Se lancer dans la lecture des "Ogres-Dieux" c'est retrouver le plaisir ambigu des contes cruels de notre enfance. Et quel plaisir ici, tant l'univers proposé est riche, tant dans le contenu que dans la forme !
En effet, la collection "Métamorphose" de chez Soleil cultive l'art du bel objet, et cette série ne fait pas exception à la règle. Il n'est qu'à voir le format de ces albums ! Rien ne semble assez grand pour faire rentrer ces ogres-dieux dans les cases. Ensuite, le trait remarquable de Bertrand Gatignol et sa somptueuse gestion des noirs donne à cette série toute la force et la noirceur nécessaire pour parfaire ces sombres histoires. Enfin, le découpage narratif en chapitres entrecoupés de courts récits écrits nous relatant l'histoire ancienne de personnages ayant eu un rôle important dans cet univers apporte encore un plus à cette série en étoffant de manière originale l'histoire de ces ogres tout puissants.
A ce jour deux tomes constituent cette saga dantesque. "Petit", le premier tome, piochait allègrement du côté du Petit Poucet avec l'histoire de ce fils d'ogre qui nait "tout petit" et dont le père veut se débarrasser. Tous les ingrédients sont déjà là, du graphisme soigné aux décors majestueux où s'égayent ces ogres-dieux consanguins tous plus ou moins dégénérés à la cruauté sans pareil. Après un tel premier tome, la suite se faisait forcément attendre au tournant, et "Demi-sang" relève allègrement le pari de faire encore plus fort que "Petit". En effet, on retrouve ces décors démesurés alliant baroque et gothique qui confère à cet univers toute la noirceur et la grandeur, tout en attachant encore plus d'importance à la psychologie des personnages que l'on découvre ici, notamment celle de Yori, le personnage principal. Si le scénario est à mon sens encore plus affuté que le premier, le dessin n'est pas en reste et gagne lui aussi en puissance.
Tout cela conjugué nous donne au final une série d’une rare richesse et puissance graphique comme on en lit trop peu souvent à mon goût. Un "must have" qui frise à mes yeux la perfection ; si la suite prévue est du même tenant, cette série basculera sans aucun doute dans mon petit panthéon des séries cultes.
*** tome 3 ***
Et bien voilà ! L'attente fût longue mais en valait vraiment la peine ! Quelle claque encore mes amis ! Avec ce troisième tome "Le Grand Homme", Hubert et Gatignol confortent pour ma part l'immense talent qui est le leur.
Construit sur le même principe que les deux tomes précédents en alternant des chapitres de planches introduits par quelques pages de texte à la façon d'un conte, ils nous emmènent cette fois sur traces de Lours, un personnage qui n'a pas été sans me rappeler sans trop savoir pourquoi le Grands-Pas du Seigneur des Anneaux. Coutelier itinérant à la tête d'un groupe de résistants, il s'impose par son abnégation et son sens de la stratégie. La chute de la dynastie des Ogres va bouleverser tout ce petit univers et obliger Lours à faire face aux démons de son passé et soumettre sa résilience à rude épreuve.
J'ai littéralement été happé par cet album qui monte progressivement en puissance. A chaque chapitre l'intrigue révèle un nouveau pan de l'histoire qui prend une profondeur impressionnante et d'une rare richesse. Wow !!! Quel background ! Quelle claque !
Bertrand Gatignol est quant à lui au dessin de plus en plus à l'aise avec cet univers et nous régale de planches toujours aussi sublimes dans un noir et blanc d'une rare élégance. Voilà un duo qui maîtrise parfaitement son sujet et nous régale d'un troisième album des plus aboutit !
Une cinquième étoile des plus méritée ! Bravo messieurs ! (Et vivement la suite !!!)
J’ai eu du mal au début à entrer dans cette histoire. La faute à un dessin, usant uniquement d’un Noir et Blanc très tranché, jouant sur les ombres, et imposant d’entrée une ambiance très froide à cette histoire. Qui elle aussi ne se laisse pas apprivoiser facilement, le départ m’a paru un chouia obscur.
Mais si vous avez le même ressenti que moi, je vous encourage vraiment à passer outre vos réticences, car cela en vaut la peine.
Un peu pour l’histoire. Mais celle-ci n’est pas forcément des plus originales, avec cette société sclérosée, parfois étouffante, dans laquelle les libertés sont menacées. Mais un grain de sable vient gripper la machine… Du déjà vu donc, mais le traitement fait plus que dynamiser le canevas de départ.
D’abord le dessin d’Ulysse Gry, dont j’avais dit qu’il pouvait dérouter. Il se révèle rapidement très beau et surtout idéal pour habiller cette histoire. Car Gaspard Gry a choisi de traiter son thriller uniquement au travers du jeu d’échecs. Ainsi les noms des personnages font références à des emplacements sur l’échiquier, des Grands Maîtres irriguent de leurs citations les aventures, de nombreux jeux de mots font des clins d’œil à ce jeu et tous les personnages sont des pièces du jeu d’échecs. Tous sauf les « dames », jouant le rôle d’immigrées (elles viennent d’un « autre plateau »), rejetées par la société, boucs émissaires (avec les pions, sacrifiés par le jeu politique des leaders).
Vous l’avez compris, le scénario fait de nombreux emprunts à l’actualité, aux questions de société, tout en gardant le tout centré sur les échecs.
Je précise qu’il n’est pas nécessaire d’être un GMI pour apprécier cette histoire ! Mais je reconnais tout de même que pour l’apprécier entièrement (à la fois comprendre certaines allusions, et aussi mesurer le tour de force du récit), c’est quand même préférable d’avoir quelques notions de ce jeu, de ses règles et de son vocabulaire.
On a en tous les cas ici une œuvre très originale, que je vous encourage à découvrir !
Après avoir pris note des différents avis sur le manque de rythme de cet album, c'est avec tout de même une certaine réserve que je démarre sa lecture. Et bien non, encore une fois, Mr Delisle est tout juste.
Ce récit est aussi captivant que si vous aviez effectivement rencontré le héros. Qu'il ne vous épargnait rien de cette aventure immobile mais tellement hors norme.
On y voit tant de choses inhabituelles entre l'inhumanité de cet enfermement, l'émerveillement du héros sur le moindre événement comme un enfant qui expérimente ses premières fois, l'humour rageur entremêlé de désespoir et de doutes. Et malgré ce cocktail détonnant, l'ensemble reste équilibré dans la narration.
Plongez dedans, c'est un beau récit d'aventure humaine.
Oh, un Benjamin Flao ! Pour la jeunesse ? Qu'à cela ne tienne ! Surtout avec un Fred Bernard au scénario, voilà de quoi éveiller ma curiosité de sale gosse !
Et c'est du tout bon ! Quelle fraicheur dans cet album, quelle énergie ! Que ce soit cette petite Zara que rien n'arrête dans son élan créateur ou le graphisme de Genjamin Flao, un vrai feu d'artifice !
Zara, très jeune demoiselle a les meilleurs parents du monde : ils tiennent un magasin de matériel pour artistes ! Quoi de mieux quand on adorrree dessiner et peinturlurer, surtout quand ça déborde ! Mais bon voilà, les bêtises créatrices et envahissantes de la miss font tourner ses parents en bouriques. Seule solution, remiser les pots de peinture sur des étagères hors de portée, en attendant qu'un semblant d'âge de raison prenne le pas sur cette imagination débordante... Mais bien sûr notre artiste en herbe ne l'entend pas de cette oreille...
C'est frais, pétillant, une vraie ode à la créativité et à l'imagination, le tout servi par un dessin magnifique dont a le secret Benjamin Flao. Seul (gros) regret, que cette BD de seulement 24 pages (et oui, un court album jeunesse) ne soit pas plus longue pour nous entrainer dans l'imagination débridée de cette petite Zara.
Au départ, j'avoue que je n'étais pas spécialement attiré. Les dessins sont sympathiques mais pas exceptionnels, l'histoire ne me paraissait pas incroyablement originale, bref, je préférais m'orienter vers d'autres titres. Et puis, à force de voir les albums exposés partout, je me suis laissé tenter.
Et j'ai eu bien raison.
Les aventures de ces papys ronchons et désabusés sont étonnamment rafraîchissantes, et je me suis plusieurs fois franchement fendu la poire.
Le premier tome est vraiment génial. Si l'histoire se concentre sur un personnage (Antoine), le développement des autres protagonistes n'est absolument pas bâclé, et tous sont incroyablement attachants. J'ai véritablement dévoré ce tome et me suis donc logiquement pressé pour lire les autres.
Je n'ai pas été déçu non plus. Si le tome 1 reste, à mon goût, le meilleur, les tomes 2 et 3, qui se concentrent chacun sur un personnage différent (Antoine pour le tome 1, Pierre pour le tome 2 et Mimile pour le tome 3), utilisent la même recette, et ça marche : une bonne dose d'humour, teintée d'une critique de la société et d'aspects plus personnels de la vie de nos héros.
J'appréhendais le tome 4 (le fait que la bd ne porte pas sur un des personnages principaux comme c'était le cas pour les albums précédents me laissait craindre un scénario moins prenant), et j'ai été agréablement surpris : l'esprit de la bd est intact, et j'ai encore passé un bon moment à la lire. Cet album ne se focalise pus sur un de nos trois héros, mas sur l’héroïne, Sophie, et le résultat est très appréciable.
Enfin, le 5e tome change encore de type de narration et tente de donner aux quatre héros une couverture identique, alors même qu'ils ne sont pas ensemble. Ca marche à peu près, même si le résultat est que certains personnages ont la part belle (Antoine ou Mimile) quand d'autres sont plus anecdotiques, comme Sophie qui avait pourtant une place de choix dans les précédents opus. Mais l'essentiel reste là : on rigole, on sourit, on se prend d'affection pour tout ce joli monde. Encore un album réussi.
J'avoue avoir préféré les tomes 1, 2 et 3 aux deux derniers, mais je ne dirais pas que la série se dégrade. Elle évolue et a su garder son identité et sa fraicheur intacts.
Une série à lire.
Les Chroniques du Léopard, c'est l'histoire de deux lycéens sur l'île de la Réunion en pleine seconde guerre mondiale. Là-bas, le conflit est bien lointain et ressenti uniquement par le biais du pouvoir en place, fidèle au régime de Vichy. Les deux héros sont pensionnaires dans un lycée assez élitiste et strict. Entre la rébellion face à l'autorité lycéenne et le désir de résistance contre la collaboration, c'est le terreau idéal pour ces deux adolescents romantiques et désireux de s'engager.
Il y a de tout dans cet album : aventures lycéennes, guerre et résistance en toile de fond, décor et culture exotique, amourettes adolescentes, et poésie aussi. C'est un récit beau, très rapidement prenant et offrant un cadre original et très intéressant.
Le dessin m'a également beaucoup plu. Ayant lu l'album sans regarder les auteurs au préalable, je n'ai pas su reconnaître son style, croyant y voir un trait parfois proche de celui de Feroumont (Le Royaume) et parfois proche de celui de Zep dans sa veine plus réaliste, et notamment dans les choix de colorisation également. On est assez éloigné du style d'ordinaire humoristique de Tehem.
J'ai accroché à cette lecture du début à la fin.
J'y ai découvert la mixité des peuples et des décors de la Réunion.
J'y ai découvert la situation politique et sociale complexe dans cette époque de guerre lointaine et alors que l'île était à quelques ans de passer du statut de colonie à celui de département.
J'y ai découvert le quotidien des lycéens réunionnais dans un établissement où ils ont côtoyé de futurs noms célèbres tels que Jacques Vergés et Raymond Barre.
J'y ai découvert un soupçon de l'ambiance du Cercle des Poètes Disparus.
Et j'y ai découvert enfin l'amitié entre les deux héros, leur désir d'aventure et leurs quelques folles escapades culminant par les péripéties nettement plus sérieuses du dernier chapitre de l'album.
Un très chouette album que je conseille sans hésiter !
Même si tous ces courts récits n’ont pas le même niveau d’excellence, j’ai bien aimé ce gros recueil. Je trouve l’idée de départ très originale même si les deux thématiques qui composent ces étranges histoires ont bien souvent été associées.
En effet, pour prendre deux exemples connus de tous, Stephen King (Carrie, Christine, Shinning) a régulièrement construit ses romans d’une manière assez similaire, en associant une approche de type roman graphique et un twist à caractère fantastique. Et Steven Spielberg a fait de même au cinéma (Jaws, E.T. sont de bons exemples, je trouve).
Oui mais voilà, ici, c’est différent. L’accent est vraiment mis sur le côté « roman graphique » et l’élément fantastique en devient presque naturel. L’anormalité devient la norme. La différence provoque toujours l’incompréhension, voire le rejet mais pas tant parce qu’il s’agit d’un « super pouvoir » mais plutôt parce qu’il singularise l’individu par rapport au groupe (tu es différent, donc tu fais peur).
Les récits sont très courts et n’autorisent pas vraiment une progression lente dans le fantastique. Du coup, tout est très concentré. On rentre directement dans le quotidien des personnages -souvent déjà en crise- et l’élément fantastique fait rapidement son apparition. Je trouve cette formule extrêmement casse-gueule et pourtant, très souvent, l’humanité des personnages m’a explosé à la figure.
Un mot sur le dessin, en noir et blanc et excellent, de Becky Cloonan : impressionnant ! Elle change tellement souvent de style qu’il est difficile de croire que toutes ces histoires ont été illustrées par la même personne. Par ailleurs, chaque changement de style se justifie par le scénario, et chaque technique est joliment maîtrisée, conservant à l’ensemble de ces récits une parfaite lisibilité. On passe ainsi d’un style très proche de la ligne claire à une approche plus manga avant de bifurquer vers un trait plus haché pour se retrouver ensuite dans un récit où les jeux d’ombre et de lumière deviennent essentiels. Ce renouvellement incessant aura été pour une bonne part dans mon incapacité à stopper ma lecture. Alors que le concept reste identique le long de ces 460 pages, le renouvellement est constant.
Alors, oui, il y a bien une baisse de régime à un moment ou à un autre. Certains récits ne m’ont pas touché. Je suis passé totalement à côté d’autres, ne voyant pas trop ce qu’ils venaient faire là. Mais rien que pour les quelques récits qui me restent pleinement en tête, je ne peux que vous conseiller la lecture de ce recueil. Et la moyenne d’ensemble tire quand même vers le haut, pour moi.
Entre un « pas mal » que je trouve un peu réducteur (mais qui tiendrait compte des récits les plus faibles dans la moyenne d’ensemble) et un « franchement bien » flatteur mais plus en phase avec mon sentiment purement subjectif, mon cœur balance…
Et PS : Alix, ça devrait te plaire ;)
Génial, c'est presque au niveau d'un Berserk pour moi.
Je tiens à préciser que j'ai lu tout ce qui est sorti au Japon (et donc bien plus loin que les 2 tomes disponibles en France).
Oui, c'est cru et un peu gore mais ça fait justement un contraste avec tous les mangas un peu cucul qu'on a pu avoir récemment. Ici, une erreur peut coûter la vie voire la dignité...car les gobelins ne réfléchissent pas et sont de véritables bêtes sauvages.
Heureusement, le manga ne se résume pas à de la violence et des images crues. Les personnages se développent au fur et à mesure et l'on comprend les motivations du perso principal et pour quelle raison il est si focalisé sur les gobelins alors que ses talents pourraient être utiles à des combats contre des démons plus puissants.
Les dessins sont bons et très dynamiques et l'action est toujours lisible (contrairement à Berserk qui malgré des dessins superbes a parfois des planches un peu confuses).
Bref, un des meilleurs mangas récents.
J’adore certains romans de Verne (« Voyage au centre de la Terre » étant sans doute mon préféré), mais je n’ai jamais réussi à dépasser la moitié de « Vingt mille lieues sous les mers », que je trouve d’une lourdeur encyclopédique effroyable. Un format BD est a priori parfait pour adapter cette aventure… et bien le pari est réussi !
Gary Gianni a fait un travail d’adaptation admirable. Il a eu le courage de couper les longs catalogages de poissons et autres crustacés qui avaient miné ma lecture du roman, et a su conserver l’intrigue, le monde sous-marin fascinant, et les personnages charismatiques, à commencer par Nemo. Certains enchaînements narratifs semblent un peu soudains, mais dans l’ensemble l’histoire se lit bien, malgré des textes parfois un poil trop présents.
La mise en image est magnifique. Le style « hachuré » colle parfaitement à l’histoire, ainsi que les couleurs. Certaines pleines pages sont à tomber par terre. Dommage que de nombreuses cases à l’intérieur du Nautilus soient dépourvues de décors (économie de temps j’imagine).
Mais je chipote. J’ai passé un excellent moment de lecture, et je jubile d’avoir enfin pu lire ce classique jusqu’à son dénouement. Miam !
(MAJ pour la sortie du tome 2)
Une série remarquable, et une histoire édifiante qui m’a fortement marqué – j’ai mis une bonne demi-heure à me calmer après ma lecture.
La situation politique en Centrafrique est instable depuis un certain temps, mais les choses ont « dérapé » en 2013, avec le renversement du président Bozizé. Didier Kassaï, jeune auteur africain, témoigne dans le premier tome des horreurs qui ont accompagné la transition vers un nouveau gouvernement : exécutions arbitraires, exterminations religieuses, destructions d’églises, humiliations, pillages, que d’horreurs, qui nous sont racontées ici justement, sans trop en faire, mais sans nous épargner non plus. L’auteur fait preuve d’une remarquable maturité, il ne se pose jamais en héros de son histoire, et nous relate les évènements de son mieux.
Le second tome s’intéresse à la période de transition très compliquée, orchestrée par le nouveau chef d'état autoproclamé Djotodia, avec au programmes des conflits inter-religieux terribles, et une intervention française pas forcément très utile.
Comme toujours dans ce genre de « révolution », la situation est compliquée, les différentes factions sont nombreuses, leurs motivations pas toujours claires, les noms et sigles fusent. Heureusement les notes de bas de pages nous permettent de ne pas décrocher. Le texte d’Amnesty en fin de premier tome enfonce le clou et renforce le propos de l’auteur.
La mise en image est exemplaire, les planches fourmillent de détails, et les couleurs retranscrivent parfaitement l’ambiance « locale ». De plus l’auteur trouve encore une fois l’équilibre parfait, il nous dépeint les horreurs commises, mais sans trop en faire, sans verser dans le lugubre (pourtant il y avait de quoi faire !)
Une série fortement recommandable, qui m’a profondément ému.
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Les Ogres-Dieux
Se lancer dans la lecture des "Ogres-Dieux" c'est retrouver le plaisir ambigu des contes cruels de notre enfance. Et quel plaisir ici, tant l'univers proposé est riche, tant dans le contenu que dans la forme ! En effet, la collection "Métamorphose" de chez Soleil cultive l'art du bel objet, et cette série ne fait pas exception à la règle. Il n'est qu'à voir le format de ces albums ! Rien ne semble assez grand pour faire rentrer ces ogres-dieux dans les cases. Ensuite, le trait remarquable de Bertrand Gatignol et sa somptueuse gestion des noirs donne à cette série toute la force et la noirceur nécessaire pour parfaire ces sombres histoires. Enfin, le découpage narratif en chapitres entrecoupés de courts récits écrits nous relatant l'histoire ancienne de personnages ayant eu un rôle important dans cet univers apporte encore un plus à cette série en étoffant de manière originale l'histoire de ces ogres tout puissants. A ce jour deux tomes constituent cette saga dantesque. "Petit", le premier tome, piochait allègrement du côté du Petit Poucet avec l'histoire de ce fils d'ogre qui nait "tout petit" et dont le père veut se débarrasser. Tous les ingrédients sont déjà là, du graphisme soigné aux décors majestueux où s'égayent ces ogres-dieux consanguins tous plus ou moins dégénérés à la cruauté sans pareil. Après un tel premier tome, la suite se faisait forcément attendre au tournant, et "Demi-sang" relève allègrement le pari de faire encore plus fort que "Petit". En effet, on retrouve ces décors démesurés alliant baroque et gothique qui confère à cet univers toute la noirceur et la grandeur, tout en attachant encore plus d'importance à la psychologie des personnages que l'on découvre ici, notamment celle de Yori, le personnage principal. Si le scénario est à mon sens encore plus affuté que le premier, le dessin n'est pas en reste et gagne lui aussi en puissance. Tout cela conjugué nous donne au final une série d’une rare richesse et puissance graphique comme on en lit trop peu souvent à mon goût. Un "must have" qui frise à mes yeux la perfection ; si la suite prévue est du même tenant, cette série basculera sans aucun doute dans mon petit panthéon des séries cultes. *** tome 3 *** Et bien voilà ! L'attente fût longue mais en valait vraiment la peine ! Quelle claque encore mes amis ! Avec ce troisième tome "Le Grand Homme", Hubert et Gatignol confortent pour ma part l'immense talent qui est le leur. Construit sur le même principe que les deux tomes précédents en alternant des chapitres de planches introduits par quelques pages de texte à la façon d'un conte, ils nous emmènent cette fois sur traces de Lours, un personnage qui n'a pas été sans me rappeler sans trop savoir pourquoi le Grands-Pas du Seigneur des Anneaux. Coutelier itinérant à la tête d'un groupe de résistants, il s'impose par son abnégation et son sens de la stratégie. La chute de la dynastie des Ogres va bouleverser tout ce petit univers et obliger Lours à faire face aux démons de son passé et soumettre sa résilience à rude épreuve. J'ai littéralement été happé par cet album qui monte progressivement en puissance. A chaque chapitre l'intrigue révèle un nouveau pan de l'histoire qui prend une profondeur impressionnante et d'une rare richesse. Wow !!! Quel background ! Quelle claque ! Bertrand Gatignol est quant à lui au dessin de plus en plus à l'aise avec cet univers et nous régale de planches toujours aussi sublimes dans un noir et blanc d'une rare élégance. Voilà un duo qui maîtrise parfaitement son sujet et nous régale d'un troisième album des plus aboutit ! Une cinquième étoile des plus méritée ! Bravo messieurs ! (Et vivement la suite !!!)
Un monde en pièces
J’ai eu du mal au début à entrer dans cette histoire. La faute à un dessin, usant uniquement d’un Noir et Blanc très tranché, jouant sur les ombres, et imposant d’entrée une ambiance très froide à cette histoire. Qui elle aussi ne se laisse pas apprivoiser facilement, le départ m’a paru un chouia obscur. Mais si vous avez le même ressenti que moi, je vous encourage vraiment à passer outre vos réticences, car cela en vaut la peine. Un peu pour l’histoire. Mais celle-ci n’est pas forcément des plus originales, avec cette société sclérosée, parfois étouffante, dans laquelle les libertés sont menacées. Mais un grain de sable vient gripper la machine… Du déjà vu donc, mais le traitement fait plus que dynamiser le canevas de départ. D’abord le dessin d’Ulysse Gry, dont j’avais dit qu’il pouvait dérouter. Il se révèle rapidement très beau et surtout idéal pour habiller cette histoire. Car Gaspard Gry a choisi de traiter son thriller uniquement au travers du jeu d’échecs. Ainsi les noms des personnages font références à des emplacements sur l’échiquier, des Grands Maîtres irriguent de leurs citations les aventures, de nombreux jeux de mots font des clins d’œil à ce jeu et tous les personnages sont des pièces du jeu d’échecs. Tous sauf les « dames », jouant le rôle d’immigrées (elles viennent d’un « autre plateau »), rejetées par la société, boucs émissaires (avec les pions, sacrifiés par le jeu politique des leaders). Vous l’avez compris, le scénario fait de nombreux emprunts à l’actualité, aux questions de société, tout en gardant le tout centré sur les échecs. Je précise qu’il n’est pas nécessaire d’être un GMI pour apprécier cette histoire ! Mais je reconnais tout de même que pour l’apprécier entièrement (à la fois comprendre certaines allusions, et aussi mesurer le tour de force du récit), c’est quand même préférable d’avoir quelques notions de ce jeu, de ses règles et de son vocabulaire. On a en tous les cas ici une œuvre très originale, que je vous encourage à découvrir !
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Après avoir pris note des différents avis sur le manque de rythme de cet album, c'est avec tout de même une certaine réserve que je démarre sa lecture. Et bien non, encore une fois, Mr Delisle est tout juste. Ce récit est aussi captivant que si vous aviez effectivement rencontré le héros. Qu'il ne vous épargnait rien de cette aventure immobile mais tellement hors norme. On y voit tant de choses inhabituelles entre l'inhumanité de cet enfermement, l'émerveillement du héros sur le moindre événement comme un enfant qui expérimente ses premières fois, l'humour rageur entremêlé de désespoir et de doutes. Et malgré ce cocktail détonnant, l'ensemble reste équilibré dans la narration. Plongez dedans, c'est un beau récit d'aventure humaine.
Le Secret de Zara
Oh, un Benjamin Flao ! Pour la jeunesse ? Qu'à cela ne tienne ! Surtout avec un Fred Bernard au scénario, voilà de quoi éveiller ma curiosité de sale gosse ! Et c'est du tout bon ! Quelle fraicheur dans cet album, quelle énergie ! Que ce soit cette petite Zara que rien n'arrête dans son élan créateur ou le graphisme de Genjamin Flao, un vrai feu d'artifice ! Zara, très jeune demoiselle a les meilleurs parents du monde : ils tiennent un magasin de matériel pour artistes ! Quoi de mieux quand on adorrree dessiner et peinturlurer, surtout quand ça déborde ! Mais bon voilà, les bêtises créatrices et envahissantes de la miss font tourner ses parents en bouriques. Seule solution, remiser les pots de peinture sur des étagères hors de portée, en attendant qu'un semblant d'âge de raison prenne le pas sur cette imagination débordante... Mais bien sûr notre artiste en herbe ne l'entend pas de cette oreille... C'est frais, pétillant, une vraie ode à la créativité et à l'imagination, le tout servi par un dessin magnifique dont a le secret Benjamin Flao. Seul (gros) regret, que cette BD de seulement 24 pages (et oui, un court album jeunesse) ne soit pas plus longue pour nous entrainer dans l'imagination débridée de cette petite Zara.
Les Vieux Fourneaux
Au départ, j'avoue que je n'étais pas spécialement attiré. Les dessins sont sympathiques mais pas exceptionnels, l'histoire ne me paraissait pas incroyablement originale, bref, je préférais m'orienter vers d'autres titres. Et puis, à force de voir les albums exposés partout, je me suis laissé tenter. Et j'ai eu bien raison. Les aventures de ces papys ronchons et désabusés sont étonnamment rafraîchissantes, et je me suis plusieurs fois franchement fendu la poire. Le premier tome est vraiment génial. Si l'histoire se concentre sur un personnage (Antoine), le développement des autres protagonistes n'est absolument pas bâclé, et tous sont incroyablement attachants. J'ai véritablement dévoré ce tome et me suis donc logiquement pressé pour lire les autres. Je n'ai pas été déçu non plus. Si le tome 1 reste, à mon goût, le meilleur, les tomes 2 et 3, qui se concentrent chacun sur un personnage différent (Antoine pour le tome 1, Pierre pour le tome 2 et Mimile pour le tome 3), utilisent la même recette, et ça marche : une bonne dose d'humour, teintée d'une critique de la société et d'aspects plus personnels de la vie de nos héros. J'appréhendais le tome 4 (le fait que la bd ne porte pas sur un des personnages principaux comme c'était le cas pour les albums précédents me laissait craindre un scénario moins prenant), et j'ai été agréablement surpris : l'esprit de la bd est intact, et j'ai encore passé un bon moment à la lire. Cet album ne se focalise pus sur un de nos trois héros, mas sur l’héroïne, Sophie, et le résultat est très appréciable. Enfin, le 5e tome change encore de type de narration et tente de donner aux quatre héros une couverture identique, alors même qu'ils ne sont pas ensemble. Ca marche à peu près, même si le résultat est que certains personnages ont la part belle (Antoine ou Mimile) quand d'autres sont plus anecdotiques, comme Sophie qui avait pourtant une place de choix dans les précédents opus. Mais l'essentiel reste là : on rigole, on sourit, on se prend d'affection pour tout ce joli monde. Encore un album réussi. J'avoue avoir préféré les tomes 1, 2 et 3 aux deux derniers, mais je ne dirais pas que la série se dégrade. Elle évolue et a su garder son identité et sa fraicheur intacts. Une série à lire.
Chroniques du Léopard
Les Chroniques du Léopard, c'est l'histoire de deux lycéens sur l'île de la Réunion en pleine seconde guerre mondiale. Là-bas, le conflit est bien lointain et ressenti uniquement par le biais du pouvoir en place, fidèle au régime de Vichy. Les deux héros sont pensionnaires dans un lycée assez élitiste et strict. Entre la rébellion face à l'autorité lycéenne et le désir de résistance contre la collaboration, c'est le terreau idéal pour ces deux adolescents romantiques et désireux de s'engager. Il y a de tout dans cet album : aventures lycéennes, guerre et résistance en toile de fond, décor et culture exotique, amourettes adolescentes, et poésie aussi. C'est un récit beau, très rapidement prenant et offrant un cadre original et très intéressant. Le dessin m'a également beaucoup plu. Ayant lu l'album sans regarder les auteurs au préalable, je n'ai pas su reconnaître son style, croyant y voir un trait parfois proche de celui de Feroumont (Le Royaume) et parfois proche de celui de Zep dans sa veine plus réaliste, et notamment dans les choix de colorisation également. On est assez éloigné du style d'ordinaire humoristique de Tehem. J'ai accroché à cette lecture du début à la fin. J'y ai découvert la mixité des peuples et des décors de la Réunion. J'y ai découvert la situation politique et sociale complexe dans cette époque de guerre lointaine et alors que l'île était à quelques ans de passer du statut de colonie à celui de département. J'y ai découvert le quotidien des lycéens réunionnais dans un établissement où ils ont côtoyé de futurs noms célèbres tels que Jacques Vergés et Raymond Barre. J'y ai découvert un soupçon de l'ambiance du Cercle des Poètes Disparus. Et j'y ai découvert enfin l'amitié entre les deux héros, leur désir d'aventure et leurs quelques folles escapades culminant par les péripéties nettement plus sérieuses du dernier chapitre de l'album. Un très chouette album que je conseille sans hésiter !
Demo
Même si tous ces courts récits n’ont pas le même niveau d’excellence, j’ai bien aimé ce gros recueil. Je trouve l’idée de départ très originale même si les deux thématiques qui composent ces étranges histoires ont bien souvent été associées. En effet, pour prendre deux exemples connus de tous, Stephen King (Carrie, Christine, Shinning) a régulièrement construit ses romans d’une manière assez similaire, en associant une approche de type roman graphique et un twist à caractère fantastique. Et Steven Spielberg a fait de même au cinéma (Jaws, E.T. sont de bons exemples, je trouve). Oui mais voilà, ici, c’est différent. L’accent est vraiment mis sur le côté « roman graphique » et l’élément fantastique en devient presque naturel. L’anormalité devient la norme. La différence provoque toujours l’incompréhension, voire le rejet mais pas tant parce qu’il s’agit d’un « super pouvoir » mais plutôt parce qu’il singularise l’individu par rapport au groupe (tu es différent, donc tu fais peur). Les récits sont très courts et n’autorisent pas vraiment une progression lente dans le fantastique. Du coup, tout est très concentré. On rentre directement dans le quotidien des personnages -souvent déjà en crise- et l’élément fantastique fait rapidement son apparition. Je trouve cette formule extrêmement casse-gueule et pourtant, très souvent, l’humanité des personnages m’a explosé à la figure. Un mot sur le dessin, en noir et blanc et excellent, de Becky Cloonan : impressionnant ! Elle change tellement souvent de style qu’il est difficile de croire que toutes ces histoires ont été illustrées par la même personne. Par ailleurs, chaque changement de style se justifie par le scénario, et chaque technique est joliment maîtrisée, conservant à l’ensemble de ces récits une parfaite lisibilité. On passe ainsi d’un style très proche de la ligne claire à une approche plus manga avant de bifurquer vers un trait plus haché pour se retrouver ensuite dans un récit où les jeux d’ombre et de lumière deviennent essentiels. Ce renouvellement incessant aura été pour une bonne part dans mon incapacité à stopper ma lecture. Alors que le concept reste identique le long de ces 460 pages, le renouvellement est constant. Alors, oui, il y a bien une baisse de régime à un moment ou à un autre. Certains récits ne m’ont pas touché. Je suis passé totalement à côté d’autres, ne voyant pas trop ce qu’ils venaient faire là. Mais rien que pour les quelques récits qui me restent pleinement en tête, je ne peux que vous conseiller la lecture de ce recueil. Et la moyenne d’ensemble tire quand même vers le haut, pour moi. Entre un « pas mal » que je trouve un peu réducteur (mais qui tiendrait compte des récits les plus faibles dans la moyenne d’ensemble) et un « franchement bien » flatteur mais plus en phase avec mon sentiment purement subjectif, mon cœur balance… Et PS : Alix, ça devrait te plaire ;)
Goblin Slayer
Génial, c'est presque au niveau d'un Berserk pour moi. Je tiens à préciser que j'ai lu tout ce qui est sorti au Japon (et donc bien plus loin que les 2 tomes disponibles en France). Oui, c'est cru et un peu gore mais ça fait justement un contraste avec tous les mangas un peu cucul qu'on a pu avoir récemment. Ici, une erreur peut coûter la vie voire la dignité...car les gobelins ne réfléchissent pas et sont de véritables bêtes sauvages. Heureusement, le manga ne se résume pas à de la violence et des images crues. Les personnages se développent au fur et à mesure et l'on comprend les motivations du perso principal et pour quelle raison il est si focalisé sur les gobelins alors que ses talents pourraient être utiles à des combats contre des démons plus puissants. Les dessins sont bons et très dynamiques et l'action est toujours lisible (contrairement à Berserk qui malgré des dessins superbes a parfois des planches un peu confuses). Bref, un des meilleurs mangas récents.
20 000 lieues sous les mers
J’adore certains romans de Verne (« Voyage au centre de la Terre » étant sans doute mon préféré), mais je n’ai jamais réussi à dépasser la moitié de « Vingt mille lieues sous les mers », que je trouve d’une lourdeur encyclopédique effroyable. Un format BD est a priori parfait pour adapter cette aventure… et bien le pari est réussi ! Gary Gianni a fait un travail d’adaptation admirable. Il a eu le courage de couper les longs catalogages de poissons et autres crustacés qui avaient miné ma lecture du roman, et a su conserver l’intrigue, le monde sous-marin fascinant, et les personnages charismatiques, à commencer par Nemo. Certains enchaînements narratifs semblent un peu soudains, mais dans l’ensemble l’histoire se lit bien, malgré des textes parfois un poil trop présents. La mise en image est magnifique. Le style « hachuré » colle parfaitement à l’histoire, ainsi que les couleurs. Certaines pleines pages sont à tomber par terre. Dommage que de nombreuses cases à l’intérieur du Nautilus soient dépourvues de décors (économie de temps j’imagine). Mais je chipote. J’ai passé un excellent moment de lecture, et je jubile d’avoir enfin pu lire ce classique jusqu’à son dénouement. Miam !
Tempête sur Bangui
(MAJ pour la sortie du tome 2) Une série remarquable, et une histoire édifiante qui m’a fortement marqué – j’ai mis une bonne demi-heure à me calmer après ma lecture. La situation politique en Centrafrique est instable depuis un certain temps, mais les choses ont « dérapé » en 2013, avec le renversement du président Bozizé. Didier Kassaï, jeune auteur africain, témoigne dans le premier tome des horreurs qui ont accompagné la transition vers un nouveau gouvernement : exécutions arbitraires, exterminations religieuses, destructions d’églises, humiliations, pillages, que d’horreurs, qui nous sont racontées ici justement, sans trop en faire, mais sans nous épargner non plus. L’auteur fait preuve d’une remarquable maturité, il ne se pose jamais en héros de son histoire, et nous relate les évènements de son mieux. Le second tome s’intéresse à la période de transition très compliquée, orchestrée par le nouveau chef d'état autoproclamé Djotodia, avec au programmes des conflits inter-religieux terribles, et une intervention française pas forcément très utile. Comme toujours dans ce genre de « révolution », la situation est compliquée, les différentes factions sont nombreuses, leurs motivations pas toujours claires, les noms et sigles fusent. Heureusement les notes de bas de pages nous permettent de ne pas décrocher. Le texte d’Amnesty en fin de premier tome enfonce le clou et renforce le propos de l’auteur. La mise en image est exemplaire, les planches fourmillent de détails, et les couleurs retranscrivent parfaitement l’ambiance « locale ». De plus l’auteur trouve encore une fois l’équilibre parfait, il nous dépeint les horreurs commises, mais sans trop en faire, sans verser dans le lugubre (pourtant il y avait de quoi faire !) Une série fortement recommandable, qui m’a profondément ému.