Bien décidé à ne pas me faire enfler,
J'ai enfin terminé cette série depuis longtemps commencée.
Cette oeuvre créée par Masbou et Ayroles
Aurait-elle à son terme pris les lecteurs pour des guignols ?
Contre toute attente et après 12 chapitres,
Nous ne sommes vraiment pas volés par sa qualité.
Si l'aventure et les bons mots vous font rêver,
Vous serez ravis par le destin de ces pitres.
Car en mêlant romance, gags et animalerie,
Le pari était risqué mais le succès au rendez-vous.
Grâce au progrès constant au dessin de Masbou,
Et du rythme soutenu des rimes de Maupertuis.
En résumé, j'adresse un merci aux deux auteurs
Pour cette saga intense à nulle autre saveur.
Et pour ne rien gâcher, nous apprendrons enfin
Par la fin en deux tomes des galères du lapin !
A titre personnel, et contrairement à la majorité des lecteurs précédents, j’ai beaucoup aimé ce diptyque.
Tout d’abord, je trouve que les couvertures en jettent ! Ce jeu d’ombres et de lumières, cette complémentarité entre la plongée du premier tome et la contre-plongée du second, c’est vraiment un appel du pied au candidat lecteur. De plus, après lecture, la symbolique de ces deux couvertures s’éclaire au regard du parcours des personnages (l’un regardant vers le bas/son passé, l’autre tournée vers le haut/son avenir). Ces couvertures figurent clairement parmi les plus intelligentes et les plus belles que j’ai vues.
A la lecture, j’ai trouvé que le dessin n’était pas aussi fort que ce que les couvertures promettaient… mais il est loin d’être mauvais ! Les personnages sont bien typés, les faciès masculins assez caricaturaux permettent de faire passer un large panel d’émotion. Quant aux décors, ils sont très bien rendus, nous plongeant dans un New-York ouvrier, sale et triste comme un coron un jour de coup de grisou. La construction des gratte-ciels donne lieu à quelques cases dans lesquelles on sent le travail d’équilibriste des acteurs. La colorisation volontairement terne ne fait qu’accentuer cette sensation de tristesse et de désolation tout en dotant l’esthétique globale d’un cachet un peu passé.
Car oui, l’histoire n’est pas des plus joyeuses, construite autour de l’étrange relation épistolaire qu’un ouvrier va lier avec la veuve d’un de ses anciens collègues. L’humour est rare et passe clairement au second plan face au romantisme brut de ce Giant maladroit, bourru, silencieux et en quête sinon de rédemption du moins d’un sens à sa vie.
J’ai beaucoup aimé ce personnage. Grand, large, taciturne voire impossible d’accès… et sensible derrière sa carapace. Euhhhh, comment dire ? Il me rappelle vaguement quelqu’un… Cette identification au personnage aura très certainement joué dans mon appréciation de l’album. Mais plus encore, la qualité d’écriture m’a vraiment séduit. Ce diptyque a été très agréable à lire. Pas seulement à regarder.
Enfin, derrière l’histoire se loge une réflexion plus globale, plus intemporelle. La grandeur de l’Amérique, sa splendeur, sa richesse, dues au travail d’immigrés rejetés, dénigrés, exploités… Je me dis que, dans ce bas monde, rien ne change finalement… L'ouvrier soudanais d'aujourd'hui a remplacé le travailleur irlandais d'hier, mais qu'est-ce qui les différencie vraiment ?
Seul petit reproche : le deuxième tome aurait pu être raboté de quelques pages un peu inutiles (dans le dernier tiers). Sinon, on était proche de la perfection à mes yeux.
Paul dans le Nord traite de l’adolescence avec beaucoup de justesse et de décontraction. Bon, décontraction n’est peut-être pas le mot adéquat mais je n’en trouve pas d’autres pour exprimer mon ressenti. En fait, à la lecture de cet album, j’ai trouvé le ton d’une extrême justesse. L’adolescence nous est montrée sans dramatisation, avec une gentille dérision. Paul, ado fondamentalement gentil cherchant à se rebeller mollement devant son père, se liant d’amitié avec un boulet 'tellement génial', éprouvant ses premiers émois et son corollaire dramatique (un chagrin d’amour déchirant à s’en arracher les veines à coup de stabylo). C’est tellement juste, tendre, parfois drôle, parfois touchant…
Et puis, qu’est-ce que Michel Rabagliati a fait comme progrès dans sa mise en page ! Ses albums ne sont plus seulement sympathiques à lire. Ils sont aussi beaux à regarder, avec ici quelques très belles compositions en pleine page. Son trait épuré atteint parfois un esthétisme étonnant qui le lierait presque au style « atome ».
Si vous ne connaissez pas ce personnage de Paul, cet album est une excellente entrée en matière. J’avais déjà beaucoup aimé Paul à Québec. Je pense que je préfère encore Paul dans le Nord.
Franchement bien, simple, juste… décontracté.
Si un comics devait être mis à l'honneur ce serait celui-ci tant il est atypique dans son fond et une partie de sa forme. Cependant il n'en reste pas moins un par son format, son découpage en chapitre court et sa galerie finale de couvertures alternatives ainsi que des planches en noirs et blanc de l'album.
Revisitez vos à priori éventuels sur les comics, vous ne serez pas déçus
Au summum du règne de Néron en l'an 65, Antonius Axia un vétéran des légions romaines est envoyé dans la province de Britannia aux limites de l'empire pour enquêter sur des évènements étranges. Ses donneurs d'ordres, l'empereur en personne et la grande vestale Rubria. Arrivé dans cette province à peine sortie de l'âge de cavernes, Antonius devra combattre non seulement des créatures issues des mythes et des mystères de l'endroit mais également la garnison romaine située sur place.
Ici pas de héros bodybuildés qui à eux seuls viennent à bout d'armées entières. C'est surtout par son sens de la déduction, son sens de l'observation que le héros vient à bout des embûches placées sur sa route. En cela nous sortons des clichés habituels que l'on trouve dans les comics d'outre atlantique. Un background travaillé, une psychologie des personnages fouillée, un découpage dynamique entrecoupé par des flashbacks qui ne ralentissent pas le récit, bref tout pour plaire. Quand en plus le découpage des cases n'est pas celui habituel des comics, à savoir des cases déstructurées qui parfois ralentissent la lecture. Une construction finalement assez classique. Chapeau donc au scénariste Peter Milligan qui amène le fantastique de manière assez subtile sans effet gore outrancier.
Le dessin de Juan José Ryp est lui aussi atypique pour un comics. Léché, fouillé, bien sur loin de la ligne claire mais clair, riche de détails avec un véritable travail sur les costumes, les armes et les décors. Notons également une colorisation qui ne pique pas les yeux. Petit plus pour moi, les autochtones du nord de l'Angleterre n'ont pas le visage bleu, passage obligé dans l'iconographie habituelle.
Que dire de plus pour vous appâter, si ce n'est que c'est du tout bon, j'attends maintenant avec impatience le tome deux dont un court résumé en fin d'album met l'eau à la bouche. Évidemment coup de cœur!!
C’est étrange, l’effet que le temps peut avoir sur le souvenir que l’on a d’une lecture.
Lorsque j’ai lu le premier tome de ces petites contemplations, je n’avais pas été spécialement marqué. Certes, j’avais trouvé l’album sympathique mais sans plus.
Et puis…
Et puis le temps est passé et, progressivement, le souvenir que j’avais de l’album s’est transformé. D’un récit anecdotique, ce recueil de nouvelles s’est transformé en une sympathique vision de la Chine d’aujourd’hui. J’oubliai progressivement les moments creux pour ne plus me remémorer que quelques passages touchants, parfois drôle, parfois étonnants. Tant et si bien que lorsque le deuxième tome est sorti, je n’ai pas pu longtemps résister.
Et ce deuxième tome, je l’ai dévoré avec avidité ! Pourtant, à nouveau, tout n’est pas mémorable. Il y a notamment quelques pages consacrées à des recettes de cuisine pour Chinois célibataire (Chinois parce qu’on ne trouve pas spécialement tous les produits décrits en Europe – célibataire parce qu’il s’agit bien souvent de recettes prévues pour une personne à partir de reste de précédents repas) dont l’intérêt m’est apparu fort discutable.
Mais à côté de ces moments creux figurent des passages beaucoup plus touchants. Yao Ren a l’art de saisir les bribes de son quotidien qui, sans rien avoir de spectaculaire, font le plaisir d’un instant : le réconfort simple d’un bon repas pris dans une petite gargote qui ne paie pas de mine, le charme intrigant d’un chat croisé dans la rue, la floraison d’un cactus que l’on croyait mort, une ballade au parc un matin pluvieux… Vous le voyez, il n’y a vraiment rien de spectaculaire à attendre de ces thèmes mais le ton est juste et l’humanité y apparaît dans sa pure simplicité. On retrouve finalement un peu la même démarche que celle de Jiro Tanigushi pour « L'Homme qui marche ». Cela donne un sentiment de zenitude, d’un bonheur qui nous est accessible à condition d’adopter le même regard que l’auteur… et ça fait du bien.
Du coup, si vous cherchez du sensationnel, de l’extravagant, de l’aventure, passez votre chemin. Mais si les récits intimistes qui s’attachent aux plaisirs simples de la vie vous attirent, je vous invite franchement à jeter un œil sur cet album.
Avec ce dessin dans le pur style ligne claire classique, Red Ketchup, de prime abord, fait penser à Tintin, ou à un archétype de bande dessinée traditionnelle. Détrompez-vous. Avec Red Ketchup, ça décoiffe sévère.
Steve Red Ketchup, ainsi surnommé à cause de ses yeux rouges, est un agent du FBI aux méthodes (très très) musclées. Mais en plus de cela, il est accro aux drogues de tout type. Ainsi, il se nourrit exclusivement de pilules et de médicaments, en quantité suffisante pour terrasser n'importe qui de normalement constitué. Et entre sa violence intrinsèque, sa dépendance à la drogue et sa paranoïa, ça fait souvent de (gros) dégâts. Il va ainsi tour à tour massacrer des innocents à coup d'épée, jouer au garde du corps musclé, et organiser un génocide de pingouins.
Bref, ici, tout est poussé au maximum, des méthodes musclées au patriotisme sans faille de Ketchup. En plus, ce nom, c'est la cerise sur le gâteau. On est dans l'absurde du début à la fin, et c'est souvent très drôle. Avec moi, en tout cas, ça marche du tonnerre.
Et puis Red Ketchup a la tête de l'emploi, avec sa coupe de cheveux en brosse couleur carotte, son complet bleu et ses lunettes noires, qui protègent ses yeux couleur sang. Il est profondément antipathique (c'est quand même un psychopathe de premier ordre ultra violent), mais c'est tellement absurde que l'on prend du plaisir à suivre ses aventures. Cette parodie des héros américains justiciers aux méthodes musclées vise juste et est terriblement efficace.
Bref, vous l'aurez compris, je ne peux que vous encourager à y jeter un oeil.
Album acheté parce que j’aime beaucoup le trait, le style, la patte, la touche de David François. La singularité de son dessin est telle que j’identifie directement son auteur quand bien même celui-ci n’a pas édité pléthore d’albums. Son côté faussement brouillon mais incontestablement expressif me plait à chaque production. Lisible et riche, expressif (je l'ai déjà dit mais je m'en fous), dynamique, joyeusement caricatural, que voilà un agréable trait pour illustrer le Paris du début du XXème siècle et les enquêtes d’un duo de policiers presqu’aussi cons que maladroits.
Côté scénario, je pense que c’est la première œuvre que je lis de Frédéric Bagères. Le résultat est plaisant. L’intrigue policière tient la route si l’on admet le côté burlesque de cette enquête. L’humour est omniprésent avec un gros travail réalisé sur le vocabulaire (beaucoup d’allusions à la nourriture et au vin sont disséminées dans les dialogues). C’est parfois un peu lourd à lire (or, pour moi la littérature, c’est comme la nourriture : trop légère, je grogne, trop riche, je m’endors) mais rien que pour la manière dont Frédéric Bagères amène un jeu de mot on ne peut plus pourri au sujet d’une balle perdue, je suis prêt à beaucoup lui pardonner (oui, j’ai adoré, consacrer une demi-planche pour ça, c’est magnifique… et je le dis sans aucune moquerie).
Au final, voilà une enquête bien sympathique, qui pourrait tout à fait être suivie d’autres. A classer dans les séries policières humoristiques. Plaisant, vraiment ! Et con juste ce qu’il faut.
Et coup de coeur pour le nom de la balle perdue.
Fan de la série Le Régulateur qui avait révélé Marc Moreno, j'étais très curieux de découvrir cette nouvelle série fantastique scénarisée par Amélie Sarn, surtout connue pour son travail pour la jeunesse -Là on change de crèmerie ! -.
La première chose qui marque quand on ouvre cet album, c'est le graphisme. Y'a pas à dire, c'est bien du Moreno ! Ce trait toujours un peu inégal, une palette de couleurs tirant toujours sur le violet, une ambiance un brin steampunk et gothique : on ne se refait pas !
Les auteurs nous plongent dans les pas d'Icare (Tout un programme ce nom déjà...), un jeune homme qui semble avoir tout oublié de son passé hormis son nom. C'est par touches de flashbacks impromptus que son histoire lointaine et mouvementée lui revient... Sauf que notre bonhomme n'est apparemment pas n'importe qui et qu'il a du monde à ses trousses. Sauf que notre bonhomme n'est pas n'importe quoi non plus, et qu'être une sorte de vampire amnésique pris en chasse ça laisse quelques dégâts collatéraux non négligeables...
Vous l'aurez compris, "Dark Blood" nous traine dans un univers fantastique sanglant par le biais d'un personnage mystérieux et dangereux. Ce premier opus pause les bases d'un univers intéressant, même si la trame n'est pas révolutionnaire. Les amateurs du genre s'y retrouveront pleinement. J'attends de voir ce que donnera la suite pour affiner mon jugement. Car si pour l'instant le rythme et l'aventure sont au rendez-vous, j’attends de me faire surprendre davantage.
A suivre avec attention donc, en espérant que la suite soit plus pimentée et pleine de bonnes surprises.
(3.5/5)
Avec ces deux premiers tomes, Namaste nous entraine dans les pas de la jeune Mina dans l'Inde d'aujourd'hui.
Partie en voyage avec ses parents, elle va malheureusement se perdre lors d'un arrêt en gare : le train qu'elle empruntait avec ses parents va repartir sans elle... C'est là que commence alors pour elle l'aventure et sa quête pour retrouver ses parents à travers une Inde immense et inconnue pour la jeune occidentale qu'elle est.
C'est frais, assez réaliste, et la série nous présente l'Inde de façon intelligente, avec ses richesses et ses fantasmes. Le côté épique bien mené et les rencontres qu'elle va faire au cours de son périple étoffent une narration efficace et donnent son cachet à cette série.
Le dessin d'Aurélie Guarino s'inscrit dans un style sobre et expressif ; ses cadrages sont bien vus et dynamisent le tout. C'est juste la colorisation de Sarah Murat qui aurait demandé un peu plus de nuances à mon goût.
Voilà donc une série toute en fraîcheur qui nous dépeint les aventures bigarrées d'une jeune héroïne qui plaira j'en suis sûr à nos têtes blondes.
(3.5/5)
A découvrir !
Si sur le papier cette nouvelle série de Kazé ne soulève pas d'intérêt particulier, elle ne manque cependant pas d'atouts.
En effet elle bénéficie, de prime abord, d'un graphisme plutôt agréable, qui joue bien sur l'écart entre le cadre "gentillet" (un orphelinat où tout se passe bien, sous le regard bienveillant d'une directrice souriante) et la réalité derrière les limites géographiques dudit orphelinat. De toute façon, même dans le meilleur des mondes, avec la meilleure volonté et des moyens illimités, il est IMPOSSIBLE que tout se passe bien dans une telle institution. Et, petit reproche au scénariste, il est encore moins possible qu'un seul adulte arrive à faire tenir une telle institution, surtout avec 37 gamins. Mais là n'est pas le plus important.
En effet au-delà des barrières et du portail qui marquent la frontière de Gracefield House, les trois gamins découvrent que ceux qui partent de l'institution, soi-disant pour une famille et une vie meilleure, sont en effet destinés à... autre chose. Impossible d'en dire plus sans spoiler, et même si c'est relativement téléphoné, le scénariste arrive à mettre quelques éléments plutôt intrigants, comme un traceur qui serait implanté chez les enfants, ou cette matrone qui vient soudainement seconder "Maman".
L'intrigue me semble avancer assez vite dès ce premier tome, et comme Kazé met en avant cette série, elle mérite sans doute qu'on s'y attarde. En ce qui me concerne, j'ai envie de lire la suite.
En France, les livres sont au même prix partout. C'est la loi !
Avec BDfugue, vous payez donc le même prix qu'avec les géants de la vente en ligne mais pour un meilleur service :
des promotions et des goodies en permanence
des réceptions en super état grâce à des cartons super robustes
une équipe joignable en cas de besoin
2. C'est plus avantageux pour nous
Si BDthèque est gratuit, il a un coût.
Pour financer le service et le faire évoluer, nous dépendons notamment des achats que vous effectuez depuis le site. En effet, à chaque fois que vous commencez vos achats depuis BDthèque, nous touchons une commission. Or, BDfugue est plus généreux que les géants de la vente en ligne !
3. C'est plus avantageux pour votre communauté
En choisissant BDfugue plutôt que de grandes plateformes de vente en ligne, vous faites la promotion du commerce local, spécialisé, éthique et indépendant.
Meilleur pour les emplois, meilleur pour les impôts, la librairie indépendante promeut l'émergence des nouvelles séries et donc nos futurs coups de cœur.
Chaque commande effectuée génère aussi un don à l'association Enfance & Partage qui défend et protège les enfants maltraités. Plus d'informations sur bdfugue.com
Pourquoi Cultura ?
Indépendante depuis sa création en 1998, Cultura se donne pour mission de faire vivre et aimer la culture.
La création de Cultura repose sur une vision de la culture, accessible et contributive. Nous avons ainsi considéré depuis toujours notre responsabilité sociétale, et par conviction, développé les pratiques durables et sociales. C’est maintenant au sein de notre stratégie de création de valeur et en accord avec les Objectifs de Développement Durable que nous déployons nos actions. Nous traitons avec lucidité l’impact de nos activités, avec une vision de long terme. Mais agir en responsabilité implique d’aller bien plus loin, en contribuant positivement à trois grands enjeux de développement durable.
Nos enjeux environnementaux
Nous sommes résolument engagés dans la réduction de notre empreinte carbone, pour prendre notre part dans la lutte contre le réchauffement climatique et la préservation de la planète.
Nos enjeux culturels et sociétaux
La mission de Cultura est de faire vivre et aimer la culture. Pour cela, nous souhaitons stimuler la diversité des pratiques culturelles, sources d’éveil et d’émancipation.
Nos enjeux sociaux
Nous accordons une attention particulière au bien-être de nos collaborateurs à la diversité, l’inclusion et l’égalité des chances, mais aussi à leur épanouissement, en encourageant l’expression des talents artistiques.
Votre vote
De Cape et de Crocs
Bien décidé à ne pas me faire enfler, J'ai enfin terminé cette série depuis longtemps commencée. Cette oeuvre créée par Masbou et Ayroles Aurait-elle à son terme pris les lecteurs pour des guignols ? Contre toute attente et après 12 chapitres, Nous ne sommes vraiment pas volés par sa qualité. Si l'aventure et les bons mots vous font rêver, Vous serez ravis par le destin de ces pitres. Car en mêlant romance, gags et animalerie, Le pari était risqué mais le succès au rendez-vous. Grâce au progrès constant au dessin de Masbou, Et du rythme soutenu des rimes de Maupertuis. En résumé, j'adresse un merci aux deux auteurs Pour cette saga intense à nulle autre saveur. Et pour ne rien gâcher, nous apprendrons enfin Par la fin en deux tomes des galères du lapin !
Giant
A titre personnel, et contrairement à la majorité des lecteurs précédents, j’ai beaucoup aimé ce diptyque. Tout d’abord, je trouve que les couvertures en jettent ! Ce jeu d’ombres et de lumières, cette complémentarité entre la plongée du premier tome et la contre-plongée du second, c’est vraiment un appel du pied au candidat lecteur. De plus, après lecture, la symbolique de ces deux couvertures s’éclaire au regard du parcours des personnages (l’un regardant vers le bas/son passé, l’autre tournée vers le haut/son avenir). Ces couvertures figurent clairement parmi les plus intelligentes et les plus belles que j’ai vues. A la lecture, j’ai trouvé que le dessin n’était pas aussi fort que ce que les couvertures promettaient… mais il est loin d’être mauvais ! Les personnages sont bien typés, les faciès masculins assez caricaturaux permettent de faire passer un large panel d’émotion. Quant aux décors, ils sont très bien rendus, nous plongeant dans un New-York ouvrier, sale et triste comme un coron un jour de coup de grisou. La construction des gratte-ciels donne lieu à quelques cases dans lesquelles on sent le travail d’équilibriste des acteurs. La colorisation volontairement terne ne fait qu’accentuer cette sensation de tristesse et de désolation tout en dotant l’esthétique globale d’un cachet un peu passé. Car oui, l’histoire n’est pas des plus joyeuses, construite autour de l’étrange relation épistolaire qu’un ouvrier va lier avec la veuve d’un de ses anciens collègues. L’humour est rare et passe clairement au second plan face au romantisme brut de ce Giant maladroit, bourru, silencieux et en quête sinon de rédemption du moins d’un sens à sa vie. J’ai beaucoup aimé ce personnage. Grand, large, taciturne voire impossible d’accès… et sensible derrière sa carapace. Euhhhh, comment dire ? Il me rappelle vaguement quelqu’un… Cette identification au personnage aura très certainement joué dans mon appréciation de l’album. Mais plus encore, la qualité d’écriture m’a vraiment séduit. Ce diptyque a été très agréable à lire. Pas seulement à regarder. Enfin, derrière l’histoire se loge une réflexion plus globale, plus intemporelle. La grandeur de l’Amérique, sa splendeur, sa richesse, dues au travail d’immigrés rejetés, dénigrés, exploités… Je me dis que, dans ce bas monde, rien ne change finalement… L'ouvrier soudanais d'aujourd'hui a remplacé le travailleur irlandais d'hier, mais qu'est-ce qui les différencie vraiment ? Seul petit reproche : le deuxième tome aurait pu être raboté de quelques pages un peu inutiles (dans le dernier tiers). Sinon, on était proche de la perfection à mes yeux.
Paul dans le Nord
Paul dans le Nord traite de l’adolescence avec beaucoup de justesse et de décontraction. Bon, décontraction n’est peut-être pas le mot adéquat mais je n’en trouve pas d’autres pour exprimer mon ressenti. En fait, à la lecture de cet album, j’ai trouvé le ton d’une extrême justesse. L’adolescence nous est montrée sans dramatisation, avec une gentille dérision. Paul, ado fondamentalement gentil cherchant à se rebeller mollement devant son père, se liant d’amitié avec un boulet 'tellement génial', éprouvant ses premiers émois et son corollaire dramatique (un chagrin d’amour déchirant à s’en arracher les veines à coup de stabylo). C’est tellement juste, tendre, parfois drôle, parfois touchant… Et puis, qu’est-ce que Michel Rabagliati a fait comme progrès dans sa mise en page ! Ses albums ne sont plus seulement sympathiques à lire. Ils sont aussi beaux à regarder, avec ici quelques très belles compositions en pleine page. Son trait épuré atteint parfois un esthétisme étonnant qui le lierait presque au style « atome ». Si vous ne connaissez pas ce personnage de Paul, cet album est une excellente entrée en matière. J’avais déjà beaucoup aimé Paul à Québec. Je pense que je préfère encore Paul dans le Nord. Franchement bien, simple, juste… décontracté.
Britannia
Si un comics devait être mis à l'honneur ce serait celui-ci tant il est atypique dans son fond et une partie de sa forme. Cependant il n'en reste pas moins un par son format, son découpage en chapitre court et sa galerie finale de couvertures alternatives ainsi que des planches en noirs et blanc de l'album. Revisitez vos à priori éventuels sur les comics, vous ne serez pas déçus Au summum du règne de Néron en l'an 65, Antonius Axia un vétéran des légions romaines est envoyé dans la province de Britannia aux limites de l'empire pour enquêter sur des évènements étranges. Ses donneurs d'ordres, l'empereur en personne et la grande vestale Rubria. Arrivé dans cette province à peine sortie de l'âge de cavernes, Antonius devra combattre non seulement des créatures issues des mythes et des mystères de l'endroit mais également la garnison romaine située sur place. Ici pas de héros bodybuildés qui à eux seuls viennent à bout d'armées entières. C'est surtout par son sens de la déduction, son sens de l'observation que le héros vient à bout des embûches placées sur sa route. En cela nous sortons des clichés habituels que l'on trouve dans les comics d'outre atlantique. Un background travaillé, une psychologie des personnages fouillée, un découpage dynamique entrecoupé par des flashbacks qui ne ralentissent pas le récit, bref tout pour plaire. Quand en plus le découpage des cases n'est pas celui habituel des comics, à savoir des cases déstructurées qui parfois ralentissent la lecture. Une construction finalement assez classique. Chapeau donc au scénariste Peter Milligan qui amène le fantastique de manière assez subtile sans effet gore outrancier. Le dessin de Juan José Ryp est lui aussi atypique pour un comics. Léché, fouillé, bien sur loin de la ligne claire mais clair, riche de détails avec un véritable travail sur les costumes, les armes et les décors. Notons également une colorisation qui ne pique pas les yeux. Petit plus pour moi, les autochtones du nord de l'Angleterre n'ont pas le visage bleu, passage obligé dans l'iconographie habituelle. Que dire de plus pour vous appâter, si ce n'est que c'est du tout bon, j'attends maintenant avec impatience le tome deux dont un court résumé en fin d'album met l'eau à la bouche. Évidemment coup de cœur!!
Les Petites contemplations
C’est étrange, l’effet que le temps peut avoir sur le souvenir que l’on a d’une lecture. Lorsque j’ai lu le premier tome de ces petites contemplations, je n’avais pas été spécialement marqué. Certes, j’avais trouvé l’album sympathique mais sans plus. Et puis… Et puis le temps est passé et, progressivement, le souvenir que j’avais de l’album s’est transformé. D’un récit anecdotique, ce recueil de nouvelles s’est transformé en une sympathique vision de la Chine d’aujourd’hui. J’oubliai progressivement les moments creux pour ne plus me remémorer que quelques passages touchants, parfois drôle, parfois étonnants. Tant et si bien que lorsque le deuxième tome est sorti, je n’ai pas pu longtemps résister. Et ce deuxième tome, je l’ai dévoré avec avidité ! Pourtant, à nouveau, tout n’est pas mémorable. Il y a notamment quelques pages consacrées à des recettes de cuisine pour Chinois célibataire (Chinois parce qu’on ne trouve pas spécialement tous les produits décrits en Europe – célibataire parce qu’il s’agit bien souvent de recettes prévues pour une personne à partir de reste de précédents repas) dont l’intérêt m’est apparu fort discutable. Mais à côté de ces moments creux figurent des passages beaucoup plus touchants. Yao Ren a l’art de saisir les bribes de son quotidien qui, sans rien avoir de spectaculaire, font le plaisir d’un instant : le réconfort simple d’un bon repas pris dans une petite gargote qui ne paie pas de mine, le charme intrigant d’un chat croisé dans la rue, la floraison d’un cactus que l’on croyait mort, une ballade au parc un matin pluvieux… Vous le voyez, il n’y a vraiment rien de spectaculaire à attendre de ces thèmes mais le ton est juste et l’humanité y apparaît dans sa pure simplicité. On retrouve finalement un peu la même démarche que celle de Jiro Tanigushi pour « L'Homme qui marche ». Cela donne un sentiment de zenitude, d’un bonheur qui nous est accessible à condition d’adopter le même regard que l’auteur… et ça fait du bien. Du coup, si vous cherchez du sensationnel, de l’extravagant, de l’aventure, passez votre chemin. Mais si les récits intimistes qui s’attachent aux plaisirs simples de la vie vous attirent, je vous invite franchement à jeter un œil sur cet album.
Red Ketchup
Avec ce dessin dans le pur style ligne claire classique, Red Ketchup, de prime abord, fait penser à Tintin, ou à un archétype de bande dessinée traditionnelle. Détrompez-vous. Avec Red Ketchup, ça décoiffe sévère. Steve Red Ketchup, ainsi surnommé à cause de ses yeux rouges, est un agent du FBI aux méthodes (très très) musclées. Mais en plus de cela, il est accro aux drogues de tout type. Ainsi, il se nourrit exclusivement de pilules et de médicaments, en quantité suffisante pour terrasser n'importe qui de normalement constitué. Et entre sa violence intrinsèque, sa dépendance à la drogue et sa paranoïa, ça fait souvent de (gros) dégâts. Il va ainsi tour à tour massacrer des innocents à coup d'épée, jouer au garde du corps musclé, et organiser un génocide de pingouins. Bref, ici, tout est poussé au maximum, des méthodes musclées au patriotisme sans faille de Ketchup. En plus, ce nom, c'est la cerise sur le gâteau. On est dans l'absurde du début à la fin, et c'est souvent très drôle. Avec moi, en tout cas, ça marche du tonnerre. Et puis Red Ketchup a la tête de l'emploi, avec sa coupe de cheveux en brosse couleur carotte, son complet bleu et ses lunettes noires, qui protègent ses yeux couleur sang. Il est profondément antipathique (c'est quand même un psychopathe de premier ordre ultra violent), mais c'est tellement absurde que l'on prend du plaisir à suivre ses aventures. Cette parodie des héros américains justiciers aux méthodes musclées vise juste et est terriblement efficace. Bref, vous l'aurez compris, je ne peux que vous encourager à y jeter un oeil.
Le Vendangeur de Paname
Album acheté parce que j’aime beaucoup le trait, le style, la patte, la touche de David François. La singularité de son dessin est telle que j’identifie directement son auteur quand bien même celui-ci n’a pas édité pléthore d’albums. Son côté faussement brouillon mais incontestablement expressif me plait à chaque production. Lisible et riche, expressif (je l'ai déjà dit mais je m'en fous), dynamique, joyeusement caricatural, que voilà un agréable trait pour illustrer le Paris du début du XXème siècle et les enquêtes d’un duo de policiers presqu’aussi cons que maladroits. Côté scénario, je pense que c’est la première œuvre que je lis de Frédéric Bagères. Le résultat est plaisant. L’intrigue policière tient la route si l’on admet le côté burlesque de cette enquête. L’humour est omniprésent avec un gros travail réalisé sur le vocabulaire (beaucoup d’allusions à la nourriture et au vin sont disséminées dans les dialogues). C’est parfois un peu lourd à lire (or, pour moi la littérature, c’est comme la nourriture : trop légère, je grogne, trop riche, je m’endors) mais rien que pour la manière dont Frédéric Bagères amène un jeu de mot on ne peut plus pourri au sujet d’une balle perdue, je suis prêt à beaucoup lui pardonner (oui, j’ai adoré, consacrer une demi-planche pour ça, c’est magnifique… et je le dis sans aucune moquerie). Au final, voilà une enquête bien sympathique, qui pourrait tout à fait être suivie d’autres. A classer dans les séries policières humoristiques. Plaisant, vraiment ! Et con juste ce qu’il faut. Et coup de coeur pour le nom de la balle perdue.
Dark Blood
Fan de la série Le Régulateur qui avait révélé Marc Moreno, j'étais très curieux de découvrir cette nouvelle série fantastique scénarisée par Amélie Sarn, surtout connue pour son travail pour la jeunesse -Là on change de crèmerie ! -. La première chose qui marque quand on ouvre cet album, c'est le graphisme. Y'a pas à dire, c'est bien du Moreno ! Ce trait toujours un peu inégal, une palette de couleurs tirant toujours sur le violet, une ambiance un brin steampunk et gothique : on ne se refait pas ! Les auteurs nous plongent dans les pas d'Icare (Tout un programme ce nom déjà...), un jeune homme qui semble avoir tout oublié de son passé hormis son nom. C'est par touches de flashbacks impromptus que son histoire lointaine et mouvementée lui revient... Sauf que notre bonhomme n'est apparemment pas n'importe qui et qu'il a du monde à ses trousses. Sauf que notre bonhomme n'est pas n'importe quoi non plus, et qu'être une sorte de vampire amnésique pris en chasse ça laisse quelques dégâts collatéraux non négligeables... Vous l'aurez compris, "Dark Blood" nous traine dans un univers fantastique sanglant par le biais d'un personnage mystérieux et dangereux. Ce premier opus pause les bases d'un univers intéressant, même si la trame n'est pas révolutionnaire. Les amateurs du genre s'y retrouveront pleinement. J'attends de voir ce que donnera la suite pour affiner mon jugement. Car si pour l'instant le rythme et l'aventure sont au rendez-vous, j’attends de me faire surprendre davantage. A suivre avec attention donc, en espérant que la suite soit plus pimentée et pleine de bonnes surprises. (3.5/5)
Namasté
Avec ces deux premiers tomes, Namaste nous entraine dans les pas de la jeune Mina dans l'Inde d'aujourd'hui. Partie en voyage avec ses parents, elle va malheureusement se perdre lors d'un arrêt en gare : le train qu'elle empruntait avec ses parents va repartir sans elle... C'est là que commence alors pour elle l'aventure et sa quête pour retrouver ses parents à travers une Inde immense et inconnue pour la jeune occidentale qu'elle est. C'est frais, assez réaliste, et la série nous présente l'Inde de façon intelligente, avec ses richesses et ses fantasmes. Le côté épique bien mené et les rencontres qu'elle va faire au cours de son périple étoffent une narration efficace et donnent son cachet à cette série. Le dessin d'Aurélie Guarino s'inscrit dans un style sobre et expressif ; ses cadrages sont bien vus et dynamisent le tout. C'est juste la colorisation de Sarah Murat qui aurait demandé un peu plus de nuances à mon goût. Voilà donc une série toute en fraîcheur qui nous dépeint les aventures bigarrées d'une jeune héroïne qui plaira j'en suis sûr à nos têtes blondes. (3.5/5) A découvrir !
The Promised Neverland
Si sur le papier cette nouvelle série de Kazé ne soulève pas d'intérêt particulier, elle ne manque cependant pas d'atouts. En effet elle bénéficie, de prime abord, d'un graphisme plutôt agréable, qui joue bien sur l'écart entre le cadre "gentillet" (un orphelinat où tout se passe bien, sous le regard bienveillant d'une directrice souriante) et la réalité derrière les limites géographiques dudit orphelinat. De toute façon, même dans le meilleur des mondes, avec la meilleure volonté et des moyens illimités, il est IMPOSSIBLE que tout se passe bien dans une telle institution. Et, petit reproche au scénariste, il est encore moins possible qu'un seul adulte arrive à faire tenir une telle institution, surtout avec 37 gamins. Mais là n'est pas le plus important. En effet au-delà des barrières et du portail qui marquent la frontière de Gracefield House, les trois gamins découvrent que ceux qui partent de l'institution, soi-disant pour une famille et une vie meilleure, sont en effet destinés à... autre chose. Impossible d'en dire plus sans spoiler, et même si c'est relativement téléphoné, le scénariste arrive à mettre quelques éléments plutôt intrigants, comme un traceur qui serait implanté chez les enfants, ou cette matrone qui vient soudainement seconder "Maman". L'intrigue me semble avancer assez vite dès ce premier tome, et comme Kazé met en avant cette série, elle mérite sans doute qu'on s'y attarde. En ce qui me concerne, j'ai envie de lire la suite.