Les derniers avis (9709 avis)

Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Grand Est
Grand Est

Adapté librement de son propre livre "Vue imprenable sur la folie du monde" qu'il scénarise sur des dessins de Franck Biancarelli, Grand Est porte un regard avisé sur une région française bien souvent écartée des projecteurs : la Lorraine et par extension le Grand Est comme il est de coutume de l'appeler depuis quelques années. Nul n'est besoin de connaître le remarquable travail d'investigations de Denis Robert pour en savourer les contours, cette région pourrait tout aussi bien être une autre et servir de porte étendard aux maux économiques actuels de notre société. Oui mais voilà, cette région c'est la mienne. Celle dans laquelle je vis depuis presque 50 ans et dans laquelle je finirais également probablement mes jours. Celle de mon quotidien, de mes espoirs et une région qui porte peu d'attractivité pour qui n'y serait pas né. Car la Lorraine ce n'est pas que de la grisaille mais surtout une formidable terre d'accueil et d'espoirs pour tous les horizons qui s'est rapidement ternie au cours des années 70 avec la fermeture de grands sites sidérurgiques. Denis Robert ne porte pas d'orientation politique à ses souvenirs qu'il nous fait vivre sous la forme d'un Road Movie avec son plus jeune fils. L'occasion idéale pour emmener le lecteur d'Alsace en Moselle sans oublier les Vosges pour croiser des gens simples mais riches de souvenirs. Le gosse constitue la part d'innocence, lui ne se préoccupe que de savoir si tel héros Marvel est plus fort que tel héros Marvel. Il représente le présent et le futur de la région dans toute l'insouciance innocente d'un gamin d'une dizaine d'années peut avoir. Denis Robert se joue de métaphores sur des lieux touristiques ou des faits divers et sociaux en rappelant à quel point le monde actuel est malade. Le tout pourrait paraitre rébarbatif à la longue mais la mise en scène de Biancarelli est juste et agréable à l'oeil, reproduisant l'environnement si caractéristique de cette région et par une colorisation bichromique toujours alerte. Ce livre est immense, le récit est beau et passionnant. Revisiter tout un pan de ma vie en ces quelques pages est un exercice difficile et aurait pu rapidement basculer dans la facilité et le redondant. Il n'en est rien. Ceci est un simple constat de la vie qui passe dans une région qui a beaucoup morflé et cherche toujours à se relever. Indispensable à mes yeux en espérant que Grand Est le soit également pour vous, lecteurs de tous horizons.

09/07/2018 (modifier)
Par Jetjet
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Docteur Radar
Docteur Radar

Par une amusante combinaison des récits de E.P. Jacobs et des romans de Gaston Leroux, Docteur Radar est un immense hommage aux vieilles séries radiophoniques dont Simsolo s'est fortement inspiré pour donner vie à cette course poursuite sans fin entre le machiavélique Docteur Radar et une équipe de dilettantes aventuriers. Le principal intérêt tient en deux mots : le rythme soutenu de ces aventures essentiellement nocturnes d'une part et le dessin de Frédéric Bézian d'autre part. Qu'il s'agisse du choix de couleurs restreint mais de toute beauté ou des cadrages ambitieux, le lecteur peine à s'attarder sur le charme rétro des dessins ou l'envie de poursuivre et de tourner à vive allure les pages afin d'en connaître le prochain rebondissement. Il s'agit donc d'une grande réussite à 4 mains pour un titre qui ne révolutionnera pas le monde de la Bande Dessinée mais dont il serait difficile de s'en passer tant le plaisir est instantané pour les yeux comme le dépaysement.

09/07/2018 (modifier)
Par pol
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Il faut flinguer Ramirez
Il faut flinguer Ramirez

Cela fait un moment que je n'avais pas été autant emballé par une BD, voilà une lecture qui fait vraiment plaisir ! C'est simple, il y a tout dans cette BD. Un dessin en tout point excellent, des cadrages dynamiques au possible, un scénario aux petits oignons, des touches d'humour, de l'action juste ce qu'il faut, un personnage principal énigmatique qui est une merveille d'originalité à lui tout seul. Imaginez donc, le meilleur réparateur d'aspirateur de sa firme, installé dans cette ville paumée d'Arizona. Employé modèle, prêt à tout pour satisfaire les exigences de son boss, jamais un mot plus haut que l'autre... Bon normal notre bonhomme est muet :-) Sauf que ce portrait est une façade derrière laquelle se cache un ancien homme de main de la mafia mexicaine qui n'a pas trouvé mieux comme couverture. Autant dire qu'il est hautement recherché par ses anciens collègues. Et quand 2 d'entre eux vont croiser sa route, cela va faire quelques étincelles. Clairement j'avais l'impression de lire du très bon Tarantino. Un polar à tendance loufoque, des enchainements de scènes aux rebondissements aussi improbable que bien vu. Quelques personnages secondaires truculents pour venir compléter le décor. Une juste dose d'action, des dialogues excellentissimes qui amènent par moment une touche d'humour décalé. Un découpage efficace de l'histoire, quelques excellentes fausses pubs viennent se glisser aussi ça et là dans l'album... Bref, j'ai beau cherché je ne vois pas un défaut à cet album. Bravo monsieur Pétrimaux pour cet univers génial, j'applaudis des deux mains et j'attend la suite avec impatience.

08/07/2018 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle
Jean Doux et le Mystère de la Disquette Molle

Philippe Valette est un auteur à part, tel Quantin Dupieux pour le cinéma. Après le très gonflé "Georges Clooney" (culte ou à jeter, sans compromis), voici une nouvelle découverte, révélée par le précieux prix du polar (qui m'a permis de découvrir Petites coupures à Shioguni). On suit une histoire rigolote, servie par un trio n'ayant a priori rien de comique. Le graphisme est simple et géométrique. Ok c'est rigolo mais sans plus. Et là survient la découverte de la fameuse disquette... accrochez vos ceintures ça décolle. Les plans deviennent fous, les délires s'accumulent, le rythme s'accélère et le tout dans la joie et la bonne humeur. Il y a du Indiana Jones, du Monk, du Mission impossible, du South Park etc. il n'y a qu'à se servir. Un scénario haletant prenant place dans un open space des années 90, peu auraient tenté l'aventure. Philippe l'a fait et remporte le pari haut la main.

05/07/2018 (modifier)
Par karibou79
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Doggybags - Teddy Bear
Doggybags - Teddy Bear

Gros coup de coeur ! L'histoire est malheureusement partie intégrante d'une réalité qui persiste encore... et ça fait mal à la lecture. On y repense longtemps après (pas que dans mon cas) et c'est pour moi ce qui justifie la place de ce livre chez soi, afin de le faire lire par d'autres. Mélangeant réalité, rêve éveillé et surnaturel (mis en rapport avec l'usage imposé de la drogue à ces enfants, c'est tout à fait logique) et servi par un dessin réaliste ne choquant pour tant pas au vu des détails atroces, ce récit tient en haleine du début à la fin. On espère une rédemption du personnage victime de la folie de chefs de guerre, que l'on sait pourtant impossible. Triste mais froidement logique. Au-delà de la gravité du sujet, la lecture est si prenante qu'elle se fait d'un trait, les 128 pages ne sont pas de trop. Rapport qualité/prix encore une fois imbattable de la part du label 619. Merci !

05/07/2018 (modifier)
Couverture de la série Le Château des étoiles
Le Château des étoiles

"Le Château des étoiles", voilà une histoire que Jules Verne aurait certainement très appréciée, lui qui a émerveillé bon nombre de petits et grands avec ses récits imaginaires décomplexés. Une sorte de Voyage au centre de la Terre inversée, direction la conquête de l’espace au moyen de cette substance qu’on appelle l’éther et dont serait composé le vide spatial et qu’une grande majorité de scientifiques du XIXème siècle croyaient réelle. Partir du principe que dans cette époque de révolution industrielle on découvre l’existence de l’éther et que des nations colonisatrices telles que la Prusse de Bismarck vont tenter de s'approprier cette découverte, c’est le parti pris de cette nouvelle grande aventure signée Alex Alice. Une histoire qui n’est pas tout à fait ce qu’on peut nommer comme une uchronie car Alice s’amuse à incorporer à son récit fictif des éléments historiques véridiques ainsi que des personnages ayant bien existé. Ainsi on verra apparaître furtivement le compositeur Richard Wagner, l’architecte royal Christian Jank chargé de réaliser la structure de l’astronef, Élisabeth « Sissi » impératrice d’Autriche, et dans un rôle de premier plan le roi Ludwig de Bavière. La passion de ce dernier pour les contes et le mythe du Graal et des chevaliers de la table ronde sont tout à fait authentiques. De même que le château où se déroule la grande majorité de l’intrigue n’est ni plus ni moins que le château de Neuschwanstein qui est un des mes préférés dans le monde. Il est majestueusement dépeint ici aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur. Quel talent de la part de l’auteur ! Il sait comment vendre du rêve (plus que celui de Disneyland qui est lui aussi inspiré de Neuschwanstein pour la petite anecdote). Pour en revenir à la BD, on peut dire que j’ai pris mon pied pour faire court. Pour la version longue, j’ai trouvé cette BD très intéressante également pour les lecteurs fans d’Alex Alice. On arrive à déceler des points communs dans chacune de ses œuvres. Je soupçonne Alice d’avoir un gros faible pour les jolies rousses, après Elisabeth d’Elsénor dans Le Troisième Testament et la Walkyrie dans Siegfried, c’est la ravissante Sophie qui reprend le flambeau. C’est même un combo de rouquine si on y ajoute Claire Dulac et Sissi impératrice. D’ailleurs en parlant de Sissi, la ressemblance physique du duo très proche Sissi-Ludwig est quasi similaire à celle du couple la Walkyrie et Siegfried, comme si ces derniers étaient de lointains ascendants aux deux autres. Je ne sais pas si c’est voulu ou non mais je suis très tenté de le croire, c’est très cool et ça apporte une certaine profondeur. C’est comme si les œuvres d’Alice étaient imprégnées d’une continuité, l’histoire comme un éternel recommencement. Même le cadre est identique, la mythologie germanique face à la romantique Bavière. L’histoire de cet « intégrale 1 » se veut plus qu’introductive car elle fait aussi la part belle à l’action et les complots de couloirs. L’auteur fait monter la pression petit à petit et cela devrait atteindre son point culminant dans le deuxième intégrale. C’est un peu l’équivalent d’un Objectif Lune chez Tintin. Le dessin est majestueux comme je l’ai dit plus haut, tout en esquisse, on peut utiliser n’importe quel superlatif juste pour dire que c’est du grand art. Alice s’essaye pour la première fois à la couleur directe et je pense qu’on peut dire que le pari est gagné, on en prend plein les mirettes. Alors, y a-t-il tout de même quelques défauts ? Personnellement rien ne m’a dérangé, si, aller, quelques situations ne paraissent pas très crédibles mais à partir du moment où on envisage la théorie de l’éther comme crédible on fait un peu fi de la crédibilité, place à la magie (ce qui est paradoxal vu que le récit se repose beaucoup sur la science). Le physique de Hans et son aspect « cartoonesque » peut décontenancer plus d’un lecteur car il apparaît en plus assez tardivement dans l’histoire mais cela ne m’a moi pas dérangé car il apporte une caution humoristique enfantine. Le Nibelung Mime avait déjà un peu le même rôle dans Siegfried avec un rôle plus sarcastique. J’y vois là une volonté de plaire aux enfants car cette série peut tout aussi bien s’adresser à un public adulte (le langage scientifique n’est pas à la porté de tout le monde), ou de grands enfants. L’esprit « julesvernien » est donc respecté. En attendant les prochaines aventures de Séraphin et ses amis chevaliers de l’éther, je souhaite à ce premier volume de conquérir les étagères des bédéphiles. Le Château des étoiles – 2ème diptyque – 3ème année Les Chevaliers de Mars ! Les plus impatients peuvent d’ores et déjà embarquer à bord de la suite. Deux mois avant la sortie de la gazette numéro 7, Rue de Sèvres sort un coffret comprenant ladite gazette plus un almanach calendrier de belle facture avec des hommages de grands artistes, plus la maquette du Cygne des étoiles à monter soi-même pour ceux qui ont gardé leur âme d’enfant. La 2ème année mettait en scène l’alunissage de nos aventuriers, leur exploration et la révélation des mystères de l’astre. La tonalité enfantine du premier livre perdait peu à peu de son innocence pour rentrer davantage dans le mythe arthurien avec cet émouvant adieu du roi Ludwig à Séraphin qui lui fît promettre de partager la connaissance de l’éther pour le bien des peuples, tel le roi Arthur désignant Perceval comme son meilleur disciple et successeur, avant de partir pour Avalon d’où il ne revint jamais. Et ainsi une fois revenu sur Terre, ce deuxième chapitre se concluait sur un formidable message d’espoir, de tolérance et d’appel à la fraternité entre les peuples. Si je lui trouvais des allures d’Objectif Lune au tout début de l'aventure, Les Chevaliers de Mars débute sous des auspices dignes de L’Île Noire. L'intrigue prend pour cadre celui d’une Bretagne idyllique et campagnarde avec beaucoup de dessins représentants Océan, phare, plage, village typique du coin… dans une ambiance inquiétante où les personnages cherchent à se faire peur. Il se murmure de sombres rumeurs dans les tavernes parmi les pedzouilles mal débourrés dont certains auraient aperçu un albatros monstrueusement géant (ces derniers n’ayant jamais entendu parler de l’éthernef). Et lorsque se ne sont pas ces béotiens, c’est cet indécrottable trouillard d’Hans qui s’y colle, croyant dur comme fer à ces légendes celtes. Au premier plan, nos champions vont être forcés de sortir de leur retraite : le père de Séraphin a disparu, ses modèles paternels disparaissent les uns après les autres, et le doute commence à s’installer dans son esprit, d’autant plus que les relations avec ses frères chevaliers n’est pas au beau-fixe. Le temps joue contre eux car si la publication des plans de l’éthernef a permis dans un premier temps de couper l’herbe sous le pied de Bismark, ce vampire assoiffé de conquête et qui s’imagine bien tel le dieu de la guerre, n’a pas dit son dernier mot et Mars pourrait bien être la clé de voûte ouvrant la voie à la conquête de toute la galaxie ! Admiratif des graphismes des deux premiers tomes, la suite demeure du même tonneau. Alex Alice nous offre des compositions qui laissent d’abord médusé puis rêveur : il n’y a pas de mot pour décrire le fog londonien et ce plan sur Big Ben en contre-plongée, ou cette vision fantasmagorique de Mars la rouge surplombant cette petite île de Bretagne entourée d’une eau bleue sombre où nos héros se sont installés. Grand enfant ou vieil amateur nostalgique d’Edgar Rice Burroughs, Les Chevaliers de Mars constitue un événement à suivre et à ne surtout pas manquer. Mise à jour 04/07/2018 4ème année - Fin du deuxième diptyque Le Château des étoiles, 2ème diptyque, gazette n°12, c'est déjà fini ! Que le temps passe... on ne voit pas nos héros Séraphin, Sophie et Hans grandirent et pourtant il y a de légères nuances dans les traits faciaux, un brin plus adolescent, moins enfantins qu'aux débuts... et que d'aventures parcourus, que de dangers mortels évités ! Ces Chevaliers de Mars a tenu toutes ses promesses, c'était digne du grand Edgar Rice Burroughs. Alex Alice délaisse dans sa deuxième partie l'action pour davantage d'exploration mais comme encore 12 gazettes sont prévus à la programmation, un petit temps peut faire du bien. Je retiens surtout l'aspect graphique parce que c'est... whoua, il n'y a juste pas de mot pour décrire ces visuels époustouflants en grand format. C'est du niveau Miyazaki quoi. Avec cette série Alice rentre dans la cour des grands, des très grands (il y était déjà selon moi mais là, il n'y a plus de doute possible). Désormais, la guerre des mondes est déclarée. Vivement la suite !

02/10/2014 (MAJ le 04/07/2018) (modifier)
Par PAco
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Florida
Florida

C'est le premier album de Jean Dytar que je lis. J'avais bien lu les très bonnes critiques concernant ses albums précédents mais sans avoir eu l'occasion de les lire. C'est donc chose faite avec celui-ci, et cet album semble confirmer tout le talent qu'on lui prête. Attiré par cette magnifique couverture qui appelle au voyage je me suis donc laissé embarquer par le récit de Jacques, ce cartographe français parti se réfugier à Londres avec sa famille pour échapper aux purges religieuses de la St Barthélémy. On découvre un homme rangé, introverti, qui a même lâché sa passion pour se reconvertir dans le dessin de modèles de broderie pour les femmes de bonne société. Rien de bien folichon en somme... Mais son savoir faire passé va se rappeler à son bon souvenir par le biais d'un jeune noble anglais plein d'ambition qui aspire pour le bien de la couronne à retourner s'implanter aux Amériques et a donc besoin des connaissances de notre Jacques. Mais au désespoir de sa femme, celui-ci n'attend qu'une chose, oublier son premier voyage en Floride qui fut un échec retentissant et qui l'a traumatisé. Malgré un dessin somme toute très simple on est rapidement happé par cette histoire, qui au travers d'un des grands moments de notre Histoire, aborde subtilement beaucoup de choses. Que ce soit les relations de couple, la place de la femme à cette époque, les non-dits et les secrets de famille ou encore la peur de l'inconnu et les grands voyages, Jean Dytar distille judicieusement ces questionnements au fil de son récit et nous accapare pleinement en déflorant au compte goutte le passé tumultueux de Jacques. Un très bel album magnifiquement conduit qui m'a pleinement enthousiasmé !

27/06/2018 (modifier)
Par Gaston
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Je suis Shingo
Je suis Shingo

Le meilleur manga de cet auteur que j'ai lu jusqu'à présent ! Je pensais tomber bêtement sur une histoire d'horreur sur un robot méchant, mais pour le moment l'horreur est peu présente dans ce manga. Il y a des scènes horribles avec le robot, mais elles ne commencent que vers la fin du second tome et une bonne partie de l'histoire focalise sur le jeune Satoru qui est impressionné par le robot de l'usine de son père et qui va tomber amoureux d'une jeune fille qu'il croise lors d'une sortie scolaire. Les deux amoureux vont s'amuser avec le robot et lui apprend plein de choses et puis il se passe plein de choses et je veux pas en dire plus pour ne pas gâcher les surprises qu'il y a dans le scénario. L'histoire est vraiment prenante et les personnages sont intéressants. Chaque tome fait environ 400 pages et j'ai lu les trois premiers tomes d'une traite tellement j'étais enthousiasmé par la série. L'auteur aborde plusieurs thèmes de manière intéressante. Comme il le fait souvent, l'auteur n'a pas peur de montrer les pires travers de l'être humaine et si pour le moment il est soft sur cette série, il y a tout de même certaines scènes qui risquent de choquer des lecteurs. Alors pourquoi je ne recommande pas l'achat ? Parce que j'ai déjà été déçu par la fin d'un manga du même auteur et j'ai peur que la série finisse par déraper et qu'Umezu finisse par faire n'importe quoi et rende son scénario nul (déjà dans le troisième tome un chapitre entier m'a paru bizarre et j'espère que l'auteur va donner une bonne explication sur ce que j'ai trouvé bizarre). Donc je ne peux pas recommander la série avant qu'elle soit terminée et que je l'ai toute lue. Alors allez l'emprunter à la bibliothèque si vous aimez les mangas un peu différents et que vous m'avez pas peur du dessin très rétro de l'auteur.

27/06/2018 (modifier)
Par Erik
Note: 5/5 Coups de coeur expiré
Couverture de la série Florida
Florida

S’il y avait un seul nom d’auteur à retenir pour moi, cela serait bien celui de Jean Dytar. Ce qu’il nous propose cette fois-ci après Le Sourire des Marionnettes et surtout La Vision de Bacchus est tout simplement extraordinaire aussi bien sur le fond que sur la forme. Il a d’ailleurs passé 4 ans sur cette oeuvre et cela se sent. C’est ma bd gros coup de cœur avec un achat indispensable. Dire que l’auteur a progressé serait un doux euphémisme. Cela va bien au-delà. Cela frôle même le chef d’œuvre ! Je suis si rarement enthousiaste. Florida est une pure merveille dans la manière où le récit est construit avec une certaine virtuosité. Cela part d’une relation entre Eléonore la rêveuse et Jacques le cartographe qui ont dû fuir la France à cause des persécutions menées contre les protestants à la fin du XVIème siècle. Ils ont eu raison de se réfugier à Londres alors que la terrible journée de la Saint-Barthélemy est encore dans toutes les mémoires. Faut-il aller plus loin et se réfugier dans des contrées encore vierge comme la Floride ? Est-ce véritablement le paradis tant vanté ? C’est stratégique pour les autres nations européennes qui veulent contrebalancer la toute-puissance espagnole sur le continent américain. Il y a encore de la marge et notamment au Nord. Cependant, il faudra faire face non seulement aux éléments de la nature mais également aux indiens dont les tributs varient du pacifisme à la hache de guerre. Il y a une véritable prise de conscience des enjeux politiques mais c’est expliqué de telle manière qu’on ne tombe pas dans le simplisme des situations. C’est un récit qui est dense et riche mais l’immersion est totale dès le début. On est impressionné par le talent de l’auteur qui a sû si bien construire et mener son histoire. Par ailleurs, c’est un sujet qui est rarement évoqué et que l’on découvre avec un certain plaisir. Cette expédition est passionnante du tout au tout. Comme l’auteur est complet, on a droit à une merveille au niveau du dessin même s’il est assez épuré. La couverture est véritablement magnifique avec ses couleurs tout en aquarelle. La sobriété mène à une parfaite lisibilité ce qui est le plus agréable. Somptueux sur la forme. Florida est une œuvre qu’il faut absolument découvrir. C’est épique en plus d’être historique ainsi que d’une grande pureté émotionnelle. L’univers de la Floride à ses débuts n’aura plus aucun secret pour vous. Je dirai également que c’est également un véritable thriller psychologique qui nous conduit très très loin. Quand une œuvre est singulière, elle peut être également brillante. Bref, un immense électrochoc ! Note Dessin: 4.5/5 - Note Scénario: 4.5/5 - Note Globale: 4.5/5

21/06/2018 (modifier)
Couverture de la série L'Arabe du futur
L'Arabe du futur

J'adore vraiment cette série. Je suis en train de la relire, et c'est toujours le même plaisir, donc note maximale pour moi. Déjà, il faut remarquer que le livre en lui même est très agréable au toucher avec ses pages épaisses et son papier à grain, tout l'inverse d'un papier glacé, parfois gênant à lire à cause des reflets. Je lis chaque tome, assez gros, en une ou deux fois, tellement je suis happé par l'histoire. La lecture est en effet très agréable, très fluide, le trait est simple mais efficace, avec des personnages très expressifs, notamment concernant leurs mimiques. Tout cela permet de suivre, sur un rythme effréné, le quotidien souvent drôle, mais parfois tragique aussi, des protagonistes, dont la plupart sont très attachants (Riad et son père surtout). Côté couleur, on a une tétrachromie qui n'est pas sans rappeler le drapeau Syrien: noir, blanc, vert, et rouge. Surtout, la lecture permet un voyage temporel et spatial dans le moyen Orient et la France du début des années 80. On a donc ici un témoignage des plus précieux sur la vie et l'idéologie des syriens et des libyens. Cette tranche de vie est sans doute encore plus précieuse depuis la guerre qui a ravagé la Syrie. A consommer sans modération.

19/06/2018 (modifier)