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Nerval l'inconsolé

Note: 3/5
(3/5 pour 3 avis)

Nerval, par-delà l'obscure clarté... portrait d'un poète tourmenté.


1816 - 1871 : De la chute du Premier Empire à la Commune Biographies Milieux artistiques

Il fut le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé, le Prince d’Aquitaine à la Tour abolie. Gérard de Nerval est pour beaucoup l’un des plus grands poètes français. Sa vie reste néanmoins emplie de mystères… car derrière le grand Gérard dit de Nerval se cachait le discret Gérard né Labrunie.

Scénariste
Dessinateur
Editeur
Genre / Public / Type
Date de parution 06 Septembre 2017
Statut histoire One shot 1 tome paru
Couverture de la série Nerval l'inconsolé
Les notes (3)
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03/10/2017 | Mac Arthur
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Par Ro
Note: 2/5
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Gérard de Nerval est un poète et écrivain que je ne connais pas, si ce n'est de nom évidemment. J'ai donc totalement découvert sa vie et une partie de son oeuvre avec cet album. Cela commence plutôt bien, en mettant en scène un Gérard Labrunie (son véritable nom) jeune et vivant au milieu de sa bande d'amis artistes dont certains qu'il a connus dès le collège dont notamment son ami Théophile Gautier. Très jeune il s'était déjà fait connaître par sa traduction du Faust de Goethe. C'est ainsi qu'on suit ce groupe d'amis souvent turbulents dans leurs pérégrinations artistiques, ponctuées de soutiens à Victor Hugo, de beuveries et d'émulations mutuelles. Même si à ce stade, le futur Nerval n'est qu'un de ces jeunes artistes parmi les autres, la bande est sympathique à suivre. Mais peu à peu le récit se focalise sur le seul Nerval et notamment sur sa folie, des hallucinations peut-être schizophréniques et son alcoolisme de plus en plus présent. Et je dois dire que ce récit ne m'a pas rendu le personnage attachant. On le voit errer, sujets à ses crises et à ses moments d'égarements. Il voyage de manière un peu hallucinée et dilapide son argent. Le rythme narratif est un peu décousu, les scènes et les faits historiques se succédant de manière hachée et pas toujours prenante. Et si le dessin de Casanave n'est pas désagréable, ce n'est pas vraiment ma tasse de thé et certains visages et personnages finissent par se confondre. Bref, malgré un certain intérêt initial en début de lecture, j'ai fini par m'ennuyer. Et ne connaissant pas l'oeuvre de Nerval, je ne l'ai pas vraiment découverte ici et je n'ai pas ressenti l'envie d'en savoir plus.

11/07/2018 (modifier)
Par Blue Boy
Note: 4/5 Coups de coeur expiré
L'avatar du posteur Blue Boy

Très réussie, la couverture résume assez bien à elle seule le personnage de Gérard de Nerval et la fantaisie de l’album. La BD historique ou biographique recourant plus souvent à un style de dessin académique (généralement très réaliste), il est toujours agréable de découvrir une œuvre sortant des canons habituels, et c’est complètement le cas ici. On pense plus aux Pieds Nickelés voire à certains moments aux caricatures de Daumier (contemporain de Nerval, né également en 1808 !), et d’emblée, on peut être déconcerté par le décalage entre le graphisme « cartoon » et le personnage évoqué : un auteur du mouvement romantique du XIXe, sujet au spleen et qui ne prêtait guère au burlesque. Et contre toute attente, on finit pas adhérer très vite. On découvre que Gérard Labrunie, dit Gérard de Nerval, était un être fantasque, nerveux, toujours « intranquille » et aux abois, ce qui colle assez bien au trait enlevé et imprécis. Et que finalement, son côté lunaire en fait un parfait personnage de BD… La narration bénéficie d’un rythme enlevé. Les scènes sans paroles, souvent oniriques, constituent des respirations poétiques bienvenues alternant avec les passages textuels plus ordinaires. Chaque scène est introduite par des citations ou extraits épistolaires de Nerval ou de ses proches (son grand ami Théophile Gautier principalement). On suit donc avec intérêt la biographie de cet auteur, certes méconnu, mais qui se révèle attachant dans ses tourments existentiels – accrus par une grosse déception amoureuse avec la chanteuse Jenny Colon - auxquels il ne semblait y avoir aucun remède, aucune consolation… sauf peut-être celle, pour le moins étrange, de se suspendre par le cou aux poignées de porte afin d’atteindre l’ivresse sexuelle. « Nerval l’inconsolé » dégage un charme certain, avec une restitution historique crédible malgré la fantaisie qui parcourt l’histoire. Le lecteur ne peut qu’être séduit devant la magnifique évocation des voyages en Méditerranée de notre Gérard. Daniel Casanave semble décidément à l’aise dans les biographies de romanciers (Flaubert, Baudelaire, Verlaine…) ou adaptations de leurs œuvres (Shakespeare, Alfred Jarry). Ce n’est pas la première fois qu’il travaille avec le scénariste David Vandermeulen (Shelley, Chamisso (L'Homme qui a perdu son ombre)), et au vu de ce bel ouvrage, on ne peut qu’espérer une longue et fructueuse collaboration. Un des meilleurs albums de l’année sans aucun doute.

25/11/2017 (modifier)
L'avatar du posteur Mac Arthur

Du duo d’auteurs j’avais vraiment bien aimé deux autres biographies consacrées à des écrivains romantiques (Shelley et Chamisso (L'Homme qui a perdu son ombre), pour ne pas les citer), et j’espérais retrouver ici le charme ressenti alors. Je reste clairement sur ma faim. Non que l’album soit mal réalisé mais c’est le personnage même de Gérard de Nerval qui m’est apparu finalement peu marquant. Alcoolique, il passe la plupart de sa vie à fuir plutôt qu’à construire. Avoir connu la célébrité très jeune aura très certainement été sa malédiction, le reste de son existence se transformant dès lors en une errance en quête d’un nouveau succès… qui ne viendra jamais de son vivant. Les auteurs parviennent cependant bien à nous décrire ce personnage, et le modernisme tant du trait que de la narration favorisent une lecture dynamique. Mais voilà, malgré ses voyages, malgré ses multiples rencontres, Nerval ne me présente qu’une seule facette : celle d’un artiste en fuite constante. Menteur embellissant sa réalité et alcoolique maladif, il ne m’émeut pas et, au terme du récit, je n’ai pas vraiment envie de lire un de ses écrits. J’insiste cependant : l’album est soigné, très bien documenté (avec un petit dossier joint qui permet d’éclairer un peu mieux certains passages de la bande dessinée), le trait frais et naïf modernise le personnage, la colorisation illumine le récit. C’est beau à voir, pas désagréable à lire, certainement pas lourdingue… mais jamais je ne me suis dit que Gérard de Nerval devait être un sacré écrivain. Le style naïf employé ne permet peut-être pas de retranscrire avec émotion le caractère tourmenté du personnage. On reste trop dans la légèreté alors que les démons de Nerval le rongent, c’est peut-être là le problème que j’ai rencontré durant ma lecture et qui m’a empêché de ressentir de l’empathie pour le personnage. Pas mal quand même… mais moins marquant à mes yeux que d’autres biographies du duo.

03/10/2017 (modifier)