Les derniers avis (9605 avis)

Par Erik
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Chat du Rabbin
Le Chat du Rabbin

Que du bonheur! J'étais pourtant très réticent à lire cette bd, je ne sais pas pourquoi... Il est vrai que le dessin de cette Ecole simpliste ne m'attire guère. Mais quel talent dans la narration ! C'est un chef d'oeuvre ! Je comprends pourquoi cet auteur est si apprécié dans le milieu au point de se lancer également dans le cinéma. :: Vous avez certainement dû remarquer que mes avis sur les bd d'humour sont souvent très négatifs (Ratafia, Les Bidochon, Le Chat ...) et pour cause, peu provoquent en moi le rire. Or ici, rien qu'en voyant ce chat, j'ai envie de me marrer. Ses réflexions sont intelligentes et subtiles. Voilà, j'ai trouvé ma référence en matière de bd d'humour. Je finissais par croire que j'étais blasé. Nous suivons les tribulations d'un chat théologue au milieu de la communauté juive d'Alger au début du XXème siècle. Cet étrange animal est têtu, pas toujours avenant mais capable de tendresses renversantes notamment auprès de son maître le rabbin ou de sa fille Zlabya. Et puis, il fallait avoir du cran pour aborder un sujet aussi sensible, presque tabou qu'est la religion. J'adhère totalement à la manière de voir les choses de l'auteur. Je trouve ses interrogations tout à fait légitimes. En tout cas, le message philosophique est passé. Le chat du rabbin est un véritable conte initiatique d'une force rare brassant philosophie et théologie dans un cocktail d'intelligence, d'humour et d'humanité! Les 5 premiers tomes ont été réalisés au début des années 2000. Puis, pendant presque 10 ans: plus rien avant de revenir avec un 6ème tome plus marqué au niveau de la religion. Le 7ème tome est exceptionnellement plus long que les autres avec des réflexions toujours aussi savoureuses sur la religion et ce qui devrait rapprocher les hommes au lieu de les éloigner dans la haine et la violence. Note Dessin: 3.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4/5

28/09/2007 (MAJ le 04/12/2017) (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Le Petit Nicolas
Le Petit Nicolas

Annoncé à grands renfort de publicités et vendu comme un scoop avec le stick un brin pompeux "Un trésor retrouvé", c'est entre le nouveau Astérix et Corto Maltese qu'on peut piocher cet album. Après avoir déterré tout ce qui pouvait se trouver en histoires inédites sur le Petit Nicolas et ses réjouissantes histoires courtes sur l'enfance d'une France insouciante des défuntes 30 Glorieuses, voici la bd jamais publiée à ce jour, tiens donc... Car malgré l'intérêt que je porte aux livres qui ont bercé ma jeunesse et se cachent encore fièrement dans ma collection, non je n'étais pas au courant que le projet initial avait vu le jour sous forme d'une bande dessinée publié dans le périodique Moustique, on en apprend donc encore tous les jours. Goscinny de par ses multiples contrats utilise le pseudo "Agostini" durant cette petite trentaine de strips illustré par un Jean-Jacques Sempé encore débutant. Le succès ne sera pas au rendez-vous, Sempé n'étant pas trop à l'aise pour la Bd et on oublia le Petit Nicolas avant de le réadapter dans les histoires que tout le monde connait. Et la bd au final ? Et bien contre toutes attentes et sans aucune ironie de ma part, c'est une jolie Madeleine de Proust qui n'aurait comme seul défaut que de se lire bien trop rapidement. En effet, toutes les bases de la série illustrée sont déjà bien rodées par un Goscinny facétieux qui reprend le principe du gag en une page dont le dindon de la farce sera inévitablement le père de l'enfant. Le dessin a un charme fou (alors qu'on est encore loin du trait précis que l'on se fait de Sempé) et les histoires sont désuètes ? Et alors ? Goscinny maitrise parfaitement son sujet et expérimente timidement mais avec un bon sens du rythme ce qui fera la saveur de toutes ses créations cultes suivantes. Le Petit Nicolas n'est donc pas un trésor retrouvé mais une bd légère à lire avec beaucoup de plaisir tout en assistant à la naissance de deux monstres sacrés en devenir. Goscinny est un génie et Sempé un dieu de l'illustration. La bd du Petit Nicolas est un formidable laboratoire expérimental mais avant tout une œuvre légère et amusante. A noter la très belle édition au contenu sympathique malgré la brièveté de l’œuvre (moins de 30 gags) et une couverture pas des plus jolies.

04/12/2017 (modifier)
Par Canarde
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Traquemage
Traquemage

Tome 1 Je ne peux qu'appuyer mes prédécesseurs, c'est on ne peut plus sympathique, et il faut absolument l'avoir sous la main pour se redonner la pêche si l'on en manque tout-à-coup. On s'identifie tout de suite à ce Pistolin, berger lambda qui est violemment secoué par l'arbitraire de mages omnipotents et ignorants des destinées qu'ils anéantissent. On transpose facilement cette exaspération devant l'incurie des puissants à n'importe quelle époque et pourquoi pas la nôtre... Les visages, les dialogues, les réflexions des personnages (premiers comme seconds couteaux) sont très attachants et proches de nous. Le rôle muet de la brebis Myrtille, avec ses mimiques et ses postures, les ressorts dramatiques qu'elle fait sauter, son dessin tout simplement, est très réussi. J'ai gardé les brebis avec ma grand-mère pendant toutes mes vacances auvergnates et le caractère extrêmement peureux et difficile à suivre de la race ovine convient parfaitement au rôle. Un bémol : Le coté rural du vocabulaire ne m'a pas paru très réussi, (genre le parisien qui s'imagine la campagne) mais heureusement ce n'est qu'un tic au début de l'album qui s'estompe au fur et à mesure que les personnages sont happés par leurs mésaventures. Tome 2 Enchantée aussi, même si, bien-sûr, on n'a plus la surprise devant le caractère du héros. Le Pistolin a finalement la chance de se trouver face-à-face avec un mage... et il manque de se faire retourner comme une crêpe, il s'attendrit devant les malheurs du méchant, l'ennemi lui fait miroiter monts et merveilles, bref, on est sur les dents : comment va-t-il pouvoir arriver à ses fins et ne pas se faire soudoyer bêtement ? Grâce à la fée, bien-sûr, qui toute alcoolique qu'elle soit, garde de la suite dans les idées... Comment allier merveilleux et syndicalisme, humour et sentiment, appelez Pistolin, il a de la ressource !

14/09/2015 (MAJ le 03/12/2017) (modifier)
Par Pierig
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Dans la forêt sombre et mystérieuse
Dans la forêt sombre et mystérieuse

D’emblée un constat s’impose : avec Winshluss, on entre tout schuss dans un univers unique et quasi indescriptible. Le dessin underground sert un scénario bien huilé malgré le délire apparent de l’auteur. L’histoire débute classiquement dans une famille américaine de classe moyenne avec Angelo, le cadet, qui présente toutefois une imagination débordante. Un imprévu va chambouler le train-train quotidien de cette famille et fait rapidement basculer le récit dans l’imaginaire le plus farfelu. La trame en elle-même me fait penser à Alice au pays des merveilles. Mais la grande force de l’auteur est de garder un fil conducteur (parfois tortueux il est vrai) car toutes les rencontres que fait Angelo dans ces mondes imaginaires ne sont pas fortuites. Je peux comprendre qu’on n’accroche pas au dessin (un peu crado par moment) mais l’histoire vaut vraiment la peine d’être découverte pour son délire structuré. Winshluss, un auteur décidément à part …

30/11/2017 (modifier)
Par bab
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Katanga
Katanga

Fabien Nury et Sylvain Vallée reviennent avec Katanga et ils reviennent fort. Quand on ouvre Katanga, la première chose qui marque est le graphisme. Si le dessin et les décors sont fouillés, les personnages sont à la limite de la caricature. Les congolais sont représentés avec ces grosses lèvres, des oreilles décollées et des nez évasés ; on se croirait presque à une autre époque, où le consensuel et le politiquement correct n’étaient pas à l’ordre du jour. Celle du « Y’a bon Banania ». Ça questionne un peu. Et puis, on regarde les personnages blancs, et on se dit qu’ils ne sont pas mieux lotis. Le trait de S. Vallée va finalement laisser paraître de premier abord une impression de légèreté dans le propos. Il n’en est rien. Katanga est une bd, une histoire, qui prend cœur dans un contexte historique réel (mais librement romancé) lourd, violent, qui laisse libre cours à toutes les facettes de la nature humaine. Toute l’habilité de S. Vallée et F. Nury (ré)apparaît alors pour trouver le juste rythme qui nous place dans un contexte d’une autre époque, avec des personnages justes et savamment construits. Ils prennent le temps au cours des quelques 70 pages du livre de poser leur intrigue, leurs acteurs, et chaque page est riche d’informations. Les auteurs ont fait le choix d’aucune concession, graphiquement comme scénaristiquement. C’est brut, ça sonne juste et j’y vois pour ma part un instantané d’une époque révolue (vraiment ?...) où les relations entre les blancs colonisateurs et les peuples soumis, mais aussi des ethnies et tribus entre elles étaient basées sur la hiérarchisation humaine des peuples. Sur ce fond historique, Katanga est aussi une intrigue prometteuse dont les rouages sont nombreux et les rapports entre les personnages complexes : amour, fidélité, argent et vénalité dans ce contexte instable font un cocktail explosif. Un peu comme « Il était une fois en France » laisse à réfléchir sur la façon dont on aurait mené notre barque pour survivre à la seconde guerre mondiale, Katanga nous pousse à la réflexion sur un sujet aussi sensible : la colonisation et les rapports entre les peuples.

30/11/2017 (modifier)
Par sloane
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ar-Men - L'Enfer des enfers
Ar-Men - L'Enfer des enfers

Grandiose! Pas très loin de l'excellence. J'aime la mer, en Corse, au Pays Basque et en… Bretagne où elle possède une sauvagerie que pour l'instant je n'ai rencontré nulle part ailleurs. Certains d'entre vous habitent bien loin de là mais si l'occasion vous en est donnée, n'hésitez pas à venir faire un tour sur nos côtes. Après la côte de granit rose de Perros, pas besoin de GPS c'est tout droit vers le soleil couchant. Le Léon, les abers et enfin tel un Graal la pointe du raz et ses rochers magnifiques où la mer vient se fracasser. Le phare de la Vieille, légèrement vers le nord celui de Tevennec, ensuite on aborde l'île de Sein, pas tous les jours!, encore un phare et la chaussée avec en point de mire notre Ar-Men. Quand on pense que cet édifice d'une trentaine de mètres de haut fut construit sur un caillou d'à peine 12m de long sur 11 de large. Emmanuel Lepage est très fort, je ne m'appesantirai pas sur son graphisme, la qualité de sa colorisation. L'ensemble force le respect et avec un tout petit effort l'on sent presque les embruns, pour un peu on entendrait les mouettes. Ici le scénario est diablement intelligent, car ce n'est pas le bête récit de la construction d'un phare auquel nous avons droit, c'est un album sur les racines profondes de la Bretagne avec une magnifique évocation de la légende de l'Ankou qui ne l'oublions pas sévissait aussi sur les mers à bord de son vaisseau le Bag Noz. En surplus E. Lepage ancre son récit dans une autre temporalité, celle d'un père racontant à sa fille la légende de la ville d'Ys qui pour une fois met chaque acteur à sa véritable place, ôtant ainsi à Guenolé le beau rôle qui lui est souvent attribué. Alors que dire de plus; si vous avez un scénario intelligent accompagné de superbes planches, et dessiner la mer dans tous ses états n'est pas si simple. Ajoutez à cela un DVD pour la première édition, je répète, grandiose, coup de cœur et culte. Et puis tient venez donc faire un tour jusqu'à la pointe du continent ça mérite le détour.

29/11/2017 (modifier)
Par samsa
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Jeanne Hébuterne
Jeanne Hébuterne

Qui ne connaît pas le peintre Modigliani et son oeuvre ? La plupart reconnaissent son nom à défaut de reconnaître ses oeuvres. Certains savent qu'il a connu à la fin de sa vie une très grande passion destructrice mais peu se souviennent que Jeanne Hebuterne, car c'est bien d'elle dont nous parlons, était en passe de devenir une artiste à part entière. Jeanne ou l'impétuosité de la jeunesse... Jeanne qui se donnera sans retenue et disparaîtra dans sa passion. J'ai beaucoup aimé le dessin noir et blanc crayonné. Les visages ne sont pas parfaits mais les regards ont quelque chose de pénétrant et je me suis perdue dans le regard de Jeanne. Bien que chronique d'une mort annoncée, j'ai plongé dans l'oeuvre et me suis attachée à cette toute jeune fille. Car Jeanne est encore une enfant, une petite fille espiègle et joueuse mais elle est aussi femme et deviendra mère. Qui sait si elle aurait pu devenir une artiste à part entière et se faire sa place et son nom si elle avait survécu à Modigliani ? Ce qui est sûre c'est qu'elle se donne entièrement à sa passion et perd toute identité personnelle. Une véritable Juliette moderne que Shakespeare n'aurait pas reniée !

28/11/2017 (modifier)
Par Erik
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Servitude
Servitude

On a là une excellente bd médiéval-fantasy à la fois au niveau du dessin que du scénario. Ce premier tome pose les bases complexes d’un monde imaginaire passionnant (mise en place de personnages charismatiques et des lieux avec un grand souci de réalisme et de crédibilité) avec une carte des royaumes, une mythologie, une chanson de geste qui ouvre l'album... L’intrigue est d'emblée structurée et complexe. C’est l’élaboration d’un tel univers un peu au détriment de l’action qui m’a littéralement envoûté. Cette grande saga héroïque est prévue en 5 tomes. Il est question d'un univers où des Dieux, les fameuses Puissances, ont existé réellement et ont interagi avec l'homme tant pour son bien que pour leur propres aspirations. L'époque charnière mise en scène dans "Servitude" est celle où l'humanité devenue adulte est sur le point de se séparer définitivement de cette tutelle divine. Un nouvel âge s'annonce : est-ce la fin ou le début de la servitude ? Bref, Servitude est une excellente surprise car somptueux et passionnant. :) Que dire du dessin également ? Une qualité du graphisme extraordinaire réalisée par des couleurs directes monochromiques. On observera une parfaite sobriété des effets, une mise en couleur sépia inventive ainsi qu'une recherche esthétique permanente. Au final, nous avons une réussite esthétique des planches et de magnifiques couvertures également. La grande classe ! Le second tome va encore plus loin que le premier dans une approche totalement différente car le lecteur est véritablement infiltré dans le camp des ennemis à savoir celui des Drekkars. C'est un véritable coup de génie car on va au-delà de l'aspect bien contre le mal. On se rend compte que la réalité est bien plus complexe qu'il n'y paraît ... Le troisième tome va revenir sur l'intrigue laissée en suspend à la fin du premier tome. Le roi Garantiel doit mener une bataille décisive aux portes d'une cité affranchie. Le coup de génie est de voir les différents protagonistes rencontrés dans les deux précédents tomes qui vont s'affronter. On devine également qu'un mystérieux ennemi tire les ficelles de toutes ces intrigues. On commence enfin à percevoir les tenants. Je suis complètement abasourdi par tant de virtuosité au niveau du scénario et dans la complexité de l'univers ainsi crée. La qualité est réellement au rendez-vous même sur un plan graphique. On se met à se passionner par cette véritable mythologie digne des plus grandes légendes féodales. C'est tout simplement somptueux car intelligemment rythmé et impeccablement maîtrisé. La lecture du 4ème tome m'a fait légèrement changer d'avis (passage de 5 à 4 étoiles). Déjà, l'attente a été bien longue. On n'arrive plus à s'y retrouver tant l'univers de cette série semble complexe mais très riche. Je sais qu'il faut s'accrocher pour bien saisir tous les enjeux. Cependant, cela devrait se faire sans effort. Or, en l'occurrence, il faut en faire ce qui témoigne d'une lecture plutôt difficile. Le facteur plaisir en prend un coup. Cependant, cela reste une série d'une excellente qualité. La note culte est réservée à l'excellence absolue qui comprend certains critères. La fluidité du récit et l'harmonie en font partie. Il a fallu encore attendre des années pour la parution du 5ème tome. On pensait que c'était le dernier. Que nenni ! Les auteurs s'excusent d'ailleurs de ce contretemps pour produire un ultime volume. L'attente valait-elle le coup ? Cette lecture m'a légèrement déçue au vu du résultat. Où est passé mon enthousiasme sur les premiers volumes qui étaient alors révolutionnaires ? Elle s'est envolée. Il ne se passera pas grand chose dans cette longue bataille au milieu du désert. Reste le dessin qui est toujours aussi magnifique. Cependant, on se perd un peu à l'évocation des différents noms cités par les personnages qui reviennent sur les actions passées. C'est un scénario complexe et un peu frustrant. Espérons que le dernier tome nous délivre enfin de cette servitude. Note Dessin : 4.5/5 – Note Scénario : 4/5 – Note Globale : 4.25/5

14/02/2007 (MAJ le 27/11/2017) (modifier)
Par sloane
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Ut
Ut

Ce n'est pas une formule que de dire que je suis vraiment embêté avec cette BD, du moins les deux premiers tomes de ce qui est annoncé comme une trilogie. C'est sur les étagères du sieur Paco que j'ai aperçu ces couvertures magnifiques autant qu'intriguantes et un feuilletage rapide m'a vite convaincu qu'il fallait que j'aille y voir de plus près. Chose faite. Un dessin en noir et blanc magnifique et je pèse mes mots, pas un trait appuyé tel qu'on peut le voir dans Le Rapport de Brodeck par exemple, mais quelque chose de plus étouffé, comme si réalisé à la pointe de charbon il avait été ensuite essuyé. Non vraiment des planches sublimes avec un décor puissant et envoûtant. Des architectures à la Lovecraft d'où suinte une angoisse sourde comme aurait dit le maître. Le problème vient en fait du scénario, ai-je tout compris ? Sans doute que non, mais ce n'est finalement peut être pas le plus important. Je crois qu'avec ce récit il faut accepter de se laisser prendre, mais vraiment (donc lieu calme et apaisé pour faire cette lecture). D’emblée nous sommes plongés dans un monde fantasmagorique. J'ai beaucoup pensé à l'univers de David Lynch, période "Eraserhead" . Un monde un peu glauque qui pour peu qu'on le veuille bien vous emporte très très loin où vous perdez vos repères, ce qui semble d'ailleurs être le cas de la plupart des personnages. Rarement une BD m'aura fait cet effet, habituellement je suis dans le petit classement tranquille : j'aime beaucoup, bien, moyen, pas du tout. Là depuis ma lecture, des images, de manière obsédante, me reviennent, en lien avec ma culture, littéraire, cinématographique, etc.... et sans fumer la moquette au final je dirais que cette histoire et sa mise en images sont tout bonnement fabuleuses. Attention je ne fais pas une expérience mystique mais tout simplement quand une histoire vous fait cet effet là et au vu de ce que j'ai pu vous dire jusqu'à maintenant je ne peux faire mieux que cette note qui avec la conclusion de cette trilogie ne demande qu'à s'élever encore. Tes étagères sont sympas Paco.

26/11/2017 (modifier)
Par Spooky
Note: 3/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Reine d'Egypte
Reine d'Egypte

Voici donc la nouvelle série "historique" de Ki-oon, qui a fait fort avec les séries de Kaoru Mori. Le premier sentiment, s'il n'est pas teinté d'enthousiasme délirant, est empreint de curiosité et d'intérêt. Chie Inudoh est visiblement passionnée d'Egypte antique, et semble s'approcher de la réalité historique (enfin, celle qui nous est parvenue), et comble les trous avec son appréciation des choses. Ainsi l'inceste -qui n'était pas considéré comme tel chez les souverains antiques, rappelons-le- n'est pas consommé, Hatchepsout refusant l'accès de sa couche à son frère. Pas sûr que ce fût réel, mais finalement peu importe, cela permet à l'auteure de renforcer le caractère rebelle et unique de la Reine. Le tome 2 voit Chepsout prendre conscience de certaines choses qui entourent sa condition de reine : les ouvriers qui se tuent à la tâche, certains volontairement, pour sa grandeur et sa postérité. Parallèlement se nouent dans l'ombre de multiples manipulations et complots pour la chasser du pouvoir... Ou pour, au contraire, l'y pousser. Avec le tome 3 Chepsout change -bizarrement- de posture par rapport à Thoutmosis, avant que l'histoire de celui-ci prenne un détour décisif. J'avoue qu'on ne s'ennuie pas, et qu'on a envie de savoir la suite, même s'il suffit d'ouvrir un livre d'Histoire pour le savoir. Un manga qui ma foi permet d'en apprendre un peu plus sur un personnage dont j'avais seulement entendu parler. Chie Inudoh navigue entre le présent -l'arrivée au pouvoir de son frère et leurs épousailles- et le passé, pour bien saisir leur relation, pourtant pas ambiguë au départ... On apprend pas mal de choses sur l'Egypte antique, et en particulier sur l'exercice du pouvoir. Le trait de Chie Inudoh est plutôt agréable à l'oeil, assez maîtrisé et régulier. On reconnaît bien les personnages, même s'ils ne sont pas tout à fait réalistes en termes d'anatomie. Les décors et les vêtements sont dessinés avec soin, ce qui ajoute pour le plaisir de l'oeil. Je lirai la suite avec curiosité, intérêt et plaisir. Ma note est dans l'attente de cette suite.

17/03/2017 (MAJ le 25/11/2017) (modifier)