Elric. Il ne va pas trop vite et en raconte suffisamment pour ne pas avoir à se dire "zut j'ai raté une page" comme on peut le voir dans certaines adaptations.
Les 3 premiers tomes se dégustent d'une traite et invitent le lecteur à découvrir la suite et je me joints à eux avec plaisir.
Résultat d’une collaboration entre deux pointures de la bande dessinée, ce beau pavé inaugure à merveille cette année 2018. D’emblée, le lecteur est captivé par cette histoire à l’atmosphère très particulière, quasi apocalyptique, qui voit Paris littéralement noyé sous les eaux, alors que la pluie tombe en permanence. Grâce à son formidable coup de crayon et son sens du cadrage, Frederik Peeters sait parfaitement distiller le mystère dès le début, accentuant l’aspect fantastique du récit par un gros plan sur une gargouille de Notre-Dame, sur un crapaud égaré sur un trottoir, ou sur le chat noir peu amène confié à Betty par ses voisins… Peeters fait preuve ici d’une grande virtuosité tant dans le dessin - magnifique, ces paysages de montagne dans la brume, avec un beau rendu à l’aquarelle - que dans la mise en page, très dynamique, tandis que le choix du noir et blanc est tout à fait adapté au climat menaçant de ce conte moderne.
Le dessinateur genevois fait ainsi honneur au scénario de Serge Lehman, très maîtrisé de bout en bout et ne souffrant d’aucun temps mort. Pour ce faire, Lehman a puisé dans la mythologie juive et la littérature fantastique française du début du XXe siècle, en organisant une rencontre explosive entre le légendaire golem et une sorte de cousin du Fantôme de l’Opéra prénommé Max Corbeau, avec en toile de fond un antique secret lié à la sorcellerie. Comme il le dit lui-même, l’auteur cherche par son travail à redonner au fantastique français la place qu’il a perdue au profit des Américains, en raison notamment de l’état d’esprit trop cartésien qui règne dans l’Hexagone. Et on se rend compte en effet que ce thriller terrifiant, qui ne se contente pas de singer les comics d’outre-Atlantique, n’a absolument rien à leur envier, bien au contraire !
Outre l’aspect fantastique du récit, les personnages ne sont pas négligés pour autant. Qu’ils soient principaux ou secondaires, ils sont tous bien campés, qu’il s’agisse des héroïnes, très attachantes, ou à l’inverse de Max Corbeau, créature vicieuse et cauchemardesque sortie tout droit d’un tableau de Jérôme Bosch. C’est bien ce qui rend cet ouvrage tout à fait unique, comme si le genre fantastique avait fait alliance avec le récit psychologique à la française. Car la quête à laquelle se livre Betty est finalement un peu celle de tout un chacun : remonter à ses origines pour comprendre qui l’on est, chasser ses vieux démons pour, peut-être, enfin trouver l’apaisement…
Entre roman graphique, légende urbaine et conte immémorial, « L’Homme gribouillé » s’impose déjà comme un classique du genre. La synergie entre les deux auteurs semble avoir fonctionné à plein, et laisse véritablement espérer qu’ils n’en resteront pas là.
Zidrou et Edith nous livrent ici un drame romantique traité de façon subtile et poétique, empreint d’un charme suranné, rehaussé par le tirage original et luxueux qui en fait un véritable objet d’art. Avec ses deux collections Métamorphose et Noctambule, l’éditeur Soleil, en mettant l’accent sur la qualité de l’impression, semble avoir compris, face aux enjeux du tout numérique, que l’avenir de la BD passait par une sorte de sacralisation de l’objet : double-couverture aimantée se dépliant pour laisser apparaître l’œuvre dans sa nudité, tel un écrin dévoilant son diamant ; insertion d’une enveloppe, d’une photo et d’un ticket d’embarquement, autant de pièces d’un puzzle contribuant à insuffler une touche de mystère au récit. C’est tout à fait magnifique !
De plus, le trait élégant d’Edith reste un vrai plaisir des yeux, renforcé par ses aquarelles délicates et de jolis effets de lumière. Aucune surcharge inutile dans ce dessin qui recèle un côté intemporel convenant bien à l’atmosphère de début de XXe siècle du récit. Plusieurs fois récompensée (notamment par une Pépite BD à Montreuil avec Le Jardin de Minuit), cette auteure, qui n’en est donc pas à sa première œuvre, mériterait largement une plus large renommée, à l’instar de ses consœurs plus connues, notamment Pénélope Bagieu, Chloé Cruchaudet ou encore Marion Montaigne.
Scénariste BD très prolifique, Benoit Zidrou quant à lui nous propose une histoire en forme de quête passionnelle, celle d’une femme qui veut croire à l’amour avec un grand A, dût-elle se brûler les ailes, ou bien plutôt éteindre le feu qu’elle porte en elle dans la froidure des terres nordiques, pour reprendre la splendide parabole liée à l’expédition de son fiancé disparu. C’est bien vu et plein de justesse. Si dès le début, on devine qu’en partant à la recherche de Roald, Emma s’expose à de terribles désillusions, on comprend aussi que celle-ci, animée d’une passion aveuglante, refuse d’être consumée par une attente illusoire, car si Emma est naïve, elle n’en est pas moins combative – et féministe à sa façon en bravant le mépris et la condescendance des hommes de la société d’archéologie, ceux-ci cherchant à la dissuader de partir sur les traces de son fiancé. Emma n’est pas Pénélope. Elle préfère, plutôt que de tisser mille fois la même toile, écrire des poèmes. Ses écrits ont d’ailleurs bien souffert de l’humidité à la suite d’une chute durant sa quête, ce qui lui fera dire : « C’est comme si tout, toujours, était à réécrire »…
« Emma G. Wildford », qui a été nominé pour le Festival d’Angoulême, a de bonnes chances de décrocher le Fauve d’or, procurant ainsi à ses auteurs une légitime reconnaissance dans le milieu du neuvième art. Le comité de sélection ne s’y est pas trompé en listant cette bande dessinée, qui est d’ores et déjà une des meilleures productions de 2017.
Je suis un grand fan de Jack London, dont je collectionne les écrits (réédités pour mon plus grand plaisir) et dont je me targue d'avoir bientôt lu toute la bibliographie. Mais dans ce fouillis de plus de cinquante livres aussi divers que cohérent, il en est un que je n'ai toujours pas lu : Le loup des mers. La raison est que lorsque cette BD est sortie, je ne l'avais toujours pas lu et je me suis réservé le plaisir de découvrir en avant première l’œuvre qu'en aura tiré Riff Reb's.
Vous l'aurez compris à cette note, mais ce livre est exceptionnel. Et la liste des qualités est aussi longue que vous le souhaitez.
Le dessin ? Si ce n'est pour vous le point le plus fort, je crois qu'il faut au moins lui laisser sa maestria. Une virtuosité du trait, une noirceur métaphorique, un talent pour représenter le monde maritime ... Il est beau, précis, efficace. C'est dosé à la perfection pour faire ressentir toute l'atmosphère poisseuse d'une goélette de mer, toute la noirceur de ce navire hanté par son capitaine. Rien que le dessin mérite à coup sur qu'on s'y attarde, mais aussi qu'on le relise.
Le scénario ? Outre l'adaptation qui a été faite avec brio (Jack London, malgré tout le respect que je lui porte, est souvent un peu daté dans la façon d'écrire), je dois dire que c'est un modèle pour expliquer les passerelles entre BD et livres : la façon de rendre ces écrits, cette voix intérieure qui traverse les pages, tout autant que la coupure en chapitres. Je suis émerveillé de la façon dont il a réussi à retranscrire les idées, les propos et l'histoire, tout en reconnaissant qu'on est pris aux tripes dans cette lecture presque viscérale.
L'ambiance ? Le plus gros point fort selon moi. Une ambiance de mer, de philosophie, de mort et de noirceur. L'âme humaine dans ses plus bas niveaux, là où ni dieu ni le philosophe ne peuvent aider. C'est une parenthèse que nous ne connaitrons sans doute jamais, mais qui prend aux tripes par la façon de nous montrer des hommes dans leurs limites les plus absolues. Rien ne sera épargné au(x) héros, et ce pour notre plus grande horreur.
Les couleurs ! Une idée superbe : une couleur dominante par chapitre, envahissant toutes les cases et donnant un ton à chaque chapitre, renforçant les idées et les propos.
Et justement, finissons par cela : les propos. Les considérations de chaque homme, mais avant tout de Loup Larsen, le capitaine, sont une des raisons supplémentaires d'aimer cette BD. On y retrouve toutes les idées chères à Jack London : la sauvagerie de l'homme, le nihilisme, l'opposition entre la culture et la force, le destin inéluctable de l'homme, le bonheur dans l'accomplissement physique détaché de toute philosophie, les "dandys" contre les travailleurs, la force primitive de la nature contre laquelle l'homme ne peut rien, et l'absurdité de la vie des hommes. Comme un rappel de notre condition, cette BD se fait défenseur d'idées peu développées aujourd'hui, jugées sombres, violentes ou très peu humanistes. Mais force est de reconnaitre la qualité des arguments employés par Loup Larsen, et ce jusqu'à la fin, qui semble ironiquement lui donner raison.
Une BD belle, une BD forte, qui fit grande impression à sa sortie, et qui le mérite amplement. Du travail de ce niveau, c'est du chef-d’œuvre. Dois-je préciser que je conseille la lecture ?
Un album surprenant, qui sort des sentiers battus.
Au niveau narratif, déjà… les textes sont rares, et les planches souvent muettes et contemplatives (l’album se lit assez vite). Les personnages sont pourtant bien campés et attachants, et l’histoire bien développée. Il y est question de protectionnisme lors de la 2eme guerre mondiale… on livre l’Américain blessé aux Allemands ou on le protège au risque de se faire punir collectivement ? Un dilemme moral intéressant, et un dénouement… tellement humain.
Au niveau graphique, ensuite… le dessin semble constitué de crayonnés sur fonds « cartonnés », avec des touches de bleu pour la mer. Le rendu est original, et finalement très beau… j’ai pris beaucoup de plaisir à me promener sur les îles Chausey, en compagnie des différents protagonistes.
Une histoire pas forcément marquante, mais très belle… un moment de lecture reposant et divertissant.
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Dans l'atelier de Fournier
J’ai beaucoup aimé ce récit d’une rencontre emplie de respect et d’humilité. Respect des deux auteurs vis-à-vis de Jean-Claude Fournier autant que de Fournier vis-à-vis de ses hôtes du jour. Humilité de Fournier par rapport à son œuvre autant que de Nicoby et Joub qui se sentent tout petits face à ce grand nom de la bande dessinée franco-belge. Le dessin bonhomme de Nicoby accentue encore cet aspect « simple et modeste » du récit par son caractère caricatural et expressif. Au fil des pages, j’ai été touché par le côté paternaliste et discret d’un Franquin, amusé par l’une ou l’autre anecdote incongrue, attristé par la jalousie manifestée par certains collègues (alors que je me berçais d’illusions quant à la fraternité de « l’équipe de Spirou »). Aucun passage ne m’a semblé long ou inutile. Au contraire, chaque instant m’a semblé précieux. Un très bel album, donc, que je conseille vivement à tous les « vieux » lecteurs de bandes dessinées et encore plus particulièrement à ceux qui ont grandi avec le journal de Spirou des années ’70. Un must have, selon moi.
L'Eternaute
Sans même parler du contexte dans lequel le livre a été écrit et de ce qu'il représente dans la BD latine, je recommande à tout amateur de S-F l'achat de cette BD (pour un public adulte et aguerri néanmoins). Le dessin noir et blanc est magnifique, le rythme convient parfaitement à l'intrigue et les dialogues excellents. Ça démarre en huis clos psychologique pour partir sur une aventure mythique, avec des nouveaux protagonistes qui amènent tous quelque chose (non-humains inclus). Si il devait y avoir une attaque d'extraterrestres , c'est comme ça que je me la suis toujours imaginé enfant (surtout si vous avez joué à des jeux comme XCOM: UFO quand vous étiez jeune). Un must à avoir dans sa collection S-F!
Bleu amer
Il s'agit d'une vraie tranche de vie pendant la deuxième guerre mondiale, dans un univers isolé; les iles Chausey. L'histoire est une vraie polémique sur le choix d'une communauté coupée du monde entre courage et lâcheté. Le tout est traité avec une narration sobre et efficace du meilleur effet. Les dessins sont contemplatifs, peu de couleurs, mais ils font ressentir la vie des pêcheurs de l'île, et la beauté de l'endroit. On reconnait bien les paysages qui sont représentés de façon fidèle, ce qui ne gâche rien pour un fan du lieu comme moi. En bref une lecture qui sort de l'ordinaire que je vous recommande.
Ces jours qui disparaissent
J’ai littéralement adoré cette lecture de ces jours qui disparaissent chez un jeune garçon abordant la vingtaine. On va le suivre au cours de toute une vie car il lui arrive un phénomène assez mystérieux. En effet, il se réveille en ayant loupé à chaque fois une journée entière qui est occupé par un autre soi totalement différent. Il est bordélique et l’autre soi est maniaque. Il est acrobate dans un cirque et l’autre va faire un métier plus conventionnel et rémunérateur dans l’informatique. Il est très famille et ami alors que l’autre est plus solitaire. Le gentil poète contre le brillant carriériste. La bataille peut commencer ! On pourrait penser qu’il y a une véritable part de fantastique mais on comprend assez vite qu’il s’agit certainement d’un phénomène de dédoublement de la personnalité qui trouve une origine psychologique à savoir la schizophrénie. Il est assez terrifiant de le vivre du point de vue de l’un des personnages qui va disparaître progressivement pour laisser place à l’autre qui est moins rêveur. C’est une véritable quête sur la perte de l’identité qui est mené de main de maître par l’auteur. Je n’avais jamais rien lu de tel. Il y a véritablement deux parties : celle de la coexistence pacifique et une autre qui correspond à la disparition progressive et dramatique. En effet, il y a une personnalité plus ambitieuse qui va prendre le dessus sur l’autre qui se réveillera moins souvent. C’est bien écrit et bien dessiné avec des planches presque vivantes dans le mouvement. On est littéralement happé par cette intrigue de perte de contrôle qui progresse dans une véritable tragédie psychologique. On a l’impression de vivre un cauchemar du style vertige existentiel avec notre héros. C’est assez poignant par moment. Cela peut nous renvoyer à notre propre rapport au temps, à notre jeunesse, à la vie et à notre mortalité. Ce qui nous touche ne peut que nous faire réfléchir… Inutile de préciser que cette œuvre concourt pour le grand prix d’Angoulême 2017 ce qui est amplement mérité. C’est véritablement la bd à découvrir de toute urgence pour cette rentrée car ce qui est original est plutôt rare. Voici une lecture pour une expérience unique qu’on n’est pas prêt d’oublier. L'auteur livre une véritable bd inattendue et palpitante. Note dessin : 4.25/5 – Note Scénario : 4.75/5 – Notre Globale : 4.5/5
Mutafukaz - Puta Madre
5/5 ? Culte ? Achat conseillé ? Coup de coeur ? Ben ouais, carrément, ça faisait longtemps qu'un peu d'adrénaline n'avait pas envahi mon corps à la lecture d'une BD. Je ne savais du tout où allait m'emmener ce préquel, j'avais aimé les Mutafukaz auxquels je n'aurais pas mis ces notes dithyrambiques, mais ça restait barré. Là on est dans une sorte de réalité, du moins dans celle qu'on peut voir dans des séries, des films, des livres et la culture gangsta. Ne sachant de quoi le livre parlait, ni de quel personnage, je me suis laissé embarquer par l'histoire pour découvrir à la fin la jonction avec Mutafukaz, la cerise. C'est dur, c'est crash, c'est violent, c'est tendre, j'ai bien accroché au personnage et à toutes ses pérégrinations internes, à sa découverte de lui-même, du courage qu'il trouve, et de sa manière de se sortir de situations difficiles même si parfois c'est la chance qui agit. De plus on voyage, on se retrouve dans des situations à chaque fois bien différentes, du petit garçon à l'homme accompli qui malgré toutes les embûches semées sur son chemin et la violence qui le parsème, va connaitre la rédemption. Une bien belle réussite, scénaristique et graphique, merci aux auteurs pour "Puta Madre", un livre qui n'implique pas non plus forcément la lecture des Mutafukaz, rien que cette histoire tient par elle-même. De plus c'est un beau livre comme Ankama sait les faire.
Elric (Glénat)
Cette série a été une véritable surprise :) Dès le tome 1 l'atmosphère est posée : pesante et murmurant l'écho de la traitrise et manipulation à chaque instant. Cette dernière accroît son emprise sur le lecteur au fur et à mesure que les pages se tournent. Pages, qui, sont très classes et le reflet de la pensée de Moorcock. Elles sont toutes plus agréables à regarder les unes que les autres. Le travail sur le dessin est remarquable et plonge le lecteur dans l'univers glauque,macabre, magique et sans pitié qu'est celui d'Elric de Melnibonée. Le scénario est assez fidèle à l'historie originale et intégre très bien toutes les étapes de l'évolution de la pensée d'Elric. Il ne va pas trop vite et en raconte suffisamment pour ne pas avoir à se dire "zut j'ai raté une page" comme on peut le voir dans certaines adaptations. Les 3 premiers tomes se dégustent d'une traite et invitent le lecteur à découvrir la suite et je me joints à eux avec plaisir.
L'Homme gribouillé
Résultat d’une collaboration entre deux pointures de la bande dessinée, ce beau pavé inaugure à merveille cette année 2018. D’emblée, le lecteur est captivé par cette histoire à l’atmosphère très particulière, quasi apocalyptique, qui voit Paris littéralement noyé sous les eaux, alors que la pluie tombe en permanence. Grâce à son formidable coup de crayon et son sens du cadrage, Frederik Peeters sait parfaitement distiller le mystère dès le début, accentuant l’aspect fantastique du récit par un gros plan sur une gargouille de Notre-Dame, sur un crapaud égaré sur un trottoir, ou sur le chat noir peu amène confié à Betty par ses voisins… Peeters fait preuve ici d’une grande virtuosité tant dans le dessin - magnifique, ces paysages de montagne dans la brume, avec un beau rendu à l’aquarelle - que dans la mise en page, très dynamique, tandis que le choix du noir et blanc est tout à fait adapté au climat menaçant de ce conte moderne. Le dessinateur genevois fait ainsi honneur au scénario de Serge Lehman, très maîtrisé de bout en bout et ne souffrant d’aucun temps mort. Pour ce faire, Lehman a puisé dans la mythologie juive et la littérature fantastique française du début du XXe siècle, en organisant une rencontre explosive entre le légendaire golem et une sorte de cousin du Fantôme de l’Opéra prénommé Max Corbeau, avec en toile de fond un antique secret lié à la sorcellerie. Comme il le dit lui-même, l’auteur cherche par son travail à redonner au fantastique français la place qu’il a perdue au profit des Américains, en raison notamment de l’état d’esprit trop cartésien qui règne dans l’Hexagone. Et on se rend compte en effet que ce thriller terrifiant, qui ne se contente pas de singer les comics d’outre-Atlantique, n’a absolument rien à leur envier, bien au contraire ! Outre l’aspect fantastique du récit, les personnages ne sont pas négligés pour autant. Qu’ils soient principaux ou secondaires, ils sont tous bien campés, qu’il s’agisse des héroïnes, très attachantes, ou à l’inverse de Max Corbeau, créature vicieuse et cauchemardesque sortie tout droit d’un tableau de Jérôme Bosch. C’est bien ce qui rend cet ouvrage tout à fait unique, comme si le genre fantastique avait fait alliance avec le récit psychologique à la française. Car la quête à laquelle se livre Betty est finalement un peu celle de tout un chacun : remonter à ses origines pour comprendre qui l’on est, chasser ses vieux démons pour, peut-être, enfin trouver l’apaisement… Entre roman graphique, légende urbaine et conte immémorial, « L’Homme gribouillé » s’impose déjà comme un classique du genre. La synergie entre les deux auteurs semble avoir fonctionné à plein, et laisse véritablement espérer qu’ils n’en resteront pas là.
Emma G. Wildford
Zidrou et Edith nous livrent ici un drame romantique traité de façon subtile et poétique, empreint d’un charme suranné, rehaussé par le tirage original et luxueux qui en fait un véritable objet d’art. Avec ses deux collections Métamorphose et Noctambule, l’éditeur Soleil, en mettant l’accent sur la qualité de l’impression, semble avoir compris, face aux enjeux du tout numérique, que l’avenir de la BD passait par une sorte de sacralisation de l’objet : double-couverture aimantée se dépliant pour laisser apparaître l’œuvre dans sa nudité, tel un écrin dévoilant son diamant ; insertion d’une enveloppe, d’une photo et d’un ticket d’embarquement, autant de pièces d’un puzzle contribuant à insuffler une touche de mystère au récit. C’est tout à fait magnifique ! De plus, le trait élégant d’Edith reste un vrai plaisir des yeux, renforcé par ses aquarelles délicates et de jolis effets de lumière. Aucune surcharge inutile dans ce dessin qui recèle un côté intemporel convenant bien à l’atmosphère de début de XXe siècle du récit. Plusieurs fois récompensée (notamment par une Pépite BD à Montreuil avec Le Jardin de Minuit), cette auteure, qui n’en est donc pas à sa première œuvre, mériterait largement une plus large renommée, à l’instar de ses consœurs plus connues, notamment Pénélope Bagieu, Chloé Cruchaudet ou encore Marion Montaigne. Scénariste BD très prolifique, Benoit Zidrou quant à lui nous propose une histoire en forme de quête passionnelle, celle d’une femme qui veut croire à l’amour avec un grand A, dût-elle se brûler les ailes, ou bien plutôt éteindre le feu qu’elle porte en elle dans la froidure des terres nordiques, pour reprendre la splendide parabole liée à l’expédition de son fiancé disparu. C’est bien vu et plein de justesse. Si dès le début, on devine qu’en partant à la recherche de Roald, Emma s’expose à de terribles désillusions, on comprend aussi que celle-ci, animée d’une passion aveuglante, refuse d’être consumée par une attente illusoire, car si Emma est naïve, elle n’en est pas moins combative – et féministe à sa façon en bravant le mépris et la condescendance des hommes de la société d’archéologie, ceux-ci cherchant à la dissuader de partir sur les traces de son fiancé. Emma n’est pas Pénélope. Elle préfère, plutôt que de tisser mille fois la même toile, écrire des poèmes. Ses écrits ont d’ailleurs bien souffert de l’humidité à la suite d’une chute durant sa quête, ce qui lui fera dire : « C’est comme si tout, toujours, était à réécrire »… « Emma G. Wildford », qui a été nominé pour le Festival d’Angoulême, a de bonnes chances de décrocher le Fauve d’or, procurant ainsi à ses auteurs une légitime reconnaissance dans le milieu du neuvième art. Le comité de sélection ne s’y est pas trompé en listant cette bande dessinée, qui est d’ores et déjà une des meilleures productions de 2017.
Le Loup des Mers
Je suis un grand fan de Jack London, dont je collectionne les écrits (réédités pour mon plus grand plaisir) et dont je me targue d'avoir bientôt lu toute la bibliographie. Mais dans ce fouillis de plus de cinquante livres aussi divers que cohérent, il en est un que je n'ai toujours pas lu : Le loup des mers. La raison est que lorsque cette BD est sortie, je ne l'avais toujours pas lu et je me suis réservé le plaisir de découvrir en avant première l’œuvre qu'en aura tiré Riff Reb's. Vous l'aurez compris à cette note, mais ce livre est exceptionnel. Et la liste des qualités est aussi longue que vous le souhaitez. Le dessin ? Si ce n'est pour vous le point le plus fort, je crois qu'il faut au moins lui laisser sa maestria. Une virtuosité du trait, une noirceur métaphorique, un talent pour représenter le monde maritime ... Il est beau, précis, efficace. C'est dosé à la perfection pour faire ressentir toute l'atmosphère poisseuse d'une goélette de mer, toute la noirceur de ce navire hanté par son capitaine. Rien que le dessin mérite à coup sur qu'on s'y attarde, mais aussi qu'on le relise. Le scénario ? Outre l'adaptation qui a été faite avec brio (Jack London, malgré tout le respect que je lui porte, est souvent un peu daté dans la façon d'écrire), je dois dire que c'est un modèle pour expliquer les passerelles entre BD et livres : la façon de rendre ces écrits, cette voix intérieure qui traverse les pages, tout autant que la coupure en chapitres. Je suis émerveillé de la façon dont il a réussi à retranscrire les idées, les propos et l'histoire, tout en reconnaissant qu'on est pris aux tripes dans cette lecture presque viscérale. L'ambiance ? Le plus gros point fort selon moi. Une ambiance de mer, de philosophie, de mort et de noirceur. L'âme humaine dans ses plus bas niveaux, là où ni dieu ni le philosophe ne peuvent aider. C'est une parenthèse que nous ne connaitrons sans doute jamais, mais qui prend aux tripes par la façon de nous montrer des hommes dans leurs limites les plus absolues. Rien ne sera épargné au(x) héros, et ce pour notre plus grande horreur. Les couleurs ! Une idée superbe : une couleur dominante par chapitre, envahissant toutes les cases et donnant un ton à chaque chapitre, renforçant les idées et les propos. Et justement, finissons par cela : les propos. Les considérations de chaque homme, mais avant tout de Loup Larsen, le capitaine, sont une des raisons supplémentaires d'aimer cette BD. On y retrouve toutes les idées chères à Jack London : la sauvagerie de l'homme, le nihilisme, l'opposition entre la culture et la force, le destin inéluctable de l'homme, le bonheur dans l'accomplissement physique détaché de toute philosophie, les "dandys" contre les travailleurs, la force primitive de la nature contre laquelle l'homme ne peut rien, et l'absurdité de la vie des hommes. Comme un rappel de notre condition, cette BD se fait défenseur d'idées peu développées aujourd'hui, jugées sombres, violentes ou très peu humanistes. Mais force est de reconnaitre la qualité des arguments employés par Loup Larsen, et ce jusqu'à la fin, qui semble ironiquement lui donner raison. Une BD belle, une BD forte, qui fit grande impression à sa sortie, et qui le mérite amplement. Du travail de ce niveau, c'est du chef-d’œuvre. Dois-je préciser que je conseille la lecture ?
Bleu amer
Un album surprenant, qui sort des sentiers battus. Au niveau narratif, déjà… les textes sont rares, et les planches souvent muettes et contemplatives (l’album se lit assez vite). Les personnages sont pourtant bien campés et attachants, et l’histoire bien développée. Il y est question de protectionnisme lors de la 2eme guerre mondiale… on livre l’Américain blessé aux Allemands ou on le protège au risque de se faire punir collectivement ? Un dilemme moral intéressant, et un dénouement… tellement humain. Au niveau graphique, ensuite… le dessin semble constitué de crayonnés sur fonds « cartonnés », avec des touches de bleu pour la mer. Le rendu est original, et finalement très beau… j’ai pris beaucoup de plaisir à me promener sur les îles Chausey, en compagnie des différents protagonistes. Une histoire pas forcément marquante, mais très belle… un moment de lecture reposant et divertissant.