Marion Montaigne est toujours très pédagogique dans ses albums, cela se confirme dans ce tome spatial!
La BD est très agréable à lire, les dessins sont sympas et collent vraiment bien au côté décalé du récit.
L'ouvrage est dense, plus de 200 pages, et est captivant!
On suit l'histoire de Thomas Pesquet, notre astronaute national, depuis son enfance (assez rapidement, c'est surtout pour montrer que son envie d'espace a toujours été très forte), jusqu'à son retour de l'ISS. On peut notamment voir le processus de recrutement, qui est la partie de l'histoire qui m'a fait le plus rire! On apprend énormément de choses : sur d'autres astronautes, sur la vie en apesanteur et ses problèmes, sur la mise en orbite, sur Thomas Pesquet lui-même, sur les missions dans l'ISS, etc...
Le ton léger utilisé permet à la fois de désacraliser ces gens (oui, les astronautes font caca, et oui globalement quand ils reviennent ils puent), tout en maintenant notre admiration en eux (ils sont quand même hyper balèzes...).
C'est tout simplement passionnant!
L'autodérision est très présente, sous forme de "je suis un astronaute, et je suis un très bon astronaute, mais j'ai des fêlures", et ça marche très bien. Derrière cette couche d'humour on sent l'amour qu'a Thomas Pesquet pour l'espace, et c'est enivrant de partager avec lui le bonheur d'avoir pu réaliser ce rêve de gosse.
Finalement j'ai autant aimé toutes les digressions scientifiques qui nous expliquent plein de choses que le parcours de Pesquet lui-même.
C'était top. Je vais le relire tiens.
Sans véritable équivalent, Yiu peut être considéré comme un OVNI dans le monde de la bande dessinée, mais un OVNI incroyablement convaincant.
Un univers sombre, marqué de fanatisme religieux qui n'est pas sans rappeler certains éléments du 3ème Testament. Un questionnement identitaire sur l'avenir de la race humaine dans un monde marqué par la technologie dont Matrix aurait pu s'inspirer. Un monde fait de cynisme et d'ultraviolence (dont on constate avec effroi qu'il fait parfois étonnamment écho à l'actualité) ... et au milieu, Yiu qui déploie toute sa rage face au chaos ambiant.
Porté par des illustrations exceptionnelles, Yiu ressemble davantage à une gigantesque fresque qu'à l'image qu'on se fait d'une bande dessinée.
Intense, profonde, au plus prêt des émotions primaires, Yiu vous prend par les tripes et vous oblige à ouvrir votre regard sur le monde. Avec au final une seule question... A la fin : que subsistera-t-il de nous?
On aime ou on déteste mais personne ne restera indifférent. Pour moi, c'est un véritable chef d'oeuvre!
J'avais envie de lire cette bande dessinée depuis que Mac Arthur l'a postée et je ne fus pas déçu.
Certes, je comprends qu'on puisse trouver le scénario léger, mais cela ne m'a pas empêché de l'apprécier. Les auteurs ont bien utilisé le thème du livre des records et proposent un scénario original qui pose des réflexions intéressantes sur les records. Je plains les pauvres types qui font tout pour être dans ce livre, surtout que la plupart des records présents dans cet album sont vraiment idiots.
L'humour m'a fait sourire et est bien sympathique, l'intrigue policière est bien trouvée et bien maîtrisée et j'ai aimé l'atmosphère qui se dégage de cet album. C'est le genre d'histoire que j'aime bien et que je relirai avec plaisir un jour !
Quant au dessin, il est pas mal sans être dans un style qui me plait totalement.
Ar-Men est un défi de l’homme lancé à la nature, un véritable bras de fer entre Bretons et (leur) Océan.
Le scénario, un peu tortueux au début, se tient finalement et Lepage nous emmène, au gré des 92 pages, dans son univers.
Côté dessin, à part les visages « simplistes » dont je ne suis pas accroc, les paysages marins sont justes fascinants car tout y est : le mouvement, les couleurs, la violence, la beauté, le mystère...
Bref une très belle BD que je recommande donc !
Ce one-shot avait tout pour me déplaire : une sélection pour Angoulême 2018, un dessin plus qu'approximatif et un titre digne d'un mauvais film de série B. Mais, étant de curieux de nature, et ayant lu de bonnes critiques dessus, je l'ai tout de même emprunté à la médiathèque.
Basée sur un scénario hautement improbable (David Niven & Peter Ustinov travaillant pour le MI5 pendant la seconde guerre mondiale), cette bande dessinée repose pourtant sur des faits réels. D'ailleurs de nombreux extraits des mémoires de David Niven, de Peter Ustinov, ainsi que de Clifton James parsèment le récit.
Et bien, je dois dire que la lecture de cette bd fut pour moi jubilatoire ! Voir nos deux acteurs de cinéma transformer Clifton James en un général Montgomery plus vrai que nature est un régal, le tout sur un ton so british ! Même si les visages sont dessinés de façon simple voire simpliste, on voit et on entend David Niven ou encore Winston Churchill dans cette histoire.
C'est un album drôle, alerte... bref une véritable farce au moment où les alliés préparaient dans le plus grand secret le débarquement en Normandie.
Une très belle découverte.
Encore un titre exhumé par Akileos dans sa grande collection EC Comics.
A priori rien ne diffère beaucoup de la série phare Tales From The Crypt mais à l'origine Haunt of Fear venait relayer une publication western du même éditeur et s'est mué en cette série d'horreur tellement voisine qu'elle en reprend les mêmes narrateurs "stars" (sorcière, gardien etc...) et que les histoires sont identiques.
Comme le rappelle Gaston, on entre en terrain vraiment connu avec ces histoires dont on devine les ficelles assez rapidement mais il ne faut pas oublier le contexte de l'époque avec la révélation de dessinateurs cultes comme Wally Wood entre autres et des intrigues vraiment culottées.
L'ensemble possède un charme kitsch et une morale hors norme. En effet, ici la justice se fait par outre tombe avec quelques surprises plutôt bien amenées (la vengeance de l'homme marié dévoué défiguré par acide ou le sort du psychopathe voulant vivre son enterrement risquent d'en choquer plus d'un par exemple) mais également quelques histoires convenues.
L'intervention des conteurs de l'histoire est souvent drôle. Brisant régulièrement le 4ème mur ou se renvoyant la balle à qui racontera l'histoire la plus horrible, ils sont constamment présents pour nous rappeler que toutes ces histoires malsaines sont avant tout ici pour nous divertir et passer un bon moment. Et en cela c'est vraiment réussi même si ma préférence va tout comme Gaston aux séries "Suspenstories", les Schock comme les Crime.
Notez que les couvs des deux premiers tomes ont été réalisée par le grand et génial Mezzo <3
Sir Arthur Benton fait partie, à coup sûr, des classiques du genre en bande dessinée. C'est le récit d'un combat de l'intérieur, d'une traque, d'une chasse à l'homme très bien menés. Mes camarades ont bien su en parler en détail. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas mettre une note plus positive ? Eh bien parce que malgré son ambition louable et son sujet plutôt bien traité (mention spéciale aux dossiers de fin d'albums), cette série souffre de menus défauts. Une narration un peu chaotique sur le premier et le troisième tome, un dessin un peu difficile dans la première moitié du tome 1... C'est dommage, parce que j'ai globalement bien apprécié cette série. En effet elle montre, au travers d'un personnage fictif, les à-côtés de la guerre, et certains de ses rouages.
La lecture du second cycle n'est intervenue que 7 ans plus tard, ayant eu personnellement du mal à réunir les trois tomes du second cycle.
Les recettes sont les mêmes, on nous montre l'arrière-cuisine de le guerre froide, au travers des opérations d'une organisation ultra-secrète dirigé par le Benton du titre. Mais... Le récit est difficile à suivre, on a une suite d'anecdotes très rapides, dont la continuité et la cohérence sont mis à mal par ce choix de narration, un Benton qui disparaît presque totalement de l'histoire, sa plus grande scène est à la toute fin, alors qu'on se penche sur ses collaborateurs et les grands acteurs de l'Histoire.
Le dessinateur a changé, Vincent Pompetti a succédé à Stéphane Perger ; une eprte de qualité à mon avis, les personnages de Pompetti étant étrangement déformés, les ambiances et les cadrages partant dans tous les sens. Le dessinateur se cherchait alors encore, mais les difficultés de lecture ne sont pas de son dû.
Dommage que la série se termine ainsi...
Coup de maîtres!!
Voila une première BD qui va sans doute faire date dans le petit monde du policier/thriller.
Dans une petite ville d'Italie tout le monde ne parle que d'une récente attaque sanglante sur l'agence postale du coin et du prochain match de boxe d'un jeune local.
Galerie de losers, de truands tous aux caractères bien trempés, tous les protagonistes de cette histoire avancent inéluctablement vers un destin tout tracé.
L'on croise Nica un jeune zonard qui deale un peu pour tuer l'ennui, son malheur est d'être amoureux d'une belle affublée de deux frères qui ne voient pas les choses de la même manière. Son but parvenir à s'enfuir de cette cité merdique.
Miché est un ancien boxeur devenu toxico toujours à la recherche de quelque chose à s'envoyer dans les poumons ou les veines, pour ce faire la manière douce n'est pas son fort.
Marcia lui est un ancien mafieux qui refuse la protection d'un gang, qui s'impatiente.
Le scénariste Stefano Nardella a travaillé pour le cinéma et le découpage de son histoire est très cinématographique. C'est un polar qui n'évite pas les clichés du genre mais le tout est baigné dans une telle ambiance qu'il scotche littéralement son lecteur avec ce pavé de 192 pages ou jamais l'on ne s'ennuie. L'ambiance poisseuse fait monter la tension de manière croissante jusqu'à un final peu banal mais qui laisse planer un peu d'espoir sur ce monde âpre et violent.
Le dessin de Vincenzo Bizzarri est particulier, assez caricatural, pour tout dire ce n'est même pas mon truc mais après avoir lu quelques pages je n'ai pas pu lâcher l'affaire tant j'étais pris par le récit et l'ambiance. Le moins que l'on puisse dire est que les personnages ont des gueules. Je ne sais à quoi c'est dû mais comme je l'ai dit plus haut, nous sommes dans le truc.
Pour ce duo italien c'est donc un coup de maitre sur un scénario classique, extrêmement prenant que je n'ai pas lâché. Cette petite ville ne mérite sans doute pas qu'on aille y faire du tourisme, la BD par contre mérite toute notre attention, c'est excellent aussi n'hésitez pas à aller y jeter un œil.
Cet album est à lire en miroir, ou en parallèle avec Je suis encore là-bas, de Samir Dahmani, chez Steinkis.
Nous trouvons cette fois-ci une jeune Coréenne qui débarque à Angoulême pour y finir ses études graphiques, et qui se heurte à la culture occidentale, tellement différente de la coréenne. Cette impression d'ostracisme est personnifiée par la transformation de sa tête en celle d'un chien, ce qui ajoute des cènes un peu cocasses à l'atmosphère de sidération que peut ressentir la jeune femme. Ajoutez à cela une petite histoire d'amour pas simple, et vous obtiendrez la formule d'un roman graphique plutôt réussi. Sur le plan de l'histoire, je l'ai trouvé cepandant un peu moins intéressant que l'ouvrage de Samir Dahmani, car un peu moins inattendu.
Sur le plan graphique j'ai rpéféré celui-ci, les influences franco-belges de Yunbo ayant pris l'ascendant sur ses racines coréennes et nous proposer un dessin d'une grande clarté, avec un trait plus encrée que celui de son compère. J'aime bien.
Une lecture franchement sympathique.
Pas mal, pas mal du tout même ! Et très curieux manga, mélange d’ésotérisme, de pratiques coutumières, de religions locales et de légendes, de superstitions. Avec un brin de considération sur les campagnes japonaises et l'arrivée brutale dans le monde moderne. Ou l'arrivée du monde moderne, selon les points de vue.
Ce manga m'a semblé aller avec d'autres mangas comme Initiation ou Underwater - le village immergé qui parlent de ce Japon rural et de ce qui a été profondément changé dans le passage à cette époque que nous connaissons aujourd'hui. Curieusement, il me semble que la collection dont fait partie Tajikarao compte plusieurs mangas sur cette période charnière.
Venant d'un village, j'ai été particulièrement touché dans la façon dont est représentée la communauté de villageois, qui vit loin du monde et selon ses propres règles. Certes, c'est là une vision assez simpliste et embellie d'un village (l'entente entre voisins est rarement aussi idyllique), mais ça donne envie d'y vivre, et c'est là tout le point de vue de l'auteur. Il veut redonner le goût de ces villages qui ont aujourd'hui disparu, de toutes ces traditions balayées en moins de cinquante ans, de tout ce qui s'est perdu comme histoires et comme légendes. Chaque lieu avait sa propre mémoire, et tout est effacé comme un rien.
Bien sûr, le manga oppose nettement (et de façon bien trop manichéenne pour être vraie) la ville et la campagne, avec les gentils qui savent respecter les traditions et les méchants qui les piétinent allègrement, sûr qu'ils sont de leurs bons droits de citadins. C'est simpliste, mais c'est l'idée de l'auteur, et il ne fait que servir son propos.
Et justement, le propos est beau : c'est un message d'amour et d'au revoir à toute cette culture disparue, et un bel hommage à ce que fut l'humanité pendant des siècles. J'ai beaucoup aimé la façon dont cela se déroule, progressivement, pour finir sur un final grandiose qui m'a bien plu.
J'ajouterai que le dessin a quelque chose qui m'a plu. Ce n'est ni le plus beau ni le plus précis, mais il sait faire passer l'émotion des paysages, et la beauté des lieux. C'est un manga qui repose beaucoup dessus, et ça fait plaisir de se plonger dedans.
Un manga que j'aime bien, que j'affectionne surtout, mais surtout parce que le sujet me parle beaucoup. C'est une petite gourmandise pour moi. Mais je genre de gourmandise que j'espère que vous aimerez autant que moi.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
Dans la combi de Thomas Pesquet
Marion Montaigne est toujours très pédagogique dans ses albums, cela se confirme dans ce tome spatial! La BD est très agréable à lire, les dessins sont sympas et collent vraiment bien au côté décalé du récit. L'ouvrage est dense, plus de 200 pages, et est captivant! On suit l'histoire de Thomas Pesquet, notre astronaute national, depuis son enfance (assez rapidement, c'est surtout pour montrer que son envie d'espace a toujours été très forte), jusqu'à son retour de l'ISS. On peut notamment voir le processus de recrutement, qui est la partie de l'histoire qui m'a fait le plus rire! On apprend énormément de choses : sur d'autres astronautes, sur la vie en apesanteur et ses problèmes, sur la mise en orbite, sur Thomas Pesquet lui-même, sur les missions dans l'ISS, etc... Le ton léger utilisé permet à la fois de désacraliser ces gens (oui, les astronautes font caca, et oui globalement quand ils reviennent ils puent), tout en maintenant notre admiration en eux (ils sont quand même hyper balèzes...). C'est tout simplement passionnant! L'autodérision est très présente, sous forme de "je suis un astronaute, et je suis un très bon astronaute, mais j'ai des fêlures", et ça marche très bien. Derrière cette couche d'humour on sent l'amour qu'a Thomas Pesquet pour l'espace, et c'est enivrant de partager avec lui le bonheur d'avoir pu réaliser ce rêve de gosse. Finalement j'ai autant aimé toutes les digressions scientifiques qui nous expliquent plein de choses que le parcours de Pesquet lui-même. C'était top. Je vais le relire tiens.
Yiu
Sans véritable équivalent, Yiu peut être considéré comme un OVNI dans le monde de la bande dessinée, mais un OVNI incroyablement convaincant. Un univers sombre, marqué de fanatisme religieux qui n'est pas sans rappeler certains éléments du 3ème Testament. Un questionnement identitaire sur l'avenir de la race humaine dans un monde marqué par la technologie dont Matrix aurait pu s'inspirer. Un monde fait de cynisme et d'ultraviolence (dont on constate avec effroi qu'il fait parfois étonnamment écho à l'actualité) ... et au milieu, Yiu qui déploie toute sa rage face au chaos ambiant. Porté par des illustrations exceptionnelles, Yiu ressemble davantage à une gigantesque fresque qu'à l'image qu'on se fait d'une bande dessinée. Intense, profonde, au plus prêt des émotions primaires, Yiu vous prend par les tripes et vous oblige à ouvrir votre regard sur le monde. Avec au final une seule question... A la fin : que subsistera-t-il de nous? On aime ou on déteste mais personne ne restera indifférent. Pour moi, c'est un véritable chef d'oeuvre!
Le Guide Mondial des Records
J'avais envie de lire cette bande dessinée depuis que Mac Arthur l'a postée et je ne fus pas déçu. Certes, je comprends qu'on puisse trouver le scénario léger, mais cela ne m'a pas empêché de l'apprécier. Les auteurs ont bien utilisé le thème du livre des records et proposent un scénario original qui pose des réflexions intéressantes sur les records. Je plains les pauvres types qui font tout pour être dans ce livre, surtout que la plupart des records présents dans cet album sont vraiment idiots. L'humour m'a fait sourire et est bien sympathique, l'intrigue policière est bien trouvée et bien maîtrisée et j'ai aimé l'atmosphère qui se dégage de cet album. C'est le genre d'histoire que j'aime bien et que je relirai avec plaisir un jour ! Quant au dessin, il est pas mal sans être dans un style qui me plait totalement.
Ar-Men - L'Enfer des enfers
Ar-Men est un défi de l’homme lancé à la nature, un véritable bras de fer entre Bretons et (leur) Océan. Le scénario, un peu tortueux au début, se tient finalement et Lepage nous emmène, au gré des 92 pages, dans son univers. Côté dessin, à part les visages « simplistes » dont je ne suis pas accroc, les paysages marins sont justes fascinants car tout y est : le mouvement, les couleurs, la violence, la beauté, le mystère... Bref une très belle BD que je recommande donc !
Opération Copperhead
Ce one-shot avait tout pour me déplaire : une sélection pour Angoulême 2018, un dessin plus qu'approximatif et un titre digne d'un mauvais film de série B. Mais, étant de curieux de nature, et ayant lu de bonnes critiques dessus, je l'ai tout de même emprunté à la médiathèque. Basée sur un scénario hautement improbable (David Niven & Peter Ustinov travaillant pour le MI5 pendant la seconde guerre mondiale), cette bande dessinée repose pourtant sur des faits réels. D'ailleurs de nombreux extraits des mémoires de David Niven, de Peter Ustinov, ainsi que de Clifton James parsèment le récit. Et bien, je dois dire que la lecture de cette bd fut pour moi jubilatoire ! Voir nos deux acteurs de cinéma transformer Clifton James en un général Montgomery plus vrai que nature est un régal, le tout sur un ton so british ! Même si les visages sont dessinés de façon simple voire simpliste, on voit et on entend David Niven ou encore Winston Churchill dans cette histoire. C'est un album drôle, alerte... bref une véritable farce au moment où les alliés préparaient dans le plus grand secret le débarquement en Normandie. Une très belle découverte.
The Haunt of Fear
Encore un titre exhumé par Akileos dans sa grande collection EC Comics. A priori rien ne diffère beaucoup de la série phare Tales From The Crypt mais à l'origine Haunt of Fear venait relayer une publication western du même éditeur et s'est mué en cette série d'horreur tellement voisine qu'elle en reprend les mêmes narrateurs "stars" (sorcière, gardien etc...) et que les histoires sont identiques. Comme le rappelle Gaston, on entre en terrain vraiment connu avec ces histoires dont on devine les ficelles assez rapidement mais il ne faut pas oublier le contexte de l'époque avec la révélation de dessinateurs cultes comme Wally Wood entre autres et des intrigues vraiment culottées. L'ensemble possède un charme kitsch et une morale hors norme. En effet, ici la justice se fait par outre tombe avec quelques surprises plutôt bien amenées (la vengeance de l'homme marié dévoué défiguré par acide ou le sort du psychopathe voulant vivre son enterrement risquent d'en choquer plus d'un par exemple) mais également quelques histoires convenues. L'intervention des conteurs de l'histoire est souvent drôle. Brisant régulièrement le 4ème mur ou se renvoyant la balle à qui racontera l'histoire la plus horrible, ils sont constamment présents pour nous rappeler que toutes ces histoires malsaines sont avant tout ici pour nous divertir et passer un bon moment. Et en cela c'est vraiment réussi même si ma préférence va tout comme Gaston aux séries "Suspenstories", les Schock comme les Crime. Notez que les couvs des deux premiers tomes ont été réalisée par le grand et génial Mezzo <3
Sir Arthur Benton
Sir Arthur Benton fait partie, à coup sûr, des classiques du genre en bande dessinée. C'est le récit d'un combat de l'intérieur, d'une traque, d'une chasse à l'homme très bien menés. Mes camarades ont bien su en parler en détail. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas mettre une note plus positive ? Eh bien parce que malgré son ambition louable et son sujet plutôt bien traité (mention spéciale aux dossiers de fin d'albums), cette série souffre de menus défauts. Une narration un peu chaotique sur le premier et le troisième tome, un dessin un peu difficile dans la première moitié du tome 1... C'est dommage, parce que j'ai globalement bien apprécié cette série. En effet elle montre, au travers d'un personnage fictif, les à-côtés de la guerre, et certains de ses rouages. La lecture du second cycle n'est intervenue que 7 ans plus tard, ayant eu personnellement du mal à réunir les trois tomes du second cycle. Les recettes sont les mêmes, on nous montre l'arrière-cuisine de le guerre froide, au travers des opérations d'une organisation ultra-secrète dirigé par le Benton du titre. Mais... Le récit est difficile à suivre, on a une suite d'anecdotes très rapides, dont la continuité et la cohérence sont mis à mal par ce choix de narration, un Benton qui disparaît presque totalement de l'histoire, sa plus grande scène est à la toute fin, alors qu'on se penche sur ses collaborateurs et les grands acteurs de l'Histoire. Le dessinateur a changé, Vincent Pompetti a succédé à Stéphane Perger ; une eprte de qualité à mon avis, les personnages de Pompetti étant étrangement déformés, les ambiances et les cadrages partant dans tous les sens. Le dessinateur se cherchait alors encore, mais les difficultés de lecture ne sont pas de son dû. Dommage que la série se termine ainsi...
La Cité des Trois Saints
Coup de maîtres!! Voila une première BD qui va sans doute faire date dans le petit monde du policier/thriller. Dans une petite ville d'Italie tout le monde ne parle que d'une récente attaque sanglante sur l'agence postale du coin et du prochain match de boxe d'un jeune local. Galerie de losers, de truands tous aux caractères bien trempés, tous les protagonistes de cette histoire avancent inéluctablement vers un destin tout tracé. L'on croise Nica un jeune zonard qui deale un peu pour tuer l'ennui, son malheur est d'être amoureux d'une belle affublée de deux frères qui ne voient pas les choses de la même manière. Son but parvenir à s'enfuir de cette cité merdique. Miché est un ancien boxeur devenu toxico toujours à la recherche de quelque chose à s'envoyer dans les poumons ou les veines, pour ce faire la manière douce n'est pas son fort. Marcia lui est un ancien mafieux qui refuse la protection d'un gang, qui s'impatiente. Le scénariste Stefano Nardella a travaillé pour le cinéma et le découpage de son histoire est très cinématographique. C'est un polar qui n'évite pas les clichés du genre mais le tout est baigné dans une telle ambiance qu'il scotche littéralement son lecteur avec ce pavé de 192 pages ou jamais l'on ne s'ennuie. L'ambiance poisseuse fait monter la tension de manière croissante jusqu'à un final peu banal mais qui laisse planer un peu d'espoir sur ce monde âpre et violent. Le dessin de Vincenzo Bizzarri est particulier, assez caricatural, pour tout dire ce n'est même pas mon truc mais après avoir lu quelques pages je n'ai pas pu lâcher l'affaire tant j'étais pris par le récit et l'ambiance. Le moins que l'on puisse dire est que les personnages ont des gueules. Je ne sais à quoi c'est dû mais comme je l'ai dit plus haut, nous sommes dans le truc. Pour ce duo italien c'est donc un coup de maitre sur un scénario classique, extrêmement prenant que je n'ai pas lâché. Cette petite ville ne mérite sans doute pas qu'on aille y faire du tourisme, la BD par contre mérite toute notre attention, c'est excellent aussi n'hésitez pas à aller y jeter un œil.
Je ne suis pas d'ici
Cet album est à lire en miroir, ou en parallèle avec Je suis encore là-bas, de Samir Dahmani, chez Steinkis. Nous trouvons cette fois-ci une jeune Coréenne qui débarque à Angoulême pour y finir ses études graphiques, et qui se heurte à la culture occidentale, tellement différente de la coréenne. Cette impression d'ostracisme est personnifiée par la transformation de sa tête en celle d'un chien, ce qui ajoute des cènes un peu cocasses à l'atmosphère de sidération que peut ressentir la jeune femme. Ajoutez à cela une petite histoire d'amour pas simple, et vous obtiendrez la formule d'un roman graphique plutôt réussi. Sur le plan de l'histoire, je l'ai trouvé cepandant un peu moins intéressant que l'ouvrage de Samir Dahmani, car un peu moins inattendu. Sur le plan graphique j'ai rpéféré celui-ci, les influences franco-belges de Yunbo ayant pris l'ascendant sur ses racines coréennes et nous proposer un dessin d'une grande clarté, avec un trait plus encrée que celui de son compère. J'aime bien. Une lecture franchement sympathique.
Tajikarao, l'esprit de mon village
Pas mal, pas mal du tout même ! Et très curieux manga, mélange d’ésotérisme, de pratiques coutumières, de religions locales et de légendes, de superstitions. Avec un brin de considération sur les campagnes japonaises et l'arrivée brutale dans le monde moderne. Ou l'arrivée du monde moderne, selon les points de vue. Ce manga m'a semblé aller avec d'autres mangas comme Initiation ou Underwater - le village immergé qui parlent de ce Japon rural et de ce qui a été profondément changé dans le passage à cette époque que nous connaissons aujourd'hui. Curieusement, il me semble que la collection dont fait partie Tajikarao compte plusieurs mangas sur cette période charnière. Venant d'un village, j'ai été particulièrement touché dans la façon dont est représentée la communauté de villageois, qui vit loin du monde et selon ses propres règles. Certes, c'est là une vision assez simpliste et embellie d'un village (l'entente entre voisins est rarement aussi idyllique), mais ça donne envie d'y vivre, et c'est là tout le point de vue de l'auteur. Il veut redonner le goût de ces villages qui ont aujourd'hui disparu, de toutes ces traditions balayées en moins de cinquante ans, de tout ce qui s'est perdu comme histoires et comme légendes. Chaque lieu avait sa propre mémoire, et tout est effacé comme un rien. Bien sûr, le manga oppose nettement (et de façon bien trop manichéenne pour être vraie) la ville et la campagne, avec les gentils qui savent respecter les traditions et les méchants qui les piétinent allègrement, sûr qu'ils sont de leurs bons droits de citadins. C'est simpliste, mais c'est l'idée de l'auteur, et il ne fait que servir son propos. Et justement, le propos est beau : c'est un message d'amour et d'au revoir à toute cette culture disparue, et un bel hommage à ce que fut l'humanité pendant des siècles. J'ai beaucoup aimé la façon dont cela se déroule, progressivement, pour finir sur un final grandiose qui m'a bien plu. J'ajouterai que le dessin a quelque chose qui m'a plu. Ce n'est ni le plus beau ni le plus précis, mais il sait faire passer l'émotion des paysages, et la beauté des lieux. C'est un manga qui repose beaucoup dessus, et ça fait plaisir de se plonger dedans. Un manga que j'aime bien, que j'affectionne surtout, mais surtout parce que le sujet me parle beaucoup. C'est une petite gourmandise pour moi. Mais je genre de gourmandise que j'espère que vous aimerez autant que moi.